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AccueilDroit européen52016AE6894
Avis institutionnel52016AE6894

Avis du Comité économique et social européen sur la «Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen, au Comité des régions et à la Banque européenne d’investissement – Une énergie propre pour tous les européens» [COM(2016) 860 final]

CELEX52016AE6894
TypeAvis institutionnel
Datemercredi 26 avril 2017

Résumé IA

Cet avis du Comité économique et social européen (CESE) approuve la stratégie de la Commission pour une transition énergétique propre, en soulignant la nécessité de concilier compétitivité, sécurité d'approvisionnement et objectifs climatiques. Le CESE insiste sur l'importance de la dimension sociale et de l'acceptabilité de cette transition, notamment pour les consommateurs vulnérables et les travailleurs des secteurs concernés. Il formule des recommandations pour renforcer la gouvernance de l'Union de l'énergie et garantir un cadre réglementaire stable et prévisible pour les investissements.

Texte intégral

28.7.2017

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 246/64


Avis du Comité économique et social européen sur la «Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen, au Comité des régions et à la Banque européenne d’investissement – Une énergie propre pour tous les européens»

[COM(2016) 860 final]

(2017/C 246/10)

Rapporteur:

Ulrich SAMM

Corapporteur:

Toni VIDAN

Consultation

Commission européenne, 17 février 2017

Base juridique

Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne

Compétence

Section spécialisée «Transports, énergie, infrastructures et société de l’information»

Adoption en section spécialisée

11 avril 2017

Adoption en session plénière

26 avril 2017

Session plénière no

525

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

136/0/2

1. Conclusions et recommandations

1.1.

Le CESE accueille favorablement le train de mesures sur l’«énergie propre», qui vise à accélérer, modifier et consolider la transition de l’économie de l’Union européenne vers une énergie propre tout en continuant de poursuivre les objectifs majeurs que sont la croissance économique et la création d’emplois.

1.2.

Ce train de mesures entend placer les citoyens au cœur de l’union de l’énergie, ce qui suppose de les faire participer activement au processus de transition et notamment de mettre en place les conditions d’un cadre politique qui garantissent que les coûts de l’énergie sont abordables pour tous les groupes de notre société, y compris les plus vulnérables. Le CESE adhère à ces principes, mais se demande si les propositions réglementaires sont suffisamment précises pour en garantir l’application.

1.3.

Le CESE souhaite souligner que l’«énergie propre» n’est pas seulement bénéfique au climat mondial, mais aussi à la qualité de l’air à l’échelle locale, offrant ainsi un environnement meilleur et plus sain pour tous.

1.4.

Le train de mesures à l’examen est l’un des éléments qui permettra de respecter les engagements pris par l’Union européenne à l’issue de l’accord de Paris de 2015 sur l’atténuation du changement climatique. Les technologies d’exploitation des énergies renouvelables ainsi que les produits et services liés à l’efficacité énergétique seront essentiels, sachant que les énergies renouvelables sont encore loin de bénéficier de conditions de concurrence équitables dans lesquelles elles pourraient se maintenir sur le marché sans aide particulière.

1.5.

Le CESE approuve les différents éléments abordés par le train de mesures, à savoir le chauffage et le refroidissement des bâtiments, l’écoconception, le marché de l’électricité et le transport, qui sont des pas dans la bonne direction. Bien que ce train de mesures constitue une avancée de taille, le CESE s’inquiète toutefois de ce que des efforts considérables soient encore nécessaires pour établir des conditions de concurrence suffisamment équitables pour l’ensemble des acteurs du marché de l’énergie, tout en veillant à progresser vers une économie énergétique sans carbone.

1.6.

Le CESE apprécie l’optimisme du tableau brossé dans le train de mesures, qui avance des hypothèses plutôt positives concernant la hausse de la production industrielle liée aux énergies renouvelables et aux technologies à haut rendement énergétique, et le nombre d’emplois susceptibles d’être créés. Cependant, le CESE souhaite aussi insister sur l’existence de sérieux risques et dangers, notamment si le processus de transition est trop rapide ou trop lent et qu’il n’est pas planifié de façon intégrée. Il convient de prendre dûment en considération les possibilités comme les risques.

1.7.

En particulier la tâche monumentale consistant à transformer l’économie des régions qui aujourd’hui dépendent essentiellement de l’industrie charbonnière mérite d’être examinée de manière bien plus approfondie que ne le fait le train de mesure.

