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Initiative législative52015IR2799

Avis du Comité européen des régions — Innovation et modernisation de l’économie rurale

CELEX52015IR2799
TypeInitiative législative
Datemercredi 10 février 2016

Résumé IA

Cet avis du Comité européen des régions propose des orientations pour renforcer l'innovation et la modernisation des zones rurales, en soulignant le rôle clé des collectivités locales et régionales. Il préconise une meilleure articulation des politiques européennes (PAC, politique de cohésion) pour soutenir la diversification économique, l'entrepreneuriat et la transition numérique et écologique des territoires ruraux. Pour un professionnel du droit français, ce texte constitue une référence non contraignante mais utile pour anticiper les évolutions des cadres réglementaires et des financements européens applicables aux projets de développement rural.

Texte intégral

5.4.2016

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 120/10


Avis du Comité européen des régions — Innovation et modernisation de l’économie rurale

(2016/C 120/04)

Rapporteur:

Randel LÄNTS, membre du conseil municipal de Viljandi (EE/PSE)

I. CONTEXTE

1.

Dans le cadre de la stratégie «Europe 2020», ce sont principalement les villes et les métropoles qui sont considérées comme les moteurs de la croissance économique. Toutefois, il ne sera pas possible d’atteindre les objectifs de ladite stratégie et de préserver la cohésion territoriale sans exploiter pleinement le potentiel disponible, y compris le potentiel des zones rurales.

2.

Les zones rurales et les régions intermédiaires représentent 91 % du territoire de l’Union européenne; c’est là que vivent 60 % de sa population, que sont produits 43 % de sa valeur ajoutée brute et que sont implantés 56 % de ses emplois.

3.

La vie rurale abrite un riche patrimoine culturel, architectural, naturel, social, gastronomique et économique. Les zones rurales représentent donc un enjeu majeur, au regard des nouvelles orientations politiques vers le développement durable et la cohésion territoriale.

4.

Nombre de zones rurales de l’Union européenne sont confrontées à des problèmes similaires, tels que les difficultés d’accessibilité physique, l’éloignement des centres de décision et de recherche ainsi que des établissements d’enseignement, et le manque d’infrastructures technologiques, qui font que l’écart technologique ne cesse de se creuser. Les zones rurales enregistrent un taux d’activité plus faible et, parallèlement, moins d’emplois y sont créés. Dans le même temps, elles présentent toute une série d’atouts: la proximité de la nature, un cadre de vie agréable, une pollution atmosphérique réduite et encore bien d’autres avantages.

5.

Il convient néanmoins de noter que les zones rurales peuvent se distinguer fortement les unes des autres en raison de leurs caractéristiques et de leurs problèmes spécifiques. Certaines sont confrontées à l’exode rural et au vieillissement de la population, ainsi qu’à une faible densité de population et à la dispersion des noyaux de population, alors que d’autres, situées en périphérie urbaine, font face à la hausse de la demande de terrains à bâtir et à la croissance démographique. Nombre de ces zones doivent lutter contre la récession en raison de la baisse de l’activité agricole, tandis que d’autres connaissent, de par les qualités de leur milieu naturel ou autres avantages liées au cadre de vie, un succès croissant qui se traduit par un afflux de nouveaux résidents et/ou de touristes. Certaines disposent d’un assez bon réseau routier et d’une infrastructure d’information et de communication satisfaisante, alors que d’autres sont relativement isolées. Certaines se situent sur le continent, et d’autres dans des régions insulaires, ces dernières devant surmonter les handicaps inhérents à l’insularité. Le point commun de ces zones rurales est que leur niveau de développement est à la traîne par rapport à celui de l’Union européenne et surtout à celui des zones urbaines, et que ce retard ne fait que prendre de l’ampleur.

6.

En tout état de cause, la législation européenne reconnaît certaines typologies de zone rurale, comme c’est le cas pour les zones de montagne et les zones à faible densité de population, qui doivent faire l’objet d’une approche spécifique dans le cadre de laquelle il est conjointement tenu compte de leurs contraintes et de leur potentiel de développement.

7.

Le maintien de services publics et privés de qualité nécessite souvent de déployer des efforts politiques, citoyens et financiers de taille, ainsi que de renforcer la solidarité entre la ville et la campagne. Dans le même temps, le développement de produits ou de services publics peut représenter un nouveau défi en matière d’entrepreneuriat. À titre d’exemple, il est possible, grâce aux conditions de passation des marchés publics, d’inciter les entreprises à rechercher des solutions innovantes, etc.

8.

