COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 13.9.2016
COM(2016) 576 final
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL
sur les garanties couvertes par le budget général
Situation au 31 décembre 2015
{SWD(2016) 292 final}
| CELEX | 52016DC0576 |
| Type | Acte préparatoire |
| Date | mardi 13 septembre 2016 |
COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 13.9.2016
COM(2016) 576 final
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL
sur les garanties couvertes par le budget général
Situation au 31 décembre 2015
{SWD(2016) 292 final}
Table des matières
1.Introduction
2.Opérations garanties par le budget de l'UE
3.Évolution des opérations garanties
3.1.Opérations gérées directement par la Commission
3.1.1.Mécanisme européen de stabilisation financière (MESF)
3.1.2.Mécanisme de soutien des balances des paiements
3.1.3.Prêts d’assistance macrofinancière
3.1.4.Prêts Euratom
3.2.Évolution des opérations de financement extérieures de la BEI
4.Risques couverts par le budget de l'UE
4.1.Définition du risque
4.2.Ventilation du risque total
4.3.Risque annuel couvert par le budget de l'UE
4.3.1.Exposition vis-à-vis des États membres
4.3.2.Exposition vis-à-vis de pays tiers
5.Activation des garanties et évolution du Fonds
5.1.Activation des garanties
5.1.1.Intervention de la trésorerie
5.1.2.Paiements au titre du budget de l'UE
5.1.3.Appels au Fonds et recouvrements
5.2.Évolution du Fonds
1.Introduction
L’objectif du présent rapport est de rendre compte des risques de crédit auxquels est exposé le budget de l’Union européenne en raison des garanties octroyées et des opérations de prêt réalisées directement par l’Union européenne ou indirectement, par l'intermédiaire de la garantie accordée aux projets de financement de la BEI à l'extérieur de l'Union.
Ce rapport est communiqué conformément à l'article 149 du règlement financier 1 , qui impose à la Commission de faire rapport une fois par an au Parlement européen et au Conseil sur les garanties budgétaires de l'UE et les risques correspondants.
Le rapport est structuré de la manière suivante: la section 2 rappelle les principales caractéristiques des opérations garanties par le budget de l'UE; plusieurs autres mécanismes de gestion des crises, qui ne comportent aucun risque pour le budget de l’UE, y sont également présentés. La section 3 présente l’évolution des opérations garanties. Enfin, la section 4 met en lumière les principaux risques couverts par le budget de l’UE, tandis que la section 5 décrit l’activation des garanties et l’évolution du Fonds de garantie relatif aux actions extérieures (ci-après le «Fonds») 2 .
Un document de travail des services de la Commission complète le présent rapport par une série de tableaux détaillés et de notes explicatives. Il fournit également une analyse macroéconomique des pays qui bénéficient de prêts et/ou de garanties de l’UE, représentant la majeure partie de l’exposition du Fonds.
2.Opérations garanties par le budget de l'UE
Les risques couverts par le budget de l'Union découlent de toute une gamme d'opérations de prêts et de garanties qui peuvent se diviser en deux catégories:
–les prêts à finalité macroéconomique accordés par l’Union européenne, c’est-à-dire les prêts d’assistance macrofinancière (AMF) 3 aux pays tiers, les prêts de soutien des balances des paiements 4 , qui visent à aider les États membres hors zone euro confrontés à des difficultés dans leur balance des paiements, et les prêts au titre du mécanisme européen de stabilisation financière (MESF) 5 , qui visent à aider tout État membre connaissant de graves perturbations économiques ou financières ou une menace sérieuse de telles perturbations du fait d'événements exceptionnels échappant à son contrôle et qui généralement sont accordés en conjonction avec un concours financier du Fonds monétaire international (FMI);
–les prêts à finalité microéconomique, c’est-à-dire les prêts Euratom et, surtout, le financement par la Banque européenne d’investissement d'opérations dans des pays tiers («financement extérieur de la BEI») qui sont couvertes par la garantie de l’UE 6 .
Le financement extérieur de la BEI avec garantie, l'AMF et les prêts Euratom aux pays tiers sont couverts par le Fonds de garantie relatif aux actions extérieures depuis 1994, tandis que les prêts de soutien des balances des paiements, les prêts MESF et les prêts Euratom en faveur des États membres sont directement couverts par le budget de l'UE.
