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AccueilDroit européen52016AE3406
Avis institutionnel52016AE3406

Avis du Comité économique et social européen sur la «Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — Normes européennes pour le XXIe siècle» [COM(2016) 358 final]

CELEX52016AE3406
TypeAvis institutionnel
Datejeudi 20 octobre 2016

Résumé IA

Cet avis du Comité économique et social européen (CESE) approuve la stratégie de la Commission visant à moderniser le système européen de normalisation, en le rendant plus rapide, plus inclusif et mieux adapté aux enjeux numériques et environnementaux. Le CESE insiste sur la nécessité de renforcer la participation des PME et des parties prenantes de la société civile, tout en maintenant la primauté des normes volontaires et en assurant une meilleure articulation avec les législations nationales et européennes. Pour un professionnel du droit français, ce texte confirme l'orientation vers une normalisation plus agile et ouverte, susceptible d'impacter les obligations techniques et réglementaires dans des secteurs clés comme l'économie numérique ou l'écoconception.

Texte intégral

2.2.2017

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 34/86


Avis du Comité économique et social européen sur la «Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — Normes européennes pour le XXIe siècle»

[COM(2016) 358 final]

(2017/C 034/13)

Rapporteur:

Antonello PEZZINI

Consultation

Commission européenne, 17 août 2016

Base juridique

Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne

COM(2016) 358 final

Compétence

Marché unique, production et consommation

Adoption en section spécialisée

4 octobre 2016

Adoption en session plénière

20 octobre 2016

Session plénière no

520

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

147/0/2

1. Conclusions et recommandations

1.1.

Le Comité économique et social européen (CESE) estime qu’une nouvelle vision est essentielle pour organiser un système européen de normalisation (SEN) qui sache s’adapter à des contextes internationaux en évolution constante et puisse être le vecteur d’avantages de plus en plus importants pour les entreprises, les consommateurs, les travailleurs et l’environnement.

1.2.

En sa fonction de «maison de la société civile», le CESE accorde une importance toute particulière à ce que le SEN soit davantage transparent et inclusif, et il revendique le rôle d’anticipation active qui est le sien pour ce qui est de l’orientation stratégique, de la mise en œuvre et de la diffusion des normes, ainsi que du soutien à une culture de la normalisation.

1.3.

Le CESE souligne qu’il importe de renforcer le rôle stratégique de la normalisation technique, afin d’assurer:

—

des biens et services sûrs, de qualité et affichant de bonnes performances,

—

un degré toujours plus élevé de protection du consommateur et de l’environnement,

—

des niveaux d’innovation plus élevés, pour la compétitivité des entreprises.

1.4.

Le CESE se félicite du lancement de l’initiative commune sur la normalisation (ICN), qui réunit les partenaires publics et privés du SEN aux fins de définir une approche commune pour la détermination des priorités, s’agissant de développer des actions conjointes destinées à moderniser et à simplifier l’adoption des normes.

1.5.

Le CESE s’inquiète toutefois du caractère limité des indications pratiques pour la mise en œuvre et de la modestie de la dotation en ressources financières, lesquelles sont cruciales pour convertir une vision commune novatrice en stratégies et actions concrètes de modernisation.

1.6.

Sur ce point, le CESE recommande que le partenariat public-public ICN (1) soit implanté, sur les plans organisationnel et financier, au sein des initiatives technologiques conjointes au titre d’Horizon 2020 (2), avec pour objectif:

—

d’assurer la réalisation d’objectifs technico-normatifs bien définis dans le secteur de l’industrie, des services et de la consommation,

—

de parvenir à concentrer mieux et davantage les ressources financières, humaines et cognitives sur des priorités partagées.

1.7.

Le CESE soutient la Commission européenne s’agissant d’élaborer un système intégré et structuré qui aura pour objectif de mettre à exécution une stratégie commune aboutissant à réduire les cloisonnements dans le domaine des normes et de leurs systèmes de programmation.

1.8.

