| CELEX | 52015AE0580 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | jeudi 2 juillet 2015 |
| 17.11.2015 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 383/74 |
Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Protocole de Paris — Programme de lutte contre le changement climatique planétaire après 2020»
[COM(2015) 81 final]
(2015/C 383/11)
| Rapporteur: | Lutz RIBBE |
Le 25 mars 2015, le Comité économique et social européen a décidé, conformément à l’article 43, paragraphe 2, de son règlement intérieur, d’élaborer un avis d’initiative sur le thème:
«Protocole de Paris — Programme de lutte contre le changement climatique planétaire après 2020»
[COM(2015) 81 final].
La section spécialisée «Agriculture, développement rural, environnement», chargée de préparer les travaux du Comité en la matière, a adopté son avis le 4 juin 2015. (rapporteur: M. RIBBE).
Lors de sa 509e session plénière des 1er et 2 juillet 2015 (séance du 2 juillet 2015), le Comité économique et social européen a adopté le présent avis par 193 voix pour, 12 voix contre et 9 abstentions.
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le CESE attend des parties aux négociations de la 21e Conférence des parties (CdP 21) qu’elles concluent enfin un accord ambitieux et équitable, qui soit de nature contraignante. Le Comité soutient pleinement — à quelques exceptions marginales près — le contenu de la position de négociation présentée à cet effet par la Commission européenne. Il juge toutefois regrettable que l’Union européenne n’ait toujours pas pris pleinement conscience du rôle central que la société civile doit jouer dans ce processus. |
| 1.2. | Toutes les parties à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) sans exception doivent assumer leurs responsabilités en vue d’atteindre l’objectif final, qui est de stabiliser «les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique (1) dangereuse du système climatique». Ce n’est qu’à cette condition qu’il sera possible d’éviter que des préjudices plus graves soient portés aux individus, à l’environnement et aux générations futures. |
| 1.3. | Le principe d’une responsabilité commune mais différenciée est juste. Dans la plupart des États, il y a lieu d’engager rapidement un processus de transition consistant à se détourner des énergies fossiles au profit des énergies renouvelables ainsi que d’une plus grande efficacité énergétique et dans l’utilisation des ressources. Les États dont la contribution actuelle au dérèglement climatique est marginale doivent être soutenus en vue de leur orientation directe vers une «économie à faible intensité de carbone». Dans ce contexte, des perspectives non négligeables s’ouvrent d’ores et déjà pour les entreprises européennes innovantes, qui doivent bénéficier d’un appui politique à cet égard. Il convient de veiller à ce que cette transition n’appauvrisse pas les personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté. Elle devrait et doit au contraire être exploitée efficacement pour donner un nouvel élan à l’économie, en particulier au niveau régional, et pour mettre en place de nouvelles structures de production d’énergie décentralisées et non émettrices de carbone, qui associent les populations locales. |
| 1.4. | Dès lors, la CdP 21 ne portera pas sur des questions environnementales classiques. Il s’agira plutôt de jeter les bases d’une nouvelle économie mondiale «à faible intensité de carbone». |
| 1.5. | De tels processus nécessitent la présence de «chefs de file». L’Europe a endossé ce rôle avec succès pendant de nombreuses années. Cependant, il n’est désormais plus possible de dire que l’Europe fait cavalier seul dans la lutte contre le changement climatique. De nombreux autres blocs économiques effectuent maintenant des investissements considérables dans le processus de transition et dans les «technologies vertes», sans pour autant jouer un rôle plus actif dans le processus de négociation de la CdP. Dans les faits, et indépendamment de l’issue donnée à la négociation de Paris, le combat pour l’obtention des marchés d’avenir dans le domaine des technologies vertes, qui sont essentielles pour la préservation du climat, est engagé depuis longtemps, et l’Europe ne pourra pas s’y soustraire, que la CdP 21 ait ou non été couronnée de succès. |
| 1.6. | Des paramètres importants de l’environnement économique, qui sont susceptibles d’entraîner des «fuites de carbone» ou une «fuite de l’économie à faible production de carbone», ne seront pas abordés dans les négociations de la CdP. Dès lors, il convient de toujours garder à l’esprit les questions liées à la préservation du climat ainsi que leurs répercussions économiques, sociales et politiques, y compris hors du contexte des négociations relatives à la CCNUCC. L’Europe doit s’engager à tous les niveaux, par exemple dans la création de mécanismes de marché qui contribuent à la prise en compte, dans les discussions internationales en matière de commerce, des émissions occasionnées par la production. |
| 1.7. | Le CESE fait observer que ce ne sont pas les conclusions — espérons-le, ambitieuses — de la CdP 21 qui sauveront le climat, mais leur mise en application cohérente. Ce ne sont pas les responsables politiques qui procèdent à leur mise en œuvre, mais les citoyens. C’est certes à ces responsables qu’il revient de mettre en place le cadre propice, en gardant à l’esprit non seulement les conséquences environnementales, mais aussi économiques et sociales, mais c’est la société civile qui se charge de la mise en œuvre. Les décisions doivent par conséquent faire l’objet d’un large consensus dans la société et bénéficier du soutien des entreprises, des syndicats et de tous les autres pans de la société civile. |
