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Avis du Comité européen des régions — Stratégie spatiale pour l’Europe

CELEX52016AR6726
TypeAvis institutionnel
Datemercredi 11 octobre 2017

Résumé IA

Le Comité européen des régions souligne l'importance de la stratégie spatiale pour l'Europe en tant que levier de croissance, d'innovation et de souveraineté, insistant sur la nécessité d'associer les collectivités territoriales à sa mise en œuvre. L'avis met en avant le rôle clé des régions dans le développement des applications spatiales (notamment Galileo et Copernicus) pour répondre aux défis locaux, tels que l'agriculture de précision, la gestion des catastrophes ou la mobilité. Il appelle également à un renforcement des synergies entre les fonds européens et les politiques régionales pour maximiser les retombées économiques et sociales de l'espace sur l'ensemble du territoire de l'Union.

Texte intégral

13.2.2018

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 54/66


Avis du Comité européen des régions — Stratégie spatiale pour l’Europe

(2018/C 054/12)

Rapporteur:

Andres Jaadla (EE/ADLE), membre du conseil municipal de Rakvere.

Texte de référence:

communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — Stratégie spatiale pour l’Europe

[COM(2016) 705 final].

RECOMMANDATIONS POLITIQUES

1.

Comme affirmé dans le document «Stratégie spatiale pour l’Europe», l’espace compte pour l’Europe. L’Europe a connu de nombreux succès dans le domaine des technologies spatiales: elle possède des capacités uniques en matière d’observation de la Terre et s’est distinguée dans le domaine de la géolocalisation et par ses missions d’exploration. Les technologies, les données et les services spatiaux sont devenus indispensables dans la vie quotidienne des citoyens européens, et il convient d’en poursuivre systématiquement le développement.

2.

L’espace revêt pour l’Europe une importance stratégique qui mérite aussi d’être soulignée. Il renforce son rôle d’acteur mondial de premier rang et représente un atout pour sa sécurité et sa défense. La politique spatiale peut contribuer à stimuler l’emploi, la croissance et les investissements en Europe. Investir dans l’espace, c’est ouvrir de nouvelles perspectives dans les sphères de la science et de la recherche. Par conséquent, le Comité européen des régions (CdR) soutient fermement la demande du Parlement européen (1) en faveur d’une stratégie de communication complète concernant les avantages des technologies spatiales pour les citoyens et les entreprises.

3.

L’objectif est de trouver des moyens concrets par lesquels les technologies, données et services spatiaux pourront soutenir de nombreuses politiques et de grandes priorités stratégiques de l’Union, dans des domaines comme la compétitivité de l’économie européenne, la politique migratoire, la lutte contre le changement climatique, le marché unique numérique et la gestion durable des ressources naturelles.

4.

Le CdR se félicite que l’UE et l’Agence spatiale européenne (ESA) aient uni leurs forces pour faire avancer la coopération européenne dans le domaine spatial en signant, le 26 octobre 2016, une déclaration conjointe sur une vision et des objectifs communs. Si l’ESA poursuit des objectifs qui lui sont propres, la coopération avec les États membres et les institutions de l’UE n’en est pas moins créatrice de synergies. On ne peut que se réjouir que l’UE et l’ESA aient pu arrêter une position commune concernant une vision et des objectifs à long terme (2), qui leur fournit un cadre cohérent pour la mise en œuvre des stratégies pertinentes. Il convient d’éviter, dans le cadre de cette coopération, les doubles emplois ainsi qu’une concurrence dommageable.

5.

Le CdR se réjouit que l’Europe et les États membres disposent d’une Agence spatiale européenne forte d’une expérience de plus d’un demi-siècle en matière de renforcement des capacités européennes en vue de la conception de technologies et d’applications dans tous les domaines des activités spatiales. Ce rôle doit être maintenu et renforcé aux fins du développement socio-économique des régions, et notamment dans la spécialisation intelligente.

6.

Le CdR est convaincu que la stratégie spatiale de l’UE ne pourra être viable sur le long terme que si tous les États membres y participent activement; ce n’est qu’à cette condition également que l’on pourra s’assurer que le secteur spatial européen parvienne à créer de la croissance et de l’emploi. Cet objectif peut être atteint au moyen de mesures concrètes et ciblées, pourvu aussi que l’on s’attache en particulier à renforcer les capacités et à associer les États membres qui intègrent seulement maintenant le secteur spatial.

