| CELEX | 52015AE3720 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | jeudi 8 octobre 2015 |
| 28.1.2016 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 32/12 |
Avis du Comité économique et social européen sur la «Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions relative à une stratégie de l’Union européenne pour la région alpine»
[COM(2015) 366 final]
(2016/C 032/03)
| Rapporteur: | M. Stefano PALMIERI |
Le 15 juillet 2015, la Commission européenne a décidé, conformément à l’article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, de consulter le Comité économique et social européen (CESE) sur la:
«Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions relative à une stratégie de l’Union européenne pour la région alpine»
[COM(2015) 366 final].
La section spécialisée «Union économique et monétaire, cohésion économique et sociale», chargée de préparer les travaux du Comité en la matière, a adopté son avis le 9 septembre 2015.
Lors de sa 511e session plénière des 6, 7 et 8 octobre 2015 (séance du 8 octobre 2015), le CESE a adopté le présent avis par 129 voix pour, aucune voix contre et 1 abstention.
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le CESE relève que la mise en œuvre de la stratégie de l’Union européenne pour la région alpine (SUERA) intervient à un moment particulier, marqué, d’une part, par la persistance des effets négatifs de la crise financière sur l’économie réelle et, d’autre part, par la tentative de promouvoir et d’amorcer des changements structurels au niveau économique, environnemental et social, en accordant une attention particulière à la qualité de la vie et au bien-être des citoyens. |
| 1.2. | Le CESE note que les territoires concernés par la SUERA, en l’occurrence cinq États membres (Allemagne, France, Italie, Autriche et Slovénie) et deux pays tiers (Suisse et Liechtenstein), se caractérisent par des niveaux de développement économique, de durabilité environnementale et de cohésion sociale nettement supérieurs à la moyenne européenne, ainsi que par une longue tradition d’activités dans le domaine de la coopération territoriale. |
| 1.2.1. | En dépit de ces spécificités évidentes, le CESE considère que la SUERA représente pour la région alpine une source de valeur ajoutée, propice au maintien — et si possible à l’amélioration — des normes économiques, environnementales et sociales élevées qui caractérisent ces territoires. |
| 1.2.2. | Le CESE voit dans la SUERA un moteur de développement susceptible de stimuler la compétitivité et la cohésion de l’Europe entière, conformément aux objectifs de la politique européenne de cohésion et aux principes de coopération et de solidarité qui la sous-tendent. |
| 1.3. | Le CESE observe que ces territoires présentent des caractéristiques communes, telles que celles représentées par les zones de montagne du massif alpin. |
| 1.3.1. | Le CESE constate, outre le fait que les Alpes sont le deuxième réservoir de biodiversité en Europe, qu’elles constituent aussi un élément identitaire et distinctif de toute la région. De par leur étendue et leur configuration, les Alpes représentent selon les cas aussi bien un espace de démarcation matérielle et immatérielle qu’une zone charnière entre les différents niveaux territoriaux d’un point de vue économique, environnemental, culturel et social. |
| 1.4. | Le CESE accueille certes favorablement la SUERA, mais n’en estime pas moins que des mesures complémentaires sont nécessaires. |
| 1.5. | Le CESE déplore le fait que la dimension sociale de la SUERA ne soit pas traitée sur un pied d’égalité avec les dimensions économique et environnementale. Le CESE souhaite donc voir cette dimension renforcée par la prise en compte systématique, selon des modalités clairement définies, des critères sociaux (mainstreaming), afin d’assurer l’émergence d’un modèle de croissance à même de garantir la compétitivité, et, dans le même temps, l’inclusion et la protection sociales, en accordant une attention particulière aux personnes les plus fragiles et les plus défavorisées. |
| 1.5.1. | Dans cette optique, le CESE juge également essentiel de consolider la dimension transversale des objectifs de la SUERA, de manière à mettre davantage l’accent sur l’harmonisation et l’équilibre entre durabilités économique, environnementale et sociale, en cohérence avec la mise en œuvre d’une approche globale du développement et de l’innovation sociale. |
