COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 8.5.2015
COM(2015) 199 final
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL
Troisième rapport d'étape sur la mise en œuvre par la Géorgie du plan d'action concernant la libéralisation du régime des visas
{SWD(2015) 103 final}
1. INTRODUCTION
L’Union européenne a engagé un dialogue portant sur la libéralisation du régime des visas avec la Géorgie en juin 2012. En février 2013, la Commission européenne a présenté au gouvernement géorgien un plan d’action en la matière. Celui-ci définit les critères que doit remplir la Géorgie avant que ses ressortissants détenteurs d’un passeport biométrique puissent pénétrer dans l’espace Schengen sans visa pour des séjours de courte durée.
En novembre 2013, la Commission a adopté son premier rapport d'étape sur la mise en oeuvre par la Géorgie du plan d'action concernant la libéralisation du régime des visas et formulé plusieurs recommandations concernant la réalisation des critères de la première phase du plan d’action (législative et de planification). En octobre 2014, la Commission a adopté son deuxième rapport d’étape, lequel concluait que la Géorgie avait rempli les critères de la première phase du plan d’action et était prête à faire l’objet d’une évaluation portant sur l’accomplissement des critères de la deuxième phase. Dans ses conclusions du 17 novembre 2014, le Conseil se rangeait à l’opinion de la Commission.
En décembre 2014, la Géorgie a présenté un rapport d’étape actualisé. Des missions d’évaluation placées sous l’égide de la Commission et portant sur les quatre blocs du plan d’action ont eu lieu de décembre 2014 à mars 2015. Celles-ci rassemblaient des experts des États membres, assistés par la Commission, le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) et la délégation européenne en Géorgie.
Le présent document est le premier rapport d’étape relatif à la mise en œuvre de la deuxième phase du plan d’action par la Géorgie. Il présente les progrès enregistrés à ce jour, décrit la manière dont les critères de la deuxième phase ont été rencontrés et recommande des mesures à prendre pour mettre en œuvre efficacement et durablement les critères de la deuxième phase qui restent à appliquer.
Ce rapport s’accompagne d’un document de travail des services de la Commission, qui examine en détail les évolutions décrites dans le présent document. Comme l’exige la méthodologie du plan d’action, la Commission livre, en annexe du document de travail de ses services, une analyse factuelle et des informations statistiques concernant l’impact sur le plan de la migration et de la sécurité attendu de la future libéralisation du régime des visas. Les données et les informations disponibles permettent de dégager de grandes tendances prospectives en matière de migration et de sécurité. Elles indiquent ainsi que l’Union européenne est une destination qui attire les migrants géorgiens et que certains aspects de la sécurité devront faire l’objet d’une surveillance.
2. ÉVALUATION DES MESURES ADOPTÉES DANS LE CADRE DES QUATRE BLOCS DU PLAN D’ACTION POUR LA LIBÉRALISATION DU RÉGIME DES VISAS
2.1. Bloc 1: Sécurité des documents, y compris la biométrie
L’agence de développement de la fonction publique assume les fonctions d’un registre d’État civil, délivre les documents d’identité et se charge des procédures liées à la citoyenneté. Il s’agit d’une autorité bien administrée, dotée d’un personnel d'encadrement compétent et professionnel dont les rôles et responsabilités sont clairement définis. La procédure de recrutement repose sur des bases solides, tout comme la stratégie visant à ce que le personnel bénéficie des formations requises, et notamment d’une formation continue, pour pouvoir s’acquitter de ses tâches efficacement.
Le système de demande et de délivrance géorgien est efficace et sûr, et il garantit une séparation des rôles entre les agents qui reçoivent les demandes, ceux qui prennent les décisions et ceux qui délivrent les documents. Le déploiement, sur le territoire national et à l’étranger, de passeports biométriques conformes aux exigences de l’Organisation de l’aviation civile internationale a été couronné de succès.
Le critère relatif à la sécurité des documents est réputé atteint.
