| CELEX | 52016AE5923 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | jeudi 30 mars 2017 |
| 30.6.2017 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 209/1 |
Avis du Comité économique et social européen sur les «Stratégies de diversification du tourisme nautique et maritime»
(avis exploratoire)
(2017/C 209/01)
| Rapporteur: | Tony ZAHRA |
| Consultation | Présidence maltaise du Conseil, 19 septembre 2016 |
| Base juridique | Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Compétence | Section spécialisée «Marché unique, production et consommation» |
| Adoption en section spécialisée | 9 mars 2017 |
| Adoption en session plénière | 30 mars 2017 |
| Session plénière no | 524 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 179/0/0 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Compte tenu de désavantages tels que la distance, les difficultés d’accès et l’insularité, le CESE estime qu’il convient de trouver pour les îles un régime fiscal favorable qui tienne compte des efforts particuliers consentis en matière d’investissement, de maintien et de création d’emplois et d’adaptation des horaires d’ouverture des entreprises, le tout en vue d’atténuer les effets de la saisonnalité. |
| 1.2. | Bien que le secteur du tourisme dispose d’une forte capacité de résilience et se rétablisse rapidement en temps de crise, il importe d’analyser et de traiter les défis et les chances à saisir que l’on peut escompter dans le secteur du tourisme nautique et maritime, tout particulièrement en Méditerranée, compte tenu de sa grande importance et de son apport substantiel à l’économie européenne. Dans le cadre de la procédure d’évaluation, il convient de prendre dûment en compte la comparabilité avec les destinations concurrentes. Il est capital d’élaborer une législation et des politiques plus intelligentes, tout comme de réduire la bureaucratie pour les PME. |
| 1.3. | Il convient de créer et de promouvoir davantage de liaisons à destinations multiples dans la région, tout en faisant valoir la nécessité de soutenir parmi les États membres des mesures de promotion conjointes ou régionales. Le CESE préconise que les États membres adoptent également de solides stratégies de mercatique aux fins de la diversification et de l’adaptation aux évolutions des préférences et des goûts des clients. Toutefois, il est également nécessaire d’évaluer dans le cadre de ce processus les disparités qui peuvent se manifester concernant le caractère abordable pour les citoyens de l’offre de services touristiques dans ce secteur. |
| 1.4. | Étant donné que le tourisme nautique et côtier est fortement tributaire des écosystèmes marins, il importe que les États méditerranéens intensifient leur coopération régionale afin de protéger ceux-ci. Dans ce contexte, le Comité préconise de mettre sur pied pour la Méditerranée occidentale un groupement d’États membres et de pays tiers afin de traiter conjointement de la croissance bleue (1), ainsi que des infrastructures bleues et vertes afin de rétablir les écosystèmes dégradés. |
| 1.5. | Les activités de construction ou de poldérisation de la mer sur le plateau continental à faible profondeur détruisent de manière irréversible les habitats sous-marins. En Méditerranée, le plateau continental est étroit et il est nécessaire de protéger ces zones marines contre de tels phénomènes. Il convient également, le cas échéant, d’envisager des mesures compensatoires et la constitution de réserves budgétaires. |
| 1.6. | Le développement du tourisme nautique et maritime doit se fonder sur les principes du développement durable à long terme. Pour ce faire, il est nécessaire de concevoir un outil opérationnel et mesurable. Le CESE recommande de développer un mécanisme d’indicateurs harmonisés et durables, à l’intention notamment des États et des régions insulaires qui sont fortement tributaires des activités côtières. Pour y parvenir, le «système européen des indicateurs de tourisme» conçu par la Commission européenne pourrait constituer une excellente plate-forme. |
| 1.7. | Développer un mécanisme d’indicateurs durables requiert également de compiler des données économiques précises. Le tourisme est une industrie d’une très grande complexité, qui recouvre un ensemble divers de relations entre de nombreux acteurs différents. À cette fin, l’on pourrait développer des instruments de collecte de données en rapport au moyen d’une extrapolation du modèle du compte satellite. |
| 1.8. | L’incidence du changement climatique sur l’environnement marin appelle un dialogue sur des solutions novatrices. Il convient d’accorder la priorité à des mesures spécifiques pour les territoires vulnérables. Le Comité attire l’attention sur la récente communication de la Commission relative à la gouvernance internationale des océans et sur le train de 14 mesures que celle-ci prévoit (2). Le septième programme d’action de l’Union européenne pour l’environnement, qui court jusqu’en 2020, et les objectifs de l’Union européenne en matière d’adaptation aux changements climatiques et d’atténuation de leurs effets, s’attachent en premier lieu à des secteurs d’infrastructure, tels que l’énergie et les transports, et à des aspects spécifiques liés au tourisme côtier et maritime. En outre, la Banque européenne d’investissement fournira aux PME des financements pour investir dans le tourisme et/ou dans les régions de convergence. |