| 1.6. | Si, d’une part, le CESE considère que les objectifs définis dans le cadre de la SUERA sont conformes aux priorités stratégiques de la région alpine, il souhaite, d’autre part, que soient adoptées des mesures complémentaires visant à faire des enjeux de cette stratégie de véritables facteurs de compétitivité et de cohésion, eu égard notamment à la mondialisation économique, à l’évolution démographique, au changement climatique, aux questions énergétiques et à la situation géographique de la région. |
| 1.7. | S’agissant de la priorité thématique «Croissance économique et innovation», le CESE estime essentiel d’élaborer des stratégies de soutien à l’innovation plus efficaces en termes de compétitivité et de création d’emplois, d’attirer de nouveaux investissements, de renforcer les interventions en faveur de l’agriculture et de la sylviculture et de valoriser les différentes formes de tourisme propres à la région. (Pour des explications plus détaillées, voir les paragraphes 3.3, 3.4, 3.5, 3.6 et 3.7.) |
| 1.8. | Concernant la priorité thématique «Mobilité et connectivité», le CESE juge primordial d’engager des actions visant à réduire le transport routier de marchandises et de personnes, à promouvoir un accès aux zones touristiques qui soit durable sur le plan environnemental, à limiter le trafic routier dans les zones urbaines et métropolitaines et à garantir l’accessibilité des services et la connectivité dans tous les territoires de la région alpine. (Pour des explications plus détaillées, voir les paragraphes 3.8, 3.9 et 3.10.) |
| 1.9. | En ce qui concerne la priorité thématique «Environnement et énergie», le CESE estime fondamental de promouvoir un équilibre entre la préservation du patrimoine naturel et culturel et son exploitation rationnelle, la connectivité écologique, la mise en œuvre de mesures d’atténuation du changement climatique et d’adaptation à celui-ci, ainsi qu’un approvisionnement énergétique sûr, abordable et de qualité. (Pour des explications plus détaillées, voir les paragraphes 3.11, 3.12 et 3.13.) |
| 1.10. | Le CESE estime nécessaire de doter la SUERA d’une véritable «gouvernance à plusieurs niveaux», qui permette tout à la fois de valoriser la «dimension horizontale» (participation de la société civile) et de compléter et d’enrichir la «dimension verticale» (participation des régions et des collectivités locales), dans le plein respect des «principes de subsidiarité et de proportionnalité». |
| 1.11. | Le CESE appelle de ses vœux la mise en place d’un processus permanent de renforcement des capacités, destiné à accompagner et à améliorer la participation active de la société civile aux processus de développement de la SUERA, ainsi que l’instauration d’un «forum permanent», chargé de représenter et de soutenir les partenaires sociaux et économiques de la région alpine, et qui soit également actif au sein des différentes régions concernées par la stratégie. |
| 1.11.1. | Dans cette optique, le CESE propose la mise en œuvre d’un programme spécifique «Going local — SUERA» prévoyant la participation active de toutes les composantes du Comité concernées et intéressées par les processus de développement proposés par la SUERA. Grâce aux approches «Going local — SUERA», il sera ainsi possible d’engager — auprès de la société civile locale — des processus d’information et de formation concernant les activités prévues dans le plan d’action et les possibilités de participation des différents acteurs locaux, tout en garantissant le partage des choix relatifs aux interventions prévues. |
| 1.12. | En ce qui concerne les systèmes de suivi et d’évaluation de la SUERA, le CESE juge indispensable d’assortir les mesures «quantitatives» d’indicateurs «qualitatifs», conformément aux principes établis par l’approche «au-delà du PIB». |
| 1.13. | Le CESE souhaite que la viabilité économique des interventions à mener dans le cadre de la SUERA soit améliorée par la mise en œuvre d’une stratégie orientée, d’une part, vers la valorisation des synergies et des complémentarités entre les «Fonds structurels et d’investissement européens 2014-2020» et les autres programmes européens faisant l’objet d’une gestion directe et, d’autre part, vers l’utilisation des instruments prévus par le «développement local mené par les acteurs locaux». |
| 1.14. | Le CESE estime qu’il est également essentiel, pour la réalisation des objectifs stratégiques fixés par la SUERA, de recourir aux possibilités de financement offertes par la Banque européenne d’investissement (BEI) et de promouvoir la participation des investissements privés, comme proposé dans le «plan Juncker». |