2.2. Bloc 2: Gestion intégrée des frontières, gestion des migrations et asile
2.2.1. Gestion intégrée des frontières
Les avancées générales observées ces dix dernières années dans l’élaboration du cadre législatif, de même que la mise en œuvre efficace de la législation, ont permis à la Géorgie d’aligner sa gestion intégrée des frontières sur les normes européennes. Les autorités géorgiennes manifestent un engagement clair à continuer à renforcer la sécurité aux frontières de leur territoire. La stratégie de gestion intégrée des frontières a été mise à jour, et toutes les parties pertinentes partagent une vision commune de l’amélioration de la gestion des frontières. Le plan d’action concrétise cette stratégie par la mise en œuvre de mesures, responsabilités et échéances.
Le nombre d’irrégularités aux frontières est faible, et les infractions routières transfrontalières sont limitées eu égard au volume du trafic. Les contrôles aux frontières terrestres, maritimes et aériennes sont organisés de manière harmonisée. La coopération entre la police des frontières et le service du Trésor est exemplaire. Les infrastructures destinées à endiguer le flux de la circulation aux postes frontières sont modernes et pratiques.
Le critère relatif à la gestion intégrée des frontières est réputé atteint.
2.2.2. Gestion des migrations
La loi sur le statut juridique des ressortissants étrangers et des apatrides fonctionne bien, et tous les arrêtés connexes nécessaires ont été adoptés. La stratégie et le plan d’action de la Géorgie en matière de migrations pour la période 2013-2015 sont ses principales mesures de gestion des migrations. La mise en œuvre des activités est en cours. La commission nationale sur les questions de migration, organe consultatif du gouvernement, coordonne efficacement les activités et rôles des ministères, agences publiques, organisations non gouvernementales et organisations internationales concernées. D’une manière générale, les capacités et la gestion des ressources humaines de l’administration géorgienne sont suffisantes et efficaces. Un niveau adéquat de formation du personnel est assuré dans tous les domaines et ministères pertinents. Les procédures de réadmission, de même que le système électronique de gestion des dossiers de réadmission, sont en place et fonctionnent bien.
La mise en œuvre des volets de la loi sur le statut juridique des ressortissants étrangers et des apatrides ayant trait à la rétention et aux retours a été reportée au 1er juillet 2015. Les autorités ont mis en place tous les mécanismes et outils requis. Une analyse minutieuse devrait être réalisée afin de recenser les éventuelles lacunes et problèmes juridiques et de pouvoir y remédier.
Le critère relatif à la gestion des migrations est considéré comme étant presque atteint. Il est recommandé aux autorités géorgiennes :
d’étendre le concept d’analyse des risques mis en place au ministère de l’intérieur à tous les domaines pertinents de la politique migratoire, dont la politique en matière d’asile, la politique en matière de migrations légales ainsi que les questions relatives à l’intégration et à la réintégration,
de rassembler les activités de réintégration au sein d’une structure de gestion unique, de sorte qu’elles soient gérées de manière stratégique, avec des lignes directrices claires. Les autorités devraient continuer à fournir aux centres de mobilité des ressources financières et humaines durables, et devraient accroître leurs capacités à la lumière des résultats de l’analyse des risques. Un système de déclaration analytique devrait être créé afin d’estimer le nombre global de ressortissants géorgiens qui reviennent en Géorgie (volontairement, à l'issue d'une mesure d'éloignement ou de réadmission),
d’intensifier les campagnes d’information au niveau régional, local et à tout autre niveau concernant les droits et obligations des citoyens géorgiens dans le cadre d’un futur régime d’exemption de visa.
2.2.3. Politique d’asile
En matière d’asile, la Géorgie a adopté un cadre législatif robuste dans un laps de temps relativement court. La loi sur les réfugiés et le statut humanitaire fournit le cadre institutionnel, les procédures juridiques et les principes nécessaires; elle s’aligne en règle générale sur les normes internationales et européennes. De manière générale, cette loi est mise en œuvre de façon satisfaisante. La qualité de la procédure d’octroi ou non du statut de réfugié est globalement suffisante.
Une carte d’identité provisoire a été introduite à compter du 15 novembre 2014, et elle est délivrée à tous les demandeurs d’asile. Une unité «pays d’origine» a été mise sur pied. Elle fonctionne bien. Des progrès considérables ont été accomplis dans l’intégration des citoyens étrangers, par exemple en leur garantissant une égalité de traitement en matière de soins de santé et d’emploi.
