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AccueilDroit européen52014IR2994
Initiative législative52014IR2994

Avis du Comité des régions — Une stratégie macrorégionale alpine pour l’Union européenne

CELEX52014IR2994
TypeInitiative législative
Datemercredi 3 décembre 2014

Résumé IA

Cet avis du Comité des régions soutient la création d'une stratégie macrorégionale alpine pour l'UE, visant à renforcer la coopération transfrontalière entre les États et régions alpins. Il préconise une approche intégrée pour relever des défis communs tels que la mobilité durable, la protection de l'environnement et le développement économique dans cet espace géographique spécifique. Pour un professionnel du droit français, ce texte constitue une base politique non contraignante mais influente pour d'éventuelles futures initiatives législatives ou programmes de financement européens affectant les collectivités territoriales françaises des Alpes.

Texte intégral

21.1.2015

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 19/32


Avis du Comité des régions — Une stratégie macrorégionale alpine pour l’Union européenne

(2015/C 019/07)

Rapporteur:

M. Herwig VAN STAA (AT/PPE), président du Landtag du Tyrol

LE COMITÉ DES RÉGIONS,

1.

se réjouit des conclusions du Conseil européen de décembre 2013, invitant la Commission à élaborer d’ici juin 2015, en coopération avec les États membres, une stratégie de l’Union européenne pour la région alpine (SUERA);

2.

souligne que grâce à ce mandat, les régions voient leur rôle dans le processus d’élaboration et de mise en œuvre de la stratégie pour la région alpine sensiblement renforcé; en conséquence, afin de pouvoir poursuivre son développement, l’Europe doit reconnaître et valoriser sa propre diversité plutôt que de tendre vers l’uniformisation. Les stratégies macrorégionales constituent un instrument pouvant contribuer concrètement à la valorisation des particularités de développement des différents territoires, en respectant leurs vocations et caractéristiques naturelles;

3.

adhère à la notion de stratégie macrorégionale définie comme un cadre intégré, approuvé par le Conseil européen et soutenu par le Parlement européen, concernant les États membres et les pays tiers situés dans la même zone géographique, et permettant de relever des défis communs et de mener une coopération accrue en matière de cohésion économique, sociale et territoriale (1);

4.

s’engage à continuer de soutenir le développement et la mise en œuvre de politiques macrorégionales, comme il l’avait déjà déclaré dans son avis sur la valeur ajoutée des stratégies macrorégionales (2), et souligne que la valeur ajoutée de ces stratégies a déjà fait l’objet d’une reconnaissance politique et stratégique (3);

5.

constate que la stratégie de l’Union européenne pour la région alpine sera la quatrième macrostratégie après les stratégies de l’Union européenne en faveur de la mer Baltique et du Danube et la stratégie pour la région de l’Adriatique et de la mer Ionienne, et, eu égard aux grands défis à relever par d’autres macrorégions européennes, fait part de son soutien à l’établissement de nouvelles stratégies macrorégionales;

6.

se réjouit de la coopération qui sera menée, sous l’égide de la stratégie pour la région alpine, entre cinq États membres de l’Union européenne (Allemagne, France, Italie, Autriche et Slovénie) et deux pays tiers (Liechtenstein et Suisse), et qui contribuera sensiblement à l’intégration paneuropéenne. Ce volet d’intégration apporte une importante valeur ajoutée à cette stratégie macrorégionale (4);

7.

souligne que ce sont les régions alpines elles-mêmes qui ont pris l’initiative de définir une position stratégique commune de l’espace alpin au niveau de l’Union européenne, et que la stratégie alpine a ensuite été élaborée selon un véritable processus ascendant, des régions concernées jusqu’au niveau européen, en passant par l’échelon national des États alpins;

8.

se félicite que la Commission européenne élabore, en accord avec les États et les régions de l’espace alpin représentés au sein du comité de pilotage de la stratégie alpine, un plan d’action spécifique pour la mise en œuvre de la stratégie;

9.

se réjouit qu’une vaste consultation publique sur les priorités de la stratégie alpine ayant été définies jusqu’à présent ait offert l’occasion à l’ensemble des parties intéressées et des citoyens d’évaluer ces priorités, de proposer et de traiter d’autres thématiques, et de désigner des acteurs concernés afin d’élaborer les objectifs et les instruments les plus appropriés en vue d’atteindre le niveau élevé de développement et de bien-être recherché par toutes les collectivités territoriales de la région alpine;

10.

souligne que la coopération transfrontalière dans la région alpine peut se prévaloir d’une longue tradition et a été à l’origine, depuis les années soixante-dix, de multiples instruments de coopération, tels que les communautés de travail ARGE-ALP et ALPE-ADRIA, la Convention alpine, le programme «Espace alpin» de l’Union européenne, des structures de coopération bi- et multilatérales comme l’«Eurorégion Alpes-Méditerranée», ou les groupements européens de coopération territoriale Senza Confini et l’«Eurorégion Tyrol-Haut Adige-Trentin», ainsi que diverses organisations de la société civile;