| 1.15. | Le CESE évalue positivement les actions proposées dans le plan d’action en vue de valoriser les synergies entre la SUERA et les autres macrostratégies déjà en œuvre, notamment dans l’optique d’une projection du concept de macrorégion vers d’autres régions européennes présentant une importance stratégique pour la compétitivité économique et la cohésion sociale de l’Europe, telles que la Méditerranée occidentale et les Balkans. |
2. La stratégie de l’Union européenne pour la région alpine: observations générales
| 2.1. | L’objectif du présent avis est d’évaluer la «stratégie de l’Union européenne pour la région alpine (SUERA) et son plan d’action» (1) du point de vue de la société civile organisée. Cet avis s’inscrit dans le prolongement de l’avis exploratoire du CESE intitulé «Une stratégie de l’UE pour la région alpine» (2) et des conclusions de l’audition organisée le 25 juin 2015 à Ispra (Italie), ainsi que des autres avis adoptés par le CESE concernant les stratégies macrorégionales (3). |
| 2.2. | Pour transformer les défis identifiés dans le plan d’action relatif à la SUERA en facteurs de compétitivité économique et de cohésion sociale, il est nécessaire de soutenir la mise en œuvre de politiques de développement qui soient conformes aux orientations visées à l’article 3, paragraphes 1, 2 et 3, du traité sur l’Union européenne (4) ainsi que l’adoption d’une approche globale du développement et de l’innovation sociale. |
| 2.2.1. | Le renforcement de l’approche globale de la SUERA permettra d’épauler efficacement la compétitivité et la cohésion de la macrorégion, grâce à la mise en œuvre de politiques et de projets en mesure d’assurer une réelle interdépendance entre les objectifs économiques, environnementaux et sociaux. |
| 2.2.2. | La SUERA doit être programmée et appliquée dans l’optique de l’innovation sociale, à travers un processus de développement en mesure de promouvoir et de favoriser la concrétisation de nouvelles idées, lesquelles doivent non seulement stimuler la compétitivité économique, mais aussi contribuer à répondre aux besoins des personnes vivant dans la région alpine et de la société dans son ensemble. |
| 2.3. | Les analyses et les évaluations présentées par le CESE dans son avis sur l’«État des lieux de la stratégie Europe 2020» (5) et dans son rapport sur «L’examen à mi-parcours de la stratégie Europe 2020» (6) montrent clairement que la SUERA est un instrument permettant d’assurer la résilience du système économique et social et d’offrir «protection et développement» à la société civile de la région alpine. |
| 2.3.1. | Une meilleure résilience de la macrorégion alpine peut contribuer de manière déterminante à accroître la capacité de la société civile à absorber, à gérer et à prévenir les effets des crises et des changements structurels qui affectent de plus en plus souvent nos systèmes socio-économiques, et à consolider la compétitivité économique de la région alpine en termes de cohésion sociale et de viabilité. |
| 2.4. | Conformément aux décisions adoptées dans le cadre de la «Résolution politique pour la mise en œuvre d’une stratégie de l’Union européenne pour la région alpine» (conférence de Grenoble) (7), le plan d’action présente les défis auxquels est confronté l’espace de coopération, les priorités politiques, les objectifs et les actions spécifiques, et énonce à titre d’exemple quelques idées de projets. |
| 2.5. | Les principaux défis et les objectifs identifiés dans le plan d’action de la SUERA ont trait à la mondialisation économique, à l’évolution démographique, au changement climatique, aux questions énergétiques et à la situation géographique de la région. Tout en évaluant positivement le contenu du plan d’action de la SUERA, le CESE estime nécessaire d’en compléter les objectifs en ce qui concerne les aspects suivants. |
| 2.5.1. | Favoriser un tissu entrepreneurial dynamique et soutenir la compétitivité des entreprises implantées sur le territoire grâce à l’innovation, afin de développer la capacité du système économique à relever efficacement les défis liés à la mondialisation économique, de répondre aux besoins de la société civile et de garantir l’emploi et la création de nouveaux emplois de qualité. |
| 2.5.2. | Encourager le développement du potentiel fondé sur les traditions et la diversité sociale, en favorisant la préservation des valeurs identitaires qui caractérisent les territoires concernés, tout en stimulant la capitalisation des savoirs et des traditions locales, en tant que levier du développement économique et de l’inclusion sociale. |
