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AccueilDroit européen52015DC0684
Acte préparatoire52015DC0684

RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL Quatrième rapport d'étape sur la mise en œuvre par la Géorgie du plan d'action concernant la libéralisation du régime des visas

CELEX52015DC0684
TypeActe préparatoire
Datevendredi 18 décembre 2015

Résumé IA

Ce rapport de la Commission évalue les progrès de la Géorgie dans la mise en œuvre des critères de référence du plan d'action pour la libéralisation du régime des visas (VLAP). Il conclut que la Géorgie remplit toutes les conditions requises, ce qui ouvre la voie à une proposition législative visant à supprimer l'obligation de visa pour les citoyens géorgiens se rendant dans l'espace Schengen pour des séjours de courte durée. Pour le professionnel du droit français, ce texte annonce une modification prochaine du régime des visas applicable aux ressortissants géorgiens, avec des implications directes en matière de droit des étrangers et de contrôle aux frontières.

Texte intégral

european flagCOMMISSION EUROPÉENNE

Bruxelles, le 18.12.2015

COM(2015) 684 final

RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL

Quatrième rapport d'étape sur la mise en œuvre par la Géorgie du plan d'action concernant la libéralisation du régime des visas

{SWD(2015) 299 final}


1. INTRODUCTION

Le dialogue sur la libéralisation du régime des visas entre l'Union européenne et la Géorgie a été lancé en juin 2012. En février 2013, la Commission européenne a présenté au gouvernement géorgien un plan d’action en la matière. Celui-ci définit une série de critères de référence précis concernant quatre «blocs» 1 de questions techniquement pertinentes, aux fins de l’adoption d’un cadre législatif, politique et institutionnel (phase 1) et de sa mise en œuvre effective et durable (phase 2). Ces critères doivent être remplis avant que les ressortissants géorgiens détenteurs d’un passeport biométrique puissent pénétrer dans l’espace Schengen sans visa pour des séjours de courte durée 2 .

En novembre 2013, la Commission a adopté son premier rapport d’étape sur la mise en œuvre par la Géorgie du plan d’action concernant la libéralisation du régime des visas 3 et formulé plusieurs recommandations concernant la réalisation de la première phase du plan d’action (législative et de planification). En octobre 2014, la Commission a adopté son deuxième rapport d’étape 4 , dont la conclusion était que la Géorgie avait satisfait aux critères de référence de la première phase du plan d'action et était prête à être évaluée sur ceux de la seconde phase. Dans ses conclusions du 17 novembre 2014, le Conseil se rangeait à l’opinion de la Commission. Ce rapport s’accompagnait d’une évaluation de l’impact migratoire et sécuritaire potentiel d’une future libéralisation des visas pour les citoyens géorgiens se rendant dans l’UE.

En décembre 2014, la Géorgie a présenté un rapport d’étape actualisé. Des missions d’évaluation placées sous l’égide de la Commission et portant sur les quatre blocs du plan d’action ont eu lieu de décembre 2014 à mars 2015. Celles-ci rassemblaient des experts des États membres, assistés par la Commission, le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) et la délégation européenne en Géorgie. La Commission a adopté le troisième rapport d’étape sur la mise en œuvre par la Géorgie du plan d’action concernant la libéralisation du régime des visas le 8 mai 2015 5 . Dans ce rapport, la Commission prenait note des grands progrès réalisés par les autorités géorgiennes dans la mise en œuvre de la deuxième phase du plan d’action et reconnaissait que de nombreux critères des quatre blocs avaient été remplis.

Toutefois, le rapport révélait également un certain nombre de lacunes dans les domaines suivants: gestion des migrations, politique d’asile, traite des êtres humains, lutte contre la corruption, blanchiment des capitaux, stupéfiants, services de répression et droits des citoyens.

Ceci est le quatrième rapport d’étape sur la mise en œuvre par la Géorgie du plan d’action. Il examine la manière dont les autorités géorgiennes ont répondu aux recommandations formulées dans le troisième rapport d’étape en ce qui concerne les derniers critères en suspens du plan d’action. Le présent document ne s’étendra pas sur les critères réputés déjà atteints dans le dernier rapport. En effet, le suivi effectué montre que ceux-ci sont toujours remplis.