1.8.

Le Conseil européen a fixé un objectif d’au moins 27 % en ce qui concerne la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique de l’Union européenne à l’horizon 2030. Cet objectif minimal est contraignant au niveau de l’Union européenne mais ne se traduira pas par des objectifs contraignants sur le plan national. Le CESE regrette que les États membres n’aient pour l’heure pas dégagé de consensus sur une politique énergétique commune, et notamment sur des objectifs nationaux. La Commission cherche à résoudre ce problème en mettant en place un système de gouvernance des plans nationaux intégrés en matière d’énergie et de climat, au titre duquel les États membres s’engageront à verser des contributions.

1.9.

Le CESE considère que la proposition relative à la gouvernance est l’élément le plus épineux et crucial du train de mesures sur l’«énergie propre». Il est profondément préoccupé par le règlement proposé. Le contenu final des plans nationaux des États membres et de leurs contributions dépend de la conclusion d’un accord satisfaisant avec la Commission, qui sera le résultat de consultations, de l’évaluation de l’opinion publique, de l’influence de celle-ci et de la pression exercée par les pairs. Il n’y a notamment pas de description détaillée des «mesures» dont disposera la Commission, telles que la plateforme financière, si les objectifs généraux ne sont pas atteints.

1.10.

Le CESE souscrit pleinement à l’un des principes clé de la proposition, qui est de «privilégier l’efficacité énergétique». Cependant, cette dernière est un instrument de modernisation de l’économie européenne et non un moyen de réduire la pauvreté énergétique. Il serait trompeur de laisser entendre le contraire, car l’efficacité énergétique exige des investissements que les consommateurs vulnérables peuvent ne pas être en mesure de faire.

1.11.

Le CESE constate avec satisfaction que la Commission est en train de constituer un observatoire de la précarité énergétique, comme le Comité l’avait proposé en 2013. Cette structure pourrait être essentielle dans la mise en place d’une approche pleinement coordonnée à l’égard de la précarité énergétique et assortie de diverses mesures, telles que les tarifs sociaux, les efforts d’atténuation de la précarité, les conseils aux consommateurs ou l’efficacité énergétique.

1.12.

Compte tenu du climat d’austérité publique et de faible croissance au sein de l’Union européenne, le CESE s’inquiète des fondements financiers du train de mesures et se demande si les moyens envisagés par l’Union (et leur effet de levier) suffiront pour atteindre les objectifs fixés.

2. Introduction

2.1.

Le présent avis porte sur l’ensemble du train de mesures intitulé «Une énergie propre pour tous les européens», tandis qu’une série d’autres avis (TEN/617, 618, 619, 620, 621, 622, 623, 625 et NAT/702) traitent de ses volets respectifs relatifs aux différentes propositions législatives concernant l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables, l’organisation du marché de l’électricité, la sécurité de l’approvisionnement et les règles de gouvernance de l’union de l’énergie.

2.2.

À l’origine, le train de mesures sur l’énergie propre a été envisagé non pas comme un ensemble, mais comme une série de propositions. Toutefois, compte tenu des liens entre ces propositions, le CESE approuve la décision de les regrouper en un seul train de mesures. En revanche, il critique le fait que l’ensemble compte un millier de pages, nombre bien trop élevé qui ne facilite pas la participation du public et de la société civile à l’examen et à la discussion approfondie de la proposition.

2.3.

Il importe de garder à l’esprit que le projet d’union de l’énergie est en cours depuis un certain temps et que l’Union européenne a déjà publié d’autres trains de mesures (par exemple, celui sur la sécurité de l’approvisionnement en gaz) fortement axés sur les préoccupations majeures que sont le changement climatique et la sécurité de l’approvisionnement en combustible.

2.4.

Le train de mesures sur l’énergie propre porte sur les cinq dimensions essentielles de l’union européenne de l’énergie, à savoir:

—

la sécurité énergétique,

—

un marché intérieur de l’énergie,

—

l’efficacité énergétique,

—

la décarbonisation,

—

la recherche, l’innovation et la compétitivité.

2.5.

La communication intitulée «Une énergie propre pour tous les européens» sert également à formuler une vision ou une rhétorique pour l’union de l’énergie.

3. Observations générales

3.1.

