| CELEX | 52014IR1277 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 26 juin 2014 |
| 19.8.2014 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 271/66 |
Avis du Comité des régions — Ressources génétiques agricoles: de la conservation à l’utilisation durable
2014/C 271/13
| Rapporteur | Giuseppe VARACALLI, Maire de la commune de Gerace, (IT/PSE) |
| Texte de référence | Rapport de la Commission au Parlement européen, au Conseil et au Comité économique et social européen — Ressources génétiques agricoles: de la conservation à l’utilisation durable — COM(2013) 838 final |
I. RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ DES RÉGIONS
| 1. | constate que la stratégie européenne relative à la conservation et à l’utilisation durable des ressources génétiques dans le secteur agricole présentée dans le rapport de la Commission européenne au Parlement européen, au Conseil et au Comité économique et social européen découle des engagements pris par l’Union européenne dans le but de mettre un terme à la perte progressive de biodiversité sur son territoire à l’horizon 2020; |
| 2. | souligne que ladite stratégie tire plus particulièrement son origine des dispositions de la Convention sur la diversité biologique adoptée à Rio de Janeiro en 1992, à laquelle ont fait suite d’importants accords internationaux de mise en œuvre, dont les principaux sont le Protocole de Carthagène (2000), le traité international de la FAO sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture (2004) et, plus récemment, le Protocole de Nagoya sur l’accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable des avantages résultant de leur utilisation (2010); |
| 3. | considère que l’action européenne prend appui sur deux lignes directrices opérationnelles fondamentales: d’une part, la politique de développement rural, au moyen de nombreuses mesures agroenvironnementales globales et d’un partenariat européen efficace et, d’autre part, la politique de recherche et d’innovation, au moyen du nouveau programme-cadre «Horizon 2020» dont l’objectif est de préciser et d’affiner les connaissances sur la diversité génétique dans le secteur de l’agriculture, et que cette action devrait également s’appuyer sur la réglementation des produits végétaux et animaux ainsi que sur la politique agricole elle-même en vue d’assurer la diversité du patrimoine génétique utilisé par l’ensemble des agriculteurs; |
| 4. | est d’avis que la perte progressive de biodiversité, pour des raisons diverses et convergentes, concerne plus particulièrement les collectivités locales et les institutions qui les représentent, étant donné qu’elle a une incidence objective sur leurs territoires; |
| 5. | rappelle en effet à cet égard que les collectivités régionales et locales exercent d’importantes compétences en matière de gestion de la biodiversité sur leur territoire, citons par exemple l’ensemble des aspects liés à la délivrance de permis aux fins de l’utilisation des ressources naturelles, les prérogatives institutionnelles de ces collectivités en matière de gestion des sites Natura 2000 — l’un des éléments clés de l’action de l’Union européenne en matière de biodiversité — ou encore leurs compétences en matière de cofinancement des programmes de développement rural et de coopération transfrontalière, qu’il est essentiel de développer en vue d’améliorer la gestion et l’échange d’informations, étant donné que de nombreuses ressources génétiques peuvent être partagées dans les espaces transfrontaliers; |
| 6. | estime dès lors qu’il convient de redoubler d’efforts afin d’intéresser de manière concrète et cohérente les institutions des collectivités régionales et locales aux programmes qui ont pour objectif la conservation et l’utilisation durable des ressources génétiques dans le secteur agricole, cette approche devant utilement être assortie d’instruments juridiques permettant une action efficace et de ressources financières suffisantes pour garantir l’efficacité des interventions dans ce domaine; |
| 7. | s’agissant plus particulièrement des ressources financières, prend note du fait que la Commission souligne, dans les conclusions de son rapport (point 9), que «À l’horizon 2020, les ressources génétiques pourront bénéficier de ressources financières plus importantes et d’un éventail plus large de sources de financement, comme le prévoient la politique de développement rural et le programme “Horizon 2020”, ainsi que d’autres politiques de l’Union», et fait observer que ces affirmations doivent pouvoir être vérifiées objectivement en ce qui concerne la disponibilité réelle et concrète de ressources accrues, et que celles-ci soient disponibles dès que possible, étant donné notamment que la majeure partie des fonds de l’Union européenne consacrés à la conservation de la diversité génétique dans le secteur agricole seront destinés à la recherche; |