7.

Former des ingénieurs, des techniciens et des scientifiques revêt une importance cruciale pour l’industrie européenne. En consolidant le marché du travail européen et en développant les infrastructures nécessaires pour réaliser des essais et des tests et installer de nouvelles capacités de calcul et d’analyse, la création de pôles de compétences et d’excellence et de centres d’apprentissage tout au long de la vie contribue à faire sans cesse progresser les connaissances et les compétences dans le secteur des sciences de l’espace et dans les domaines connexes. C’est sur cette base qu’il convient d’échafauder la stratégie spatiale européenne.

8.

Le fait d’associer les jeunes et de mobiliser leur enthousiasme et leur motivation est un investissement pour l’avenir de l’Europe. Il faudrait consacrer davantage de moyens à la sensibilisation et à la compilation d’exemples de réussite pour mettre en lumière le rôle joué par les citoyens européens dans le développement de systèmes complexes (aussi bien pour la conception de systèmes terrestres que de satellites). L’utilité de l’espace pour la société est illustrée de multiples manières, par les technologies de communication, la possibilité de transmettre des informations en temps réel, des systèmes de surveillance continue à haute résolution, la réaction rapide en cas de catastrophe naturelle, le soutien à l’agriculture, la sylviculture, la pêche et la navigation maritime, un meilleur contrôle des frontières et de la sécurité, et bien d’autres applications encore.

9.

Les besoins en matière de petits satellites peu coûteux à des fins de communication et de surveillance augmentent continuellement. Pour ce qui est des applications et services dans le domaine de la géolocalisation, l’on distingue une amélioration rapide des possibilités techniques offertes par les petits satellites et l’apparition de nouvelles applications, tout comme dans les domaines de l’observation et l’exploitation des surfaces agricoles et des prévisions météorologiques, grâce avant tout aux progrès accomplis par les nouvelles technologies de radar. C’est pourquoi l’UE doit également diriger son attention vers la continuité de Copernicus et de Galileo, afin de ne pas perdre pied avec l’évolution de ce marché au niveau mondial.

10.

Certaines recommandations ont pointé la nécessité d’une coopération internationale à haut niveau (3) sur le plan économique, social et diplomatique, afin de garantir l’accès des États membres de l’UE à l’espace ainsi que la sécurité des infrastructures spatiales. Cette considération concerne aussi bien la question des débris spatiaux que la nécessité de disposer de trajectoires libres de mise en orbite, ou encore les accords portant sur la gestion de la fréquence et du trafic spatial. C’est dans le cadre d’accords internationaux que l’on doit régler les affaires spatiales. Les collectivités locales et régionales sont des intermédiaires parfaits entre les différentes communautés (groupes sociaux, consommateurs, entreprises et chercheurs).

11.

Le succès et la viabilité de l’industrie spatiale européenne dépendent de l’usage et du traitement qui sont faits de grands volumes et sources d’informations et de données (mégadonnées). L’on ne pourra garantir des solutions novatrices, de nouveaux procédés, une sécurité accrue et une protection plus efficace contre les cyberattaques que par un meilleur accès des entreprises aux données et par l’émergence d’une coopération motivante avec les chercheurs, les universités et le secteur public.

Observations générales

12.

Le document à l’examen concernant la stratégie spatiale pour l’Europe tient compte des avis antérieurs du CdR sur le sujet et les reprend en partie, notamment l’avis sur le thème «Vers une stratégie spatiale de l’Union européenne au service du citoyen» et celui sur «La politique industrielle spatiale de l’UE», ainsi que le rapport de la commission des affaires étrangères du Parlement européen sur les capacités spatiales pour la sécurité et la défense en Europe, l’étude «Space Market Uptake in Europe» (L’essor du marché spatial en Europe), les recommandations sur la nécessité d’ajouter une dimension régionale à la stratégie spatiale européenne publiées par le réseau Nereus en avril 2016, ainsi que le document «Advice on potential priorities for Research and Innovation in the work programme 2018-2020» (Conseils sur les priorités potentielles en matière de recherche et d’innovation dans le programme de travail 2018-2020) du groupe consultatif spatial d’Horizon 2020.

13.