11.

souligne que la SUERA repose essentiellement sur une approche ascendante et devrait intégrer le travail considérable réalisé grâce aux instruments de coopération transfrontalière disponibles dans la région alpine, afin de regrouper le vaste éventail de projets de coopération pour ainsi gagner encore en efficience et en efficacité;

12.

rappelle qu’une bonne partie de la valeur ajoutée des stratégies macrorégionales réside dans la capacité à relever des défis communs grâce à l’action ciblée d’acteurs concernés, en utilisant au mieux les instruments financiers appropriés tels que les partenariats public-privés;

13.

fait observer que la SUERA apportera des réponses communes aux défis auxquels la région alpine est confrontée. Ces défis sont notamment le maintien de la qualité de vie, d’une protection élevée de l’environnement et d’un développement économique soutenu dans le contexte de la mondialisation, du changement climatique et des changements démographiques, et en particulier les profondes mutations structurelles dans les secteurs de l’agriculture et du tourisme, la désindustrialisation, la fracture numérique et l’accès limité aux services d’intérêt général dans certaines régions;

14.

souligne que le point de référence de la stratégie est le massif des Alpes et que la région alpine se compose des montagnes qui en constituent le cœur, comme défini dans le champ d’application de la Convention alpine, mais aussi de leur arrière-pays, qui comporte une série de grandes métropoles. Ces zones sont reliées entre elles par d’étroites interactions et relations fonctionnelles, influençant chacune le développement économique, social et écologique;

15.

est conscient du fait que les régions montagneuses et leur arrière-pays comportant des villes ont souvent des revendications et des priorités différentes, et insiste sur la nécessité de renforcer le dialogue sur un pied d’égalité entre le centre de la région alpine et l’arrière-pays, afin de garantir une prise en compte équilibrée des intérêts de la population des deux zones;

16.

est favorable à une mise en œuvre flexible du champ d’application de la SUERA, de manière que la portée de la coopération stratégique soit déterminée au cas par cas, en fonction des besoins spécifiques du domaine d’intervention et compte tenu des relations fonctionnelles entre le centre de la région alpine et son arrière-pays;

Objectifs et thèmes de la stratégie pour la région alpine

17.

partage le point de vue selon lequel la stratégie de l’Union européenne pour la région alpine doit apporter des contributions spécifiques, taillées sur mesure pour la région alpine, à la mise en œuvre de la stratégie Europe 2020 en faveur d’une croissance intelligente, durable et inclusive, afin de faire progresser la cohésion économique, sociale et territoriale en Europe;

18.

est favorable à ce que les priorités de la stratégie alpine soient définies de manière que les intérêts des zones de montagne situées au centre de la région alpine soient prioritaires et ceux de l’arrière-pays et de ses villes pris en compte de manière appropriée, afin que l’interdépendance entre ces régions se transforme en avantage réciproque;

19.

est convaincu que les approches innovantes permettant de concilier les éléments de la stratégie axés sur le développement et la protection indispensable de l’environnement revêtent une importance décisive pour le succès de la stratégie alpine, car c’est le seul moyen de préserver la région alpine en tant que lieu de vie, espace économique et site naturel au centre de l’Europe et de la mettre durablement en valeur;

20.

se réfère à la résolution du Parlement européen du 23 mai 2013 sur une stratégie macrorégionale pour les Alpes [(2013/2549 (RSP)] et fait également remarquer que le contenu de la stratégie doit être cohérent avec la Convention alpine;

21.

souligne l’importance que tous les acteurs territoriaux collaborent, en partenariat, à l’élaboration et à la mise en œuvre de la SUERA, et se réjouit du travail réalisé à ce jour par le comité de pilotage de la stratégie, qui a défini, avec la participation égale des régions, des États et de la Commission européenne, le contenu des trois piliers de la SUERA, à savoir «Garantir une croissance durable et promouvoir le plein emploi, la compétitivité et l’innovation grâce à la consolidation et à la diversification des activités économiques en vue de renforcer la solidarité mutuelle entre les zones de montagne et les zones urbaines», «Favoriser le développement territorial en mettant l’accent sur la mobilité respectueuse de l’environnement, le renforcement de la coopération universitaire, le développement des services, et la politique des transports et de la communication» et «Promouvoir l’utilisation durable de l’énergie et des ressources naturelles et culturelles, la protection de l’environnement et la conservation de la biodiversité ainsi que la préservation des espaces naturels»;

22.

