| CELEX | 52015IR5066 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 7 avril 2016 |
| 1.7.2016 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 240/6 |
Avis du Comité européen des régions — Travailler ensemble pour l’emploi et la croissance: la contribution des banques nationales et régionales de développement au plan d’investissement pour l’Europe
(2016/C 240/02)
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RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITE EUROPÉEN DES RÉGIONS
| 1. | se félicite des mesures prises par la Commission européenne en vue de soutenir les banques de développement, ainsi que de la mise en place de plates-formes d’investissement, qui constituent un élément essentiel du plan d’investissement pour l’Europe; reproche néanmoins à la Commission, même si la définition formelle des banques nationales de développement inclut aussi, en principe, les banques régionales, qu’elle ne se concentre, en pratique, que sur le rôle de l’échelon national et encourage exclusivement la création de nouvelles banques nationales de développement. Or, les banques de développement fonctionnant aux niveaux local et régional méritent, elles aussi, d’être reconnues et prises en considération dans le plan d’investissement; |
| 2. | rappelle la définition des banques ou institutions de développement telle qu’énoncée dans le règlement sur le Fonds européen pour les investissements stratégiques, à savoir «des entités juridiques exerçant des activités financières à titre professionnel, auxquelles un État membre ou une entité de l’État membre au niveau central, régional ou local confère le mandat de mener des activités publiques de développement ou de promotion»; |
| 3. | constate le rôle fondamental des banques de développement, créées selon divers modèles, lorsqu’il s’agit de contrer les retombées de la crise économique et financière, notamment pour ce qui est de la baisse des investissements publics qui a été enregistrée aux niveaux local et régional et qui a été confirmée par le récent rapport conjoint du Comité européen des régions et de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE); |
| 4. | note à cet égard que, dans certains États, le soutien des investissements essentiels pour les collectivités est assuré par des banques à caractère national (par exemple, en France et en Pologne), banques dont les collectivités sont parfois codétentrices (dans les pays scandinaves et aux Pays-Bas). Dans d’autres cas (le modèle allemand en est une illustration), les banques de développement nationales voisinent avec d’autres, d’échelon régional, qui sont détenues, en tout ou en partie, par un land donné (région) et exécutent un mandat de développement spécifique à son territoire. La nature même des banques de développement diffère en fonction de l’expérience historique et des conditions économiques du pays ou de la région concernés; |
| 5. | fait remarquer que les institutions de développement ne revêtent pas toujours la forme de banques: dans certains pays, il s’agit d’agences, de sociétés ou de fonds d’investissement, souvent du type capital-risque. Des institutions non bancaires de ce genre pourraient, elles aussi, jouer un rôle important dans le plan d’investissement pour l’Europe; |
| 6. | fait observer que des instruments financiers ne sont pas encore disponibles, aux échelons local et régional, dans l’ensemble des États membres et des régions, ou encore que les expériences ou les instruments existants ne peuvent être exploités de manière optimale et que l’engagement du secteur privé se limite souvent à l’exécution de contrats, de sorte que le soutien aux institutions financières de développement locales n’en est que plus nécessaire; |
| 7. | souligne qu’il peut exister différentes manières de mettre sur pied des banques de développement, sachant que celles qui existent déjà ont vu le jour dans diverses circonstances: soit elles ont été créées d’emblée sous la forme d’une institution indépendante, soit elles résultent de l’évolution d’un service d’une banque publique; |
| 8. | relève qu’il est nécessaire de créer et d’exploiter des banques de développement en tant qu’instruments de politiques économique, sociale et structurelle, notamment pour remédier à une carence de structure ou aux défaillances des marchés (y compris régionaux); a néanmoins conscience de la difficulté d’établir une démarche concrète pour définir et évaluer les défaillances du marché; plaide à cet égard pour que la notion de «défaillance du marché» fasse, avec constance, l’objet d’une interprétation large; |