Le train de mesures vise à accélérer la transition vers une énergie propre, tout en continuant de poursuivre les objectifs majeurs que sont la croissance économique et la création d’emplois en Europe. Les principales raisons qui sous-tendent ce train de mesures sont les suivantes:

—

le premier accord mondial (Paris, 2015) sur l’atténuation du changement climatique, qui est entré en vigueur le 4 novembre 2016. La mise en œuvre des engagements ambitieux de l’Union européenne dépend en grande partie d’une transition réussie vers un système énergétique propre,

—

l’importance centrale que revêt le secteur de l’énergie pour le développement de l’économie européenne. Par conséquent, l’efficacité énergétique joue un rôle crucial en stimulant d’autres secteurs de l’économie. La conception de technologies d’exploitation des énergies renouvelables, ainsi que de produits et services liés à l’efficacité énergétique, a entraîné la création de nouvelles entreprises, tandis que d’autres modèles commerciaux font face à des difficultés croissantes. Il est primordial que la politique de l’Union européenne génère une création nette de nouveaux emplois de haute qualité et favorise la réussite des entreprises européennes,

—

l’objectif clé de garantir que la transition vers un système énergétique propre aura une incidence positive sur les citoyens européens. Il s’agit d’un défi de taille au regard des grandes disparités qui existent entre les États membres et de la nécessité de couvrir tous les groupes de notre société, y compris les plus vulnérables.

3.2.

Le CESE soutient cette stratégie, comme le montrent quelques-uns des avis qu’il a publiés sur ces questions (1).

3.3.

Le CESE se félicite de ce train de propositions réglementaires et des mesures de facilitation qui visent à accélérer, modifier et consolider la transition de l’économie de l’Union européenne vers une énergie propre. Il approuve particulièrement le fait que désormais, les domaines du chauffage, du refroidissement et des transports pèsent tout autant dans la balance que la production d’électricité.

3.4.

Dans sa communication intitulée «Une énergie propre pour tous les européens», la Commission brosse un tableau optimiste, et formule des hypothèses plutôt positives sur la hausse de la production industrielle et sur le nombre d’emplois susceptibles d’être créés. Le CESE en prend note, convaincu qu’il convient d’envoyer des signaux positifs de ce type pour maintenir la dynamique d’un processus de transition qui s’avère difficile pour certains.

3.5.

Dans le même temps, le CESE souhaite également souligner que la transition énergétique constitue un enjeu de taille pour l’Europe, qui comporte aussi des risques et des dangers graves, notamment si le processus est trop rapide ou trop lent et qu’il n’est pas planifié de façon intégrée. Une question particulièrement préoccupante est celle des grandes disparités économiques et politiques qui existent entre les États membres et qui sont supposées être traitées dans le nouveau règlement sur la gouvernance. Le CESE est convaincu que la transition énergétique ne peut aboutir que si les possibilités et les risques sont dûment pris en considération.

4. La gouvernance de l’union européenne de l’énergie: une question clé

4.1.

Bien que les États membres se soient engagés à fournir des contributions nationales en faveur de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables d’ici 2020, il n’existe pas de valeurs de référence indicatives correspondantes pour 2030.

4.2.

Le Conseil européen a fixé un objectif d’au moins 27 % en ce qui concerne la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique de l’Union européenne à l’horizon 2030. Si cet objectif minimal est contraignant au niveau de l’Union européenne, il ne se traduira pas immédiatement par des objectifs contraignants sur le plan national. Le CESE préconise l’adoption de mesures fortes pour soutenir les États membres affichant les objectifs les plus ambitieux.

4.3.

La proposition de règlement sur la gouvernance de l’union de l’énergie (voir avis TEN/617) fixe des exigences pour les plans nationaux en matière d’énergie et de climat, lesquels viennent remplacer les plans distincts en faveur de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables, ainsi qu’un processus rationalisé pour les établir et les superviser. La gouvernance — avec ses conséquences en termes de prescriptions contraignantes concernant l’action souveraine des États membres — est un domaine sensible, en particulier dans le secteur de l’énergie où la situation et les positions politiques peuvent varier considérablement d’un État membre à l’autre.

4.4.

