| CELEX | 52016AR0983 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mercredi 7 décembre 2016 |
| 9.6.2017 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 185/8 |
Avis du Comité européen des régions — Le programme REFIT: le point de vue local et régional
(2017/C 185/02)
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RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS,
| 1. | soutient les efforts consentis par la Commission européenne pour veiller à ce que les politiques européennes reflètent davantage les préoccupations des pouvoirs publics nationaux, régionaux et locaux et réaffirme que cette responsabilité commune doit être assumée par tous les niveaux de gouvernance; |
| 2. | défend le point de vue selon lequel l’amélioration de la réglementation ne consiste pas uniquement à moins légiférer au niveau de l’Union européenne, mais qu’il s’agit aussi de déterminer l’échelon auquel les objectifs poursuivis ont les meilleures chances d’être atteints, et souligne que l’application effective du principe de subsidiarité est une composante fondamentale de l’amélioration de la réglementation; |
| 3. | souligne que toute réglementation doit garantir un équilibre entre deux types de préoccupations et d’attentes ayant une légitimité équivalente, à savoir d’une part la sécurité (individuelle, juridique, administrative, financière) et d’autre part l’efficacité et la liberté ou la souplesse; il incombe au processus démocratique de garantir un équilibre entre ces préoccupations en situation concrète, et les représentants démocratiquement élus à tous les niveaux doivent expliquer aux citoyens les arbitrages et les compromis qui sont inévitables; |
| 4. | est attentif aux travaux menés par le groupe de haut niveau sur les charges administratives (groupe Stoiber), à son rapport final et aux avis divergents qui sont exprimés; |
| 5. | note que le Parlement européen, le Conseil de l’Union européenne et la Commission ont signé l’accord interinstitutionnel «Mieux légiférer» le 13 avril 2016 et espère que ce nouvel accord contribuera à améliorer la prise de décision dans l’Union européenne à toutes les étapes: planification, élaboration, adoption, mise en œuvre et évaluation); juge néanmoins préoccupant que l’accord interinstitutionnel «Mieux légiférer» ne fasse référence aux rôles spécifiques que jouent les représentants démocratiquement élus aux niveaux local et régional, de même qu’au rôle du Comité européen des régions (CdR), dans aucun autre contexte que celui des «parties prenantes», et ce, en dépit de l’importance et du mandat que le traité de Lisbonne leur confère; |
| 6. | souhaite être associé aux prochaines initiatives relatives à l’interprétation et à la mise en œuvre du nouvel accord, de sorte que le potentiel du Comité en tant qu’instance consultative soit pleinement exploité dans le cadre du cycle législatif; rappelle qu’un grand nombre de membres du CdR sont compétents en matière de mise en œuvre des politiques de l’Union européenne; |
| 7. | se félicite de la demande de la Commission de voir élaboré un «avis adoptant une perspective plus large» et contenant de «nouvelles propositions en ce qui concerne les exigences imposées par la réglementation de l’Union et des moyens plus simples pour atteindre des résultats identiques, voire meilleurs»; |
| 8. | accueille favorablement les demandes spécifiques aux différentes politiques que la Commission a adressées au Comité afin qu’il élabore des avis de prospective dans des domaines tels que, entre autres, l’environnement, l’énergie, les services financiers et l’agriculture, dans lesquels les collectivités locales et régionales peuvent recenser les charges existantes et proposer des pistes d’amélioration en fonction de leurs besoins; |
| 9. | note que cet avis adoptant une perspective élargie donne un panorama des effets produits par la réglementation sur les collectivités locales et régionales et préconise d’effectuer une analyse spécifique aux différentes politiques, suivant une approche sectorielle, afin de repérer les points de blocage et les charges; |
| 10. | réserve un accueil favorable à l’approche générale consistant à associer les acteurs spécifiquement locaux et régionaux au processus de consultation lié à l’amélioration de la réglementation; dans ce contexte, salue par exemple le rapport intitulé «Les provinces néerlandaises pour une meilleure réglementation européenne» et attire l’attention sur les points d’achoppement qui y sont répertoriés et sur les solutions spécifiques qui sont proposées; |
