| CELEX | 52014IE4461 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 19 mars 2015 |
| 14.8.2015 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 268/19 |
Avis du Comité économique et social européen sur «Le rôle du développement durable et la participation de la société civile dans les accords d’investissement autonomes entre l’Union européenne et les pays tiers»
(2015/C 268/04)
| Rapporteur: | M. PEEL |
Lors de sa session plénière du 10 juillet 2014, le Comité économique et social européen a décidé, conformément à l’article 29, paragraphe 2, de son règlement intérieur, d’élaborer un avis d’initiative sur le sujet suivant:
«Le rôle du développement durable et la participation de la société civile dans les accords d’investissement autonomes entre l’Union européenne et les pays tiers».
La section spécialisée «Relations extérieures», chargée de préparer les travaux du Comité en la matière, a adopté son avis le 24 février 2015.
Lors de sa 506e session plénière des 18 et 19 mars 2015 (séance du 19 mars 2015), le Comité économique et social européen a adopté le présent avis par 165 voix pour, 1 voix contre et 8 abstentions.
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Ces dernières années, l’Union européenne (UE) a négocié avec succès un certain nombre d’accords de libre-échange (ALE) comprenant chacun un chapitre spécifique consacré au développement durable, assorti d’un mécanisme conjoint de la société civile pour en assurer le suivi de la mise en œuvre. Dans chaque cas, le Comité a un rôle clé à jouer. Par ailleurs, l’Union européenne a engagé deux négociations séparées en vue d’accords d’investissement autonomes, et d’autres pourraient suivre. Le Comité estime qu’il est essentiel que ces accords incluent également un chapitre sur le développement durable, avec un mécanisme approprié permettant à la société civile de participer. |
| 1.2. | Des accords d’investissement autonomes séparés seront négociés, à la place d’ALE complets, pour des raisons diverses et en fonction des circonstances, mais leur champ d’application sera nécessairement plus limité. L’obligation d’inclure un chapitre distinct consacré au développement durable dans ces accords reste incontournable, mais l’inclusion formelle de la participation de la société civile demandera de plus grands efforts. Dans le cadre d’un ALE, comme celui avec la Corée, un grand nombre de comités mixtes sont établis, alors qu’un accord d’investissement en comptera très peu. |
| 1.2.1. | Il faudra donc davantage d’ingéniosité pour garantir la participation directe de la société civile. Cela devrait se faire en utilisant un mécanisme de dialogue existant, tel que celui proposé par la table ronde UE-Chine, ou en encourageant le dialogue intersectoriel, y compris un recours accru aux partenaires sociaux. En tout état de cause, le Comité devrait être associé à l’élaboration de solutions possibles. |
| 1.3. | L’accent qui est mis par l’Union européenne sur le développement durable est évidemment dû en partie à sa volonté générale de promouvoir et d’accroître la force de ses convictions partagées en la démocratie, l’État de droit, les droits de l’homme, la transparence et la prévisibilité, en particulier s’agissant de domaines clés tels que celui des droits de propriété intellectuelle (DPI). |
| 1.3.1. | Cette insistance porte notamment sur la protection de l’environnement, la lutte contre le changement climatique, la promotion d’un travail décent, la santé et la sécurité au travail et le vaste éventail de questions abordées dans les principales conventions de l’OIT ainsi que les conventions environnementales majeures. Le Comité estime que le temps est venu de mettre l’accent sur la mise en œuvre effective de ces accords moyennant des efforts de collaboration portant sur le renforcement des capacités sur le plan tant des ressources humaines que des transferts technologiques. |
| 1.3.2. | La déclaration conjointe de la 27e réunion ACP-UE d’octobre 2014 (1) énonce clairement les principes fondamentaux et les préoccupations du Comité, qu’il partage avec la société civile extérieure à l’Union européenne. Dans son résumé, l’accent est mis sur l’importance du développement durable et de la réalisation cette année des objectifs de développement durable (ODD), ainsi que sur la nécessité d’associer la société civile (acteurs non étatiques) tout au long de ce type de négociations. Bien que le texte se réfère aux accords de partenariat économique (APE), il peut s’appliquer également aux accords d’investissement. |
| 1.4. | Le Comité insiste sur le fait que toutes les négociations relatives aux accords d’investissement devront également être menées en pleine synergie avec les efforts déployés par le groupe de travail ouvert pour parachever un ensemble complet de 17 ODD, la préparation de la Conférence des parties à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques de Paris (COP 15 de la CCNUCC) et également avec les négociations multilatérales en cours sur la réduction des droits de douane appliqués aux biens environnementaux (verts). |