Le critère relatif à l’asile est considéré comme étant partiellement atteint, mais avec de bonnes perspectives de progrès. Il est recommandé aux autorités géorgiennes:
de continuer à développer les procédures relatives à la délivrance de visas pour raisons humanitaires,
de créer un système permettant de contrôler la qualité des décisions prises en matière d’asile, sur la base d’indicateurs de qualité clairs,
d'élaborer une stratégie en vue de gérer les arriérés ainsi qu’un système de planification d’urgence pour les afflux soudains. Des ressources financières et humaines suffisantes devraient être mises à disposition,
de garantir, dans la législation et en pratique, la capacité du ministère des déplacés internes originaires des territoires occupés de la Géorgie, de l’accueil et des réfugiés, à prendre des décisions motivées sur les dossiers, en toute indépendance et strictement au cas par cas; de fournir aux demandeurs déboutés ou à leurs représentants juridiques à tout le moins un accès minimum aux informations du ministère de l’intérieur sur lesquelles se fondent l’avis négatif de la sécurité, de sorte qu’ils puissent faire appel dans le cadre d’un procès équitable,
de mettre au point un programme de formation national standard pour tout le personnel, en ce compris les nouveaux agents et les agents expérimentés,
de créer une base de données et des rapports sur les pays d’origine accessibles à tous les chargés de dossiers, de former les chargés de dossiers aux principes de base du pays d’origine, d’introduire une distinction claire entre les produits «pays d’origine» et «politique», de mettre en place des accords fonctionnels avec les unités «pays d’origine» d’autres pays,
de faire en sorte d’examiner les moyens d'accélérer le traitement du dossier en appel et de prévoir des échéances plus raisonnables pour l’introduction d’un recours, l’actuel délai de 10 jours étant trop court,
de mettre en place, pour les procédures d’appel, un système financé par l’État d’assistance juridique gratuite, facilement accessible, indépendante et de qualité,
de poursuivre les travaux visant à garantir que les réfugiés désireux d’acquérir la nationalité géorgienne puissent avoir accès, dans la pratique, à la procédure de naturalisation,
en plus des progrès déjà accomplis, de mettre au point une stratégie d’intégration locale, avec un plan d’action par étapes clair, d’assurer un financement public suffisant et de prévoir un mécanisme de coordination efficace.
2.3. Bloc 3: Ordre public et sécurité
2.3.1. Prévention et lutte contre la criminalité organisée, le terrorisme et la corruption
2.3.1.1. Prévention et lutte contre la criminalité organisée
Les modifications législatives, les réformes organisationnelles et les mesures prises pour renforcer les capacités des agences répressives, de même que la coopération et la coordination entre elles, ont permis d’agir efficacement contre la criminalité organisée. Grâce à la législation moderne en matière de criminalité organisée et de blanchiment de capitaux, y compris la saisie du produit d'activités criminelles, il a été possible de s’attaquer aux principales bandes organisées. Le programme de sensibilisation du public à la criminalité organisée a monté l’opinion publique contre elle.
La coordination entre les autorités répressives et judiciaires est bonne et fonctionne bien. Elle s’effectue notamment au travers du Conseil de coordination interagence pour la lutte contre la criminalité organisée, forum efficace pour le partage d’informations et des responsabilités. Le conseil veille également à la bonne application de la stratégie nationale et du plan d’action de lutte contre la criminalité organisée. Le système mis en place par la Géorgie pour rassembler et analyser les informations relatives à la criminalité permet en outre d’évaluer soigneusement les menaces.
Le critère relatif à la criminalité organisée est réputé atteint.
2.3.1.2. Traite des êtres humains
La Géorgie a considérablement progressé dans la lutte contre la traite des êtres humains. Sa législation est complète, et des infrastructures destinées à rassembler les principaux acteurs et à fournir des financements suffisants sont en place. Il existe un engagement à fournir une formation continue aux professionnels et à mener un programme complet de sensibilisation de l’opinion publique nationale. Toutefois, des lacunes significatives existent s’agissant des besoins des victimes vulnérables, et plus particulièrement des enfants. L’absence de système d’inspection de la main-d’œuvre doté de compétences statutaires limite les possibilités de lutter contre la traite des êtres humains utilisés comme travailleurs forcés. Le nombre restreint mais croissant de cas est une source de préoccupation, au même titre que l’échec à appliquer la législation couvrant les utilisateurs des services mis à la disposition des victimes de la traite.