| 9. | signale à la Commission qu’il importe beaucoup d’accroître l’influence des collectivités territoriales sur le choix de solutions financières servant les intérêts de l’échelon local. Lorsque la position de ces collectivités est négligée, il n’est pas rare qu’un soutien soit apporté à des investissements incompatibles avec les programmes opérationnels régionaux et les stratégies locales; |
| 10. | note les écarts de développement considérables qui apparaissent entre les différents dispositifs nationaux d’action de développement et qui débouchent sur des lacunes de nature systémique dans les pays et régions où la culture de ce type de modèle bancaire est moins répandue. Il peut en résulter que les banques nationales de développement ne soutiennent pas toujours suffisamment les collectivités et les entreprises locales et qu’elles devraient davantage décentraliser leur offre de services; |
| 11. | s’inquiète du fait que les modèles centralisés d’appui au développement, qui sont fondés exclusivement sur les banques nationales et sur leurs branches locales non autonomes, ne répondent pas toujours pleinement aux besoins des communautés locales, en particulier dans les régions peu développées et lorsque l’influence des collectivités locales sur la banque nationale de développement est très limitée; |
| 12. | s’affirme convaincu que, lorsque les collectivités territoriales doivent choisir un modèle de banque de développement, les objectifs généraux et les seuls critères d’évaluation de l’efficacité, à tout niveau, doivent être d’éliminer les défaillances du marché, d’augmenter constamment l’emploi, de protéger les intérêts des communautés locales et, ainsi, de poursuivre des objectifs publics de développement économique; |
| 13. | s’alarme que l’exigence avancée par la Commission européenne concernant l’évaluation préalable des banques de développement nouvellement créées et des nouveaux produits financiers qu’elles offrent puisse freiner considérablement leur capacité opérationnelle et entraver jusqu’à leur processus de création, au niveau tant national que régional. En outre, en ce qui concerne les critères d’une telle évaluation, il y a lieu de noter que dans les régions moins développées, il sera souvent difficile de cerner les défaillances du marché, car c’est la situation socio-économique de tout son territoire qui peut témoigner d’une défaillance du marché par rapport à d’autres zones plus développées; |
| 14. | dit espérer que la coopération que le Comité des régions mène avec la Banque européenne d’investissement sera renforcée; plaide pour que soit mis en place, à titre complémentaire et dans le respect du principe de subsidiarité, un réseau de banques publiques de développement, cette initiative contribuant ainsi à créer des synergies économiques et sociales; serait favorable à ce que ce système devienne une plate-forme d’échange d’expériences et de connaissances interrégionales et internationales, tout en parvenant à prévenir le risque d’une centralisation excessive des processus; |
Propositions
| 15. | demande un net renforcement, dans les régions qui ne disposent pas encore de leur propre palette d’instruments de soutien, du rôle que jouent les collectivités locales dans le processus de création, de fonctionnement et d’évaluation des effets des activités des banques de développement. Pour ce faire, il est possible soit d’accroître l’influence des collectivités locales et régionales sur l’orientation stratégique et la gouvernance des banques nationales de développement, soit de compléter l’offre de ces dernières et de mettre en place des banques de développement régionales (locales), qui coopèreraient étroitement avec les banques nationales de développement; |
| 16. | considère que, hormis les cas où le système juridique de l’État concerné réserve ce choix aux pouvoirs publics de l’échelon national, les collectivités régionales ou locales devraient pouvoir définir elles-mêmes, après concertation avec les autorités nationales, la méthode concrète à adopter pour déployer un modèle de banque de développement sur leur territoire, c’est-à-dire décider s’il suffit d’adopter le modèle fondé sur la prédominance d’une banque nationale de développement ou s’il est préférable d’appliquer un schéma décentralisé, caractérisé par le rôle accru donné à des institutions financières ou banques de développement locales ou régionales; |
