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AccueilDroit européen52016DC0029
Acte préparatoire52016DC0029

RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL Rapport sur le schéma de préférences généralisées pour la période 2014-2015

CELEX52016DC0029
TypeActe préparatoire
Datejeudi 28 janvier 2016

Résumé IA

Ce rapport de la Commission évalue la mise en œuvre du schéma de préférences généralisées (SPG) de l'UE pour la période 2014-2015. Il analyse l'impact du système sur les pays bénéficiaires, notamment en matière de développement durable et de respect des droits de l'homme, et sert de base à d'éventuelles révisions du régime. Pour un professionnel du droit français, ce document est un acte préparatoire non contraignant qui éclaire l'application et l'évolution future du droit douanier préférentiel européen.

Texte intégral

european flagCOMMISSION EUROPÉENNE

Bruxelles, le 28.1.2016

COM(2016) 29 final

RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL

Rapport sur le schéma de préférences généralisées pour la période 2014-2015

{SWD(2016) 8 final}


RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL

Rapport sur le schéma de préférences généralisées pour la période 2014-2015

1.Introduction

1.1.Le schéma de préférences généralisées (SPG)

Depuis 1971, le schéma de préférences généralisées de l’UE (ci-après le «SPG») soutient les pays en développement dans leurs efforts pour réduire la pauvreté et promouvoir la bonne gouvernance et le développement durable. Le SPG aide les pays en développement à générer des recettes additionnelles grâce au commerce international en leur accordant un accès préférentiel au marché de l’UE. Le règlement (UE) nº 978/2012 du Parlement européen et du Conseil du 25 octobre 2012 appliquant un schéma de préférences tarifaires généralisées 1 (ci-après le «règlement SPG») constitue le cadre juridique pour la mise en œuvre du SPG. Le schéma est conforme aux règles de l’OMC puisqu’il a été institué au titre de la «clause d’habilitation» qui autorise une exception au principe de «nation la plus favorisée» de l’OMC.

1.2.Trois régimes dans le cadre du SPG

Le règlement SPG a modifié le SPG de manière à mieux axer les préférences SPG sur les pays qui en ont le plus besoin, notamment les pays les moins avancés (ci-après les «PMA») et les autres pays en développement à faible revenu et à revenu moyen inférieur. Les modifications apportées au SPG ont fortement réduit le nombre de bénéficiaires, qui est passé de 178 à 92 2 . Les pays classés par la Banque mondiale dans le groupe des pays à revenu moyen supérieur et à revenu élevé ne peuvent bénéficier des préférences SPG. C’est également le cas pour les pays bénéficiaires d’un régime d’accès préférentiel au marché de l’UE qui garantit au moins le même niveau de préférences tarifaires pour la quasi-totalité des échanges.

Le SPG prévoit trois types de régimes préférentiels pour tenir compte efficacement des besoins spécifiques des pays en développement sur le plan du commerce, du développement et des finances: un régime SPG général et deux régimes spéciaux.

−Le régime général (SPG standard) accorde des réductions de droits de douane pour environ 66 % des lignes tarifaires de l’UE aux pays à faible revenu ou à revenu moyen inférieur qui ne bénéficient pas d’un autre accès préférentiel au marché de l’UE. 30 pays bénéficient actuellement du SPG standard.

−Le régime spécial d’encouragement en faveur du développement durable et de la bonne gouvernance (SPG+) accorde la suspension complète des droits de douane pour 66 % des lignes tarifaires, pratiquement les mêmes que dans le cas du SPG standard, aux pays particulièrement vulnérables quant à la diversification de leur économie et à leurs volumes d’importation. En contrepartie, les pays bénéficiaires doivent ratifier les 27 conventions internationales principales énumérées à l’annexe VIII du règlement SPG et assurer leur mise en œuvre effective. Ces conventions concernent les droits de l’homme et des travailleurs, la protection de l’environnement et la bonne gouvernance. 13 pays bénéficient actuellement du SPG+.

−Le régime spécial «Tout sauf les armes» (initiative TSA) accorde un accès en franchise totale de droits et sans contingents pour tous les produits, à l’exception des armes et des munitions, aux pays classés par les Nations unies dans le groupe des PMA. 49 pays bénéficient actuellement de l’initiative TSA.

En 2014, la valeur des importations bénéficiant de préférences au titre du SPG s’élevait à près de 50,8 milliards d’EUR 3 se répartissant comme suit: 27,3 milliards d’EUR d’importations en provenance de pays bénéficiaires du SPG standard, environ 6,5 milliards d’EUR d’importations en provenance de pays bénéficiaires du SPG+ et 17 milliards d’EUR d’importations en provenance de pays bénéficiaires de l’initiative TSA. Les tableaux 1 à 4 du présent rapport fournissent des informations détaillées.