Les informations relatives aux faits et leur évaluation se fondent sur les conclusions des missions européennes d’évaluation menées en Géorgie au cours de la semaine du 28 septembre au 2 octobre dans quatre secteurs (gestion des migrations, asile, lutte contre la corruption et traite des êtres humains). Celles-ci rassemblaient des experts des États membres de l’UE, des fonctionnaires de la Commission, des représentants du SEAE et de la délégation de l'Union européenne en Géorgie. De plus amples informations concernant ces quatre domaines et les autres critères restant à atteindre ont été obtenues au cours des réunions organisées et des communications échangées par la suite entre la Commission, le SEAE et les autorités géorgiennes, ainsi qu’à la lumière des rapports d’étape présentés par la Géorgie les 17 août et 22 octobre 2015.

Le présent rapport s’accompagne d’un document de travail des services de la Commission 6 qui examine en détail les évolutions décrites pour chaque critère. En annexe du document de travail, la Commission livre une analyse factuelle et des informations statistiques actualisées concernant l’impact sur le plan de la migration et de la sécurité attendu d’une libéralisation des visas pour les citoyens géorgiens se rendant dans l’Union européenne. Celles-ci s’appuient sur des données émanant des agences européennes et parties prenantes pertinentes. L’évaluation d’impact ébauche les grandes tendances prospectives en matière de migration et de sécurité. Il en ressort que l’UE reste une destination attrayante pour les migrants géorgiens et que certains aspects de la sécurité et des flux migratoires devront faire l’objet d’une surveillance.

2. ÉVALUATION DES MESURES RELEVANT DES CRITÈRES DU PLAN D’ACTION RESTANT À ATTEINDRE POUR LA LIBÉRALISATION DU RÉGIME DES VISAS

2.1. Bloc 1: Sécurité des documents, y compris la biométrie

Ce critère, réputé atteint dans le troisième rapport d’étape, l’est resté.

2.2. Bloc 2: Gestion intégrée des frontières, gestion des migrations et asile

2.2.1. Gestion intégrée des frontières

Ce critère, réputé atteint dans le troisième rapport d’étape, l’est resté.

2.2.2. Gestion des migrations

Dans le troisième rapport d’étape, le critère relatif à la gestion des migrations était considéré comme presque atteint, et des progrès notables ont été réalisés dans l’intervalle pour répondre aux recommandations de la Commission.

Le concept d’analyse des risques élaboré par le ministère de l’intérieur a été élargi à tous les aspects de la politique migratoire. En septembre 2015, un groupe de travail constitué au sein de la commission nationale sur les questions de migration a finalisé un nouveau concept global de système d’analyse des risques migratoires. Sept agences publiques participeront à la compilation de rapports analytiques. La collecte des données auprès des différentes agences publiques actives dans le domaine de l’immigration, de l’émigration et des migrations internes sera assurée par le système unifié d’analyse des migrations. L’UE et le gouvernement géorgien cofinancent l’introduction de cette série d'outils électroniques, qui devraient être testés d’ici la mi-2016. Tous ces outils aideront la Géorgie à recenser les risques, à anticiper les menaces et à mettre en place les mesures adéquates, de manière à assurer une gestion globale des flux migratoires.

Le ministère des déplacés internes originaires des territoires occupés, de l’hébergement et des réfugiés (MRA) est responsable de la coordination des activités de réintégration, qui ont été refondues dans le cadre de la stratégie 2016-2020 en matière de migrations. Le gouvernement géorgien prend progressivement la main sur le processus d’assistance à la réintégration. Il a mis en place un programme national de réintégration, financé par le budget de l’État, et reprendra à son compte les centres de mobilité lorsque l’actuel projet financé par l’UE au travers de l’instrument européen de voisinage (IEV) prendra fin. Conformément à la stratégie 2016-2020 en matière de migrations, les centres de mobilité se verront allouer un financement durable et des capacités renforcées leur permettant de fournir divers services de réintégration en toute indépendance. Un nouveau département analytique au sein du MRA mettra sur pied un système de compte rendu analytique afin de collecter des données relatives au nombre global de personnes rapatriées, ainsi que des informations sur leurs qualifications et leurs besoins en matière de réintégration.

