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AccueilDroit européen52014IR4835
Initiative législative52014IR4835

Avis du Comité des régions — L'innovation dans l'économie bleue: réaliser le potentiel de création d'emplois et de croissance de nos mers et océans

CELEX52014IR4835
TypeInitiative législative
Datemercredi 3 décembre 2014

Résumé IA

Cet avis du Comité des régions souligne le potentiel de l'économie bleue pour la création d'emplois et la croissance, en insistant sur la nécessité d'une approche intégrée et innovante. Il appelle à un soutien accru aux clusters maritimes, à la simplification des procédures administratives et à un meilleur accès au financement pour les PME et les régions côtières. Le texte met en garde contre une approche descendante et réaffirme le rôle clé des collectivités territoriales dans la mise en œuvre d'une stratégie européenne pour une croissance bleue durable.

Texte intégral

21.1.2015

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 19/24


Avis du Comité des régions — L'innovation dans l'économie bleue: réaliser le potentiel de création d'emplois et de croissance de nos mers et océans

(2015/C 019/05)

Rapporteur:

M. Adam BANASZAK, membre de l'assemblée régionale de la voïvodie de Cujavie — Poméranie (Pologne/AE)

Texte de référence:

«Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — L'innovation dans l'économie bleue: réaliser le potentiel de création d'emplois et de croissance de nos mers et océans»

COM(2014) 254 final/2

I. RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ DES RÉGIONS,

1.

estime que l'exploitation du potentiel de la croissance bleue offre la possibilité de stimuler l'économie locale et de créer des emplois de qualité élevée dans les secteurs économiques fondés sur la connaissance et les investissements;

2.

fait valoir que la protection de l'environnement doit rester un des principaux objectifs de la stratégie européenne relative à la croissance bleue;

3.

considère qu'une évaluation des données scientifiques peut contribuer grandement au succès de la réforme de la politique commune de la pêche et représente la principale condition préalable à la réalisation de la composante de cette politique ayant trait à la régionalisation;

4.

réaffirme qu'à son sens, le développement et le soutien de l'aquaculture européenne constituent un élément clé pour créer des emplois dans des régions structurellement faibles et garantit aux consommateurs européens un approvisionnement en fruits de mer de qualité élevée;

5.

approuve les initiatives prises par la Commission européenne visant à stimuler la croissance de l'économie bleue;

6.

souligne la nécessité d'adopter une approche horizontale et intégrée en matière de coordination de la politique de la recherche, de la politique économique, de la politique commune de la pêche et de la politique des transports. Si l'on veut accroître l'efficacité des mesures prises par l'Union européenne dans le domaine de l'économie bleue, les politiques susmentionnées ne sauraient être interprétées exclusivement comme des domaines d'action séparés. La réalisation de synergies entre ces politiques renforcerait l'efficacité des initiatives lancées et apporterait une plus grande valeur ajoutée;

7.

attire l'attention sur la nécessité de s'appuyer sur des recherches scientifiques lors de la mise en œuvre de la réforme de la politique commune de la pêche, en veillant à la protection des écosystèmes marins et à la gestion des risques dans des situations de crise; souligne cependant que le recours aux recherches scientifiques et à l'innovation doit avant tout cibler la croissance bleue, perçue non seulement comme croissance économique dans le secteur maritime, mais aussi comme un facteur exerçant un effet positif sur d'autres secteurs économiques;

8.

fait valoir que la réalisation du potentiel de création d'emplois et de croissance des mers et des océans, même si elle est nécessaire et souhaitable, ne doit pas conduire à une dégradation de l'environnement naturel, ni à une destruction des écosystèmes marins;

9.

appelle à tenir davantage compte des secteurs d'aquaculture et de transport maritime, littoral et régulier pour ce qui est du recours à l'innovation, dans le but de renforcer la croissance économique et de créer de nouveaux emplois;

10.

plaide pour une coordination plus large et plus efficace entre la stratégie de la croissance bleue et d'autres stratégies et programmes de l'Union européenne, notamment la stratégie Europe 2020;

