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AccueilDroit européen52016AE0351
Avis institutionnel52016AE0351

Avis du Comité économique et social européen sur la «Communication de la Commission – Investir dans la croissance et l’emploi – Optimiser la contribution des Fonds structurels et d’investissement européens» [COM(2015) 639 final]

CELEX52016AE0351
TypeAvis institutionnel
Datemercredi 25 mai 2016

Résumé IA

Cet avis du CESE approuve la communication de la Commission visant à maximiser l'impact des Fonds structurels et d'investissement européens (FESI) sur la croissance et l'emploi. Il souligne la nécessité de simplifier les procédures, de renforcer la coordination entre les fonds et d'améliorer leur efficacité pour atteindre les objectifs de la stratégie Europe 2020. Pour un professionnel du droit français, ce texte confirme l'orientation politique vers une gestion plus performante et ciblée des fonds, influençant les futures négociations et la mise en œuvre des programmes opérationnels nationaux.

Texte intégral

19.8.2016

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 303/94


Avis du Comité économique et social européen sur la «Communication de la Commission – Investir dans la croissance et l’emploi – Optimiser la contribution des Fonds structurels et d’investissement européens»

[COM(2015) 639 final]

(2016/C 303/13)

Rapporteur:

M. Dimitris DIMITRIADIS

Le 14 décembre 2015, la Commission européenne a décidé, conformément à l’article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, de consulter le Comité économique et social européen sur la:

«Communication de la Commission — Investir dans la croissance et l’emploi — Optimiser la contribution des Fonds structurels et d’investissement européens»

[COM(2015) 639 final].

La section spécialisée «Union économique et monétaire et cohésion économique et sociale», chargée de préparer les travaux du Comité en la matière, a adopté son avis le 14 avril 2016.

Lors de sa 517e session plénière des 25 et 26 mai 2016 (séance du 25 mai 2016), le Comité économique et social européen a adopté le présent avis par 182 voix pour, 1 voix contre et 1 abstention.

1. Conclusions et recommandations

1.1

Le Comité économique et social européen (CESE) accueille favorablement la nouvelle approche adoptée au titre de l’article 16, paragraphe 3, du règlement portant dispositions communes (1), qui vise à résumer et présenter les résultats de négociations menées entre les autorités des États membres et leurs partenaires afin de fournir une vue d’ensemble des principales réalisations de ce processus. Le CESE voit dans cette approche l’indispensable point de départ en vue de l’évaluation et du contrôle de l’utilisation efficace et efficiente des ressources limitées disponibles pour la période financière 2014-2020 et d’un meilleur suivi des performances et des progrès réalisés sur la voie de la réalisation des objectifs liés aux indicateurs.

1.2

Le CESE soutient les efforts de la Commission européenne visant à maximiser l’impact des Fonds structurels et d’investissement européens (Fonds ESI) et souscrit au point de vue selon lequel cela devrait constituer la priorité absolue de l’après-crise. Toutefois, il attire l’attention sur le fait qu’il est particulièrement nécessaire, tant au niveau de l’UE qu’à l’échelon des États membres, d’améliorer la simplification pour les bénéficiaires et de veiller à un ciblage plus précis afin de répondre à leurs besoins.

1.2.1

À cet égard, le CESE plaide pour une plus grande implication des partenaires sociaux et des parties prenantes et pour une coopération renforcée entre eux dans le cadre des travaux du groupe de haut niveau d’experts indépendants chargé du suivi de la simplification pour les bénéficiaires des Fonds structurels et d’investissement européens (2), et invite la Commission à assurer une communication plus efficace et plus transparente concernant la composition et les travaux du groupe de haut niveau. Le CESE est convaincu que les partenaires sociaux et d’autres parties prenantes pourraient contribuer à recenser tant les bonnes que les mauvaises pratiques et à introduire des options de simplification dans leur propre État membre.

1.3

Le CESE accueille favorablement les nouveaux règlements relatifs aux Fonds ESI (3) en ce qu’ils établissent une concentration thématique et mettent en avant les moyens permettant d’atténuer les effets négatifs de la crise. Le CESE apprécie tout particulièrement les nouveaux instruments et approches tels que l’initiative pour l’emploi des jeunes (IEJ), l’alliance européenne pour l’apprentissage et le nouveau fonds de lutte contre la pauvreté (4).

1.4

Dans le même temps, le CESE fait part de sa préoccupation concernant les questions toujours non éclaircies dans les règlements régissant l’utilisation des Fonds ESI.

1.4.1

Le CESE met en garde contre le fait que, chaque fois que des décisions et les risques associés seront transférés aux États membres, la probabilité est très élevée que ceux-ci adoptent une approche trop conservatrice afin d’éviter d’éventuelles sanctions de la part de la Commission, empêchant ainsi une grande partie des bénéficiaires éligibles d’accéder aux Fonds ESI.

