| CELEX | 52015IR6329 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 16 juin 2016 |
| 18.1.2017 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 17/33 |
Avis du Comité européen des régions — «Combattre la radicalisation et l’extrémisme violents: mécanismes de prévention au niveau local et régional»
(2017/C 017/07)
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LE COMITE EUROPÉEN DES RÉGIONS,
INTRODUCTION
| 1. | accueille favorablement le projet de résolution du Parlement européen sur la prévention de la radicalisation violente et du recrutement de citoyens de l’Union par des organisations terroristes, ainsi que les avis de ses commissions des affaires étrangères, d’une part, et de la culture et de l’éducation, d’autre part; |
| 2. | souligne que la lutte antiterroriste et la prévention de la radicalisation violente et du recrutement de citoyens européens par des organisations terroristes continuent pour l’essentiel à ressortir aux compétences des États membres mais que la coopération locale, européenne et internationale en la matière revêt également une importance capitale pour une approche efficace; est horrifié par les récentes attaques terroristes perpétrées par des individus radicalisés et sans pitié, et exprime sa profonde sympathie aux victimes ainsi qu’à leurs familles et amis; souligne que ces événements démontrent la nécessité de mettre en place d’urgence une coopération européenne et internationale afin de lutter contre la radicalisation violente et le terrorisme international; est convaincu qu’il est indispensable d’améliorer sensiblement l’échange de renseignements et la coopération entre tous les niveaux des services de sécurité et de police, mais aussi entre les acteurs sociaux, la société civile et les différents échelons de gouvernement afin de défendre les valeurs des sociétés ouvertes, tolérantes, inclusives et diverses et de prévenir la violence; |
| 3. | souligne que tout type de modèle de société parallèle en contradiction avec ces valeurs ne peut être autorisé ou toléré; |
| 4. | encourage les autorités européennes et nationales à échanger autant que possible des renseignements avec les autorités locales, sans compromettre la sécurité; |
| 5. | juge nécessaire de s’attaquer au phénomène de la radicalisation violente, étant donné qu’il représente une menace pour les citoyens en Europe et pour les valeurs européennes universelles fondées sur les héritages culturels et humanistes de l’Europe; |
| 6. | souligne à cet égard que le «vivre ensemble» exige un effort d’éducation pour que la démocratie, l’état de droit et le principe de la dignité de la personne humaine soient partagés entre les membres de toutes les communautés présentes dans l’Union européenne; |
| 7. | sollicite la Commission, les États membres, les collectivités locales et régionales, ainsi que la société civile, et notamment la communauté scientifique, pour qu’ils intensifient leurs efforts, et en particulier leur coopération transnationale et transsectorielle, afin d’étudier les causes premières de la radicalisation violente, son cheminement et les divers facteurs et influences qui y conduisent, une telle démarche étant susceptible de déboucher sur le développement d’outils grâce auxquels les États membres et l’Union européenne pourront déployer une politique basée sur les réalités de terrain; |
| 8. | fait observer que la radicalisation violente constitue un phénomène international et qu’il est possible de tirer des enseignements des expériences réalisées dans de nombreuses autres parties du monde; salue à cet égard la création de réseaux pluridisciplinaires, tel que le Réseau des villes fortes, et l’expansion des réseaux existants ayant pour but de relier plus étroitement, au niveau international, les villes et d’autres collectivités locales afin d’améliorer les approches locales visant à prévenir l’extrémisme violent; souligne la nécessité de mettre en place un réseau européen pour contribuer à renforcer, au sein de l’Union européenne, la coopération locale et régionale en matière de lutte contre la radicalisation, l’extrémisme et le terrorisme; encourage également le réseau de sensibilisation à la radicalisation et le réseau de communication stratégique à continuer de mettre en place des mesures préventives efficaces, notamment en améliorant la détection précoce de signes de radicalisation au niveau local, en contrant la rhétorique grâce à des stratégies de communication et à l’élaboration de programmes de réhabilitation rigoureux; |
| 9. | constate que l’Europe dispose déjà de bon nombre d’instruments pour contrer la radicalisation violente de ses citoyens et que l’Union européenne et ses États membres se doivent d’en faire pleinement usage et de s’efforcer de les perfectionner pour répondre aux défis auxquels ils sont actuellement confrontés; |