Les graphiques 1 et 2 ci-après donnent un aperçu des importations au titre des trois régimes du SPG.

1.3.Objectif du présent rapport

Le règlement SPG exige que la Commission présente tous les deux ans, à partir du 1er janvier 2016, un rapport au Parlement européen et au Conseil sur le fonctionnement du SPG.

Le rapport doit porter sur les effets des trois régimes préférentiels du SPG au cours des deux années précédentes 4 . Toutefois, le règlement SPG dispose que le rapport doit mettre particulièrement l’accent sur le SPG+. Le rapport devrait fournir des informations sur la ratification des conventions pertinentes par les pays bénéficiaires, leur mise en œuvre effective et le respect des exigences en matière de communication d’informations au titre desdites conventions 5 .

Par conséquent, le présent rapport couvre les trois composantes du SPG: le régime SPG standard, le régime TSA et le régime SPG+, qui est mis en avant plus particulièrement 6 .

2.SPG standard

La liste des pays bénéficiaires du SPG a été modifiée à plusieurs reprises pour tenir compte des pays ayant cessé de bénéficier du SPG, conformément aux critères de l’article 4 du règlement SPG (c’est-à-dire les pays qui ont été classés par la Banque mondiale dans le groupe des pays à revenu moyen supérieur pendant trois années consécutives ou qui ont commencé à bénéficier de régimes d’accès préférentiel au marché de l’UE offrant les mêmes préférences tarifaires, voire des conditions plus favorables).

La liste des pays bénéficiaires a également été modifiée de manière à inclure les nouveaux pays remplissant les conditions d’admissibilité pour bénéficier du SPG. En particulier:

−l’Azerbaïdjan et l’Iran ont cessé de bénéficier du SPG le 23 février 2014 7 ;

−la Croatie a cessé d’être un pays admissible et donc de bénéficier du SPG dès son adhésion à l’UE 8 ;

−le Myanmar et le Soudan du Sud ont commencé à bénéficier du SPG le 1er janvier 2014 9 ;

−la Chine, l’Équateur, les Maldives et la Thaïlande ont cessé de bénéficier du SPG le 1er janvier 2015 10 ;

−le Botswana, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, les Fidji, le Ghana, le Kenya, la Namibie et le Swaziland ont commencé à bénéficier du SPG le 1er octobre 2014 11 .

Les 30 pays suivants bénéficient du SPG standard 12 :

−Afrique: le Botswana*, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Kenya, la Namibie, Nauru, le Nigeria, la République du Congo, le Swaziland;

−Asie: l’Inde, l’Indonésie, le Kirghizstan, l’Ouzbékistan, Sri Lanka, le Tadjikistan, le Turkménistan**, le Viêt Nam;

−Australie et Pacifique: les Fidji, les Îles Cook, les Îles Marshall, la Micronésie, Niue, les Tonga;

−Europe: l’Ukraine;

−Moyen-Orient: l’Iraq, la Syrie;

−Amérique du Sud: la Colombie**, le Honduras**, le Nicaragua**.

Comme le montrent les graphiques 3 et 4 ci-après, le fait que la Chine ait cessé de bénéficier du SPG a eu des répercussions majeures sur le champ d’application du régime. Les seuils de graduation des produits figurant à l’annexe VI 13 et le seuil de vulnérabilité figurant à l’annexe VII 14 ont été modifiés en conséquence.

Tous les trois ans, la liste des sections de produits originaires d’un pays bénéficiaire du SPG standard qui devient trop compétitif (et pour lequel les préférences sont donc suspendues) est révisée 15 . La prochaine liste s’appliquera à partir du 1er janvier 2017.

Le tableau 2 ci-après 16 indique la valeur des importations totales, admissibles et préférentielles 17 dans l’UE par pays bénéficiaire du SPG standard. Les importations admissibles ont légèrement diminué (passant de 43,5 milliards d’EUR en 2013 à 38,7 milliards d’EUR en 2014), malgré une légère hausse des importations totales. En outre, le taux d’utilisation général s’élevait à 70,3 % en 2014, ce qui constitue un léger recul par rapport au taux de 2013 (71,5 %). Le taux d’utilisation varie considérablement d’un pays à l’autre. Le graphique 5 ci-après montre que l’Inde est de loin le pays qui recourt le plus au SPG standard, suivie du Viêt Nam et de l’Indonésie. En 2014, ces trois pays bénéficiaires ont représenté ensemble 87,8 % des importations totales pour lesquelles les préférences au titre du SPG standard ont été utilisées.