1.4.2

Le CESE préconise des procédures simplifiées pour les dérogations de groupe aux règles sur les aides d’État dans le cas des organisations représentant les personnes handicapées et les groupes de bénéficiaires se trouvant en situation vulnérable.

1.5

Le CESE salue la Commission pour le pas en avant que constitue l’adoption du code de conduite européen sur le partenariat (5), lequel régit la participation des partenaires sociaux et d’autres parties prenantes à tous les stades de la programmation, ainsi que leur implication, d’une part, dans le processus décisionnel, mais aussi dans la mise en œuvre et le suivi des Fonds ESI.

1.6

D’autre part, le CESE nourrit certaines préoccupations quant aux modalités d’application dans les États membres de ces règlements et de ces nouveaux instruments et nouvelles approches. En effet, les différentes pratiques appliquées au niveau national placent les partenaires sociaux dans une position d’inégalité. Ainsi, le code de conduite européen sur le partenariat n’est pas pleinement mis en œuvre et respecté dans tous les États membres: les partenaires sociaux ne sont pas reconnus comme il se doit dans la mise en œuvre de l’IEJ et l’importance de leurs actions conjointes ne bénéficie pas non plus d’une reconnaissance pleine et entière par tous les États membres, ce qui se reflète dans l’incapacité d’exploiter leur potentiel pour mieux faire face aux retombées négatives de la crise, mieux gérer la mutation industrielle et créer de la croissance et des emplois. Le CESE propose à la Commission que des mesures tant juridiques que pratiques visant à garantir la pleine mise en œuvre du principe de partenariat et du code de conduite soient adoptées au plus tard à la fin de l’année 2016, et que des dispositions et des mesures plus spécifiques soient mises en place pour éviter des pratiques divergentes au niveau national.

1.7

Le CESE appelle de ses vœux une révision à mi-parcours des règlements relatifs aux investissements par le biais des Fonds ESI, en particulier de ceux concernant les aides d’État (6), étant donné qu’ils créent le plus d’incertitude, pour les États membres comme pour les bénéficiaires, et constituent la principale source du risque de correction financière. Cette révision devrait s’inscrire dans la communication de la Commission et sa proposition de règlement du Conseil relatif à la révision à mi-parcours du cadre financier pluriannuel (CFP) 2014-2020. Le CESE invite instamment la Commission à maintenir le cap fixé dans les orientations politiques de la Commission Juncker (7), qui précisent qu’il convient de «créer un environnement plus propice à l’investissement et de renforcer l’absorption des fonds».

1.8

Les marchés publics constituent un autre domaine caractérisé par l’insécurité et des problèmes persistants et le CESE déplore qu’aucune solution viable, applicable à tous les États membres, n’ait été trouvée au cours de ces dix dernières années, qui assurerait un mode parfaitement transparent, rapide et efficace de sélection des sous-traitants lorsque les Fonds ESI sont utilisés. Les réglementations nationales spécifiques sur les marchés publics ajoutent encore à la complexité dans ce domaine.

1.9

Le CESE est d’avis que les fonds de l’Union devraient être utilisés en priorité non seulement pour atteindre les objectifs de la stratégie Europe 2020, mais également pour accroître les investissements en faveur de l’économie réelle. La Commission devrait mettre en place une évaluation chiffrée de l’efficacité et de l’efficience de la contribution apportée par les fonds déjà investis.

1.10

Enfin, le CESE invite la Commission à consacrer davantage d’efforts à élargir le champ d’application du Small Business Act à l’échelon national et régional, et à obliger les États membres à le mettre en œuvre, en particulier concernant les investissements au titre des Fonds ESI.

2. Contexte et base juridique

2.1

L’article 16, paragraphe 3, du règlement portant dispositions communes (8) charge la Commission de résumer et de présenter les résultats de négociations menées entre les autorités des États membres et leurs partenaires afin de fournir une vue d’ensemble des principales réalisations de ce processus.

2.2

Les efforts déployés par la Commission pour maximiser l’impact des Fonds ESI et améliorer la simplification pour les bénéficiaires sont également renforcés par la création du groupe de haut niveau (9) chargé du suivi de la simplification pour les bénéficiaires des Fonds ESI.

2.3

Les nouveaux règlements relatifs aux Fonds ESI (10) ont été adoptés pour assurer une meilleure réglementation pour l’actuelle période de programmation et établir une concentration thématique. La Commission, en étroite coopération avec les États membres et les partenaires sociaux, a développé de nouveaux instruments et de nouvelles approches telles que l’initiative pour l’emploi des jeunes (IEJ), l’alliance européenne pour l’apprentissage et le nouveau fonds de lutte contre la pauvreté (11).