Les fonds disponibles dans le cadre de la PAC ont été réduits de 11,1 % par rapport à la période précédente. Pour compenser cette différence, 11 États membres ont déjà décidé de transférer des fonds du premier pilier vers le deuxième, et cinq États membres, dont quatre pays d’Europe centrale et orientale qui reçoivent des paiements directs inférieurs à la moyenne de l’Union européenne, ont choisi de procéder inversement. Cependant, ces fonds demeurent plutôt axés sur la génération de revenus que sur la modernisation et la promotion des régions rurales.

9.

Il est impossible de concevoir une véritable politique de développement rural sans tenir compte de tous les acteurs concernés. Dans le cadre des programmes de développement rural, les institutions européennes, les États membres et les collectivités régionales et locales devraient tenir dûment compte de l’insertion sociale, de la lutte contre la pauvreté et de la promotion de la croissance économique dans les zones concernées. Avec la diminution des ressources, il devient très difficile pour les collectivités territoriales de financer ces priorités.

10.

Seuls 6 % du budget du Feader sont prévus pour le programme Leader, ce qui, dans certains États membres, pourrait se révéler insuffisant pour relancer les investissements. Dans le même temps, depuis 1991, 150 000 emplois ont été créés avec l’aide du programme Leader, lequel constitue un instrument important qui favorise l’emploi et aide à maintenir et à développer le tissu économique et social dans les zones rurales.

11.

Outre l’augmentation des fonds, il conviendrait également d’étendre la portée du développement local, afin d’y intégrer tous les projets visant la promotion du développement économique et social dans les zones rurales. Il y a lieu de soutenir la coopération entre petits producteurs dans le but d’accroître leurs capacités de production, d’améliorer les performances des marchés locaux, de surmonter les problèmes liés aux circuits d’approvisionnement courts, ainsi que de favoriser la conception de produits et la commercialisation commune. En outre, les mesures de ce type peuvent appuyer une coopération accrue avec les autorités régionales d’éducation et de formation professionnelle, les réseaux du programme Leader et d’autres formes de collaboration sur le terrain.

12.

Dans une étude effectuée par la DG politique régionale et urbaine de la Commission européenne sur le soutien au développement local dans le cadre de la politique de cohésion, les bonnes pratiques et les choix politiques futurs, il est recommandé de créer une plateforme de coordination pour le développement local, dont la mission serait d’intégrer la dimension locale du développement à la stratégie «Europe 2020». Cette plateforme devrait s’employer à simplifier les procédures et examiner si les différentes politiques sectorielles sont cohérentes. Dans la pratique, elle devrait prendre la forme d’un groupe interservices de la Commission, qui pourrait éventuellement être étendu à des représentants d’autres organes de l’Union européenne.

13.

Comme plusieurs études le montrent, les réseaux de développement rural apportent une contribution de plus en plus importante au développement des communautés rurales et à la promotion de l’innovation dans ce domaine, étant donné qu’ils sont en mesure de fournir des conseils et de l’information pour la mise au point de solutions créatives permettant de traiter les problèmes locaux, de partager des enseignements et des expériences positives entre leurs membres et de trouver des sources de financement. À cette fin, le Comité se félicite de la création du réseau européen pour le développement rural et du réseau du partenariat européen d’innovation, en vertu des articles 52 et 53 du règlement no 1305/2013.

14.

Au cours de la précédente période de programmation 2007-2013, le développement rural a été financé à hauteur de 91 milliards d’EUR par le Feader et de 85 milliards d’EUR par les autres Fonds structurels. En revanche, le nouveau règlement relatif au FEDER vise essentiellement les zones urbaines et ne mentionne absolument pas les zones rurales. Se pose dès lors la question de savoir quelles sont les possibilités réelles de cofinancement des projets de développement dans les zones rurales par les autres Fonds structurels (en particulier le FEDER et le FSE), si l’on tient compte du fait que la plupart des mesures prévues par le règlement relatif au Feader sont réservées à l’agriculture.

15.

De même, il est nécessaire de se poser la question de la collaboration entre fonds pour faire face, par le biais d’aides spécifiques, à la situation des zones à faible densité de population et souffrant de handicaps démographiques graves et permanents.

16.

Un récent aperçu de la mise en œuvre des programmes opérationnels montre que, pour l’instant, seul un montant de 22,6 milliards d’EUR issu du FEDER est affecté aux zones rurales, ce qui ne représente que 11 % du budget total du FEDER.

17.

Il convient de souligner que les fonds européens destinés à la coopération territoriale peuvent également servir à la mise en commun des moyens techniques et humains dans les zones transfrontalières, aux fins du développement des zones rurales situées dans les régions frontalières.