Le CESE nourrit de profondes inquiétudes quant à la capacité du processus de gouvernance de faire appliquer des mesures et de produire des résultats concrets. L’on s’appuie trop souvent sur des consultations et l’influence des pairs, plutôt que sur des règles claires. Il convient de préciser la manière dont la Commission peut exiger des États membres qu’ils prennent les «mesures nécessaires» lorsqu’elle soupçonne l’existence d’une lacune, tant au niveau de l’ambition que de la mise en œuvre, notamment en ce qui concerne les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. Il est en particulier nécessaire de clarifier davantage la nature et le fonctionnement de la «plateforme de financement» qui ferait office de sanction en cas de défaillance dans la fourniture d’énergie renouvelable.

4.5.

Le CESE est particulièrement déçu de constater que la notion de «consultation publique» est imprécise dans le règlement et qu’elle est très éloignée de la proposition du Comité en faveur d’un vaste dialogue européen sur l’énergie. Pour gagner la confiance et la participation des citoyens, un tel dialogue devrait être indépendant des gouvernements et du processus des plans nationaux en matière d’énergie et de climat. Il devrait être un élément de référence pour l’information des consommateurs, aider les fournisseurs d’énergie à s’engager, construire la confiance et permettre aux nombreuses préoccupations des différents groupes de s’exprimer, qu’il s’agisse de la sécurité ou du caractère abordable et durable de l’énergie.

4.6.

Dans le respect du principe de subsidiarité, et afin de tirer pleinement parti de la nature décentralisée et flexible des technologies liées à l’efficacité énergétique et aux énergies renouvelables, une part croissante de la politique et du processus décisionnel en matière d’énergie devrait être transférée de l’échelon national à celui des pouvoirs publics locaux et régionaux. L’Union européenne, les États membres et les collectivités locales et régionales, en coopération avec la société civile organisée, garante d’une participation publique et communautaire élevée, devrait faciliter ce transfert et veiller à ce qu’il soit accéléré et mis en œuvre d’une façon coordonnée, offrant un maximum d’avantages aux consommateurs et aux communautés.

5. L’efficacité énergétique présente un énorme potentiel en matière d’économie d’énergie

5.1.

L’amélioration de l’efficacité énergétique dans tous les secteurs (production d’énergie, industrie manufacturière et transports, électricité, chauffage, refroidissement et mobilité) est d’une importance capitale pour le futur système énergétique européen. Le CESE se réjouit que les politiques de l’Union européenne soient en passe d’accorder davantage d’attention à l’efficacité énergétique et que de nouvelles initiatives portent désormais aussi sur le chauffage, le refroidissement et les transports, comme ça aurait dû être le cas depuis longtemps (voir aussi l’avis TEN/618 sur la révision de la directive relative à l’efficacité énergétique).

5.2.

Une efficacité énergétique accrue — même à l’échelle la plus ambitieuse — ne peut à elle seule résoudre les problèmes liés au changement climatique, à la sécurité de l’approvisionnement ou à la précarité, mais elle peut être un outil efficace pour les atténuer. Elle peut participer à la réduction de la consommation d’énergie et, partant, freiner ou inverser la hausse des coûts associés, même lorsque les prix de l’énergie augmentent.

5.3.

Il importe de noter que l’accroissement de l’efficacité énergétique dépend toujours des investissements. En conséquence, une efficacité accrue n’entraîne pas nécessairement une réduction de la charge des coûts pour les consommateurs et l’industrie, comme la communication l’affirme à plusieurs reprises. Elle provoque évidemment toujours une baisse de la consommation énergétique et a donc des effets bénéfiques sur le climat. Cependant, une incidence positive sur les coûts dépend essentiellement de l’équilibre entre les investissements et les économies de coût de l’énergie. Le CESE souhaiterait que cet état de fait soit considéré de façon plus réaliste et critique.

5.4.

Le CESE accueille favorablement la révision de la directive sur la performance énergétique des bâtiments (avis TEN/620). Le chauffage et le refroidissement des bâtiments revêtent une importance considérable, sachant qu’ils représentent 40 % de la consommation totale d’énergie. Les économies d’énergie dans ce domaine sont réalisées grâce à la rénovation et à la construction de nouveaux bâtiments. Dans les deux cas, des investissements élevés sont nécessaires. Toutefois, alors que 0,4 à 1,2 % seulement du parc immobilier sont rénovés ou nouvellement construits chaque année, il apparaît clairement que ces processus doivent être accélérés.

5.5.

Les États membres sont tenus de déterminer une feuille de route comportant des jalons et des mesures bien définis pour réaliser l’objectif à long terme de décarbonation de leur parc immobilier national à l’horizon 2050, en prévoyant des jalons spécifiques pour 2030.

