| CELEX | 52016AE1953 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | jeudi 14 juillet 2016 |
| 21.10.2016 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 389/60 |
Avis du Comité économique et social européen sur la «Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil européen, au Conseil, au Comité économique et social européen, au Comité des régions et à la Banque européenne d’investissement — Sidérurgie: préserver l’emploi et une croissance durables en Europe»
[COM(2016) 155 final]
(2016/C 389/08)
| Rapporteur: | Andrés BARCELÓ DELGADO |
| Corapporteur: | Enrico GIBELLIERI |
Le 4 avril 2016, la Commission européenne a décidé, conformément à l’article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, de consulter le Comité économique et social européen (CESE) sur la:
«Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil européen, au Conseil, au Comité économique et social européen, au Comité des régions et à la Banque européenne d’investissement — Sidérurgie: préserver l’emploi et une croissance durables en Europe»
[COM(2016) 155 final].
La commission consultative des mutations industrielles (CCMI), chargée de préparer les travaux du Comité en la matière, a adopté son avis le 22 juin 2016.
Lors de sa 518e session plénière des 13 et 14 juillet 2016 (séance du 14 juillet 2016), le Comité économique et social européen a adopté le présent avis par 194 voix pour, 1 voix contre et 3 abstentions.
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le Comité économique et social européen: |
| 1.1.1. | demande aux institutions de l’Union que la garantie de conditions équitables pour l’industrie sidérurgique constitue pour elles une priorité essentielle; |
| 1.1.2. | accueille favorablement la communication de la Commission qui vise à relever les défis auxquels se trouve confrontée l’industrie sidérurgique européenne dans le contexte de la crise actuelle et à préserver des emplois et une croissance durables en Europe; |
| 1.1.3. | réclame le rétablissement immédiat du groupe de haut niveau sur l’acier, car certaines questions spécifiques ne peuvent être traitées dans le cadre du vaste groupe de haut niveau sur les industries grandes consommatrices d’énergie; |
| 1.1.4. | demande à la Commission qu’après son rétablissement, le groupe de haut niveau sur l’acier comprenne les États membres, la Commission, la Banque européenne d’investissement (BEI), les partenaires sociaux, le secteur et les syndicats, la plateforme technologique européenne de l’acier et les centres de compétences; |
| 1.1.5. | invite instamment le Conseil et la Commission à définir une feuille de route, assortie d’engagements précis concernant sa mise en œuvre et dotée de ressources et d’objectifs qui permettent de faire face aux menaces et aux défis décrits dans l’analyse de la communication; |
| 1.1.6. | encourage la Commission à élaborer un rapport de suivi dans un an sur la manière dont les mesures énoncées dans la communication ont été mises en œuvre; |
| 1.1.7. | incite la Commission à renforcer considérablement l’efficacité et l’efficience des instruments de défense commerciale et d’en accélérer le fonctionnement afin de pouvoir s’attaquer sans délai aux pratiques commerciales déloyales des pays exportateurs et rétablir des conditions de concurrence équitables; |
| 1.1.8. | invite les institutions de l’Union, aussi longtemps que la Chine ne respecte pas les cinq critères (1) pour être considérée comme un pays à économie de marché, à utiliser une méthode non standard dans les enquêtes en matière de dumping et de subventions sur les importations chinoises, au titre de la section 15 du protocole d’accession de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce (OMC); |
| 1.1.9. | exige que toute modification du traitement des importations chinoises soit accompagnée de mesures appropriées en vue d’empêcher que les entreprises de l’Union européenne ne soient lésées par des pratiques commerciales déloyales; |
| 1.1.10. | signale, en particulier aux États membres, qu’il est important de mener à bien l’adoption du train de mesures visant à moderniser les instruments de défense commerciale, car il permettra d’accélérer le processus et de supprimer les «éléments OMC+» du système de l’Union européenne, notamment la «règle du droit moindre»; |