| 10. | souligne l’importance d’agir sur les causes afin de faire face au problème de la radicalisation et du recrutement au profit du terrorisme, en renforçant la prévention, notamment par le biais du contrôle de l’internet et du dialogue avec les communautés et les dirigeants religieux, ainsi qu’au moyen de rencontres, de journées, d’actions de sensibilisation et de conscientisation en général avec toute la société civile; |
| 11. | insiste dans ce contexte sur l’importance du rôle joué par le réseau de sensibilisation à la radicalisation (RSR) et le centre d’excellence qui vient d’être créé; se félicite par ailleurs des avancées obtenues par la présidence néerlandaise du Conseil de l’Union européenne; |
| 12. | souligne que le RSR devrait faire un effort supplémentaire pour atteindre les plus petites villes et communautés de manière à permettre aux petites entités d’avoir un accès égal à ce réseau; |
Définition de la notion de radicalisation
| 13. | lance un appel à la Commission européenne pour qu’elle s’efforce de dégager rapidement un accord sur une définition de la radicalisation violente qui soit commune à l’ensemble de l’Union européenne et serve de point de départ pour une approche plus coordonnée de la part des pays, avec la contribution des collectivités régionales et locales, en tenant compte également du fait que l’expérience de chaque État membre est fortement déterminée par des éléments politiques, culturels et juridiques qui lui sont propres; |
| 14. | en l’absence d’une définition communément admise de la «radicalisation violente», conçoit la notion de «radicalisation» comme le phénomène par lequel des personnes utilisent ou jugent légitime la violence pour la réalisation de leurs objectifs politiques consistant à saper l’état de droit et les droits fondamentaux qui le sous-tendent; |
| 15. | voit dans la radicalisation violente une lutte idéologique dans laquelle les individus et groupements radicalisés veulent, par leurs conceptions, mettre à bas le modèle européen, qui se fonde sur les droits de l’homme, la liberté d’expression, la liberté de religion ou de conviction, l’état de droit, l’égalité entre les hommes et les femmes et la non-discrimination, au profit de leurs propres opinions qui sont incompatibles avec ces valeurs; |
| 16. | souligne que la radicalisation violente représente un phénomène complexe et dynamique, qui repose sur une série de facteurs globaux, sociologiques, politiques et géopolitiques mais également individuels et qu’elle ne peut être considérée indépendamment de ceux-ci; relève également une tendance récente inquiétante montrant que non seulement, les radicaux d’obédiences diverses tentent d’inciter de plus en plus d’individus à la violence, mais aussi que certains groupes cherchent délibérément à recruter à des fins de radicalisation des personnes au passé criminel ayant déjà utilisé la violence; |
| 17. | met en garde contre le fait que le recrutement en vue d’une radicalisation violente s’effectue de plus en plus souvent à huis clos, au sein de communautés ou de forums en ligne où les messages persuasifs véhiculant des idéologies violentes sont légion et où ils peuvent toucher de nombreuses personnes qui y sont vulnérables; |
| 18. | souligne que cette radicalisation violente ne répond pas à un profil unique et qu’elle touche des hommes, des femmes et, en particulier, de jeunes européens qui proviennent d’horizons sociaux divers et ont pour dénominateur commun d’avoir souvent le sentiment de se situer en dehors de la société en raison de conflits d’identités, d’injustices subies, réelles ou supposées, de discriminations ou d’une exclusion sociale; |
| 19. | fait observer qu’il s’agit dans de nombreux cas de citoyens européens qui sont nés et ont fait leurs études en Europe, mais qui choisissent pourtant d’adhérer à des idées radicales violentes; |
| 20. | met en garde contre le fait que le terrorisme et la radicalisation violente induisent de nombreuses représentations stéréotypées des religions, qui servent à justifier la radicalisation de l’autre partie, dont les mouvements néo-nazis et néo-fascistes, et débouchent sur des flambées nouvelles de discours et crimes haineux résultant du racisme, de la xénophobie et d’autres formes d’intolérance vis-à-vis d’une opinion, d’une confession ou d’une religion; |
| 21. | constate que même si la principale préoccupation sécuritaire des États membres est liée à juste titre au phénomène des intégristes à destination et en provenance des zones de conflit, la radicalisation violente n’est pas circonscrite à une idéologie ou une confession déterminées mais qu’elle peut se développer indûment dans toutes et que, par conséquent, la lutte menée contre elle ne peut se limiter à la radicalisation intégriste de type islamiste; |