En conséquence, le CESE prône, pour les stratégies d’action normative, un système de gouvernance amélioré, qui tienne compte de la convergence des technologies et de l’informatisation des entreprises et des services, ainsi que des compétences nouvelles et croissantes en matière sociale et environnementale, et qui soit à même d’épauler l’actuel comité technique pour la normalisation.

1.9.

Le dialogue interinstitutionnel européen sur la normalisation doit garantir que tous les acteurs représentatifs puissent jouer un rôle privilégié. Il conviendrait que les groupes permanents d’évaluation et de pilotage soient constitués au sein des institutions de l’Union européenne, en particulier avec le CESE et le Comité des régions (CdR), compte tenu des compétences que leur attribue l’article 114 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne concernant leur consultation obligatoire.

1.10.

De l’avis du CESE, il s’impose de renforcer, au sein du SEN et des directions générales de la Commission qui sont compétentes en la matière, les capacités d’utilisation coordonnée de l’instrument que constitue la normalisation technique, qui est pertinent pour les différents secteurs, en particulier celui des services.

1.11.

Le Comité juge qu’il est prioritaire d’enclencher une action qui vise à développer une véritable et authentique culture européenne de la normalisation et s’étende des niveaux de base de l’enseignement jusqu’aux décideurs politiques et aux négociateurs d’accords internationaux, en lançant et en soutenant une campagne européenne percutante de sensibilisation.

1.12.

Le CESE souligne que pour être véritablement novatrice, une politique européenne de normalisation devra obéir avant tout au principe de la satisfaction du client, à savoir les citoyens, les entreprises et les travailleurs, et qu’elle devra atteindre des niveaux élevés en matière de sécurité, qualité et efficacité, de création d’emplois et de compétitivité internationale, grâce à une approche équilibrée et souple entre l’établissement de normes et la créativité (3).

2. Le système de normalisation technique face aux défis européens et mondiaux

2.1.

La normalisation technique joue un rôle déterminant pour le fonctionnement du marché intérieur et la compétitivité internationale des produits et des services, en tant qu’elle constitue un instrument stratégique pour assurer la qualité, le bon fonctionnement et la garantie de sécurité des biens et des services, l’interopérabilité des réseaux et des systèmes, des degrés élevés de protection des entreprises, des travailleurs, des consommateurs et de l’environnement, ainsi que des niveaux accrus de performance en matière d’innovation et d’inclusion sociale.

2.2.

À la lumière des nouvelles évolutions technologiques, des priorités politiques et des tendances mondiales, notamment s’agissant des services et de la révolution informatique, il est nécessaire de revoir le SEN, afin d’en préserver les nombreux éléments qui ont été une réussite, de pallier ses insuffisances et de veiller à un juste équilibre entre les dimensions européenne et nationale ainsi qu’entre la liberté d’innovation, la créativité et l’interopérabilité technique et normative et, plus généralement, afin de répondre aux nouvelles exigences et attentes des entreprises, des consommateurs, des travailleurs et de la société européenne dans son ensemble.

2.3.

En sa fonction de «maison de la société civile», le CESE est tout particulièrement attaché à ce que le SEN soit davantage transparent et inclusif, et il revendique un rôle toujours plus axé sur l’anticipation en matière d’orientation stratégique, de mise en œuvre et de diffusion des normes, ainsi que de soutien à une culture de la normalisation, en tant que fondement de la réussite des entreprises et des générations futures.

2.4.

Le CESE a toujours soutenu qu’«un processus européen de normalisation rapide, efficace et associant à sa démarche les parties prenantes constitue non seulement un pilier essentiel de l’architecture du marché unique, qui est la clé de voûte de l’intégration européenne et de la stratégie Europe 2020 destinée à la réaliser, mais aussi et surtout un facteur fondamental de la compétitivité de l’économie européenne et un instrument de stimulation de l’innovation» (4). C’est précisément pour cette raison que nous avons besoin de normes claires et transparentes, afin de protéger tant les consommateurs et les entreprises que l’environnement et la société.