| 1.4.1. | Le Comité a déjà signalé précédemment qu’il est nécessaire de mieux comprendre comment les trois dimensions du développement durable interagissent «afin de trouver des solutions équitables, sobres et efficaces» (2). Néanmoins, en ce qui concerne les négociations actuelles de l’Union européenne avec la Chine en matière d’investissements, la durabilité doit jouer un rôle clé, en particulier sachant que la Chine est demandeuse avant tout d’investissements verts et durables réalisables en important de l’expertise et de la technologie de l’Union européenne. |
| 1.5. | Le Comité note avec regret que les niveaux des investissements globaux ont diminué d’au moins 5 % depuis 2000. |
| 1.6. | Il note également que le rôle du secteur privé sera un facteur essentiel de tout accord d’investissement, compte tenu en particulier du fait que, selon les estimations de la Cnuced (3), sur les 7 000 milliards de dollars nécessaires pour les investissements sur la durée de vie des ODD, au moins un tiers du montant devra provenir du secteur privé. La question de la protection des investissements est essentielle, mais elle fait l’objet d’un autre avis du Comité élaboré en parallèle. Le Comité confirme néanmoins que le droit de l’Union européenne et des autres États de réglementer et de poursuivre des objectifs légitimes de politique publique, y compris en matière de santé, de sécurité et d’environnement, est primordial. |
| 1.6.1. | Le Comité recommande fortement à la Commission d’accorder une attention particulière au soutien à apporter aux PME et aux sociétés plus spécialisés dans les questions d’investissement, comme dans les autres domaines. Ces entreprises sont des moteurs clés de l’innovation et ont un rôle particulièrement important dans la préservation et le renforcement de la durabilité; elles représentent 99 % du tissu économique dans l’Union européenne et y créent également 70 à 80 % de l’emploi. |
| 1.6.2. | Les marchés publics devront être couverts par tout accord d’investissement ainsi que les partenariats public-privé (PPP), les gouvernements œuvrant aux côtés du secteur privé. Le CESE a exposé sa politique en matière de PPP dans son avis ECO/272, publié le 21 octobre 2010. Si cet avis était globalement favorable aux PPP, il a également mis en évidence certaines inquiétudes, qui sont toujours d’actualité. Le Comité a aussi indiqué précédemment que les PPP «peuvent devenir un instrument essentiel pour mettre en œuvre les stratégies de développement, pour autant que l’on assure au préalable un dosage correct et une bonne communication des parties intéressées» (4). Tout accord d’investissement doit par conséquent permettre la possibilité d’investissements publics et de PPP, ces deux dispositifs devant garantir que les objectifs en matière de durabilité sont réalisés. |
| 1.6.3. | Le Comité recommande aussi que le rôle de la responsabilité sociale des entreprises (RSE) soit également couvert par le chapitre sur le développement durable que doit comprendre tout accord d’investissement, en incluant une référence à l’investissement socialement responsable, par exemple les principes des Nations unies pour l’investissement responsable (UNPRI) (5). À cette fin, ces accords devraient encourager les institutions financières publiques et privées à déclarer, sur une base volontaire, que les données relatives aux incidences environnementales, sociales et de gouvernance (critères ESG) ont été intégrées dans leurs analyses et leurs décisions en matière d’investissement responsable. Il a pris note qu’une nouvelle communication de la Commission relative à la responsabilité sociale des entreprises doit être publiée au début de 2015, mais la pleine reconnaissance mutuelle de lignes directrices internationales plus larges par les deux parties n’en reste pas moins essentielle. Il s’agit notamment des principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales (6) et des principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme (UNGP), dont la mise en œuvre est en cours. Le Comité souligne qu’aucune action, que ce soit au niveau de l’Union européenne ou au niveau international, ne doit entraver ou mettre en péril ces principes. |
2. Contexte
| 2.1. | Le traité de Lisbonne a intégré les investissements dans les compétences de l’Union européenne dans le cadre de sa politique commerciale commune (PCC), l’Union étant chargée de se diriger vers «la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux et aux investissements étrangers directs» (7) (IED). Le traité a également exigé que tous les volets concernés du commerce, de l’investissement, du développement et de l’élargissement soient intégrés plus étroitement et s’informent mutuellement, notamment pour améliorer nettement la coordination. |
