| CELEX | 52015IR3219 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mercredi 14 octobre 2015 |
| 17.12.2015 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 423/48 |
Avis du Comité européen des régions — Le projet de budget de l’Union européenne pour 2016
(2015/C 423/09)
|
I. OBSERVATIONS GÉNÉRALES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS
| 1. | rappelle qu’il rend ici son troisième avis d’initiative relatif à la procédure budgétaire annuelle de l’Union européenne; ses considérations portent notamment sur la section III du budget de l’Union européenne, exception faite des dépenses administratives relevant de la rubrique V; |
| 2. | fait valoir derechef que l’établissement du budget annuel de l’Union européenne, conformément aux principes de subsidiarité et de proportionnalité, a des effets aussi bien directs qu’indirects sur ceux des collectivités locales et régionales. De ce fait, il leur apporte, sur le terrain, une contribution importante et supplémentaire pour qu’elles puissent accomplir les tâches qui leur incombent et s’adapter aux nouveaux défis; |
| 3. | met en relief le rôle décisif que joue le budget de l’Union européenne afin de mobiliser les investissements qui visent à créer un effet de levier et, en sus des financements publics et privés à l’échelon national et infranational, contribuent à la compétitivité et à la cohésion économique, sociale et territoriale de l’Union européenne; |
| 4. | note que, dans les périodes caractérisées par une conjoncture économique difficile et des ressources financières limitées, l’accent devrait être mis sur une meilleure utilisation des dépenses et sur la performance du budget de l’Union européenne plutôt que sur l’absorption et la conformité; se félicite des efforts déployés par la Commission européenne pour se concentrer sur les résultats concrets qui sont obtenus grâce à une valeur ajoutée plus élevée de l’Union européenne reposant sur une meilleure mobilisation des fonds de l’Union européenne et des efforts de simplification accrus; |
| 5. | se félicite du projet de budget pour l’exercice 2016 et des priorités qui le sous-tendent et qui, d’une part, sont tous deux conformes au nouveau programme de la Commission européenne, destiné à relancer l’économie grâce à l’investissement dans la croissance, l’emploi et la connaissance et, d’autre part, permettent de réagir plus aisément aux développements les plus récents, tels que la crise migratoire et la situation instable que connaissent les régions limitrophes de l’Union européenne; |
| 6. | déplore que le retard considérable pris par le lancement de nouveaux programmes s’inscrivant dans le cadre financier pluriannuel 2014-2020 en raison de l’approbation tardive des programmes opérationnels aura des répercussions négatives sur les territoires des collectivités territoriales; demande instamment au niveau institutionnel européen et national de prendre toutes les mesures nécessaires, en collaboration avec les pouvoirs régionaux et locaux, pour combler les retards dans la mise en œuvre du nouveau financement de l’Union européenne; |
| 7. | relève que le projet de budget de l’Union européenne pour 2016 prévoit des crédits d’engagement à hauteur de 153,500 milliards d’euros (soit une baisse de 5,3 % par rapport à 2015) et des crédits de paiement à hauteur de 143,5 milliards d’euros (soit une hausse de 1,6 % par rapport au budget 2015); |
| 8. | fait observer que si les crédits d’engagement diminuent, le montant des crédits de paiement, en termes réels, reste relativement stable par rapport à 2015 et comprend des crédits destinés à réduire progressivement le retard des créances impayées de la période budgétaire précédente, qui atteignaient 24,7 milliards d’euros à la fin de 2014; |
| 9. | se félicite qu’un accord ait débouché sur l’établissement d’un plan de paiement spécifique; exprime toutefois sa préoccupation quant aux effets dommageables que l’insuffisance des paiements produit pour les bénéficiaires, notamment les collectivités locales et régionales, qui sont actuellement confrontées à de nombreux défis économiques et sociaux; relève que la différence de dix milliards d’euros entre les crédits d’engagement et de paiement ne résoudra pas le problème structurel de l’arriéré des créances impayées auquel il faut s’attendre à la fin de la période de programmation et regrette par ailleurs que jusqu’à présent lui-même n’ait été que faiblement associé au processus d’analyse; |
| 10. | se demande si des intérêts de retard ne devraient pas être appliqués aux retards que la Commission accuse dans ses versements aux gestionnaires de projets; |
| 11. | fait valoir qu’il est prêt à participer au débat sur la réforme des ressources propres de l’Union européenne; une transformation radicale du système en vigueur est inéluctable car les carences qui le caractérisent actuellement conduisent les négociations budgétaires à une impasse et constituent le nœud du problème des paiements restant encore à liquider. La seule solution crédible pourrait être d’instaurer un vrai mécanisme de ressources propres pour l’Union européenne; |