- Fonds de garantie relatif aux actions extérieures
Le Fonds couvre les défauts sur les prêts et les garanties de prêts accordés à des pays tiers ou en faveur de projets réalisés dans des pays tiers. Il a été institué:
–pour fournir une réserve de liquidités afin de ne pas avoir à recourir au budget de l'UE à chaque défaut ou retard de paiement concernant un prêt garanti; et
–pour créer un instrument de discipline budgétaire en établissant un cadre financier pour le développement d'une politique européenne de garantie des prêts de la Commission et de la BEI à des pays tiers 7 .
Si un pays tiers devient un État membre, les prêts dont il fait l'objet ne sont plus couverts par le Fonds et le risque est alors directement supporté par le budget de l'UE. Le Fonds est alimenté par le budget de l'UE, et la valeur de ses avoirs doit toujours correspondre à un certain pourcentage du montant total de l’encours des prêts et des garanties qu’il couvre. Ce pourcentage, appelé «taux objectif», est fixé actuellement à 9 % 8 . Si les ressources du Fonds sont insuffisantes, le budget de l'UE fournira les fonds nécessaires.
- Fonds de garantie du Fonds européen pour les investissements stratégiques
La garantie de l’UE couvre les opérations de financement et d’investissement signées par la BEI dans le cadre du volet «infrastructures et innovation» et par le FEI dans le cadre du volet «PME». Une partie de ces opérations sont couvertes par la garantie de l’UE, tandis que les risques que comportent les autres opérations sont supportés par le Groupe BEI 9 .
Autres mécanismes de gestion des crises non couverts par le budget de l’UE
Plusieurs autres mécanismes ont été créés en réaction à la crise, mais ils ne présentent aucun risque pour le budget de l'UE:
- le mécanisme de prêt à la Grèce 10 , qui est financé au moyen de prêts bilatéraux accordés à la Grèce par les autres États membres de la zone euro et administrés de manière centralisée par la Commission;
- le Fonds européen de stabilité financière (FESF) 11 , qui a été créé à titre temporaire par les États membres de la zone euro en juin 2010 pour fournir une aide financière aux États membres de la zone euro dans le cadre d’un programme d’ajustement macroéconomique. Le traité instituant le mécanisme européen de stabilité (MES), de nature permanente, est entré en vigueur le 27 septembre 2012. Depuis le 1er juillet 2013, le FESF poursuit ses programmes existants d'aide à la Grèce (conjointement avec le FMI et plusieurs États membres), ainsi que d'aide à l’Irlande et au Portugal (avec le FMI, plusieurs États membres et le MESF/UE) 12 , mais ne s'engage plus dans de nouveaux programmes de financement ou nouvelles conventions de prêt;
- le Mécanisme européen de stabilité (MES) 13 , qui est un élément important de la stratégie globale de l’UE destiné à préserver la stabilité financière de la zone euro en apportant une assistance financière aux États membres de celle-ci qui connaissent ou risquent de connaître des difficultés de financement. Le MES est une organisation intergouvernementale de droit international public, établie à Luxembourg, dont la capacité de prêt effective s'élève à 500 000 millions d’EUR.
3.Évolution des opérations garanties
La présente section décrit l’évolution des opérations garanties, d'abord de celles qui sont gérées directement par la Commission, puis de celles gérées par la BEI.