| 2.5.3. | Soutenir les initiatives visant à gérer plus efficacement les changements démographiques qui caractérisent la région alpine, notamment en ce qui concerne la gestion des effets combinés résultant du vieillissement de la population et des nouveaux phénomènes migratoires. |
| 2.5.4. | Promouvoir les processus axés sur l’atténuation du changement climatique et sur l’adaptation des régions concernées à celui-ci, s’agissant notamment des incidences sur l’environnement, sur la biodiversité, sur les activités économiques et sur les conditions de vie des citoyens (8). |
| 2.5.5. | Aider à relever les enjeux énergétiques portant sur le caractère durable de la demande, la sécurité et l’accessibilité économique pour les entreprises et les citoyens, en promouvant les investissements dans des sources d’énergie moins onéreuses et plus propres, un marché macrorégional de l’énergie plus ouvert et concurrentiel, une réduction accrue des coûts grâce à la valorisation des ressources énergétiques autochtones et des énergies renouvelables conventionnelles (telles que la biomasse, l’énergie hydroélectrique et la géothermie) et non conventionnelles (telles que les énergies éolienne et solaire). |
| 2.5.6. | Développer des politiques et des actions orientées vers la valorisation du caractère stratégique de la situation géographique de la région alpine, en particulier en ce qui concerne les transports, dans le plein respect des principes de protection et de sauvegarde de l’environnement. Il conviendra également d’encourager de nouvelles approches en matière de responsabilité partagée et de coopération équitable entre les territoires, concernant par exemple les liens verticaux entre les métropoles, les zones rurales et de montagne et les zones touristiques. |
| 2.5.7. | Promouvoir un accès équilibré, équitable et universel aux services d’intérêt général afin de répondre aux besoins des personnes vivant dans la région alpine, en prêtant une attention particulière aux territoires souffrant de «handicaps géographiques». |
| 2.5.8. | Soutenir la protection et la gestion durable de la biodiversité, des paysages et des ressources naturelles, en établissant un juste équilibre entre les mesures de conservation et celles axées sur une utilisation rationnelle des services et des produits écosystémiques et sur une répartition plus équilibrée des avantages liés à leur utilisation. |
| 2.5.9. | Promouvoir la définition d’un modèle de référence pour la prise en compte systématique des critères sociaux (mainstreaming), à travers la planification d’interventions relatives aux conditions de travail, à la sécurité sociale, aux questions de genre, aux personnes handicapées et aux immigrants. |
| 2.5.10. | Concevoir et développer, lors de l’élaboration et de la mise en œuvre de processus de développement visant à limiter les déséquilibres entre les dimensions économique, environnementale et sociale, un «objectif fonctionnel» spécifique clairement identifiable, sorte de «banc d’essai» pouvant utilement contribuer à la capitalisation des résultats de la politique de cohésion dans l’ensemble de l’Europe. |
| 2.5.11. | Promouvoir au niveau régional et local un processus — aussi large que possible — de définition, de discussion et de partage des choix économiques, sociaux et environnementaux concernant la région, en utilisant des méthodes déjà expérimentées dans d’autres contextes et des lieux se prêtant à la confrontation entre les représentants des citoyens, les partenaires sociaux et économiques et les organismes représentant la société civile. |
3. La stratégie de l’Union européenne pour la région alpine: analyses et évaluations
| 3.1. | Le principal défi que la SUERA devra contribuer à relever concerne l’harmonisation et le rééquilibrage des objectifs en matière de durabilité économique, environnementale et sociale. |
| 3.2. | Le CESE évalue positivement le plan d’action relatif à la SUERA, mais considère que les trois priorités thématiques («croissance économique et innovation», «mobilité et connectivité» et «environnement et énergie») doivent être complétées et approfondies. |
| 3.3. | En dépit du fait que, comme indiqué dans le tableau de bord européen de l’innovation (9), les niveaux d’innovation dans les territoires associés à la SUERA sont supérieurs à la moyenne européenne, il est clair que les politiques et les stratégies menées à l’appui des formes d’innovation «traditionnelle» ont un faible retour en termes de compétitivité et d’emplois créés par rapport aux investissements consentis. |
