COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 29.11.2016
COM(2016) 764 final
COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS
Plan d’investissement pour l’Europe: les évaluations fournissent des éléments en faveur de son renforcement
1.Introduction
Dans son discours sur l’état de l’Union du 14 septembre 2016, le président Juncker a souligné la nécessité, pour l’Europe, de consolider sa reprise économique et d'investir massivement dans sa jeunesse et ses demandeurs d’emploi, ainsi que dans ses start-up et ses PME. Dans ce contexte, l’examen annuel de la croissance 2017 a mis en avant les priorités économiques et sociales les plus urgentes sur lesquelles l’Union européenne et ses États membres doivent concentrer leur attention dans les mois à venir.
L’Europe connaît une reprise fragile mais relativement résiliente et fortement créatrice d’emplois. Son PIB est à présent plus élevé qu’avant la crise. Le chômage est en baisse et les investissements progressent à nouveau. Néanmoins, il ne faut pas céder au triomphalisme. Certains des vents favorables qui ont soutenu la reprise jusqu’à présent s’affaiblissent. Les conséquences de la crise, notamment l’impact social, les niveaux élevés d'endettement public et privé et la part importante des prêts improductifs, restent profondes.
Le plan d’investissement pour l’Europe s’est révélé utile pour encourager un accroissement durable des investissements dans les États membres. Le Fonds européen pour les investissements stratégiques (EFSI) a mobilisé 154 milliards d’EUR dans 27 États membres en à peine plus d’un an, ce qui devrait bénéficier à près de 377 000 PME. L'EFSI exerce une action positive en soutenant des projets innovants et stratégiques qui contribuent à la création d’emplois et à la croissance (encadré 1).
Étant donné les résultats concrets de l’EFSI, et comme annoncé dans le discours sur l’état de l’Union du président Juncker, la Commission a proposé en septembre 2016 de le renforcer et d’en étendre la durée au moyen de la «proposition d’EFSI 2.0». Afin de doubler la durée et la capacité financière de l’EFSI, dans un premier temps, la proposition prolonge sa durée jusqu’à la fin de 2020 et porte le montant total d’investissements visé de 315 milliards d’EUR à 500 milliards d’EUR au minimum. La proposition met également davantage l’accent sur les contributions du secteur privé et l’additionnalité, ainsi que sur le renforcement de la transparence dans la sélection des projets. En outre, la proposition d’EFSI 2.0 insiste sur la combinaison de l’EFSI avec d’autres fonds de l’Union et un financement des banques nationales de développement comme un moyen important d’améliorer la couverture géographique de l’EFSI. Elle introduit également des améliorations concernant le périmètre de la plateforme européenne de conseil en investissement (EIAH), étant donné qu’il est nécessaire de contribuer à la constitution d’une offre stable de projets et de plateformes d’investissement pouvant être financés dans tous les États membres.
En octobre, le Conseil européen a invité «le Conseil à approuver, lors de sa session du 6 décembre, sa position de négociation concernant la proposition de la Commission relative à un nouveau EFSI, en tenant compte de l'évaluation externe indépendante qui sera réalisée en novembre».
| ENCADRÉ 1 — EXEMPLES DE PROJETS EFSI APPROUVÉS Creta Farms (Grèce) vise à rendre les produits à base de viande plus sains en utilisant de l’huile d’olive extra vierge. L’entreprise a recours à une technologie qui permet d’éliminer les graisses animales saturées, néfastes pour la santé humaine, et de les remplacer par des graisses non saturées qui contribuent à réduire les taux de «mauvais» cholestérol. Creta Farms est aujourd’hui le premier acteur sur le marché grec des viandes froides et a déjà réussi à étendre son activité à l’étranger. Avec le concours de l’EFSI, l’entreprise financera de nouvelles avancées technologiques afin d’appliquer sa technologie «oliving» aux en-cas. Elle pourra ainsi engager 100 nouveaux employés et poursuivre son expansion internationale. Malin Corporation (Irlande) est une entreprise mondiale du secteur des sciences de la vie qui investit dans des entreprises de R&D innovantes qui démarrent. La récente contribution de l’EFSI d’un montant de 70 millions d’EUR lui permettra d’augmenter ses investissements dans le secteur européen des sciences de la vie au cours des sept prochaines années. Une partie de ce prêt (40 millions d’EUR) sert déjà à soutenir l’innovation de pointe et le développement de nouveaux produits par des entreprises privées du secteur des sciences de la vie en Irlande et au Royaume-Uni. Grâce au soutien de l’EFSI, Malin sera en mesure d’aider ces entreprises à déployer tout leur potentiel et à connaître le succès commercial. PEP-Therapy/Quadrivium (France): PEP Therapy est une entreprise de recherche fondée en 2014 par des scientifiques de prestigieux instituts de recherche français. Son équipe de chercheurs a mis au point une technique qui bloque les fonctions spécifiques des protéines qui transforment une cellule saine en une cellule cancéreuse. L’objectif est de mettre au point un traitement qui, contrairement à la chimiothérapie, ne détruise que les cellules cancéreuses et préserve les bonnes cellules saines. PEP-Therapy a reçu 1 million d’EUR d’aide pour financer son projet de Quadrivium 1, un fonds d’investissement français qui a bénéficié d’une injection de 20 millions d’EUR du fonds européen d’investissement (FEI). WOW Technology (Belgique) est une entreprise spécialisée dans la production de machines sur mesure et d’équipement automatisé dans divers secteurs, notamment: l’aéronautique, l’automobile, la biotechnologie, le pharmaceutique, l’agro-alimentaire, l’environnement et l’énergie. Sa machine principale, le «robot shaker», permet l’automatisation de la production à grande échelle de cultures cellulaires qui sont utilisées dans la fabrication de vaccins. Grâce à un prêt soutenu par le FEI dans le cadre de l’EFSI, l’entreprise prévoit de doubler sa croissance au cours des cinq prochaines années en multipliant par deux ses effectifs et en s’étendant à d’autres marchés européens comme la France, l’Allemagne et la Suisse. Le projet Accessibilité des infrastructures portuaires (Espagne) consiste en un prêt-cadre visant à financer des investissements dans les accès ferroviaires et routiers des ports d'État en Espagne au moyen d’un fonds national, le Fonds pour l'accessibilité des ports. Ce projet contribuera à améliorer la connectivité terrestre de certains ports stratégiques, tous situés à l'intérieur du réseau transeuropéen de transport. L’opération s’inscrira dans le prolongement du large soutien apporté par la BEI au développement de ce réseau portuaire maritime au cours de ces dernières années. L’hôpital Rydgier (Pologne) dans la ville de Torun bénéficiera d’un prêt d’environ 57 millions d’EUR de la Banque européenne d’investissement dans le cadre de l’EFSI pour financer sa rénovation. Ce projet fait partie d’un programme d’investissement visant à atteindre les normes techniques et professionnelles applicables aux hôpitaux et imposées par les législations polonaise et européenne. Il s’agit de la première opération du secteur public dans le pays qui bénéficie d’une garantie du budget de l’UE au titre de l’EFSI. Cette opération est également un modèle de combinaison de financement de l’EFSI et de subventions de l’UE sous la forme innovante d’un instrument financier: outre le prêt EFSI, les fonds structurels et d’investissement de l’UE (fonds ESI) seront utilisés pour financer le projet. |
L’actuel règlement EFSI prescrit trois évaluations: i) une évaluation de la Commission sur l’utilisation de la garantie de l’Union et le fonctionnement du fonds de garantie EFSI, accompagnée d’un avis de la Cour des comptes; ii) une évaluation de la BEI sur le fonctionnement de l’EFSI; et iii) une évaluation externe indépendante de l’application du règlement EFSI. Ces évaluations permettent aux parties prenantes d’avoir un aperçu global du fonctionnement de l’EFSI à ce jour et sont déjà prises en compte dans les débats législatifs en cours concernant la proposition d’EFSI 2.0.