| 11. | se félicite, à cet égard, de l’adoption du pacte d’Amsterdam en vue d’une mise en œuvre concrète du programme urbain pour l’Union européenne, l’aspect «amélioration de la réglementation» jouant un rôle de premier plan dans les partenariats thématiques. C’est dans ce contexte également qu’a été réalisée l’étude «Bridge! Better EU regulation for local and regional authorities» (Bridge! Une meilleure réglementation de l’Union européenne pour les collectivités locales et régionales), qui présente des exemples de situations concrètes où la pratique locale et régionale se heurte à la réglementation européenne; |
| 12. | invite instamment la Commission à examiner les propositions relatives aux réglementations sectorielles, à la proportionnalité, aux points de blocage transcendant les frontières nationales, aux aides d’État, ainsi qu’aux charges liées aux audits et à les prendre en compte lors de l’élaboration de nouvelles réglementations; |
| 13. | reconnaît la place spécifique qu’occupent les collectivités locales et régionales dans toute une série de secteurs qui sont profondément affectés par la réglementation de l’Union européenne, ainsi que leur rôle d’autorités chargées de la mise en œuvre de la législation de l’Union européenne et de la gestion des fonds européens, et souligne qu’elles sont particulièrement aptes, de par leurs responsabilités spécifiques, à évaluer quels sont les domaines de l’environnement législatif qui posent problème et qu’il faudrait le cas échéant modifier; |
| 14. | estime que tous les niveaux de gouvernance doivent veiller à ce que la législation soit appropriée, efficace et efficiente, et qu’elle ne crée pas de coûts ou charges superflus, tout en protégeant les citoyens, les consommateurs, la durabilité et l’environnement; |
| 15. | comprend que les institutions européennes doivent apporter à tous les citoyens la preuve de l’utilité des cadres réglementaires ainsi que de la valeur ajoutée de la législation européenne, dans le respect des principes de subsidiarité et de proportionnalité; |
| 16. | reconnaît que les récentes difficultés économiques ont créé un climat dans lequel les frais supplémentaires dus à la surréglementation ont aggravé les coupes budgétaires pour de nombreuses collectivités locales et régionales, et ce, dans une situation où les ressources disponibles ont déjà été réduites. Ces contraintes se sont révélées très lourdes et ont renforcé la pression qui pèse sur les collectivités territoriales pour qu’elles s’efforcent de réduire leurs dépenses administratives, au moment précis où elles sont confrontées à une hausse des demandes d’intervention. Le CdR rappelle son point de vue selon lequel il est nécessaire de simplifier et de réduire les contraintes administratives lorsqu’elles ont un impact sur les missions centrales que les collectivités locales et régionales doivent assumer; |
| 17. | se félicite que les rapports et avis précédemment adoptés par le Parlement, le Comité économique et social européen et le CdR aient confirmé l’importance d’une action coordonnée de l’Union européenne, qui soit menée dans un esprit de partenariat avec les institutions nationales et européennes ainsi qu’avec les collectivités locales et régionales; |
| 18. | souligne le rôle central des collectivités territoriales qui aident les citoyens, notamment au moyen de programmes européens, à surmonter la détresse occasionnée par des problèmes économiques au long cours, et rappelle que la sécurité juridique et la facilité d’accès aux programmes européens sont des conditions essentielles afin qu’elles puissent remplir correctement leur mission, tout en reconnaissant la nécessité de procéder à des réformes structurelles; |
| 19. | relève que les financements de l’Union européenne sont importants pour la mise en œuvre par de nombreuses collectivités locales et régionales des législations européennes, et en particulier d’une politique de cohésion différenciée en fonction des performances économiques; |
| 20. | reconnaît que les conditions d’accès aux programmes de l’Union européenne et les régimes réglementaires prescrits peuvent occasionner des problèmes non négligeables en lien avec l’interprétation des cadres juridiques, les règles d’exécution, la vérification des comptes et les rapports, et attire l’attention sur le fait que le régime d’audit crée souvent des difficultés aux promoteurs de projets, tout particulièrement en ce qui concerne la tenue d’archives à long terme, comme l’expose également le CdR dans son avis sur la simplification des Fonds structurels et d’investissement européens (Fonds ESI); |