Au cours de la période comprise entre juillet et décembre 2015, la Géorgie a mis en œuvre une vaste campagne d’information et de communication relative au plan d’action et à la future libéralisation du régime des visas. Les réunions, formations et autres événements organisés à Tbilissi et dans les régions ont rassemblé plus de 25 000 citoyens géorgiens. Différents supports sont utilisés pour diffuser l’information: des brochures aux clips vidéo en passant par des applications infographiques sur les droits et obligations liées à la libéralisation du régime des visas qui circulent sur les réseaux sociaux. Ces activités se poursuivront dans le cadre de la «stratégie de communication et d’intégration européenne 2014-2017» et la «stratégie 2016-2020 en matière de migrations».

La Géorgie a mis en œuvre de manière satisfaisante les actions recommandées dans le troisième rapport d’étape. Le critère relatif à la gestion des migrations est réputé atteint.

2.2.3. Politique d’asile

Dans le troisième rapport d’étape, le critère relatif à l’asile était considéré comme partiellement atteint, et des progrès notables ont été réalisés dans l’intervalle pour répondre aux recommandations de la Commission.

Le cadre législatif a été modifié pour inclure de façon explicite les demandeurs d’asile comme catégorie de personnes pouvant recevoir un visa humanitaire. Sa mise en œuvre a déjà commencé.

Le MRA, à savoir le ministère responsable de l’octroi du statut de réfugié, a adopté des indicateurs de qualité afin de surveiller le bon déroulement des procédures décisionnelles dans le cadre des demandes d’asile. La qualité des entretiens personnels est désormais évaluée sur la base de leur enregistrement.

Des efforts considérables ont été consentis afin de réduire l’arriéré dans le traitement des dossiers. Le MRA a mis au point une stratégie efficace, assortie de lignes directrices et d’instructions claires concernant les pays d’origine, de manière à permettre aux chargés de dossiers de se spécialiser. L’arriéré a pu être ramené de 1 174 dossiers en cours en mars 2015 à une charge de travail normale d’environ 200 dossiers en octobre 2015, sans perte de qualité. Un mécanisme de planification d’urgence a été mis en place afin de faire face à une éventuelle arrivée massive de demandeurs d’asile, et une commission sera créée afin de décider des ressources humaines et financières supplémentaires nécessaires pour gérer tout nouvel arriéré.

L’article 25 de la loi relative aux réfugiés et au statut humanitaire a été modifié eu égard au nombre élevé de demandeurs d’asile déboutés pour des questions de sécurité non divulguées. Les nouvelles dispositions précisent les motifs pour lesquels une demande peut être rejetée en relation avec la sûreté de l’État et obligent l’Agence nationale de la sécurité à fournir au MRA des informations minimales concernant la menace potentielle que pourraient poser les demandeurs d’asile pour la sûreté de l’État.

Le personnel chargé de l’octroi du statut de réfugié a participé à diverses formations internes et externes. La nouvelle unité de formation et de contrôle de la qualité mise sur pied au sein du MRA aura pour mission de mettre au point le programme de formation national.

L’introduction en Géorgie d’une nouvelle base de données contenant des informations sur les pays d’origine, et permettant l’accès aux bases de données comparables d’autres pays, contribuera à fournir des informations actualisées de grande qualité. Par ailleurs, les chargés de dossiers ont été formés aux principes de base du pays d’origine, et le cadre législatif a été modifié en vue d’établir une distinction claire entre les produits «pays d’origine» et «politique».

L’échéance pour introduire un recours en cas de décision négative sur le statut de réfugié a été portée de 10 à 15 jours, tandis que le délai maximal dont dispose chaque juridiction pour trancher a été ramené à deux mois.

Afin de garantir le droit à faire appel d’une décision négative, le système d’assistance juridique gratuite financé par l’État a été élargi aux demandeurs d’asile. À compter du 1er janvier 2016, ceux-ci pourront s’adresser à des agents qualifiés, bénéficier d’une assistance juridique gratuite et se faire représenter devant les tribunaux.

La procédure normale d’obtention de la nationalité géorgienne requiert de maîtriser le géorgien, de connaître l’histoire du pays et d’avoir des notions élémentaires de droit. Un programme pédagogique spécial a été mis au point pour les réfugiés, afin de leur permettre d’avoir accès, dans la pratique, à la procédure de naturalisation.