| Tableau 1: Montant total de l’encours couvert par le budget de l'UE au 31 décembre 2015 (en millions d’EUR) | ||||
| Encours en capital | Intérêts échus | Total | % | |
| États membres* | ||||
| Euratom | 283 | 1 | 284 | 0,3 |
| BDP | 5 700 | 111 | 5 811 | 6,9 |
| BEI | 1 971 | 16 | 1 987 | 2,4 |
| MESF | 46 800 | 709 | 47 509 | 56,4 |
| Sous-total États membres** | 54 753 | 837 | 55 591 | 66,0 |
| Pays tiers*** | ||||
| AMF | 3 007 | 17 | 3 024 | 3,6 |
| Euratom | 17 | < 1 | 17 | <0,1 |
| BEI**** | 25 417 | 149 | 25 565 | 30,4 |
| Sous-total pays tiers | 28 441 | 166 | 28 606 | 34,0 |
| Total | 83 194 | 1 003 | 84 197 | 100 |
| * Ce risque est directement couvert par le budget de l'UE. Sont également pris en compte les prêts AMF, Euratom et BEI octroyés à un pays avant son adhésion à l'UE. ** Ce chiffre ne tient pas compte des opérations de l'EFSI, pour lesquelles 202 millions d'EUR avaient été décaissés à la date de clôture du présent rapport. *** Le risque couvert par le Fonds est limité à 19,45 milliards d'EUR. **** Sont inclus les prêts transférés à l'UE par subrogation à la suite des défauts de la Syrie sur des prêts de la BEI. | ||||
Les tableaux A1, A2 bis, A2 ter et A3 du document de travail fournissent des informations plus détaillées sur ces encours, notamment en ce qui concerne les plafonds, les montants décaissés et les taux de garantie.
3.1.Opérations gérées directement par la Commission
3.1.1.Mécanisme européen de stabilisation financière (MESF)
Dans ses conclusions des 9 et 10 mai 2010, le Conseil Ecofin a prévu de doter le mécanisme d'une enveloppe maximale de 60 000 millions d’EUR 14 . Les États membres de la zone euro étaient en outre prêts à compléter ces ressources si nécessaire. L’article 2, paragraphe 2, du règlement (UE) nº 407/2010 du Conseil 15 limite l’encours en principal des prêts ou des lignes de crédit pouvant être accordés aux États membres à la marge en crédits de paiement disponible sous le plafond des ressources propres.
Comme suite aux décisions du Conseil d’accorder une assistance financière de l’Union à l’Irlande 16 (22 500 millions d’EUR au maximum) et au Portugal 17 (26 000 millions d’EUR au maximum), les décaissements ont atteint 22 500 millions d’EUR pour l’Irlande et 24 300 millions d’EUR pour le Portugal (les 1 700 millions d’EUR restants n’ont pas été décaissés, faute d'avoir été réclamés par le gouvernement portugais avant l'expiration du délai de décaissement).
Évolution de la situation en 2015
En avril 2013, l’Eurogroupe/Ecofin a décidé de porter de 12,5 à 19,5 ans au maximum la durée moyenne pondérée des prêts du MESF, ce qui offre aux pays bénéficiaires la possibilité de demander une prolongation de la durée de leurs prêts jusqu'à 2026 (tranche par tranche).
Une demande de l'Irlande visant à prolonger son premier prêt MESF d'un montant de 5 milliards d'EUR et dont l'échéance était fixée à décembre 2015 a été reçue le 27 juillet 2015. Ce prêt a été refinancé au moyen de trois transactions assorties des échéances suivantes: 2023 (2 milliards d'EUR), 2029 (1 milliard d'EUR) et 2035 (2 milliards d'EUR).
En outre, un prêt-relais d’un montant de 7,16 milliards d’EUR a été financé et accordé à la Grèce 18 pour une période d’un mois allant du 20 juillet au 20 août 2015. Ce prêt a été intégralement remboursé.
Au 31 décembre 2015, sur une enveloppe de 60 000 millions d'EUR, le MESF disposait encore d'une capacité de 13 200 millions d'EUR pour fournir une assistance à un État membre de la zone euro en cas de nécessité 19 .
Évolution de la situation après le 31 décembre 2015
Le 11 janvier 2016, le gouvernement portugais a lui aussi demandé une prolongation de la durée de son deuxième prêt MESF, d'un montant de 4,75 milliards d’EUR décaissé en 2011 et dû en juin 2016. Un refinancement de ce prêt a été effectué au moyen de trois transactions assorties des échéances suivantes: 2023 (1,5 milliard d'EUR), 2031 (2,25 milliards d'EUR) et 2036 (1 milliard d'EUR).
3.1.2.Mécanisme de soutien des balances des paiements
L’UE a réactivé son mécanisme de soutien financier de moyen terme à la balance des paiements, en novembre 2008 au profit de la Hongrie, puis en janvier et mai 2009 au profit de la Lettonie et de la Roumanie, afin d'aider ces pays à regagner la confiance des marchés; ce soutien s'est traduit par un engagement total de 14 600 millions d’EUR, dont 1 200 millions non décaissés, faute de nouvelle demande avant l’expiration du délai de décaissement.