| 21. | salue la résolution du Parlement sur le «programme pour une réglementation affûtée et performante (REFIT): situation actuelle et perspectives» (1), dans laquelle il a reconnu le rôle important du CdR en tant qu’institution politique et souscrit au point de vue selon lequel le programme REFIT ne devrait pas servir à affaiblir les normes; |
| 22. | tout en soutenant l’objectif consistant à réduire la bureaucratie et éliminer les charges administratives superflues, souligne que le programme REFIT ne doit pas servir de prétexte pour abaisser le niveau des ambitions dans des domaines tels que l’environnement, la sécurité des aliments, la santé ou les droits des consommateurs; |
| 23. | souscrit à l’objectif consistant à mettre la législation de l’Union européenne en œuvre telle quelle au niveau national et à n’aller au-delà des normes européennes que si des raisons concrètes et objectives l’exigent. Les États membres et les régions doivent toutefois rester libres de décider, dans chaque cas, ce qui est nécessaire aux fins d’une mise en œuvre pertinente. La proposition de la Commission selon laquelle toute surenchère réglementaire doit toujours être motivée pourrait contribuer à améliorer la transparence. Toutefois, le renforcement de l’obligation de rendre des comptes concernant la mise en œuvre des règles au niveau national et régional ne saurait conduire à une ingérence dans les questions touchant à l’organisation et aux procédures administratives nationales; |
| 24. | souligne qu’il importe de tenir compte, pour évaluer la législation, à la fois des coûts, des avantages et des inconvénients — sociétaux, environnementaux et autres — pour les citoyens et l’économie, ainsi que de ce qu’on appelle le «coût de la non-Europe» (2), à savoir celui occasionné par le défaut d’action commune au niveau européen dans un secteur donné; |
| 25. | dans ce contexte, invite une nouvelle fois la Commission à élaborer une définition de la surenchère réglementaire qui soit harmonisée à l’échelle de l’Union européenne, à des fins de sécurité juridique dans la mise en œuvre et l’application du droit de l’Union et pour limiter la bureaucratie excessive (3); |
Recommandations spécifiques
| 26. | invite instamment la Commission et les États membres à promouvoir le développement des méthodes numériques et des outils informatiques, dans le cadre notamment du plan d’action européen pour l’administration en ligne, afin de disposer d’un format et d’une procédure uniques pour la collecte des données nécessaires à des fins de suivi et de rapport et de réduire ainsi les charges administratives qu’entraîne le fait de devoir alimenter à la fois les bases de données nationales et les bases de données européennes; |
| 27. | souligne l’importance des «bilans de qualité» permettant de recenser les doubles emplois et les incohérences qui sont apparus avec le temps dans la vaste palette des objectifs et des nouvelles initiatives stratégiques, s’agissant en particulier des exigences en matière de rapports et de conformité; |
| 28. | souligne qu’il est nécessaire de mieux comprendre les diverses obligations déclaratives introduites en vertu du droit de l’Union européenne; propose que les obligations de déclaration imposées aux collectivités locales et régionales soient répertoriées et standardisées autant que se peut et que les méthodes de déclaration utilisées visent à réduire la charge administrative qui pèse sur les citoyens et les petites et moyennes entreprises (PME), mais aussi sur les collectivités locales et régionales; |
Communication, consultation et langues
| 29. | reconnaît que la langue et son usage peuvent représenter soit un frein, soit une invitation à la participation; l’emploi d’une langue facilement accessible et intelligible est un aspect fondamental de l’évolution de la législation et de la réglementation; |
| 30. | estime que pour rassembler le plus grand nombre, il est indispensable de s’appuyer sur une langue, des structures et des réglementations simples et claires, afin de veiller à ce que l’Union européenne, l’objectif qu’elle poursuit, les programmes, les politiques, la législation et une aide pratique soient accessibles pour tout un chacun; |
| 31. | en conséquence, invite instamment la Commission à simplifier la langue qu’elle utilise et à la rendre intelligible au plus grand nombre, et propose de limiter autant que possible le recours au jargon technique, dans le respect des exigences juridiques; |