3.Initiative TSA

Les 49 pays suivants bénéficient actuellement de l’initiative TSA:

−Afrique: l’Angola, le Bénin, le Burkina, le Burundi, les Comores, Djibouti, l’Érythrée, l’Éthiopie, la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Guinée équatoriale, le Lesotho, le Liberia, Madagascar, le Malawi, le Mali, la Mauritanie, le Mozambique, le Niger, l’Ouganda, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, le Rwanda, Sao Tomé-et-Principe, le Sénégal, la Sierra Leone, la Somalie, le Soudan, le Soudan du Sud, la Tanzanie, le Tchad, le Togo, la Zambie;

−Asie: l’Afghanistan, le Bangladesh, le Bhoutan, le Cambodge, le Laos, le Myanmar/la Birmanie, le Népal, le Timor-Oriental, le Yémen;

−Australie et Pacifique: les Îles Salomon, Kiribati, le Samoa 18 , les Tuvalu, le Vanuatu;

−Caraïbes: Haïti.

Le tableau 3 ci-après 19 indique la valeur des importations totales, admissibles et préférentielles dans l’UE par pays bénéficiaire de l’initiative TSA. Les importations admissibles (qui sont passées de 17,4 milliards d’EUR en 2013 à 19,5 milliards d’EUR en 2014) et le taux d’utilisation (qui est passé de 83,1 % à 87,1 %) ont augmenté. Une fois de plus, le taux d’utilisation varie considérablement d’un pays à l’autre. Le graphique 6 ci-après montre que le Bangladesh est de loin le pays qui recourt le plus à l’initiative TSA, suivi du Cambodge. En 2014, ces deux pays bénéficiaires ont représenté ensemble 85,4 % des importations totales pour lesquelles les préférences au titre de l’initiative TSA ont été utilisées.

4.SPG+

4.1.Bénéficiaires du SPG+

Le SPG+ accorde des préférences tarifaires additionnelles aux pays en développement qui sont vulnérables en raison d’un manque de diversification lorsqu’ils exportent vers l’UE et de leur intégration insuffisante dans le système commercial international. Le régime soutient ces pays dans la mise en œuvre effective des 27 conventions internationales principales relatives aux droits de l’homme et des travailleurs, à la protection de l’environnement et à la bonne gouvernance 20 .

Un pays doit déjà avoir ratifié ces 27 conventions s’il souhaite déposer une demande pour bénéficier des préférences au titre du SPG+. En outre, les candidats au SPG+ doivent prendre par écrit l’engagement contraignant 21 de maintenir la ratification de ces conventions et d’assurer leur mise en œuvre effective. Les candidats doivent également accepter sans réserve les exigences en matière de communication d’informations et de surveillance imposées par lesdites conventions et doivent accepter de coopérer à la procédure de surveillance de l’UE dirigée par la Commission européenne.

Au cours de la période de référence 2014-2015, 14 pays ont bénéficié du SPG+ 22 . Le statut de bénéficiaires du SPG+ a été accordé à l’Arménie, à la Bolivie, au Cap-Vert, au Costa Rica, à l’Équateur 23 , à la Géorgie, à la Mongolie, au Pakistan, au Paraguay et au Pérou à partir du 1er janvier 2014 24 , à l’El Salvador, au Guatemala et au Panama à partir du 28 février 2014 25 , ainsi qu’aux Philippines à partir du 25 décembre 2014 26 .

Le Costa Rica, l’El Salvador, le Guatemala, le Panama et le Pérou ont cessé de bénéficier du SPG/SPG+ 27 à partir du 1er janvier 2016 étant donné qu’ils bénéficient d’un accès préférentiel au marché au titre d’accords commerciaux bilatéraux. De même, la Géorgie cessera de bénéficier du SPG/SPG+ à partir du 1er janvier 2017 28 . Le 25 novembre 2015, la Commission a décidé d’accorder le statut de bénéficiaire du SPG+ au Kirghizstan 29 ; la décision est en cours d’examen au Parlement européen et au Conseil.

Le tableau 4 ci-après indique la valeur des importations totales et préférentielles dans l’UE par pays bénéficiaire du SPG+. Les importations totales préférentielles au titre du SPG+ ont augmenté (passant de 5,99 milliards d’EUR en 2013 à 6,48 milliards d’EUR en 2014). La mise en application des nouveaux accords de libre-échange avec l’UE 30 par plusieurs bénéficiaires a entraîné une légère diminution du taux d’utilisation total (qui est passé de 69,7 % en 2013 à 66,1 % en 2014). Compte tenu de ces nouveaux régimes d’accès au marché disponibles, le taux d’utilisation a fortement varié d’un pays à l’autre. Comme le montre le graphique 7 ci-après, le Pakistan et les Philippines ont représenté ensemble 87,8 % des importations préférentielles au titre du SPG+ pour l’année 2014.