Le critère relatif à la traite des êtres humains est considéré comme étant partiellement atteint, mais avec de bonnes perspectives de progrès. Il est recommandé aux autorités géorgiennes:
de revoir la fourniture de services, en particulier l’organisation et la gestion des refuges existants, aux victimes de la traite, afin de veiller à répondre adéquatement aux besoins de celles qui sont accompagnées d’enfants,
de revoir la fourniture de l’aide psychologique, médicale et juridique, afin d’en optimiser l’accès pour toutes les victimes recensées et présumées,
de revoir le statut, le mandat et les pouvoirs du département de l’inspection du travail afin de garantir qu’il soit en mesure de détecter l’exploitation et la main-d’œuvre forcée et d’y remédier,
de prendre des mesures pour soumettre à des enquêtes proactives, basées sur les renseignements, toutes les formes d’exploitation,
de mettre au point une stratégie solide pour s’attaquer aux acheteurs de femmes victimes de la traite des êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle commerciale et d’exploitation de la main-d’œuvre, avec le but commun de s’assurer qu’elles puissent témoigner et de s’attaquer à la demande pour ces services,
de revoir et d’améliorer la collecte et l’analyse des données parmi les organisations actives dans ce secteur au sein du pays, afin de mieux refléter leur nombre, leur sexe, leur âge, leur appartenance ethnique et le type d’exploitation,
de revoir les différentes lignes d’assistance téléphonique, afin de renforcer le signalement des cas par le grand public et par les victimes,
de renforcer les contacts et partenariats avec les pays recensés par Europol comme principales destinations et sources, comme la Turquie, l’Azerbaïdjan, le Kirghizistan, l’Ouzbékistan et l’Arménie.
2.3.1.3. Prévention de la corruption et lutte contre ce phénomène
Un nombre significatif de mesures visant à renforcer le cadre institutionnel et juridique de lutte contre la corruption ont été approuvées ou sont sur le point de l’être. Le gouvernement a adopté un plan de réforme de la fonction publique en novembre 2014. En février 2015, la Géorgie a adopté la stratégie et le plan d’action anti-corruption national pour la période 2015-2016. Une unité anti-corruption spécialisée a été mise sur pied au sein du Bureau du Procureur général en janvier 2015. Cette unité est mandatée pour enquêter sur les cas de corruption à un niveau élevé et pour les poursuivre. La désignation et le renvoi du Procureur général doivent être décidés de manière ouverte, objective et transparente, sur la base de ses mérites propres et sans influence politique inadéquate. La mise en œuvre des garanties actuelles renforcées contre le risque d’abus dans le cadre des transactions financières conclues par des détenus, notamment à la lumière des cas antérieurs à 2012, devrait se poursuivre. La question des procédures pour la reconduction des juges actuellement en exercice dont le mandat de 10 ans vient à échéance doit faire l’objet d’un suivi étroit, car elle pourrait avoir des implications plus large sur le fonctionnement de la justice. Cette reconduction devrait avoir lieu à moins que des motifs factuels ne justifient l’écartement d’un juge en exercice.
Le critère relatif à la lutte contre la corruption est considéré comme étant partiellement atteint, mais avec de bonnes perspectives de progrès. Il est recommandé aux autorités géorgiennes:
de poursuivre les réformes de la fonction publique par l’adoption d’une loi en la matière conforme aux pratiques internationales définissant la portée et les normes d’un service public professionnel et dépolitisé. Des garanties supplémentaires relatives au renvoi du chef du Bureau de la fonction publique devraient être incluses dans la loi,
de mettre en place un contrôle systématique des déclarations de patrimoine, soutenu par un système de sanctions visant à décourager l’enrichissement personnel inexpliqué, les conflits d’intérêt et les incompatibilités. La nouvelle législation régissant la vérification des déclarations de patrimoine devrait inclure des procédures de contrôle approfondies permettant de déceler les avoirs sans justification, les conflits d’intérêt et les incompatibilités. Des sanctions dissuasives appropriées devraient être également être prévues. Il importe de mettre sur pied une agence chargée de vérifier les contrôles ou de confier cette mission à une agence existante,
de veiller à ce que les règles énonçant les critères de dérogation aux procédures de marché public définissent clairement les circonstances exactes de la mise en œuvre de ces dérogations et les procédures à suivre. Ces procédures doivent être rendues publiques, et les objecteurs doivent pouvoir se faire entendre. La décision de déroger aux règles des marchés publics devrait nécessiter l’approbation indépendante de l’agence des marchés publics,
de renforcer davantage la protection, dans la pratique, des lanceurs d’alertes en introduisant des règles et procédures garantissant la sécurité des personnes qui signalent des faits et de sensibiliser les fonctionnaires aux pratiques de signalement,
de poursuivre la mise en œuvre de toutes les recommandations formulées par le groupe d’États contre la corruption (GRECO) du Conseil de l’Europe.