| 8. | souligne, s’agissant des activités prévues par le rapport, l’importance du cadre juridique et institutionnel dans lequel s’inscrit et se décline la thématique des ressources génétiques et qui, au niveau européen, se compose essentiellement des instruments déjà mentionnés que sont la politique de développement rural et le cadre européen pour la recherche et l’innovation ainsi que de la réglementation sur les produits animaux et végétaux et, de manière plus générale, de la politique agricole elle-même; |
| 9. | rappelle, s’agissant des politiques de développement rural, les observations formulées dans son récent avis sur «La durabilité des zones rurales» du 9 octobre 2013, et en particulier le potentiel que présentent les zones rurales notamment sur le plan de la biodiversité; |
| 10. | réaffirme que les initiatives dans ce domaine s’inscrivent, comme déjà mentionné, dans un contexte mondial spécifique dont la pierre angulaire est le traité international de la FAO sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture, auquel l’Union européenne a officiellement adhéré, qui est l’instrument de coordination et de promotion des initiatives en matière de gestion des ressources phytogénétiques et qui fait de la conservation de la diversité génétique une obligation juridique pour les parties contractantes; |
| 11. | note qu’au fil du temps, l’Union européenne a accordé une place importante à la question de la conservation de la diversité génétique dans le secteur agricole, comme en témoignent de récents exemples, à savoir la décision prise en 2010 par les chefs d’État de l’Union de mettre un terme à la perte de diversité biologique dans le cadre de l’Union européenne à l’horizon 2020 et les engagements appropriés pris en la matière, qui ont ensuite été systématiquement intégrés dans la stratégie européenne en faveur de la biodiversité adoptée en 2011, mais que cette orientation ne porte pas encore ses fruits; |
| 12. | est préoccupé par le fait que les différentes mesures de programmation européenne qui se sont succédé n’ont pas empêché «l’appauvrissement continu de la biodiversité agricole», comme le reconnaît du reste le rapport; le Comité peut dès lors souscrire au choix opéré par la Commission de considérer l’approche de la conservation comme des éléments déterminant de la conservation et de l’utilisation durable des ressources génétiques; |
| 13. | considère cependant que cette approche, qu’il convient d’approfondir et de diversifier, n’a pas produit d’effets adéquats sur l’utilisation des ressources, dans la mesure où l’on a au contraire enregistré, dans les faits, une faible participation des utilisateurs finaux; il convient dès lors de veiller à combler l’écart important qui subsiste entre les résultats des activités de recherche et une utilisation véritablement durable des ressources génétiques; |
| 14. | se félicite que le rapport insiste plus particulièrement sur ce point et souligne dès lors la nécessité de réorienter la relation entre recherche et utilisation en ce sens que les activités scientifiques doivent répondre aux besoins concrets des agriculteurs, ceux-ci étant nécessairement et impérativement les destinataires des solutions qu’offre la recherche et afin de garantir la sécurité alimentaire des citoyens et la production de principes actifs présentant de l’intérêt pour l’industrie pharmaceutique et chimique; |
| 15. | relève qu’un focus groupe sur les ressources génétiques a été créé fin 2013. Malheureusement les informations sur le travail de ce focus groupe ne sont disponibles qu’en anglais ce qui limitera d’autant la diffusion de l’information aux utilisateurs finaux. Il serait donc particulièrement important que la Commission mobilise des moyens pour diffuser des informations opérationnelles à plus large échelle; |
| 16. | approuve l’accent mis par la Commission sur l’approche de gouvernance à multiniveaux nécessaire pour une politique complète et globale qui soit en mesure de trouver le juste équilibre entre la dimension de la politique de recherche et d’innovation et celle de la politique de développement rural; |