| 1.9. | La gestion des déchets est une question hautement préoccupante pour le tourisme nautique et maritime, sachant que le tourisme est lui-même une source non négligeable de déchets. Le Fonds mondial pour la nature (WWF) estime que plus de 80 % de la pollution marine sont le produit d’activités à terre. L’abandon de déchets sauvages en milieu marin ne fait qu’accentuer ce problème. Il s’impose dès lors de prendre des mesures innovantes capables d’atténuer les problèmes liés aux déchets, en sus d’appliquer les réglementations de manière coordonnée et efficace. Le Comité plaide en faveur d’une application harmonisée des conventions internationales de manière à favoriser le renforcement des capacités dans les pays tiers. |
| 1.10. | Au vu des perspectives de croissance du secteur, c’est l’ensemble de la chaîne de gestion des déchets, de leur collecte à leur élimination, qui constitue un défi majeur, notamment dans des espaces confinés tels que les îles. Dans ce contexte, le CESE recommande également de forger une «alliance pour le patrimoine naturel» qui rassemblerait les îles et les zones côtières, ainsi que les principaux acteurs dans le domaine de l’environnement, tels que les fondations et les organisations internationales, pour placer les îles et les zones côtières européennes à la pointe des mesures en faveur d’un environnement mondial propre favorisées par des approches intégrées du tourisme. |
| 1.11. | Investir dans le capital humain constitue un préalable indispensable d’une croissance durable et compétitive. Toutefois, le secteur n’attire pas suffisamment les travailleurs qualifiés, en raison principalement de son manque d’attrait sur les plans de la progression de carrière et de la pérennité de l’emploi. Le Comité recommande de concevoir un plan d’action stratégique pour attirer et retenir un flux régulier de travailleurs qualifiés intéressés par un emploi à long terme dans le secteur. Ce plan d’action doit formuler des propositions concrètes fondées sur une approche scientifique et pratique afin d’accroître l’attrait qu’exerce cette industrie. |
2. Observations générales
| 2.1. | La présidence maltaise a demandé au CESE d’élaborer un avis exploratoire sur les «Stratégies de diversification du tourisme nautique et maritime» dans le contexte plus large de stratégies innovantes pour développer un environnement plus compétitif en Europe, en s’attachant tout particulièrement au bassin méditerranéen. |
| 2.2. | Le tourisme est une puissante industrie à l’échelle mondiale et recèle un fort potentiel d’emplois et de développement économique, comme le reconnaît l’article 195 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. En 2014, le secteur du tourisme pesait plus de 1 600 milliards d’euros, ce qui représente presque 10 % de l’ensemble du PIB de l’Union européenne, et l’on estime que ses retombées directes, indirectes et induites sous-tendaient 25 millions d’emplois dans l’Union européenne (3). Aussi, la présidence maltaise de l’Union européenne a retenu la branche maritime du secteur du tourisme comme l’un des domaines prioritaires. Développer des produits touristiques et des services maritimes pertinents pourrait contribuer au potentiel de croissance dans les zones côtières et insulaires de l’Union européenne. Il est dès lors nécessaire de mettre en évidence les tendances et les perspectives actuelles pour dresser un tableau plus précis des possibilités d’innovation en fonction du caractère spécifique du tourisme nautique et maritime. |
| 2.3. | Le tourisme nautique et maritime est le principal sous-secteur du tourisme, ainsi que la plus importante activité maritime en Europe. Il emploie presque 3,2 millions de personnes, génère une valeur ajoutée brute totale de 183 milliards d’euros (4) et possède également un potentiel en matière de création d’emplois et de «croissance bleue» durable. Afin de promouvoir l’Europe en tant que première destination nautique au monde, les infrastructures européennes de tourisme insulaire et côtier doivent offrir aux utilisateurs des services appropriés et novateurs, y compris en matière d’accessibilité, tout en garantissant aux communautés locales de pouvoir se développer durablement. Le tourisme nautique «intérieur», qui opère dans de nombreux pays européens au bord des lacs, des rivières, etc., relève également de ce secteur; aussi, il constitue un facteur dont il y a lieu de tenir compte au cours du processus de réexamen. Ce secteur est également associé à une importante industrie de construction navale pour les bateaux de plaisance et les navires de croisière, dans laquelle l’Europe tient une place éminente au sein de l’économie mondiale. |
3. Propositions du CESE pour de nouveaux paradigmes en matière de politique du tourisme