| 3.4. | Dès lors, il y a lieu de renforcer les instruments opérationnels destinés à favoriser l’«innovation ouverte» (10), un modèle fondé sur l’application du concept de la «quadruple hélice», par le biais duquel les institutions publiques, les entreprises, les universités et les individus (citoyens) coopèrent les uns avec les autres dans le cadre des processus propres à l’innovation (cocréation, exploration, expérimentation et application), en vue de développer de nouveaux produits et services axés sur les besoins réels des utilisateurs finaux. |
| 3.5. | Le développement de la région alpine est lié à la valorisation des chaînes et des pôles de production locaux, qui constituent l’épine dorsale du système de production. Il est nécessaire d’appliquer des politiques de développement afin d’attirer de nouveaux investissements, en particulier dans les «secteurs émergents», non seulement pour optimiser l’efficacité de la production, mais aussi pour lutter contre le dépeuplement des régions «périphériques». |
| 3.6. | Il est essentiel de promouvoir des actions orientées vers la qualification et la professionnalisation des travailleurs, aussi bien en ce qui concerne les filières de production «traditionnelles» que les secteurs émergents (y compris celui de la culture et de la créativité). |
| 3.7. | L’agriculture, notamment celle de montagne, et la sylviculture sont des secteurs économiques auxquels il convient d’accorder un soutien dans le but de préserver les paysages anthropiques, d’encourager l’installation dans des zones périphériques, de sauvegarder les infrastructures des zones de montagne ainsi que de fournir les matières premières destinées à la fabrication de denrées alimentaires et de produits de qualité élevée. |
| 3.7.1. | Pour améliorer la compétitivité de l’agriculture et de la sylviculture de montagne, il est prioritaire de promouvoir des initiatives relatives à la valorisation de «labels de qualité» spécifiques pour les produits de montagne et de soutenir des formes de coopération plus structurées entre les différentes zones de montagne de la région alpine, ainsi qu’entre celles-ci et les systèmes urbains, entre autres par la mise en œuvre de projets entrant dans le cadre des programmes communautaires 2014-2020 (11) (s’agissant en particulier des initiatives en faveur de la promotion des produits agricoles de montagne). |
| 3.8. | Ce qui caractérise le tourisme dans les régions de l’espace alpin, c’est la diversité des activités apparues en liaison avec celui-ci: le tourisme naturaliste, le tourisme actif et sportif, le tourisme axé sur la santé et la détente, le tourisme culturel, celui en relation avec la tenue de congrès et de manifestations, sans oublier le tourisme consacré à des activités d’achat. |
| 3.8.1. | Il est impératif de relancer le tourisme durable au moyen d’une politique intégrée débouchant sur la définition de normes relatives à la sauvegarde de la région alpine et sur la diffusion de modèles de développement durable. Il importe également d’appuyer les processus contribuant à atténuer le caractère saisonnier de la fréquentation touristique, grâce à la promotion de formes de tourisme qui n’ont pas encore été pleinement exploitées (par exemple le tourisme de santé) et à une amélioration générale de la qualité des services dans les zones de montagne. |
| 3.9. | En raison de la topographie particulière de la macrorégion alpine, les transports se concentrent le long d’un petit nombre de corridors, ce qui provoque une augmentation disproportionnée du fret routier de longue distance dans des environnements écologiquement très sensibles. Dans les zones périphériques et de montagne, la mobilité est la condition préalable au maintien des contacts sociaux. Des phénomènes tels que le changement des modes de vie et l’évolution démographique s’accompagnent d’une augmentation du transport individuel motorisé. |
| 3.9.1. | Il est essentiel de soutenir la mise en œuvre d’interventions portant sur l’adaptation et la rationalisation des infrastructures de transport dans l’ensemble des territoires de la région alpine, en mettant particulièrement l’accent sur les connexions transfrontalières et sur le transfert de la plus grande quantité possible de marchandises et de personnes de la «route» vers d’autres formes de transport (par exemple le «rail»), et de promouvoir l’accès aux zones touristiques dans des conditions de durabilité, en prêtant attention aux transports sur longue distance ainsi qu’au «dernier kilomètre». |