| 1.1.11. | insiste sur le fait que, comme les droits à l’importation pour les produits sidérurgiques sont égaux à zéro dans le code des douanes communautaire, il est impératif que la règle du droit moindre soit supprimée en ce qui concerne les produits sidérurgiques; |
| 1.1.12. | se félicite de l’engagement de la Commission à accélérer l’adoption de mesures provisoires; en ce qui concerne le calcul de la marge de préjudice, la pratique actuelle en matière de fixation du bénéfice cible doit être mieux définie, de manière transparente, afin de veiller à ce que les bénéfices cibles soient réalistes, de favoriser la recherche et développement (R & D) en Europe et de supprimer effectivement le préjudice; |
| 1.1.13. | reconnaît que la réintroduction du système de surveillance préalable pour certains produits sidérurgiques aidera la Commission à traiter comme il se doit les importations déloyales, avec la possibilité d’engager des poursuites lorsque la menace de préjudice devient une pratique généralisée; |
| 1.1.14. | demande instamment à la Commission d’enregistrer les importations avant l’adoption de mesures provisoires et d’appliquer à titre rétroactif des droits antidumping définitifs et/ou des droits compensateurs trois mois avant l’adoption des mesures provisoires en vertu du règlement antidumping de base; |
| 1.1.15. | encourage la Commission à demander que les autres partenaires commerciaux soient entièrement transparents en ce qui concerne les aides et les soutiens indirects de l’État à l’industrie sidérurgique, en demandant leur engagement d’éviter les interventions publiques en faveur d’installations qui ne sont pas en mesure de survivre si elles sont soumises aux forces du marché; |
| 1.1.16. | invite la Commission et les États membres à définir une méthode claire et efficace pour gérer le processus de restructuration d’une manière socialement durable en actualisant de manière appropriée tous les instruments disponibles afin de tenir compte de la situation économique mondiale actuelle et en évitant que l’amorce de consolidation de l’industrie sidérurgique de l’Union européenne se fasse de manière unilatérale aux dépens des travailleurs; |
| 1.1.17. | réaffirme l’importance de promouvoir le dialogue social afin de renforcer la capacité des travailleurs à s’adapter aux nouveaux défis. À cette fin, la Commission et les partenaires sociaux devront s’accorder sur une feuille de route précise et un calendrier détaillé; |
| 1.1.18. | demande à la Commission de revoir les règles spécifiques actuelles en matière d’aides d’État pour évaluer la possibilité d’inclure le secteur sidérurgique dans le cadre général; |
| 1.1.19. | exhorte la Commission, compte tenu des spécificités du Fonds de recherche du charbon et de l’acier (FRCA), à:
|
| 1.1.20. | encourage le Parlement européen et le Conseil à veiller à ce que, dans le cadre du processus de révision du système d’échange de quotas d’émission (SEQE), les installations les plus efficaces reçoivent des quotas entièrement gratuits, sans restrictions, afin d’inciter de manière significative les autres installations à améliorer leurs performances; |
| 1.1.21. | souligne que la pleine compensation des coûts indirects résultant de l’augmentation des prix de l’électricité engendrée par le système d’échange de quotas d’émission et le soutien aux énergies renouvelables doivent s’effectuer d’une manière harmonisée pour éviter les distorsions actuelles du marché unique de l’Union européenne; |
| 1.1.22. | demande à la Commission de prendre les mesures nécessaires pour s’assurer que les transferts de déchets hors de l’Europe soient gérés et traités dans le strict respect des normes de protection de l’environnement et de la santé humaine; |
| 1.1.23. | invite instamment la Commission et les États membres à prendre en compte et à récompenser comme il se doit, dans le cadre des règlements régissant les marchés publics, les systèmes volontaires en faveur de la durabilité mis au point par le secteur sidérurgique et destinés à accroître l’engagement des entreprises vis-à-vis des générations actuelles et futures, car ils constituent la meilleure manière de promouvoir le développement durable dans l’ensemble du marché de l’Union européenne. |
2. Introduction
| 2.1. | La Commission reconnaît que l’industrie sidérurgique, qui représente 1,3 % du produit intérieur brut (PIB) de l’Union européenne, sert de base aux chaînes de valeur de nombreux secteurs industriels, fournit 328 000 emplois directs et qu’elle a des retombées encore plus importantes sur les emplois indirects. Cette industrie est présente partout en Europe, avec plus de 500 sites de production dans 24 États membres. |