La proposition d’EFSI 2.0 répond aux points soulevés dans les évaluations et garantira la poursuite harmonieuse des opérations EFSI, sans interruption de financement, en donnant aux promoteurs de projets l'assurance qu’ils peuvent continuer à préparer des projets même après la période d’investissement initiale.
Le plan d’investissement pour l’Europe a déjà un réel impact dans toute une série de secteurs: il soutient des projets innovants qui contribuent à la création d’emplois et à la croissance à l'échelle locale et il lutte contre le chômage des jeunes en favorisant le développement de jeunes entreprises innovantes et stratégiques. Ces projets sont essentiels pour la compétitivité future de l’économie de l’Union et visent des domaines aussi importants que le soutien aux PME, l’innovation et la R&D, les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et la sécurité d’approvisionnement, l’environnement et le numérique, et les infrastructures ou les services sociaux et de transport. La stratégie globale menée dans le cadre du plan d’investissement vise à relever durablement les niveaux d’investissement en Europe, qui sont à la traîne depuis la crise financière. Le premier pilier du plan – la mise en place de l’EFSI et l’objectif d'une meilleure utilisation du budget de l’UE en général, permet la mobilisation des ressources publiques limitées en attirant les investisseurs privés et en soutenant les projets innovants et stratégiques en Europe qui produisent des résultats concrets en termes d’emploi et de croissance.
Le deuxième pilier – la plateforme de conseil et le portail européen des projets d’investissement (EIPP) (encadré 2) – permet de garantir que les investissements atteignent l’économie réelle en favorisant la création d’une réserve stable de projets susceptibles d’être financés et en renforçant la transparence.
ENCADRÉ 2 — L’EIPP FAIT PARTIE DU DEUXIÈME PILIER DU PLAN D’INVESTISSEMENT POUR L’EUROPE
Conçu comme une passerelle entre les promoteurs de projets de l’UE et les investisseurs du monde entier, l’EIPP propose aujourd’hui plus de 130 projets: ec.europa.eu/eipp
Il accroît la visibilité des possibilités d’investissement existantes dans l’UE au service des investisseurs en offrant une réserve transparente et tournée vers l’avenir et en facilitant les contacts pour les promoteurs de projets.
Un environnement économique solide et prévisible est indispensable pour que les investissements soient durables. Dans le cadre du troisième pilier du plan d’investissement, les actions visant à supprimer les freins à l’investissement au niveau de l’UE et des États membres contribuent à améliorer le climat d’investissement, créant une croissance durable et à long terme en Europe. L’UE et ses États membres ont pris des mesures pour supprimer les obstacles à l’investissement mais ça ne suffit pas. La Commission poursuivra ses efforts en vue d’améliorer le climat d’investissement général au niveau de l’UE, y compris en approfondissant le marché unique; de leur côté, les États membres devraient intensifier leurs efforts pour lever les obstacles aux investissements au niveau national, régional et local.
En outre, l’expérience acquise avec l’EFSI indique que les États membres qui en ont bénéficié le plus à ce jour sont ceux qui disposent des marchés financiers les plus développés et d’un environnement économique propice aux investissements. Cette situation sous-entend que ces pays sont généralement plus efficaces que les autres États membres pour mettre au point des propositions de projets EFSI. De plus, des banques nationales de développement solides peuvent contribuer au développement et au cofinancement des projets.
La Commission a aussi présenté des initiatives concrètes qui devraient faciliter le financement de l’économie réelle. Les États membres bénéficieront, par exemple, d’orientations plus claires sur les règles de comptabilité publique, notamment dans le domaine des partenariats public-privé (PPP). La Commission suit de près l’impact qu’a l’interprétation des règles de comptabilité publique sur la création de PPP dans différents secteurs et elle envisagera d’autres actions le cas échéant. Elle a également proposé des orientations pratiques sur l’application des règles en matière d’aides d’État au financement public des infrastructures. Des projets pilotes ont été lancés récemment afin de faire davantage converger, au niveau de l’UE, les délais des différentes procédures concernant les projets d’investissement en infrastructures stratégiques. Ils couvrent, dans un premier temps, la Belgique et la Slovaquie. Sur la base de l’évaluation de ces projets, la Commission étendra l’initiative à d’autres États membres dans le courant de l’année 2017 afin d’établir un «guichet unique» pour tous les États membres, réunissant tous les services compétents de la Commission – y compris ses représentations dans les États membres – au sein d'une équipe unique chargée de la politique d'investissement.
