| CELEX | 52014IR4833 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 4 décembre 2014 |
| 21.1.2015 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 19/80 |
Avis du Comité des régions — Santé mobile
(2015/C 019/17)
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I. RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ DES RÉGIONS,
Observations générales
| 1. | se félicite que la Commission européenne ait lancé une consultation ouverte afin de recueillir les points de vue concernant le livre vert sur la santé mobile. Le développement de celle-ci met en lumière plusieurs des problématiques les plus actuelles concernant les systèmes européens de soins de santé, qu’il s’agisse d’utiliser plus efficacement les ressources disponibles, d’améliorer la santé, de conforter la position de la population, d’assurer de bonnes conditions de travail au personnel soignant ou de mieux prendre en considération l’innovation et l’amélioration qualitative des soins de santé, pour ne citer que ces quelques exemples; |
| 2. | fait observer qu’un déploiement réussi de la santé mobile tient en bonne partie à la manière dont on parvient à l’articuler avec d’autres actions d’amélioration entreprises dans le domaine des soins de santé et à prendre en considération des défis essentiels comme l’interopérabilité, la protection de la vie privée ou l’assurance de qualité de l’information; |
| 3. | souligne tout particulièrement l’importance que revêt la confiance des citoyens vis-à-vis de la gestion de l’information par les collectivités locales et régionales. Dans le développement de la santé mobile, il conviendra de tenir compte de toutes les préoccupations fondées de la population concernant la protection de la vie personnelle. Il s’impose de traiter les divers risques qui pèsent sur la vie privée des citoyens en lien avec leur recours à des processus mobiles pour gérer des informations relatives à la santé et des informations personnelles sensibles; |
| 4. | relève que le développement de la santé mobile doit profiter à l’ensemble des citoyens de l’Union européenne et ne peut aboutir à créer davantage d’inégalités en ce qui concerne l’accessibilité et l’utilisation des services de soins de santé, et qu’il convient dès lors de mettre en place une utilisation gratuite des réseaux d’accès aux services basés sur la santé mobile. C’est sur l’intérêt des patients, ainsi que sur la qualité et la sûreté des soins de santé, que doivent être axés les progrès qu’induit la santé mobile; |
| 5. | insiste sur le rôle clé que joue la santé mobile dans les efforts déployés pour renforcer la place du patient et le mettre dans de meilleures conditions pour exercer un contrôle sur sa santé personnelle. Elle est tout particulièrement susceptible de contribuer à améliorer la sécurité et l’autonomie au quotidien des personnes âgées, handicapées ou souffrant d’affections chroniques. Aussi convient-il de la développer en tenant compte de la diversité que présentent les populations du point de vue de l’état de santé. Les nouvelles applications techniques devraient être aisément accessibles et stimuler une autonomisation accrue des personnes handicapées, des seniors et des citoyens vulnérables. À cet égard, les collectivités territoriales ont une tâche importante, pour promouvoir la formation, tant du personnel soignant que des populations, à l’utilisation des nouveaux dispositifs techniques et à la gestion des données sensibles; |
II. IMPORTANCE POUR LE COMITÉ DES RÉGIONS
| 6. | fait observer que dans bon nombre des États membres de l’Union européenne, les collectivités locales et régionales sont coresponsables de la planification, de l’élaboration, de l’exécution et du financement de la politique de santé et de protection sociale. En conséquence, il va également de soi qu’elles doivent être étroitement associées à toute réforme ayant une incidence sur les soins de santé et les prestations sociales; |
| 7. | relève que la santé en ligne et la santé mobile occupent une place privilégiée dans les programmes d’action de bon nombre de collectivités locales et régionales en Europe. Néanmoins, le stade de développement auquel elles sont parvenues varie suivant les pays et les régions. En ce qui concerne ces dernières, le besoin se fait sentir de renforcer leur coopération et leurs échanges d’expériences en matière de politiques et de pratiques, de manière que celles qui ont été des pionnières sur le terrain de la santé mobile puissent diffuser leur savoir. La Commission européenne peut jouer un rôle en la matière, en récoltant et en agrégeant les connaissances et les meilleures pratiques; |