II. RECOMMANDATIONS POLITIQUES
Procédure budgétaire
| 12. | fait état de la portée directe du budget de l’Union européenne vis-à-vis des les collectivités locales et régionales, puisque celles-ci sont les bénéficiaires et, dans le même temps, les autorités de gestion de certains programmes; |
| 13. | met en relief l’importance accrue qu’a acquise le budget de l’Union européenne du fait de la crise économique et financière et de l’austérité budgétaire, étant donné qu’il appuie de ses ressources des programmes et des projets d’investissement publics et privés qui, sans lui, seraient difficiles, voire impossibles à financer en de telles circonstances et contribuent par ailleurs à les contrer; |
| 14. | revendique de participer aux réunions interinstitutionnelles sur l’état de la situation et les perspectives de l’exécution du budget durant l’exercice en cours et les exercices à venir, qui auront lieu sur la base des dispositions du paragraphe 36 de l’annexe à l’accord interinstitutionnel sur le cadre financier pluriannuel (CFP); |
| 15. | souligne qu’entre les crédits d’engagement et le plafond fixé par le CFP, il subsiste un écart qui, dans un contexte de mesures d’austérité et de réductions sensibles de l’investissement public et privé, est trop marqué pour qu’il soit possible de financer des mesures visant à créer des emplois, à lutter contre le chômage, à faire face aux problématiques de la migration, ou encore à réduire les disparités régionales; |
| 16. | est particulièrement préoccupé du faible montant de la réserve pour imprévus incluse dans le budget 2016, notamment eu égard aux coûts de gestion de la crise migratoire en Europe, lesquels devraient s’élever à un milliard d’euros au moins, si l’on se base sur le programme de la Commission visant à relocaliser 1 60 000 demandeurs d’asile dans l’ensemble de l’Union et à fournir une assistance s’élevant à 6 000 euros par personne accueillie; |
Compétitivité pour la croissance et l’emploi
| 17. | souligne la nécessité d’améliorer la compétitivité économique de l’Union européenne sur le plan mondial en la transformant progressivement en une économie intelligente et inclusive; se félicite donc que le projet de budget prévoie, au titre de la rubrique Ia, une augmentation de 7,8 % des crédits d’engagement par rapport à l’exercice 2015 afin d’accroître la compétitivité, tout comme de générer une croissance économique et de créer des emplois; |
| 18. | réitère la recommandation qu’il avait déjà formulée dans son avis sur le projet de budget pour 2015 (1), à savoir créer une ligne budgétaire spécifique pour l’assistance technique à la macrorégion adriatique-ionienne, ainsi que la macrorégion alpine, en suivant l’exemple de la ligne budgétaire créée en 2014 pour la macrorégion baltique et celle du Danube à hauteur de 2,5 millions d’euros de crédits d’engagement et de paiement chacune; |
Plan d’investissement et flexibilité
| 19. | fait observer que le projet de budget à l’examen inclut de nouveaux éléments par rapport aux budgets précédents, tels que le Fonds européen pour les investissements structurels (FEIS), la marge globale pour les engagements en vertu de l’article 14 du cadre financier pluriannuel (CFP), qui est introduite pour la première fois, et les dispositions relatives à l’utilisation de la flexibilité pour financer de nouvelles initiatives au titre de la rubrique III; |
COSME, Horizon 2020 et la stratégie Europe 2020
| 20. | rappelle que, comme par le passé, COSME constitue le seul programme de l’Union européenne qui soit consacré spécifiquement à l’amélioration de la compétitivité et aux PME et se dit préoccupé de la réduction des crédits d’engagement qu’il subit par rapport au projet de budget pour l’exercice 2015; |
| 21. | se félicite qu’une partie de la marge globale pour les engagements et la marge non allouée seront mobilisées afin de financer le Fonds européen pour les investissements structurels (FEIS), et qu’une réduction a été effectuée dans les coupes opérées dans les programmes Horizon 2020 et le mécanisme pour l’interconnexion en Europe, conformément aux recommandations qu’il a émises; |
| 22. | estime qu’à long terme, une limitation de la recherche de portée stratégique pourrait avoir des effets négatifs significatifs et s’oppose dès lors à la réduction qu’il est proposé d’opérer dans les crédits d’engagement pour le programme Horizon 2020. L’augmentation de 10,45 % qui a été autorisée pour les crédits de paiement destinés à ce programme constitue toutefois un signal positif; |