2.3.1.4. Blanchiment de capitaux et financement du terrorisme
Au cours de l’année écoulée, la Géorgie a réalisé des progrès considérables. Son cadre juridique est désormais conforme pour l’essentiel aux normes européennes et internationales, et le cadre institutionnel, la coopération interagence et les capacités administratives sont globalement en place. La mise en œuvre de la stratégie et du plan d’action de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme devrait se poursuivre comme prévu. L’expérience pratique du financement du terrorisme reste limitée, mais les autorités géorgiennes semblent prêtes à prendre cette problématique à bras-le-corps si cela s’avérait nécessaire. Le recours fréquent aux transactions financières comporte un risque que les criminels trouvent une solution pour éviter la confiscation de leurs avoirs illicites.
Le critère relatif au blanchiment de capitaux est considéré comme étant presque atteint. Il est recommandé aux autorités géorgiennes:
de renforcer le cadre législatif relatif aux mouvements transfrontaliers d'argent liquide et d’améliorer sa mise en œuvre,
de faire un meilleur usage du cadre juridique existant pour la saisie des avoirs d’origine criminelle,
de pourvoir les postes vacants au sein du service de contrôle financier,
de veiller à ce que l’unité de méthodologie et d’inspection hors site de la Banque nationale de Géorgie puisse commencer ses activités avec des effectifs complets et de faire en sorte qu’une unité de surveillance hors site distincte soit mise sur pied au sein du service national de supervision des assurances,
d’établir davantage de contacts avec les entités de signalement qui ne produisent aucun rapport, ou très peu, et de les sensibiliser à cette problématique.
2.3.1.5. Stupéfiants
Des progrès considérables ont été réalisés dans la mise en œuvre de la stratégie et du plan d’action national anti-drogues adoptés par le Conseil de coordination interservices pour la lutte contre la toxicomanie. Ainsi, la demande en produits stupéfiants et les ravages qu’ils causent ont pu être réduits, et des avancées ont été réalisées dans le traitement et la réhabilitation des toxicomanes. Divers projets et programmes ont permis de sensibiliser les jeunes aux dangers de la drogue et à sa nocivité. Pour réduire l’offre de produits stupéfiants, des efforts considérables ont été déployés dans le domaine de la répression ainsi que l’amélioration de la coopération entre services. Des résultats remarquables ont été enregistrés, notamment par la mise en place de dispositions, de procédures et de bases de données des services répressifs, ainsi que par la mise à disposition de matériel et de formations appropriés.
En dépit de ces avancées, la politique anti-drogues nationale reste davantage axée sur la répression que sur une action réparatrice.
Le critère relatif aux stupéfiants est considéré comme étant partiellement atteint, mais avec de bonnes perspectives de progrès. Il est recommandé aux autorités géorgiennes:
d’agir plus avant sur le volet «offre» de la politique anti-drogues nationale, par exemple en apportant des amendements législatifs visant à introduire, dans le cadre juridique, une distinction entre la détention de produits stupéfiants à des fins d'usage personnel et la détention pour la revente à autrui,
d’envisager l’introduction d’un contrôle judiciaire dans le cadre des tests de dépistage anti-drogues réalisés à l’improviste par la police.
2.3.2. Coopération judiciaire dans les affaires criminelles
La mise en œuvre par la Géorgie du cadre juridique et institutionnel est suffisamment solide pour en faire un partenaire stable et fiable dans le cadre de la coopération juridique internationale en matière d’affaires criminelles. Les instruments juridiques - nationaux et internationaux - de ce cadre sont actualisés et appliqués d’une manière qui permet une coopération internationale dans la lutte contre les crimes graves. Les préparatifs en vue la conclusion d’un accord de coopération opérationnelle avec Eurojust ont atteint un stade avancé.