| 8. | constate que les systèmes européens de soins de santé sont confrontés à des défis similaires, comme l’augmentation du coût des prestations de soins, le vieillissement de la population, un risque accru d’affections chroniques ou multiples, la pénurie de personnels de santé dans certaines catégories, ou les inégalités dans les soins et dans l’accès à ceux-ci. Certains de ces obstacles sont particulièrement aigus dans les zones qui présentent une faible densité de population, dans lesquelles le taux de dispersion de l’habitat est élevé. La santé mobile peut constituer un des éléments de la panoplie de mesures envisageables pour surmonter ces problèmes. En conséquence, la manière dont on réussira à gérer le développement de la santé mobile et à la mettre en pratique pour que les patients et professionnels de la santé en tirent réellement avantage constituera un paramètre important dans l’évolution des soins de santé, ainsi que pour la santé et la qualité de vie futures des citoyens européens; |
Possibilités
| 9. | estime qu’un des facteurs de succès tant pour le travail d’amélioration des soins de santé que pour l’augmentation du bien-être de la population consiste à donner aux citoyens davantage d’influence sur les questions touchant à la santé et aux soins de santé et de les y associer davantage. La santé mobile constitue l’un des facteurs fondamentaux pour fournir, concernant ces soins, des informations permettant aux citoyens de mieux contrôler les données qui les concernent, de mieux préserver leur santé et, le cas échéant, de gérer leurs maladies, et pour renforcer le partage de la prise de décision. Elle ouvre aussi, sous réserve que le client l’autorise, de nouvelles possibilités à l’entourage, familial et autre, pour s’engager, bénéficier d’une bonne information et apporter une contribution active concernant la santé d’un proche, ainsi que pour entretenir des contacts avec les services de soins et de protection sociale; |
| 10. | souhaite souligner tout particulièrement qu’une numérisation poussée et une élévation du niveau de connaissances concernant les questions en rapport avec la santé peuvent contribuer à donner à des personnes qui vivent dans des régions reculées, faiblement peuplées ou affectées d’autres handicaps la possibilité d’accéder en plus grand nombre à une information d’une qualité garantie, à des dispositifs de prévention sanitaire, ainsi qu’à des services médicaux de traitement et de suivi qui soient aisément accessibles. Cette démarche aidera également à créer de meilleures conditions pour que les gens puissent rester dans leur foyer et conserver leur autonomie plus longtemps. La santé mobile peut favoriser à maints égards une plus grande attention pour la personne en matière de soins de santé; |
| 11. | a la conviction que la santé mobile présente un fort potentiel pour favoriser des méthodes de travail fondées sur les réalités de terrain, ainsi que pour alléger et améliorer les conditions de travail des professionnels de la santé. Pour ce faire, elle pourrait garantir la disponibilité des bonnes informations au moment voulu, la possibilité de consigner des données importantes à proximité immédiate du rendez-vous avec le patient, ou encore organiser une consultation à distance. Pour que la santé mobile devienne un véritable instrument de progrès et d’efficacité, il convient dès lors que les services développés et utilisés dans la pratique soutiennent effectivement les professionnels dans leur travail avec les patients; |
| 12. | est d’avis que des services de santé mobile de qualité et bien adaptés sont susceptibles de jouer un rôle important dans les efforts déployés pour améliorer la qualité des soins de santé et les rendre plus efficaces. À titre d’exemple, la santé mobile peut aider à réduire le nombre de personnes souffrant de maladies chroniques hospitalisées ainsi que la durée de leur hospitalisation et leur permettre de s’administrer elles-mêmes une part plus importante de leur traitement. Il importe dès lors que la santé mobile ne se développe pas en dehors de tout système de soins de santé, mais que son déploiement s’effectue autant que faire se peut de manière intégrée et dans la perspective qu’elle constitue un outil contribuant à obtenir de meilleurs résultats pour les citoyens; |
| 13. | soutient que des investissements accrus dans la santé mobile peuvent avoir une incidence positive sur l’entrepreneuriat et l’emploi dans les régions et contribuer à l’essor de services susceptible d’être proposés à l’échelon tant national qu’international. Pour stimuler davantage encore l’entrepreneuriat, il pourrait être nécessaire de lancer diverses initiatives consistant, par exemple, en formations, concours d’entrepreneurs ou guides d’implantation sur les marchés. Par ailleurs, s’ils veulent pouvoir développer des prestations de communication de l’information auprès des opérateurs sociaux et des personnels de santé, les entrepreneurs doivent bénéficier d’éclaircissements plus poussés sur les normes techniques et terminologiques qu’utilisent les intervenants du secteur social et des soins de santé. Il y a lieu d’établir, dans le cadre de l’activité de développement, une coopération efficace entre le secteur public et les entreprises; |