La stratégie spatiale pour l’Europe apporte une réponse concrète aux évolutions observées sur le plan international dans le secteur spatial, où la concurrence s’est accrue en raison du modèle «New Space» (nouvel espace) qui a vu le jour aux États-Unis dans les années 80, avec l’apparition sur le marché d’entreprises cherchant à opérer dans le secteur spatial. Les technologies numériques et la numérisation ouvrent de nouvelles perspectives commerciales, tandis que de grands changements technologiques bouleversent les modèles industriels et commerciaux traditionnels sur lesquels l’accès à l’espace et son utilisation reposaient jusqu’alors.

14.

Étant donné que le secteur de l’espace se caractérise par des cycles de développement longs, la coopération de toutes les institutions est nécessaire. Les risques de marché s’en trouvent accrus puisque le potentiel commercial des nouvelles applications doit être évalué bien en amont et qu’il est difficile d’adapter les éléments existants. Dès lors, les entrepreneurs qui souhaitent s’engager dans le secteur spatial peuvent rencontrer des difficultés pour trouver des investisseurs car il est très compliqué de concilier ce marché de nature cyclique et les éléments existants avec une demande qui a évolué.

15.

L’UE et l’ESA doivent intensifier leur coopération pour soutenir les États membres dans les activités de recherche et développement qu’ils mènent, au niveau européen, dans le domaine de l’espace, pour renforcer le recours à des programmes d’achats novateurs, pour insuffler plus d’élan aux investissements privés ainsi qu’aux partenariats avec l’industrie, de même que pour favoriser la conception de minisatellites et de nanosatellites.

16.

L’UE et l’ESA doivent concevoir des actions d’information publique et des plans de déploiement des technologies afin d’exploiter efficacement les résultats obtenus en divers domaines grâce aux activités de recherche et développement. Les défis mondiaux posés par la croissance démographique, la demande accrue de ressources et le changement climatique exigent des informations sur notre planète qui ne peuvent être obtenues qu’au moyen de solutions spatiales.

17.

Le CdR a relevé les priorités spécifiques ci-après:

—

prendre l’initiative d’élaborer des politiques qui permettent d’associer plus étroitement les PME, de favoriser la fondation de nouvelles entreprises (entreprises dérivées et jeunes pousses) et de créer des emplois dans les secteurs qui exploitent des technologies spatiales,

—

soutenir la recherche et le développement ainsi que de nouveaux programmes de formation à tous les niveaux dans les secteurs de l’informatique, des sciences naturelles, des mathématiques, de l’ingénierie et des sciences sociales,

—

investir dans l’espace en insistant sur le rôle des fonds et facilités d’investissement et en associant des investisseurs privés,

—

étendre la coopération entre les instances européennes, nationales et régionales et entre l’industrie et les utilisateurs, grâce à un soutien structuré de la part de la Commission européenne qui permettrait de garantir que la capacité du trafic d’informations est compatible avec les défis que génèrent actuellement les technologies de télédétection,

—

améliorer sensiblement la direction et l’administration du secteur spatial, dans les États membres mais aussi au niveau européen, et encourager la coopération entre l’UE et l’ESA, tout en mettant l’accent sur l’utilisateur et sur les régions, en tenant compte du potentiel de ces dernières dans ce domaine,

—

cofinancer la mise en place, dans les régions, d’incubateurs d’entreprises de l’ESA en vue de stimuler l’entrepreneuriat dans le secteur spatial,

—

soutenir les mesures éducatives et les institutions publiques dont les activités visent à former du personnel pour répondre aux besoins de l’économie, en tenant compte des besoins particuliers des entreprises du secteur spatial.

Rôle des «régions spatiales» dans la mise en œuvre de la stratégie spatiale européenne

18.

Le CdR se félicite que la stratégie spatiale pour l’Europe tienne compte de l’importance de la participation régionale dans sa mise en œuvre, en particulier par l’intermédiaire de mesures concrètes prises par la Commission européenne en collaboration avec l’agence du GNSS européen chargée des programmes EGNOS et Galileo, comme en témoignent les réseaux Copernicus Relays et Copernicus Academy qui visent la promotion de l’utilisation des données de télédétection et de leurs applications.

19.