| 32. | estime qu’il convient de faire une interprétation plus cohérente et plus accessible pour l’usager des règles et réglementations de l’Union européenne, par exemple en imposant des exigences en matière d’audit qui soient mieux proportionnées, en appliquant davantage de taux fixes, en simplifiant les demandes, les réclamations et les rapports et en clarifiant l’interprétation des règlements (s’agissant par exemple des aides d’État et de la législation relative à la passation de marchés); |
| 33. | comprend que l’Union européenne doit consacrer suffisamment d’attention à une stratégie de communication active qui vise à mobiliser des partenaires, soutenir l’activité et attirer les investissements; |
| 34. | souligne le rôle éducatif et informatif que l’échelon régional comme l’échelon local jouent en ce qui a trait aux politiques et programmes européens pour les rapprocher de leurs propres citoyens; |
| 35. | souligne le rôle que jouent les centres d’information Europe Direct dans l’information des citoyens sur la législation et les programmes européens en adaptant les contenus et la langue au langage des citoyens; |
| 36. | constate que les centres de connaissance, tels qu’Europa decentraal, aux Pays-Bas, jouent un rôle important en favorisant une bonne mise en œuvre et une bonne interprétation de la législation de l’Union européenne. Leurs experts jouent un rôle de premier plan en fournissant gratuitement informations et conseils aux collectivités locales et régionales et à leurs associations. D’un autre côté, le fait que les services des centres de connaissance soient fortement sollicités démontre qu’il est nécessaire de simplifier la législation de l’Union européenne; |
| 37. | est satisfait de la pratique actuelle consistant à inviter les citoyens à participer à des consultations. Les contributions de particuliers sont cependant rares dans la mesure où la plupart de ces consultations voient leur portée limitée par l’emploi d’une langue absconse et de termes et contextes techniques, ce qui en fait des exercices dans l’ensemble peu accueillants. Sous cette forme, l’accès en reste fermé sauf pour une poignée de citoyens possédant les compétences, notamment linguistiques, nécessaires pour y participer. Il importe de veiller à ce que toutes les parties intéressées, et en particulier la société civile, aient une égalité d’accès aux textes des consultations, qui devraient être traduits dans toutes les langues officielles de l’Union européenne et rédigés de la manière la plus simple, claire et intelligible possible, de manière à garantir la meilleure information possible concernant les réformes qui sont promues; |
| 38. | considère que les consultations axées sur le citoyen devraient compléter mais non remplacer les consultations publiques structurées, ni limiter le rôle des organes institutionnels compétents et reconnus par le traité de Lisbonne; |
| 39. | réaffirme qu’il importe de prévoir, au stade de l’initiative législative, la consultation spécifique des assemblées législatives régionales et locales, par l’intermédiaire du CdR, étant donné qu’elles constituent, en leur qualité de représentantes des territoires, la synthèse démocratique des besoins réels des citoyens, notamment ceux qui ne sont pas en mesure de faire entendre leur voix individuellement; |
| 40. | considère qu’à cet égard, la primauté doit être accordée aux collectivités régionales et locales par rapport aux entreprises privées, tant en raison du rôle que leur reconnaît le traité de Lisbonne, que parce qu’elles sont l’expression de la démocratie et de la représentation politique; |
Programmes et financement: assistance technique, conseil et rapports
| 41. | demande à la Commission de créer un guichet unique dispensant des conseils en matière de réglementation, afin de veiller à ce que les candidats aux financements de l’Union européenne bénéficient en temps utile de conseils appropriés, dépourvus d’ambiguïté et clairs; |
| 42. | propose de recueillir les points de vue des acteurs de terrain au cours de la période de programmation, de sorte que les améliorations apportées au cadre législatif et réglementaire puissent s’inspirer d’une expérience pratique; |