| 3.1. | Au fil des ans, le Comité a adopté des avis sur la politique du tourisme en général et sur le tourisme insulaire et côtier en particulier. Il a proposé de développer des programmes d’apprentissage tout au long de la vie destinés spécifiquement aux îliens travaillant dans le secteur touristique, et préconisé de mettre sur pied une école interrégionale, située sur une île occupant une situation stratégique et fondée sur un concept semblable à celui d’un «Erasmus pour les étudiants et les travailleurs du secteur touristique». |
| 3.2. | Le CESE estime que la définition des îles qu’emploie l’Union européenne est inadaptée et qu’il y a lieu de la revoir pour tenir compte des réalités nouvelles d’une Union européenne élargie à laquelle appartiennent des États membres insulaires. Dans l’idée de promouvoir l’Europe en tant que destination touristique incontournable à l’échelle mondiale, il recommande également de développer la coopération macrorégionale (par exemple la stratégie pour l’Adriatique et la mer Ionienne, la stratégie pour la mer Baltique et la stratégie pour le Danube), de manière à résoudre des problèmes tels que l’accessibilité. Ceci requiert qu’une continuité territoriale de haute qualité soit à l’œuvre à partir des îles vers le continent. |
| 3.3. | Le changement climatique requiert de prendre des mesures déterminantes d’adaptation en faveur de la résilience des îles à cet égard dans tous les secteurs de leurs économies. Le CESE a recommandé de mettre en place un «test spécifique du changement pour les îles», qui recouvre des questions telles que l’énergie et les transports (sous l’angle des infrastructures et de l’accessibilité), la montée du niveau des mers, la dégradation de la diversité biologique et d’autres problèmes importants. |
| 3.4. | Les économies des îles sont devenues excessivement tributaires d’un tourisme le plus souvent saisonnier et il s’impose donc de les diversifier. Le Comité a souligné qu’en considérant l’économie bleue comme une source inépuisable de richesses inexploitées et qu’en invoquant avec tant d’insistance la croissance bleue, comme s’il s’agissait d’une panacée capable de guérir tous les maux de l’économie européenne, l’on risque de renforcer les diverses pressions que subissent déjà les côtes et les mers de l’Union européenne. Par conséquent, la pérennité à long terme doit demeurer un principe fondamental qui guide la conception et la mise en œuvre des mesures. |
| 3.5. | La communication de la Commission sur «Une stratégie européenne pour plus de croissance et d’emploi dans le tourisme côtier et maritime», adoptée en 2014 (5), aborde les lacunes que l’on observe actuellement en matière de gouvernance et pose un cadre pour la coopération entre les pouvoirs publics et des partenariats public-privé, y compris au moyen du groupement d’entreprises et de stratégies intégrées sur un territoire. Au regard des spécificités de chaque bassin maritime, cette communication propose 14 mesures concrètes, qui touchent à l’investissement des entreprises, à la forte saisonnalité, à la diversification et à l’innovation pour les produits, à la connectivité, à l’accessibilité, à l’amélioration des infrastructures, au développement des compétences et à la protection de l’environnement marin. La mise en œuvre du plan d’action est en cours (6). |
4. Propositions du CESE pour des stratégies de diversification du tourisme nautique et maritime
4.1. Approche environnementale intersectorielle
| 4.1.1. | De nombreux efforts ont été consentis au fil des ans pour attirer l’attention des décideurs de haut niveau et des parties prenantes sur le lien entre l’océan et le climat. Ils ont débouché sur l’inclusion de la question des océans dans l’accord de Paris signé en 2015 et dans le rapport spécial sur l’océan du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Ces efforts requièrent de soutenir la mise en œuvre de l’accord de Paris, y compris le renforcement des capacités techniques des États membres à développer des voies technologiques en vue d’un avenir à faibles émissions de carbone. Le transport maritime cause 2,5 % environ des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. L’Union européenne préconise une approche d’ensemble de la réduction des émissions produites par le trafic maritime international, sachant que l’on prévoit que celles provoquées par le trafic maritime connaîtront une augmentation significative d’ici à 2050. Selon la deuxième étude de l’Organisation maritime internationale (OMI) sur les gaz à effet de serre (disponible en anglais), l’on pourrait réduire jusqu’à 75 % la consommation d’énergie et les émissions de CO2 des navires en appliquant des mesures opérationnelles et en mettant en œuvre les technologies existantes. Nombre de ces mesures présentent un bon rapport coût/efficacité et produisent un bénéfice net, puisque les coûts, quels qu’ils soient, de fonctionnement ou d’investissement sont compensés sous la forme d’une réduction des factures de combustible. Il est possible d’obtenir de telles réductions grâce à la mise en œuvre de nouvelles technologies novatrices. |