| 22. | souligne que l’engagement politique à tous les niveaux de gouvernance est un outil essentiel dans la lutte contre la radicalisation violente; cela implique également la nécessité de tirer les enseignements des bonnes et des mauvaises expériences passées et de faire passer l’ouverture à la coopération avec toutes les forces de la société pouvant apporter une aide, avant les jeux politiques; |
RECOMMANDATIONS POLITIQUES
Les droits de l’homme et la diversité comme points de départ
| 23. | a la conviction qu’il y a lieu que les droits de l’homme occupent une place centrale dans la politique que l’Union doit mener pour lutter contre le terrorisme et prévenir la radicalisation violente; |
| 24. | lance un appel afin que dans toutes les mesures qu’ils prennent pour éviter et combattre la radicalisation violente, les États membres et l’Union européenne soient impérativement tenus de respecter les droits fondamentaux et les libertés civiles, en l’occurrence le droit au respect de la vie privée et à la protection des données, la présomption d’innocence, celui à bénéficier d’un procès équitable et régulier et la liberté d’expression, de conviction et de réunion; |
| 25. | relève qu’un facteur essentiel en la matière est d’évoluer dans une société qui respecte pleinement les droits humains de tous les groupes de la population et se conforme aux normes internationales et régionales, y compris s’agissant de combattre la discrimination, le racisme et d’autres formes d’intolérance dans la prévention de la radicalisation violente et la lutte contre celle-ci; |
| 26. | considère dans ce contexte les valeurs démocratiques de l’Union européenne comme un moyen de garantir la liberté des citoyens européens; |
| 27. | insiste sur l’importance d’éliminer tous les éléments qui peuvent servir de terreau à la radicalisation violente, à commencer par le racisme et la discrimination. Bien qu’ils n’entretiennent pas une relation univoque avec la radicalisation violente et qu’ils ne puissent l’excuser, une société à laquelle chacun participe activement ne peut être instaurée que si l’on mène une politique cohérente d’égalité des chances et de non-discrimination; |
| 28. | exhorte la Commission à inciter les États membres et leurs collectivités locales et régionales à mettre en œuvre des politiques plus actives et plus volontaristes de lutte contre la discrimination, tout particulièrement dans l’enseignement et sur le marché de l’emploi et du logement, en s’inspirant notamment des politiques déjà initiées par les régions qui appliquent des mesures d’intégration, telles que l’accueil généralisé à tout le territoire («accoglienza diffusa»); pour faire face à la montée de la radicalisation, il est en effet prioritaire d’œuvrer à une réelle intégration sociale et culturelle, fondée sur un dialogue constructif entre les différentes communautés et sur l’éducation. À cette fin, tous les acteurs de la société civile dont les activités sont axées sur cet objectif doivent être soutenus, valorisés et mis en mesure d’agir aussi efficacement que possible; |
| 29. | souligne l’importance de mettre en place, tant aux différents niveaux de gouvernement — européen, national et régional — qu’à celui des communautés de citoyens nationaux et européens, des codes, des trains de mesures ou des modèles de bonnes pratiques intercommunautaires, interethniques, interreligieux, interpolitiques, etc., qui permettront une connaissance mutuelle plus approfondie entre les acteurs susceptibles d’être impliqués dans un conflit ou exposés à une forme de radicalisation violente. Conçus d’abord théoriquement, ils pourront être mis en place avec le concours des autorités régionales, nationales et européennes; |
| 30. | appelle la Commission à soutenir les mouvements lancés dans les États membres et dans les collectivités régionales et locales pour effectuer un rattrapage dans le domaine de la diversité et dans le marché du travail en général; |
| 31. | insiste auprès des États membres de l’Union européenne et de leurs collectivités régionales et locales pour qu’ils unissent leurs forces avec les institutions européennes afin de promouvoir le modèle européen qui fait de la diversité une des composantes essentielles de sa structure sociale et un atout culturel fondamental. Les droits fondamentaux de l’Union européenne, tels que la liberté d’expression, l’état de droit et la séparation de la religion et de l’État, qui sont les garants de cette diversité, ne peuvent à aucun prix être remis en cause, ni par l’idéologie totalitaire des groupements radicaux, ni dans la perspective des mesures à prendre pour lutter contre la radicalisation violente; |