4.2.Surveillance du SPG+

4.2.1.Finalité et objectif de la surveillance du SPG+

Le SPG+ constitue un instrument incitatif qui vise à soutenir les bénéficiaires dans leur mise en œuvre effective des 27 conventions internationales. Comme prévu par le règlement SPG, la durée initiale du SPG+ est de dix ans (il s’appliquera donc jusqu’au 31 décembre 2023 31 ). Il s’agit d’un processus à long terme. Les manquements qui entravent la mise en œuvre effective des conventions sont souvent liés à des problèmes qui nécessitent des solutions à moyen et long terme. Les conventions SPG+ couvrent un large éventail de sujets tels que les droits de l’homme et des travailleurs, la protection de l’environnement, le changement climatique, ou encore la lutte contre le trafic de drogue et la corruption. En outre, les manquements découlent souvent d’une série de problématiques complexes et interconnectées qui incluent les évolutions sur le plan social, culturel, historique, économique et de la sécurité. En tant que pays en développement, il est très probable que l’ensemble des bénéficiaires rencontrent des difficultés lors de la mise en œuvre, en particulier à court et moyen terme.

À la lumière de ce qui précède, la surveillance du SPG+ modifié incite fortement les bénéficiaires du SPG+ à réaliser des progrès dans la mise en œuvre et la communication d’informations. Cela nécessite un engagement non seulement à court terme mais également à moyen et long terme que la surveillance du SPG+ cherche à garantir pleinement.

4.2.2.Promotion des normes internationales

Le SPG+ traduit l’engagement de l’UE à maintenir et à renforcer la mise en œuvre du droit international, consacré dans le traité sur l’Union européenne. Il vise à garantir que les bénéficiaires respectent leurs engagements découlant des conventions internationales qu’ils ont ratifiées. Le SPG+ n’oblige pas les bénéficiaires à adopter ou à mettre en œuvre les normes de l’UE mais exige plutôt qu’ils satisfassent aux obligations auxquelles ils ont déjà souscrit au titre desdites conventions.

La Commission souhaite par conséquent renforcer sa coopération avec les organisations internationales compétentes [telles que l’Organisation internationale du travail (ci-après l’«OIT») et l’Organisation des Nations unies (ci-après les «Nations unies»)] pour faire en sorte que la surveillance et l’évaluation du SPG+ par l’UE tiennent toujours compte des points de vue et expériences de ces dernières. L’établissement d’un contact étroit avec les bureaux locaux des organisations internationales dans les pays bénéficiaires est primordial.

Cette coopération revêt une importance particulière compte tenu de la faible fréquence des rapports périodiques prévus par plusieurs des conventions énumérées à l’annexe VIII du règlement relatif au SPG+. Ainsi, les rapports des Nations unies sont publiés tous les quatre ou cinq ans, ce qui représente un intervalle plus long que dans le cas des rapports du SPG+, établis tous les deux ans. Une coopération active avec les organisations internationales compétentes s’avère par conséquent très utile entre deux rapports.

En outre, l’expertise de ces organisations peut être particulièrement mise à profit pour les projets de coopération dans les pays bénéficiaires. La Commission et l’OIT sont en train de lancer un projet pilote SPG+ sur le renforcement des capacités en El Salvador, au Guatemala, en Mongolie et au Pakistan. La Commission continuera à coopérer étroitement avec des organisations internationales pendant toute la durée du SPG+, dans le cadre notamment de projets spécifiques.

Enfin, le SPG+ permet à l’UE de débattre de manière constructive des engagements des bénéficiaires à l’égard de ces conventions au sein des organisations internationales compétentes telles que la commission tripartite sur l’application des normes de l’OIT ou son conseil d’administration.

4.2.3.Processus de surveillance du SPG+

Le règlement SPG exige une surveillance renforcée de l’UE en ce qui concerne le respect des engagements pris par les bénéficiaires du SPG+. En collaboration avec le service européen pour l’action extérieure (SEAE), les services de la Commission ont en conséquence mis en place un processus structuré de surveillance: un «dialogue SPG+ continu» avec les autorités bénéficiaires, formalisé sous la forme de listes annuelles de sujets de discussion (tableaux de bord).

Lorsqu’un pays commence à bénéficier du SPG+, la Commission réalise une évaluation initiale relative au respect des engagements du bénéficiaire au titre du SPG+ (premier tableau de bord officiel). Ce document relève les principaux manquements constatés par les organes de surveillance des conventions internationales. Il sert alors de point de départ au dialogue SPG+ continu, au cours duquel la Commission attire l’attention du bénéficiaire sur les domaines énumérés dans le tableau de bord.