| 3.9.2. | S’agissant notamment des zones urbaines et métropolitaines, il convient de favoriser le transfert du trafic routier individuel vers les transports publics locaux, les parcours piétonniers et les pistes cyclables, grâce à l’amélioration des infrastructures et à des interventions encourageant l’adoption par les individus de nouveaux comportements, grâce à la promotion de modes de transport et de mobilité respectueux de l’environnement. |
| 3.10. | Un accès équilibré, équitable et universel à des services de qualité élevée et la connectivité sont des éléments incontournables pour garantir un niveau satisfaisant de qualité de vie à l’ensemble de la population de la macrorégion alpine, en particulier pour les personnes qui vivent et travaillent dans des zones présentant un handicap géographique. |
| 3.10.1. | Il est impératif de veiller à l’adoption de solutions innovantes en vue de garantir, dans les zones de montagne et les zones rurales, une offre de services de base (éducation, santé, services sociaux et mobilité) et de développer les infrastructures et les technologies de l’information et de la communication, de manière à assurer la disponibilité de services publics permettant de répondre aux besoins de l’ensemble de la population résidant dans la région alpine. |
| 3.11. | La diversité des espèces végétales et animales et des paysages naturels de la région alpine sont un «capital» qui mérite d’être protégé et valorisé, car il constitue l’un des fondements de la qualité de la vie et de l’attrait de ces territoires. |
| 3.11.1. | Il importe d’œuvrer en faveur de la protection et de la gestion durable de la biodiversité et des ressources naturelles, culturelles et paysagères, en réalisant un juste équilibre entre les mesures de conservation et celles axées sur une exploitation rationnelle de ces richesses. De même, il est essentiel d’appuyer la mise en œuvre d’interventions visant à favoriser la «connectivité écologique» de la zone, conformément aux dispositions présentées par la Commission européenne dans sa communication intitulée «Infrastructure verte — Renforcer le capital naturel de l’Europe» (12). |
| 3.12. | S’il est vrai que la gestion du changement climatique et des risques naturels induits par celui-ci représente un défi commun à l’ensemble de la région alpine, il est également vrai que les Alpes, qui sont le système montagneux le plus densément peuplé et le plus intensément exploité au monde, affichent une sensibilité supérieure à la moyenne à l’égard de ce changement. |
| 3.12.1. | Il faut impérativement mener des actions à l’échelle transnationale (les effets du changement climatique ne s’arrêtant pas aux frontières), afin d’en atténuer les effets et d’adapter la région alpine à ce changement: les mesures d’atténuation doivent avoir pour but d’éviter, grâce à la réduction des gaz à effet de serre, des retombées d’une ampleur impossible à maîtriser, tandis que les mesures d’adaptation doivent tendre à diminuer la vulnérabilité au changement climatique et à en gérer les inévitables retombées. |
| 3.13. | Pour garantir et promouvoir la qualité de la vie et les atouts liés à sa situation, la région alpine a besoin d’un approvisionnement énergétique sûr, abordable et de qualité. |
| 3.13.1. | Non seulement il convient de soutenir les actions visant à augmenter la part d’énergie produite à partir de sources renouvelables, comme l’eau, le bois, la biomasse, l’énergie solaire et éolienne, mais il est aussi fondamental de promouvoir l’efficacité énergétique, tant dans le secteur public que dans le secteur privé. |
4. Stratégie de l’Union européenne pour la région alpine: aspects spécifiques
| 4.1. | Outre ses retombées négatives sur l’économie réelle et sur les conditions de vie de millions d’hommes et de femmes, la crise économique a clairement mis en évidence la nécessité d’interventions publiques visant à enrayer les effets délétères d’une croissance non durable sur les conditions économiques, sociales et environnementales et à préserver en conséquence les conditions de vie et le bien-être des citoyens, en mettant davantage l’accent sur les interventions ayant trait aux aspects sociaux et aux politiques de protection sociale, ainsi qu’à l’environnement. |
| 4.2. | Le CESE est d’avis que la dimension sociale de la SUERA ne bénéficie pas d’un traitement approprié et qu’elle doit être rehaussée, pour garantir le développement d’un modèle de croissance à même de garantir la compétitivité et, dans le même temps, l’inclusion et la protection sociales, en accordant une attention particulière aux personnes les plus fragiles et les plus défavorisées. |
| 4.2.1. | À cet effet, il conviendrait de prévoir dans le cadre de la SUERA des mesures visant à:
|