| 2.2. | Le secteur sidérurgique a été durement touché par un afflux d’importations commercialisées de manière déloyale, lesquelles ont poussé à la baisse les prix de l’acier et remis en question la viabilité de l’ensemble du secteur à court terme. Cette situation intervient au lendemain d’une crise économique de sept ans qui a durement frappé le secteur et entraîné la perte de quelque 90 000 emplois directs. |
| 2.3. | Les installations qui ont survécu à la crise opèrent avec un personnel réduit et une marge de manœuvre limitée. À cela s’ajoutent les prix élevés de l’énergie et les incidences de la politique environnementale et climatique, qui constituent des handicaps supplémentaires dans les efforts que l’industrie sidérurgique européenne livre pour rétablir sa compétitivité à l’échelle internationale. Enfin, les difficultés du secteur sont également liées aux politiques d’austérité qui le pénalisent, en particulier sur les marchés de la construction, des techniques du bâtiment, des transports et des infrastructures. |
| 2.4. | Malgré les excellentes performances technologiques de l’industrie sidérurgique de l’Union, la baisse de la demande en provenance des pays émergents et la surcapacité au niveau mondial, en particulier en Chine, ont créé une situation sans précédent, qui appelle des mesures exceptionnelles et urgentes. |
| 2.5. | En Chine, les effets conjugués de la surcapacité et des pratiques commerciales déloyales ont conduit à une augmentation considérable des exportations, qui a déstabilisé les marchés mondiaux de l’acier et fait chuter les prix au niveau mondial. Étant donné que le marché de l’Union européenne est l’économie la plus ouverte au monde, exempte de droits et d’entraves techniques aux échanges, la majeure partie de la légère reprise économique sur ce marché a été absorbée par des importations déloyales à des prix extrêmement bas. |
| 2.6. | La Commission a ouvert dix nouvelles enquêtes sur les pratiques commerciales déloyales dans le secteur de l’acier. La situation est loin d’être normale et il y a lieu de prendre des mesures urgentes et à long terme pour faire face à cette évolution. |
| 2.7. | L’emploi et l’investissement dans le secteur ont plongé. Si aucune action n’est entreprise, il faut s’attendre à de nouvelles pertes d’emplois à brève échéance. |
| 2.8. | Le CESE déplore que la feuille de route du plan d’action pour l’acier de 2013 n’ait pas été actualisée et que certaines de ses actions semblent se trouver dans une impasse. |
| 2.9. | Comme le CESE l’a souligné dans son avis du 11 décembre 2013 (2), le plan d’action pour l’acier de 2013 était «un plan d’action global pour la sidérurgie» (3). Malheureusement, le CESE ne peut pas émettre le même jugement à propos de la communication à l’examen, dépourvue de buts concrets et d’objectifs précis à court, à moyen et à long terme. |
| 2.10. | Le CESE note que le plan d’action européen pour l’acier était plus détaillé et qu’il proposait une feuille de route comportant des mesures spécifiques visant à protéger l’industrie sidérurgique européenne. |
| 2.11. | À la suite de plusieurs réunions du Conseil «Compétitivité», du Conseil européen du 17 mars 2016 et de la réunion du G7 au mois de mai 2016, le CESE estime que la volonté politique essentielle est évidente et que le moment est venu de transformer cette volonté en mesures efficaces à même de rétablir des conditions de concurrence équitables dans l’industrie sidérurgique de l’Union européenne. |
3. Politique commerciale
3.1. Défense commerciale
| 3.1.1. | L’Union européenne entend demeurer le champion du commerce ouvert et libre au niveau mondial pour autant que les échanges s’effectuent dans des conditions de marché équitables. En l’absence de règles en matière de concurrence internationale, les instruments de défense commerciale sont d’une importance cruciale pour lutter contre les pratiques déloyales qui portent préjudice à l’industrie de l’Union. |
| 3.1.2. | Le CESE se félicite de l’engagement de la Commission d’accélérer encore l’adoption de mesures provisoires pour ce qui est de ses procédures internes et de la mise à disposition des ressources nécessaires. La modification des pratiques actuelles et la réalisation de visites de vérification, après l’imposition de mesures provisoires, pourraient faire en sorte que ce processus soit plus rapide, sans qu’il soit nécessaire de modifier les règlements de base. |