Le critère de la coopération judiciaire dans les affaires criminelles est réputé atteint.
2.3.3. Coopération en matière répressive
Les agences répressives collaborent dans la lutte contre la criminalité et s’acquittent de cette tâche de manière inclusive et multidisciplinaire (grâce à la coordination du Conseil, des comités et des agences). Il existe une bonne interaction entre les enquêteurs et le ministère public, et une coopération adéquate entre les agences a été assurée. Les autorités géorgiennes ont à leur disposition des équipements sophistiqués pour faciliter les enquêtes et les poursuites. Le département principal de police scientifique du ministère de l’intérieur et le Bureau national de police scientifique disposent de capacités significatives. La coopération internationale bilatérale avec l’UE a été renforcée par la signature d’accords de coopération avec des États membres.
Le critère de coopération en matière répressive est considéré comme étant presque atteint. Il est recommandé aux autorités géorgiennes:
de commencer à produire des rapports d’évaluation réguliers sur les menaces globales, et notamment sur les tendances futures et les menaces émergentes, sur la base d’activités de police fondées sur le renseignement et d’une évaluation continue,
d’organiser un programme de sensibilisation au sein de la police et du Bureau du Procureur général, et notamment dans les régions, concernant la portée de la coopération internationale au niveau opérationnel.
2.3.4. Protection des données
La Géorgie met en œuvre la législation sur la protection des données à caractère personnel dans les secteurs public et privé de manière satisfaisante, en assurant le bon fonctionnement de l’autorité indépendante de supervision de la protection des données. Le pays a alloué les ressources humaines et financières nécessaires, organisé des programmes de formation et mené des campagnes de sensibilisation à la protection des données. Les préparatifs en vue la conclusion d’un accord de coopération opérationnelle avec Eurojust ont atteint un stade avancé.
Le critère relatif à la protection des données à caractère personnel est considéré comme étant atteint.
2.4. Bloc 4: Relations extérieures et droits fondamentaux
La Géorgie a enregistré des progrès considérables en peu de temps dans ce domaine. Le cadre juridique nécessaire sur la citoyenneté, la liberté de circulation (migrations) et la non-discrimination a été adopté en 2014.
2.4.1. Liberté de circulation en Géorgie
Un nouveau cadre juridique, qui a considérablement modifié le statut des ressortissants étrangers et des apatrides, a été adopté en 2014. Ces changements offrent aux citoyens étrangers vivant en Géorgie la possibilité d’y résider de manière légale. La liberté de circulation sur le territoire géorgien pour les ses ressortissants , pour les ressortissants étrangers en séjour régulier et pour les apatrides est réputée garantie et n’est soumise à aucune restriction injustifiée ou mesure de nature discriminatoire.
Le critère relatif à la liberté de circulation est considéré comme étant atteint.
2.4.2. Conditions et procédures pour la délivrance de documents de voyage et d’identité
Tous les ressortissants géorgiens, y compris les femmes, les enfants, les personnes en situation de handicap, les déplacés internes et les membres de minorités et autres groupes vulnérables, bénéficient d’un accès plein et entier à des documents d’identité et de voyage.
Le critère relatif aux documents de voyage et d’identité est considéré comme étant atteint.
2.4.3. Droits des citoyens, y compris protection des minorités
La mise en œuvre efficace de la législation et des politiques anti-discrimination prend peu à peu corps au travers de la jurisprudence et des précédents, même si peu de litiges en matière de discrimination sont actuellement pendants. Cette évolution fait suite à l’entrée en vigueur de la loi anti-discrimination, qui établit le cadre juridique garantissant l’égalité et la non-discrimination ainsi que de mesures visant à la mettre en œuvre, dans le cadre desquelles le ministère public joue un rôle crucial.
En ce qui concerne certaines dispositions de la loi anti-discrimination, la vigilance reste de mise pour garantir une protection adéquate et efficace contre la discrimination dans la pratique et veiller à ce que toute dérogation accordée soit fondée sur les principes de nécessité et de proportionnalité, et conforme aux normes européennes et internationales.