2.4

La Commission a adopté le code de conduite européen sur le partenariat (12), qui régit la participation des partenaires sociaux et d’autres parties prenantes à tous les stades de la programmation, et leur implication à la fois dans le processus décisionnel et dans la mise en œuvre et le suivi des Fonds ESI.

3. Observations générales sur les investissements des Fonds ESI dans la conjoncture socio-économique actuelle

3.1 Les Fonds ESI en tant que principal moteur de la cohésion économique et sociale et source d’investissements publics

3.1.1

En période de crise, il est naturel que le rôle joué par les Fonds ESI s’accroisse, notamment dans les États membres les plus touchés par la crise. Ils ne devraient néanmoins en aucun cas remplacer les investissements publics, ni surtout les investissements privés, mais devraient plutôt créer les conditions permettant de stimuler ces investissements. Le CESE invite la Commission et les États membres à poursuivre leurs efforts pour améliorer l’investissement privé et l’environnement des entreprises, comme déjà indiqué à propos du troisième volet du plan d’investissement pour l’Europe (13) et du Fonds européen pour les investissements stratégiques, lequel ne deviendra un outil de développement de première importance que si une collaboration avec les Fonds ESI est possible. La Commission devrait évaluer la manière dont les investissements issus de ces fonds influencent les investissements privés, et calculer le coefficient de leur effet d’impulsion au sein de l’économie réelle.

3.1.2

Le CESE déplore que la communication à l’examen ne traite que du résultat des négociations pour l’actuelle période de programmation et ne résume pas, ni ne s’appuie sur les enseignements tirés du passé. Il y a lieu que la Commission analyse attentivement l’impact réel de l’investissement des fonds de l’UE au cours de la période de programmation précédente et tire des conclusions très spécifiques s’agissant des expériences positives et négatives, lesquelles serviront de point de départ pour l’apport d’une valeur ajoutée au processus d’investissement.

3.1.3

Le CESE a le sentiment qu’en dépit de la mention des termes «Investir dans la croissance et l’emploi» dans son intitulé, la communication de la Commission n’accorde aucune attention particulière à l’emploi ni à la création d’emplois. Le CESE recommande que la Commission mette davantage en évidence l’impact des différentes politiques sur la promotion de l’emploi et la réduction du chômage, afin d’apprécier si, et dans quelle mesure, les fonds investis ont eu une réelle incidence sur le marché du travail.

3.2 Cadre visant à améliorer l’efficacité des Fonds ESI

3.2.1

Comme il a déjà été souligné dans plusieurs avis récents (14), le CESE estime qu’en raison d’une définition obsolète et extrêmement vaste de la notion de PME, l’utilisation de ce terme induit un centrage politique excessivement large, qui ne permet pas d’obtenir des résultats ciblés et tangibles. Par ailleurs, à défaut de critères de segmentation plus précis, la notification des résultats obtenus sera trompeuse, étant donné que, selon la définition actuelle, les PME représenteraient 98 % des entreprises européennes. Utiliser un critère de segmentation aussi large rend impossible la collecte et le traitement des informations en vue d’évaluer toute réelle amélioration de la situation pour les différents groupes d’entreprises vulnérables qui jouent un rôle important dans la création et la préservation des emplois et ont cruellement besoin d’aide dans ce cadre — par exemple, les microentreprises et les entreprises des zones rurales et périphériques. Sans être nécessairement innovantes, hautement compétitives ou sophistiquées, ces entreprises n’en apportent pas moins une précieuse contribution au développement régional et à la cohésion.

3.2.1.1

Le CESE demande instamment l’actualisation immédiate de la définition des PME afin de garantir davantage de précision et permettre de distinguer entre les différentes catégories de PME, de manière à mieux cibler leurs besoins, à développer et diversifier les sources d’information qui leur sont destinées, et à améliorer la coordination entre les sources et les méthodes de collecte des informations au sujet des différentes PME et les méthodes de traitement et d’analyse des données statistiques entre États membres.

3.2.2

L’utilisation largement préconisée des instruments financiers est actuellement compromise par de nombreux cas d’utilisation abusive dus à un manque d’information et d’un véritable contrôle au niveau des États membres. Par exemple, les instruments financiers conçus pour octroyer aux PME des prêts à taux bas ne bénéficient bien souvent pas aux PME en manque de financement, mais sont au contraire utilisés par des PME solidement financées en vue de diminuer encore leurs coûts de financement. Il en va de même pour les garanties financières destinées aux PME. Dans la plupart des cas, cette situation n’est même pas reconnue en raison de l’absence de mécanismes d’évaluation adéquats et de système de collecte des retours d’information des utilisateurs finals.