| 43. | propose un mécanisme spécifique permettant d’utiliser les fonds destinés à l’assistance technique afin d’établir des équipes juridiques liées à plusieurs programmes, auxquelles tous les candidats pourraient s’adresser gratuitement et qui pourraient dispenser des conseils avisés et cohérents concernant les règlements relatifs aux fonds de l’Union européenne, qui s’appuieraient sur l’interprétation uniforme des règlements juridiques, conformément au conseil donné par la Commission, et sur les pratiques en vigueur, afin de lever une grande partie des incertitudes et de la responsabilité actuellement à la charge des bénéficiaires; |
| 44. | propose d’instaurer, dans le cadre des modalités de gestion, une séparation nette entre l’administration des programmes et l’exécution des projets et programmes, afin d’éviter les possibles conflits d’intérêts et toute partialité dans les évaluations; |
| 45. | propose de maximiser, dans les limites du plafond budgétaire actuel, la taille des fonds de financement afin d’adopter une approche de l’exécution des actions qui soit fondée sur les programmes, démarche qui consiste à combiner plusieurs projets liés et à mesurer la réussite sur la base de résultats généraux, plutôt que d’évaluer les réalisations de projets individuels menés dans certains secteurs, tels que, pour prendre un exemple parmi d’autres, celui de l’énergie; |
| 46. | propose d’explorer des pistes pour concevoir et améliorer des modèles d’ingénierie financière, en recourant notamment à des fonds de capital-risque spécialisés dans certains secteurs clés, d’aligner davantage les subventions sur le programme JESSICA, afin de stimuler le marché de l’investissement immobilier, et d’examiner la possibilité d’un dispositif de microcrédit inspiré de l’initiative JASMINE pour soutenir les jeunes entreprises et les PME; |
| 47. | propose d’étendre les possibilités de cofinancement, en particulier par des fonds du secteur privé, afin de s’assurer que des moyens soient mis à la disposition des collectivités territoriales pour satisfaire à leurs besoins au niveau local; |
| 48. | demande à la Commission de proposer un mécanisme pour que les crédits de financement non utilisés et dégagés retournent au budget de l’Union européenne pour être réattribués à l’État membre concerné, à titre de recettes affectées, de manière à garantir l’affectation et l’utilisation de ces fonds dans le cadre des politiques sectorielles dudit État membre, pour lesquelles ils ont été votés; |
| 49. | estime qu’à l’heure actuelle, la non-utilisation des crédits de financement résulte notamment de la configuration imparfaite, compliquée et trop détaillée du système de mise en œuvre, ainsi que d’une définition inadéquate des priorités. Il est indispensable d’assurer une communication adéquate avec les collectivités locales et régionales, ainsi qu’avec les instances nationales, afin de redéfinir et de préciser les priorités de manière à ne pas désavantager les bénéficiaires; |
| 50. | considère qu’il est donc essentiel de garantir la sécurité de programmation et la fiabilité des programmes de financement pluriannuels en particulier, afin de leur permettre d’atteindre leurs objectifs. Une souplesse accrue du cadre financier pluriannuel ne doit pas conduire à une situation dans laquelle des réaffectations ou de nouvelles initiatives politiques sont financées au détriment de programmes déjà approuvés; |
| 51. | propose d’attribuer clairement certaines tâches aux partenaires dans les rapports et le suivi concernant les programmes financés par l’Union européenne au sein des municipalités ou régions, dans le cadre notamment d’un examen des dépenses et des résultats, ainsi que de la conception des mesures correctrices, et demande à la Commission de prévoir des aides, notamment des financements, pour les collectivités locales et régionales lorsque la simplification, législative ou non, entraîne une hausse des coûts publics de prestation de leurs services; |
Politique de cohésion
| 52. | demande à la Commission de prendre de nouvelles mesures pour simplifier la politique de cohésion, en tenant compte des propositions des collectivités locales et régionales telles qu’elles ont été formulées dans l’avis du Comité sur la «Simplification des Fonds ESI du point de vue des collectivités locales et régionales» (rapporteur: M. Petr Osvald — République tchèque, PSE) (4); |
| 53. | rappelle que les Fonds structurels et d’investissement européens constituent les principaux instruments dont dispose l’Union européenne pour promouvoir la cohésion économique, sociale et territoriale dans l’ensemble de ses États membres et qu’il est fondamental de les simplifier pour atteindre les objectifs stratégiques; il devrait être envisagé d’apporter des améliorations immédiates pendant l’actuelle période de programmation mais aussi de prendre des mesures de simplification à plus long terme, ce qui pourrait potentiellement amener à une révision substantielle du mécanisme d’exécution existant et de la législation en vigueur; |