| 2.2. | La Commission a publié à cette époque sa communication «Vers une politique européenne globale en matière d’investissements internationaux» (8). Ce document, se fondant sur des arrêts de la Cour de justice de l’Union européenne, précise que les IED sont «généralement considérés comme incluant tout investissement étranger qui sert à établir des liens durables et directs avec l’entreprise à laquelle le capital est fourni pour réaliser une activité économique», ou comme des capitaux provenant d’un investisseur situé dans un pays qui sont placés dans une entreprise d’un autre pays. |
| 2.2.1. | En réponse, le Comité indique dans son avis (9) qu’il «se félicite tout particulièrement de l’assurance […] que la politique de l’Union européenne en matière de commerce et d’investissement “doit s’adapter” et doit “être compatible avec la politique économique et les autres politiques de l’Union […], y compris les politiques en matière de protection de l’environnement, de travail décent, de santé et de sécurité sur les lieux de travail” et de développement». |
| 2.3. | Néanmoins, l’avancée vers une intégration accrue de tous les aspects de la politique extérieure de l’Union européenne ne date pas de ce moment. Dans sa communication de 2006 «L’Europe dans le monde», parue au moment où les progrès dans les négociations menées dans le cadre du programme de Doha pour le développement sous l’égide de l’OMC étaient au point mort, la Commission déclare qu’il faut veiller à ce que les bénéfices de la libéralisation des échanges commerciaux «soient bien répercutés sur les citoyens. Aspirant à la justice et à la cohésion sociale sur notre territoire, nous devons en outre chercher à promouvoir nos valeurs — y compris les normes en matière sociale et environnementale et la diversité culturelle — dans le monde entier» (10). En réponse à cette communication, le Comité, à son tour, plaide pour l’inclusion d’un chapitre consacré au développement durable dans tous les prochains accords de libre-échange (ALE), ainsi que pour l’attribution d’un rôle actif de suivi à la société civile (11). |
| 2.4. | Depuis lors, on compte un nombre important d’accords commerciaux de l’Union qui incluent un chapitre sur le développement durable occupant une place de choix. À compter de l’accord UE-Corée de 2010, premier ALE de l’Union à avoir été conclu à cette époque depuis plusieurs années, ces accords ont également prévu la mise en place d’un mécanisme conjoint de suivi par la société civile de la mise en œuvre des chapitres sur le développement durable. Ces mécanismes commencent actuellement à prendre effet. Le Forum de la société civile UE-Corée s’est réuni régulièrement, tandis que les organismes consultatifs couvrant l’ALE UE-Amérique centrale, l’ALE UE-Colombie/Pérou et l’accord de partenariat économique UE-Cariforum ont également commencé leurs travaux. |
| 2.5. | Les accords de libre-échange approfondis et complets avec l’Ukraine, la Géorgie et la Moldavie, récemment signés mais non encore opérationnels, ainsi que l’accord économique et commercial global de l’Union européenne avec le Canada (AECG) et les accords UE-Singapour comprennent des mécanismes similaires pouvant être facilement prévus dans d’autres négociations commerciales de l’Union européenne encore en cours. |
| 2.6. | L’investissement, à son tour, est devenu une composante essentielle du mandat de négociation dans les négociations lancées après l’inclusion des investissements dans les compétences de l’Union européenne, y compris les négociations sur l’AECG et de façon encore plus marquée celles sur le PTCI (partenariat transatlantique de commerce et d’investissement) avec les États-Unis, sigle où la lettre «I» représente l’investissement. Le mandat convenu pour l’ALE avec la Corée et les autres ALE cités au paragraphe 2.4 ci-avant était antérieur à l’inclusion de l’investissement dans les compétences de l’Union européenne. Ce domaine a cependant été ajouté plus tard au mandat concernant Singapour, depuis conclu séparément. |
| 2.7. | Des négociations en vue d’un accord d’investissement séparé et autonome ont été officiellement lancées à l’occasion du sommet UE-Chine en novembre 2013, et, en mars 2014, a eu lieu le lancement des négociations en vue de la conclusion d’un accord similaire avec le Myanmar. Il s’agit des premières négociations d’un accord d’investissement «autonome», en cela qu’elles ne font pas partie de négociations plus larges portant sur un ALE (12). Ce type d’accord peut également constituer une alternative attrayante dans les cas où des négociations ALE de l’Union européenne de longue haleine sembleraient avoir perdu tout dynamisme, alors qu’avant la crise ukrainienne, la possibilité de négociations séparées en matière d’investissements de l’Union européenne avec la Russie avait également été suggérée. |
| 2.8. | Le présent avis se penche dès lors sur le rôle possible d’un chapitre consacré au développement durable dans ces accords d’investissement autonomes, ainsi que sur le champ d’application d’une participation formelle et active de la société civile. |
3. La nature changeante des investissements