| 17. | juge tout aussi nécessaire, comme le mentionne du reste le rapport, d’améliorer l’accès aux collections et bases de données existantes afin d’accroître leur utilisation effective; il est en effet notoire que le manque de connaissances entrave souvent l’utilisation qui pourrait en être faite; |
| 18. | considère en outre qu’il est impératif de conjuguer l’effet de conservation et une approche intégrée systématique, afin de créer des relations opérationnelles stables entre toutes les parties qui, à titre divers, participent au processus, en faisant nécessairement référence, au niveau des exploitations agricoles, aux races et cultures traditionnelles et locales et en cherchant à favoriser l’utilisation importante des races et cultures traditionnelles et locales par les agriculteurs grâce à un faisceau de mesures convergentes visant la restauration et l’augmentation de la biodiversité au sein des exploitations agricoles; |
| 19. | accueille favorablement, à cet égard, la mise en place, prévue par le rapport, de «réseaux, à l’échelle de l’Union, destinés à valoriser ce matériel…», un mécanisme d’intégration qui doit prévoir une véritable participation ascendante, en ce compris le niveau institutionnel régional et local; |
| 20. | approuve et reprend à son compte le constat selon lequel un fort engagement des collectivités régionales et locales s’impose, le rapport invitant plus spécifiquement les décideurs et les administrations à «élaborer un cadre juridique et institutionnel d’une manière qui soit cohérente…» afin de réaliser les objectifs souhaités; |
| 21. | juge utile la précision de la Commission concernant une «révision en profondeur de la législation…» visant à améliorer de manière concrète les mécanismes de conservation des ressources avec notamment la coopération des différents secteurs intéressés et, partant, à faciliter l’accès aux marchés des variétés traditionnelles et l’utilisation réelle par les agriculteurs d’un matériel génétique naturellement plus diversifié qu’actuellement, ce que le projet de règlement européen devrait beaucoup mieux prendre en compte; |
| 22. | souscrit au principe d’un processus décisionnel complet et souhaite que les collectivités régionales et locales puissent jouer un rôle clé à cet égard en défendant les spécificités innombrables qui caractérisent les différents territoires et les spécificités génétiques des végétaux et animaux qui y sont liés et méritent d’être protégées et en complétant, par leur contribution, l’action des principaux acteurs plus directement impliqués (scientifiques, agriculteurs, sélectionneurs, consommateurs), dont le rapport synthétise bien le rôle particulier; |
| 23. | il y a lieu de sensibiliser la société à la valeur des ressources génétiques et à l’importance de leur conservation, étude et utilisation durable, tout en promouvant des programmes de formation à l’intention des techniciens et des agriculteurs, ainsi que des mécanismes de coordination, de suivi et d’évaluation pour la protection de la biodiversité dans le secteur agricole; |
| 24. | se félicite dès lors de l’attention particulière accordée aux mécanismes du partenariat européen pour l’innovation «Productivité et développement durable de l’agriculture» (avec la participation parallèle du comité pour les ressources génétiques créé par le règlement no 870/2004 du Conseil) en tant qu’outil permettant de renforcer dans la pratique l’intégration entre les activités de recherche et les différentes formes d’utilisation des ressources, notamment dans le but avoué d’une adaptation au contexte et aux exigences locales; |
| 25. | propose en outre, dans le droit fil de l’échange effectif de connaissances entre tous les acteurs concernés, d’encourager aussi des formes de coopération au sein des différentes communautés locales et entre elles et ce, dans le cadre d’un système vertueux d’expériences pouvant être comparées et s’enrichir mutuellement de façon naturelle; |
| 26. | suggère la mise en place d’un logo développé et financé par la Commission pour les produits issus de ressources génétiques en danger et/ou conservées et développées. Les conditions pour ce logo devraient être mises en place de manière à encourager et renforcer les producteurs et autres acteurs locaux/régionaux; |