| 54. | attire tout particulièrement l’attention sur la nécessité d’une simplification, qui apporterait notamment des changements législatifs et non législatifs dans les domaines liés à l’audit, aux exigences et aux orientations en matière de rapport, aux aides d’État, à la passation des marchés publics et à la surenchère réglementaire; |
| 55. | observe que les efforts de simplification requièrent la coopération ciblée de l’ensemble des services de la Commission concernés, et plus particulièrement la direction générale de la politique régionale et urbaine, la direction générale de l’emploi, des affaires sociales et de l’inclusion, la direction générale de la concurrence et la direction générale du marché intérieur, de l’industrie, de l’entrepreneuriat et des PME; |
| 56. | invite la Commission à fournir davantage d’informations et à accroître son soutien en matière de formation des collectivités locales et régionales concernant les synergies entre les Fonds structurels et d’investissement européens et le Fonds européen pour les investissements stratégiques (EFSI); |
Recherche et innovation
| 57. | demande une simplification des procédures de candidature et de rapport pour les fonds destinés à la recherche et à l’innovation, tout en renforçant l’application des coûts standard, en particulier en ce qui concerne l’audit; |
Politique agricole commune et développement rural
| 58. | met en exergue les recommandations qu’il a formulées dans son avis sur la «Simplification de la politique agricole commune (PAC)», adopté en octobre 2015 (5); |
| 59. | réaffirme la nécessité de renforcer le principe de la confiance vis-à-vis des bénéficiaires finaux, en allégeant l’obligation de présenter des justificatifs de dépenses lors de la phase de rapport final, en intervenant sur la phase du contrôle et en mettant l’accent sur les résultats des projets financés; |
| 60. | s’inquiète du fait qu’en dépit de l’objectif affiché de la nouvelle PAC, de réduire la législation au niveau de l’Union européenne, la production réglementaire de la Commission ait augmenté par l’intermédiaire des actes législatifs délégués; |
| 61. | réitère son appel à une cohérence et une complémentarité renforcées entre la PAC et d’autres politiques de l’Union européenne telles que la politique (et les fonds) en faveur de l’environnement; c’est entre le Fonds européen agricole pour le développement rural et les autres Fonds structurels et d’investissement européens qu’une cohérence accrue est la plus nécessaire, de sorte à établir un cadre stratégique commun qui soit fondé sur les grands objectifs de la stratégie Europe 2020; |
| 62. | considère que la PAC doit être rendue compatible avec l’objectif de cohésion territoriale inscrit dans le traité de Lisbonne et qu’il convient d’éviter que les mesures européennes ne viennent accroître les déséquilibres territoriaux ou menacer les services publics, par exemple dans les zones rurales; |
Simplification pour les PME
| 63. | considère qu’afin d’améliorer la réglementation pour les PME, il est très important, dans le cadre du processus de travail qui a été engagé, de prendre pleinement en considération les besoins réels des acteurs évoluant dans l’environnement des entreprises au niveau local et régional; |
| 64. | souligne que la plateforme REFIT doit également accorder une attention suffisante à la charge réglementaire qui pèse sur les pouvoirs publics. Il importe d’éviter que la charge réglementaire soit déplacée des entreprises vers les administrations publiques et vice-versa; |
| 65. | observe, après avoir consulté les lauréats du prix de la «Région européenne entreprenante», que les domaines à simplifier en priorité et ceux dans lesquels le degré de simplification atteint grâce à la réglementation en vigueur n’est pas suffisant sont notamment la participation des PME aux projets financés par le Fonds européen de développement régional, l’accès des PME aux marchés publics, les droits des consommateurs et le règlement REACH. Les obligations déclaratives à des fins de statistique sur le commerce (Intrastat) ont également été recensées parmi les priorités pour les actions futures; |
| 66. | estime qu’il convient d’agir dans le domaine de la simplification administrative pour les PME, s’agissant notamment de la TVA; |