| 3.1. | L’investissement (en tant que faisant partie des «questions de Singapour» convenues en 1996) devait initialement faire partie des négociations commerciales multilatérales de l’OMC lancées à Doha, mais il a été par après retiré lors de la conférence ministérielle de l’OMC tenue en 2003 à Cancun. La tentative de l’OCDE de lancer un accord multilatéral sur l’investissement a échoué en 1998. L’accord TRIM (mesures concernant les investissements et liées au commerce) du cycle de l’Uruguay de l’OMC, datant d’il y a vingt ans, ne s’applique qu’aux mesures liées au commerce des biens, et non aux services ou à d’autres domaines clés qui se sont développés depuis lors. |
| 3.2. | La séparation des questions commerciales et d’investissement devient de plus en plus complexe et nécessite une approche intégrée. Les IED jouent un rôle clé et croissant dans la stratégie industrielle mondiale de l’Europe. Dans de nombreux cas, en fonction des coûts comparatifs de production, le lieu idéal de production se situe le plus près possible du marché final, ce qui est très important eu égard à l’ouverture de nouveaux marchés en particulier dans les économies à émergence rapide et autres économies en développement. Dans d’autres, la capacité directe à transférer rapidement l’approvisionnement et la production d’un pays à un autre est un facteur important, déjà mis en évidence à la suite des différences constatées en matière de niveau d’acceptabilité de l’utilisation des biotechnologies. |
| 3.2.1. | Les mouvements monétaires et l’évolution des coûts ont également une incidence sur les chaînes d’approvisionnement, ce qui conduit à des fluctuations et des variations à court terme dans la production. Les barrières élevées à l’importation — autrefois favorables à l’investissement — sont à présent davantage susceptibles de décourager les IED. |
| 3.2.2. | Les chaînes d’approvisionnement et de production à l’échelle mondiale peuvent également s’étendre sur un grand nombre de pays. Par exemple, un téléphone mobile destiné à l’Europe peut avoir été fabriqué en Chine, où on y intègre des technologies avancées importées d’autres pays d’Extrême-Orient. Avant l’entrée de la Chine dans l’OMC, ces composants étaient généralement importés directement dans l’Union européenne. En effet, environ la moitié des exportations de la Chine est effectuée par des entreprises étrangères qui y ont investi. Dans l’industrie électronique, cette proportion s’est élevée jusqu’à 65 %. |
| 3.2.3. | La communication de 2010 indique aussi que «l’examen de l’état actuel de la recherche sur les IED et l’emploi montre qu’aucun impact négatif mesurable sur l’emploi au niveau agrégé n’a encore été établi à ce jour en ce qui concerne les investissements extérieurs» (13), tout en reconnaissant qu’«alors que le bilan agrégé est positif, il peut évidemment se produire des effets négatifs sur une base sectorielle, géographique et/ou individuelle». Ces effets sont davantage susceptibles de toucher les personnes moins qualifiées. |
| 3.3. | Les pratiques en matière de commerce et d’investissement évoluent très rapidement. Par exemple, l’internet est à l’origine d’un changement radical, marqué par une croissance exponentielle des achats internationaux de biens en ligne, des paiements électroniques de ces derniers et du suivi de l’acheminement effectif des marchandises afin de garantir leur arrivée à bon port. Les changements apportés par l’utilisation croissante d’eBay, de PayPal et d’autres services similaires (tels qu’Alibaba) vont révolutionner les échanges commerciaux et l’investissement. Les TIC sont déjà un facteur déterminant dans les IED. |
| 3.3.1. | Ces pratiques recèlent un potentiel énorme pour les PME et les entreprises plus spécialisées, dans la mesure où elles leur permettent, ainsi qu’aux entreprises locales, d’accéder à des marchés jusqu’alors inaccessibles, notamment pour les PME basées dans des régions plus isolées. Elles peuvent donner un important coup d’élan aux investissements à l’étranger des PME et à la création d’emplois locaux. Dans la mesure où, en Europe, le tissu économique est constitué à 99 % de PME et où celles-ci sont des moteurs clés de l’innovation, sont essentielles pour le maintien et le développement de la durabilité, et fournissent entre 70 et 80 % des emplois, le CESE demande à la Commission de s’attacher particulièrement à les aider dans le domaine des investissements tout comme dans d’autres domaines. |
4. Accords d’investissement autonomes
| 4.1. | Les deux processus de négociations en cours sur les accords d’investissement «autonomes» de l’Union européenne avec la Chine et avec le Myanmar seront très différents, bien que nous réalisions que leurs mandats sont à la base similaires. Tous les États membres de l’Union européenne, excepté l’Irlande, ont signé individuellement des traités bilatéraux d’investissement (TBI) avec la Chine, mais aucun ne l’a fait avec le Myanmar. Pour la Chine, les négociations portent essentiellement sur les questions d’accès au marché; pour le Myanmar, elles ne concernent que la protection des investisseurs. Après une longue période d’isolement, le gouvernement du Myanmar souhaite maintenant attirer et encourager les investissements étrangers. |