2.5.

Les principaux objectifs généraux du SEN consistent, tout en assurant des niveaux élevés de protection des consommateurs, des travailleurs et de l’environnement, à accroître la contribution des normes et du processus de normalisation européenne à la libre circulation des biens et des services dans le marché intérieur, afin de stimuler la croissance et l’innovation et de favoriser la compétitivité des entreprises européennes, et notamment des petites et moyennes entreprises (PME), grâce à des processus d’élaboration plus amples mais rapides, inclusifs et transparents, tant au niveau national qu’au niveau européen, sur la base de critères reconnus tels que ceux prévus dans l’accord de l’Organisation mondiale du commerce sur les obstacles techniques au commerce et dans le règlement (UE) no 1025/2012.

2.6.

Récemment, le CESE a souligné que «la normalisation européenne doit contribuer […] à compléter et à enrichir les processus à l’œuvre dans les économies mondiales», et plaidé pour que «la culture européenne de la normalisation soit plus présente et occupe une place plus importante dans les processus mondiaux de normalisation» (5), notamment grâce à une action de sensibilisation concernant la communication, la facilité d’accès et le coût des contenus.

2.6.1.

Par ailleurs, il est important de maintenir un juste équilibre entre la normalisation et la créativité (6), en offrant, notamment aux artisans et aux petites entreprises, la garantie qu’ils pourront s’exprimer librement et enrichir des produits et services, dans le respect des limites de base fixées par les normes.

2.7.

La normalisation européenne est appelée à jouer un rôle essentiel dans la création et le fonctionnement du marché unique des biens et des services, grâce à l’harmonisation progressive, au niveau de l’Union européenne, de normes nationales qui sont souvent susceptibles de créer des obstacles techniques à l’accès aux marchés des États membres et au commerce et échanges intra-européens.

2.8.

En raison de la convergence des technologies et de l’informatisation de la société, des entreprises et des services publics, la dichotomie traditionnelle entre la normalisation générale et celle du numérique est en train de s’estomper, comme l’a notamment bien montré un autre avis (7) du CESE, si bien qu’il y a lieu de disposer d’une approche cohérente, au sein de la Commission, pour concevoir la normalisation et en définir les priorités.

2.9.

Eu égard aux préférences exprimées par plusieurs acteurs économiques et industriels de l’Union en faveur de normes internationales ISO/CEI, il devient particulièrement important de renforcer le SEN pour garantir que ces normes internationales s’appuient sur une normalisation européenne rapide, efficace et incluant toutes les parties prenantes, en particulier pour ce qui concerne la représentation des petites entreprises, des consommateurs et des autres acteurs concernés.

2.10.

Une intensification du développement de normes européennes volontaires dans le domaine des services serait susceptible de stimuler l’emploi et la croissance, sous la forme de prestations transfrontières renforcées dans ce domaine et d’une intégration accrue des marchés, en ce qu’elle donne la possibilité d’exploiter pleinement le potentiel que le secteur possède pour l’économie européenne tout en préservant et en respectant les conditions de travail et de vie au plan local, et contribue à réduire les obstacles qui résultent de l’utilisation de systèmes nationaux de certification.

2.11.

En réponse à l’évolution rapide des cycles technologiques, à l’accroissement de la complexité et aux interactions accrues dans les systèmes industriels et à l’effacement progressif des frontières entre les produits, les services et les technologies de l’information et de la communication, la Commission a lancé une initiative commune sur la normalisation qui réunit les partenaires publics et privés du SEN, grâce à la définition, que le CESE avait appelée de ses vœux, d’une vision commune partagée et d’une démarche commune de concentration sur une série d’initiatives visant à moderniser, à définir des priorités et à accélérer et à simplifier la procédure d’adoption des normes d’ici la fin 2019, au moyen d’actions dans les domaines suivants:

—

sensibilisation et formation pour une meilleure compréhension du SEN,

—

diligence, qualité et alignement des priorités et des plans normatifs sur le cadre de la recherche et de l’innovation,

—

coordination, coopération, transparence et inclusivité par rapport aux instances de représentation, y compris de taille mineure,

—

association active et transparente de toutes les parties intéressées à la démarche,

—

compétitivité et dimension internationale, avec le développement de modèles normatifs communs.