| 32. | réclame des initiatives de l’Union européenne, en étroite collaboration avec les États membres et les collectivités régionales et locales, afin de s’attaquer aux quartiers et aux régions où la criminalité organisée prospère sous diverses formes. Ces zones spécifiques doivent être cartographiées de manière concertée et bénéficier d’une attention prioritaire et d’un soutien supplémentaire, sur la base de critères quantitatifs et qualitatifs. Il y a lieu de mener une lutte efficace, aux niveaux politique et judiciaire, contre les circuits illégaux qui recyclent l’argent sale et sapent l’état de droit. Cette démarche empêchera l’émergence de quartiers où cet état de droit est absent et dans lesquels prévaut l’absence de normes et de lois, tandis que les fondements de la légalité démocratique n’y apparaissent plus clairement dans la réalité sociale et la vie quotidienne de la population. Ce vide offre aux réseaux extrémistes toute latitude pour récolter des ressources financières en menant des activités illégales, ainsi que pour opérer des recrutements et fragiliser la légitimité de l’état de droit démocratique; |
| 33. | demande instamment aux États membres et à la Commission de veiller au respect des objectifs de développement durable et de garantir la portée de leurs visées respectives, en particulier en ce qui concerne les objectifs 1, 4, 8, 11 et 16. Dans le cadre de la réalisation de ces objectifs, pour laquelle tous les États membres de l’Union européenne se sont déjà engagés à collaborer, on pourrait également combattre les principales causes de la radicalisation et de l’extrémisme en Europe et dans le monde. Il ne faut pas oublier que les ODD s’appliquent également au territoire de l’Union et que la dignité, l’inclusion, la résilience et la durabilité sont les fondements du développement humain de tous les citoyens du monde. Cette voie vers le développement humain durable n’est pas une simple mesure de prévention contre la radicalisation et l’extrémisme, mais le chemin à suivre pour voir respecter les droits de l’homme de tous les habitants de cette planète de nature finie; |
| 34. | souligne qu’il importe d’éviter l’émergence de quartiers défavorisés dont la diversité est absente et dans lesquels une communauté ethnico-culturelle déterminée prédomine. La Commission européenne se doit d’aider les États membres ainsi que les collectivités régionales et locales à promouvoir la cohésion et l’inclusion sociales, dans la mesure où elle offre un levier pour prévenir la radicalisation violente, et de les encourager à prévoir les moyens nécessaires pour œuvrer en ce sens; |
| 35. | invite la Commission européenne à fournir les moyens financiers permettant aux autorités locales de répertorier et de relier les personnes et les réseaux capables de produire un contre-discours; |
| 36. | estime qu’il est important d’élaborer un contre-discours au sein de la communauté musulmane et de mobiliser les musulmans qui rejettent les tentatives des extrémistes de détourner leur religion; appelle les maires à travailler avec les communautés musulmanes locales en vue d’élaborer un tel contre-discours; |
| 37. | invite à donner aux réfugiés et aux migrants nouvellement arrivés de véritables chances de faire leurs premiers pas dans notre société et à leur fournir des conseils concernant les parcours d’intégration citoyenne sur mesure mis en place dans chaque État membre, région et collectivité locale, dans lesquels la connaissance de la langue revêt une importance capitale, notamment en tant que vecteur de valeurs, de savoirs et de traits identitaires communs, et dans le cadre desquels l’on pourrait insister davantage, au moyen d’exemples pratiques, sur des questions telles que l’égalité entre les hommes et les femmes, la séparation de la religion et de l’État, l’importance de la démocratie et de la tolérance, les règles de droit qui lient tout résident, les normes convenues de comportement dans l’espace public et les conséquences que cela entraîne pour une société; |
| 38. | demande à la Commission de s’employer résolument à œuvrer contre le chômage et le décrochage scolaire touchant les minorités en coopération avec les collectivités locales et régionales qui en sont particulièrement affectées, étant donné que ces problèmes et l’absence de perspective qui en découle pour les jeunes peuvent constituer un terreau fertile pour la radicalisation violente; |
| 39. | encourage les États membres ainsi que les collectivités régionales et locales à concevoir une démarche d’intervention dans laquelle les instruments de politique sociale, touchant notamment à l’emploi, à l’enseignement et à la formation ou à l’intégration et à la lutte contre la discrimination, ainsi que l’aide humanitaire et d’autres domaines d’action, soient combinés avec des mesures spécifiques destinées à prévenir et combattre la radicalisation violente; |
Le rôle des collectivités locales et régionales