Interactions
| 14. | entend souligner que la santé mobile constitue tout à la fois un complément et une composante naturelle des soins de santé, dans leur conception classique. L’objectif ne consiste nullement à bâtir un système parallèle ou à vouloir se substituer aux compétences professionnelles des personnels de santé, pas plus qu’à remplacer le contact personnel entre le patient et le professionnel de la santé. Tout au contraire, la santé mobile contribue à ce que le patient ait plus d’influence, bénéficie davantage d’une information de qualité et noue de nouvelles relations avec ses soignants. Pour que la santé mobile devienne un outil agissant tant pour la population que pour les professions de santé, il est donc indispensable de consentir des efforts pour ce qui concerne une communication adaptée aux catégories ciblées, le développement des compétences et un bon pilotage du changement; |
| 15. | souligne que jusqu’à présent, le déploiement de la santé mobile a été mené en grande partie par des intervenants publics dans le domaine des soins de santé. Pour qu’elle se développe avec succès, il s’impose d’élargir la perspective et d’encourager une coopération plus étroite entre les prestataires de soins publics et privés, les fournisseurs et les entrepreneurs et, tout particulièrement, les patients et leurs organisations; |
La perspective économique
| 16. | constate que dans les régimes européens de soins de santé tels qu’ils se présentent aujourd’hui, en dépit d’importantes variations, une bonne partie des modèles de remboursement s’articulent autour des interventions, des visites sur place et du nombre de patients traités. Classiquement, ce sont les prestations de rencontre physique avec une personne nécessitant des soins qui sont remboursées et non celles qui aident la population à rester en bonne santé ou à s’autoadministrer dans une plus large mesure les soins nécessaires. Dès lors, si l’on veut tirer tout le parti possible des potentialités de la santé mobile, notamment pour ce qui concerne le travail de promotion de l’hygiène de vie, il peut être nécessaire d’engager un débat sur de nouveaux modèles de remboursement davantage fondés sur des valeurs; |
| 17. | fait observer que selon le comité de politique économique (CPE) de l’Union européenne, 30 à 40 % des dépenses de soins de santé des États membres se rapportent aux personnes de plus de 65 ans, dont on estime que la part dans la population totale devrait augmenter de 17 % en 2010 à 30 % en 2060. Cette évolution implique en outre qu’en 2050, il n’y aura plus que deux actifs pour chaque personne de plus de 65 ans contre quatre en 2004. La santé mobile ouvre une voie pour contribuer à faire face à ce défi démographique et à l’augmentation des dépenses de soins de santé, notamment en contribuant à réduire les séjours en hôpital, augmenter la proportion de soins autoadministrés et améliorer l’état de santé de la population de l’Union européenne; |
Interopérabilité
| 18. | relève que le développement de la santé mobile met en évidence la nécessité d’une interopérabilité sur le plan juridique, linguistique et technique. Un échange électronique efficace des données entre les différents personnels de santé, entre eux comme avec leurs patients, constitue un élément fondamental pour améliorer la qualité des soins, accroître leur efficacité et renforcer la position de leurs destinataires. L’enjeu consiste en particulier à veiller à ce que les dispositifs de santé mobile qui sont développés permettent une communication de l’information tant entre les diverses applications qu’entre ces dernières et les systèmes opérationnels qui sont utilisés dans les régimes de soins de santé. Cet aspect revêt une importance fondamentale, car les pays européens font face à des défis identiques. Sur ce point, l’Union européenne peut jouer un rôle important pour encourager le développement de normes et spécifications techniques qui soient communes. L’amélioration de l’interopérabilité doit aller de pair avec un bon dosage entre ouverture et sécurité, car une interopérabilité accrue ne doit en aucun cas aboutir à un flux incontrôlé de données. Une condition sine qua non est que la communication soit toujours basée sur un choix en connaissance de cause, en fonction de la législation en vigueur et des exigences en matière de sécurité; |
Sécurité et protection de la vie privée