| 1.8. | Les rôles multiples joués par la société civile (voir le paragraphe 6) ne seront malheureusement abordés que de manière très marginale lors de la CdP, et l’Union européenne n’a pas pris d’initiative notable pour remédier à ce problème. La communication de la Commission ne contient pas la moindre référence concrète au rôle que devrait jouer la société civile. La nouvelle politique climatique ne peut et ne doit pas être imposée «d’en haut», mais doit s’appuyer sur une large adhésion de la majorité des citoyens dans le cadre d’un dialogue civil actif associant l’ensemble des parties prenantes et être mise en œuvre selon une approche ascendante. Le CESE recommande à la Commission, au Conseil et au Parlement européen d’engager enfin un dialogue approfondi et structuré, afin de ne pas passer à côté de la volonté générale de la société de développer de nouvelles structures. La politique concrètement menée par l’Union européenne jusqu’à présent s’avère très décevante à cet égard. Dans ce contexte, le CESE préconise que la Commission crée les conditions structurelles et alloue les ressources nécessaires pour permettre un dialogue de la société civile avec l’ensemble des acteurs concernés, dans lequel chacun doit avoir sa place et être également reconnu. |
| 1.9. | Le CESE souligne qu’il existe des perspectives environnementales, économiques et sociales en lien avec des techniques existantes d’atténuation des émissions de carbone, qui peuvent aboutir à des créations d’emplois et au développement d’entreprises dans le monde entier. |
2. Contexte
| 2.1. | Il y a 23 ans de cela, en mai 1992, la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques a été adoptée à New York. L’article 2 de cette convention en présente l’objectif, qui est de «stabiliser […] les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique (2) dangereuse du système climatique» ainsi que d’en atténuer les éventuelles retombées. |
| 2.2. | La même année, 154 États adhéraient déjà à la convention lors de la «Conférence de Rio des Nations unies sur l’environnement et le développement» (CNUED). Elle est entrée en vigueur en mars 1994. Aujourd’hui 196 parties en sont signataires. |
| 2.3. | Ces pays se rencontrent chaque année à l’occasion de la Conférence des parties (CdP), également connue sous le nom de «sommet mondial de l’ONU sur le climat». À ce jour, les mesures adoptées ne suffisent pas pour atteindre ne fût-ce qu’approximativement les objectifs de la convention. Les seuls objectifs définis jusqu’ici sont des objectifs contraignants — fixés par le «protocole de Kyoto» adopté lors de la CdP 3 à Kyoto — qui imposent des plafonds d’émission aux pays industrialisés. Or l’on sait que le protocole de Kyoto a été ratifié par une partie seulement des pays industrialisés. |
| 2.4. | Il s’agit désormais de s’accorder sur un même constat, à savoir qu’au terme de 21 années de négociations, au cours desquelles les émissions ont encore augmenté de près de 50 % au niveau mondial (passant de 30,8 milliards de tonnes d’équivalent CO2 en 1992 à 43,4 milliards de tonnes en 2011) (3) et où les retombées négatives des changements climatiques imputables à l’activité humaine deviennent de plus en plus évidentes, l’heure est venue d’agir enfin. |
| 2.5. | La plupart des études scientifiques montrent qu’il est encore et toujours possible de contenir la hausse des températures en conséquence. Pour ce faire, il est nécessaire de commencer au plus vite à mettre en œuvre les mesures ambitieuses qui s’imposent. Les études montrent il est vrai aussi que, en théorie, l’objectif peut être atteint ultérieurement, mais pour un coût infiniment supérieur et au prix de dommages de grande ampleur, qui affecteraient dans la même mesure des millions de personnes et l’économie. |
| 2.6. | La convention-cadre ne définit pas précisément ce qu’est une «perturbation anthropique dangereuse du système climatique». Lors de la 16e CdP (en 2010), les parties sont parvenues à un accord politique en vue de limiter l’augmentation de la température mondiale à moins de 2 oC (voire même 1,5 oC) par rapport aux niveaux de l’ère préindustrielle, sans toutefois apporter de preuve scientifique démontrant que cet accord politique permettrait également d’atteindre l’objectif fixé. |
| 2.7. | Le CESE signale expressément à toutes les parties concernées — responsables politiques et société civile — que des perturbations aux incidences dramatiques se font d’ores et déjà nettement sentir, alors que le réchauffement est loin d’avoir atteint 2 oC. La limite de 2 oC ne saurait donc être envisagée comme un objectif à atteindre; il faut au contraire faire tout son possible pour rester en dessous de la valeur fixée. |
3. La CdP 21 à Paris
| 3.1. | En décembre 2015, la 21e CdP se tiendra à Paris. Conformément aux engagements pris, cette conférence sera l’occasion pour l’ensemble des 196 parties de prendre — enfin — sous la forme d’un accord mondial, les décisions ambitieuses, équitables et contraignantes qui s’imposent. Ces dispositions entreront en vigueur en 2020. |
| 3.2. | Les décisions attendues portent notamment sur les aspects suivants:
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| 3.3. | Il s’agira également de décider comment le laps de temps compris entre l’adoption des décisions en décembre 2015 et l’entrée en vigueur des mesures contraignantes en 2020 doit être utilisé pour prendre des dispositions concrètes en matière de lutte contre le changement climatique («mesures antérieures à 2020»). |
| 3.4. | Pour la première fois, les gouvernements examineront aussi la manière dont il convient de mettre en œuvre les politiques climatiques. Le CESE souscrit à l’appel lancé en faveur du respect des droits de l’homme et de la garantie d’une transition juste vers une économie à faible intensité de carbone qui maintienne et crée des emplois décents et de qualité. |