| 3.1.3. | Dans le cas des procédures antisubventions, le CESE invite instamment la Commission à étendre les enquêtes à l’ensemble des régimes de subvention mis au jour dans le cadre des enquêtes, même s’ils n’étaient pas mentionnés dans la plainte initiale. |
| 3.1.4. | La Commission et l’Union européenne dans son ensemble doivent aborder la question du statut d’économie de marché de la Chine (SEM) d’une manière qui ne compromette pas l’efficacité des mesures antidumping. Le paragraphe 15, point a) ii), du protocole d’accession de la Chine à l’OMC pourrait expirer en décembre 2016. Cela ne devrait cependant pas entraîner la reconnaissance automatique et imméritée du statut d’économie de marché à la Chine, à moins que ce pays ne remplisse les critères établis dans le règlement antidumping de base de l’Union européenne. |
| 3.1.5. | Le CESE souhaite que l’évaluation d’impact que la Commission réalise actuellement ait un caractère global et sectoriel, et prenne également en considération les répercussions spécifiques, en particulier sur certaines régions européennes, de l’octroi du statut d’économie de marché à la Chine en l’absence de mesures d’accompagnement adéquates et réellement efficaces. |
3.2. Surcapacité
| 3.2.1. | Le CESE reconnaît les efforts déployés par la Commission dans les négociations bilatérales ou multilatérales en vue de parvenir à un accord sur la réduction des capacités et la transparence en matière d’aides d’État. En revanche, le bilan de ces négociations bilatérales et multilatérales est loin d’être satisfaisant. |
| 3.2.2. | Pour s’attaquer aux causes de la surcapacité, il faut qu’il existe un engagement fort à faire rapport périodiquement sur les régimes d’aides d’État et les mesures spécifiques convenues sous l’égide de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et de l’OMC. |
| 3.2.3. | Le CESE espère que le Conseil inclura les chapitres relatifs à l’énergie et aux matières premières dans le mandat de chaque nouvel accord de libre-échange (ALE), ce qui permettra à la Commission d’introduire ces chapitres dans les négociations générales menées pour chacun de ces accords. |
| 3.2.4. | En outre, il importe que le plein respect des droits des organisations de la société civile, des syndicats et des travailleurs en ce qui concerne les questions d’environnement figure parmi les points importants des négociations à venir et des nouveaux accords. |
| 3.2.5. | La Commission devrait rendre publics les cas où un pays ne remplit pas ses engagements en ce qui concerne la transparence et la notification des aides d’État, et considérer de telles attitudes comme non coopératives dans les actions en défense commerciale. |
| 3.2.6. | Les négociations diplomatiques ne peuvent empêcher l’imposition de mesures correctrices de défense commerciale lorsqu’elles sont nécessaires. |
4. Investissements
| 4.1. | Le Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS) accroît en fait les capacités de prise de risques sur le marché pour soutenir les projets d’investissement viables développés par des entreprises sidérurgiques de l’Union européenne. Il est toutefois regrettable que peu de sociétés puissent actuellement y accéder, car les conditions du marché de l’acier ne permettent pas de garantir un retour sur investissement approprié en raison du niveau très bas des prix. |
| 4.2. | L’accent doit être mis sur la création d’un cadre garantissant un rendement adéquat de l’investissement industriel dans la sidérurgie. Dans le contexte actuel, des fonds considérables sont disponibles grâce à la politique monétaire menée par la Banque centrale européenne (BCE). |
| 4.3. | Il importe de stimuler les investissements dans l’industrie sidérurgique européenne afin de moderniser les installations et les équipements, et d’encourager les activités de R & D concernant de nouveaux produits et processus. |
5. Investir dans les ressources humaines