Évolution de la situation en 2015
La Lettonie a remboursé 1 200 millions d'EUR et la Roumanie, 1 500 millions d'EUR.
En ce qui concerne la Roumanie, le Conseil a décidé le 22 octobre 2013 de mettre à sa disposition, à titre de précaution, un nouveau soutien financier de moyen terme 20 d'un montant maximal de 2 000 millions d’EUR, sous la forme d’un prêt assorti d'une échéance moyenne maximale de 8 ans. La ligne de crédit n'a pas été utilisée et le délai de demande de fonds a expiré le 30 septembre 2015.
Au 31 décembre 2015, sur une enveloppe globale de 50 000 millions d'EUR, le mécanisme de soutien des balances des paiements disposait encore d'une capacité d'aide de 44 300 millions d'EUR en cas de nécessité.
L'encours des prêts de soutien aux balances des paiements a diminué en 2015, passant de 8 400 millions d'EUR à 5 700 millions d’EUR.
Évolution de la situation après le 31 décembre 2015
La Hongrie a remboursé la dernière tranche de son prêt en avril 2016 (1 500 millions d'EUR).
3.1.3.Prêts d’assistance macrofinancière
En règle générale, les décisions d’AMF sont prises par le Parlement européen et le Conseil (article 212 du TFUE), mais ce dernier peut adopter seul la décision concernant une proposition de la Commission lorsque la situation dans un pays tiers exige une assistance financière à caractère urgent (article 213 du TFUE). C'est cette procédure qui a été employée pour la deuxième AMF accordée à l’Ukraine, en 2014.
Évolution de la situation en 2015
Le 15 avril 2015, le Parlement européen et le Conseil ont décidé d'accorder une assistance macrofinancière à l'Ukraine 21 , d’un montant maximal de 1 800 millions d'EUR sous forme de prêts. Une première tranche de 600 millions d’EUR a été décaissée en juillet.
En avril 2015, la dernière tranche de 250 millions d'EUR du premier programme en faveur de l'Ukraine approuvé en 2010 22 a été décaissée en même temps que la première tranche de 10 millions d'EUR à la Géorgie (sur une enveloppe totale de 23 millions d’EUR).
Le prêt AMF accordé à la Jordanie (180 millions d’EUR) a été intégralement décaissé en 2015 – la première tranche de 100 millions d’EUR en février et la deuxième et dernière tranche de 80 millions d’euros, en octobre.
Les deux premières tranches du prêt accordé à la Tunisie 23 (300 millions d’EUR au total) ont été décaissées en 2015 – 100 millions d'EUR en mai et 100 millions d'EUR en décembre.
Les pays bénéficiaires ont remboursé 67 millions d’EUR (Bosnie-Herzégovine: 4 millions d’EUR, ancienne République yougoslave de Macédoine: 10 millions d’EUR, Monténégro: 1 million d’EUR et Serbie: 52 millions d’EUR).
L'encours des prêts AMF a augmenté, passant de 1 828,6 millions d'EUR à 3 006,6 millions d’EUR entre le 31 décembre 2014 et le 31 décembre 2015. Les prêts accordés à l’Ukraine en représentent 73,5 %.
Évolution de la situation après le 31 décembre 2015
La première tranche (10 millions d'EUR sur une enveloppe totale de 15 millions d'EUR) du prêt accordé à la République kirghize 24 a été décaissée en avril 2016.
3.1.4.Prêts Euratom
Les prêts Euratom aux États membres et à certains pays tiers éligibles (Fédération de Russie, Arménie, Ukraine) sont plafonnés à 4 000 millions d’EUR, dont environ 85 % ont déjà été décaissés. Un prêt de 300 millions d’EUR à l’Ukraine, destiné à la mise à niveau de ses installations nucléaires, a été signé le 7 août 2013. Ce prêt bénéficie également de garanties apportées par des tiers, qui couvrent l'intégralité de l'encours en fin d'année.
Les 326 millions d’EUR restants, sur une enveloppe totale de 4 000 millions d'EUR, pourraient être consacrés à de nouveaux projets.