La recherche scientifique et l'innovation au service de la croissance bleue

11.

souligne que le recours aux recherches scientifiques et à l'innovation, même s'il a pour objectif de stimuler la croissance bleue, doit produire des effets non seulement dans le secteur maritime mais aussi dans d'autres secteurs de l'économie;

12.

appelle de ses vœux la création d'une communauté de la connaissance et de l'innovation dédiée à l'économie bleue en tant que mesure supplémentaire en faveur du développement des compétences et du transfert des idées issues de la recherche marine vers le secteur privé;

13.

partage l'avis que les lacunes dans les connaissances et les données relatives à l'état de nos mers et océans, aux ressources des fonds marins, à la vie marine et aux risques pour les habitats et les écosystèmes constituent un des principaux problèmes qui freinent le développement de l'économie bleue. Une meilleure connaissance de nos mers favorisera la croissance de l'économie bleue, grâce à une compréhension plus approfondie des ressources marines et des moyens de les exploiter, sans perdre de vue nos objectifs environnementaux;

14.

souligne l'importance de disposer de données accessibles concernant l'état de nos mers et océans pour le développement de l'économie bleue. Le fait de renforcer l'offre de ces données et de les rendre plus accessibles ne peut qu'être profitable, pour l'innovation comme pour la concurrence, permettra une gestion efficace des risques dans des situations critiques et réduira les incertitudes liées aux zones marines;

15.

estime que l'accès aux données relatives à l'état de nos mers et océans ne doit pas se limiter aux informations générales, pertinentes seulement à l'échelle de l'Union européenne ou des États membres. Il est en effet essentiel de prendre en considération les besoins des régions particulières et de leur offrir l'accès à des connaissances en la matière qu'elles pourraient exploiter efficacement, tant au niveau du secteur public que du secteur privé;

16.

fait valoir que même s'il est important de rendre accessibles aux échelons régional, local et national les données relatives à l'état de nos mers et océans, ce processus doit être coordonné dans son ensemble à l'échelle de l'UE. Cela permettra d'exploiter plus efficacement les données et de procéder à des échanges d'information entre les parties intéressées;

17.

invite la Commission européenne à s'appuyer davantage sur les recherches scientifiques dans les efforts qu'elle déploie pour régionaliser la politique commune de la pêche. Un recours accru aux recherches scientifiques traduira, d'une part, l'idée d'une approche horizontale de l'économie bleue et d'autre part, favorisera une gestion rationnelle des ressources halieutiques;

18.

souligne que l'Union européenne devrait continuer à soutenir l'aquaculture, qui représente l'un des secteurs les plus performants dans le domaine de la production alimentaire. Des recherches scientifiques adéquates, offrant aux entreprises l'accès à des connaissances nouvelles, plus étendues, sur l'état de nos mers et océans, pourraient contribuer à renforcer la compétitivité des entreprises, ce qui entraînerait une hausse de l'emploi, notamment dans des régions structurellement faibles;

19.

note que la collecte et la transmission des informations sur l'état de nos mers et océans doivent créer aucun inconvénient ou charge administrative supplémentaire pour les pouvoirs locaux et régionaux ni pour les opérateurs économiques;

20.

estime que non seulement l'accès adéquat aux informations sur l'état de nos mers et océans joue un rôle important pour la mise en place de solutions innovantes, la protection de l'environnement, la gestion des ressources halieutiques et l'aquaculture, mais il peut également s'avérer essentiel pour la gestion des risques et l'adoption de mesures d'aide appropriées dans des situations de crise. C'est pourquoi le Comité des régions appelle à prendre des mesures visant à élaborer un mécanisme d'exploitation des données obtenues à partir des images satellite fournis par les services satellitaires dans le cadre du programme Copernicus, afin que ces données puissent être utilisées par les pouvoirs locaux et régionaux à des fins de réponse rapide en cas de catastrophe naturelle;

21.