3.2.3

Les efforts déployés par la Commission en vue d’améliorer la simplification pour les bénéficiaires sont louables, mais la simplification ne devrait pas se faire sans la participation des bénéficiaires finaux. À cet égard, il est regrettable que les méthodes utilisées par les États membres pour obtenir des bénéficiaires un retour d’information soient trop bureaucratiques et trop largement ciblées. Dans la plupart des cas, ils ne parviennent pas à étudier en profondeur la véritable cause des problèmes et, par conséquent, n’offrent pas de solutions réalistes. La Commission devrait garder à l’esprit que les besoins des PME sont divers: un accès facilité aux financements, un meilleur accès aux mesures d’accompagnement, au coaching et au mentoring, etc.

3.2.4

L’un des principaux obstacles auxquels se heurtent les entreprises est le manque d’informations appropriées en temps utile. La Commission fait constamment valoir que l’information doit être complète et abordable, et que toutes les procédures doivent être transparentes mais néanmoins valables. Or, concernant cette question, la Commission a elle-même rendu l’accès aux possibilités de financement plutôt compliqué. Les entreprises, en particulier les microentreprises et les petites entreprises, devraient savoir où chercher les informations concernant les différents programmes et projets soutenus directement par la Commission. Si des portails d’information centraux pour tous les programmes opérationnels et instruments financiers sont disponibles dans les États membres, il devrait également en exister un au niveau de l’UE.

3.2.4.1

Les informations fournies devraient être conviviales pour garantir l’efficacité de la communication, de sorte qu’elle soit parfaitement comprise de tous les participants au processus de financement. Le CESE invite la Commission à s’efforcer d’éviter les orientations compliquées en matière d’appel d’offre, et à donner leur chance à des projets à haut potentiel préparés par les entreprises elles-mêmes, et non par des professionnels de la rédaction de candidatures. Le CESE recommande instamment à la Commission d’évaluer les travaux de son bureau de contact européen, et de prendre des mesures d’urgence en cas d’inefficacité avérée, car les agents fournissent souvent des informations différentes, prêtant à confusion et par conséquent peu claires, voire parfois contradictoires.

3.2.5

Le CESE recommande avec force que la Commission élabore et mette en place un portail simple à utiliser, décrivant brièvement toutes les possibilités de financement au niveau de l’UE et comportant des liens renvoyant vers le site web de chaque programme. La Commission a déjà acquis une précieuse expérience avec le portail TED, un portail convivial et riche d’informations.

3.2.6

La réalité est la même s’agissant des rapports qui concernent les projets déjà approuvés, voire terminés. La Commission ne dispose pas de statistiques publiques consolidées sur les projets déjà approuvés pour financement par les différents pays au titre de chaque programme. Ces informations sont incomplètes et fragmentées en différents formats électroniques.

3.2.7

L’impact des projets mis en œuvre au cours de la période de programmation précédente, y compris les défaillances et la mesure dans laquelle les fonds investis ont contribué à atteindre les objectifs européens, devrait faire l’objet d’une analyse approfondie. Il n’existe aucune évaluation de l’incidence des Fonds ESI sur les PME ou de leur contribution au renforcement de la compétitivité. Les États membres et la Commission oublient souvent que les PME sont le principal moteur de création d’emplois et qu’elles ont besoin d’un soutien accru et mieux ciblé.

3.2.8

Le CESE est préoccupé par le degré d’adoption de la simplification des procédures et des coûts parmi les auditeurs travaillant pour la Commission. Souvent, l’on peut constater une approche administrative excessivement formelle, ce qui indique que l’auditeur gagnerait à posséder davantage d’expérience pratique du secteur audité. Le CESE préconise donc de veiller à une communication approfondie entre les experts des différentes directions générales et les auditeurs de la Commission concernant la simplification des procédures, car les règles régissant la dépense des fonds sont assez souvent sujettes à des interprétations divergentes.

3.2.9

En outre, le CESE recommande vivement de prévoir des options simplifiées en matière de coûts au titre du FSE. Par exemple, en vertu de l’article 14, paragraphe 1, la tâche de définir ces options simplifiées est déléguée par la Commission aux États membres, ce qui n’est pas approprié (15). Conformément aux principes directeurs régissant l’application des options simplifiées en matière de coûts en vertu de l’article 14, paragraphe 1, les États membres expriment leur avis au sujet de la définition des coûts simplifiés sur la base de leurs recherches, puis la Commission adopte un acte délégué, ce qui complique cependant inutilement la procédure et amoindrit le pouvoir d’appréciation donné aux États membres. Une solution serait que la Commission définisse les barèmes standards de coûts unitaires et les montants forfaitaires pour les activités relevant généralement du Fonds social européen (FSE), dont le calcul ne serait pas soumis à un audit.

3.2.10

Le CESE estime qu’il serait utile de réduire davantage les indicateurs des programmes opérationnels (PO). La mise en place d’indicateurs communs a été un bon point de départ, mais certains PO comportent toujours un grand nombre d’indicateurs spécifiques, dont certains ont été artificiellement introduits par la Commission pendant le processus de négociation. Le CESE est d’avis que l’attention dans le cadre du suivi des programmes opérationnels devrait se déplacer des indicateurs spécifiques vers les indicateurs communs, cela afin de permettre une meilleure comparaison des mêmes PO dans des États membres différents.