| 40. | relève qu’il est essentiel que tous les intervenants, au niveau européen, national, régional et local, aient conscience de la responsabilité qui est la leur s’agissant de prévenir et combattre la radicalisation violente; |
| 41. | souligne le rôle crucial que les collectivités locales et régionales jouent pour prévenir et combattre la radicalisation violente, étant donné qu’elles sont les pouvoirs publics qui sont affectés au premier chef et le plus gravement par cette problématique et qu’elles sont habilitées à coopérer avec d’autres intervenants qui assument un rôle important pour aborder ce phénomène; |
| 42. | souligne l’importance de prévoir des fonds européens en mettant l’accent sur les villes et les régions d’Europe, et d’encourager les collectivités locales et régionales à y recourir, dans le but de mettre en place des projets ou des programmes de prévention de la radicalisation violente et des campagnes visant à identifier les problèmes à la base des conflits et à sensibiliser la population; |
| 43. | a conscience qu’il peut exister de fortes disparités entre les États membres en ce qui concerne l’ampleur de leur engagement dans la lutte contre le risque de radicalisation violente et dans la prévention du recrutement par des organisations terroristes et constate que certains d’entre eux ont d’ores et déjà arrêté des mesures efficaces mais que d’autres restent à la traîne; |
| 44. | convient de la nécessité d’intensifier le partage de l’information et la coopération opérationnelle, d’effectuer des progrès dans le domaine de la lutte contre le trafic illicite d’armes à feu et de combattre le financement du terrorisme; est également conscient de la nécessité de mettre en place des instruments efficaces de contrôle du web invisible et du darknet, qui constituent souvent des outils de propagation des messages radicaux, ainsi que de renforcer les contrôles aux frontières extérieures en se basant sur les indicateurs de risque; |
| 45. | demande à la Commission de soutenir les États membres dans la coordination de leurs stratégies, en partageant l’information et l’expérience qu’ont engrangées leurs collectivités locales et régionales, en rassemblant les bonnes pratiques et les compétences, en évaluant les dispositions qui sont prises, ou encore en prenant part à l’élaboration des mesures nouvelles à arrêter dans le domaine de la lutte contre la radicalisation violente; |
| 46. | invite la Commission à insister sur le rôle essentiel que les pouvoirs locaux jouent en matière de prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violents et à les soutenir dans cette fonction de plaque tournante en accordant rang de priorité à l’établissement d’un cadre européen d’action pour la lutte contre la radicalisation violente au niveau local, régional et national, qui fournirait aux États membres des recommandations pour développer (plus avant) leurs politiques respectives en la matière; |
| 47. | demande à la Commission de miser sur la collecte et le partage des meilleures pratiques dans le cadre d’un manuel de lignes directrices, comme le fait déjà, entre autres, le centre d’excellence du RSR, afin de soutenir les collectivités locales ayant souvent une capacité limitée dans le développement de leur propre approche locale en la matière; |
| 48. | juge nécessaire que la Commission appuie les pouvoirs locaux et régionaux lorsqu’ils développent des stratégies locales et nationales de prévention pour lutter contre la radicalisation violente, par exemple en mettant à la disposition des collectivités intéressées des experts du centre d’excellence du RSR; insiste sur l’importance de l’échange d’expériences, telles que les bonnes pratiques et les leçons à tirer, entre les collectivités locales et régionales; |
| 49. | est d’avis qu’une politique intégrale de lutte contre la radicalisation violente comporte trois niveaux: la prévention (suppression, par exemple, du terreau de la radicalisation violente, pour éviter qu’elle ne survienne), l’intervention (accompagnement spécialisé des personnes vulnérables à la radicalisation violente) et la répression (réponse judiciaire cohérente au phénomène de la radicalisation violente); |
| 50. | juge important que les autorités nationales, régionales et locales investissent dans des mesures spécifiques de prévention et d’intervention pour combattre la radicalisation violente, plutôt que de se limiter à une politique de répression réactive; il est également important de financer des programmes de recherche pour comprendre les origines du radicalisme et la façon de le combattre; |