souligne qu'il convient de suivre constamment le recours à l'innovation et la croissance dans l'économie bleue, afin de maximiser l'efficacité des actions menées. Le Comité des régions préconise donc de mettre en place des indicateurs de performance bien définis pour mesurer la croissance et l'innovation dans l'économie bleue. Les indicateurs ainsi définis seront non seulement utiles à la Commission, mais permettront également de fixer des objectifs appropriés aux États membres et aux régions;

La protection de l'environnement des mers et des océans

22.

attire l'attention sur le fait que l'enjeu principal de l'économie bleue ne se limite pas à exploiter les connaissances sur l'état des mers afin de stimuler le développement économique: il s'agit avant tout de les utiliser pour préserver les écosystèmes marins et veiller à la qualité de l'environnement marin. La protection et la conservation des écosystèmes marins doit être au cœur de la politique maritime européenne;

23.

souligne que l'environnement marin doit être propre et sain. Par conséquent, il convient de lancer officiellement l'examen de la proposition visant à élaborer un plan d'action pour éliminer les débris d'engins militaires et les produits chimiques déversés en mer, présentée par le Comité des régions dans un précédent avis (1); les connaissances sur l'état de nos mers et océans doivent également être utilisées à des fins de purification et de renouvellement de l'environnement marin, lequel pourra ainsi conserver sa diversité biologique et sa fertilité;

24.

souligne qu'un environnement marin propre et sain, s'appuyant sur l'existence de zones marines protégées, joue également un rôle important pour le développement d'activités touristiques, notamment de plongée durable, qui représente un outil stratégique de connaissance du milieu marin et de sensibilisation du public sur ce dernier;

25.

considère qu'une compétitivité accrue et un plus grand nombre d'emplois dans le secteur de l'aquaculture renforcerait la dynamique de développement de ce secteur. Cependant, cela ne doit pas conduire à une baisse de qualité des produits de la mer au profit de leur quantité. Il convient donc de continuer à prendre toute mesure qui s'impose pour garantir aux consommateurs européens un approvisionnement en produits de la mer de qualité élevée. Il s'agit notamment de ne pas autoriser la vente d'organismes génétiquement modifiés (OGM) aux consommateurs;

La participation des entreprises du secteur privé à l'économie bleue

26.

reconnaît l'importance des initiatives de la Commission européenne visant à mieux exploiter les recherches scientifiques et l'innovation dans le cadre de la stratégie en faveur de la croissance bleue. Il ne faut toutefois pas oublier que le résultat principal et le plus attendu de la stratégie de croissance bleue doit consister à développer l'entrepreneuriat sur la base du potentiel inexploité des mers et des océans;

27.

considère que la communication ne prend pas en considération certains secteurs qui pèsent le plus dans l'économie bleue, comme la construction navale, le transport maritime et l'énergie bleue. Il ne fait aucun doute que la communication prépare le terrain pour de futures innovations et initiatives scientifiques; cependant, les secteurs économiques susmentionnés continuent à jouer un rôle moteur dans l'économie bleue;

28.

estime qu'en analysant les possibilités de recourir à l'innovation dans le cadre de l'économie bleue, il convient de tenir tout particulièrement compte du développement du transport maritime et du tourisme maritime, qui recèlent un énorme potentiel de hausse de l'emploi;

29.

souligne que les entreprises du secteur privé peuvent jouer un rôle clé pour créer de l'innovation tout comme pour favoriser le recours à celle-ci afin de stimuler la croissance économique et la création d'emplois nouveaux et de meilleure qualité. C'est avant tout le secteur des PME qui peut jouer un rôle fondamental à cet égard;

30.

attire l'attention sur le fait que l'ambition de la Commission d'accroître la participation du secteur des PME à l'économie bleue doit s'accompagner d'une assistance financière adéquate tant dans le cadre déjà existant que par le biais de programmes futurs. Le besoin de financements se fait surtout sentir dans le secteur de l'aquaculture, composé à 90 % de micro-entreprises, qui ont la capacité à générer le niveau d'innovation souhaité;

31.