5.6.

Le CESE est déçu par le choix de l’option moins ambitieuse qui implique des économies d’énergie inférieures à ce qu’il est possible de réaliser. Il est conscient que la volonté politique des États membres d’obtenir de meilleurs résultats dans ce domaine ne peut être garantie, bien que l’efficacité énergétique des bâtiments constitue la meilleure des possibilités que l’on puisse discerner à ce jour.

5.7.

Le CESE apprécie la grande diversité des nouveaux instruments financiers proposés par la Commission. Il est essentiel que des instruments financiers d’aide à la rénovation soient disponibles, notamment pour inciter les bailleurs sociaux non municipaux et privés à investir dans la rénovation de biens plus anciens.

5.8.

Les propriétaires ou les locataires de bâtiments nouveaux ou rénovés profitent non seulement d’une consommation d’énergie réduite mais aussi d’un confort et d’une qualité de vie accrus. Dans de nombreux cas, on constate malheureusement un effet de rebond, à savoir une hausse des loyers des logements rénovés qui peut facilement l’emporter sur les économies de coûts énergétiques. La communication, pour sa part, exprime un point de vue assez optimiste sur les économies de coûts. Le CESE recommande d’aborder ce problème sous un angle plus critique. En l’espèce, il convient d’appliquer des critères économiques et sociaux, sous peine d’assister à l’émergence d’une nouvelle forme de pauvreté qui touchera les populations plus âgées.

5.9.

Le CESE se félicite de l’initiative exposée dans la directive, consistant à rendre obligatoire l’installation de points de recharge pour voitures électriques dans bon nombre de nouveaux bâtiments. Il importe toutefois de souligner que l’énergie électrique fera l’objet d’une demande accrue à l’avenir, ce qui nécessite une planification et une coordination avec les fournisseurs en raison du besoin supplémentaire d’investir à l’avance dans des transformateurs de haute puissance à proximité des zones résidentielles.

5.10.

Le CESE est convaincu que des systèmes de transport plus efficaces sur le plan énergétique, s’appuyant sur les évolutions technologiques en cours et la mise en place de systèmes de transport intelligents coopératifs, contribueront de manière significative aux efforts déployés par l’Union européenne en matière d’économies d’énergie (avis TEN/621). Les nouveaux plan de travail et règlement sur l’écoconception (avis NAT/702) apportent un élément important au marché commun européen, en fournissant des produits hautement efficaces et en soutenant l’économie circulaire.

6. Les consommateurs au cœur de l’union de l’énergie

6.1.

Le CESE se réjouit que la Commission souhaite placer les consommateurs au cœur de l’union de l’énergie. De nos jours, les transports, le logement, la communication et la consommation générale nécessitent l’utilisation d’un certaine quantité d’énergie minimale pour chaque citoyen. Aussi l’énergie ne doit-elle pas devenir un luxe. Toutefois, le phénomène de la précarité énergétique, souvent mentionné mais mal défini, traduit une tendance où les citoyens vulnérables éprouvent de plus en plus de difficultés à acquérir les services énergétiques minimaux dont ils ont besoin. Le CESE recommande de combattre cette tendance et d’adapter la politique énergétique en conséquence.

6.2.

Le progrès technologique a induit une baisse des coûts de la production d’électricité au cours des dernières années. Les consommateurs n’ont pas profité de cette baisse car elle a très souvent été contrebalancée par les taxes, les coûts de réseau, etc. Ce grave problème a des incidences négatives sur la précarité énergétique.

6.3.

Le CESE s’oppose à l’affirmation selon laquelle «l’efficacité énergétique est l’un des meilleurs moyens de remédier aux causes profondes de cette précarité». Le terme «précarité énergétique» est apparu quand les prix de l’énergie ont commencé à augmenter de manière significative, ce qui signifie que ce sont les prix élevés qui constituent la cause profonde de cette catégorie spécifique de précarité et qu’ils devraient être la principale cible de toute mesure visant à aider les personnes vulnérables. L’amélioration de l’efficacité y contribue bien entendu aussi, mais elle dépend inévitablement d’investissements importants, que les consommateurs vulnérables, en particulier, ne sont pas toujours à même d’engager (voir avis TEN/518).

6.4.