| 5.1. | Le CESE approuve pleinement la communication de la Commission. Toutefois, celle-ci est dépourvue d’un plan d’action détaillé visant à s’assurer que la sidérurgie continue d’attirer des jeunes de talent. Le CESE demande aux États membres et à la Commission de définir une méthode précise et efficace pour gérer les processus de restructuration d’une manière socialement durable, en recourant à tous les instruments disponibles (FEM, Fonds structurels, etc.), de manière à renforcer leur flexibilité et leur capacité à répondre aux défis des mutations rapides de l’économie mondiale. Pour favoriser le dialogue social en vue d’améliorer les compétences des travailleurs afin qu’ils puissent s’adapter aux nouveaux défis, il est nécessaire que la Commission et les partenaires sociaux définissent d’un commun accord une feuille de route précise et un calendrier détaillé. |
| 5.2. | Certains États membres sont intervenus au titre des règles actuelles en matière d’aides d’État pour soutenir l’industrie sidérurgique, qui demeure cruciale pour l’ensemble de l’industrie manufacturière en aval. Ces interventions publiques ont pris des formes diverses, telles que le soutien aux investissements en matière de R & D, les technologies économes en énergie, les investissements visant à protéger la santé et la sécurité des travailleurs ainsi que les compensations pour les coûts énergétiques indirects. |
| 5.3. | Afin de maintenir les compétences dans un marché cyclique à la baisse, des mesures telles que le chômage partiel, l’emploi de courte durée (Kurzarbeit en Allemagne), des systèmes de remplacement du personnel (contrato de relevo en Espagne) et des contrats de solidarité (en Italie) ont été mises en œuvre. |
6. Politique de concurrence et flexibilité des aides d’État pour la R & D
Le CESE invite la Commission à organiser un atelier avec les États membres et les partenaires sociaux au cours du second semestre de 2016 afin d’élaborer des lignes directrices pour la mise en œuvre de la flexibilité prévue dans le cadre des nouvelles règles en matière d’aides d’État.
7. R & D
| 7.1. | La plateforme technologique européenne de l’acier (ESTEP) a établi de vastes partenariats associant l’ensemble de l’industrie sidérurgique européenne, ses fournisseurs et ses clients (secteurs des transports, de la construction et de l’énergie), les PME, les organismes de recherche publics et privés, les représentants des pouvoirs publics et des syndicats. |
| 7.2. | La nouvelle feuille de route en matière de recherche et d’innovation proposée par la Commission européenne a été soigneusement examinée par les groupes de travail de l’ESTEP et son programme révisé aborde déjà certains thèmes qui présentent un intérêt pour le secteur de l’acier. |
| 7.3. | Le FRCA a pris avec succès le relais de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) en 2002. La recherche collaborative dans le secteur sidérurgique européen, à la fois au sein du FRCA et du programme-cadre, a été encouragée et renforcée au cours des dix dernières années. Le groupe miroir de l’ESTEP rassemble des représentants de 20 des 28 États membres. |
| 7.4. | Une condition essentielle pour disposer d’une industrie sidérurgique concurrentielle en Europe est de rester à la pointe de la technologie, en préservant et en développant les capacités du secteur sidérurgique de l’Union européenne en matière de R & D. À cet égard, le FRCA est un instrument crucial et unique en son genre. En septembre 2013, la Commission européenne a publié un rapport de suivi et de contrôle qui a clairement démontré l’efficacité de ce Fonds. |
| 7.5. | Récemment, la DG Recherche et innovation a décidé, pour des motifs purement administratifs, de réduire le rôle étendu et essentiel de l’industrie dans la gestion du programme FRCA, mettant ainsi en péril son lien direct avec le secteur. Le CESE presse la Commission de revenir sur cette décision. |
8. Énergie
| 8.1. | La Commission ne saurait revendiquer d’avoir réussi à réduire l’écart de prix entre les États-Unis d’Amérique et l’Union européenne, car cette réduction a eu lieu sans son intervention. Cet écart reste inacceptable et nuit gravement à la compétitivité de l’industrie sidérurgique de l’Union européenne. |
| 8.2. | Des mesures actives devraient être prises afin de s’assurer que les prix de l’énergie ne sapent pas la compétitivité de l’industrie sidérurgique de l’Union européenne. |
9. Réexamen du système d’échange de quotas d’émission (SEQE)
| 9.1. | Le CESE se félicite des conclusions du Conseil européen (23 et 24 octobre 2014) affirmant qu’il est nécessaire de parvenir à un équilibre entre les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, d’une part, et de préservation de la compétitivité de l’industrie européenne, d’autre part. |