Dans la mesure du possible, le dialogue s’appuie sur les liens politiques et institutionnels existants entre l’UE et les bénéficiaires 32 . La liste des sujets de discussion est mise à jour chaque année et on attend des bénéficiaires qu’ils déploient de sérieux efforts en vue de remédier aux problèmes recensés.

En vertu du règlement SPG, le processus de surveillance du SPG+ prend en considération les avis d’une grande variété de sources qui ne se limitent pas aux organes de surveillance des conventions internationales mais qui comprennent aussi la société civile, les partenaires sociaux, le Parlement européen et le Conseil. Outre l’administration centrale, toute une série d’acteurs concernés interviennent également au sein des pays bénéficiaires, dont les autorités locales ou régionales, la société civile (les partenaires sociaux et les organisations non gouvernementales entre autres), les associations professionnelles et les bureaux locaux des organisations internationales.

Dans le cadre de sa surveillance, la Commission peut participer à des ateliers locaux ou à des visites sur le terrain dans les entreprises. L’établissement d’un contact avec les acteurs locaux, en particulier au cours des visites de surveillance du SPG+, est important non seulement pour recueillir auprès de ces derniers des informations de première main mais aussi pour améliorer leurs connaissances relatives au fonctionnement du SPG+ et aux attentes de l’UE à l’égard des bénéficiaires. Les acteurs locaux peuvent alors jouer un rôle constructif en aidant les autorités locales, régionales et centrales à tenir leurs engagements pris dans le cadre des conventions. En particulier, en tant que bénéficiaires directs de préférences tarifaires, les opérateurs économiques devraient jouer un rôle clé de soutien dans la mise en œuvre des conventions.

Au cours de cette première période de référence, les contacts noués avec la société civile dans les pays bénéficiaires se sont avérés très positifs. Les sociétés civiles ont, d’une manière générale, témoigné un large soutien à la participation de leur pays au SPG+. À plusieurs reprises, la surveillance du SPG+ a été particulièrement saluée et notamment la possibilité accrue qu’elle offre d’aborder des questions majeures relatives aux droits de l’homme et des travailleurs avec les autorités. Par conséquent, la Commission poursuivra sa coopération avec les acteurs locaux au cours du processus de surveillance et s’efforcera de l’étendre dans la mesure du possible.

4.2.4.Projets d’assistance et de développement

Les rapports des organes de surveillance internationaux, principale source pour l’élaboration des tableaux de bord, décrivent non seulement les manquements et les progrès accomplis, mais également les contraintes susceptibles d’entraver ou d’empêcher la mise en œuvre d’une convention par un bénéficiaire. Cet aspect est important dans la mesure où plusieurs de ces contraintes ne relèvent pas forcément du contrôle ou de la sphère d’influence directe des pouvoirs publics, ce qui peut expliquer certains des manquements constatés. S’il est clair qu’un État a la responsabilité de respecter pleinement ses engagements internationaux, la surveillance exercée par la Commission devrait prendre en considération des facteurs tels que le manque de ressources, la pauvreté, les catastrophes naturelles ou l’absence de contrôle sur certaines zones dans les situations de conflit armé. En 2015, la Commission a lancé des projets communs avec l’OIT afin d’aider les pays bénéficiaires du SPG+ à acquérir la capacité administrative nécessaire pour mettre en œuvre les conventions principales de l’OIT et communiquer des informations au titre de celles-ci de manière effective. Au cours de la prochaine période de référence, la Commission continuera à réfléchir aux possibilités d’aider les bénéficiaires à faire face à ces contraintes, notamment au moyen de services d’experts, d’une assistance technique et de projets spécifiques de renforcement des capacités.

4.2.5.Organisation interne des bénéficiaires dans le cadre du SPG+

La façon dont les bénéficiaires se sont organisés pour traiter les questions couvertes par les conventions SPG+ a fourni une première indication de l’engagement politique à l’égard du processus du SPG+. Les conventions relèvent souvent des compétences de différents services et organismes publics qui peuvent posséder des niveaux variables de ressources et d’influence.

Les bénéficiaires doivent par conséquent effectuer un travail de coordination au niveau de l’administration centrale et des autorités locales. Certains bénéficiaires ont choisi de mettre en place des groupes spéciaux chargés du SPG+ et dirigés par des fonctionnaires de haut niveau (par exemple le Pakistan), tandis que d’autres préfèrent une gestion au cas par cas sous la tutelle du ministère du commerce ou des affaires étrangères (par exemple les Philippines et le Guatemala). Ce travail de coordination devrait gagner en efficacité avec le temps. Les visites de surveillance du SPG+ par la Commission, effectuées avec l’aide des délégations de l’UE, se sont avérées bénéfiques à cet égard 33 . Les efforts de coordination des bénéficiaires relatifs au SPG+ et aux conventions pertinentes sont indispensables pour améliorer la mise en œuvre sur le terrain. C’est pourquoi la Commission continuera à accorder une attention particulière au travail de coordination.