| 4.1.2. | La Méditerranée est l’une des plus importantes régions du monde en raison de ses caractéristiques exceptionnelles en matière de diversité biologique, mais c’est l’une de celles qui sont plus vulnérables que d’autres face au changement climatique. Le tourisme côtier à grande échelle est l’un des principaux facteurs à l’origine des pertes environnementales dans cette région. Toutefois, la Méditerranée recouvre aussi une valeur naturelle élevée qui lui confère une importance fondamentale pour la sauvegarde de la diversité biologique. À cet égard, il est impératif de coopérer à l’échelle de cette région pour protéger les écosystèmes marins. Le programme de financement LIFE+ de l’Union européenne soutient les objectifs de la stratégie de cette dernière en matière de diversité biologique et ouvre la possibilité de financer des projets novateurs de tourisme côtier et maritime. |
| 4.1.3. | La gestion des déchets est une importante source de préoccupation pour le secteur, notamment sur les îles, qui connaissent une très forte saisonnalité. La plupart des îles pourraient connaître des difficultés à faire face au nombre important de visiteurs durant les périodes de pics de fréquentation, qui appellent des investissements considérables dans la fourniture d’une eau convenable ou dans des installations de traitement des déchets. La conclusion de la convention sur la diversité biologique (CDB) procure un cadre d’action légitime au plan mondial pour lutter contre les menaces qui pèsent sur le patrimoine naturel, qu’il soit question de lutter contre les déchets marins, les microplastiques ou encore de réduire en permanence, puis de supprimer, les sacs en plastique à usage unique. |
| 4.1.4. | Divers études et rapports font valoir que pour le tourisme côtier européen, l’«écologisation» est une démarche judicieuse sur le plan commercial. L’Union européenne doit encourager les États membres à intensifier leurs efforts pour adopter des pratiques écologiques en matière de tourisme et mettre sur pied des programmes écologiques qui atténuent les effets du changement climatique. Il convient d’appuyer cette démarche en promouvant l’écotourisme en ce que ce segment de marché soutient le tourisme nautique. |
| 4.1.5. | Ces défis accroissent d’autant la nécessité que le développement du tourisme nautique et maritime suive les principes du développement durable. Toutefois, ce dernier doit se fonder sur un modèle opérationnel et mesurable, qui établisse un système d’indicateurs afin de suivre et d’enregistrer les activités et les évolutions du tourisme maritime, à l’intention notamment des États et régions insulaires. Les destinations doivent également veiller à établir des seuils d’intensité touristique qui, s’ils venaient à être franchis, entraîneraient de nombreux problèmes qui auraient des effets néfastes sur ce secteur et sa pérennité à long terme. Ces seuils concernent en particulier:
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| 4.1.6. | Le «système européen des indicateurs de tourisme» conçu par la Commission européenne en 2013, et revu en 2016 (7), constitue un outil de gestion volontaire qui définit une série d’indicateurs clés pour aider les destinations touristiques à suivre et à mesurer leurs performances en matière de tourisme durable. |
| 4.1.7. | À cet égard, l’Agence européenne pour la sécurité maritime constitue une très précieuse source d’information, de données statistiques et de conseils, qui jouent un rôle capital dans le processus de mise en place des principes du développement durable. |
| 4.1.8. | Il convient également de faire état de l’avis du CESE sur les «Îles intelligentes», s’agissant notamment d’adopter les bonnes pratiques. |
| 4.1.9. | Le projet des opérations européennes de suivi des écosystèmes marins, mené dans le cadre du projet ERA-LEARN 2020 de l’espace européen de recherche (action de coordination et de soutien, ACS) et financé par le programme Horizon 2020, peut également constituer une autre ressource précieuse pour réaliser cet objectif. |
| 4.1.10. | Nombre d’organisations et d’institutions ont contribué à la démarche de protection de l’environnement, tels que le WWF, la plate-forme Océan et climat, la Conférence des régions périphériques maritimes d’Europe, Greenpeace et diverses structures des Nations unies, qui ont œuvré de concert avec les diverses structures de l’Union européenne et dans le cadre d’une coopération renforcée entre les gouvernements et les parties prenantes publiques et privées. Il est nécessaire de poursuivre cette démarche pour autant que l’on entende demeurer sur la voie de la réussite. |
| 4.1.11. | Des écosystèmes marins sains et des zones côtières ou insulaires préservées contribuent de nombreuses manières à une croissance durable et à la création d’emplois. Le tourisme et l’agriculture, les pêches, l’aquaculture et la sylviculture sont des secteurs essentiels qui produisent des effets significatifs sur la préservation de la diversité biologique ou qui importent pour intégrer cette dernière. Il convient également d’accorder une attention toute particulière à d’autres questions en rapport que sont une production alimentaire durable et la sécurité alimentaire. Il est indispensable de développer dans un cadre intégré les politiques sectorielles qui contribuent à préserver la diversité biologique. S’agissant de la question des écosystèmes marins, le CESE attire l’attention sur la directive établissant un cadre pour la planification de l’espace maritime (8) et sur la Convention de Barcelone de 1995 (9). |