s’agissant du développement intégré de ces contenus dans le plan d’action, demande qu’une attention particulière soit accordée aux thèmes suivants: relance de l’emploi, développement des chaînes de valeur alpines, du tourisme et d’un réseau d’entreprises alpines à l’échelle macrorégionale, amélioration des services d’intérêt général et solidarité réciproque entre les personnes qui vivent à différents endroits de la région alpine, renforcement de la mise en réseau en comblant le fossé numérique dans les zones moins favorisées, développement de l’intermodalité et de l’interopérabilité dans le secteur des transports, interconnexion des réseaux de transport locaux et régionaux avec les grandes infrastructures de transport européennes, efforts visant à transférer le fret de la route vers le rail, amélioration de l’efficacité énergétique et de la production durable de sources d’énergie renouvelables, en particulier utilisation de l’énergie hydraulique, utilisation efficace et durable des ressources naturelles et culturelles, et poursuite du développement de la gestion des risques naturels en raison du changement climatique, en accordant une attention particulière à la protection de la structure hydrogéologique et de l’environnement;

23.

espère que le plan d’action créera des synergies entre les différents programmes existants et sera axé sur un nombre limité de priorités, de manière à permettre une concentration des ressources;

Gouvernance à niveaux multiples

24.

prend acte avec intérêt du rapport de la Commission européenne sur la gouvernance des stratégies macrorégionales (5), tout en faisant observer que ce rapport ne tient pas suffisamment compte du rôle des régions en tant qu’actrices du processus décisionnel;

25.

attire l’attention sur le rôle des collectivités locales et régionales, qui garantit à la SUERA l’ancrage dans la réalité attendu par les citoyens; insiste sur la nécessité de développer les conditions nécessaires pour que les collectivités locales et régionales puissent elles aussi mener des projets phares;

26.

fait observer que le succès de la stratégie alpine dépend de l’implication constante des acteurs politiques locaux et régionaux, y compris des groupements européens de coopération territoriale, dans la gestion politique de ce processus politique à plusieurs niveaux, ainsi que du respect du principe de subsidiarité inscrit dans le droit de l’Union européenne; à cet égard, il semble opportun d’encourager également la participation des acteurs sociaux, économiques et culturels au sein des territoires concernés;

27.

demande que les modalités de mise en œuvre de la stratégie soient définies sur la base du principe de gouvernance à niveaux multiples inscrit dans la charte du Comité des régions (6), en garantissant la participation des régions sur un pied d’égalité avec le niveau national, en fonction de leurs compétences respectives;

28.

souligne que son groupe interrégional «Macrorégion alpine» créé en juin 2014 entend soutenir la Commission européenne et les États alpins, par l’intermédiaire de leurs points de contact nationaux, dans le cadre de l’élaboration et du suivi de la stratégie alpine, accompagner l’élaboration du plan d’action et, en mettant en évidence l’identité commune de cette région, accroître sa visibilité au niveau régional, national et européen pour ainsi valoriser son énorme potentiel;

29.

est favorable à la mise en place d’une présidence tournante, assurée par les États ou les régions de chacun des États membres pour définir les grandes orientations de la stratégie. Chaque État membre concerné par la stratégie alpine en assurerait la direction pendant une année selon un principe de rotation convenu d’un commun accord, afin de garantir aux États et régions concernés des possibilités d’influence équilibrées et de répartir équitablement le travail lié à la gestion de la SUERA. La présidence pourrait également être associée à la mise en place et à l’organisation d’un forum stratégique;

30.

approuve la possibilité pour les régions et les États membres de la SUERA de créer, sur le modèle des coordinateurs du RTE-T, une fonction de coordinateur de la stratégie, qui n’exercerait aucune fonction politique pendant la durée de sa mission et ne disposerait pas d’un pouvoir exécutif, afin de soutenir la Commission européenne et la Présidence et de permettre un ancrage plus solide de la stratégie au sein des institutions européennes;

31.

plaide pour que la fonction de coordinateur de la SUERA soit exercée par une personnalité issue des régions, bénéficiant d’une expérience dans le domaine de la coopération interrégionale et transfrontalière dans la région alpine. Cet aspect revêt une importance essentielle compte tenu notamment de l’approche ascendante de la stratégie;

32.

est d’avis qu’une structure de gouvernance politique équilibrée doit garantir une prise en compte équitable des intérêts des États et des régions aux côtés de la Commission européenne;

33.

est favorable à ce que la Commission ait un rôle important à jouer dans l’orientation stratégique de la SUERA, notamment en assurant la cohérence avec les politiques et les positions de l’Union européenne et la prise en compte de l’approche macrorégionale dans les mesures de l’Union européenne, et en particulier dans les programmes et instruments de financement européens;

34.