S’appuyant sur les progrès considérables déjà enregistrés par la Géorgie dans l’intégration des citoyens étrangers, la stratégie 2016-2020 en matière de migrations a fixé des objectifs ambitieux en la matière. Le plan d’action connexe recensera les ressources financières nécessaires à l’exécution des activités prévues.

La Géorgie a mis en œuvre de manière satisfaisante les actions recommandées dans le troisième rapport d’étape. Le critère relatif à la politique d’asile est réputé atteint.

2.3. Bloc 3: Ordre public et sécurité

2.3.1. Prévention de la criminalité organisée, du terrorisme et de la corruption, et lutte contre ces phénomènes

2.3.1.1. Prévention et lutte contre la criminalité organisée

Ce critère, réputé atteint dans le troisième rapport d’étape, l’est resté.

2.3.1.2. Traite des êtres humains

Dans le troisième rapport d’étape, le critère relatif à la traite des êtres humains était considéré comme partiellement atteint, et des progrès notables ont été réalisés dans l’intervalle pour répondre aux recommandations de la Commission.

La fourniture de services dans les deux refuges pour victimes de la traite des êtres humains a été revue de manière à davantage l’adapter aux enfants. Des agents supplémentaires ont été recrutés afin de prendre soin des victimes mineures de la traite et des enfants accompagnant leurs parents, qui bénéficient également de programmes de réadaptation individuels.

Afin d’augmenter l’impact des fonds publics, les services proposés dans les refuges seront mis à disposition de manière souple, suivant les besoins des victimes. Un nouveau formulaire d’offre répertorie tous les services disponibles dans le cadre du Fonds national. Il permettra en outre de mieux comprendre pourquoi un service a été refusé.

La Géorgie a pris des mesures significatives afin de combattre le trafic de main-d’œuvre. Un département d’inspection des conditions de travail a été créé en 2015 au sein du ministère du travail, de la santé et des affaires sociales. Ses inspecteurs se sont déjà rendus dans 75 entreprises. À l’heure actuelle, l’inspection du travail peut pénétrer dans les entreprises si elle a de bonnes raisons de soupçonner un cas de traite des êtres humains, d’exploitation de main-d’œuvre ou de travail forcé. Toutefois, le département n’est pas compétent pour sanctionner les entreprises.

Le ministère de l’intérieur a renforcé les enquêtes basées sur le renseignement relatives à toutes les formes d’exploitation. Sur 17 enquêtes menées entre janvier et septembre 2015, 11 étaient le fruit d’une stratégie proactive.

Afin de s’assurer le témoignage des acheteurs de femmes victimes de la traite, le Code pénal a été modifié de manière à permettre de ne pas poursuivre les personnes qui coopèrent aux enquêtes de police et à la poursuite des trafiquants.

La collecte de données sur les victimes, témoins et suspects, mais aussi de toutes autres informations pertinentes, est désormais centralisée dans une seule base de données. Toutes les agences clés peuvent accéder à ces informations et les partager.

L’existence de deux lignes d’assistance téléphonique distinctes pour les victimes de la traite, l’une gérée par le ministère de l’intérieur et l’autre par le Fonds national, est justifiée par le fait que certaines personnes peuvent vouloir recevoir de l’aide sans nécessairement coopérer avec les autorités judiciaires.

Les partenariats avec les pays recensés par Europol comme principales sources et destinations de la traite ont été intensifiés, avec, à la clé, le détachement de forces de police et une assistance juridique mutuelle.

La Géorgie a mis en œuvre de manière satisfaisante les actions recommandées dans le troisième rapport d’étape. Le critère relatif à la traite des êtres humains est réputé atteint.

2.3.1.3. Prévention et lutte contre la corruption

Dans le troisième rapport d’étape, le critère relatif à la lutte contre la corruption était considéré comme partiellement atteint, et des progrès notables ont été réalisés dans l’intervalle pour répondre aux recommandations de la Commission.

Le 28 octobre 2015, le Parlement a adopté la «loi sur la fonction publique», ainsi qu’un ensemble de 46 lois secondaires. Les actes juridiques connexes entreront en vigueur le 1er janvier 2017. Ces lois ont notamment pour but de dépolitiser la fonction publique. Des garanties supplémentaires, de nature à assurer que le chef du Bureau de la fonction publique puisse être nommé et licencié en toute indépendance, ont été introduites.