3.2.11

Le CESE se déclare favorable à une utilisation accrue des indicateurs de résultat (par opposition aux indicateurs de réalisation) dans le cadre des Fonds ESI et invite également à accorder une certaine attention à la discrète contribution qu’apportent ces Fonds à la croissance et au développement d’indicateurs environnementaux visant à prendre en compte le nouvel accent transversal placé sur l’environnement.

3.2.12

Le CESE accueille en principe favorablement le fait que les outils de développement local (tels que l’investissement territorial intégré et le développement local mené par les acteurs locaux) offrent davantage de flexibilité et de marge de manœuvre aux bénéficiaires (16). Toutefois, le Comité se demande dans quelle mesure ces instruments peuvent réellement être utilisés sur le terrain, compte tenu de leur grande complexité et de l’absence de clarté quant aux modalités pratiques et à la répartition du financement, des tâches et des responsabilités entre les différents programmes opérationnels.

4. Résultats escomptés des programmes relevant des Fonds ESI

4.1 Recherche-innovation, TIC et développement des PME

4.1.1

S’agissant de la recherche-innovation, le CESE insiste sur la nécessité d’étudier, de suivre de très près et de prendre directement en considération les tendances et l’environnement économiques et technologiques internationaux lorsque des mesures spécifiques sont élaborées à l’échelon européen, et demande que cette information soit ensuite transmise aux États membres. En outre, compte tenu de l’évolution extrêmement rapide que connaissent ces domaines, il y a lieu de mettre en place un cadre offrant un degré élevé de flexibilité, de manière à pouvoir adapter les mesures.

4.1.2

Il importe que la Commission examine en détail, avant de continuer à les soutenir, la nature des pépinières d’entreprises et des centres technologiques mis sur pied au cours de la dernière période de programmation et dans quelle mesure ils ont été durables, et de déterminer avec précision quels résultats ils ont permis d’obtenir grâce à leur contribution à la recherche-innovation dans l’UE, comparés aux principaux concurrents mondiaux. La valeur ajoutée des incubateurs d’entreprises et des centres technologiques, dans le cadre de la promotion de la recherche-innovation, et la transparence de leur financement en général suscitent de nombreuses inquiétudes. Le CESE plaide en faveur d’une analyse et d’une évaluation approfondies du rapport entre investissement et bénéfice au niveau opérationnel, et, en ce qui concerne le retour sur investissement, de la valeur ajoutée et des résultats à long terme.

4.1.3

Le CESE soutient fermement les efforts visant à promouvoir le marché unique numérique et les réalisations citées, qui, selon les estimations, devraient avoir une incidence sur 14,6 millions de foyers et 18,8 millions de personnes. Il serait toutefois utile de savoir si ces chiffres concernant les ménages et les personnes s’appuient sur une analyse correcte, qui tienne compte des pourcentages effectifs de l’ensemble de la population et des ménages européens. Le CESE n’est pas en mesure de juger si le soutien envisagé pour les entreprises sera suffisant pour mener à bien ces objectifs, et invite dès lors la Commission à réaliser une étude d’impact approfondie, qui s’appuierait également sur des indicateurs mesurant les évolutions positives sur le plan de la création d’emplois de meilleure qualité, du bien-être et des niveaux de vie des citoyens européens. La numérisation des services ne signifie pas nécessairement que les emplois créés sont décents ou de bonne qualité. L’absence de recherche approfondie au sujet de l’impact de la numérisation sur le marché du travail met en péril la réalisation des objectifs de la stratégie Europe 2020. Le CESE a déjà fait part, dans plusieurs avis adoptés récemment (17), de ses préoccupations concernant la numérisation et son incidence sur les régimes de sécurité sociale.

4.1.4

Le CESE considère comme totalement inadéquats tant la proportion de PME aidées que le nombre escompté d’emplois créés, et aimerait voir des réalisations plus concrètes à cet égard. Le Comité demande à la Commission d’établir des niveaux de référence des performances moyennes européennes, et d’évaluer et de suivre de près, à l’aune de ceux-ci, les performances des États membres.