| 4.1.12. | La pollution marine provient souvent des eaux usées non traitées et de l’agriculture, mais la surpêche commerciale, les déversements d’hydrocarbures et d’autres substances dangereuses, ainsi que l’introduction d’espèces non indigènes, figurent également parmi les menaces qui pèsent sur les écosystèmes marins. La mauvaise gestion des eaux de ballast peut aussi avoir une incidence considérable sur l’environnement (10). Ces derniers sont une source essentielle de diversité biologique et l’Union européenne est en train de prendre un certain nombre de mesures pour parvenir à un environnement marin sain et pour accroître la capacité des écosystèmes à résister aux changements climatiques dans les eaux marines européennes d’ici à 2020. Cette situation exige une étroite coopération entre toutes les parties prenantes. |
| 4.1.13. | Dans ce contexte, le choix des instruments d’application revêt une importance stratégique afin de faire en sorte que tous les secteurs économiques tirent parti des nouvelles possibilités suscitées par des écosystèmes sains. Dans le même temps, la transparence, une consultation en bonne et due forme et la responsabilité sont essentielles pour que le tourisme relève du concept général de bonne gouvernance. Comme le déclare la Convention sur la diversité biologique (11), l’utilisation efficace des ressources et l’économie circulaire constituent des préalables incontournables pour encourager les progrès et le développement durable dans ce domaine. |
| 4.1.14. | Il convient de développer des politiques de sensibilisation afin d’en améliorer le respect en recourant à des incitations en faveur d’activités propres de tourisme nautique et maritime (y compris les activités connexes telles que la navigation de plaisance, la pêche, l’approvisionnement alimentaire, etc.). Dans ce contexte, il convient de développer des programmes intersectoriels complets de formation pour poursuivre des objectifs durables complexes, tandis qu’un réseau de zones touristiques concernées permettrait d’échanger des données et des bonnes pratiques. |
| 4.1.15. | L’Europe doit exploiter ses ressources naturelles et promouvoir ses lieux d’excellence où la nature et l’aménagement du territoire côtier et maritime sont en harmonie. Puisque les zones côtières présentent une importance stratégique particulière sur le plan environnemental, économique et social, il est nécessaire d’en traiter les problèmes dans le cadre d’une politique intégrée de développement durable, qui s’attacherait particulièrement à l’aménagement du territoire, à l’équilibre entre l’exploitation des énergies renouvelables et les autres activités côtières et au respect des règles d’urbanisme (12). Il est nécessaire de faire en sorte que les États membres appliquent de la meilleure manière possible la directive établissant un cadre pour la planification de l’espace maritime. Puisque cette dernière ne traite pas des zones côtières, il est judicieux de se référer de nouveau à la Convention de Barcelone, qui s’accompagne de manière opportune d’un protocole relatif à la gestion des zones côtières. |
| 4.2. | Avantages à long terme d’une approche intégrée et intersectorielle |
4.2.1. Harmonisation des exigences légales
| 4.2.1.1. | Il s’impose d’évaluer correctement la situation actuelle au regard du délai du 18 janvier 2016 dont les États membres de l’Union européenne disposent pour modifier leur législation nationale et transposer la directive 94/25/CE relative aux bateaux de plaisance, telle que modifiée par la directive 2003/44/CE. Cette directive a été adoptée en vue de promouvoir le développement durable de ce secteur et de réduire le nombre d’accidents de bateaux en mer grâce à l’instauration d’exigences standard en matière de sécurité des utilisateurs, ainsi qu’en ce qui concerne les émissions gazeuses et sonores. |
| 4.2.1.2. | Ce cadre juridique européen visait à supprimer les disparités entre les États membres qui menaçaient d’entraver la circulation à l’intérieur de l’Union européenne. Ce processus contraignant d’harmonisation a posé de nombreux défis qu’il est nécessaire et urgent de mettre en évidence et d’analyser, puisqu’il est manifeste qu’il n’existe encore aucune uniformité à l’échelon européen en matière d’exigences. Il se présente un manque de coordination et d’uniformité, comme l’illustre le cas des différents dispositifs nationaux de formation des skippers (13). En l’absence d’une gestion efficace et prompte, la procédure transitoire de transposition peut s’avérer contre-productive et, le cas échéant, porter atteinte à la compétitivité du secteur de la navigation de plaisance, avec des effets qui seraient contraires aux objectifs assignés au tourisme nautique et maritime. |
4.2.2. Compétitivité