Le 28 octobre 2015, le Parlement a adopté, en troisième lecture, des amendements à la loi sur les conflits d’intérêt et la corruption dans les services publics. Ceux-ci établissent la base légale du suivi des déclarations de patrimoine et autorisent le BFP à mettre en œuvre le processus de surveillance. Le système de déclaration de patrimoine comportera de nouveaux mécanismes permettant de déceler et de sanctionner les conflits d’intérêt et les avoirs injustifiés. Sur la base de ces amendements, les déclarations feront l’objet d’une surveillance dans les trois cas suivants: (a) vérification constante des déclarations des hauts fonctionnaires exposés à un risque élevé de corruption; (b) sélection aléatoire et transparente, par le système électronique, de déclarations sur la base de critères de risque définis par la Commission indépendante; (c) plaintes/informations dûment étayées soumises au BFP.

Les amendements à la législation relative aux marchés publics, qui introduisaient des critères de dérogation aux procédures de marché public, sont entrés en vigueur le 1er novembre 2015. Ces nouvelles règles énoncent les critères permettant d’attribuer un contrat au travers de procédures simplifiées et exigent l’approbation de l’agence des marchés publics. Les demandes de marché simplifié relèvent du domaine public, et toutes les parties intéressées sont en droit de faire valoir leurs considérations.

La protection des lanceurs d’alertes est assurée par des amendements qui renforcent le statut des lanceurs d’alertes et le système de signalement. En conséquence, toute personne peut être considérée comme un lanceur d’alertes, qu’elle soit ou non fonctionnaire. Les dispositions permettent le signalement anonyme et confidentiel.

Les autorités ont poursuivi la mise en œuvre des recommandations formulées par le GRECO.

La Géorgie a mis en œuvre de manière satisfaisante les actions recommandées dans le troisième rapport d’étape. Le critère relatif à la prévention et à la lutte contre la corruption est réputé atteint.

2.3.1.4. Blanchiment de capitaux et financement du terrorisme

Dans le troisième rapport d’étape, le critère relatif au blanchiment de capitaux était considéré comme presque atteint, et des progrès notables ont été réalisés dans l’intervalle pour répondre aux recommandations de la Commission.

En juillet 2015, le Parlement géorgien a adopté plusieurs amendements en vue de renforcer son cadre législatif relatif aux mouvements transfrontaliers d’argent liquide. Le champ d’application du système de déclaration des mouvements transfrontaliers d’argent liquide a été élargi. Outre l’argent liquide transporté par des personnes physiques ou morales, il couvre désormais aussi l’argent liquide envoyé et reçu par courrier postal et transporteur. Les personnes prises en défaut de déclaration auront à s’acquitter d’une amende plus élevée qu’auparavant. Les sanctions ne seront plus plafonnées à 3 000 GEL, ce qui devrait en renforcer l’effet dissuasif. En vertu des nouvelles dispositions du Code fiscal, les amendes peuvent s’élever à 10 % du montant transporté si celui-ci atteint une valeur totale minimale de 100 000 GEL.

Le procureur général a adopté une recommandation visant à renforcer l’efficacité de la saisie des avoirs d’origine criminelle. Entre autres mesures à mettre en œuvre dans le cadre de procédures judiciaires, les procureurs et enquêteurs ont reçu pour consigne de tracer tous les actifs des défendeurs et de leurs proches et de veiller à ce que ceux-ci soient saisis, même en cas de transaction pénale. Divers cours et tables rondes ont été organisés afin de débattre de ces questions avec les services judiciaires et les procureurs.

Le service de contrôle financier, en activité depuis 2004, est le centre national de réception, d’analyse et de diffusion des rapports relatifs à des transactions suspectes. Le service a embauché deux nouveaux collaborateurs en octobre 2015 et devrait bientôt publier des offres d’emploi pour les autres postes à pourvoir.

La Banque nationale de Géorgie supervise toutes les institutions financières, exception faite des compagnies d’assurance et des fonds de pension privés. Son unité de méthodologie et d’inspection hors site a été renforcée avec le recrutement de six agents. Le service national de supervision des assurances, qui se charge des compagnies d’assurance et des fonds de pension privés, a créé une nouvelle division distincte pour la surveillance hors site au sein de son département de supervision.