La dimension régionale revêt une importance essentielle pour permettre aux utilisateurs de mieux profiter des avantages de l’espace et les placer ainsi au centre de la stratégie spatiale européenne. Les collectivités locales et régionales sont compétentes pour participer à la mise en œuvre de la politique européenne en matière d’espace et sont disposées à le faire, dans la mesure où cette politique vient également appuyer les stratégies de spécialisation intelligente dans de nombreuses régions.

20.

Le CdR se félicite de l’adhésion de nombre de collectivités régionales au réseau Nereus (Réseau des régions européennes utilisatrices des technologies spatiales), qui témoigne de l’importance croissante que l’espace revêt pour leur économie. L’objectif qui sous-tend Nereus consiste à exploiter pleinement le potentiel que les technologies spatiales présentent pour les régions européennes, en matière de recherche et développement, ainsi que du point de vue de leur compétitivité économique, à mettre en évidence la dimension régionale des stratégies spatiales au niveau politique, ainsi qu’à favoriser une approche ascendante des activités spatiales européennes. Il y a lieu de mettre en évidence les mesures qu’ont prises les régions qui ont rejoint Nereus. Les collectivités régionales ont les capacités et l’expérience requises pour fédérer les activités des acteurs du monde des entreprises, des milieux scientifiques, des organismes publics et des organisations de la société civile, ressources qu’il y a lieu d’exploiter pour établir des partenariats visant à mettre en œuvre des mesures dans le cadre de la stratégie spatiale européenne.

21.

La stratégie spatiale de l’UE a besoin d’une vision claire de la façon de convaincre la société, le secteur économique et le monde politique européens du potentiel que recèle l’espace. Une plus grande importance devrait également être attachée à la politique spatiale dans les autres stratégies régionales de l’Union dans la mesure où elle ouvre notamment des possibilités en vue d’atteindre les objectifs fixés dans les domaines suivants: le programme urbain de l’UE, les modèles de «villes intelligentes», l’énergie intelligente, l’urbanisme, l’agriculture, l’action face au changement climatique, etc.

22.

Les collectivités régionales, qui accomplissent leurs missions principales dans le but de stimuler tant la science et la technologie que le développement socio-économique de leurs entités territoriales, doivent être considérées comme des coordinatrices de la politique spatiale régionale. Elles ont les capacités et l’expérience requises pour fédérer les activités des acteurs du monde des entreprises, des milieux scientifiques, des institutions publiques et de la société civile, ressources qu’il y a lieu d’exploiter pour établir des partenariats de mise en œuvre dans le cadre d’une stratégie spatiale européenne.

23.

L’Agence spatiale européenne a mis en place un certain nombre d’initiatives avec les régions, y compris le Bureau européen de ressources en matière d’éducation spatiale (ESERO — European Space Education Resource Office). Il convient de maximiser les avantages de ces initiatives et de continuer à encourager leur développement.

24.

La Commission devrait élaborer des mesures de soutien qui seraient axées sur des activités menées en relation avec des pôles régionaux, des bureaux de contact, des agences, des universités et des instituts de recherche, en vue d’encourager le lancement multisectoriel de produits et services spatiaux.

25.

Pour ce qui concerne les compétences et les besoins des autorités publiques, la Commission devrait également fixer les critères permettant d’apprécier l’utilité publique des services spatiaux, qu’elle-même et les autorités nationales pourraient utiliser pour évaluer l’admissibilité des demandes d’aide à la mise en œuvre des services et des applications qui sont soumises par les utilisateurs potentiels.

26.

Le CdR soutient l’élaboration et la mise en œuvre de ce programme spatial européen complet et ambitieux, qui s’appuie sur les résultats obtenus jusqu’à présent et qui poursuit et approfondit les actions prioritaires liées à la surveillance de l’environnement, au changement climatique, à la sécurité, à la compétitivité et à la recherche spatiale.

27.

Des incitations et un soutien de la part de l’UE et des États membres resteront sans doute nécessaires pour les utilisateurs, notamment les collectivités locales et régionales et les entreprises. Étant donné le caractère novateur du secteur spatial et son importance pour l’économie, le CdR invite à explorer de nouvelles pistes pour financer le développement d’applications et leur utilisation à grande échelle, en associant les Fonds structurels et les banques à cette démarche et en coopérant avec l’ESA. Face aux problèmes qui se posent pour financer les investissements dans les processus de recherche et de développement, il est judicieux d’accroître les possibilités de financer les projets de recherche menés avec la participation d’organismes de recherche scientifique et d’acteurs économiques.