| 51. | considère que les organisations de la société civile et les acteurs locaux ont un rôle important à jouer dans le développement de projets de prévention et de lutte contre la radicalisation violente qui soient adaptés à leur communauté ou à leur organisation et insiste sur la nécessité d’une approche fondée sur la participation et le conseil, qui fédère plusieurs partenaires et secteurs: constituant une problématique multidisciplinaire, la radicalisation violente exige des solutions qui le soient également; encourage en conséquence une coopération étroite entre les acteurs de la société civile présents à tous les niveaux d’intervention, ainsi qu’une coopération renforcée entre toutes les parties actives sur le terrain, comme les associations et les organisations non gouvernementales; |
| 52. | met en exergue la nécessité d’engager un dialogue interculturel avec les différentes communautés, leurs dirigeants et des experts, visant au premier chef à mieux appréhender la radicalisation violente et, par-là, à améliorer la prévention en la matière; |
| 53. | considère qu’il appartient aux organisations de la société civile et aux acteurs locaux de jouer un rôle important dans le développement de projets de prévention et de lutte contre la radicalisation violente qui soient adaptés à leur commune ou à leur organisation; |
| 54. | juge à cet égard absolument nécessaire que les intervenants de première ligne et les travailleurs de terrain bénéficient de formations spécialisées de manière à ce qu’ils puissent déceler les changements de comportement inquiétants et adopter la conduite adéquate dans l’accompagnement des jeunes vulnérables à la radicalisation violente; |
| 55. | estime également que des formations spécialisées sont indispensables pour les décideurs et responsables politiques qui interviennent aux différents niveaux, afin de les sensibiliser à l’importance d’une approche préventive efficace et de la nécessité d’une communication obligatoire sur cette question; |
| 56. | demande à la Commission de soutenir les États membres lorsqu’ils mènent des campagnes d’information pour sensibiliser les jeunes et les jeunes adultes à la problématique de la radicalisation violente et les inciter à adopter une démarche de réflexion critique; |
| 57. | juge nécessaire d’établir pour chaque État membre les structures nécessaires chargées de détecter la radicalisation, de mener une communication stratégique et de développer des contre-discours en adéquation avec les réalités de chaque pays et les groupes de population qui y sont présents; d’orienter et d’accompagner individuellement les personnes qui risquent de se radicaliser et de fournir un point de contact où signaler une possible radicalisation et recevoir des orientations sur la manière de réagir à celle-ci, à l’intention des familles, des amis, des enseignants et d’autres personnes de contact; ces structures devraient être développées en coordination étroite entre les échelons européens, nationaux, locaux et régionaux; |
| 58. | estime indispensable que les programmes d’accompagnement individuel soient suffisamment en phase avec le milieu et l’environnement dans lequel vit la personne à accompagner, et juge qu’il est dès lors capital que les pouvoirs locaux et régionaux soient associés à leur élaboration, ainsi que les organisations sociales qui s’occupent du problème sur le terrain; voit à cet égard les institutions sportives, culturelles et éducatives comme un cadre facilitateur de l’intégration; |
| 59. | relève que les associations et organisations actives dans ce domaine, qui ne portent pas la marque des gouvernements, peuvent obtenir de très bons résultats pour réintégrer dans la société les citoyens en voie de radicalisation; |
| 60. | estime qu’il y a lieu de promouvoir des programmes éducatifs favorisant l’esprit critique et l’ouverture intellectuelle et relayant les connaissances et les principes sur lesquels repose notre état de droit démocratique; |
| 61. | est d’avis qu’une fois qu’ils auront été jugés et seront sortis de prison, il y aura lieu d’offrir également des mesures d’accompagnement aux individus revenus au pays, afin de les réintégrer dans la société; une stratégie efficace doit également être développée pour détecter et combattre la radicalisation dans les prisons; |
| 62. | souligne que les experts dans les domaines préventifs de la contre-radicalisation et dans le traitement des détenus radicalisés en prison doivent agir en cohérence avec les normes de sécurité nationales de chaque pays; insiste, dans ce contexte, sur l’urgence de créer un espace d’intervention intégré et coordonné, au sein duquel les responsables des politiques de prévention et de lutte contre le terrorisme et le personnel pénitentiaire agissent tous de manière cohérente, conformément aux principes définis par des normes et des modèles de sécurité clairs; |
| 63. | invite la Commission à examiner d’urgence comment ces programmes d’accompagnement individuel peuvent être validés en tant que moyen de lutte contre la radicalisation violente, de manière à obtenir que l’attention ne s’attache pas exclusivement à détecter ladite radicalisation violente mais également à réintégrer les personnes concernées dans la société; |