3. Les propositions de la Commission

3.1.

La communication de la Commission offre une vision assortie d’un programme de normalisation qui prévoit une série d’objectifs de modernisation du SEN:

—

initiative commune sur la normalisation — ICN: un processus novateur de partenariat entre les organisations européennes et nationales de normalisation, l’industrie et les associations professionnelles, les PME, les associations de consommateurs, les syndicats, les associations de protection de l’environnement, les États membres, l’Association européenne de libre-échange (AELE) et la Commission, avec pour objectif de développer des actions concrètes afin d’accélérer et de rationaliser les travaux de normalisation technique,

—

normes techniques et réglementaires européennes pour les services: un guide visant à encourager le développement de normes européennes volontaires dans le secteur des services, à réduire les obstacles résultant de normes nationales et des régimes de certification et à améliorer les informations destinées aux prestataires de services,

—

dialogue interinstitutionnel structuré entre le Parlement européen, le Conseil, la Commission, le CESE et le CdR: un système de rapport annuel et un retour d’information sur la mise en œuvre de la politique de l’Union européenne en matière de normalisation,

—

présentation de programmes de travail annuels: le programme de travail 2017 établit les priorités annuelles du SEN.

3.2.

La Commission, en particulier dans le secteur des services, entend:

—

procéder à des analyses des domaines dans lesquels les normes nationales s’opposent ou se chevauchent,

—

définir des critères pour établir les priorités en matière de normes européennes pour les services,

—

produire une révision ciblée collectant des informations sur les normes nationales applicables et les pratiques en matière d’autorisations relatives aux normes et certificats,

—

demander au CEN de recenser annuellement les domaines dans lesquels les normes de service nationales sont susceptibles de s’opposer ou de se chevaucher, ainsi que les lacunes potentielles en matière de développement de normes,

—

prendre en compte la dimension européenne avant d’envisager l’élaboration d’une norme nationale;

—

recommander aux États membres d’étudier l’utilisation de normes européennes relatives aux services.

3.2.1.

La Commission propose en outre que les informations sur les normes européennes harmonisées soient plus aisément disponibles, grâce à l’amélioration de l’accès au portail numérique unique proposé dans la stratégie pour le marché unique.

4. Observations générales

4.1.

Le CESE souscrit lui aussi, une fois de plus (8), à l’idée qu’il est urgent de procéder à une modernisation effective et opérante du SEN, qui est évoquée depuis plus de cinq ans, et estime qu’une nouvelle vision commune et des actions concrètes sont indispensables pour répondre, toujours sur une base volontaire, aux défis mondiaux de la normalisation par un processus novateur de collaboration, fondé sur le consensus, pour mettre au point des normes en temps utile dans un environnement technologique en évolution rapide.

4.2.

De l’avis du CESE, il convient d’enclencher le processus normatif dès les phases de recherche et développement, par des actions de conormalisation et de prénormalisation, et de renforcer les mécanismes de transfert des normes européennes au niveau international, avec le soutien de l’industrie et des organisations représentatives des PME, des consommateurs, des partenaires sociaux, des défenseurs de l’environnement et des acteurs pertinents de la société civile.

4.3.

Afin que les actions de modernisation du SEN, telles que mentionnées dans le document commun de l’ICN, deviennent opérantes et efficaces sur le plan intérieur et international, le CESE estime qu’il faut, en priorité:

—

aligner les systèmes de programmation, d’élaboration et de suivi des différents cadres européens de référence, en en renforçant la coordination,

—

mettre en place un cadre pluriannuel renforcé de dotation financière pour les organismes de normalisation européens et leurs composantes nationales, afin que les actions prévues bénéficient d’un suivi concret (9),

—

encourager, financièrement et sur le plan organisationnel, une participation inclusive des organisations et instances de représentation les plus faibles et les moins bien équipées, au moyen d’actions concernant le développement de normes technico-normatives, la «sensibilisation et formation pour une meilleure compréhension» et l’inclusivité «européenne», ainsi que dans le domaine de la «dimension internationale».