| 3.5. | L’Union européenne a résumé ses positions et ses attentes vis-à-vis de la CdP 21 dans la communication intitulée «Protocole de Paris — Programme de lutte contre le changement climatique planétaire après 2020» (5). Elle propose notamment, afin de rendre les arrangements contraignants, que l’accord de Paris prenne la forme d’un protocole à la convention-cadre sur le climat. Celui-ci devrait entrer «en vigueur dès que les pays représentant collectivement 80 % des émissions mondiales l’auront ratifié». |
| 3.6. | Les parties s’accordent sur la nécessité de faire valoir le principe d’une responsabilité commune mais différenciée; cela signifie que toutes les parties doivent assumer une part de responsabilité, indépendamment de leur contribution plus ou moins grande au dérèglement climatique. Le niveau exact de cette responsabilité doit quant à lui être apprécié au regard d’une pluralité de facteurs tout à fait disparates, tels que, par exemple, le niveau historique et actuel des émissions, la puissance économique, la situation sociale, les atteintes subies, etc. |
4. Les attentes de la société civile européenne à l’égard des négociations de la CdP 21
| 4.1. | Le CESE en appelle à toutes les parties pour qu’un accord juridiquement contraignant soit enfin adopté à Paris. Il soutient fermement la position de négociation de l’Union européenne établie dans la communication de la Commission [COM(2015) 81 final]. |
| 4.2. | À l’occasion de la CdP 21, il convient de trouver un consensus pour que, dans l’esprit d’une politique de prévention, soient prises aujourd’hui des décisions ambitieuses et d’une grande portée pour demain. Ces décisions constitueront le fondement de l’action économique et sociale des générations futures et elles contribueront à alléger la souffrance de ceux qui aujourd’hui déjà subissent les effets du changement climatique. |
| 4.3. | Dès lors, la CdP 21 ne portera pas sur des questions environnementales classiques. Il s’agira plutôt de jeter les bases d’une nouvelle économie mondiale «à faible intensité de carbone». |
| 4.4. | Le CESE accueille favorablement le principe d’une responsabilité commune mais différenciée. Toutes les parties doivent assumer leurs responsabilités et nul n’est plus en droit de s’y soustraire, de se «cacher» derrière d’autres pays, ni — comme cela s’est parfois produit dans le passé — de se fixer comme ligne de conduite de n’accepter de porter une part de responsabilité qu’à condition d’être rémunéré en conséquence. |
Lutte contre le changement climatique
| 4.5. | Le Comité fait observer qu’un objectif mondial suffisant en matière de niveau d’émissions ne peut être atteint qu’à condition que tout être humain vivant sur Terre n’émette pas, en moyenne, plus de 2 tonnes d’équivalent CO2 par an. |
| 4.5.1. | En Europe (environ 9 tonnes d’équivalent CO2 par habitant et par an en moyenne), ce pourcentage ne pourrait être atteint qu’à condition d’appliquer l’objectif de 2050 (réduction de 80 à 95 % des émissions de CO2). La Chine (actuellement environ 6 tonnes d’équivalent CO2 par habitant et par an) devrait diviser par trois son niveau actuel d’émission par habitant. Les États-Unis (actuellement 16,5 tonnes d’équivalent CO2 par habitant et par an) ou l’actuel «numéro un» mondial, le Qatar (avec 40 tonnes d’équivalent CO2 par habitant et par an), devraient par exemple consentir un effort encore plus significatif. |
| 4.5.2. | En revanche, des réductions ne sauraient être attendues de la part de pays comme le Mali (0,04 tonne d’équivalent CO2 par habitant et par an) ou le Rwanda (0,06 tonne d’équivalent CO2 par habitant et par an). En ce sens, le CESE ne souscrit pas pleinement à la déclaration de la Commission selon laquelle «tous les pays devront réduire sensiblement et durablement leurs émissions de gaz à effet de serre». Pour ces États, il convient d’ailleurs de s’orienter directement vers la mise en œuvre d’une «économie à faible intensité de carbone». Ainsi, les responsabilités relevant de la politique climatique en matière de lutte et d’adaptation s’avèrent communes mais différentes dans les faits. Ces pays ont besoin d’un soutien urgent, ce qui ouvre dans le même temps de nombreuses perspectives de coopération pour les entreprises innovantes. Les entreprises européennes, qui détiennent (encore) 40 % de la totalité des brevets relatifs aux «technologies vertes», pourraient tout particulièrement en profiter. |
| 4.5.3. | Il importe de préciser à cet égard que les données relatives aux émissions qui sont citées ne reflètent pas les disparités marquées qui existent dans la hiérarchie sociale des États et que, de fait, les émissions de CO2 occasionnées par la production sont attribuées aux pays dans lesquels les produits sont fabriqués, et non à ceux dans lesquels ils sont utilisés. Si l’on procédait de manière inverse, la Chine par exemple présenterait un bien meilleur bilan en matière d’émissions, contrairement à celui de l’Allemagne qui serait moins bon (6). |
| 4.6. | Le CESE considère que la mise en place de contributions prévues et déterminées au niveau national (CPDN) représente une composante essentielle du processus de la CdP 21. Les retards dramatiques dans la notification des CPDN au secrétariat de la CCNUCC (7) constituent un très mauvais signe. |
| 4.7. | Le CESE est conscient du fait qu’il n’est nullement certain pour l’instant que les partisans de l’adoption par la CdP 21 d’un accord cohérent entre 196 parties aux situations de départ très contrastées, aux orientations politiques et aux contextes culturels parfois extrêmement divers, parviendront à susciter une telle «solidarité à l’égard des générations futures» (8). |