Évolution de la situation en 2015
Il ressort d'une évaluation de la Commission que toutes les conditions préalables à la mise à disposition du prêt ont été remplies. Une décision d'emprunt portant sur une première tranche d'un montant maximal de 100 millions d'EUR a été adoptée le 27 mai 2015, mais aucun décaissement n’a eu lieu à ce jour en raison de retards dans le processus de mise en œuvre.
Aucun décaissement n'a été effectué en 2015. Les sommes remboursées se montent à 22,6 millions d'EUR pour la Bulgarie, à 19 millions d'EUR pour la Roumanie et à l'équivalent de 6,9 millions d'EUR pour l’Ukraine.
3.2.Évolution des opérations de financement extérieures de la BEI
Évolution de la situation en 2015
Au titre du mandat général de la BEI couvrant la période 2014-2020, le montant total de prêts signés au 31 décembre 2015 atteignait 6 920 millions d’EUR, dont seulement 525 millions d'EUR déjà décaissés (voir le tableau A5 bis du document de travail). Pour de plus amples informations sur les pays couverts par les mandats de la BEI, voir les tableaux A1 et A2 du document de travail.
En ce qui concerne les précédents mandats extérieurs de la BEI, voir le tableau A3 du document de travail.
Les défauts de paiement (prêts et intérêts) de l'État syrien se sont poursuivis en 2015. La BEI a fait appel au Fonds pour couvrir ces défauts (voir le point 5.1.3 ci-après).
Le tableau 1 indique l'encours au 31 décembre 2015 pour chacun des mécanismes visés dans la présente section.
4.Risques couverts par le budget de l'UE
4.1.Définition du risque
Le risque supporté par le budget de l'UE découle du montant de l'encours en principal et intérêts des opérations garanties.
Aux fins du présent rapport, deux méthodes sont employées pour évaluer les risques supportés par le budget de l'UE (soit directement, soit indirectement via le Fonds):
–le «risque total couvert» repose sur le montant total de l’encours en principal des opérations concernées à une date donnée, y compris les intérêts échus 25 ;
–l’approche budgétaire correspondant au «risque annuel supporté par le budget de l'UE» se fonde sur le calcul du montant annuel maximal échu que l’Union européenne devrait payer au cours d’un exercice en cas de défaut sur tous les remboursements de prêts garantis 26 .
4.2.Ventilation du risque total
Jusqu’en 2010, le risque maximal, en termes d'encours total garanti, provenait essentiellement de prêts accordés à des pays tiers. Depuis 2011, la crise financière pèse lourdement sur les finances publiques des États membres, entraînant une augmentation de l’activité de prêt de l’UE afin de faire face à l'accroissement des besoins de financement de la dette souveraine dans les États membres.
La ventilation des risques s'est par conséquent modifiée. Au 31 décembre 2015, 66 % de l’encours total 27 concernaient des opérations d’emprunt liées à des prêts en faveur d'États membres, qui sont directement couverts par le budget de l'UE (contre 45 % au 31 décembre 2010).
4.3.Risque annuel couvert par le budget de l'UE
En ce qui concerne l'encours de prêts au 31 décembre 2015 (voir le tableau 1), le montant maximal que l’Union européenne pourrait avoir à payer en 2016 (directement ou via le Fonds) – en cas de défaut sur tous les prêts garantis – s’élève à 10 718,5 millions d'EUR. Ce montant correspond aux remboursements en principal et en intérêts sur les prêts garantis arrivant à échéance en 2016, en supposant que les prêts en défaut de paiement ne soient pas exigibles par anticipation (pour plus de détails, se reporter au tableau A4 du document de travail).
4.3.1.Exposition vis-à-vis des États membres
En 2016, l'UE supportera un risque annuel lié aux opérations conclues avec des États membres de 8 160 millions d’EUR au maximum (environ 76 % du risque annuel total). Ce risque concerne:
a) les prêts de la BEI et/ou les prêts Euratom octroyés avant l’adhésion à l’UE;
b) les prêts octroyés au titre du mécanisme de soutien des balances des paiements, et
c) les prêts octroyés au titre du MESF.