| 64. | souligne toute l’importance d’assortir les programmes individuels de déradicalisation de mesures telles que les partenariats noués avec des responsables communautaires, l’investissement dans des projets à portée sociale ou à l’échelle des quartiers, afin de briser la marginalisation économique et géographique, ou encore les initiatives d’accompagnement qui s’adressent aux jeunes isolés et exclus, qui sont guettés par la radicalisation violente; |
| 65. | insiste sur la portée que le soutien familial revêt dans la lutte contre la radicalisation violente. Certains experts avancent que l’on accorde souvent trop d’importance au travail avec les individus par rapport au travail avec les familles. Celles-ci pourraient contribuer à prévenir la radicalisation et à réintégrer les personnes en train de se radicaliser, y compris celles qui reviennent de zones de conflit; demande dès lors aux États membres et à leurs collectivités locales et régionales de mettre l’accent sur l’importance de ce soutien et sur la nécessité d’aider les familles concernées en mettant en place des programmes appropriés; |
| 66. | souligne que selon des recherches récentes, les femmes sont sans cesse plus nombreuses à se radicaliser et à être recrutées par des organisations terroristes, et pense que l’Union européenne et les États membres, lorsqu’ils élaborent des stratégies pour prévenir la radicalisation violente doivent, ne fût-ce que dans une certaine mesure, tenir compte de la dimension du genre; demande à la Commission et aux États membres, en collaboration avec les collectivités régionales et locales, de mener une politique plus offensive en matière d’égalité des sexes, eu égard à la fonction de pierre angulaire qu’elle joue pour notre modèle de société européen, et réclame qu’une action plus ferme de prévention et de répression soit menée contre l’intimidation et les violences à caractère sexuel; |
| 67. | invite la Commission à accorder son soutien à des programmes généraux qui apportent des encouragements aux jeunes femmes dans leur combat pour plus d’égalité; |
| 68. | juge primordial que chaque État membre, en collaboration avec les collectivités régionales et locales, établisse un système d’alerte pour l’obtention d’une assistance et d’un accompagnement, de sorte que l’entourage ou la famille de l’individu concerné puisse, de manière simple et rapide, bénéficier d’une aide ou effectuer un signalement lorsqu’il constate chez lui un changement de comportement soudain, susceptible d’être l’indice d’une radicalisation violente croissante, ou encore s’il part rejoindre une organisation terroriste; |
| 69. | note à cet égard que les lignes téléphoniques directes se sont révélées utiles mais qu’il convient d’établir une distinction entre les points de signalement de la radicalisation violente (lignes de dénonciation) et le soutien dispensé aux amis et à la famille d’une personne pour gérer cette situation déstabilisatrice (lignes d’assistance); |
| 70. | s’adresse à la Commission pour qu’elle examine s’il est possible d’établir un tel système dans la totalité des États membres de l’Union européenne; |
| 71. | tient à observer, enfin, que ces mesures ne pourront être mises en œuvre qu’au moyen de programmes à long terme d’investissement social et presse la Commission, les États membres ainsi que les collectivités régionales et locales de s’inscrire dans une telle perspective pour élaborer une politique visant à prévenir et combattre la radicalisation violente, tout en demandant par ailleurs à la première de se montrer très attentive, dans l’élaboration de dispositions de lutte contre la radicalisation violente, aux effets qu’elles peuvent avoir à longue échéance pour l’avenir d’une société européenne inclusive et interculturelle. |
Bruxelles, le 16 juin 2016.
Le président du Comité européen des régions
Markku MARKKULA
Résolution du Parlement européen du 15 décembre 2016 sur les accords internationaux en matière d’aviation (2016/2961(RSP))
15/12/2016
Résolution du Parlement européen du 15 décembre 2016 sur le règlement relatif aux médicaments à usage pédiatrique (2016/2902(RSP))
15/12/2016
Résolution du Parlement européen du 15 décembre 2016 sur le soutien aux survivants de la thalidomide (2016/3029(RSP))
15/12/2016
Résolution du Parlement européen du 15 décembre 2016 sur la proposition de directive d’exécution de la Commission modifiant les annexes I à V de la directive du Conseil 2000/29/CE concernant les mesures de protection contre l’introduction dans la Communauté d’organismes nuisibles aux végétaux ou aux produits végétaux et contre leur propagation à l’intérieur de la Communauté (D047308/01 — 2016/3010(RSP))
15/12/2016