| 4.2.2.1. | Au cours de ces dernières années, diverses branches de ce secteur ont subi la volatilité de la demande et les fluctuations que connaît le secteur du tourisme dans son ensemble, qui est également touché par le climat économique qui prévaut dans les États d’origine. Les conséquences des récents attentats terroristes en Europe et le renforcement qui en découle d’autres menaces terroristes auront sans aucun doute une incidence sur le tourisme. Toutefois, au fil des ans, le tourisme a fait preuve d’une très grande capacité à résister, même en des temps très difficiles, comme le montre sa reprise rapide après la crise économique de 2008 et 2009 et les multiples crises qui ont suivi. |
| 4.2.2.2. | Des produits et des services touristiques de haute qualité ne cessent de gagner en importance et se doivent d’être novateurs, tandis qu’il est nécessaire de garantir les investissements. Il est nécessaire de veiller à diversifier les produits et à les améliorer tout au long de la chaîne de valeur. Il s’agit d’une voie qui est susceptible de stimuler sensiblement le tourisme nautique et maritime, ainsi que l’attrait qu’exercent les destinations possibles. Nous disposerons ainsi également de la capacité à nous adapter à l’évolution des comportements des consommateurs et aux mutations démographiques qui influencent les habitudes de voyages. |
| 4.2.2.3. | Les clients deviennent sans cesse plus aventureux et sont mieux préparés à participer à de nouvelles manières et expériences de voyage. Le récent appel à projets de la Commission, d’une valeur de 1,5 million d’euros, visant à créer des routes nautiques afin de promouvoir le tourisme nautique, est un pas dans la bonne direction. Cette initiative aidera à favoriser la création de liens avec d’autres secteurs économiques et à attirer des visiteurs ayant des centres d’intérêts spécifiques, tels que la gastronomie, la culture et les activités de loisirs. |
| 4.2.2.4. | Dans les limites de ses compétences, la Commission mène des actions pour appuyer la compétitivité et la pérennité du secteur du tourisme, qui sont également susceptibles de profiter au développement du tourisme nautique et maritime. |
| 4.2.2.5. | Parmi ces actions figure le programme COSME, qui a soutenu au cours des six dernières années le développement et la promotion de produits touristiques transnationaux et thématiques, dans des domaines tels que le tourisme maritime, le tourisme culturel, la gastronomie, le sport et le bien-être (14). L’initiative EDEN donne également de la visibilité à des destinations moins courues qui ont démontré leur excellence en matière de développement durable du tourisme (15). Son édition 2010 s’est centrée sur les destinations côtières, fluviales et lacustres, en mettant en avant des approches novatrices à l’endroit de leur offre de tourisme aquatique. |
| 4.2.2.6. | Les régions peuvent également faire appel aux Fonds structurels et d’investissement européens (16) lorsqu’il s’agit d’investir afin de moderniser les zones côtières, les marinas et les ports, et afin de préserver le patrimoine naturel et culturel des zones côtières si ces actions contribuent aux objectifs thématiques concernés et s’inscrivent dans une stratégie territoriale. La Commission a également publié un guide (17) qui fournit une vue d’ensemble complète des possibilités de financement par l’Union européenne pour le secteur du tourisme. Les acteurs du tourisme côtier et maritime peuvent demander les financements adéquats au titre de ces différents programmes. |
| 4.2.2.7. | Il est possible de parvenir à lier et à promouvoir ces services grâce au regroupement de produits et de services susceptibles de renforcer l’expérience des visiteurs, c’est-à-dire d’orienter ces derniers sur un choix complet des produits et services qu’ils préfèrent et qui présenteront un attrait spécifique pour eux. Au sein du secteur du tourisme, l’idée de regroupement d’entreprises connaît une popularité croissante, qui implique l’offre de services et de produits touristiques spécialisés. Une mercatique ciblée permet d’utiliser tous les moyens, et notamment les méthodes numériques, pour toucher directement tous les visiteurs potentiels en vue de créer une connexion directe entre ces derniers et la destination. |
4.2.3. Potentiel du tourisme nautique et maritime en matière de création d’emplois
Investir dans le capital humain constitue un préalable indispensable d’une croissance durable et compétitive. Réaliser cet objectif requiert une gestion stratégique du changement s’agissant des possibilités de développer les compétences, une coopération dans l’ensemble du secteur et un engagement et un esprit pionnier de la part des parties prenantes concernées. Cette démarche requiert de rassembler les acteurs essentiels au moyen d’un dialogue social et civique, en s’efforçant d’établir une stratégie commune pour relever un défi auquel sont confrontés la plupart des États membres de l’Union européenne. Ceci peut également servir de base pour créer de nouvelles perspectives d’emploi, notamment pour les jeunes, pour assurer la pérennité à long terme du secteur et pour préserver les droits des gens de mer relatifs à leurs conditions de travail en mer et les faire bénéficier d’un régime renforcé de mise en conformité.