Contribution aux grands programmes européens EGNOS, Galileo (navigation par satellite) et Copernicus (surveillance pour l’environnement et la sécurité)

28.

Le CdR est convaincu que l’UE doit assurer le financement de la phase opérationnelle de Galileo (entre autres: l’entretien et le renouvellement des satellites, la garantie de l’intégrité du système, les opérations au sol et l’accès aux données). Il s’agit de la seule façon de garantir la durabilité des effets économiques escomptés.

29.

Si la phase opérationnelle du programme Copernicus revêt une importance cruciale pour que ces nouveaux développements technologiques puissent percer sur le plan économique, il sera nécessaire aussi de continuer de l’appuyer financièrement afin de couvrir les coûts de démarrage inhérents à l’adoption de technologies nouvelles par leurs différents utilisateurs.

30.

La Commission devrait veiller à ce qu’à l’avenir, le financement à long terme de l’exploitation opérationnelle de l’infrastructure Copernicus soit garanti par des ressources provenant du budget de l’Union, de sorte que sa viabilité financière ainsi que la transparence et le contrôle démocratique de son financement puissent être assurés.

31.

Il est urgent de mettre en place de grands centres de calcul pour le prétraitement et le stockage des données téléchargées à partir de Copernicus. La capacité d’exploiter des données historiques est très importante également pour la mise au point de nouveaux services et applications dans ce domaine; il en va de même pour la capacité de transmission de grands volumes de données en temps utile aux fins de leur exploitation.

32.

Le CdR souligne le rôle important que jouent la surveillance spatiale et les systèmes de navigation par satellite comme Galileo et Copernicus, en ce qu’ils permettent une réponse rapide aux catastrophes naturelles telles que les tremblements de terre, les incendies de forêt, les glissements de terrain et les inondations. Il demande à ce que ce rôle soit dûment pris en compte lors de la conception de services en aval pour les collectivités locales et régionales. Une stratégie spatiale efficace est un élément essentiel d’un développement durable et résilient, car elle aide à sauver des vies et contribue à protéger l’environnement et les biens.

33.

Pour utiliser les données de Copernicus et Galileo et pouvoir concevoir de nouveaux services à partir de ces éléments, il est nécessaire de modifier la législation afin que ces pratiques cadrent avec d’autres mesures relevant de la politique régionale, énergétique ou environnementale, de l’agriculture ou de la surveillance de l’environnement, et pour lesquelles des données géographiques sont exploitées. Il convient de veiller à ce que les données recueillies grâce à ces programmes puissent également servir à l’élaboration de rapports au niveau de l’UE, et à ce que cette procédure puisse être établie conformément à la législation là où c’est possible.

Double usage des données spatiales pour la sécurité et la défense

34.

Les capacités et les services liés à l’espace jouent un rôle important en matière de défense et de sécurité européennes, car ils permettent la mise en œuvre cohérente d’une politique de sécurité et de défense commune et associent en outre la politique de l’UE à des domaines tels que le commerce extérieur, la protection des frontières, la sécurité maritime, l’action face au changement climatique, la sécurité énergétique, la gestion des catastrophes, l’aide humanitaire et le transport. Il convient de renforcer le partenariat stratégique avec les pays tiers qui disposent de programmes spatiaux afin de garantir l’indépendance de l’Europe en matière de technologies spatiales décisives et d’accès à l’espace.

Participation plus active des États membres et des groupes de la société à différentes activités dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie spatiale pour l’Europe

35.

Tous les États membres doivent avoir accès aux services spatiaux, ainsi qu’aux nouveaux moyens de stimuler leur économie et d’élargir leurs connaissances. Il y a lieu d’accroître la prise de conscience quant aux possibilités d’exploitation efficace du domaine spatial dans le secteur public, entre autres au niveau régional, dans des domaines divers et variés, en soutenant les régions grâce au développement des compétences et à différents mécanismes de financement.

36.

Les technologies spatiales peuvent se révéler utiles au secteur public, par exemple, pour la surveillance quotidienne d’un territoire, l’évaluation de l’état des ressources naturelles (eau douce, eaux côtières, qualité de l’air, etc.) et des forêts, l’estimation des stocks de bois, l’exploitation des surfaces agricoles et le contrôle du régime d’aides, la détection précoce et la prévention des activités de construction illégales, l’utilisation de l’énergie solaire et éolienne, l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments, et bien d’autres domaines encore.