Le CESE constate avec satisfaction que la Commission est en train de constituer un observatoire de la précarité énergétique, comme l’avait proposé le Comité en 2013 dans l’avis TEN/516 sur la pauvreté énergétique. L’objectif principal de cette structure devrait être de définir, dans un premier temps, des indicateurs européens de la pauvreté énergétique. Cette démarche pourrait s’avérer essentielle pour que les États membres adoptent une approche pleinement coordonnée à l’égard de la pauvreté énergétique, et notamment pour qu’ils aient une bonne compréhension du rôle et de l’efficacité des divers instruments, tels que les tarifs sociaux, les efforts d’atténuation de la précarité, les conseils aux consommateurs ou l’efficacité énergétique.

6.5.

Le CESE tient à souligner le fait que, outre les questions mentionnées dans la communication (sécurité énergétique, efficacité énergétique et décarbonation), l’énergie propre est également très bénéfique pour la santé de tous les citoyens.

6.6.

Le train de mesures ne donne aux citoyens qu’un rôle limité lorsqu’il s’agit d’influer directement sur les décisions qui définiront leur vie quotidienne et leurs moyens de subsistance. Il est difficile de déterminer si les principes d’un dialogue sur l’énergie aboutissant à une participation utile sont et seront appliqués dans l’ensemble de l’Union (voir également avis TEN/617). Ce dialogue suppose la mise en place de conditions équitables, y compris sur le plan institutionnel.

6.7.

Le CESE se réjouit que le rôle croissant des citoyens qui participent au marché de l’électricité en tant que prosommateurs soit reconnu. Ils ont besoin d’un marché qui fonctionne selon de nouvelles modalités, qui cadre avec les structures décentralisées de production d’électricité à partir de sources d’énergie renouvelables, et qui mette réellement les consommateurs et les citoyens au cœur de la politique énergétique européenne.

6.8.

Le CESE encourage l’idée d’énergie communautaire qui se réfère à un modèle d’entreprise dans lequel des citoyens sont copropriétaires et coacteurs de projets touchant aux énergies renouvelables ou à l’efficacité énergétique dans la région où ils résident. Les dispositions législatives du nouveau train de mesures devraient, dans la mesure du possible, permettre et encourager les initiatives de ce type.

7. Les énergies renouvelables sur un nouveau marché

7.1.

D’une manière générale, le CESE soutient l’objectif de la directive sur les énergies renouvelables (avis TEN/622), qui est de promouvoir une intégration accrue des fournisseurs d’énergies renouvelables sur le marché en conséquence des réductions des coûts de ces énergies.

7.2.

Néanmoins, le CESE s’inquiète du fait que les énergies renouvelables soient encore loin de bénéficier de conditions de concurrence équitables dans lesquelles elles pourraient se maintenir sur le marché sans aide particulière. Il reste encore beaucoup à faire pour supprimer les énormes distorsions présentes sur les marchés de l’électricité, qui découlent de subventions, de conditions liés aux limites structurelles et de l’absence de comptabilité transparente à l’égard des coûts externes.

7.3.

Le CESE approuve le récent rapport de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) intitulé «Transforming the EU power sector: avoiding a carbon lock-in» («Transformer le secteur de l’énergie électrique dans l’Union européenne: éviter une dépendance à l’égard du carbone»). Les combustibles fossiles continuent de contribuer à près de la moitié de l’électricité produite en Europe. L’étude de l’AEE compare l’évolution actuelle du marché de l’énergie électrique avec les objectifs climatiques de l’Union européenne à l’horizon 2030 et au-delà. Sortir d’un approvisionnement en électricité à forte intensité de carbone requiert des investissements accrus dans d’autres solutions, associés à des cadres politiques de soutien.

7.4.

Le CESE est préoccupé par l’absence de précisions concernant des mesures et des instruments de soutien spécifiques, ce qui peut nuire à la poursuite de la promotion des énergies renouvelables.

7.5.

Le CESE insiste sur le fait qu’il convient de réexaminer la sécurité énergétique lorsque le bouquet énergétique subit un changement brusque, aspect que le train de mesures n’aborde pas suffisamment.

8. Ouvertures pour l’économie et l’emploi

8.1.