estime qu'il est indispensable d'adopter un cadre politique renforcé pour la participation des entreprises privées à l'économie bleue. Afin d'assurer une synergie optimale entre le secteur public et les besoins du secteur privé, les entreprises doivent avoir la possibilité de définir leurs besoins au niveau des recherches scientifiques, tout comme au niveau de l'adoption de normes, de règles et de solutions qui leur soient favorables;

32.

fait valoir que la participation accrue des entreprises privées à l'économie bleue ne doit entraîner aucune charge superflue pour le secteur privé;

33.

invite la Commission et les États membres à prendre des mesures pour améliorer la compétitivité des opérateurs économiques européens actifs dans le secteur maritime. En connaissant les besoins du secteur privé en rapport avec la participation des entreprises à l'économie bleue, il sera plus facile d'y adapter les actions et politiques menées à l'échelle européenne, nationale ou régionale;

34.

souligne que l'entrepreneuriat lié à l'économie bleue ne se limite pas aux activités exercées dans les mers et les océans. Il est essentiel de prévoir un soutien approprié aux entreprises opérant à l'intérieur des terres et menant des activités en rapport avec l'économie bleue, telles que les usines locales de transformation du poisson, si l'on veut créer un environnement économique durable pour les pêcheurs locaux;

35.

fait valoir que le recours à l'innovation dans l'économie bleue en vue de favoriser la croissance économique et la création d'emplois nécessite également la disponibilité de ressources humaines adéquates. Si l'on veut accroître la popularité et l'attractivité des emplois de la mer parmi les jeunes, une étroite coordination entre le développement des politiques, l'éducation et l'entrepreneuriat est indispensable;

36.

insiste sur le fait que les avantages découlant de l'économie bleue seront perceptibles à la fois dans le secteur public et privé. Cependant, tous les fonds publics ont leurs limites. Il est donc essentiel de faire également appel à des capitaux privés pour financer les activités dans ce domaine. Dans cette optique, il convient de promouvoir une large coopération entre les secteurs public et privé, y compris en ayant recours à des partenariats public-privé, à travers lesquels le secteur public peut bénéficier non seulement des possibilités financières offertes par le secteur privé mais aussi de son expertise, de son expérience dans les affaires, de ses capacités de gestion et de son potentiel intellectuel afin de concevoir et de mettre en œuvre des solutions innovantes pour l'économie bleue;

37.

souligne qu'en raison des différences entre les dispositions juridiques régissant les partenariats public-privé dans les différents pays membres de l'UE, la Commission européenne a un rôle fondamental à jouer pour promouvoir les bonnes pratiques et les solutions relatives au recours aux partenariats public-privé dans l'économie bleue. Il convient en particulier d'envisager la possibilité de mettre en place des partenariats public-privé institutionnalisés en vue d'une éventuelle création de nouveaux emplois;

38.

indique qu'il ne sera pas possible d'impliquer des représentants du secteur privé, y compris des petites et moyennes entreprises, dans la coopération avec le secteur public, si l'idée de la coopération n'est pas promue au niveau local et régional. Il est donc nécessaire de faciliter et de soutenir l'action des collectivités locales et régionales visant à associer des représentants du secteur privé à des projets réalisés sous la forme de partenariats public-privé;

39.

fait valoir que le recours à des partenariats public-privé dans le domaine de l'économie bleue ne doit pas avoir pour seul objectif d'associer de grandes entreprises en tant que partenaires privés. Pour que les partenariats public-privé soient correctement mis en œuvre, il faut tenir compte du potentiel financier et des capacités de gestion des risques propres au secteur des petites et moyennes entreprises, ce qui permettra également aux collectivités territoriales plus petites d'exploiter les ressources dont disposent les PME;

40.

se félicite que les principes de subsidiarité et de proportionnalité, énoncés à l'article 5 du traité sur l'Union européenne et aux articles 3 et 4 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne soient défendus dans la communication.

Bruxelles, le 3 décembre 2014.

Le Président du Comité des régions

Michel LEBRUN


(1) CdR 2203/2012 — «La croissance bleue: des possibilités de croissance durable dans les secteurs marin et maritime», rapporteur: Adam BANASZAK (PL/ECR).


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