| 4.3. | Bien que le système de gouvernance de la SUERA soit conforme aux résultats des évaluations réalisées par le CESE dans son avis sur la «Gouvernance des stratégies macrorégionales» (13), il fait apparaître certains défauts et pourrait faire l’objet de mesures complémentaires. |
| 4.3.1. | Il est nécessaire de consolider la «gouvernance à plusieurs niveaux» de la SUERA, à travers la mise en œuvre d’une véritable «dimension horizontale» (participation des acteurs économiques, des partenaires sociaux et des représentants de la société civile), complétant et enrichissant la «dimension verticale» (participation des régions et des collectivités locales), dans le plein respect des principes de «subsidiarité et proportionnalité», dont l’application est déterminante pour garantir une répartition territoriale équitable des avantages induits par la stratégie, de manière à éviter que les objectifs de certains États et territoires ne prévalent sur les intérêts communs. |
| 4.3.2. | Il est essentiel de prévoir la création d’un «forum de la société civile» de la SUERA, dont les activités doivent s’intégrer à celles des «groupes d’action» et se développer selon un mode opératoire qui permette la participation effective des représentants des partenaires sociaux et économiques à la mise en œuvre de la stratégie au niveau régional et local. C’est pourquoi il est souhaitable qu’à côté du forum de la société civile de la macrorégion se mettent en place des forums régionaux (et, dans la mesure du possible, locaux) de la société civile, en vue d’assurer que toutes les composantes locales soient effectivement associées à la gestion de la stratégie. |
| 4.3.3. | Il est également essentiel de promouvoir une activité permanente de développement des capacités qui accompagne et enrichisse la participation active de la société civile organisée aux processus de développement de la SUERA et qui favorise dans le même temps la sensibilisation des citoyens et l’amélioration de leurs connaissances concernant les principales thématiques et priorités relatives à la région alpine. En référence à ces priorités, le CESE propose le lancement d’un programme spécifique «Going local — SUERA». |
| 4.4. | La mise en œuvre de la stratégie pour la région alpine doit s’accompagner d’un système de contrôle efficace, grâce auquel il sera possible d’évaluer les améliorations effectivement apportées par la SUERA. |
| 4.4.1. | Il est indispensable d’assortir les mesures «quantitatives» d’indicateurs «qualitatifs», conformément à l’approche «au-delà du PIB» (14), afin d’évaluer l’impact des politiques adoptées sur la qualité de la vie, la durabilité environnementale, la cohésion sociale, la santé et le bien-être général des générations actuelles et futures. |
| 4.5. | Pour autant qu’ils soient coordonnés et s’inscrivent dans une approche stratégique unifiée, les montants très importants que l’Union européenne a déjà engagés par le biais des «Fonds structurels et d’investissement européens 2014-2020 — SIE» (15) et de la «Coopération territoriale européenne — CTE» (16) peuvent assurer les ressources économiques nécessaires pour soutenir la mise en œuvre de la SUERA. |
| 4.5.1. | Il importe de développer des approches innovantes visant à valoriser les synergies et les complémentarités entre les «Fonds structurels et d’investissement européens 2014-2020» et les autres programmes européens faisant l’objet d’une gestion directe, comme exposé dans le document de la Commission européenne intitulé «Enabling synergies between European Structural and Investment Funds and Horizon 2020» (Permettre les synergies entre les Fonds structurels et d’investissement européens et Horizon 2020) (17). |
| 4.5.2. | Il est en outre essentiel, pour la réalisation des objectifs fixés par la SUERA, de parvenir à exploiter les possibilités de financement offertes par la BEI et de promouvoir le recours à des investissements privés, comme proposé dans le «plan Juncker» (18). |
| 4.5.3. | Pour consolider la viabilité financière de la SUERA, il est également prioritaire de soutenir, dans la mesure du possible, les initiatives axées sur la mise en œuvre des instruments prévus par le développement local participatif, s’agissant notamment des instruments du «développement local mené par les acteurs locaux» (DLAL) (19) et de l’«investissement territorial intégré» (20), comme proposé dans l’avis du CESE sur le DLAL (21) et dans le programme Interreg V Italie-Autriche, via l’appel à présentation de stratégies transfrontalières de développement local en relation avec le DLAL (22). |
Bruxelles, le 8 octobre 2015.