En outre, les travaux concernant l’union de l’énergie, l’union des marchés des capitaux, la stratégie pour le marché unique, la stratégie pour le marché unique numérique, l’économie circulaire et les accords commerciaux et d’investissement internationaux couvrent des mesures spécifiques qui, lorsqu’elles seront pleinement mises en œuvre, contribueront à éliminer les obstacles, à promouvoir l’innovation et à améliorer le cadre pour les investissements. La Commission adoptera prochainement un paquet «énergie» pour stimuler la transition vers une énergie propre et l’efficacité énergétique, aider l’UE à jouer un rôle prééminent au niveau mondial en matière d’énergies renouvelables et offrir des conditions équitables aux consommateurs d’énergie. Ce paquet aura pour objectif d’offrir une prévisibilité aux entreprises, aux investisseurs et à la société et de faciliter les investissements au niveau national, notamment par les plans nationaux en matière d’énergie et de climat. Dans la lignée des propositions formulées en vue de réduire les exigences de capital imposées aux assureurs investissant dans des projets d’infrastructure éligibles, la Commission a proposé le 23 novembre 2016 une réduction des exigences de fonds propres des banques pour certains investissements dans les infrastructures. Le 22 novembre 2016, la Commission a présenté un programme d’actions transversales pour soutenir les start-up en Europe, ainsi qu’une proposition de directive pour augmenter l'efficience des procédures d’insolvabilité, des cadres de restructuration préventifs et de la seconde chance, supprimant les obstacles à l’investissement dus aux divergences qui existent entre les cadres des différents États membres.
Les États membres doivent également intensifier leurs efforts dans la mise en œuvre des réformes nécessaires pour supprimer les obstacles aux investissements qui ont été recensés dans le cadre du semestre européen, et plus récemment de l’examen annuel de la croissance. Les réformes indiquées dans les recommandations par pays tiennent compte de facteurs nationaux spécifiques. Elles sont indispensables pour maintenir et accroître les niveaux d’investissement dans les États membres. Malgré les mesures prises par certains États membres, notamment des pays de la zone euro fortement touchés par la crise, les avancées pour s’attaquer aux obstacles aux investissements sont généralement inégales et il est nécessaire d’aller plus loin. Outre lever les obstacles et les freins à l’investissement, la Commission encourage également les États membres à mettre en place des structures de planification et de coordination englobant tous les niveaux administratifs et les sources de financement. Dans le contexte des politiques d'investissement des États membres, ces structures peuvent créer et gérer de manière stratégique des réserves stables de projets publics clés, faciliter les procédures réglementaires et administratives d’autorisation et, tour à tour, coopérer étroitement avec les services de la Commission et la plateforme de conseil.
2.Comment l’EFSI et ses investissements dans l’économie réelle ont-ils été évalués jusqu’à présent?
Cette partie contient un résumé des principaux arguments des trois évaluations, suivi d’une description de la façon dont la proposition d’EFSI 2.0 aborde ces points.
Pertinence et additionnalité du soutien de l’EFSI
Les évaluations concluent que l’EFSI répond dûment aux besoins d’investissement en Europe. L’évaluation indépendante révèle les retards d’investissement et les besoins du marché persistants et conclut que l’EFSI contribue à réduire ces retards en répondant au besoin en financements à hauts risques.
Ces financements à hauts risques doivent satisfaire au critère d’additionnalité (définis comme étant des activités spéciales de la BEI, c’est-à-dire des opérations présentant un profil de risque plus élevé) et attirer un maximum de fonds du secteur privé. L’évaluation de la BEI souligne que la garantie de l’Union a permis à la BEI d’accroître de manière significative le niveau de ses activités spéciales (d’environ 4 milliards d’EUR à 20 milliards d’EUR escomptés par an). Les évaluations indiquent que l’EFSI a permis à la BEI d’élargir sa base de clients et de produits, notamment en mettant au point de nouveaux produits subordonnés qui ont aidé la BEI à s’adapter et à répondre aux besoins du marché.
Toutefois, l’évaluation indépendante fait observer que malgré le fait que toutes les opérations de l’EFSI étaient des activités spéciales de la BEI, dans certains cas, les parties prenantes ne les percevaient pas comme comportant un risque plus élevé par rapport à ce que le marché pouvait offrir. Dans le même contexte, l’évaluation de la BEI signale qu’une définition plus claire de l’additionnalité est nécessaire en ce qui concerne les activités spéciales afin d’assurer une plus grande cohérence lors de la sélection des projets tout en atténuant les risques potentiels pour la réputation de l’EFSI. De même, l’évaluation indépendante souligne que le respect du critère d’additionnalité devrait aller au-delà de «cocher la case» des activités spéciales de la BEI et que l’évaluation sous-jacente de l’additionnalité devrait être plus transparente.
Multiplicateur et mobilisation d’investissements privés
L’évaluation indépendante conclut que l’EFSI est efficace pour accroître l’accès au financement et mobiliser des fonds privés, notant que le multiplicateur du portefeuille devrait être de 14,1 pour les opérations signées (pleinement conforme à l’objectif de 15 sur l’ensemble de la période d’investissement de l’EFSI) et la mobilisation d’investissements privés de 63 % (aucun objectif précis n’avait été fixé) au 30 juin 2016. Selon l’évaluation indépendante et l’évaluation de la BEI, les deux volets de l’EFSI (volet «infrastructures et innovation» et volet «PME») ont progressé à des rythmes différents. Par exemple, en mettant en œuvre le volet «PME», le FEI a accéléré le déploiement des mandats existants et n’a introduit de nouveaux produits que plus tard. Par ailleurs, en mettant en œuvre le volet «infrastructures et innovation», la BEI, tout en étant en mesure d’utiliser certains produits existants, a eu besoin de temps pour mettre au point une nouvelle gamme de produits, caractérisés par un profil de risque plus élevé et des multiplicateurs (externes) parfois plus élevés. Ces nouveaux produits devraient compléter les produits existants et seront lancés après la première année de mise en œuvre de l’EFSI.