| 4.2. | La Chine et le Myanmar sont aussi éloignés que possible l’un de l’autre sur le plan du développement. La Chine est une superpuissance importante, bien ancrée à présent dans le système commercial mondial, tandis que le Myanmar émerge lentement après des décennies d’isolement imposé et volontaire. Ce pays a besoin de renforcer ses capacités, la Chine non. L’ensemble des échanges de marchandises entre l’Union européenne et le Myanmar représentait 533 millions d’euros en 2013, contre 428 milliards d’euros avec la Chine (auxquels il faut ajouter les services, soit 49,9 milliards d’euros en 2012) (14). |
| 4.2.1. | En 2012, les investissements provenant de l’Union européenne en Chine ne s’élevaient toutefois qu’à 15,5 milliards d’euros (5,3 milliards en 2009), tandis que les investissements chinois dans l’Union atteignaient à peine 7,6 milliards d’euros (0,3 milliard en 2009) (15), soit à peine quelque 2,6 % des investissements étrangers dans l’Union européenne cette année. La faiblesse de ces chiffres est encore soulignée par le fait que, tandis que près de 30 % de l’IED de l’Union européenne va aux États-Unis, moins de 2 % se retrouve en Chine (ce qui représente malgré tout 20 % de tous les IED en Chine). Par ailleurs, moins de 0,7 % du total des IED dans l’Union européenne proviennent de Chine (il se peut qu’il y ait aussi des investissements indirects transitant par Hong Kong ou ailleurs.) contre 21 % des États-Unis. |
| 4.2.2. | Chaque négociation d’accord d’investissement aura ses propres caractéristiques. Pour le Myanmar, elle consistera à fixer des principes et des normes pour construire et encourager l’investissement étranger; pour la Chine, c’est un accord beaucoup plus ambitieux qui est recherché. Dans chaque cas, cependant, une proportion importante de l’investissement qui suivra proviendra du secteur privé ou sera en lien avec lui. |
| 4.3. | Faciliter les investissements en fournissant les infrastructures durables nécessaires constituera une compétence clé pour les parties à un accord d’investissement. Les gouvernements sont responsables de la mise en place d’une base réglementaire solide pour l’infrastructure, que ce soit au niveau régional ou afin de garantir des réseaux efficients et efficaces pour l’énergie, l’eau et les transports par l’établissement systématique de conditions propices à cette fin. La conception des réseaux énergétiques et d’eau est complexe et il faudra peut-être dix années ou plus pour les mettre complètement en place. L’environnement réglementaire doit également être planifié à long terme. La Cnuced (16) estime que, sur les 7 000 milliards de dollars nécessaires pour les investissements sur la durée de vie des objectifs en matière de développement durable, au moins un tiers proviendra du secteur privé — y compris la construction de nouvelles villes et la mise à disposition d’écoles, d’hôpitaux et de routes. |
| 4.4. | À cet effet, il sera essentiel de faciliter les partenariats public-privé (PPP). Tout accord d’investissement doit veiller à ce que l’environnement réglementaire permette les investissements étrangers dans les marchés publics et les PPP ainsi que la prévisibilité à long terme et la durabilité. Les entreprises doivent, elles aussi planifier à long terme, en particulier si elles veulent que leurs investissements soient fructueux. Un échec d’un côté comme de l’autre ne serait bénéfique à personne. Il convient que des acteurs solides, tant gouvernementaux que du secteur privé, développent des synergies nouvelles et apprennent de nouvelles formes de participation. À cet égard, la contribution de la société civile devra également jouer un rôle plus important, notamment au niveau des partenaires sociaux. |
| 4.5. | Le fait qu’un tel traité remplacera et actualisera en un seul accord les 27 traités bilatéraux d’investissement (TBI) sera très profitable à la Chine. Plutôt que de simplement tenter de consolider ces TBI, l’Union européenne doit avoir pour objectif, comme dans le cas du Canada, d’établir un accord de nouvelle génération et de haut niveau avec la Chine. En plus de l’accès au marché, ces négociations couvriront également un certain nombre de sujets plus vastes tels que les marchés publics, la politique de concurrence, le rôle des entreprises publiques et l’accès aux secteurs jusqu’ici fermés, ainsi que des questions liées au développement durable. |
| 4.5.1. | Il est indispensable qu’un accord d’investissement UE-Chine apporte une valeur ajoutée. Il devrait renforcer le dialogue politique et accroître le niveau d’intégration et d’échanges technologiques. |
| 4.5.2. | Le Comité prend acte de la série de principes d’investissement sur lesquels l’Union européenne et les États-Unis se sont accordés en 2012 (17). Ces principes soulignent l’importance critique de créer et de maintenir un climat et des politiques d’investissement ouverts et stables qui contribuent à un développement économique et une croissance durables, à la création d’emploi, au renforcement de la productivité, à l’innovation technologique et à la compétitivité. |