| 4.8. | Les négociations sur le paquet «Climat et énergie à l’horizon 2030» de l’Union européenne, qui ont constitué une sorte de «CdP» au niveau de l’Union européenne, ont déjà montré à quel point, même au niveau de l’Union européenne, il est difficilement possible d’atteindre le but visé par la CdP 21, à savoir établir des responsabilités nationales claires. Aussi le CESE regrette-t-il que des objectifs nationaux contraignants ne soient plus fixés dans le cadre du paquet «Climat et énergie à l’horizon 2030» de l’Union européenne, ce qui devrait compromettre la réalisation de l’objectif global européen et l’«attribution» des responsabilités (9). L’annonce de CPDN applicables aux États membres de l’Union européenne enverrait un signal positif dans l’optique de la négociation de la CdP. |
Adaptation au changement climatique, dispositions financières et transfert de technologies
| 4.9. | «Responsabilité différenciée» signifie aussi qu’une solidarité est nécessaire à cet égard, en ce sens qu’il y a lieu d’aider tout particulièrement les pays moins développés et financièrement fragiles à mettre en place une économie «verte» sans incidence sur le climat et de leur donner les moyens de faire face aux atteintes climatiques dont ils sont bien souvent les premières victimes. Il convient de veiller à ce que cette transition n’appauvrisse pas les personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté. Elle devrait et doit au contraire être exploitée efficacement pour donner un nouvel élan à l’économie, en particulier au niveau régional, et pour mettre en place de nouvelles structures de production d’énergie décentralisées et non émettrices de carbone, qui associent les populations locales. |
| 4.10. | C’est pourquoi les questions relatives aux financements et aux transferts de technologies revêtent une grande importance. Les pays moins développés ont déjà connu une amère déception précédemment puisqu’il y a longtemps que les «fonds d’aide au développement» qui avaient été promis (0,7 % du PIB) ne sont plus versés dans les proportions annoncées dans les engagements; il convient de ne pas réitérer cette erreur. |
Caractère juridiquement contraignant et suivi de l’accord
| 4.11. | Le CESE souscrit à la déclaration de l’Union européenne selon laquelle le caractère juridiquement contraignant de l’accord représente la condition essentielle pour instaurer des conditions de concurrence équitables au niveau mondial et permettre la mise en application des décisions nécessaires. |
| 4.12. | Les avantages d’un accord juridiquement contraignant seraient notamment les suivants:
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| 4.13. | La société civile s’attend à ce que le nouvel accord sur le climat prenne en considération ses exigences au regard de la nécessité d’une transition équitable, respectueuse des droits de l’homme et des droits des travailleurs, prenant en considération les conséquences sociales, notamment sur le plan des «pertes et dommages», et compte tenu des enjeux d’adaptation au changement climatique, en particulier dans les pays les plus pauvres. |
| 4.14. | La mise en œuvre des décisions doit impérativement être transparente et vérifiable, et les États qui ne respectent pas les décisions prises ne doivent plus avoir la possibilité de continuer à bénéficier des avantages procurés par l’accord. |
| 4.15. | Le CESE reconnaît que la proposition de la Commission consistant à insuffler du dynamisme grâce à des procédures régulières de réexamen pourrait permettre de renforcer les engagements en matière d’atténuation, compte tenu des différentes situations nationales et de l’évolution des responsabilités. |
Les attentes vis-à-vis du rôle de l’Union européenne dans l’action mondiale contre le changement climatique
| 4.16. | Au cours des dernières années, l’Union européenne s’est forgé une bonne réputation sur la scène mondiale en matière de lutte contre le changement climatique. Le CESE estime qu’il est important, non seulement dans le cadre des négociations de la CdP, mais aussi par une politique active menée en marge de celles-ci, de davantage susciter la confiance dans le fait que la mise en place d’une ambitieuse politique de lutte contre le changement climatique n’a pas pour objet, par exemple, de se procurer des avantages économiques au détriment d’autres nations ou milieux économiques. |
| 4.17. | L’Union européenne devrait continuer d’afficher une conduite exemplaire et crédible au niveau mondial. De tels processus de négociation et de mutation nécessitent la présence de «chefs de file» et de «moteurs» sur le plan politique et économique. Il est important de souligner que l’Union européenne ne pourra assumer ce rôle de chef de file de manière crédible que lorsqu’il sera démontré qu’une politique de lutte contre le changement climatique va de pair avec une amélioration des résultats économiques. |
| 4.18. | Parmi les points positifs à relever, on observera qu’aujourd’hui de nombreuses mesures ayant tout d’abord été introduites dans l’Union européenne, non sans susciter bien des contestations, ont désormais été reprises par d’autres pays. On peut citer à titre d’exemple les mesures de soutien aux énergies renouvelables, mais aussi le système d’échange de quotas d’émissions, dont même la Chine fait partiellement usage aujourd’hui. |
| 4.19. | Le Comité se félicite que Mme Federica MOGHERINI, haute représentante de l’Union européenne pour la politique étrangère, ait accordé, avec le «plan d’action relatif à la diplomatie en matière de climat» (10), une place essentielle dans sa politique extérieure aux questions relatives à la lutte contre le changement climatique. De même, la déclaration de M. JUNCKER, président de la Commission, qui souhaite faire de l’Union européenne le champion mondial des énergies renouvelables, et ce non seulement parce que cela contribue à la lutte contre le changement climatique, mais aussi parce que cela permet de créer des emplois et de favoriser la sécurité de l’approvisionnement énergétique, constitue un signal fort et juste. |