Les récentes activités de sensibilisation du service de contrôle financier visaient surtout les avocats. Parmi celles-ci figuraient des séminaires de formation sur les exigences en matière de vigilance à l’égard de la clientèle et l’élaboration d’un guide relatif à la prévention du blanchiment d’argent. Les activités à venir s’adresseront aussi aux comptables et auditeurs.

La Géorgie a mis en œuvre de manière satisfaisante les actions recommandées dans le troisième rapport d’étape. Le critère relatif au blanchiment d’argent est réputé atteint.

2.3.1.5. Stupéfiants

Dans le troisième rapport d’étape, le critère relatif aux stupéfiants était considéré comme partiellement atteint, et des progrès notables ont été réalisés dans l’intervalle pour répondre aux recommandations de la Commission.

La Géorgie a bien progressé dans la mise en œuvre de sa stratégie et de son plan d’action nationaux en matière de stupéfiants, poursuivant à la fois des politiques de réduction de la demande et de l’offre. L’article 260 du Code pénal a été modifié de manière à établir une distinction entre la responsabilité pénale pour la détention et le trafic de stupéfiants. La peine maximale de la détention de stupéfiants a été ramenée de 11 à six ans de prison. En pratique, depuis l’entrée en vigueur de l’amendement le 31 juillet 2015, des sanctions autres que des peines de prison ont été appliquées dans la majorité des cas de détention de stupéfiants jugés sur la base de l’article 260.

La législation géorgienne offre des garanties suffisantes pour protéger les individus contre l’exécution arbitraire par la police de tests de dépistage anti-drogues. Des conditions plus strictes ont été définies pour la réalisation de tests de dépistage aléatoires, sur ordre du ministère de l’intérieur du 30 septembre 2015. Le fait d’avoir tout lieu de croire qu’une personne a consommé des stupéfiants ne suffit plus et doit s’accompagner d’autres circonstances pour justifier un test non planifié. Par ailleurs, la décision d’effectuer un test peut être attaquée devant l’organe interne de surveillance du ministère de l’intérieur, un tribunal administratif et/ou le bureau du procureur général.

La Géorgie a mis en œuvre de manière satisfaisante les actions recommandées dans le troisième rapport d’étape. Le critère relatif aux stupéfiants est réputé atteint.

2.3.2. Coopération judiciaire en matière pénale

Ce critère, réputé atteint dans le troisième rapport d’étape, l’est resté.

2.3.3. Coopération en matière répressive

Dans le troisième rapport d’étape, le critère relatif à la coopération en matière répressive était considéré comme presque atteint, et des progrès notables ont été réalisés dans l’intervalle pour répondre aux recommandations de la Commission.

Un groupe de travail interagences a été mis sur pied en mai 2015 afin de développer un concept harmonisé de mécanisme d’analyse sur la base d’activités de police fondées sur le renseignement. Ce concept a été approuvé le 22 octobre 2015, et le groupe de travail a commencé à élaborer un plan détaillé de mesures à adopter en vue de la mise en œuvre du futur système d’évaluation des risques. Les rapports d’évaluation relatifs aux menaces globales qui seront produits sur cette base devraient aider à dégager les tendances futures en matière de criminalité ainsi qu’à déterminer les mesures requises pour y remédier.

Le ministère de l’intérieur a récemment émis de nouvelles instructions concernant les ressources existantes et les activités requises en vue de la coopération internationale à l’intention de son personnel de Tbilissi et des régions. Le personnel du ministère de l’intérieur et du bureau du procureur général a reçu une brochure d’informations sur les mécanismes de coopération existants dans le cadre d’Interpol, et des cours conjoints ont été organisés pour les enquêteurs de différents services afin d’examiner les possibilités offertes par le cadre de coopération internationale en matière répressive.

La Géorgie a mis en œuvre de manière satisfaisante les actions recommandées dans le troisième rapport d’étape. Le critère relatif à la coopération en matière répressive est réputé atteint.

2.3.4. Protection des données

Ce critère, réputé atteint dans le troisième rapport d’étape, l’est resté.

2.4. Bloc 4: Relations extérieures et droits fondamentaux

2.4.1. Libre circulation au sein de la Géorgie

Ce critère, réputé atteint dans le troisième rapport d’étape, l’est resté.