| 9.2. | L’industrie sidérurgique européenne est la plus respectueuse de l’environnement dans le monde entier, et l’Union européenne doit agir pour éviter la délocalisation d’installations de production vers des pays tiers où les normes environnementales sont moins contraignantes et les émissions plus élevées que dans l’Union européenne. |
| 9.3. | Aucun facteur de réduction linéaire ne devrait être appliqué de manière arbitraire aux référentiels, car cela réduirait la quantité de quotas alloués à titre gratuit en dessous des niveaux techniquement et économiquement viables. |
| 9.4. | La révision des référentiels doit reposer sur des niveaux réalistes, techniquement et économiquement viables, qui offrent une indemnisation complète aux installations les plus efficientes. |
| 9.5. | Les industries à forte intensité de capital, comme l’acier, ont besoin d’un cadre réglementaire clair et prévisible, établi longtemps à l’avance, afin de permettre une planification adéquate des investissements nécessaires. Toutes les parties prenantes doivent être associées à une discussion ouverte et constructive en ce qui concerne la réforme du SEQE de l’Union européenne. |
| 9.6. | Le Fonds pour l’innovation est un instrument précieux, mais ne devrait pas réduire le niveau de l’allocation de quotas gratuits disponibles pour la protection contre les fuites de carbone. Des emplois durables doivent être créés dans la nouvelle économie, dont la sidérurgie est une composante essentielle. Une transition juste doit en effet veiller à établir des passerelles pour que les travailleurs concernés puissent trouver un emploi dans les secteurs en expansion, tout en garantissant leurs conditions de travail et leurs droits syndicaux. |
| 9.7. | Le CESE insiste sur le fait que le SEQE ne doit pas être réformé au détriment des travailleurs de l’industrie sidérurgique. Toute réforme doit concilier les objectifs climatiques ambitieux de l’Union européenne avec un renouvellement et une modernisation du secteur de l’acier, et veiller à ce que l’industrie sidérurgique européenne soit relancée et modernisée tout en œuvrant à la réalisation des objectifs climatiques européens. |
10. Économie circulaire: recyclage
| 10.1. | Le recyclage est une démarche essentielle pour l’environnement. L’acier, parce qu’il est un matériau permanent, se prête de manière idéale au recyclage. Toutefois, rien ne prouve sur le plan économique que le recyclage «doi(ve) réduire les coûts de production». À quelques exceptions près, la réalité montre en effet que le phénomène inverse. Si le recyclage constituait une activité purement économique, il ne serait absolument pas nécessaire de le promouvoir, car tous les opérateurs économiques passeraient automatiquement au recyclage sans aucun cadre réglementaire. |
| 10.2. | Le CESE ne peut souscrire à l’affirmation selon laquelle les critères de fin du statut de déchet ont contribué à stimuler une plus forte demande en acier recyclé. L’application des critères de fin du statut de déchet est limitée à quelques États membres de l’Union européenne et, contrairement à ce que soutient la Commission, elle n’a pas contribué à améliorer la qualité de la ferraille. Ce niveau réduit d’application tient au fait que celle-ci fait peser des charges administratives et réglementaires sur le commerce interne de la ferraille, sans apporter aucun avantage ou aucune amélioration au processus de recyclage. |
| 10.3. | Le paquet «économie circulaire» affiche beaucoup de bonnes intentions, mais manque de l’ambition nécessaire pour être en mesure de promouvoir effectivement l’utilisation de sous-produits, tels que les scories, sans charges administratives superflues, que certains États membres cherchent à imposer. L’utilisation de sous-produits contribue de façon importante à la réduction de l’utilisation des ressources naturelles et du recours à des sites de décharge. |
| 10.4. | L’acier n’est jamais consommé, mais il est perpétuellement transformé; l’utilisation de ressources naturelles pour produire de l’acier pour la première fois est donc un processus de transformation qui met ce produit à disposition sous une forme plus «pratique» pour des usages ultérieurs (cycles de vie), et qui réduit ainsi à moyen ou à long terme la pression exercée sur les ressources naturelles. |
Bruxelles, le 14 juillet 2016.