estime, eu égard à la large dispersion des responsabilités, que la gouvernance de la mise en œuvre des priorités stratégiques devrait s’effectuer en premier lieu au niveau des différents axes prioritaires au sein des «piliers» et que des modes d’organisation particuliers devraient être développés, notamment pour les questions transversales telles que la lutte contre le changement climatique;

35.

est convaincu que les stratégies et les politiques européennes ne peuvent pas être mises en œuvre efficacement en l’absence d’une gouvernance à niveaux multiples et propose d’envisager les groupements européens de coopération territoriale comme instruments de mise en œuvre dans leurs domaines de compétence respectifs;

36.

se réfère à la résolution du Parlement européen du 23 mai 2013 sur une stratégie macrorégionale pour les Alpes [(2013/2549 (RSP)] et fait également remarquer qu’il convient d’associer les coopérations et réseaux transfrontaliers existants à la mise en œuvre de la SUERA;

37.

est conscient que seuls des projets concrets de mise en œuvre du plan d’action de la stratégie alpine produiront des résultats tangibles pour les citoyens et demande dès lors que les obstacles juridiques et administratifs qui entravent cette mise en œuvre soient levés;

38.

souligne que les stratégies macrorégionales constituent un cadre approprié pour la participation des partenaires de la société civile à l’élaboration des politiques, dans le but de créer des synergies avec les initiatives existantes et d’optimiser les ressources; à cet égard, et afin de concrétiser la participation précitée et de garantir un accès et une utilisation plus efficaces des ressources financières disponibles, il apparaît opportun d’établir des accords et des protocoles avec ces partenaires de la société civile, tels que les associations professionnelles, les chambres de commerce, les universités et les autres acteurs économiques et sociaux des territoires concernés;

39.

plaide pour que le Conseil de l’Europe, en particulier le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux, soit associé à la stratégie macrorégionale pour la région alpine, d’autant plus que deux des États concernés par cette stratégie — la Suisse et le Liechtenstein — ne sont pas membres de l’Union européenne, mais bien du Conseil de l’Europe;

Financement

40.

se réjouit que le règlement portant dispositions communes et la coopération territoriale européenne permettent le recours à l’ensemble des Fonds structurels pour soutenir les priorités macrorégionales et demande à la Commission européenne de déterminer comment ces fonds pourraient être utilisés dans la région alpine, conformément aux accords de partenariat et aux programmes opérationnels régionaux;

41.

reconnaît que la règle dite des «trois non» (pas de nouvelle législation, pas de nouvelles institutions de l’Union européenne et pas de fonds supplémentaires) a contribué à ce que les ressources financières destinées à la coopération territoriale européenne soient utilisées de manière plus efficace dans les régions où une stratégie macrorégionale existe déjà; souhaite toutefois souligner l’importance d’un financement à plus long terme. Ce sont surtout les organisations chargées de coordonner la mise en œuvre de la stratégie qui ont besoin de financements à long terme. Dans la logique du principe de la gouvernance à niveaux multiples, les États membres concernés et leurs collectivités territoriales doivent assumer davantage leurs responsabilités et prévoir des ressources suffisantes pour la mise en œuvre de la stratégie macrorégionale alpine;

42.

réaffirme, conformément à ses avis sur les stratégies macrorégionales existantes (7), qu’il conviendrait dans le même temps d’appliquer une règle des «trois oui» (mieux coordonner l’utilisation des ressources financières existantes, davantage de coordination institutionnelle et davantage d’idées et de projets nouveaux) et plaide pour une participation effective des collectivités locales et régionales à cette coordination;

43.

se félicite que le programme de coopération transnationale «Espace alpin 2014-2020» prévoie une priorité qui permettra de soutenir des modèles de gouvernance novateurs;

44.

espère que la stratégie alpine reposera sur une meilleure coordination des fonds disponibles au niveau européen, national, régional et local, et invite dès lors en particulier la Commission européenne et ses services responsables à la fois des programmes opérationnels relevant des Fonds structurels et d’investissement européens et des programmes de gestion directe à garantir, dans le cadre de leurs compétences respectives, la mise en œuvre des objectifs et des mesures de la stratégie dans le cadre de ces instruments et politiques.

Bruxelles, le 3 décembre 2014.

Le Président du Comité des régions

Michel LEBRUN


(1) COM(2013) 468 final.

(2) CDR5074-2013_00_00_TRA_AC.

(3) Voir les conclusions du Conseil du 22 octobre 2013 sur la valeur ajoutée des stratégies macrorégionales.

(4) COM(2013) 468 final.

(5) COM(2014) 284 final.

(6) COR-2014-01728-00-00-RES-TRA.

(7) Voir par exemple l’avis CDR1272-2012_00_00_TRA_AC sur la stratégie révisée de l’Union européenne pour la région de la mer Baltique.


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