| 17. | soutient qu’il est nécessaire, avant de décider de la création d’une nouvelle institution, d’effectuer une évaluation approfondie de l’opportunité d’établir de nouvelles structures institutionnelles, de manière à éviter la multiplication superflue des formalités administratives et le gaspillage des ressources; |
| 18. | fait observer que, si la Commission européenne et la Banque européenne d’investissement (BEI) mènent une réflexion dans l’intention d’établir un cadre systémique de soutien à la création de nouvelles banques régionales de développement, il conviendra de tenir compte des particularités des différents pays et régions, ainsi que des bonnes pratiques et des structures d’aide au développement qui ont fait leurs preuves dans ce domaine, en ce compris l’expérience tirée des établissements de création récente. Il apparaît également opportun d’introduire les meilleures solutions institutionnelles dans les régions moins développées, en prenant en considération les particularités locales; |
| 19. | fait valoir qu’il y a lieu de réaliser une évaluation ex post concernant l’efficacité du fonctionnement des banques régionales de développement existantes et nouvelles à long terme, sur une période de dix à quinze années, sachant que les projets d’investissement financés sont généralement pluriannuels; |
| 20. | signale la nécessité de mettre en place un cadre de coopération entre les nouveaux Fonds européen d’investissement à long terme (FEILT), d’une part, et les banques régionales de développement et les autres institutions financières locales, d’autre part, qui doivent œuvrer dans un esprit de complémentarité et non de concurrence lorsqu’il s’agit de dégager des financements à long terme pour des investissements au niveau local et régional; |
| 21. | souscrit à l’idée d’encourager la création de plates-formes d’investissement, servant d’outils pour l’exécution du plan d’investissement pour l’Europe; souligne, dans le même temps, qu’un élément important de cette mise en œuvre est que l’apport de fonds publics nationaux, locaux ou régionaux aux plates-formes d’investissement ne soit pas comptabilisé dans le cadre du pacte de stabilité et de croissance; |
| 22. | insiste sur la clarification que la Commission européenne et la Banque européenne d’investissement doivent apporter quant au rôle que les banques régionales de développement et autres institutions financières jouent au sein du système des plates-formes d’investissement émergentes, comme instruments de mise en œuvre du plan d’investissement pour l’Europe. Il convient que les banques régionales de développement coopèrent avec le Fonds européen pour les investissements stratégiques en s’appuyant sur les plates-formes d’investissement sectorielles mais aussi, avant tout, territoriales; |
| 23. | juge qu’il est souhaitable de préciser et d’approfondir les principes de la coopération des banques de développement et autres institutions financières régionales ou locales avec la plate-forme européenne de conseil en investissement, laquelle devrait notamment soutenir les collectivités et les banques de développement locales dans l’élaboration de projets, fournir des conseils en matière d’ingénierie financière et encourager le transfert de connaissances. Il conviendrait également de lui donner la possibilité de signer des accords de partenariat avec les banques régionales, et non plus seulement avec les banques nationales. |
Bruxelles, le 7 avril 2016.
Le président du Comité européen des régions
Markku MARKKULA
Résolution du Parlement européen du 15 décembre 2016 sur les accords internationaux en matière d’aviation (2016/2961(RSP))
15/12/2016
Résolution du Parlement européen du 15 décembre 2016 sur le règlement relatif aux médicaments à usage pédiatrique (2016/2902(RSP))
15/12/2016
Résolution du Parlement européen du 15 décembre 2016 sur le soutien aux survivants de la thalidomide (2016/3029(RSP))
15/12/2016
Résolution du Parlement européen du 15 décembre 2016 sur la proposition de directive d’exécution de la Commission modifiant les annexes I à V de la directive du Conseil 2000/29/CE concernant les mesures de protection contre l’introduction dans la Communauté d’organismes nuisibles aux végétaux ou aux produits végétaux et contre leur propagation à l’intérieur de la Communauté (D047308/01 — 2016/3010(RSP))
15/12/2016