Le président du Comité économique et social européen
Georges DASSIS
(1) Règlement (CE) no 1225/2009 du Conseil (JO L 343 du 22.12.2009, p. 51, ci-après le «règlement antidumping de base»).
(2) JO C 170 du 5.6.2014, p. 91.
(3) COM(2013) 407.
Avis institutionnel — 52016AB0061
28/12/2016
Position (UE) n° 1/2017 du Conseil en première lecture en vue de l'adoption du règlement du Parlement européen et du Conseil concernant les contrôles officiels et les autres activités officielles servant à assurer le respect de la législation alimentaire et de la législation relative aux aliments pour animaux ainsi que des règles relatives à la santé et au bien-être des animaux, à la santé des végétaux et aux produits phytopharmaceutiques, modifiant les règlements du Parlement européen et du Conseil (CE) n° 999/2001, (CE) n° 396/2005, (CE) n° 1069/2009, (CE) n° 1107/2009, (UE) n° 1151/2012, (UE) n° 652/2014, (UE) 2016/429 et (UE) 2016/2031, les règlements du Conseil (CE) n° 1/2005 et (CE) n° 1099/2009 ainsi que les directives du Conseil 98/58/CE, 1999/74/CE, 2007/43/CE, 2008/119/CE et 2008/120/CE, et abrogeant les règlements du Parlement européen et du Conseil (CE) n° 854/2004 et (CE) n° 882/2004, les directives du Conseil 89/608/CEE, 89/662/CEE, 90/425/CEE, 91/496/CEE, 96/23/CE, 96/93/CE et 97/78/CE ainsi que la décision 92/438/CEE du Conseil (règlement sur les contrôles officiels) Adoptée par le Conseil le 19 décembre 2016 (Texte présentant de l'intérêt pour l'EEE. )
19/12/2016
Avis institutionnel — 52016AB0060
15/12/2016
P8_TA(2016)0508 Liste des pays tiers dont les ressortissants sont soumis à l'obligation de visa ou exemptés de cette obligation: révision du mécanisme de suspension ***I Résolution législative du Parlement européen du 15 décembre 2016 sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (CE) n° 539/2001 fixant la liste des pays tiers dont les ressortissants sont soumis à l'obligation de visa pour franchir les frontières extérieures des États membres et la liste de ceux dont les ressortissants sont exemptés de cette obligation (révision du mécanisme de suspension) (COM(2016)0290 — C8-0176/2016 — 2016/0142(COD)) P8_TC1-COD(2016)0142 Position du Parlement européen arrêtée en première lecture le 15 décembre 2016 en vue de l’adoption du règlement (UE) 2017/… du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (CE) n° 539/2001 du Conseil fixant la liste des pays tiers dont les ressortissants sont soumis à l’obligation de visa pour franchir les frontières extérieures des États membres et la liste de ceux dont les ressortissants sont exemptés de cette obligation (révision du mécanisme de suspension)
15/12/2016