18.

Le 23 mars 2015, la Commission européenne et la Banque européenne d’investissement (BEI) ont présenté un modèle de fonds de garantie pour l’agriculture qui doit permettre un meilleur accès au crédit dans les zones rurales, de sorte que les agriculteurs et les autres acteurs locaux puissent en bénéficier plus aisément.

19.

La diminution de la population et l’exode des jeunes vers les villes moyennes ou les grandes villes est un problème grave qui touche l’ensemble de l’Europe. Ces départs sont principalement motivés par l’absence d’emplois, les bas salaires et la faible attractivité. D’autre part, les entreprises présentes dans l’espace rural se plaignent qu’elles ne trouvent pas de travailleurs nouvellement qualifiés. Pour cette raison, il convient d’améliorer rapidement la formation professionnelle en milieu rural, tant en ce qui concerne la formation professionnelle initiale que pour ce qui est de la formation continue.

20.

Il importe de proposer rapidement et de manière flexible des formations d’une ampleur adaptée à la région concernée, dans les domaines où le besoin s’en fait sentir. Il est certes plus difficile de proposer des formations en milieu rural qu’en ville, compte tenu de la dispersion des personnes en formation sur le territoire et de la diversité des besoins. L’un des moyens les plus simples d’impliquer les instituts de formation et les entreprises passe par l’accueil de stagiaires, qui représenterait de toutes façons, en l’absence d’un soutien extérieur, un poids trop important pour les petites entreprises. Il convient d’envisager l’élaboration de projets destinés à soutenir les entreprises qui accueilleraient des stagiaires en leur offrant une rémunération décente et d’authentiques perspectives d’emploi à long terme. Les instituts de formation professionnelle et les autres instituts de formation régionaux devraient se voir accorder les ressources nécessaires et attribuer des missions précises en matière de formation continue et de recyclage. Dans le même temps, la société civile a contribué, dans certaines régions, à mettre en place les institutions nécessaires — ces expériences devraient être partagées avec d’autres régions.

21.

L’importance de la sylviculture pour les zones et l’économie rurales a augmenté en raison de l’évolution rapide des technologies. Aujourd’hui, la sylviculture génère bien plus qu’une simple matière première. Le bois transformé est employé dans la construction; par ailleurs, les fibres de bois sont également utilisées, par exemple, dans les secteurs de l’habillement et de l’automobile, ou même dans l’industrie alimentaire.

22.

Des réseaux de télécommunications rapides revêtent une importance capitale pour la compétitivité et la croissance économique. Des services numériques de qualité ne peuvent être proposés qu’en présence d’une connexion Internet rapide et fiable. Bien que la couverture en haut débit se soit considérablement améliorée dans l’Union européenne au cours de ces dernières années, et que de nombreuses régions disposent désormais de l’infrastructure nécessaire, des retards importants subsistent encore en de nombreux endroits. En outre, les statistiques concernant la couverture du réseau ne reflètent pas toujours la qualité de l’offre Internet à haut débit dans les zones rurales. Il est nécessaire de déployer des efforts pour assurer la même capacité sur tout le territoire, conformément aux objectifs fixés dans le cadre de la stratégie numérique pour l’Europe 2020. Le contraste entre les villes et les campagnes est à cet égard particulièrement évident. Dans certaines zones, où il existe en principe un accès à l’internet, les utilisateurs finaux doivent toutefois encore procéder, pour bénéficier d’une connexion, à d’importants investissements supplémentaires qui restent à leur charge. Il y a lieu de continuer à faire des efforts dans les zones rurales pour y promouvoir la percée du marché virtuel, améliorer le niveau d’accès aux services de communication numérique à des prix avantageux et développer des services en ligne.

23.

Outre la présence d’infrastructures, il importe de veiller à ce que les citoyens et les entreprises utilisent correctement cette offre. Des études montrent que l’usage qui est fait de ces possibilités est encore relativement limité par la plupart des personnes, y compris celles qui disposent d’une bonne connexion Internet. Des actions de formation et la diffusion d’informations relatives aux différentes possibilités — en particulier concernant l’utilisation des TIC pour le développement de produits dans les petites entreprises — pourraient représenter une opportunité pour les zones rurales.

24.

À l’heure actuelle, la notion de «ville intelligente» se rapporte en règle générale aux grandes villes, où se produisent les mutations et où l’on vient chercher des perspectives d’évolution. Mais l’on ne saurait trop conseiller aux zones rurales de s’ouvrir elles aussi à cette notion. «Les villes» et «les campagnes» ne devraient pas être conçues comme opposées, mais une synergie devrait se développer entre elles, à laquelle les nouvelles technologies et leurs mise en œuvre locale pourraient contribuer. Pour éviter d’opposer les villes aux campagnes, il conviendrait plutôt d’employer le terme de «régions intelligentes».