4.1.5

Le CESE se déclare quelque peu inquiet s’agissant des modalités d’octroi des aides aux entreprises pour les programmes directement financés par la Commission, étant donné que celles qui se situent dans certains États membres sont de toute évidence en meilleure position pour en bénéficier. À titre d’exemple, selon des statistiques officielles, 36 732 propositions éligibles au total ont été soumises au titre d’Horizon 2020. La ventilation pour les premiers 100 appels est la suivante: 29 794 propositions complètes dans le cadre d’appels à une étape, 5 617 ébauches de propositions pour la première phase des appels en deux étapes, et 1 321 propositions complètes pour la seconde phase des appels en deux étapes. Toutefois, la plupart des propositions provenaient des cinq plus grands États membres: le Royaume-Uni, l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne et la France. Ces pays ont vu un grand nombre de projets de leurs entreprises approuvés tandis que le taux de succès est très faible dans d’autres États membres. Le CESE recommande dès lors vivement de procéder dans les meilleurs délais à une analyse de cette situation et que des mesures soient élaborées et mises en œuvre afin d’améliorer la diffusion de l’information, de promouvoir un accès équitable à ces aides et de garantir un équilibre géographique.

4.1.6

La situation est similaire s’agissant des projets de grande envergure et des évaluateurs désignés: on observe un taux de participation bien plus bas dans les nouveaux États membres. Ceci explique le médiocre profil d’innovation de certains pays: ils n’ont aucun accès aux financements frais provenant directement de l’UE. Il y a lieu de se pencher sans attendre et de manière efficace sur cette question.

4.2 Environnement, changement climatique, énergie et transports

4.2.1

Le CESE se réjouit de la contribution estimée en matière d’efficacité énergétique mais souhaiterait que ces estimations soient exprimées en termes relatifs, afin d’avoir un aperçu plus clair de la réalisation globale des objectifs dans le domaine de la protection de l’environnement et de la lutte contre le changement climatique.

4.2.2

La communication à l’examen note que six États membres comptent affecter près de 2 milliards d’euros aux infrastructures intelligentes d’électricité et de gaz. La question est de savoir si ces projets seront mis en œuvre de façon non coordonnée ou si la Commission a veillé à ce qu’ils soient créateurs de synergies et de valeur ajoutée au niveau européen.

4.2.3

Le CESE attire l’attention sur le manque de méthodologie, d’analyse et d’évaluation concernant le degré d’efficacité des sources d’énergie renouvelables et leur utilité dans la lutte contre le changement climatique. Il n’est pas établi clairement si le changement climatique est dû à la pollution découlant de l’utilisation des sources d’énergie conventionnelles, à la production industrielle ou encore à la hausse du trafic routier et aux gaz que celui-ci émet dans l’environnement. L’introduction de sources d’énergie renouvelables peut avoir des effets négatifs sur la croissance économique, l’énergie produite étant plus coûteuse. Il convient de rechercher des solutions gagnant-gagnant pour éviter cela.

4.2.3.1

Afin d’aborder cette question de la compétitivité, le CESE préconise que la Commission étudie l’impact réel de l’utilisation des sources d’énergie renouvelables et le degré de pollution produite par chaque source conventionnelle. L’allocation des fonds à la lutte contre le changement climatique pourrait donc être plus efficacement ciblée; ces fonds pourraient servir à développer de nouvelles technologies pour mettre au point des voitures propres, à faible coût et assurant un degré élevé de sûreté.

4.3 Emploi, insertion sociale et éducation

4.3.1

Le Comité observe avec un regret certain qu’il n’existe toujours pas de politique cohérente et intégrée en matière de migration et de gestion des flux de réfugiés. L’arrivée de milliers de jeunes et d’enfants sur le territoire européen ces deux dernières années a créé une situation où le risque est élevé de voir des personnes tomber en dessous du seuil de pauvreté européen. Les instruments et les politiques dans ce domaine varient également d’un État membre à l’autre.

4.3.2

Le CESE considère l’intégration des réfugiés comme une question politique importante et urgente mais la politique régionale et les fonds régionaux ne suffisent pas pour relever ce défi complexe: il conviendrait de mettre en place une politique et un Fonds spécifique à cette fin.

4.3.3

La mise en œuvre de l’IEJ a connu un retard important. Le CESE a toujours encouragé l’implication de la société civile dans cet effort, et continue d’exhorter plus particulièrement les États membres à associer les organisations de jeunes et les services de la jeunesse à la mise en œuvre de l’IEJ. Le Comité estime que des analyses plus approfondies sont nécessaires pour déterminer les raisons du lent départ de l’IEJ. Le chômage des jeunes constituant un problème sérieux pour les marchés de l’emploi de nombreux pays de l’UE, la Commission devrait veiller à une mise en œuvre plus efficace de l’IEJ. Une solution possible serait de retarder davantage le délai prévu à l’article 22, point a), du règlement no 779/2015. La ligne directrice de vérification a été adoptée par la Commission le 17 septembre 2015, ce qui ne laisse pas suffisamment de temps aux États membres pour mettre en place leurs structures de gestion dans le délai imparti.

4.3.4

La Commission devrait créer un portail internet consacré spécifiquement à la mise en œuvre de l’IEJ, et présenter des statistiques concernant les objectifs déjà atteints. Le CESE recommande que la Commission collecte l’information auprès des États membres car deux années se sont déjà écoulées depuis le lancement de l’initiative.