| 4.2.3.1. | Dans son avis sur la croissance et l’emploi dans le tourisme côtier et maritime (18), le CESE relevait l’importance de la mesure proposée de réaliser une enquête sur les besoins de formation et de créer une section «emplois bleus» sur le portail EURES. Néanmoins, il importe également que la Commission en fasse une vaste publicité et mène des campagnes de sensibilisation dans les États membres à la nécessité de prendre en compte les résultats de cette enquête dans leur politique nationale de formation. La formation devrait s’adresser aux travailleurs ainsi qu’aux employeurs, mais également aux institutions de tourisme. Elle devrait également comprendre une sensibilisation accrue à l’importance du tourisme, du patrimoine européen et de l’environnement. Cet aspect doit tenir une place importante dans la scolarité obligatoire, de manière à instruire les jeunes à cet égard dès le plus jeune âge. |
| 4.2.3.2. | La Commission a lancé de nombreuses initiatives, telles que sa «Nouvelle stratégie en matière de compétences» (19), afin de développer les compétences en matière de tourisme, qui profiteront également aux emplois bleus. Cet important document politique prévoit un «projet de coopération sectorielle sur les compétences», qui désigne le tourisme comme l’un des six secteurs pilotes pour mener des actions spécifiques en s’appuyant sur une approche axée sur l’industrie. Dans ce contexte, dans le cadre du programme Erasmus+, il a été publié à la fin du mois de janvier 2017 un appel à propositions doté d’un budget de 4 millions d’euros. Ce programme appuiera la création d’une plate-forme d’acteurs essentiels du secteur (y compris l’industrie et les prestataires de services d’enseignement) qui formulera des propositions d’action et des recommandations pour les cinq à dix prochaines années. Cette plate-forme analysera les principales tendances et les besoins en compétences du secteur, elle élaborera des actions concrètes pour satisfaire les besoins à court et moyen termes en matière de compétences, elle révisera les profils professionnels, elle mettra à jour les nouveaux cursus, elle favorisera l’attrait du secteur et encouragera la mobilité à l’intention des étudiants et des demandeurs d’emploi. |
| 4.2.3.3. | Il sera également publié en mars 2017 un appel d’offres doté d’une enveloppe budgétaire de 800 000 EUR au titre de COSME, afin de soutenir les actions de promotion de l’image des métiers du tourisme. Ces actions comprendront des campagnes de sensibilisation sur les initiatives et les instruments existants afin de développer les compétences dans le secteur du tourisme, ainsi que sur l’image des métiers du tourisme, en fournissant des matériels d’accompagnement, des interviews et des séminaires en ligne qui présentent les aspects positifs des carrières dans le secteur du tourisme, soulignant par exemple leur caractère international, branché, dynamique. Ces actions cibleront les entreprises et les jeunes pousses, y compris les PME, du secteur du tourisme, ainsi que les étudiants et les demandeurs d’emploi. |
4.2.4. Données statistiques économiques
| 4.2.4.1. | Le secteur du tourisme nautique et maritime est d’une très grande complexité et recouvre un ensemble divers de relations entre de nombreux acteurs différents. Les différentes activités économiques qui, prises ensemble, constituent ce secteur varient considérablement. Les informations statistiques relatives au tourisme maritime et côtier dans les États membres ne sont pas toujours aisément disponibles et la méthodologie de la collecte peut varier d’un État à l’autre. Cette situation peut entraîner une incohérence des données et donc produire des chiffres susceptibles de ne pas donner de résultats précis. Au regard de l’importance de ce secteur pour l’économie européenne, il est absolument indispensable de disposer de données cohérentes et précises. Celles-ci aideraient également chaque acteur du secteur à comprendre précisément et à saisir la dynamique du secteur nautique et la manière dont celui-ci influe sur les performances économiques de l’Union européenne. La méthode du compte satellite du tourisme (20) peut fournir au secteur l’outil dont il a besoin. Les données économiques obtenues au moyen de ce système peuvent être combinées avec la collecte d’autres données importantes pour pouvoir constituer ensemble le «mécanisme d’indicateurs durables». Dès à présent, un certain nombre d’États membres connaissent bien cet outil, ce qui facilitera le processus. |
Bruxelles, le 30 mars 2017.