4.2.6.Conclusions sur la première période de surveillance du SPG+ (2014-2015)

Comme indiqué plus haut, le processus de surveillance débute à chaque fois qu’un pays commence à bénéficier du SPG+. Un bilan des manquements constatés pour chacune des conventions SPG+, par les organes de surveillance internationaux, sert de base à la surveillance continue de chaque bénéficiaire. Un déploiement d’efforts importants est attendu de la part des bénéficiaires quant à l’amélioration de la mise en œuvre des 27 conventions principales et au traitement des manquements relevés. La surveillance couvre tous les aspects de la mise en œuvre des 27 conventions, au moyen notamment de discussions sur les contraintes de capacité ou les progrès réalisés. En outre, la surveillance du SPG+ prend également comme référence le cadre juridique et administratif existant dans les pays bénéficiaires.

La première période de surveillance a constitué un processus d’apprentissage non seulement pour l’ensemble des bénéficiaires, mais aussi pour la Commission. Néanmoins, tous les bénéficiaires ont montré un engagement fort à l’égard du processus du SPG+ se reflétant à la fois dans la volonté politique et la mise en place de réformes institutionnelles et législatives. En particulier, les bénéficiaires ont démontré une volonté réelle de coopération avec la Commission en apportant des réponses dans les délais aux tableaux de bord annuels, en autorisant des visites spécifiques de surveillance du SPG+ et en créant des structures de gouvernance chargées du SPG+. En outre, tous les bénéficiaires ont pris des mesures, même si certaines d’entre elles sont de faible envergure, destinées à améliorer la mise en œuvre sur le terrain de leurs engagements au titre des conventions SPG+, notamment au moyen de la présentation de plusieurs rapports par pays attendus de longue date.

Le document de travail des services de la Commission en annexe fournit une évaluation complète de chaque bénéficiaire, y compris les évolutions positives et les contraintes nationales qui peuvent entraver la capacité des bénéficiaires à assurer une mise en œuvre effective. Chaque convention fait l’objet d’une évaluation et chaque catégorie de conventions est évaluée de façon globale (droits de l’homme, droits des travailleurs, environnement et bonne gouvernance). À ce stade, compte tenu de la nature variée des 27 conventions principales du SPG+ et de la courte durée de la période couverte par ce premier rapport (18 mois), il n’a pas été jugé opportun ou réaliste de quantifier les progrès réalisés, excepté dans le cas de critères évidents (comme la présentation dans les délais des rapports nationaux). L’attribution d’une valeur normalisée et quantifiable à la performance des bénéficiaires pourrait induire en erreur et, dans une certaine mesure, présenter un caractère arbitraire.

Des outils de surveillance continueront cependant à être affinés. En particulier, au cours de la prochaine période de référence, il importera que les bénéficiaires s’approprient le processus et adoptent une démarche plus active quant à la résolution des problèmes énumérés dans les tableaux de bord. La Commission sera plus attentive aux priorités d’action propres à chaque bénéficiaire, à leur calendrier en vue de remédier aux manquements constatés et aux ressources mises à disposition pour la mise en œuvre. À cet égard, la Commission intensifiera sa coopération avec les bénéficiaires aux fins de la détermination des priorités d’action.

Il s’agit d’ailleurs de la principale raison d’être du SPG+ modifié: une fois que les bénéficiaires remplissent entièrement les critères d’admissibilité, le SPG+ les accompagne, à l’aide de mesures d’incitation commerciales, dans l’amélioration progressive de la mise en œuvre des conventions pertinentes. On attend par conséquent des bénéficiaires du SPG+ qu’ils améliorent de façon continue leur bilan. Néanmoins, les situations et contraintes propres à chaque bénéficiaire seront prises en considération. À cet égard, le règlement SPG prévoit le retrait temporaire du bénéfice des préférences 34 si un bénéficiaire ne respecte pas son engagement contraignant.

Au cours de la prochaine période de référence (2016-2017), la Commission continuera de surveiller les bénéficiaires de manière structurée. Elle envisagera d’ici le prochain réexamen la mise en œuvre de mesures d’intervention, le cas échéant, y compris la possibilité d’ouvrir une enquête si un bénéficiaire ne respecte pas son engagement pris dans le cadre du SPG+.