4.3.5

Le CESE estime que la Commission devrait avoir conscience du fait que les jeunes inactifs ne constituent pas un groupe homogène, et nécessitent donc différents degrés d’aide et d’intervention, si l’on veut les faire participer pleinement à l’éducation, à la formation et à l’emploi. Tout ceci doit être adapté aux besoins réels des marchés du travail respectifs, afin de garantir de meilleures perspectives d’emploi à l’avenir. À cet effet, le CESE recommande de favoriser, en étroite collaboration avec les employeurs potentiels et leurs organisations respectives, une plus grande participation des jeunes et de leurs organisations à la mise en œuvre de l’IEJ, et de s’éloigner d’une approche purement administrative ne permettant pas la flexibilité dans les plans d’action nationaux relevant de l’IEJ.

4.3.6

L’éducation est la clé de la croissance économique et du développement futurs des États membres, ainsi que du renforcement de la compétitivité de l’Union sur les autres marchés mondiaux. Le manque de travailleurs hautement qualifié dans tous les États membres de l’UE a des retombées très négatives. De plus, l’écart entre l’offre et la demande se concentre dans quelques secteurs spécifiques, notamment ceux de l’ingénierie, des hautes technologies, et des télécommunications. Le CESE estime que le fossé grandissant entre les réalités du monde du travail et les systèmes éducatifs va créer des obstacles structurels à la production au cours des dix à quinze prochaines années. Le CESE recommande de concentrer davantage les fonds dans le domaine de l’éducation sur l’amélioration de l’attractivité et de la qualité des cursus d’enseignement et de formation professionnels et d’entreprendre des réformes visant à une meilleure adéquation entre l’éducation et les besoins du marché du travail, conformément aux besoins des États membres en diverses professions, disciplines, secteurs et domaines. La Commission devrait également investir davantage dans l’éducation des adultes, étant donné que ces derniers représentent le plus grand groupe de chômeurs et de travailleurs en activité et qu’ils ont besoin de compétences de pointe ainsi que de mettre à jour leurs connaissances, notamment dans les nouvelles technologies.

4.4 Renforcer les capacités institutionnelles et l’efficacité de l’administration publique

4.4.1

Il y a lieu de réaliser des analyses fonctionnelles dans chaque État membre afin de renforcer les capacités institutionnelles des pouvoirs publics, et de créer une plateforme européenne d’échange d’informations. Les réformes de l’administration publique et des systèmes judiciaires doivent être précédées d’une étude d’impact portant sur les fonds dépensés au cours de la précédente période de programmation.

4.4.2

L’application par la Commission d’une forme de conditionnalité ex-post durant la période de programmation 2007-2013 préoccupe le CESE. Les nouvelles mesures introduisent, pour la période de programmation actuelle, une conditionnalité ex-ante qui prévoit d’évaluer si les conditions nécessaires à l’utilisation des fonds sont en place avant que les engagements d’investissement ne soient déterminés. Elles établissent également une forme plus contentieuse de conditionnalité macroéconomique. Dans ce dernier cas, l’octroi des fonds est conditionnel pour les gouvernements nationaux et les régions connaissant déjà une forte croissance économique et dotés d’administrations bien organisées et de services publics d’un haut niveau qualitatif. La Commission se réserve le droit de suspendre le financement si ces conditions préalables ne sont pas satisfaites.

4.4.3

Le CESE considère la simplification comme l’un des principaux facteurs de réussite de la mise en œuvre du programme. Bien que le cadre réglementaire pour cette période de programmation contienne suffisamment de mesures d’incitation pour accélérer le processus, il reste une certaine marge pour élaborer une aide de la Commission aux États membres qui soit davantage sur mesure. La Commission devrait exprimer plus clairement sa position concernant l’acceptabilité des différentes pratiques de manière à aider les États membres moins expérimentés à utiliser les différentes options qui s’offrent à eux en matière de simplification (par exemple les options simplifiées en matière de coûts) afin d’accroître la confiance dans le résultat final. Le CESE se déclare préoccupé par le fait que la communication mentionne 750 conditionnalités ex-ante devant être satisfaites par les États membres (18).

5. Coopération territoriale européenne/Interreg

Le CESE recommande instamment que la Commission crée davantage d’indicateurs non liés au PIB permettant de mesurer la qualité de vie et la qualité de la croissance économique.

5.1

Le CESE exprime sa préoccupation quant à l’efficacité des programmes dans les cas de collectivités locales et régionales toujours endettées, bien que l’accroissement de la dette publique soit surtout causé par les activités de l’administration centrale. Cela signifie que certaines régions ou municipalités sont exclues du financement.