| 27. | fait part de la perplexité que lui inspirent les effets insuffisants que l’importante activité scientifique menée au fil du temps a eus sur les agriculteurs-utilisateurs — perplexité qui est du reste ouvertement exprimée dans le rapport — et se doit en outre de souligner que le rapport du groupe d’experts indépendants sur le programme d’action communautaire en matière de conservation, de caractérisation, de collecte et d’utilisation des ressources génétiques en agriculture, régi par le règlement no 870/2004 précité du Conseil, affirme que les bénéficiaires ont essentiellement été des instituts de recherche, raison pour laquelle il est nécessaire d’encourager davantage, dans le cadre du nouveau programme, la participation des utilisateurs finaux, notamment afin de réaliser les objectifs du programme, en particulier en ce qui concerne une utilisation concrète et effective de ses résultats, entre autres en les incitant de manière appropriée à répondre aux appels à projets; |
| 28. | prend note du fait que la Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif à la production et à la mise à disposition sur le marché de matériel de reproduction des végétaux (COM(2013) 262 final), qui est étroitement liée au thème à l’examen a été rejetée par le Parlement européen le 11 mars 2014; |
| 29. | s’engage dès lors à suivre avec attention l’évolution de la situation, la révision de la proposition de règlement étant une priorité absolue, et signale dès à présent, s’agissant du contenu de cette proposition, qu’il est important et impératif de soutenir les petits et moyens producteurs et utilisateurs de variétés anciennes, rares et traditionnelles et de variétés dites «de niche» représentant une part importante de la diversité génétique des espèces végétales cultivées, dont les producteurs ne sont pas protégés de manière appropriée en raison de conditions de procédure de reconnaissance onéreuses et dont l’utilisation dans les conditions locales adéquates n’est pas assez soutenue, si l’on tient compte du fait que les collectivités régionales et locales ont un intérêt objectif et direct à ce que ces opérateurs, qui sont les mieux placés pour garantir la biodiversité et exercent leur activité sur des portions de territoire restreintes, ne se heurtent pas à des difficultés opérationnelles excessives; |
| 30. | demande que la nouvelle Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif à la production et à la mise à disposition sur le marché de matériel de reproduction des végétaux permette une certification des semences biologiques sur des critères adaptés à la production biologique permettant l’expression des plantes en fonction du milieu et l’évolution des lignées et populations; |
| 31. | considère en outre, conformément aux avis qu’il a adoptés précédemment, qu’il est particulièrement important, s’agissant des ressources génétiques, qu’il définisse clairement sa position par rapport à l’autorisation et à l’importation des OGM, lesquelles ne doivent être consenties qu’exceptionnellement, en particulier concernant la compatibilité avec la stratégie de conservation des ressources génétiques mêmes; |
| 32. | insiste donc à cet égard sur une application rigoureuse du principe de précaution en ce qui concerne l’autorisation et l’introduction d’organismes génétiquement modifiés, ainsi que sur son corollaire, à savoir la nécessité d’adopter, à tous les niveaux institutionnels, des mesures concrètes en matière de coexistence qui permettent de protéger de manière adéquate toutes les zones agricoles et, de manière spécifique, celles qui sont les plus sensibles sur le plan écologique, en particulier en procédant à une évaluation ponctuelle des risques pour la biodiversité. |
Bruxelles, le 26 juin 2014.
Le Président du Comité des régions
Michel LEBRUN
Résolution du Parlement européen du 18 décembre 2014 sur la Mauritanie, et en particulier le cas de Biram Dah Abeid (2014/2999(RSP))
18/12/2014
Résolution non législative du Parlement européen du 18 décembre 2014 sur le projet de décision du Conseil relative à la conclusion, au nom de l'Union européenne, de l'accord d'association entre l'Union européenne et la Communauté européenne de l'énergie atomique et leurs États membres, d'une part, et la Géorgie, d'autre part (09827/2014 — C8-0129/2014 — 2014/0086(NLE) — 2014/2816(INI))
18/12/2014
Résolution du Parlement européen du 18 décembre 2014 sur le Soudan: la situation d'Amin Mekki Medani (2014/3000(RSP))
18/12/2014
Résolution du Parlement européen du 18 décembre 2014 sur la persécution de l'opposition démocratique au Venezuela (2014/2998(RSP))
18/12/2014