| 4.20. | L’Union européenne peut ainsi se prévaloir d’un certain nombre de succès au niveau international: par exemple, elle a démontré qu’il était possible de dissocier la croissance économique d’une augmentation des émissions. Aucune zone économique dans le monde n’émet moins de gaz à effet de serre par unité de PIB que l’Union européenne et de nombreuses entreprises européennes sont des «chefs de file» sur le plan de l’efficacité énergétique et dans l’utilisation des ressources. Cela est dû pour partie aux progrès technologiques et, partant, à la capacité d’innovation des entreprises européennes, qui sont le fruit de la législation relativement stricte de l’Union européenne dans le domaine de l’environnement. |
| 4.21. | Mais de nombreuses missions attendent encore l’Europe: les innovations techniques ne suffiront pas pour obtenir la réduction souhaitée de 80 à 95 % des émissions de CO2 d’ici à 2050. On le constate par exemple dans le secteur des transports, dans lequel les innovations en matière de technologies d’échappement ont tout simplement été compensées, au moins pour partie, par l’augmentation du nombre de véhicules et de voies de circulation. Par conséquent, des changements structurels seront également nécessaires, en ce sens que l’action dans le domaine du climat et les autres politiques doivent être menées de front de manière bien plus cohérente qu’auparavant. |
5. Le déroulement des négociations des CdP au cours des dernières années — et le monde réel en marge des négociations
| 5.1. | Le CESE suit les négociations sur le climat depuis de nombreuses années. Il est conscient de l’extrême importance d’une issue positive de la conférence de Paris, mais souligne dans le même temps que ce ne sont pas les décisions en soi, mais seulement la mise en œuvre de mesures concrètes qui peuvent sauver le climat. |
| 5.2. | La communauté internationale aurait certainement moins de mal à obtenir un consensus à Paris si, par exemple, les décisions communes de la Conférence Rio + 20 étaient mises en œuvre ou en voie de mise en œuvre, à savoir l’engagement «à éliminer progressivement les politiques dommageables et inefficaces de subventionnement des combustibles fossiles […], ces subventions favorisant le gaspillage et compromettant le développement durable» (11). Dès cette époque, il était admis que des instruments de marché (tels que la taxe carbone, les systèmes d’échange de quotas d’émission, etc.) devraient être utilisés à cette fin, ce que le CESE juge pertinent (12). D’après les estimations d’un nouveau document de travail du Fonds monétaire international (13), les subventions directes et indirectes qui sont consacrées chaque année aux énergies fossiles représentent, au niveau mondial, pas moins de 5 300 milliards de dollars des États-Unis, soit plus de 15 milliards de dollars par jour. Même le budget annuel escompté du Fonds vert pour le climat, à hauteur de 100 milliards de dollars, ne saurait compenser les incidences négatives de ces subventions. |
| 5.3. | Cependant, un fossé énorme sépare les promesses politiques des mesures mises en œuvre, ce qui ébranle la confiance de la société civile à l’égard des accords politiques internationaux. Il ne serait pas acceptable que la conférence de Paris renforce ces déceptions; elle doit au contraire marquer un revirement. |
| 5.4. | Pour l’Europe, il importe cependant de suivre aussi les développements qui prennent place en marge des «négociations des CdP», c’est-à-dire dans le «monde du développement économique réel». Citons à ce propos quelques exemples:
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Compétitivité mondiale, «fuite de carbone» et/ou «fuite de l’économie à faible production de carbone»
| 5.5. | Les décisions requises pour atteindre les objectifs de la convention-cadre ne déboucheront pas aujourd’hui sur des situations profitables à tous. C’est pourquoi il est justifié de mettre en avant les difficultés qu’il y aura à concilier dans toute la mesure du possible les décisions de la CdP avec les intérêts (économiques) nationaux ou sectoriels à court terme. |
| 5.6. | Ce ne sera pas toujours possible, car il est évident qu’il y aura des secteurs économiques qui ne joueront aucun rôle ou se verront relégués au second plan dans le nouveau système d’une «économie à faible intensité de carbone», et qui compteront donc parmi les «perdants» des nécessaires restructurations. Ce serait ne rendre service à personne que de dissimuler ce fait. Ces secteurs économiques et les personnes et régions concernées ont au contraire le droit de savoir comment les responsables politiques entendent aménager ce changement de manière à ce qu’il génère aussi peu de ruptures que possible et à ce qu’il soit socialement acceptable. Ces difficultés ne doivent cependant pas servir de prétexte pour ne pas agir aujourd’hui. Car agir aujourd’hui et faciliter la transition vers une «économie à faible intensité de carbone» reviendra moins cher que de réparer les dommages par la suite (15). |
| 5.7. | La question du développement des marchés d’avenir, s’agissant par exemple des technologies faisant appel aux énergies renouvelables ou améliorant l’efficacité, est d’une importance capitale pour la compétitivité future de l’Europe. Il convient bien entendu de prendre au sérieux les voix qui, en Europe, mettent en garde par exemple contre les «fuites de carbone» et qui invitent l’Europe à ne pas vouloir aller trop vite en faisant seule la course en tête. |