► L’additionnalité du soutien de l’EFSI et la mobilisation des investissements privés dans la proposition d’EFSI 2.0
Lancé voici plus d’un an, l’EFSI, qui est mis en œuvre et co-parrainé par le partenaire stratégique de la Commission en matière d'investissements, à savoir le groupe BEI, est bien parti pour atteindre l’objectif qui lui avait été fixé de mobiliser au moins 315 milliards d’EUR d’investissements supplémentaires dans l’économie réelle d’ici la mi-2018 tout en s’attachant à maximiser les contributions du secteur privé.
L’absorption du marché a été particulièrement rapide dans le cadre du volet «PME», concernant lequel les résultats de l'EFSI dépassent toutes les attentes. Cela correspond à l’accueil très favorable qu’a reçu l’EFSI de la part des PME participantes. Pour garantir que des fonds suffisants restent disponibles pour continuer de financer des PME avec le soutien de l’EFSI, ce volet «PME» a été renforcé de 500 millions d’EUR en juillet 2016 dans le cadre des dispositions existantes du règlement (UE) 2015/1017. Les projets approuvés par le groupe BEI dans le cadre des deux volets à la mi-novembre 2016 au titre de l’EFSI mobilisent 154 milliards d’EUR en investissements totaux dans 27 États membres et soutiennent quelque 377 000 PME.
Un élément essentiel de la proposition d’EFSI 2.0 est le renforcement de l’additionnalité des projets soutenus. La proposition d’EFSI 2.0 de la Commission spécifie encore plus clairement, parmi les critères d'éligibilité, que les projets qui bénéficient du soutien de l’EFSI doivent remédier aux situations d’investissement sous-optimales et aux défaillances du marché. Dans le contexte actuel de taux d’intérêt faibles et de liquidités abondantes, les facteurs clés pour évaluer l’additionnalité de l’EFSI sont une couverture des risques plus élevés, y compris par la subordination, l’exposition à des risques spécifiques – comme des technologies non éprouvées et des contreparties plus risquées – ainsi que les investissements dans de nouvelles infrastructures transfrontières qui, à leur tour, augmenteront la confiance et l’accès général au financement, notamment pour les opérations à haut risque. Compte tenu de leur importance pour l’Europe, la nouvelle proposition reconnaît les projets d’infrastructures transfrontières, ainsi que les services connexes, comme source d’additionnalité. Il s’agit d’un domaine qui est actuellement peu développé et qu’il faut stimuler afin de faciliter les investissements.
Les mécanismes du plan d’investissement pour l’Europe fonctionnent et l’EFSI 2.0 propose de les renforcer pour que continue la mobilisation de fonds privés pour les investissements dans les secteurs qui sont importants pour l’avenir de l’Europe et où le marché est encore défaillant ou bien la situation de l'investissement, non optimale. L’objectif de l’EFSI demeure de soutenir des investissements qui, en l'absence de ce soutien, n’auraient pu être réalisés pendant la même période ou avec la même ampleur par la BEI, le FEI ou dans le cadre des instruments financiers existants de l’Union. Comme durant la période initiale, les investissements privés devraient être sollicités autant que possible, et les PME compteront parmi les principaux bénéficiaires du soutien fourni.
Distribution géographique et sectorielle de l’aide de l’EFSI
Les trois évaluations indiquent une bonne couverture globale par secteur et par État membre, puisqu’au moment des évaluations, l’EFSI couvrait déjà 26 États membres dans tous les secteurs éligibles. Toutefois, l’évaluation de la BEI et l’évaluation indépendante signalent que le portefeuille de l’EFSI est fortement concentré dans un certain nombre d’États membres. Selon l’évaluation indépendante, un soutien de l’EFSI inférieur en Europe centrale et de l’est pourrait notamment s’expliquer par le manque d’expertise technique nécessaire pour mettre au point des projets de grande ampleur et des structures de partenariat public-privé, l’absence de structures de planification et de coordination centrales, le fait que les projets sont relativement plus petits, des marchés de capital-risque moins développés mais aussi par le besoin d'une plus grande complémentarité avec les fonds ESI notamment. Cette évaluation souligne l’importance du renforcement des capacités de préparation des projets afin d’améliorer la couverture géographique de l’EFSI. Alors que l’évaluation indépendante et l’évaluation de la BEI indiquent également une certaine concentration sectorielle du soutien de l’EFSI, les parties prenantes ne l’ont pas pointée comme un problème majeur.
Cohérence et complémentarité avec d’autres sources de financement de l’Union
Les trois évaluations semblent indiquer qu'il existe un fort potentiel pour développer de nouvelles formes de coopération entre l’EFSI et d’autres sources de financement de l’UE, mais elles soulignent également la nécessité de surveiller attentivement l’interaction entre certains de ces fonds et l’EFSI. Selon l’évaluation indépendante, l’EFSI, le programme COSME et le dispositif InnovFin d’Horizon 2020 se complètent bien, le premier ayant permis l'accélération des financements accordés au titre des deux autres pour répondre, dans le cadre de son volet «PME», aux besoins importants du marché. Une autre illustration concrète de la possibilité de combiner efficacement ces fonds est le lancement, le 8 novembre 2016, du fonds de fonds de capital-risque paneuropéen: en mettant en commun différentes ressources, ce programme vise à réduire encore le déficit de fonds propres en Europe et la fragmentation du marché du capital-risque, ainsi qu’à attirer des fonds privés supplémentaires d'investisseurs institutionnels vers le capital-risque européen, et ce afin de soutenir la croissance d'entreprises innovantes.
En ce qui concerne les instruments financiers du mécanisme pour l’interconnexion en Europe et le programme Horizon 2020, l’évaluation de la BEI conclut que ces programmes font potentiellement concurrence à l’EFSI, et que la BEI privilégie parfois les opérations de ce dernier, au détriment des opérations des deux autres programmes, en raison de la pression pour atteindre les objectifs de l’EFSI. S'agissant des Fonds ESI, l’évaluation indépendante fait observer que certaines parties prenantes estiment qu’ils sont en concurrence avec l’EFSI, notamment dans les pays susceptibles de bénéficier des aides de cohésion.