2.4.2. Conditions et procédures de délivrance des documents d’identité et de voyage

Ce critère, réputé atteint dans le troisième rapport d’étape, l’est resté.

2.4.3. Les droits des citoyens, y compris la protection des minorités

Dans le troisième rapport d’étape, le critère relatif aux droits des citoyens était considéré comme presque rempli, et des progrès notables ont été réalisés dans l’intervalle pour répondre aux recommandations de la Commission.

La Géorgie a lancé dans différents médias une campagne d’information nationale, toujours en cours, axée sur les questions d’égalité, de tolérance et de diversité et placée sous le patronage du bureau du procureur général. Le 17 août 2015, la nouvelle stratégie pour l’égalité civique et l’intégration a été adoptée, de même qu’un plan d’action pour la période 2015-2020. Celle-ci remplace la stratégie précédente, suite à une évaluation minutieuse des performances et à une large consultation des principales parties prenantes. La commission nationale interagences est chargée de surveiller la mise en œuvre de la stratégie et du plan d’action, en ce compris les résultats à atteindre d’ici 2020. Le financement adéquat de chacune des activités doit être assuré par les agences publiques, selon leurs domaines de compétences.

Cette nouvelle stratégie met l’accent sur l’accès des minorités ethniques aux processus décisionnels, à la vie politique et aux services publics, notamment en surmontant l’obstacle des langues. Tous les ministères et agences publics compétents œuvrent de concert pour informer les communautés de leurs droits, faciliter l’accès à l’éducation et les aider à préserver leur héritage culturel.

La Géorgie a continué à former des juristes professionnels aux droits des citoyens ainsi qu’aux questions d’égalité et de non-discrimination. Ces cours, qui s’adressaient principalement aux procureurs, juges et fonctionnaires du ministère de l’intérieur, ont été préparés en coopération avec la société civile, des organisations internationales et des donateurs.

En 2015, toute l’attention requise a été accordée aux propositions législatives émanant du ministère public. La commission des droits de l’homme et de l’intégration civique, de même que la commission des affaires juridiques du Parlement géorgien, ont soutenu les amendements exigeant des particuliers qu’ils fournissent au ministère public tous les supports, documents ou informations nécessaires à l’examen d’un dossier et y ont collaboré activement.

La Géorgie a mis en œuvre de manière satisfaisante les actions recommandées dans le troisième rapport d’étape. Le critère relatif aux droits des citoyens est réputé atteint.

3. ÉVALUATION GLOBALE ET PROCHAINES ÉTAPES

Depuis le lancement du dialogue entre l’UE et la Géorgie sur la libéralisation du régime des visas en juin 2012 et la présentation aux autorités géorgiennes du plan d’action concernant cette libéralisation en février 2013, la Commission fait régulièrement rapport au Parlement européen et au Conseil sur les progrès accomplis par ce pays dans la réalisation des critères de référence définis pour les quatre blocs des première et deuxième phases du plan d’action.

La Commission a continué à assurer le suivi des progrès réalisés par la Géorgie dans les domaines pertinents du plan d’action, dans le cadre:

de la réunion des hauts fonctionnaires du dialogue entre l’UE et la Géorgie sur la libération du régime des visas;

du comité mixte sur la facilitation de la délivrance des visas UE-Géorgie;

du comité de réadmission mixte UE-Géorgie;

du sous-comité mixte UE-Géorgie «justice, liberté et sécurité»;

de la réunion de haut niveau du partenariat UE-Géorgie pour la mobilité; ainsi que

du dialogue entre l’UE et la Géorgie sur les droits de l’homme.

La coopération entre l’UE et la Géorgie fait l’objet d’un suivi régulier au sein de chacun de ces comités et dialogues. Lors des dernières réunions des comités mixtes sur la facilitation de la délivrance des visas et de réadmission, qui se sont tenues le 13 octobre 2015 en présence de représentants des États membres de l’UE, la Commission a observé que la mise en œuvre des deux accords était dans l'ensemble très satisfaisante.