| 5.8. | Mais l’Europe ne fait plus cavalier seul. On assiste bien au contraire à l’émergence d’une concurrence mondiale. C’est pourquoi il faut à présent se pencher aussi sur la «fuite de l’économie à faible production de carbone», c’est-à-dire le risque que l’Europe perde sa suprématie technologique et économique actuelle, par exemple dans le domaine des énergies renouvelables. |
| 5.9. | Et un tel scénario peut se réaliser très rapidement. Dans le domaine des énergies renouvelables, il convient d’observer que l’Europe s’est laissé distancer dans le domaine de la technologie des batteries; en ce qui concerne la mobilité électrique, la Chine et la Californie sont désormais en première ligne. Les panneaux photovoltaïques les moins chers au monde sont produits en Chine, ce qui n’est imputable que dans une mesure limitée au dumping salarial. Des investissements publics et privés nettement plus élevés s’imposent de toute urgence dans le secteur de la recherche et du développement. |
| 5.10. | L’actuel manque d’équité dans les conditions de concurrence représente un obstacle considérable pour les entreprises européennes qui évoluent sur les marchés mondiaux. À l’heure actuelle, des secteurs tels que la sidérurgie, l’industrie du papier ou la chimie, caractérisés par une forte interdépendance au niveau mondial, restent importants sur le plan économique. Grâce aux progrès technologiques, les incidences des industries manufacturières sur le climat dans l’Union européenne ont reculé de 31 % entre 1990 et 2012 (16). |
| 5.11. | Il est peu probable que ces industries puissent être complètement remplacées dans leur fonction par de nouveaux domaines d’activité «verts» d’ici à 2050. Il ne serait profitable ni pour l’économie européenne, ni pour le climat de la planète, que ces industries soient poussées à délocaliser leurs activités hors de l’Union européenne, sans que ce processus n’entraîne de recul des émissions au niveau mondial. |
| 5.12. | L’ampleur de cette «fuite de carbone» fait souvent débat. Elle peut être directe et prendre la forme d’un transfert d’usines et d’unités de production à l’étranger, en réaction immédiate à l’instauration de nouvelles mesures. Mais elle peut également s’avérer plus indirecte et transparaître au travers d’une hausse de l’investissement à l’étranger, concomitante à un maintien temporaire de la production dans l’Union européenne. Ce phénomène est aujourd’hui bien plus courant dans les entreprises présentes au niveau mondial, qui reposent sur de nombreux facteurs de production. Puisque la production de ces «vieilles industries» augmente de par le monde, il y a lieu d’instaurer des mesures incitatives équilibrées pour favoriser les technologies à faible intensité de carbone, y compris dans les industries de ce type qui sont présentes dans l’Union européenne, sans nuire à leur compétitivité relative. |
| 5.13. | L’industrie et le commerce européens doivent s’efforcer de limiter les retombées de leurs activités sur le climat, conformément à l’objectif de réduction de 80 à 95 % des émissions d’ici à 2050. La feuille de route permettant d’atteindre cet objectif pourrait toutefois varier en fonction des secteurs et des domaines d’activité. L’industrie et le commerce européens peuvent soutenir d’autres pays dans leurs efforts visant à réduire les émissions au travers de la conception, de la production et de l’exportation de produits et de services. Pour autant que cette action s’accompagne d’une incidence sur le climat moindre en Europe que dans d’autres régions, un volume d’émissions total plus élevé pourrait éventuellement s’avérer acceptable à court terme, sans toutefois que ne soit remis en question l’objectif européen de réduction des émissions à l’horizon 2050. Il convient donc d’évaluer l’utilité de telles feuilles de route européennes pour chaque domaine d’activité. |
| 5.14. | Les problèmes de «fuite de carbone» et de «fuite de l’économie à faible production de carbone» décrits plus haut ne font pas partie des négociations de la CdP. L’Europe doit donc s’engager à tous les niveaux, par exemple dans la création de mécanismes de marché permettant notamment de prendre en compte, dans les discussions internationales en matière de commerce, les émissions occasionnées par la production. Des mesures supplémentaires doivent être prises pour faire face à la «fuite de carbone», comme la compensation des prix du carbone aux frontières, tout en veillant à des conditions de concurrence équitables. En vertu de ce système, les produits importés se voient infliger une augmentation de prix sur la base d’un calcul de la masse des émissions de CO2 qu’ils occasionnent. Les modèles utilisés dans une étude récente indiquent que la compensation des prix du carbone aux frontières pourrait réduire considérablement la fuite de carbone dans les secteurs concernés (17). |
| 5.15. | Toutefois, ces systèmes de compensations, sous les formes actuellement envisagées, ne sont pas bien accueillis par certains des principaux partenaires commerciaux de l’Europe. Cette question doit faire l’objet de négociations dans le cadre de l’OMC. Le traité permet l’examen de questions «non commerciales». Il convient de ne pas sous-estimer la difficulté de telles négociations en l’absence d’un accord mondial sur la tarification du carbone. Il est possible de désamorcer les craintes en améliorant la conception de ce système. Le principe sous-jacent est que ces compensations ne constituent nullement un instrument antidumping, mais bien une contribution à une politique climatique mondiale durable, si elles sont bien conçues (18). |
| 5.16. | Concrètement, cela signifie par exemple qu’il faudrait prévoir des mécanismes équivalents dans le contexte des négociations sur le partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (PTCI) ou sur l’accord économique et commercial global (AECG). |
Que signifierait un échec (partiel) des négociations?