Toutefois, tant l’évaluation de la BEI que celle de la Commission entrevoient un fort potentiel de synergies et de complémentarités entre tous ces fonds et l’EFSI. En particulier, les ressources provenant du mécanisme pour l’interconnexion en Europe et du programme Horizon 2020 et, de la même façon, les Fonds ESI, pourraient financer la tranche de première perte des opérations de l’EFSI lorsque cela est nécessaire pour mettre sur pied un projet et maximiser les contributions du secteur privé, tandis que la BEI pourrait, avec le concours de l’EFSI, financer des tranches «mezzanine». À cet égard, la structure de financement de l’EFSI 1.0 intégrait la réaffectation, à partir des instruments financiers du mécanisme pour l’interconnexion en Europe, de 500 millions d’EUR au volet «subvention» de ce mécanisme. Selon l’évaluation de la BEI et l’évaluation indépendante, les restrictions à la possibilité de combiner l’EFSI avec des Fonds ESI doivent être évaluées, en examinant notamment ce que pourrait être le rôle des services de conseil en la matière. Outre les orientations sur la façon dont l’EFSI et les Fonds ESI peuvent être combinés, la Commission a présenté une proposition visant à faciliter une telle combinaison. La Commission est résolue à poursuivre les travaux en vue d’améliorer les conditions de concurrence équitables pour les divers instruments de l’Union.
Coopération avec les banques nationales de développement (BND) et les plateformes d’investissement
L’évaluation de la BEI montre qu’environ un tiers des opérations de l’EFSI ont bénéficié d’un cofinancement de la part d’une banque nationale de développement, ce qui correspond à l’intention annoncée par plusieurs États membres de contribuer à hauteur de 42 milliards d’EUR à des projets de l’EFSI ou à des plateformes d’investissement. Le groupe BEI a également élaboré plusieurs initiatives visant à mieux répondre aux besoins des BND, parmi lesquelles une plateforme de fonds propres, une initiative sur la titrisation et toute une série de nouveaux produits financiers.
Selon l’évaluation indépendante, il est arrivé que l’EFSI soit en concurrence avec des banques nationales de développement, en particulier sur de grands projets. Ce risque devrait être atténué par des prises de positions subordonnées de la BEI dans des co-investissements de l’EFSI avec des BND. L’évaluation indépendante fait également observer que, malgré le potentiel des plateformes d’investissement pour répondre à la forte demande de financement à risque des projets de petite taille, aucune plateforme de ce type n’avait été mise en place à la date butoir de l’évaluation. La première plateforme d’investissement a vu le jour après le 30 juin 2016. D’autres plateformes, y compris dans le volet «PME», sont en préparation et devraient être approuvées avant la fin de l’année.
►La distribution géographique et sectorielle du soutien de l’EFSI et la complémentarité avec d’autres sources de financement de l’Union dans la proposition d’EFSI 2.0
La proposition d’EFSI 2.0 prévoit l’extension de la durée du Fonds jusqu’à la fin du cadre financier pluriannuel en cours et devrait fournir pas moins de 500 milliards d’EUR d'investissements d'ici à 2020. Cette proposition est cohérente avec la révision du règlement financier que la Commission a proposée en même temps afin d’établir un cadre solide pour la gestion des obligations financières de l’Union. Afin de renforcer encore la capacité financière de l'EFSI et d'atteindre l'objectif affiché de doubler les investissements, la Commission appelle les États membres à contribuer eux aussi, et ce en toute priorité.
Par ailleurs, un objectif important de la proposition d’EFSI 2.0 consiste à accroître l’utilisation de l’EFSI dans les régions moins développées et les régions en transition. Le soutien à ces deux types de régions en Europe voit donc sa portée élargie par une référence explicite à tout secteur d’activité qui ne serait pas couvert par les objectifs généraux. En outre, le soutien de l’EFSI aux investissements dans les autoroutes, qui doit être évité en principe, serait autorisé sous certaines conditions dans les pays susceptibles de bénéficier des aides de cohésion. Il est indispensable que les États membres développent la capacité à préparer des projets. L’EFSI 2.0 renforcera l’assistance technique au travers de la plateforme de conseil. L’utilisation des services fournis par cette plateforme peut également contribuer à renforcer la planification et la coordination de projets d’investissements essentiels au niveau national.
Le fait de faciliter la combinaison avec d’autres sources de financement de l’Union tels que les Fonds ESI, le programme Horizon 2020 et le mécanisme pour l’interconnexion en Europe constitue aussi un élément essentiel et peut contribuer à mobiliser de nouveaux investissements de la part du secteur privé. La Commission a donc adopté, en septembre 2016, une proposition de «règlement omnibus» modifiant plusieurs règlements pour faciliter de telles combinaisons au niveau des plateformes d’investissement ainsi que concernant chaque projet. Dans sa proposition d’EFSI 2.0, la Commission propose aussi de concentrer davantage l’EFSI sur les priorités politiques de l’UE relatives au changement climatique, par exemple en fixant un objectif minimum pour les projets respectueux du climat dans le cadre du volet «Infrastructures et innovation» de l’EFSI. Elle reconnaît en outre l’importance d’utiliser une partie du budget de l’Union, comme celle qui est disponible au titre du mécanisme pour l’interconnexion en Europe, sous la forme de subventions qui viendraient se combiner à l'aide de l’EFSI. À cet égard, un appel «mixte» au titre du mécanisme pour l’interconnexion en Europe sera lancé début 2017 afin de combiner des subventions de 1 milliard d’EUR avec un soutien de l’EFSI et des financements de BND et du secteur privé.
L’EFSI encourage l’entrepreneuriat social et présente donc une dimension sociale importante. Un ensemble complet d’instruments financiers innovants a été mis au point dans le cadre du volet «PME» de l’EFSI en vue de soutenir l’entrepreneuriat social, l’emploi durable et l’innovation sociale. Il s'agit notamment d’un renforcement de la garantie relative à l’emploi et à l’innovation sociale accordée sur les prêts aux micro-entreprises et aux entreprises sociales ainsi qu’un mécanisme de fonds propres pour les investissements du FEI en faveur des entreprises sociales, et notamment les co-investissements avec des investisseurs providentiels («business angels») et les investissements dans ou avec des intermédiaires liés à des incubateurs ou des accélérateurs d’entreprises ou encore à des dispositifs de paiements aux résultats.
Enfin, au titre de la proposition d’EFSI 2.0, la BEI et le FEI sont invités à faire en sorte que les bénéficiaires finaux, parmi lesquels les PME, soient informés de l’existence du soutien de l’EFSI.