37.

De nouvelles actions doivent être entreprises pour sensibiliser davantage le public européen aux avantages de l’espace; il est besoin aussi de spécialistes et de fonctionnaires mieux formés, mais aussi de plus d’ingénieurs et de chercheurs, afin de créer la valeur ajoutée nécessaire pour la société. Il faut également veiller à intensifier la coopération avec les organisations publiques et privées et les entreprises. Les initiatives locales, l’échange d’expériences, la création de synergies entre différents secteurs d’activité de même que l’information et la sensibilisation doivent figurer parmi les priorités absolues d’une politique spatiale axée sur les besoins réels des citoyens.

Prévoir des actions concrètes de formation et de sensibilisation en vue d’éveiller l’intérêt des jeunes générations

38.

La stratégie spatiale a besoin du soutien résolu et de l’intérêt des jeunes générations. La génération Y a grandi dans un monde où les nouvelles applications sont une réalité incontournable, non seulement à des fins commerciales, mais aussi dans les usages quotidiens. Il convient d’encourager les idées nouvelles apportées par les jeunes et les perspectives qu’elles ouvrent.

39.

La nouvelle stratégie spatiale pour l’Europe n’est pas suffisamment motivante pour la jeune génération. L’espace devrait être source d’inspiration et de motivation et contribuer à améliorer les conditions de vie de la population. La stratégie doit avant tout s’employer à promouvoir l’éducation et à sensibiliser le public, en lien avec les informations et les données générées grâce aux technologies spatiales. Aborder les activités spatiales dans les programmes scolaires et universitaires, ainsi que dans les établissements qui, dans le cadre de l’éducation informelle, diffusent la connaissance du progrès scientifique, contribuerait grandement à attirer l’attention du public sur ce secteur important.

Prochaines étapes préconisées par le CdR pour réussir la mise en œuvre de la stratégie spatiale pour l’Europe

40.

Le CdR invite la Commission, le Parlement européen et le Conseil à débattre de cette stratégie, à la soutenir et à s’efforcer de la mettre en œuvre efficacement, en coopération étroite avec les villes et les régions ainsi qu’avec toutes les parties prenantes concernées.

41.

Afin de souligner l’importance du secteur spatial pour l’échelon régional et tirer le meilleur parti des possibilités que la mise en œuvre de la politique spatiale européenne offre aux villes et aux régions, des réunions spécifiquement consacrées à la question de l’espace seront organisées au sein de la commission de l’environnement, du changement climatique et de l’énergie du CdR. Cette mesure est d’autant plus nécessaire dans la perspective de la prochaine évaluation à mi-parcours des programmes spatiaux de l’UE, en 2017.

42.

Le CdR serait mieux placé pour mettre en œuvre le programme Copernicus au niveau local et régional s’il était associé comme membre de plein droit au forum des utilisateurs dudit programme et s’il disposait d’un représentant officiel dans cette enceinte. Ainsi, l’importance des acteurs locaux dans le cadre de l’utilisation des données de Copernicus serait dûment prise en compte.

43.

Afin de réussir la mise en œuvre de la stratégie spatiale pour l’Europe, il y aurait lieu de promouvoir des partenariats entre la Commission, les États membres, l’ESA, l’EUMETSAT, ainsi que les pouvoirs publics, les parties intéressées, les secteurs d’activité, les chercheurs et les communautés d’utilisateurs dans d’autres domaines. Le CdR peut être un partenaire important à cet égard.

Bruxelles, le 11 octobre 2017.

Le président du Comité européen des régions

Karl-Heinz LAMBERTZ


(1) Résolution du Parlement européen du 12 septembre 2017 sur une stratégie spatiale pour l’Europe.

(2) http://www.esa.int/About_Us/Welcome_to_ESA/Joint_statement_on_shared_vision_and_goals_for_the_future_of_Europe_in_space_by_the_EU_and_ESA.

(3) Forum de haut niveau — Space as a driver for socio-economic sustainable development («L’espace en tant que moteur d’un développement socio-économique durable»); Dubaï, le 24 novembre 2016.


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