Le dialogue entre l’UE et la Géorgie sur la libéralisation des visas s’est révélé être un outil important et particulièrement efficace pour faire progresser des réformes difficiles et approfondies en matière de justice et d’affaires intérieures et au-delà, avec un effet sur des domaines tels que l’État de droit et la réforme de la justice. Au-delà des critères du plan d’action, la Géorgie a également pris des mesures en vue de réformer son système judiciaire et le bureau du procureur général. Ces points font l’objet d’un suivi dans le cadre d’autres dialogues, tels le Comité d’association et le Conseil d’association, et seront également examinés dans le contexte du programme d’association.

Les progrès enregistrés par la Géorgie ces trois dernières années dans tous les domaines couverts par les quatre blocs du plan d’action ont été constants et effectifs. Ils démontrent l’engagement et les efforts nourris du gouvernement géorgien et de toutes les institutions publiques, qui ont fait de la réalisation des critères du plan d’action une priorité nationale.

La Géorgie a prévu les ressources humaines et financières adéquates pour garantir la pérennité des réformes. L’UE contribue également à ce processus, notamment au travers de son programme de «renforcement des capacités en appui à la gestion des frontières et à la gestion des migrations», doté d'une enveloppe de 16 millions d'euros. Par ailleurs, le programme «Droits de l’homme pour tous en Géorgie» contribue à favoriser la protection des minorités et groupes vulnérables, à renforcer les capacités de l’inspecteur de la protection des données à caractère personnel et à veiller au bon fonctionnement de l’administration du travail. La mise en œuvre continue des réformes du plan de travail sera aussi soutenue par la future facilité de coopération technique, qui couvrira la gestion des migrations, la lutte contre la criminalité organisée et la lutte contre les violences domestiques. Toute l’assistance fournie par l’UE est financée par l’instrument européen de voisinage (IEV).

De vastes campagnes d’information ont été menées dans le but de préciser les droits et obligations de chacun dans le contexte de l’exemption de visa. D’autres activités sont prévues avant et après la libéralisation du régime des visas, dans le cadre de la «stratégie de communication et d’intégration européenne 2014-2017» et de la «stratégie 2016-2020 en matière de migrations».

Trois rapports d’étape relatifs à la mise en œuvre du plan d’action ont été présentés. Le troisième rapport a confirmé que la Géorgie se conformait globalement à tous les critères définis dans les quatre blocs du plan d’action et recensait des mesures qui, une fois prises, lui permettraient de répondre à tous les critères de la deuxième phase du plan d’action.

La Commission estime que la Géorgie a, depuis lors, enregistré les progrès nécessaires et mis en place toutes les réformes requises en vue de garantir la réalisation effective et durable de tous les critères restants. Toutes les mesures recensées dans le troisième rapport d’étape ont été prises. Le cadre législatif et politique, les principes institutionnels et organisationnels, de même que la mise en œuvre des procédures relevant des quatre blocs, répondent aux normes européennes et internationales.

Sur la base de cette évaluation, et à la lumière du résultat des rapports et du suivi effectués en continu depuis le lancement du dialogue entre l’UE et la Géorgie sur la libéralisation du régime des visas en juin 2012, la Commission estime que la Géorgie remplit tous les critères définis en relation avec les quatre blocs de la deuxième phase du plan d’action concernant la libéralisation du régime des visas. Eu égard aux relations générales qu’entretiennent l’UE et la Géorgie, la Commission présentera, début 2016, une proposition législative en vue de modifier le règlement (CE) n° 539/2001.

La Commission continuera à surveiller activement la mise en œuvre de tous les critères relatifs aux quatre blocs du plan d’action au travers des structures et dialogues d'association existants et, au besoin, de mécanismes de suivi ad hoc.

(1)

Ces critères sont les suivants: (i) la sécurité des documents, y compris la biométrie; (ii) la gestion intégrée des frontières, la gestion des migrations et l’asile; (iii) l’ordre public et la sécurité; (iv) les relations extérieures et les droits fondamentaux.

(2)

Les bénéficiaires de l’exemption de visa qui détiennent un passeport biométrique pourraient transiter par le territoire des États membres de l’UE (exception faite du Royaume-Uni et de l’Irlande) et des États associés à l'espace Schengen ou y séjourner pour une durée maximale de 90 jours, sur toute période de 180 jours, sans avoir à demander un visa.

(3)

COM(2013) 808 final.

(4)

COM(2014) 681 final.

(5)

COM(2015) 103 final.

(6)

SDW(2015) 299 final.

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