| 5.17. | Le CESE entend suggérer, au travers de ces explications, qu’un échec, total ou partiel, des négociations de la CdP 21, aussi regrettable soit-il, constituerait certes un revers sérieux, mais ne signifierait en aucun cas la fin de l’action de lutte contre le changement climatique. La clarté et la prévisibilité que procurerait un accord contraignant, qui seraient éminemment souhaitables pour l’économie et pour la société en général et qui insuffleraient un nouvel élan, feraient dans ce cas défaut. Dans les faits, le combat pour l’obtention des marchés d’avenir dans le domaine des technologies vertes est toutefois engagé depuis longtemps, et l’Europe ne pourra pas s’y soustraire, que la CdP 21 ait ou non été couronnée de succès. |
| 5.18. | Comme on le sait, la lutte contre le changement climatique n’est pas le seul argument plaidant en faveur d’une réorientation vers une «économie à faible intensité de carbone». Les énergies fossiles en voie de raréfaction, la question de la sécurité énergétique et le fait que les technologies faisant appel aux énergies renouvelables permettent d’ores et déjà dans de nombreux secteurs de produire de l’énergie meilleur marché que celle obtenue à partir des énergies classiques, marquent un impossible retour en arrière. |
6. Le rôle de la société civile
| 6.1. | Si le CESE soutient les positions présentées par la Commission dans sa communication sur le protocole de Paris, il juge pour autant inexplicable le fait que la communication ne fasse aucunement référence à une quelconque stratégie de la Commission pour communiquer à la société civile ses positions ou organiser avec elle la mise en œuvre ultérieure des décisions prises. Le CESE estime que la Commission a pourtant le devoir clair d’engager un dialogue structuré avec la société civile, en particulier avec les organes institutionnels qui la représentent, concernant sa stratégie en matière de politique climatique. |
| 6.2. | La société civile est investie d’au moins trois missions essentielles. D’une part, elle doit contribuer à accompagner le processus de négociation politique et exercer une pression sociale afin que non seulement les décisions contraignantes évoquées plus haut soient prises, mais aussi que ces décisions soient conformes aux attentes environnementales, économiques et sociales. |
| 6.2.1. | La tenue de négociations — à l’instar des CdP — ne s’avère nécessaire que parce qu’il existe, au sein de la communauté internationale, différentes interprétations des notions d’urgence, de gravité, de financement, de responsabilité, etc. Si les avis étaient unanimes, il ne serait pas nécessaire de négocier. Au sein de la société civile également, il y a eu (et il y a encore) des positions tout autant divergentes. Comme l’ont toutefois montré les dernières CdP, voilà longtemps que ce ne sont plus «seulement» les défenseurs de l’environnement, les groupes actifs dans le domaine de la politique de développement, les organisations féminines ou les représentants des populations autochtones — pour ne citer que quelques «parties prenantes» — qui s’engagent en faveur d’une action convaincante dans le domaine du climat; c’est au contraire un très large mouvement qui s’est mis en marche dans la société civile au niveau mondial. |
| 6.2.2. | Il convient de saluer l’engagement massif du mouvement syndical (mondial) depuis plusieurs années, ainsi que d’un grand nombre de milieux économiques et d’entreprises. On peut citer à titre d’exemple les travaux de la CSI et du Conseil mondial des entreprises pour le développement durable (World Business Council for Sustainable Development). Il est admis qu’une économie efficace dans l’utilisation des ressources et respectueuse du climat ouvre de nouvelles perspectives de développement économique. |
| 6.2.3. | La CdP 20 à Lima a constitué à cet égard une «démonstration» magistrale de la part des deux parties, les employeurs comme les travailleurs, mais aussi de la société civile dans son ensemble, qui montre aux responsables politiques que des pans très larges de la société aspirent à beaucoup plus que ce qui a été négocié sur le plan politique à ce jour. |
| 6.2.4. | Dans les communes et les régions aussi, les activités de lutte contre le changement climatique ont pris une toute nouvelle dimension. Ces collectivités reconnaissent elles aussi qu’il est nécessaire non seulement de mettre certaines régions et les personnes qui y vivent et qui y opèrent à l’abri de nouvelles atteintes, mais aussi de s’ouvrir aux possibilités de création de nouvelles chaînes de valeur, lesquelles devraient être mises à profit. |
| 6.3. | La seconde mission de la société civile est de participer activement à la mise en œuvre des décisions relatives à la lutte contre le changement climatique. D’un point de vue stratégique, la CESE estime qu’il y a lieu de revoir entièrement la politique en la matière, de rendre possible une telle coopération et d’œuvrer en faveur d’une implication beaucoup plus forte. |
| 6.3.1. | Par exemple, dans son enquête sur la question de savoir comment la société civile est associée à la mise en œuvre de la directive européenne sur les énergies renouvelables, le CESE a rencontré auprès de larges pans de la société civile, y compris de nombreuses PME, la volonté très explicite d’être directement impliqués, par exemple sous la forme de projets énergétiques citoyens, pour pouvoir eux-mêmes profiter des nouvelles possibilités économiques au niveau régional. |