| 4.6. | Toutefois, la nécessité absolue d’un chapitre sur le développement durable dans tout accord d’investissement avec la Chine est claire, en particulier parce que la Chine est très demandeuse d’investissements verts et durables. La plupart des observateurs estiment qu’une des principales raisons de l’intérêt que porte la Chine à un tel accord avec l’Union européenne réside dans le fait que les Chinois recherchent des investissements et le savoir-faire européens pour les aider à étendre les villes existantes tout en garantissant une durabilité maximale et à construire de nouvelles villes durables sur leur territoire. La Chine a vu non seulement les erreurs commises dans les pays développés, où les centres des villes ont été synonymes de négligence, mais également l’étalement résultant de la croissance très rapide, non planifiée et non contrôlée des villes, notamment dans les économies émergentes. L’urbanisation en Chine croît de manière exponentielle: plus de 50 % des Chinois vivent déjà dans les villes — un chiffre inimaginable il y a encore quelques années. Par exemple, la population de la ville de Shenzhen, qui n’existait pas il y a quarante ans, a quadruplé entre 2000 et 2010 pour dépasser 10 millions d’habitants. Les Chinois sont déterminés à éviter le plus possible les pièges dans lesquels d’autres sont tombés. |
5. Le rôle du développement durable dans les négociations sur les investissements
| 5.1. | Le Comité se félicite que la Commission s’engage à prévoir une composante «développement durable» dans les accords d’investissement. Tout chapitre portant spécifiquement sur le développement durable s’appuiera sur les principes définis dans le premier chapitre de cette nature à avoir été établi, le chapitre 13 de l’ALE UE-République de Corée de 2010 (18), qui a été par la suite repris et développé, notamment dans de récents accords de partenariat économique et dans les accords avec Singapour et le Canada (non encore ratifiés). Des adaptations spécifiques pour les investissements seront également nécessaires, notamment pour mettre l’accent sur l’investissement responsable, la transparence accrue, l’efficacité énergétique, la promotion de services environnementaux et d’autres facteurs pertinents. |
| 5.1.1. | Le Comité se félicite également de l’engagement pris par la Commission européenne et le Conseil de garantir que la politique d’investissement ne sera contraire à aucun des aspects spécifiques du développement durable. |
| 5.2. | L’annexe 13 de l’accord UE-Corée indique clairement que, pour assurer la réalisation des objectifs du chapitre relatif au développement durable, les parties coopéreront à la fois sur un échange de vues sur «les incidences positives et négatives» de l’accord et «au sein des forums internationaux responsables des aspects sociaux ou environnementaux du commerce et du développement durable», y compris au sein de l’OMC, du PNUE, de l’OIT et des accords multilatéraux concernant l’environnement. Toute mise à jour de cet accord devrait également inclure des initiatives récentes de la Banque mondiale, de la FAO et d’autres instances. |
| 5.2.1. | Les articles 13.4 et 13.5 de cet accord précisent respectivement que toutes les principales conventions sociales (normes et accords multilatéraux en matière de travail) sont couvertes, ainsi que les accords multilatéraux sur l’environnement. L’article 13.6 se réfère spécifiquement à l’IED dans les «biens et services environnementaux, y compris les écotechnologies, l’énergie renouvelable durable, les produits et services économes en énergie et les marchandises dotées du label écologique». |
| 5.2.2. | L’article 13.7, qui prévient tout affaiblissement ou réduction de l’application de la législation pour encourager les investissements, et l’article 13.9, consacré à la transparence, revêtent aussi une importance particulière. |
| 5.2.3. | Même si chaque accord négocié aura son empreinte spécifique, une approche cohérente avec un format aisément reconnaissable et acceptable est essentielle. |
| 5.2.4. | Un mécanisme formel de dialogue sur le développement durable similaire à celui prévu par le chapitre 13/annexe 13 de l’accord avec la Corée sera aussi important qu’un mécanisme qui serait prévu dans un ALE à part entière. Dans le cas du Myanmar, la capacité à discuter de la mise en œuvre des conventions de l’OIT sera fondamentale: entre 1997 et 2013, le Myanmar a été suspendu des dispositions SPG-TSA de l’Union européenne en raison de violations des principes de l’OIT sur le travail forcé. |
| 5.2.5. | En ce qui concerne la Chine, le chapitre sur le développement durable et le forum de discussion spécifique devraient s’appuyer sur le dialogue UE-Chine existant sur l’emploi et la politique sociale et sur le dialogue UE-Chine relatif à la politique de l’environnement, lequel est en place depuis 2005 mais a connu récemment un regain d’activité grâce à la déclaration conjointe de 2012 concernant le dialogue renforcé sur la politique de l’environnement et la croissance verte. Ce chapitre devrait également couvrir la pollution de l’air et de l’eau, la gestion des déchets et la sylviculture. |