5.2

Le règlement relatif aux Fonds ESI est de nature plutôt conservatrice et fixe des limites juridiques à la reprogrammation des accords de partenariat existants. Cette approche est peu opérationnelle et serait inapplicable si une autre crise devait se produire. La lourdeur des procédures entrave la flexibilité dans l’application des Fonds ESI et pourrait compromettre la réalisation des objectifs de la stratégie Europe 2020.

5.3

Les programmes de coopération territoriale devraient être plus largement ouverts aux pouvoirs locaux, en appliquant de manière moins stricte les principes de la division administrative de chaque État membre. En effet, de nombreuses communautés relevant de l’autorité de municipalités ou de départements administratifs ne peuvent participer de manière indépendante aux appels étant donné qu’elles doivent obtenir l’approbation d’une instance supérieure. Cette situation fait obstacle au développement des petites communautés dans les zones de montagne en particulier.

6. Fiches par pays

6.1

La Commission devrait être plus ferme dans le suivi de la mise en œuvre des recommandations dans les différents États membres, notamment en assurant leur promotion et un engagement en faveur du processus dans d’autres États membres. Toutes ces recommandations doivent être mises en œuvre en associant davantage les partenaires sociaux. Il est à noter qu’une insatisfaction croissante par rapport aux réformes en cours a pu être observée au cours des dernières années. Les réformes sont souvent imposées sans tenir compte des différentes traditions nationales. La législation adoptée au niveau européen est mise en œuvre de façon très libérale dans certains États membres, et très conservatrice dans d’autres. Pour cette raison, une plus grande appropriation est nécessaire de la part des acteurs sociaux.

6.2

Les États membres seront confrontés à une procédure de reprogrammation très complexe, qui entraînera un surcroît de bureaucratie étant donné qu’elle prévoit les mêmes obligations que pour l’élaboration d’un accord de partenariat (indicateurs de performance, conditions, etc.), ce qui signifie mobiliser de nouveaux experts et consentir des dépenses supplémentaires. Imposer aux travailleurs en place trop d’obligations supplémentaires peut entraîner chez eux une baisse d’efficacité, à savoir l’effet inverse à celui souhaité.

6.3

Les partenaires sociaux et autres parties prenantes représentées dans les comités de suivi des PO se plaignent souvent du pouvoir de l’administration nationale dans la prise de décisions et de la pression qui s’exerce afin de présenter des données financières au lieu de se concentrer sur les véritables améliorations. Elles déplorent aussi l’absence d’une analyse du rapport coûts/bénéfices.

Bruxelles, le 25 mai 2016.

Le président du Comité économique et social européen

Georges DASSIS


(1) Règlement (UE) no 1303/2013.

(2) Décision de la Commission européenne du 10.7.2015, C(2015) 4806 final.

(3) JO L 270 du 15.10.2015, p. 1; JO L 347 du 20.12.2013, p. 289; JO L 347 du 20.12.2013, p. 259; JO L 347 du 20.12.2013, p. 259; JO L 347 du 20.12.2013, p. 487.

(4) COM(2012) 727 final; COM(2013) 144 final; JO C 120 du 26.4.2013, p. 1; JO L 72 du 12.3.2014, p. 1.

(5) JO L 74 du 14.3.2014, p. 1.

(6) JO L 352 du 24.12.2013, p. 1; JO L 204 du 31.7.2013, p. 11; JO L 248 du 24.9.2015, p. 9.

(7) https://ec.europa.eu/priorities/publications/president-junckers-political-guidelines_fr.

(8) Voir la note de bas de page no 1.

(9) Ce groupe est chargé de recenser les bonnes et les mauvaises pratiques, contribuant ainsi à diffuser les possibilités de simplification entre les autorités des États membres. Ses travaux contribueront à réaliser les objectifs généraux du programme «Mieux légiférer» et de l’initiative «Budget axé sur les résultats», COM(2015) 639, p. 6.

(10) Voir la note de bas de page no 2.

(11) Voir la note de bas de page no 3.

(12) Voir la note de bas de page no 4.

(13) Un plan d’investissement pour l’Europe, COM(2014) 903 final.

(14) Livre vert «Construire l’union des marchés des capitaux»; «Accès au financement pour les PME»; «L’entreprise familiale en Europe comme source de croissance renouvelée et d’emplois de meilleure qualité».

(15) L’article 14, paragraphe 1, du règlement (UE) no 1304/2013 précise: «Outre les méthodes visées à l’article 67 du règlement (UE) no 1303/2013, la Commission peut rembourser les dépenses des États membres sur la base de barèmes standards de coûts unitaires et de montants forfaitaires fixés par elle».

(16) Le développement local mené par les acteurs locaux (DLAL).

(17) JO C 13 du 15.1.2016, p. 40.

(18) «Communication de la Commission — Investir dans la croissance et l’emploi — Optimiser la contribution des Fonds structurels et d’investissement européens», COM(2015) 639 final, p. 14.


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