4.3.1.

Sur ce point, le CESE recommande de lancer une initiative de partenariat public-privé au titre des initiatives technologiques conjointes (ITC) d’Horizon 2020, qui emprunte la voie tracée par l’initiative conjointe sur la normalisation et soit assortie d’une enveloppe financière adéquate et d’un dispositif structuré pour définir les stratégies et les priorités.

4.4.

Le CESE s’inquiète également de constater que, hormis le comité «Normes» et les initiatives louables que sont l’initiative commune sur la normalisation et le dialogue structuré, il n’existe pas d’architecture forte et novatrice qui agence les priorités, tant entre les diverses politiques de l’Union européenne et les différentes directions générales qui les mettent en œuvre qu’entre les instruments de programmation.

4.4.1.

De l’avis du CESE, il s’impose dès lors de disposer d’un nouvel organisme de gouvernance pour assurer l’élaboration et le suivi de stratégies d’action normative qui reprennent l’ensemble des différents aspects de la normalisation, de ses volets scientifiques et technologiques jusqu’à ses enjeux sociaux et environnementaux, et qui vienne épauler l’actuel comité technique pour la normalisation.

4.4.2.

Le Comité estime que face aux demandes pressantes du Conseil de mars 2015 à ce sujet, il n’est pas possible de se cantonner dans une démarche de «train-train habituel» si l’on veut répondre à l’urgente nécessité de réaliser des progrès pour moderniser et valoriser vigoureusement le SEN. Le dialogue interinstitutionnel structuré mené au niveau européen sur la question de la normalisation devrait assurer qu’un rôle privilégié d’anticipation soit reconnu aux instances représentatives, dont, en particulier, le CESE et le CdR, compte tenu des compétences que leur attribue l’article 114 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne concernant leur consultation obligatoire.

5. Observations particulières

5.1.

Des normes techniques européennes établies rapidement et en temps voulu. Il existe des divergences d’intérêts pour ce qui est de la rapidité et de la difficulté d’appliquer une solution unique applicable dans tous les cas pour réduire les délais nécessaires et les carences dans le suivi des processus. Il est plus important d’agir dans les temps voulus que rapidement, dès lors que la rapidité peut nuire au dégagement d’un consensus.

5.2.

Soutien à la compétitivité des entreprises européennes. Il y a lieu de vaincre les obstacles à la participation des PME aux processus d’élaboration ou de mise en œuvre des normes et de renforcer les liens entre la normalisation, d’une part, et l’innovation et les projets de recherche, d’autre part, notamment grâce à des actions de développement des capacités en faveur des petites entreprises.

5.3.

Soutien à la législation et aux politiques de l’Union. On note une demande croissante de normes pour appuyer la législation et les politiques menées par l’Union européenne afin d’obtenir la normalisation souhaitée: il apparaît nécessaire d’accroître les capacités de coordination intercommunicationnelle entre les divers intervenants et acteurs intéressés.

5.4.

Amélioration des capacités d’anticipation. La nécessité se fait sentir d’accroître les aptitudes à réagir ponctuellement aux besoins d’anticipation normative dans la définition des processus de normalisation européens, afin, notamment, de réduire le risque d’être confronté à l’existence de normes nationales susceptibles d’affaiblir l’efficacité générale du SEN.

5.5.

Inclusivité. Il y a lieu d’améliorer les capacités représentatives des acteurs de la société civile et des organisations de moindre envergure, grâce à des actions de développement des capacités des acteurs concernés. Le CESE a déjà eu l’occasion de souligner «l’importance de faciliter l’accès au processus de normalisation pour les PME et les acteurs sociétaux» et d’insister sur «un suivi approfondi des efforts menés par les acteurs principaux de la normalisation, et ce afin de renforcer la dimension d’inclusivité du SEN» (10). Il convient d’octroyer aux organisations visées à l’annexe III un statut spécifique de membre ou de partenaire, assorti d’obligations et de droits, notamment celui d’émettre des avis.