Tableau 2: Classement des États membres en fonction du risque annuel supporté par le budget de l'UE en 2016 (en millions d’EUR)
| Classement | Pays | Prêts | Risque annuel max. | Pourcentage de risque par rapport au risque annuel pour l'ensemble des États membres | Pourcentage de risque par rapport au risque annuel total (États membres et pays tiers) |
| 1 | Portugal | c) | 5 434,13 | 66,6 % | 50,7 % |
| 2 | Hongrie | a)+b) | 1 558,78 | 19,1 % | 14,5 % |
| 3 | Irlande | c) | 609,39 | 7,5 % | 5,7 % |
| 4 | Roumanie | a)+b) | 314,19 | 3,9 % | 2,9 % |
| 5 | Bulgarie | a) | 83,24 | 1,0 % | 0,8 % |
| 6 | République tchèque | a) | 43,66 | 0,5 % | 0,4 % |
| 7 | Croatie | a) | 38,88 | 0,5 % | 0,4 % |
| 8 | Pologne | a) | 29,36 | 0,4 % | 0,3 % |
| 9 | Lettonie | a)+b) | 27,10 | 0,3 % | 0,3 % |
| 10 | République slovaque | a) | 14,66 | 0,2 % | 0,1 % |
| 11 | Lituanie | a) | 4,60 | 0,1 % | < 0,1 % |
| 12 | Slovénie | a) | 2,09 | < 0,1 % | < 0,1 % |
| Total | 8 160,1 | 100 % | 76,1 % |
4.3.2.Exposition vis-à-vis de pays tiers
En 2016, le Fonds supportera un risque annuel lié à l'exposition aux pays tiers de 2 258,4 millions d’EUR au maximum (24 % du risque annuel total). Les risques liés aux pays tiers concernent des prêts de la BEI ainsi que des prêts AMF et Euratom (des détails sont fournis aux tableaux A2 ter du document de travail). Le Fonds couvre des prêts garantis octroyés à des pays tiers avec des échéances allant jusqu’en 2042.
Les dix pays tiers (sur 43) présentant l’encours le plus important sont classés ci-dessous en fonction des remboursements prévus pour 2016. Ils représentent 81 % (2 069 millions d'EUR) du risque annuel supporté par le Fonds vis-à-vis de pays tiers. La situation économique de ces pays est analysée et commentée au point 3 du document de travail. Le tableau consacré à chaque pays indique aussi la qualité de crédit que lui reconnaissent les agences de notation.
Tableau 3: Classement des dix pays tiers représentant le risque le plus important pour le budget de l'UE en 2016 (en millions d’EUR)
| Classement | Pays | Risque annuel max. | Pourcentage de risque par rapport au risque annuel pour l'ensemble des pays tiers | Pourcentage de risque par rapport au risque annuel total (États membres et pays tiers) |
| 1 | Turquie | 554,91 | 21,7 % | 5,2 % |
| 2 | Brésil | 285,13 | 11,1 % | 2,7 % |
| 3 | Tunisie | 278,87 | 10,9 % | 2,6 % |
| 4 | Égypte | 230,85 | 9,0 % | 2,2 % |
| 5 | Maroc | 217,61 | 8,5 % | 2,0 % |
| 6 | Serbie | 203,75 | 8,0 % | 1,9 % |
| 7 | Afrique du Sud | 89,52 | 3,5 % | 0,8 % |
| 8 | Liban | 88,62 | 3,5 % | 0,8 % |
| 9 | Bosnie-Herzégovine | 60,05 | 2,3 % | 0,6 % |
| 10 | Syrie | 56,54 | 2,2 % | 0,5 % |
| Total des 10 pays | 2 068,85 | 80,7 % | 19,3 % |
5.Activation des garanties et évolution du Fonds
5.1.Activation des garanties
5.1.1.Intervention de la trésorerie
Lorsqu’un débiteur est en retard de paiement vis-à-vis de l'UE, la Commission puise dans sa trésorerie pour éviter les retards et les coûts y afférents dans le service des emprunts 28 . Ce cas ne s'est pas produit en 2015.
5.1.2.Paiements au titre du budget de l'UE
En cas de défaut, le budget de l’UE serait appelé à couvrir la somme manquante. Étant donné qu’aucun État membre n'a fait défaut en 2015, aucun crédit n’a été demandé.
5.1.3.Appels au Fonds et recouvrements
En cas de retard de paiement du bénéficiaire d’un prêt à un pays tiers accordé ou garanti par l'UE, le Fonds est appelé à couvrir cette défaillance dans les trois mois suivant la demande 29 .