| 19. | souligne que le développement fructueux de la santé mobile dépendra de la manière dont elle fera droit à l’impératif de protection de la vie privée. La confiance des citoyens vis-à-vis des soins de santé et de la gestion des informations qui y sont liées constitue une condition essentielle pour que les collectivités locales et régionales soient en mesure de fournir des soins sûrs et de qualité. Il s’agit en particulier de garantir que des tiers non autorisés n’accéderont pas à des données sensibles ou que les informations ne puissent être utilisées à des fins secondaires pour lesquelles la personne concernée n’a pas donné son consentement. En conséquence, il pourrait donc être indiqué d’examiner si, en plus de la législation existante en la matière, il n’est pas nécessaire de prévoir encore d’autres mesures, sous forme de supervision, de directives ou de certification, pour les services de santé mobile proposés par les fournisseurs. Il serait en outre souhaitable d’encourager l’élaboration de dispositifs fiables et sûrs permettant d’identifier les personnes grâce à des données biométriques; |
| 20. | est en outre d’avis qu’il ne faudrait pas que, par leur conception, les actes juridiques entravent la recherche ou une démarche méthodique d’amélioration qualitative au-delà de ce qui est nécessaire pour assurer la protection des données des patients. Il s’agit ici de trouver un équilibre aussi large que possible entre la nécessité de protéger la vie privée et l’approche usuelle dans le domaine des soins de santé, qui consiste à prendre appui sur l’information collectée afin de chercher à améliorer la qualité et les résultats des prestations, au bénéfice des patients actuels et futurs. Dans ce contexte, le Comité des régions souhaite souligner tout particulièrement que cette perspective devra être prise en compte dans les travaux liés à la proposition de nouveau règlement sur la protection des données, de manière à parvenir à un équilibre adéquat entre les deux objectifs et d’obtenir un résultat optimal; |
| 21. | attache le plus grand prix à ce que les citoyens aient la conviction que les prestations de santé mobile qui leur sont offertes ou recommandées par les acteurs de la santé peuvent être utilisées en toute sécurité et contribuent à améliorer leur santé et leur qualité de vie. Cette préoccupation induit notamment la nécessité de garantir dans toute la mesure du possible que les services de santé mobile sont de qualité, médicalement parlant. À cet égard, le Comité recommande qu’une distinction claire soit faite entre applications de bien-être et dispositifs médicaux. Les services de santé mobile relevant de cette dernière catégorie doivent être appréciés selon des modèles d’évaluation reconnus de méthodes et produits médicaux et régis par la directive 93/42/CEE relative aux dispositifs médicaux. Par ailleurs, des informations claires sont indispensables pour que les consommateurs, les patients et les professionnels de la santé soient en mesure de choisir le service de santé mobile qui correspond le mieux à leurs besoins actuels. |
Subsidiarité
| 22. | souligne que ce sont les États membres qui sont compétents pour organiser les services de santé et les soins médicaux et les mettre à la disposition de la population. Dans beaucoup de pays de l’Union européenne, les pouvoirs régionaux et locaux sont responsables de l’ensemble ou de larges pans de la politique de santé et d’assistance sociale. En conséquence, les collectivités territoriales ont un rôle capital à jouer pour ce qui est de développer les soins de santé et de les faire passer dans l’environnement numérique, grâce à la santé en ligne et à la santé mobile. Dans la poursuite de ses travaux sur la santé mobile, l’Union européenne se doit donc de coopérer étroitement avec elles et de respecter le principe de subsidiarité. |
Bruxelles, le 4 décembre 2014.
Le Président du Comité des régions
Michel LEBRUN
Résolution du Parlement européen du 18 décembre 2014 sur la Mauritanie, et en particulier le cas de Biram Dah Abeid (2014/2999(RSP))
18/12/2014
Résolution non législative du Parlement européen du 18 décembre 2014 sur le projet de décision du Conseil relative à la conclusion, au nom de l'Union européenne, de l'accord d'association entre l'Union européenne et la Communauté européenne de l'énergie atomique et leurs États membres, d'une part, et la Géorgie, d'autre part (09827/2014 — C8-0129/2014 — 2014/0086(NLE) — 2014/2816(INI))
18/12/2014
Résolution du Parlement européen du 18 décembre 2014 sur le Soudan: la situation d'Amin Mekki Medani (2014/3000(RSP))
18/12/2014
Résolution du Parlement européen du 18 décembre 2014 sur la persécution de l'opposition démocratique au Venezuela (2014/2998(RSP))
18/12/2014