25.

La politique agricole commune régit l’agriculture et le rôle majeur que celle-ci joue dans le développement rural. Au niveau régional, ce dernier est étroitement lié au développement de l’agriculture. Si zone rurale ne signifie pas nécessairement agriculture, il ne fait aucun doute que sans agriculture, il n’y a pas de zones rurales. Le développement de l’agriculture ne peut être mis en œuvre indépendamment du reste et il convient de continuer à assurer la convergence entre, d’une part, ses conditions et les objectifs qu’il poursuit et, d’autre part, ceux du développement rural, de sorte que le développement de l’agriculture contribue à augmenter le niveau de vie de la population rurale et des travailleurs du secteur agricole mais aussi celui des habitants des villes voisines.

26.

Le Partenariat européen d’innovation pour la productivité et le développement durable de l’agriculture est un concept nouveau qui vise à lutter contre les points faibles, les déficits et les obstacles qui ralentissent ou empêchent l’élaboration ou la commercialisation des bonnes idées issues de la recherche et de l’innovation européennes. Il convient de trouver des solutions, en particulier en ce qui concerne l’insuffisance des investissements, l’obsolescence des dispositions juridiques, l’absence de normes et les problèmes dus à l’éclatement du marché.

27.

Compte tenu des difficultés d’accessibilité physique rencontrées par de nombreuses zones rurales, qui les empêchent d’exploiter pleinement leur potentiel économique, il faut également tenir compte dans l’affectation des fonds publics de la nécessité d’assurer des liaisons appropriées entre zones rurales et urbaines au moyen de réseaux de transports rapides et respectueux de l’environnement traversé.

II. RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITE EUROPÉEN DES RÉGIONS,

28.

estime que toutes les régions, en particulier les zones rurales de l’Union européenne, connaissent des problèmes économiques, écologiques et sociaux qui ne pourront être réglés qu’au moyen d’approches politiques intégrées,

et préconise dès lors:

29.

d’accueillir favorablement le cadre stratégique commun récemment établi et d’inviter la Commission à poursuivre l’harmonisation des règles régissant les Fonds structurels, afin de mieux planifier et orienter le développement de l’espace rural;

30.

d’assurer l’efficacité et l’efficience des dispositions réglementaires relatives à l’intégration des fonds, l’innovation dans le secteur agricole et rural et les approches coopératives, en tant qu’éléments les plus novateurs de la réforme de la politique de développement rural;

31.

de tendre vers des contributions différenciées et de veiller à la prise en compte des besoins des zones rurales dans tous les domaines politiques de l’Union européenne, comme c’est actuellement le cas des villes;

32.

d’attirer l’attention sur le fait que les politiques de rigueur ainsi que la diminution générale des moyens alloués à l’agriculture et au développement rural menacent la capacité d’existence des zones rurales, lesquelles se trouvent, par conséquent, en contradiction avec le principe de la cohésion territoriale de l’Union européenne;

33.

de demander à la Commission de mieux soutenir les zones rurales qui, au prix de grands efforts, ont dû transformer leur modèle économique, par exemple en délaissant l’agriculture en faveur du secteur touristique;

34.

d’accroître le soutien financier global de l’Union européenne en faveur du développement rural pour contrebalancer la concentration croissante des productions agricoles engendrant de fortes disparités régionales et de limiter au maximum les transferts du deuxième pilier vers le premier;

35.

d’envisager, dans le cadre de la révision à mi-parcours du cadre financier pluriannuel, que la période de programmation financière 2014-2020 mette davantage de fonds de l’Union européenne à la disposition du développement local;

36.

de réserver pour le programme Leader, compte tenu de l’importance désormais reconnue qu’il joue dans la promotion du développement rural, une part minimale du budget total du Feader qui soit supérieure à 5 %;

37.

d’accorder une attention particulière aux programmes en faveur du renouveau et du développement des communes faiblement peuplées ou présentant un risque de dépeuplement, et qui valorisent le patrimoine historique ou culturel de celles-ci à des fins touristiques;

38.

de soutenir la demande, adressée à la Commission par le Mouvement européen de la ruralité (M.E.R.) et par le groupe de travail élargi pour les zones rurales, les régions montagneuses et les régions éloignées du Parlement européen, d’élaborer un livre blanc qui pourrait être le point de départ d’une politique de développement des zones rurales après 2020;