Le président du Comité économique et social européen
Georges DASSIS
(1) Communication de l’Union européenne relative à la croissance bleue, COM(2012) 494 final.
(2) JOIN(2016) 49 final et https://ec.europa.eu/maritimeaffairs/policy/ocean-governance_fr
(3) Conseil mondial du voyage et du tourisme: Travel & Tourism economic impact, 2015 EU (L’impact économique du voyage et du tourisme dans l’Union européenne, édition 2015).
(4) Commission européenne: Study in support of policy measures for maritime and coastal tourism at EU level (Étude à l’appui des mesures en faveur du tourisme maritime et côtier à l’échelle de l’Union européenne), 2013:
https://ec.europa.eu/maritimeaffairs/sites/maritimeaffairs/files/docs/body/study-maritime-and-coastal-tourism_en.pdf (en anglais uniquement).
(5) COM(2014) 86 final.
(6) https://ec.europa.eu/maritimeaffairs/policy/coastal_tourism_fr
(7) http://ec.europa.eu/growth/sectors/tourism/offer/sustainable/indicators_fr (en anglais uniquement).
(8) Directive 2014/89/UE du Parlement européen et du Conseil du 23 juillet 2014; voir également: https://ec.europa.eu/maritimeaffairs/policy/maritime_spatial_planning_fr
(9) http://ec.europa.eu/environment/marine/international-cooperation/regional-sea-conventions/barcelona-convention/index_en.htm (en anglais uniquement).
(10) À l’heure actuelle, aucune législation européenne ne régit directement les eaux de ballast, bien que le règlement (UE) no 1143/2014 du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2014 relatif à la prévention et à la gestion de l’introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes reconnaisse la convention pour la gestion des eaux de ballast comme l’une des mesures possibles de gestion des espèces envahissantes préoccupantes.
(11) Document du Conseil 13398/16 http://data.consilium.europa.eu/doc/document/ST-13398-2016-INIT/fr/pdf
(12) JO C 451 du 16.12.2014, p. 64.
(13) Voir également: JO C 389 du 21.10.2016, p. 93.
(14) https://ec.europa.eu/growth/sectors/tourism/offer/sustainable/transnational-products_fr (en anglais uniquement).
(15) https://ec.europa.eu/growth/tools-databases/eden/about/themes_fr (en anglais uniquement).
(16) http://ec.europa.eu/regional_policy/sources/docgener/informat/2014/guidance_tourism.pdf (en anglais uniquement).
(17) http://ec.europa.eu/growth/tools-databases/newsroom/cf/itemdetail.cfm?item_id=8496&lang=fr (en anglais uniquement).
(18) JO C 451 du 16.12.2014, p. 64.
(19) http://ec.europa.eu/social/main.jsp?catId=1223&langId=fr
(20) Le compte satellite du tourisme conçu par l’Organisation mondiale du tourisme des Nations unies, est un cadre statistique classique et il constitue le principal outil de mesure économique du secteur touristique. Les recommandations de 2008 concernant le cadre conceptuel (également connues sous l’abréviation anglaise de TSA: RMF 2008) fournissent le cadre méthodologique commun et mis à jour pour élaborer un compte satellite du tourisme.
Avis n° 5/2017 sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (UE, Euratom) n° 1141/2014 du Parlement européen et du Conseil du 22 octobre 2014 relatif au statut et au financement des partis politiques européens et des fondations politiques européennes
14/12/2017
Résolution législative du Parlement européen du 12 décembre 2017 sur le projet de décision du Conseil relatif à la conclusion, au nom de l’Union, de l’accord de partenariat et de coopération renforcée entre l’Union européenne et ses États membres, d’une part, et la République du Kazakhstan, d’autre part (12409/2016 — C8-0469/2016 — 2016/0166(NLE))
12/12/2017
Résolution législative du Parlement européen du 12 décembre 2017 sur le projet de décision du Conseil relative à la conclusion d’un accord entre l’Union européenne et la Confédération suisse sur le couplage de leurs systèmes d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre (13076/2017 — C8-0415/2017 — 2017/0193(NLE))
12/12/2017
Résolution législative du Parlement européen du 12 décembre 2017 sur le projet de décision du Conseil concernant la conclusion, au nom de l’Union européenne, de l’accord de transport aérien entre la Communauté européenne et ses États membres, d’une part, et les États-Unis d’Amérique, d’autre part (13419/2016 — C8-0100/2017 — 2006/0058(NLE))
12/12/2017