4.2.7.En annexe du présent rapport: le document de travail des services de la Commission sur le SPG+

Le règlement SPG exige que le présent rapport mette particulièrement l’accent sur le fonctionnement du SPG+. C’est pourquoi ce rapport est accompagné d’un document de travail des services de la Commission (ci-après le «document de travail») concernant le régime spécial d’encouragement de l’UE en faveur du développement durable et de la bonne gouvernance (SPG+) au cours de la période 2014-2015, élaboré conjointement par les services de la Commission et le service européen pour l’action extérieure (SEAE).

Le document de travail apporte des explications plus détaillées sur le fonctionnement du SPG+ depuis l’entrée en vigueur du règlement nº 978/2012 relatif au SPG le 1er janvier 2014. Il comprend également une évaluation détaillée de chaque bénéficiaire du SPG+ dans le cadre des conventions SPG+ et dresse un bilan relatif à l’utilisation du SPG+ dans les pays bénéficiaires.

5.Prochains rapports de la Commission

Le règlement SPG prévoit que la Commission doit présenter un rapport au Parlement européen et au Conseil sur son application cinq ans après son entrée en vigueur, c’est-à-dire au plus tard en novembre 2017. Ce rapport permettra d’établir un état des lieux du SPG dans son ensemble au cours de cette période de cinq ans, de 2012 à 2017. Il prendra en considération les incidences du schéma sur les besoins en matière de développement, de commerce et de finances de ses bénéficiaires. La Commission procédera également à une évaluation portant sur la nécessité de réviser le schéma, y compris le SPG+ ainsi que les dispositions de retrait temporaire des préférences tarifaires, qui sera accompagnée le cas échéant d’une proposition législative. En outre, le rapport comportera une analyse détaillée de l’incidence du règlement SPG sur le commerce et sur les recettes tarifaires de l’UE, avec une attention particulière portée aux effets sur les pays bénéficiaires. Enfin, ce rapport, qui sera publié au plus tard en novembre 2017, traitera également des évolutions spécifiques intervenues au cours de la période 2016-2017 en ce qui concerne le SPG+.

6.Tableaux de données statistiques relatives aux pays bénéficiant du SPG à la date du 1er décembre 2015

Tableau 1 - Valeur des importations préférentielles pour l’ensemble des pays bénéficiaires du SPG (en milliers d’EUR)



Tableau 2 - Valeur des importations préférentielles dans l’UE par pays bénéficiaire du SPG standard (en milliers d’EUR)



Tableau 3 - Valeur des importations préférentielles dans l’UE par pays bénéficiaire de l’initiative TSA (en milliers d’EUR)*

*«Importations totales» couvre toutes les importations, y compris de produits qui bénéficient automatiquement des droits de douane NPF (nation la plus favorisée) nuls. «Importations admissibles à l’initiative TSA» se réfère uniquement aux produits couverts par l’initiative TSA qui ne bénéficient pas par ailleurs des droits NPF nuls.

Tableau 3 (suite) - Valeur des importations préférentielles dans l’UE par pays bénéficiant de l’initiative TSA (en milliers d’EUR)



Tableau 4 - Valeur des importations préférentielles dans l’UE par pays bénéficiaire du SPG+ (en milliers d’EUR)*

*Le Costa Rica, l’El Salvador, le Guatemala, le Panama et le Pérou cesseront de bénéficier du SPG+ à partir de janvier 2016. Les importations réalisées au titre du SPG+ en provenance de ces pays ont sensiblement diminué en 2014 et en 2015, étant donné que ces pays ont utilisé les autres préférences disponibles dans le cadre de l’accord d’association UE-Amérique centrale. De même, la Géorgie bénéficie de l’accord bilatéral de libre-échange approfondi et complet depuis 2014 et son utilisation du SPG+ devrait diminuer jusqu’au 1er janvier 2017, date à laquelle le pays cessera de bénéficier du SPG+.

(1) JO L 303 du 31.10.2012, p. 1.
(2) Sauf indication contraire, le présent rapport reflète la situation au 1er décembre 2015 et les données qu’il comporte concernent uniquement les bénéficiaires du SPG à cette date.
(3) Données Eurostat à la date du 1er septembre 2015.
(4) Article 40 du règlement SPG. Sauf indication contraire, le présent rapport reflète la situation au 1er décembre 2015.
(5) Article 14 du règlement SPG.
(6) Un rapport complet sur l’application de l’ensemble du règlement SPG sera présenté au Parlement européen et au Conseil cinq ans après son entrée en vigueur (au plus tard en novembre 2017).
(7) Règlement délégué (UE) nº 154/2013 de la Commission du 18 décembre 2012 (JO L 48 du 21.2.2013, p. 1).
(8)

Règlement délégué (UE) nº 1421/2013 de la Commission du 30 octobre 2013 (JO L 355 du 31.12.2013, p. 1).