| 23. | se félicite que le budget prévoit davantage de crédits en faveur de la recherche de haut niveau dans les domaines de la sécurité alimentaire, de l’agriculture durable et de la bioéconomie. Il convient de saluer l’initiative de la Commission visant à dégager, grâce à Horizon 2020, des financements supplémentaires en faveur de la recherche et de l’innovation en intégrant les possibilités qu’offrent les secteurs public et privé; |
| 24. | constate que de nombreuses petites et moyennes entreprises ne disposent toujours pas de l’assise financière nécessaire à la recherche scientifique, de sorte qu’elles sont moins aptes à exploiter les crédits alloués à cette fin; |
| 25. | s’inquiète de la réduction de 2,5 % par rapport à l’exercice 2015 qu’ont subi les crédits d’engagement en faveur de la stratégie Europe 2020. Des réductions supplémentaires de crédits d’engagement accroissent la difficulté à réaliser les objectifs de la stratégie Europe 2020; |
Cohésion économique, sociale et territoriale
| 26. | fait valoir qu’il est possible de parvenir à uniformiser la structure des recettes des États membres de l’Union européenne grâce à un modèle budgétaire inclusif, en investissant davantage dans la coopération entre les États dans les domaines de la recherche et du développement; il conviendrait en la matière de se fonder sur les demandes des entrepreneurs dans les régions, dans une démarche qui aurait, en retour, des effets favorables sur leur compétitivité, le développement régional et les revenus de la population; |
| 27. | se félicite que les financements des programmes et actions qui doivent démarrer en 2016 aient été autorisés et confirmés. Dans le cadre de la politique de cohésion cofinancée par les États membres (FSE, FEAGA, FEDER, Fonds de cohésion), les programmes ont reçu une autorisation et l’on recourt à présent aux crédits d’engagement qui sont disponibles du fait des retards accumulés au cours des périodes précédentes. Dans le même temps, le Comité européen des régions escompte que la Commission s’emploiera énergiquement à en obtenir la pleine utilisation au sein de ces programmes; |
| 28. | espère que la capacité de la Commission à effectuer les paiements s’améliorera de manière générale et que les investissements nécessaires parviendront en temps opportun à leurs destinataires; |
| 29. | attire l’attention sur la nécessité de respecter la discipline budgétaire dans les États membres; invite la Commission européenne à encourager l’utilisation de ces fonds européens pour les investissements stratégiques en vue d’une relance économique centrée sur l’investissement, l’assainissement budgétaire et les réformes structurelles; rappelle à cet égard le rôle important de la politique de cohésion en ce qu’elle constitue la principale politique d’investissement de l’Union européenne visant à réduire les disparités entre les régions d’Europe en renforçant la cohésion économique, sociale et territoriale; |
| 30. | invite la Commission européenne à respecter ses règles concernant l’information financière; souligne qu’à l’heure actuelle les obligations de rapport en la matière représentent une charge administrative et demandent beaucoup de temps; appelle donc à simplifier le système d’établissement de rapports; |
Croissance durable: ressources naturelles
| 31. | exprime sa préoccupation quant à l’absence, sous la rubrique II, de moyens suffisants pour compenser les pertes de revenus que les agriculteurs des États membres de l’Union européenne ont subies du fait de la forte chute des prix des produits agricoles, provoquée par le faible niveau des prix d’achat ainsi que par la suppression des quotas laitiers, la peste porcine qui sévit en Europe et les sanctions à l’encontre de la Russie, et s’inquiète également qu’il ne soit prévu aucune aide (directe) afin de désamorcer de telles situations; |
| 32. | attire l’attention sur les explications accompagnant le budget, en vertu desquelles les crédits au titre de la rubrique II destinés à atténuer les effets des sanctions contre la Russie ont été réduits, et s’inscrit par ailleurs en faux contre l’affirmation que le marché offre de bonnes perspectives et que ses conditions sont favorables; |
| 33. | est d’avis que la réserve qui résulte de la différence entre les crédits d’engagement du Fonds européen agricole de garantie (FEAGA) et le plafond autorisé (soit environ 1,7 % des engagements du Fonds), n’est pas motivée de manière suffisamment claire. Sur le terrain, l’on attend des plans d’action prêts à l’emploi, qui fassent apparaître à quel moment et dans quelles circonstances il est possible d’utiliser cette réserve, par exemple lorsqu’éclate une crise ou dans le but de piloter les mesures en vue de la surmonter; |
| 34. | déplore que les moyens proposés par la Commission européenne pour la réserve relative à la crise dans le secteur agricole soient inadéquats et qu’elle n’ait pas suffisamment augmenté les crédits du Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader) par rapport aux crédits d’engagement prévus en 2015; |