Le Président du Comité économique et social européen
Georges DASSIS
(1) SWD(2015) 147 final.
(2) JO C 230 du 14.7.2015, p. 9.
(3) http://www.balticsea-region-strategy.eu/; http://www.danube-region.eu; http://www.ai-macroregion.eu
(4) JO C 83 du 30.3.2010, p. 16.
(5) JO C 12 du 15.1.2015, p. 105.
(6) «L’examen à mi-parcours de la stratégie Europe 2020», Bruxelles, 4 décembre 2013.
(7) Conférence tenue le 18 octobre 2013 à Grenoble, à laquelle ont participé les représentants des gouvernements et les présidents des régions parties à la SUERA.
(8) Livre blanc «Adaptation au changement climatique: vers un cadre d’action européen» [COM(2009) 147 final].
(9) http://ec.europa.eu/growth/industry/innovation/facts-figures/scoreboards/files/ius-2015_en.pdf
(10) http://ec.europa.eu/digital-agenda/en/growth-jobs/open-innovation.
(11) http://www.rumra-intergroup.eu/.
(12) COM(2013) 249 final. Voir également l’avis Comité économique et social européen sur la «Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — L’infrastructure verte — Renforcer le capital naturel de l’Europe» (JO C 67 du 6.3.2014, p. 153).
(13) JO C 12 du 15.1.2015, p. 64.
(14) «Et si on parlait du bonheur — Au-delà du PIB», Bruxelles, le 10 juin 2014.
(15) Règlement (UE) no 1303/2013 du Parlement européen et du Conseil (JO L 347 du 20.12.2013, p. 320).
(16) Règlement (UE) no 1299/2013 du Parlement européen et du Conseil (JO L 347 du 20.12.2013, p. 259).
(17) http://ec.europa.eu/regional_policy/sources/docgener/guides/synergy/synergies_fr.pdf
(18) Un plan d’investissement pour l’Europe [COM(2014) 903 final].
(19) Article 10 du règlement (UE) no 1299/2013.
(20) Article 11 du règlement (UE) no 1299/2013.
(21) JO C 230 du 14.7.2015, p. 1.
(22) http://www.interreg.net/download/0_CLLD_Aufruf_Avviso.pdf.
Avis institutionnel — 52015AB0058
23/12/2015
Exposé des motifs du Conseil: position (UE) n° 16/2015 du Conseil en première lecture en vue de l'adoption de la directive du Parlement européen et du Conseil rapprochant les législations des États membres sur les marques
22/12/2015
Avis institutionnel — 52015AB0056
18/12/2015
Exposé des motifs du Conseil: Position (UE) n° 15/2015 du Conseil en première lecture en vue de l'adoption du règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (CE) n° 207/2009 du Conseil sur la marque communautaire et le règlement (CE) n° 2868/95 de la Commission portant modalités d'application du règlement (CE) n° 40/94 du Conseil sur la marque communautaire, et abrogeant le règlement (CE) n° 2869/95 de la Commission relatif aux taxes à payer à l'Office de l'harmonisation dans le marché intérieur (marques, dessins, et modèles)
18/12/2015