5.6.

Soutien aux normes européennes au niveau mondial. Il est nécessaire d’agir de manière plus percutante et d’accroître la capacité représentative, la compétence et la cohérence, au premier chef dans le cadre de l’ISO/CEI/UIT, tout particulièrement pour les petites entreprises, les consommateurs et les milieux environnementaux, ainsi que dans les enceintes internationales et pour les accords de libre-échange.

5.7.

Gouvernance. Il y a lieu:

—

de repenser les structures de gouvernance et de coordination, dans le sens de l’efficacité,

—

d’améliorer les réseaux interopérationnels de communication de la Commission entourant le processus normatif,

—

d’harmoniser les méthodes de travail grâce à des structures de programmation transparentes et inclusives reposant sur des partenariats public-privé, ainsi que des mécanismes de dialogue interactif.

5.8.

Soutiens financiers pluriannuels. Il est indispensable de disposer d’un cadre pluriannuel de dotation financière qui soit destiné non seulement à mener une recherche de prénormalisation et de conormalisation (11), à lancer des actions relevant des problématiques «science et société» et «sciences sociales et humaines» et à faire émerger une conscience et une culture largement répandue de la normalisation, mais qui ait également pour visée de soutenir des stratégies et des actions pilotes concrètes en matière normative dans des secteurs de pointe, grâce à l’utilisation du cofinancement dans le cadre général et normatif d’Horizon 2020.

5.9.

Structures et stratégies pour l’avenir. Il y a lieu de réaliser des analyses d’impact des futures normes internationales sur le marché européen et des analyses prospectives sectorielles et intersectorielles. Des évaluations régulières des actions arrêtées et un suivi de l’efficacité de leur mise en œuvre doivent être effectués, avec le recours à des dispositifs spécifiques dans les institutions, par exemple un groupe permanent sur la normalisation au sein du CESE ou des instances analogues au Parlement européen et au CdR.

5.10.

La normalisation comme instrument des politiques de l’Union européenne. Pour toutes les politiques européennes, il s’impose de renforcer, au sein du SEN et des différentes directions générales de la Commission qui sont compétentes en la matière, les capacités d’activation et d’utilisation coordonnée de l’instrument que constitue la normalisation technique, qui est pertinent pour les différents secteurs.

5.11.

Dialogue interinstitutionnel structuré. Le CESE estime que cet instrument doit être totalement interactif et axé sur l’anticipation, tirant parti des activités des groupes permanents au sein des institutions grâce à la participation, dès le début du travail de programmation, du CESE et du CdR, étant donné les compétences que le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (12) leur attribue, en particulier, dans le cas du premier, pour ce qui concerne le marché intérieur, dont la normalisation constitue une partie intégrante.

Bruxelles, le 20 octobre 2016.

Le président du Comité économique et social européen

Georges DASSIS


(1) En anglais, Joint Initiative on Standardisation (JIS).

(2) Voir par exemple le partenariat public-public de métrologie.

(3) Voir l’avis TEN/593 — Priorités pour la normalisation en matière de TIC dans le marché unique numérique (JO C 487 du 28.12.2016, p. 92).

(4) JO C 376 du 22.12.2011, p. 69.

(5) JO C 177 du 18.5.2016, p. 1.

(6) Voir note 3.

(7) Voir note 5.

(8) Voir note 4.

(9) Voir l’annexe I de l’ICN, à la rubrique de la stratégie du marché unique, 13 juin 2016, Amsterdam.

(10) «Normalisation européenne pour 2016» (JO C 303 du 19.8.2016, p. 81).

(11) Voir le programme EMPIR pour la métrologie (2014-2020).

(12) Voir en particulier l’article 114 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne.


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