La transition énergétique est un grand défi pour l’Europe et présente des ouvertures du point de vue de l’emploi, de la croissance économique et du bien-être de l’ensemble des citoyens. Compte tenu des risques et des dangers qui accompagnent une telle transition, il importe au plus haut point de développer une politique équilibrée qui prévoie des mesures adéquates afin d’éviter tout dommage pour notre société, par exemple pour les salariés (chômage et qualité de l’emploi), les consommateurs et les PME. Cet objectif ne peut être atteint qu’en associant les parties prenantes à toutes les étapes de cette transition, et notamment le CESE, en sa qualité de partenaire précieux et utile.

8.2.

Avoir la prééminence mondiale dans le domaine des technologies propres implique également d’exporter ces technologies, ce qui est bénéfique tant du point de vue économique qu’environnemental (avis NAT/690).

8.3.

La recherche et l’innovation sont essentielles pour soutenir la compétitivité et la prééminence mondiale de l’Europe dans le domaine des technologies énergétiques avancées et des solutions liées à l’efficacité énergétique. La stratégie spécifique visant à accélérer l’innovation dans le domaine des énergies propres (avis TEN/619) devrait permettre de mieux établir les priorités et d’engager des actions concrètes pour veiller à ce que les innovations visant à supprimer progressivement les technologies carbonées soient déployées plus largement et mises plus rapidement sur le marché. Le CESE regrette que la recherche fondamentale et la contribution qu’elle peut apporter soient trop peu mentionnées. Le plan SET est brièvement cité, mais malheureusement uniquement sous l’angle industriel.

8.4.

Le train de mesures fait régulièrement référence à l’industrie, à l’emploi et à la croissance pour définir l’innovation, mais cette dernière a une portée bien plus vaste. Le bien-être des citoyens et la protection de la nature sont des atouts importants qui vont au-delà des aspects liés à l’industrie.

8.5.

Le CESE se félicite de la proposition de la Commission concernant la création d’un «forum industriel sur l’énergie propre» qui pourrait, dans le cadre d’un processus ascendant, s’intégrer au concept plus large de dialogue avec la société civile et d’autres parties prenantes. Il met en avant l’importance d’apporter un soutien équilibré à la chaîne de la recherche et de l’innovation, depuis la recherche fondamentale, en passant par la recherche appliquée, jusqu’au développement de nouveaux produits.

8.6.

Étant donné l’ampleur de la tâche consistant à transformer l’économie de régions qui dépendent aujourd’hui largement de l’industrie charbonnière, le CESE estime que cette question mérite d’être examinée de manière bien plus approfondie que ne le fait le train de mesures.

8.7.

Pour ce qui est des nouveaux investissements dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, les coûts du capital varient sensiblement d’un État membre à l’autre. Le CESE considère que des mesures budgétaires et institutionnelles radicales sont nécessaires pour éliminer ou minimiser de telles conditions discriminatoires pour les consommateurs et les investisseurs.

8.8.

L’Europe du sud-est présente un vaste potentiel en matière d’énergie renouvelable ainsi qu’une main-d’œuvre qualifiée qui ont jusqu’à présent été largement inexploités. Le CESE appelle de ses vœux une hausse significative du soutien aux parties prenantes qui poursuivent les objectifs de l’union de l’énergie dans cette région. Les consommateurs et les investisseurs locaux disposeraient ainsi de formidables possibilités de développement, conformément aux objectifs du train de mesures à l’examen.

Bruxelles, le 26 avril 2017.

Le président du Comité économique et social européen

Georges DASSIS


(1) JO C 383 du 17.11.2015, p. 84; JO C 264 du 20.7.2016, p. 117; JO C 291 du 4.9.2015, p. 8; JO C 82 du 3.3.2016, p. 13; JO C 82 du 3.3.2016, p. 22; JO C 487 du 28.12.2016, p. 75; JO C 303 du 19.8.2016, p. 1.


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12/12/2017

Avis institutionnel52017AP0483

Résolution législative du Parlement européen du 12 décembre 2017 sur le projet de décision du Conseil relative à la conclusion d’un accord entre l’Union européenne et la Confédération suisse sur le couplage de leurs systèmes d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre (13076/2017 — C8-0415/2017 — 2017/0193(NLE))

12/12/2017

Avis institutionnel52017AP0482

Résolution législative du Parlement européen du 12 décembre 2017 sur le projet de décision du Conseil concernant la conclusion, au nom de l’Union européenne, de l’accord de transport aérien entre la Communauté européenne et ses États membres, d’une part, et les États-Unis d’Amérique, d’autre part (13419/2016 — C8-0100/2017 — 2006/0058(NLE))

12/12/2017

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