| 35. | considère d’un œil critique les évolutions des taux d’absorption dans le cadre des programmes de la période 2007-2013 et se demande si les hypothèses formulées par la Commission européenne ne pèchent pas par excès d’optimisme; |
| 36. | redoute que, dans certains cas, des États membres ne s’engagent dans un décaissement rapide des fonds afin de ne pas perdre les montants alloués, par une démarche qui accroît le risque d’irrégularités et pourrait donner lieu à des corrections financières, et craint que l’on n’aboutisse en outre à une situation où les fonds non absorbés à la fin de la période de programmation feront l’objet d’un dégagement d’office; |
| 37. | fait valoir que dans ce cas, ce seraient les collectivités locales et régionales qui, en tant que principaux bénéficiaires, seraient les acteurs les plus pénalisés par ces irrégularités et ces dégagements, du fait de l’augmentation de leurs charges financières; |
| 38. | appellent tous les échelons à améliorer la qualité de la planification financière et la Commission européenne à s’efforcer d’éviter une programmation mécanique des crédits d’engagement et de paiement; |
Sécurité et citoyenneté
| 39. | souligne l’importance des engagements de crédits inscrits au projet de budget de l’Union européenne pour l’exercice 2016 et demande qu’ils soient encore renforcés, en ce qu’ils constituent une réaction aux évolutions les plus récentes qui génèrent de nouvelles tâches, plus lourdes et dispendieuses, telles que la crise migratoire et les nouvelles situations problématiques dans les régions limitrophes, pour ne citer que ces exemples; approuve la mobilisation de l’instrument de flexibilité mais craint toutefois que les augmentations proposées ne s’avèrent insuffisantes et qu’il ne failler encore engager davantage de ressources; |
L’Europe dans le monde
| 40. | est d’avis qu’en matière de lutte contre les causes de la crise, le projet de budget de l’Union européenne pour l’exercice 2016 doit démontrer combien l’Union européenne est résolue à endosser un rôle plus actif et plus fiable sur le plan international et à prendre en compte les intérêts et les obligations d’échelon local et régional aussi bien que mondial; |
Prochaines étapes
| 41. | demande que la présentation et l’adoption des propositions législatives essentielles pour la prochaine période de programmation, après 2020, s’effectuent plus tôt. En effet, les retards que la lenteur des négociations a entraînés dans l’adoption du cadre financier pluriannuel comme du règlement portant dispositions communes et des règlements spécifiques des Fonds structurels et d’investissement européens ont eu pour résultat que la période de programmation 2014-2020 a connu un démarrage lent et constituent l’une des principales causes de l’augmentation des engagements restant à liquider (RAL). Le Comité européen des régions s’efforcera de participer activement aux premières discussions sur l’avenir de la politique de cohésion après 2020 et présentera sa contribution à ces débats en temps utile; |
| 42. | attire l’attention sur l’importance que revêtent le groupe de haut niveau sur les ressources propres et son «Premier rapport d’évaluation», qui propose d’examiner la question des ressources propres sous le maximum de points de vue possible; |
| 43. | fait valoir qu’il est prêt à participer au débat sur la réforme des ressources propres de l’Union européenne. Il estime qu’il est absolument nécessaire de le réformer de manière radicale, car ses tares actuelles ont d’ores et déjà entraîné des problèmes dans les négociations budgétaires et on peut supputer qu’il en provoquera de plus importants encore, par exemple en ce qui concerne les effets négatifs que les impayés qui persistent et les arriérés exercent sur le cofinancement de projets d’investissement à l’échelon national, local et régional; |
| 44. | a ouvert en temps opportun un débat préliminaire sur la planification des mesures pour la prochaine période de programmation après 2020, qui ont des effets directs et indirects sur les budgets locaux et régionaux et qui tiendront compte des changements d’impératifs. De cette manière, il devrait être possible d’éviter les problèmes qui se sont présentés au cours des périodes précédentes de programmation et, plus encore, au début de celle de 2014-2020. |
Bruxelles, le 14 octobre 2015.
Le Président du Comité européen des régions
Markku MARKKULA
(1) COR-2014-01750-00-00-AC.
Résolution du Parlement européen du 17 décembre 2015 sur le vingtième anniversaire de l'accord de paix de Dayton (2015/2979(RSP))
17/12/2015
Résolution du Parlement européen du 17 décembre 2015 sur la situation aux Maldives (2015/3017(RSP))
17/12/2015
Résolution du Parlement européen du 17 décembre 2015 sur la Malaisie (2015/3018(RSP))
17/12/2015
Résolution du Parlement européen du 17 décembre 2015 sur le rapport annuel de 2014 sur les droits de l'homme et la démocratie dans le monde et sur la politique de l'Union européenne en la matière (2015/2229(INI))
17/12/2015