Pour ce qui est de la mise en œuvre de la stratégie et du plan d’action national en faveur des droits de l’homme, le Secrétariat des droits de l’homme, intégré au bureau du Premier ministre, dispose d’un effectif complet, et toutes les activités prévues pour 2014 ont été réalisées. Des progrès significatifs ont également été réalisés ces dernières années dans la protection des minorités ethniques et dans la facilitation de leur intégration civique.
La Géorgie a entamé les travaux préparatoires de la signature de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires et à l’harmonisation de la législation géorgienne avec les dispositions de celle-ci. Par ailleurs, des préparatifs en vue de l’adoption d’une loi sur la langue nationale sont en cours.
Le critère relatif aux droits des citoyens est considéré comme étant presque atteint. Il est recommandé aux autorités géorgiennes:
de renforcer et de maintenir leurs efforts en vue de sensibiliser les représentants de l’État et la société dans son ensemble aux questions d’égalité, de tolérance et de diversité, d’intensifier leurs efforts en matière de sensibilisation des minorités à leurs droits de citoyen et aux services publics et aides mis à leur disposition, d’adopter une nouvelle stratégie et un nouveau plan d’action en vue de favoriser la tolérance et l’intégration civique, en tenant compte de l’expérience accumulée lors de la mise en œuvre du plan d’action précédent, en fournissant les financements adéquats pour sa bonne mise en œuvre et en mettant en place des mécanismes de contrôle efficaces, avec critères et indicateurs,
de continuer à former des juristes professionnels, en étroite collaboration avec la société civile, les organisations internationales et les donateurs et à accorder toute l’attention requise aux propositions législatives soumises par le ministère public.
3. ÉVALUATION GLOBALE ET PROCHAINES ÉTAPES
La Commission a évalué la mise en œuvre, par la Géorgie, des critères de la deuxième phase du plan d’action pour la libéralisation du régime des visas, conformément à la méthode établie et sur la base de missions d’évaluation et de données et documents fournis par la Géorgie.
L’Union européenne a continué à assurer le suivi des progrès réalisés par la Géorgie dans les domaines pertinents, dans le cadre du comité mixte sur la facilitation de la délivrance des visas UE-Géorgie, du comité de réadmission mixte UE-Géorgie, du sous-comité mixte UE-Géorgie «justice, liberté et sécurité» , et dans le cadre du dialogue sur les droits de l'homme. Dans chacun de ces comités, le dialogue et la coopération entre l’UE et la Géorgie ont été jugés très avancés.
Les progrès réalisés par la Géorgie dans les quatre blocs du plan d’action sont significatifs. Cela témoigne du fort engagement du pays ainsi que de l’étendue des efforts réalisés. La mise en œuvre et les résultats des réformes introduites par la Géorgie ont été minutieusement analysés. Il a ainsi pu être établi que le fonctionnement du cadre législatif et politique, de même que l’intégrité des principes et procédures institutionnels et organisationnels sont généralement conformes, pour les quatre blocs, aux meilleures normes européennes et internationales. En conséquence, la Commission estime que la Géorgie respecte globalement les critères de la deuxième phase du plan d’action.
Eu égard aux progrès significatifs réalisés par la Géorgie ces derniers mois, la Commission se déclare prête à écourter le délai avant le prochain rapport, pour autant que des progrès rapides continuent d’avoir lieu en relation avec les critères et la situation décrite plus avant dans le présent rapport ainsi que dans le document de travail des services de la Commission. La Géorgie se doit néanmoins de consentir des efforts supplémentaires sur la base des recommandations formulées dans le présent rapport. Il est également essentiel de continuer à organiser des campagnes d’information ciblées exposant les droits et les obligations associés à une exemption de visa, ainsi que les règles régissant l’accès au marché du travail de l’Union européenne.
L’adoption des mesures demandées dans le présent rapport permettrait à la Géorgie d'achever la réalisation de tous les critères de la deuxième phase du plan d’action concernant la libéralisation du régime des visas. La Commission continuera à surveiller la mise en œuvre du plan d’action et à apporter tout son soutien à la Géorgie dans ce contexte. Son prochain rapport d’étape sera publié d’ici la fin de l’année 2015.