| 67. | demande que des mesures soient adoptées pour simplifier l’accès des PME aux marchés publics; craint que le degré de simplification qui sera introduit par les nouvelles directives et le document unique de marché européen ne suffise toujours pas à garantir des règles de passation de marchés favorables aux PME; |
| 68. | met en garde contre le risque que les mesures de simplification mentionnées ne portent atteinte à la liberté des autorités locales et régionales d’adopter, en fonction de leurs contextes particuliers et des besoins de leurs citoyens, des normes plus strictes, notamment dans des domaines tels que l’égalité ou la politique sociale, industrielle ou environnementale; |
| 69. | souligne que le droit de l’Union européenne régissant les aides d’État en lien avec les services d’intérêt économique général (SIEG) est devenu trop détaillé et trop complexe, en raison de l’abondance des textes de droit dérivé et des dispositions non contraignantes en matière d’aides d’État; Une simplification plus poussée renforcera la sécurité juridique, accélérera la mise en œuvre des projets d’investissement, assurera la fourniture en temps utile des SIEG et stimulera la croissance et l’emploi; |
| 70. | insiste sur la nécessité de sensibiliser les petites entreprises innovantes aux nouvelles procédures de marché public, à leurs avantages et leurs limites, ainsi qu’au soutien disponible. Les règles de l’Union européenne en matière de marchés publics doivent faire l’objet d’une étude d’impact dans trois ans afin de vérifier si elles ont permis de faciliter l’accès des PME aux appels d’offres, réduit les obstacles bureaucratiques et contribué à développer des partenariats à long terme pour les fournitures et les services qui ne sont pas encore sur le marché; |
| 71. | réitère son appel pour que soient relevés les seuils de minimis applicables aux aides d’État en faveur des SIEG ainsi que le seuil d’exonération de l’obligation de notification, prévue à l’article 108, paragraphe 3, du TFUE, des aides d’État sous forme de compensation de service public accordées à certaines entités chargées de la gestion de SIEG, puisque ces mesures aboutiront à une plus grande simplification pour les collectivités locales et régionales ainsi que pour les entités recevant la compensation; |
Droit de l’environnement
| 72. | renvoie à son avis relatif à «La législation environnementale européenne: améliorer l’information et le respect des normes», adopté en avril 2016 (6), et demande à la Commission et aux États membres de suivre ses recommandations dans le cadre du bilan de qualité concernant les obligations de suivi et de rapport en matière de politique environnementale; |
| 73. | attire tout particulièrement l’attention sur les recommandations spécifiques contenues dans cet avis s’agissant des audits et des rapports excessivement contraignants, et préconise en particulier d’automatiser les outils de rapport et de rechercher des synergies entre les obligations déclaratives découlant de différentes directives; réitère sa proposition d’élaborer des «tableaux de bord pour la mise en œuvre» aux fins des nouvelles directives dans le domaine du droit de l’environnement; |
| 74. | est favorable à l’idée d’adopter une directive européenne horizontale qui définirait des dispositions en matière d’assurance de la conformité pour l’ensemble de l’acquis environnemental de l’Union européenne, sur la base des principes énoncés dans son avis susmentionné; |
| 75. | constate qu’en 2013, l’Union européenne s’était fixé un vaste ensemble de soixante-trois objectifs contraignants et soixante-huit non contraignants, qui devaient être atteints, dans leur majorité, entre 2015 et 2020. L’incidence de ces objectifs sur le niveau de pouvoir infranational et sur les entreprises doit être mesurée et prise en compte lorsque des objectifs sont proposés ou modifiés. Les objectifs inutiles déjà fixés devraient être supprimés, de sorte que les responsables locaux disposent d’une autonomie suffisante pour pouvoir adapter les mesures aux conditions économiques et environnementales locales; |
| 76. | réaffirme qu’il convient de procéder à une répartition adéquate des responsabilités et des ressources, et de garantir la bonne circulation des informations entre les municipalités, les régions et les États membres dans le cadre des règles relatives au suivi et à l’information en matière d’environnement, et ce, afin de s’assurer que les rapports et les indicateurs relatifs à l’état de l’environnement soient cohérents, solides et fiables. |
Bruxelles, le 7 décembre 2016.