| 5.2.6. | Tout chapitre sur le développement durable devra examiner de près le renforcement du rôle joué par le secteur privé dans l’investissement. L’obligation faite aux investisseurs sera capitale, équilibrée par une protection dûment appropriée de ces derniers. Il y a lieu de tenir compte des obligations des investisseurs concernant les exigences relatives au développement durable, y compris en matière d’investissement socialement responsable, dans leur lutte pour étayer et maintenir leur compétitivité sur les marchés mondiaux. Pour certains, le soutien du développement durable sera l’objectif premier de leur investissement, mais, pour d’autres, cette question sera périphérique. Les parties à la négociation doivent faciliter les investissements, mais elles ne peuvent pas dicter les investissements à faire. Il n’en reste pas moins que pour être efficace, la stratégie de l’Union européenne en matière d’investissements doit jouer un rôle crucial dans le maintien de la compétitivité de l’Union européenne en ces temps de mutations rapides sur le plan économique et de redistribution des cartes en ce qui concerne la puissance économique relative au niveau mondial, et notamment l’investissement par les entreprises plus spécialisées et les PME, sources d’innovation de premier ordre. |
| 5.2.7. | L’article 13.6.2 de l’accord avec la Corée fait référence au commerce équitable et éthique en ce qui concerne le commerce des marchandises, mais aussi aux régimes «qui impliquent la responsabilité sociale des entreprises et leur obligation de rendre des comptes». L’annexe 13 prévoit également «l’échange d’informations et la coopération» sur ces points, et notamment «la mise en œuvre effective et le suivi des lignes directrices adoptées au niveau international». Le Comité recommande vivement d’étendre cette approche aux accords d’investissement. Le rôle de la responsabilité sociale des entreprises (RSE) dans tout accord d’investissement sera d’une importance cruciale. |
| 5.2.8. | Ce mécanisme s’avérerait très utile pour aborder les questions de RSE avec nos partenaires d’investissement. Il devrait mettre l’accent sur la sensibilité culturelle, la promotion de la transparence et d’une approche éthique, ainsi que sur la lutte contre la corruption. Intégrer les préférences des consommateurs permettra d’apporter des avantages économiques ainsi que de promouvoir une énergie plus propre et plus efficace, par exemple. Des actions de sensibilisation, des échanges de bonnes pratiques et la collaboration constructive entre les entreprises et les parties concernées sont essentielles, ainsi que le renforcement des capacités pour les PME, sur lesquelles les coûts pèsent de manière disproportionnée. Les investissements chinois à l’étranger peuvent très facilement échouer, en raison d’une compréhension imparfaite de ce qui est exigé d’eux. Faciliter un lien plus étroit entre les investisseurs, les besoins sociétaux et donc les préférences des consommateurs rendrait un service précieux à toutes les parties. |
| 5.2.9. | La Commission définit la responsabilité sociale des entreprises (RSC) comme étant «la responsabilité des entreprises vis-à-vis des effets qu’elles exercent sur la société». La RSE est axée sur les entreprises, et consiste en des initiatives volontaires qui dépassent les prescriptions légales. L’objectif est de créer de la valeur grâce à l’innovation. La RSE recouvre des considérations économiques, sociales et environnementales, par la consultation de toutes les parties intéressées, mais aussi et surtout une approche qui doit être souple et diversifiée. Elle ne peut entrer dans un cadre figé: chaque entreprise a son identité particulière. Par conséquent, les pratiques en matière de RSE sont très variables mais, correctement utilisées, elles sont un outil précieux pour créer des débouchés commerciaux et améliorer la compétitivité d’une entreprise. |
| 5.2.10. | Une nouvelle communication de la Commission relative à la RSE est attendue prochainement. Les lignes directrices internationales auxquelles elle se réfère comprennent notamment les principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales (19) et les principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme (UNGP), dont la mise en œuvre est en cours. Il est important qu’aucune action, que ce soit au niveau de l’Union européenne ou au niveau international, n’entrave ni ne mettre en péril ces principes. Il importe également de rappeler que, alors que les États ont l’obligation de protéger et d’appliquer les droits de l’homme, la responsabilité des entreprises est de les respecter. |
6. Le rôle de la société civile