(9) Voir la note de bas de page nº 8.
(10) Règlement délégué (UE) nº 1015/2014 de la Commission du 22 juillet 2014 (JO L 283 du 27.9.2014, p. 20).
(11) Règlement délégué (UE) nº 1016/2014 de la Commission du 22 juillet 2014 (JO L 283 du 27.9.2014, p. 23).
(12) *Jusqu’au 31 décembre 2015, règlement délégué (UE) nº 1015/2014 de la Commission; **jusqu’au 31 décembre 2016, règlement délégué (UE) 2015/1979 de la Commission (JO L 289 du 5.11.2015, p. 3).
(13) Les seuils de graduation des produits de l’annexe VI du règlement SPG ont été modifiés par le règlement délégué (UE) 2015/1978 de la Commission du 28 août 2015 (JO L 289 du 5.11.2015, p. 1).
(14) Le seuil de vulnérabilité de l’annexe VII du règlement SPG utilisé pour évaluer l’intégration des pays candidats a été porté de 2 % à 6,5 % par le règlement délégué (UE) 2015/602 de la Commission du 9 février 2015 (JO L 100 du 17.4.2015, p. 8).
(15) La liste actuelle des sections de produits ayant fait l’objet d’une graduation figure dans le règlement d’exécution (UE) nº 1213/2012 de la Commission du 17 décembre 2012 (JO L 348 du 18.12.2012, p. 11).
(16) Voir le point 6 ci-après.
(17) Les importations admissibles et totales diffèrent dans la mesure où le SPG ne s’applique pas à tous les produits, mais uniquement à ceux énumérés à l’annexe V du règlement SPG, et en raison des sections de produits ayant fait l’objet d’une graduation en vertu de l’article 8 du règlement SPG. Les importations préférentielles correspondent aux importations admissibles pour lesquelles les préférences au titre du SPG ont été effectivement utilisées.
(18) Jusqu’au 1er janvier 2019, règlement délégué (UE) 2015/1979 de la Commission. Le Samoa aura ensuite le statut de bénéficiaire du SPG standard, étant donné qu’il n’est plus classé dans le groupe des PMA par les Nations unies.
(19) Voir le point 6 ci-après.
(20) Annexe VIII du règlement SPG.
(21) Règlement délégué (UE) nº 155/2013 de la Commission du 18 décembre 2012 (JO L 48 du 21.2.2013, p. 5).
(22) Le 25 novembre 2015, la Commission a décidé d’accorder le statut de bénéficiaire du SPG+ au Kirghizstan [C(2015) 8213]. La décision est en cours d’examen au Conseil et au Parlement européen.
(23) L’Équateur a cessé de bénéficier du SPG/SPG+ à partir du 1er janvier 2015. Voir le règlement délégué (UE) nº 1015/2014 de la Commission.
(24) Règlement délégué (UE) nº 1/2014 de la Commission du 28 août 2013 (JO L 1 du 4.1.2014, p. 1).
(25) Règlement délégué (UE) nº 182/2014 de la Commission du 17 décembre 2013 (JO L 57 du 27.2.2014, p. 1).
(26) Règlement délégué (UE) nº 1386/2014 de la Commission du 19 août 2014 (JO L 369 du 24.12.2014, p. 33).
(27) Règlement délégué (UE) nº 1015/2014 de la Commission.
(28) Règlement délégué (UE) 2015/1979 de la Commission.
(29) [C(2015) 8213].
(30) L’accord d’association UE-Amérique centrale et l’accord de libre-échange UE-Pérou.
(31) Article 43, paragraphe 3, du règlement SPG. La date d’expiration ne s’applique pas à l’initiative TSA qui est d’une durée indéterminée.
(32) En raison de la diversité des objectifs poursuivis dans le cadre de chacune des 27 conventions, le SPG+ couvre un certain nombre de domaines qui ne relèvent pas traditionnellement de la politique commerciale tels que les droits de l’homme, le développement, le travail, l’environnement, etc. Ces domaines d’action relèvent de la compétence de différents services de la Commission et du SEAE. En conséquence, les questions relatives au SPG+ ont été soulevées dans le cadre de dialogues bilatéraux existants avec les bénéficiaires sous différentes formes telles que des dialogues relatifs au commerce ou aux droits de l’homme, des commissions mixtes, etc.
(33) Elles peuvent également concourir à renforcer la participation et la position des ministères et agences de tutelle, notamment dans les domaines du travail et de l’environnement.
(34) Article 15 du règlement SPG.

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