Le président du Comité européen des régions
Markku MARKKULA
(1) P8_TA(2016)0104.
(2) Étude du Parlement européen intitulée «Évaluer le coût de la non-Europe 2014-2019».
(3) Avis sur le thème «Pour une réglementation de l’Union européenne bien affûtée (REFIT)» (2013).
(4) CDR 8/2016.
(5) CDR 2798/2015.
(6) CDR 5660/2015.
Avis institutionnel — 52016AB0061
28/12/2016
Position (UE) n° 1/2017 du Conseil en première lecture en vue de l'adoption du règlement du Parlement européen et du Conseil concernant les contrôles officiels et les autres activités officielles servant à assurer le respect de la législation alimentaire et de la législation relative aux aliments pour animaux ainsi que des règles relatives à la santé et au bien-être des animaux, à la santé des végétaux et aux produits phytopharmaceutiques, modifiant les règlements du Parlement européen et du Conseil (CE) n° 999/2001, (CE) n° 396/2005, (CE) n° 1069/2009, (CE) n° 1107/2009, (UE) n° 1151/2012, (UE) n° 652/2014, (UE) 2016/429 et (UE) 2016/2031, les règlements du Conseil (CE) n° 1/2005 et (CE) n° 1099/2009 ainsi que les directives du Conseil 98/58/CE, 1999/74/CE, 2007/43/CE, 2008/119/CE et 2008/120/CE, et abrogeant les règlements du Parlement européen et du Conseil (CE) n° 854/2004 et (CE) n° 882/2004, les directives du Conseil 89/608/CEE, 89/662/CEE, 90/425/CEE, 91/496/CEE, 96/23/CE, 96/93/CE et 97/78/CE ainsi que la décision 92/438/CEE du Conseil (règlement sur les contrôles officiels) Adoptée par le Conseil le 19 décembre 2016 (Texte présentant de l'intérêt pour l'EEE. )
19/12/2016
Avis institutionnel — 52016AB0060
15/12/2016
P8_TA(2016)0508 Liste des pays tiers dont les ressortissants sont soumis à l'obligation de visa ou exemptés de cette obligation: révision du mécanisme de suspension ***I Résolution législative du Parlement européen du 15 décembre 2016 sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (CE) n° 539/2001 fixant la liste des pays tiers dont les ressortissants sont soumis à l'obligation de visa pour franchir les frontières extérieures des États membres et la liste de ceux dont les ressortissants sont exemptés de cette obligation (révision du mécanisme de suspension) (COM(2016)0290 — C8-0176/2016 — 2016/0142(COD)) P8_TC1-COD(2016)0142 Position du Parlement européen arrêtée en première lecture le 15 décembre 2016 en vue de l’adoption du règlement (UE) 2017/… du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (CE) n° 539/2001 du Conseil fixant la liste des pays tiers dont les ressortissants sont soumis à l’obligation de visa pour franchir les frontières extérieures des États membres et la liste de ceux dont les ressortissants sont exemptés de cette obligation (révision du mécanisme de suspension)
15/12/2016