Gouvernance
L’évaluation de la BEI et l’évaluation indépendante concluent que les organes directeurs de l’EFSI ont été correctement mis en place et fonctionnent bien. Elles recommandent toutefois d’y apporter quelques améliorations, et notamment de clarifier les fonctions et responsabilités respectives du bureau du directeur exécutif de l’EFSI, du secrétariat de l’EFSI et des services de la BEI. L’évaluation de la BEI recommande également d’améliorer les voies de communication entre les organes directeurs de l’EFSI. L’évaluation indépendante recommande en outre de revoir et de rationaliser les procédures relatives aux opérations de l’EFSI.
► La gouvernance dans la proposition d’EFSI 2.0
La proposition d’EFSI 2.0 rendra les décisions d’investissement et les procédures de gouvernance plus transparentes. Dans ses décisions, qui sont rendues publiques, le comité d’investissement devra expliquer plus précisément, en particulier en ce qui concerne l’additionnalité, les raisons pour lesquelles il estime qu’une opération donnée doit bénéficier de la garantie de l’Union. En outre, le tableau de bord des indicateurs sera publié dès qu’une opération bénéficiant de la garantie de l’Union sera signée. La proposition prévoit aussi l’obligation, pour la BEI et le FEI, d'informer les bénéficiaires finaux, notamment les PME, qu’ils ont obtenu un soutien de l’EFSI, ou d’exiger des intermédiaires financiers qu’ils le fassent.
De plus, la possibilité de rationaliser encore certaines procédures relatives à l’approbation des opérations de l’EFSI sera étudiée.
Fonctionnement de la garantie de l’Union et du fonds de garantie
L’évaluation de la Commission et l’évaluation indépendante concluent toutes deux que la garantie de l’Union a été utile, efficiente et efficace en ce qu’elle a permis au groupe BEI d’accroître considérablement le volume d’activités spéciales de la BEI et de garanties du FEI en faveur des PME et des entreprises de taille intermédiaire. La garantie de l’Union s’est également avérée être un instrument souple, capable de s’adapter aux besoins émergents, avec par exemple le renforcement du volet «PME» de l’EFSI, pour un montant de 500 millions d’EUR. L’évaluation indépendante conclut toutefois que les procédures relatives aux décisions d’utilisation de la garantie de l’Union devraient être davantage clarifiées et faire l’objet d’un suivi plus minutieux.
L’évaluation indépendante indique que l’objectif de provisionnement du fonds de garantie de 50 % au démarrage semble trop prudent pour couvrir les pertes potentielles sur le portefeuille existant et recommande de suivre de près la stratégie d’investissement des ressources détenues dans le fonds de garantie de l’EFSI. L’évaluation de la Commission évalue les risques des divers produits bénéficiant de la garantie de l’Union. Elle conclut que, d’une manière générale, le budget de l’Union serait aussi efficacement protégé contre d’éventuels appels de la garantie de l’Union avec un taux cible de provisionnement du fonds de garantie ajusté à 33,4 %, compte tenu des recouvrements, recettes et remboursements provenant des opérations de la BEI.
L’évaluation de la Commission souligne également qu’une importance particulière devrait être accordée à la subordination, étant donné que la capacité de la BEI à mettre en œuvre des instruments de partage des risques et à prendre des positions subordonnées est essentielle pour renforcer la capacité des investisseurs du secteur privé à soutenir, d’une part, des projets plus risqués et plus innovants et, d'autre part, des PME. Enfin, elle conclut que la garantie de l’Union n’a pas été prévue pour couvrir l’incidence potentielle des fluctuations de monnaies. Cette divergence influe sur la capacité de la BEI à fournir des financements à long terme assortis de taux fixes dans certains pays non membres de la zone euro aux marchés financiers moins développés et, partant, peut restreindre la couverture géographique de l’EFSI.
► La garantie de l’Union et le fonds de garantie dans la proposition d’EFSI 2.0
L’évaluation de la Commission conclut que le budget de l’Union serait aussi efficacement protégé contre d’éventuels appels de la garantie de l’Union avec un taux cible de provisionnement du fonds de garantie ajusté à 33,4 % (contre un taux actuel de 50 %). Le taux cible est ajusté à 35 % dans la proposition d’EFSI 2.0. Conformément aux recommandations formulées dans le cadre de l’évaluation de la Commission, la proposition d’EFSI 2.0 met aussi davantage l’accent sur les instruments de partage des risques, sur le financement subordonné et sur la possibilité pour la garantie de l’Union de couvrir l'incidence potentielle des fluctuations de monnaies.
Communication
Dans l’ensemble, les trois évaluations soulignent la nécessité d’améliorer la communication relative à l’EFSI. L’évaluation indépendante recommande de mieux faire connaître – en particulier à l’échelle locale – l’EFSI et ses produits, notamment les nouveaux produits, afin d’accélérer leur utilisation. Elle recommande également de mieux communiquer et expliquer les possibilités en matière de création de plateformes d’investissement, et notamment le rôle de la BEI dans ce domaine.
L’évaluation indépendante fait également observer que les méthodes de communication pourraient être améliorées en interne, au sein des structures de gouvernance du groupe BEI et de l’EFSI.
► La communication dans la proposition d’EFSI 2.0
Les recommandations relatives au renforcement de la communication ne nécessitent pas de modifier le règlement EFSI et suite leur sera donnée au moyen d’efforts accrus de la part de la Commission et de la BEI. La Commission renforcera encore, en étroite coopération avec le groupe BEI, la communication concernant l’EFSI afin de mieux faire connaître, dans toute l’Union européenne, les possibilités de financement et d’assistance technique qu'il offre. Des actions de communication sont en cours et gagneront en intensité dans les mois à venir. La fourniture d’informations sur les solutions de financement, l’assistance technique et les procédures, notamment au travers d’exemples de bonnes pratiques et d’études de cas, peut susciter de nouvelles idées et stimuler les initiatives en matière d’investissement. Étant donné qu'il est crucial de disposer, sur tous les aspects du plan d’investissement pour l’Europe, d'informations continuellement mises à jour et aisément accessibles, d’autres efforts de communication seront consentis au niveau de l’UE, dans le cadre des actions de la Commission en matière de communication institutionnelle, et plus particulièrement, aux niveaux local, régional et national.