| 6.1. | La société civile a un rôle à jouer dans le rapprochement entre les gouvernements et le secteur privé, elle doit faire preuve d’un engagement continu et assurer un suivi. Néanmoins, la question de la participation directe de la société civile, y compris le suivi direct des accords d’investissement, avec une participation active des acteurs tant étatiques que non étatiques, nécessitera de dégager des solutions spécifiques par pays qui tiennent compte des niveaux existants de dialogue intersocial et de compréhension entre les différents groupes sociaux. |
| 6.2. | Dans l’accord UE-Corée, il existe plusieurs mécanismes de dialogue entre les deux parties. Le Forum de la société civile rend compte au comité chargé du commerce et du développement durable dans lequel sont engagés les gouvernements des deux parties. Mais pour les accords d’investissement, un seul comité de ce type est envisagé; en effet, il peut ne pas être toujours approprié de soulever les différends en matière d’investissement à ce niveau, notamment lorsqu’une des parties ne souhaite pas porter la question au niveau politique ou diplomatique. Il conviendra peut-être de trouver un nouveau mécanisme pour un forum de la société civile. |
| 6.3. | Les pays tels que la Chine et le Myanmar ont des perceptions très différentes et plus fermées de la société civile, de sorte qu’il faudra user de davantage de persuasion pour leur faire admettre le bien-fondé du principe de participation des organisations de la société civile dans un organisme de suivi, quel qu’il soit. La Chine a établi des partenariats dans différents pays africains qui sont axés sur les investissements uniquement de nature commerciale, plutôt que sur l’aide au développement. Ces mécanismes de consultation qui existent déjà ne sont pas aisément interchangeables avec ceux de l’Union européenne, mais tout renforcement de dialogue entre les organes concernés compléterait tout accord d’une manière très opportune. L’Union européenne, quant à elle, a fait du dialogue social et civil une pierre angulaire de son modèle social en l’institutionnalisant. |
| 6.3.1. | Le Comité devrait être associé à l’élaboration de solutions possibles. Nous préconisons donc de reproduire le principe de la table ronde UE-Chine, dans laquelle le Comité et le Conseil économique et social de Chine sont représentés de manière paritaire, ou un autre mécanisme de dialogue adapté aux conditions sociales spécifiques du pays en question, ce qui est pour nous la meilleure voie à suivre. |
| 6.3.2. | À titre de variante, la Commission possède une vaste expérience en matière de programmes de renforcement des capacités dans le domaine des échanges commerciaux et des questions qui y sont liées; c’est peut-être là une voie à suivre. Par exemple, les programmes avec les ministères des pays tiers visant à gérer la mise en œuvre des règles de l’OMC comportent un volet consacré à la société civile, incluant les fédérations patronales et les syndicats, et ils ont été mis en œuvre en collaboration avec les organes des Nations unies (notamment l’OIT, la Cnuced, l’ONUDI). Le rôle des partenaires sociaux sera également important, étant donné l’ampleur des investissements globaux associant des entreprises. |
Bruxelles, le 19 mars 2015.
Le Président du Comité économique et social européen
Henri MALOSSE
(1) ACP EU Meeting_Oct 2014_Final Declaration-EN (2) (déclaration finale de la réunion UE-ACP d’octobre 2014).
(2) JO C 271 du 19.9.2013, p. 144.
(3) Communiqué de presse Cnuced WIF, Genève, 14 octobre 2014.
(4) JO C 67 du 6.3.2014, p. 1.
(5) Ces questions peuvent être traitées de manière plus approfondie dans un prochain rapport d’information du Comité.
(6) Principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales, 2011.
(7) Article 206 du TFUE.
(8) Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions «Vers une politique européenne globale en matière d’investissements internationaux» [COM(2010) 343].
(9) JO C 318 du 29.10.2011, p. 150.
(10) COM(2006) 567 final du 4 octobre 2006, paragraphe 3.1.iii.
(11) JO C 211 du 19.8.2008, p. 82.
(12) Certains souhaiteraient voir des négociations relatives à un ALE complet entre l’Union européenne et la Chine.
(13) 2010 Impact of EU outward FDI («Impact des IED sortants de l’Union européenne»), Copenhagen Economics.
(14) Chiffres de la direction générale du commerce.
(15) Chiffres de la Commission.
(16) Voir la note de bas de page no 3.
(17) http://trade.ec.europa.eu/doclib/html/149331.htm
(18) JO L 127 du 14.5.2011, p. 62.
(19) Principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales, 2011.
Résolution du Parlement européen du 17 décembre 2015 sur le vingtième anniversaire de l'accord de paix de Dayton (2015/2979(RSP))
17/12/2015
Résolution du Parlement européen du 17 décembre 2015 sur la situation aux Maldives (2015/3017(RSP))
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Résolution du Parlement européen du 17 décembre 2015 sur la Malaisie (2015/3018(RSP))
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Résolution du Parlement européen du 17 décembre 2015 sur le rapport annuel de 2014 sur les droits de l'homme et la démocratie dans le monde et sur la politique de l'Union européenne en la matière (2015/2229(INI))
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