39.

de soutenir de manière active la plateforme de coordination pour le développement local que la Commission européenne doit mettre en place;

40.

de souligner l’importance des zones rurales en tant que pôles de développement et d’innovation, qui contribuent à la stratégie Europe 2020;

41.

d’ancrer, dans le cadre du FEDER, une adhésion claire à la valeur ajoutée de la coopération entre zones urbaines et zones rurales, ainsi qu’une prise en compte fonctionnelle accrue de cet espace, afin d’exploiter pleinement le potentiel des coopérations entre les villes et leurs périphéries et d’apporter, grâce à ces zones fonctionnelles, une contribution de taille à la cohésion territoriale;

42.

de se prononcer contre le principe de la conditionnalité macroéconomique dans l’attribution des fonds européens — des indicateurs sociaux et écologiques devraient également être pris en compte;

43.

d’accorder une attention particulière aux démarches innovantes en milieu rural, car elles pourraient servir d’exemple à d’autres régions et zones;

44.

d’agir pour que les financements de la BEI, les programmes d’innovation agricoles et la recherche scientifique portent principalement sur les régions caractérisées par des activités d’élevage et des handicaps naturels, comme c’est le cas dans les zones de montagne, ainsi que sur les petites entreprises agricoles familiales, tout en se penchant sur des solutions aux problèmes sociaux, en vue de maintenir une agriculture durable dans toutes les régions et de préserver les communautés rurales, en réduisant ainsi les disparités régionales;

45.

de souligner l’importance du partenariat d’innovation pour moderniser l’économie dans les zones rurales, en particulier dans la mesure où il vise à créer un lien plus étroit entre la politique agricole et celle en matière de recherche, ainsi qu’entre les chercheurs et les agriculteurs. À cet égard, il convient d’exploiter pleinement les mesures prévues par le règlement no 1305/2013 pour soutenir la priorité «favoriser le transfert de connaissances et l’innovation dans les secteurs de l’agriculture et de la foresterie, ainsi que dans les zones rurales»;

46.

de demander que soient élaborées, au niveau de l’Union européenne, des lignes directrices spécifiques qui définissent les fonctions et les tâches des différents réseaux ruraux nationaux, ainsi que les modalités d’assistance dans la mise en œuvre de leurs plans de développement rural respectifs;

47.

d’aspirer à une meilleure coordination de la politique en matière d’innovation à l’échelle de l’Union européenne;

48.

de déplorer expressément le fait que les zones rurales ne fassent pas partie du principal groupe cible du partenariat d’innovation de la Commission européenne en faveur du développement local («villes et communautés intelligentes»);

49.

de déplorer les résultats de l’état des lieux provisoire concernant la mise en œuvre des programmes opérationnels, qui fait apparaître que pour l’instant, moins de 11 % seulement des fonds FEDER sont destinés à être consacrés aux zones rurales;

50.

de moderniser l’offre de formation professionnelle dans les régions rurales et de l’adapter aux conditions de concurrence mondiale et aux besoins des entreprises locales;

51.

de faire en sorte qu’une partie des fonds du FSE soit consacrée à la formation professionnelle dans les zones rurales, qui doit être davantage développée;

52.

que la Commission, les États membres et leurs collectivités territoriales compétentes promeuvent la coopération entre les entreprises et les instituts régionaux de formation et de formation professionnelle, en favorisant notamment le développement de centres de soutien à l’innovation dans l’agriculture, sur la base de certaines expériences déjà testées dans d’autres États membres;

53.

de réaffirmer la nécessité d’éduquer la société dans son ensemble quant à l’importance que la préservation des zones rurales revêt pour tous les citoyens (1), et par conséquent, de garantir la prestation de services publics de base, comme l’éducation, les soins de santé ou les services sociaux, au bénéfice de la population résidant dans les zones rurales;

54.

de prévoir des mesures destinées à promouvoir le développement de produits dans les petites entreprises et à remédier aux obstacles du marché, ainsi qu’à encourager la consommation de proximité et les filières courtes de distribution des produits agroalimentaires;

55.

de demander, avec l’aide de réseaux d’accès de nouvelle génération qui promeuvent la réalisation des objectifs de la stratégie numérique pour l’Europe à l’horizon 2020, l’intensification des efforts visant à développer l’internet rapide dans les zones rurales;

56.

d’insister sur l’urgence d’améliorer les connaissances fondamentales en matière de TIC.

Bruxelles, le 10 février 2016.

Le président du Comité européen des régions

Markku MARKKULA


(1) NAT-V/029.


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