3.Comment l’EIAH a-t-elle fourni son assistance technique jusqu’à présent?
Pertinence et efficacité
L’évaluation indépendante confirme la pertinence de l’EIAH au regard du besoin élevé d’assistance technique, qui devrait augmenter dans les années à venir. Elle remarque que la répartition géographique de l'aide fournie par la plateforme est bonne, avec 214 demandes émanant de 27 États membres au cours de la période d’évaluation. Les secteurs dans lesquels celle-ci a été la plus efficace sont ceux de l’énergie, des transports et du développement urbain/rural. Grâce à une approche plus anticipative de l’EIAH, le nombre de secteurs couverts devrait augmenter à l’avenir. Sur les 214 demandes reçues, 78 concernaient des conseils en matière de financement ou d’aides financières, 78 l’assistance technique et les aides financières, 13 une proposition de coopération et 33 des informations d’ordre général. Des compétences d’expert ont été mobilisées en fonction des besoins, soit dans les services opérationnels de la BEI, soit dans le cadre de programmes et services de conseil pertinents.
D’une manière générale, l’évaluation indépendante conclut qu’il est trop tôt pour évaluer l’utilisation faite par l’EIAH de l’expertise existante. Toutefois, l’analyse préliminaire indique que l’EIAH devrait consolider sa présence à l’échelon régional et local. Bien qu’elle soit déjà active localement pour certains projets, l’EIAH doit continuer à renforcer ses capacités locales ou ses partenariats avec des banques nationales de développement et des prestataires de services locaux, en particulier dans les régions où son soutien est le plus nécessaire. L’évaluation met également en évidence la nécessité de renforcer le soutien consultatif sur la création de plateformes d’investissement.
Enfin, l’évaluation indépendante fait remarquer qu’il y a encore matière à clarifier et à façonner la coopération générale entre les banques nationales de développement et l’EIAH. À la date butoir de l’évaluation, 18 protocoles d’accord avaient été signés entre l’EIAH et des BND. Un protocole d’accord avait également été signé avec l’Union internationale des chemins de fer. Il conviendrait de piloter et de surveiller leur mise en œuvre en donnant suite notamment aux arrangements administratifs concernant les services fournis par des organisations décentralisées dans le cadre de l’EIAH. Une attention particulière devrait être accordée aux pays qui disposent d’une capacité d’assistance technique moindre.
Efficience
Selon l’évaluation indépendante, il est trop tôt pour tirer des conclusions sur l’efficience de l’EIAH. Aucun problème n’a été constaté concernant son modèle de gouvernance, et une meilleure absorption du budget est attendue, sachant que la mise en œuvre de l’EIAH se poursuit et que, selon les prévisions, son budget devrait être utilisé intégralement.
Toutefois, l’évaluation indépendante conclut également qu'il est nécessaire de décentraliser la prestation de services de l’EIAH, en insistant sur l’expérience positive de la fourniture d’une assistance technique et d’un soutien à l’échelon local dans certains États membres. Selon l’évaluation de la BEI, l’EIAH pourrait contribuer davantage à l’EFSI, notamment en repérant des projets potentiels pour l’EFSI, en apportant un soutien consultatif dans le cadre des projets de l’EFSI et, éventuellement, en soutenant les activités de diffusion et de promotion (voir ci-dessous), en ce qui concerne notamment les plateformes d’investissement.
Valeur ajoutée
Selon l’évaluation indépendante, l’EIAH ne fait pas double emploi avec les autres services de conseil de la BEI et la plupart de ses services sont considérés comme irremplaçables. Des risques de double emploi avec des prestataires de services du secteur privé devraient être surveillés. L’évaluation indépendante note que les parties consultées sont moyennement satisfaites de la qualité des services qui leur ont été fournis par l’EIAH au premier stade de son développement. En particulier, l’évaluation recommande que l’EIAH offre des services plus personnalisés et raccourcisse les délais de réponse, jugés trop longs par certaines parties prenantes. Elle recommande aussi la mise en place d’une procédure structurée de retour d’information, afin que l’EIAH puisse constamment améliorer ses services en tenant compte de l’avis des parties prenantes.
Communication
Le site web de l’EIAH est considéré comme un point d’accès satisfaisant, avec 70 % des demandes présentées par ce biais. Comme pour l’EFSI, l’évaluation indépendante recommande d’améliorer fortement la communication relative à l’EIAH, étant donné le manque de notoriété relatif de ses services.
► Le renforcement de l’assistance technique dans la proposition d’EFSI 2.0
Les débuts de l’EIAH sont globalement positifs. Comme l’a souligné l’évaluation indépendante, il est trop tôt pour tirer des conclusions définitives sur son fonctionnement et d’autres enseignements seront tirés au fur et à mesure de sa mise en œuvre. La proposition d’EFSI 2.0 apporte néanmoins un certain nombre d’améliorations ciblées à l’EIAH, qui répondent à la plupart des recommandations formulées dans le cadre de l’évaluation indépendante. Il convient de noter qu'aucune modification législative n’est nécessaire pour exécuter les recommandations concernant le renforcement de la communication. Des travaux visant à mieux faire connaître l’EIAH sont en cours.
La proposition de la Commission prévoit que l’EIAH devrait non seulement exploiter les connaissances locales pour faciliter l’intervention de l’EFSI dans toute l’Union, mais également contribuer à l’objectif de diversification sectorielle et géographique de l’EFSI, notamment en aidant la BEI à initier des opérations. Cela va dans le sens des recommandations formulées par l’évaluation indépendante. La proposition souligne également que la collaboration avec les banques nationales de développement et les autorités chargées de la gestion des Fonds structurels et d’investissement européens devrait faciliter encore la fourniture de conseils et d’une expertise financière et technique au niveau local, en particulier dans les États membres qui rencontrent des difficultés les empêchant de faire usage de mécanismes de financement innovants. Un lien clair est établi entre ce type de coopération et le soutien local, notamment sur la combinaison d'autres sources de financement de l’Union avec l’EFSI. Cela permettra non seulement d'aider les promoteurs de projets à mieux structurer leurs projets, mais aussi d’améliorer la couverture géographique de l’EFSI.