Depuis le mois de décembre 2011, la BEI est confrontée à des défauts de l'État syrien sur certains paiements d’intérêts et remboursements de prêts. Les demandes de paiement officielles étant restées infructueuses, la BEI a commencé à faire appel au Fonds en mai 2012. L’évolution des appels au Fonds correspondant aux défauts sur les prêts à la Syrie est présentée dans le tableau 4.
Les montants appelés par la BEI sont prélevés sur le compte du Fonds de garantie après autorisation des services de la Commission. Lorsque l'UE effectue un paiement au titre de la garantie UE, elle est subrogée dans les droits et les recours de la BEI.
Les procédures de recouvrement des sommes subrogées sont menées par la BEI au nom de l’UE.
Tableau 4: Appels au Fonds de garantie pour les prêts en défaut de paiement en Syrie (en millions d'EUR)
| Année | Nombre d’appels payés | Montant des échéances dues | Pénalités et intérêts échus (1) | Montant recouvré | Total |
| 2012 | 2 | 24,02 | s.o. | 2,15 | 21,87 |
| 2013 | 8 | 59,27 | 1,36 | 0 | 60,63 |
| 2014 | 8 | 58,68 | 1,54 | 0 | 60,23 |
| 2015 | 8 | 58,66 | 1,50 | 0 | 60,16 |
| Total | 26 | 200,64 | 4,40 | 2,15 | 202,89 |
(1) Les pénalités et les intérêts échus ne sont réclamés par la BEI qu'à la deuxième demande de paiement de chaque prêt et courent de la date du défaut de paiement à la date de paiement par le Fonds de garantie.
Au 31 décembre 2015, l’encours total en principal des prêts garantis en faveur de la Syrie s’élevait à 554 millions d'EUR 30 , la date d'échéance la plus éloignée étant 2030.
Évolution de la situation après le 31 décembre 2015
Trois appels supplémentaires avaient été reçus à la fin de 2015, pour un paiement en 2016, et un autre a été reçu en janvier 2016, ce qui porte le montant total à 29,90 millions d'EUR.
5.2.Évolution du Fonds
Conformément au règlement qui l'a institué, le Fonds de garantie doit atteindre un niveau approprié (montant objectif) fixé à 9 % de l'encours en principal de l'ensemble des engagements découlant de chaque opération, majoré des intérêts échus. Un mécanisme de provisionnement est en place pour garantir que le montant objectif est atteint.
Sur la base de ce mécanisme de provisionnement, le budget de l’UE a versé 144,40 millions d’EUR au Fonds en février 2015, tandis qu’en février 2016, le versement correspondant était de 257,12 millions d’EUR.
Au 31 décembre 2015, les avoirs nets 31 du Fonds se montaient à 2 320,06 millions d'EUR. Le ratio entre ces avoirs nets et l’encours en principal 32 (28 312,24 millions d'EUR), au sens du règlement instituant le Fonds de garantie, était inférieur au montant objectif. Un provisionnement de 228,04 millions d'EUR a donc été inscrit au projet de budget de l'UE pour 2017.
Au 31 décembre 2015, le Fonds avait 202,89 millions d'EUR d'arriérés à recouvrer.
Dans le cadre du dernier rapport d'ensemble 33 , il a été annoncé qu’un réexamen visant à évaluer les principaux paramètres du Fonds, en particulier le taux objectif, devrait être mené au moment de l'évaluation à mi-parcours du mandat extérieur de la BEI. Un contractant externe procède actuellement à une évaluation du Fonds de garantie, en tenant compte de son profil de risque et de son efficacité au regard de l'évolution du financement extérieur qu'il couvre et des risques y afférents. Les résultats de cette évaluation devraient être connus en septembre 2016.
Recommandation de la Banque centrale européenne du 22 décembre 2016 au Conseil de l’Union européenne concernant la désignation du commissaire aux comptes extérieur de la Banque de Grèce (BCE/2016/46)
22/12/2016
Acte préparatoire — 52016SC0450
21/12/2016
Acte préparatoire — 52016SC0457
21/12/2016
Acte préparatoire — 52016SC0468
21/12/2016