| 6.3.2. | Le succès par exemple de la «transition énergétique» opérée au Danemark et en Allemagne tient précisément au fait que les particuliers, les agriculteurs, les collectivités locales, les coopératives et les petites entreprises participent à la production d’énergie et en tirent aussi profit sur le plan économique; pourtant, les modèles de participation qui vont en ce sens sont systématiquement fragilisés par la Commission au lieu d’être améliorés. |
| 6.4. | Troisièmement, en plus du suivi du processus et de l’aide à la mise en œuvre des décisions, la société civile peut également apporter sa contribution en diffusant les bonnes pratiques et des connaissances en lien avec des exemples d’évolutions positives dans les entreprises. Il est particulièrement important de mettre l’accent sur les secteurs économiques à l’encontre desquels il semble exister un préjugé tenace selon lequel rien ne serait fait et les émissions continueraient simplement d’augmenter, par exemple les transports ou l’industrie de transformation. Les décisions politiques peuvent gagner en pertinence si les incitations sont fondées sur une connaissance de l’état actuel ou anticipé de la technologie et des modèles économiques. Cette mission de la société civile peut être menée à bien à travers des conférences et des échanges d’informations qui illustrent l’approche élargie du secteur privé en matière d’engagement, notamment dans les États membres de l’Union européenne. |
| 6.5. | Le rôle stratégique de la société civile ne sera quasiment pas abordé lors de la CdP 21. D’où l’importance que les responsables politiques se concertent avec la société civile, en marge du processus de la CdP, et élaborent des stratégies appropriées. |
| 6.6. | L’Union européenne doit rattraper à cet égard un énorme retard. Le Comité déplore, par exemple, que ni le paquet «Climat et énergie à l’horizon 2030» de l’Union européenne ni la proposition relative à une Union européenne de l’énergie ne présentent d’idées concrètes concernant la participation de la société civile. |
| 6.7. | Le CESE recommande à la Commission, au Conseil et au Parlement européen d’engager enfin un dialogue approfondi et structuré à ce sujet, afin de ne pas passer à côté de la volonté générale de la société de développer de nouvelles structures. La nouvelle politique climatique ne peut et ne doit pas être imposée «d’en haut», mais doit s’appuyer sur une large adhésion de l’ensemble des parties prenantes et être mise en œuvre selon une approche ascendante. |
Bruxelles, le 2 juillet 2015.
Le président du Comité économique et social européen
Henri MALOSSE
(1) C’est-à-dire provoquée par l’homme.
(2) C’est-à-dire provoquée par l’homme.
(3) http://de.statista.com/statistik/daten/studie/311924/umfrage/treibhausgasemissionen-weltweit/
(4) Aujourd’hui déjà, les parties sont tenues de publier des rapports périodiques rendant compte du niveau actuel des émissions de gaz à effet de serre et des tendances en la matière.
(5) COM(2015) 81 final du 25 février 2015.
(6) Conclusion de l’université du Maryland, voir: www.tagesschau.de/ausland/klimaindex104.html
(7) Les CPDN devaient être notifiées avant la fin de mars 2015. Au 17 mai 2015, seuls la Suisse, l’Union européenne, la Norvège, le Mexique, les États-Unis, le Gabon, la Russie, le Liechtenstein, Andorre et le Canada avaient notifié leurs CPDN.
(8) Voir: http://www.futurejustice.org/
(9) Voir l’avis du CESE sur le thème «Un cadre d’action en matière de climat et d’énergie pour la période comprise entre 2020 et 2030» (NAT/636), paragraphes 1.2 et 1.3.
(10) Point évoqué lors de la réunion du Conseil «Affaires étrangères» du 19 janvier 2015, 5411/15.
(11) Voir le point 225 de la déclaration finale.
(12) Voir l’avis du CESE sur le thème «Instruments financiers destinés à favoriser le passage vers une économie à faibles émissions de carbone et efficace dans l’utilisation des ressources» (NAT/620), paragraphes 1.3, 1.7 et 1.8 (JO C 226 du 16.7.2014, p. 1).
(13) Document de travail du FMI, «How Large Are Global Energy Subsidies?» (WP/15/105).
(14) Allemagne: 30,6 milliards de dollars (2011), puis 22,8 milliards de dollars (2012), et aujourd’hui 9,9 milliards de dollars (2013). Italie: 28,0 milliards de dollars (2011, soit à l’époque la 4e place au niveau mondial), puis 14,7 milliards de dollars (2012), et aujourd’hui 3,6 milliards d’euros (2013, soit aujourd’hui la 10e place au niveau mondial).
(15) Référence à l’étude de l’Institut des ressources mondiales intitulée «Better Growth, Better Climate: the New Climate Economy Report».
(16) AEE, Inventaire annuel 1990-2012 des gaz à effet de serre de l’Union européenne et rapport d’inventaire 2014.
(17) Avis du CESE sur le thème «Instruments financiers destinés à favoriser le passage vers une économie à faibles émissions de carbone et efficace dans l’utilisation des ressources dans l’Union européenne» (NAT/620), paragraphe 3.5 (JO C 226 du 16.7.2014, p. 1).
(18) Voir note de bas de page no 17.
Avis institutionnel — 52015AB0058
23/12/2015
Exposé des motifs du Conseil: position (UE) n° 16/2015 du Conseil en première lecture en vue de l'adoption de la directive du Parlement européen et du Conseil rapprochant les législations des États membres sur les marques
22/12/2015
Avis institutionnel — 52015AB0056
18/12/2015
Exposé des motifs du Conseil: Position (UE) n° 15/2015 du Conseil en première lecture en vue de l'adoption du règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (CE) n° 207/2009 du Conseil sur la marque communautaire et le règlement (CE) n° 2868/95 de la Commission portant modalités d'application du règlement (CE) n° 40/94 du Conseil sur la marque communautaire, et abrogeant le règlement (CE) n° 2869/95 de la Commission relatif aux taxes à payer à l'Office de l'harmonisation dans le marché intérieur (marques, dessins, et modèles)
18/12/2015