En outre, compte tenu de l’importance des plateformes d’investissement pour le financement de projets plus petits, la Commission propose que l’EIAH participe plus activement à la création de ce type de plateforme. Cette proposition fait suite aux évaluations, qui ont pointé la nécessité d’une plus grande clarté et d’un plus grand nombre de conseils en ce qui concerne la mise en place de ces plateformes.
Enfin, la proposition d’EFSI 2.0 prévoit que l’EIAH devra soutenir la préparation: des projets dans le domaine de l’action pour le climat et de l’économie circulaire, ou de leurs composantes, en particulier dans le contexte de la COP 21, des projets dans le secteur numérique, ainsi que des projets transfrontières, ce qui cadre avec les priorités de l’UE que sont la lutte contre le changement climatique, la réalisation du marché unique numérique et la promotion des projets transfrontières, compte tenu de leur forte valeur ajoutée pour l’Union.
4.Avis de la Cour des comptes
Conformément aux dispositions du règlement EFSI, la Cour des comptes a publié un avis sur l’évaluation de la Commission relative à l’utilisation de la garantie de l’Union et au fonctionnement du fonds de garantie de l’EFSI. La Cour considère que la principale proposition de la Commission, à savoir l’ajustement du taux de provisionnement du fonds de garantie de l’EFSI de 50 % à 35 %, correspond à l’estimation actualisée des pertes attendues.
La Cour des comptes a également procédé à une évaluation des autres éléments de la proposition d’EFSI 2.0, dont les principales conclusions sont les suivantes:
Sur le calendrier, la Cour des comptes est d’avis qu’il est prématuré de proposer une augmentation de la garantie budgétaire de l’UE. La Commission considère néanmoins que, compte tenu des succès obtenus et du fait que le processus législatif peut prendre du temps, sa proposition permet aux opérations de se poursuivre dans les meilleures conditions et envoie un signal clair aux investisseurs et aux promoteurs de projets. Alors que le climat d’investissement reste hésitant, pareille certitude est nécessaire pour préserver le soutien à l’emploi, à la croissance et à l’investissement dans l’ensemble de l’Union. Le Conseil européen d’octobre a également invité les États membres à approuver, lors de la réunion du Conseil Ecofin du 6 décembre, leur position de négociation concernant la proposition de la Commission, en tenant compte de l’évaluation externe.
Sur les éléments d’appréciation, la Cour des comptes est d’avis qu’un plus grand nombre d’éléments sont nécessaires pour justifier l’augmentation de la garantie de l’Union. La Commission fait observer que sa proposition d’EFSI 2.0 est fondée sur l’expérience acquise et les enseignements tirés au cours de la première année de mise en œuvre de l’EFSI. Comme l’indique sa communication du 1er juin 2016, les résultats à l’issue de la première année étaient encourageants. Plus précisément, compte tenu de la forte demande sur le marché, la Commission a proposé qu’une partie de la garantie de l’Union destinée aux PME soit augmentée. Étant donné que les projets d’infrastructure et d’investissement prennent plus de temps pour arriver à maturité, ne pas augmenter la garantie pour le volet «PME» aurait signifié renoncer à un effort supplémentaire pour stimuler l’investissement et créer des emplois et de la croissance en Europe.
Sur l’additionnalité, la Cour des comptes est d’avis que la définition du critère d’additionnalité est trop générale. L’un des éléments clés de la proposition d’EFSI 2.0 est le renforcement de l’additionnalité. La Commission propose que, parmi les critères d’éligibilité qu’un projet doit remplir pour bénéficier du soutien de l’EFSI, figure la capacité à remédier aux défaillances du marché ou à des situations d’investissement sous-optimales. En outre, une définition plus précise du principe d’additionnalité a été proposée de façon à renforcer la transparence sur la conformité des projets à ce critère déterminant. La Commission s'attaque également à un obstacle majeur pour les investissements à forte valeur ajoutée européenne en reconnaissant les projets d’infrastructure transfrontières (et les services connexes) comme des vecteurs d'additionnalité.
Sur la gouvernance et la transparence, la Cour des comptes s’est déclarée favorable: i) à la proposition d’inclure une disposition sur l’évasion fiscale; ii) à la proposition de prendre des mesures pour renforcer la plateforme de conseil et accroître la diversification sectorielle de l’EFSI; iii) à la proposition de renforcer la structure de gouvernance de l’EFSI, notamment en ce qui concerne la gestion des risques de conflits d'intérêts des membres du comité d’investissement.
5.CONCLUSIONS
La Commission fait observer que les trois évaluations prescrites par le règlement EFSI, dont l’évaluation externe indépendante, ont été présentées à temps pour alimenter le processus législatif. Ces trois évaluations constatent que l’EFSI et l’EIAH sont des succès et qu’il est nécessaire d’en renforcer certains aspects (additionnalité, assistance technique, combinaison avec d’autres fonds de l’UE), nécessité à laquelle la proposition d’EFSI 2.0 a déjà répondu.
La Commission considère que l’EFSI atteint ses objectifs et que le maintien d’un dispositif de soutien à l’investissement est justifié. Elle continuera à travailler en étroite coopération avec le groupe BEI pour mettre à profit ce succès. Elle invite donc les co-législateurs à traiter de toute urgence sa proposition d’EFSI 2.0, comme l’a rappelé le Conseil européen d’octobre, qui a invité le Conseil à arrêter sa position lors de la réunion du Conseil Ecofin du 6 décembre, afin de remédier rapidement aux problèmes recensés dans les différentes évaluations et de générer un volume encore plus grand d’investissements de qualité.
La Commission continuera à soutenir le Parlement européen et le Conseil au cours des négociations législatives et poursuivra son dialogue avec toutes les parties concernées afin de renforcer et de consolider le plan d’investissement pour l’Europe. Dans le même temps, il convient que se poursuivent, tant au niveau national qu'au niveau européen, les travaux visant à rendre l’environnement des entreprises aussi favorable que possible aux investissements.
La Commission tirera également parti des leçons de la mise en œuvre de l’EFSI dans les prochaines discussions sur le nouveau cadre financier pluriannuel.