COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 19.12.2016
COM(2016) 810 final
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL
Rapport annuel 2016 sur la mise en œuvre, en 2015, des instruments de l'Union européenne pour le financement de l'action extérieure
{SWD(2016) 456 final}
ENGAGEMENTS DANS LE MONDE
En 2015, l’Europe a été confrontée à des défis mondiaux nouveaux et en constante mutation. L’Union européenne (UE) y a fait face en mobilisant tout l'éventail de politiques et d'instruments qui réunissent, dans une approche globale mise en œuvre en temps opportun, aide et coopération dans les domaines de la diplomatie, de la sécurité, de la finance, du commerce, du développement et de l'assistance humanitaire.
Tout au long de l’année, l’UE n'a cessé de jouer un rôle déterminant dans les efforts déployés au niveau international pour résoudre les crises et fournir une aide, notamment en Ukraine, en Syrie, en Iraq et en Libye. Elle a également lutté sans relâche avec ses partenaires internationaux contre les activités de Daech.
En 2015, l'UE et ses États membres sont restés le premier bailleur mondial de fonds en faveur du développement, promouvant les valeurs fondamentales de l'Europe que sont la paix, la sécurité, le développement durable, la réduction de la pauvreté et les droits de l'homme dans le monde et s'attaquant ainsi aux causes profondes de nombreuses crises. La Commission européenne a déboursé à elle seule plus de 10,3 milliards d’euros d’aide publique au développement (APD) en 2015. Le 11e Fonds européen de développement (FED) , doté d'un budget de 30,5 milliards d'euros pour la période 2014-2020, est devenu pleinement opérationnel dans le courant de l'année.
La tendance mondiale à l’aggravation des catastrophes d'origine humaine et naturelle s'est maintenue en 2015. La Commission européenne a fourni une aide d'urgence de plus de 1,4 milliard d'euros, sous forme de nourriture, d'hébergements, de protection, de soins de santé et d'eau salubre, à plus de 120 millions de personnes dans plus de 80 pays.
La cohérence des politiques au service du développement (CPD) permet à l'UE de prendre en compte les objectifs de développement dans toutes ses politiques susceptibles d'avoir un impact sur les pays en développement. En 2015, le cinquième rapport de l'UE sur la CPD , publié par la Commission, a mis en évidence les réalisations et les défis encore à relever dans ce domaine au niveau de l'UE et dans les États membres.
Forger un avenir commun: des OMD aux ODD - le programme à l’horizon 2030
L’année 2015 a été marquée par de grandes évolutions dans la coopération internationale en matière de réduction de la pauvreté, de développement durable et de réduction des risques de catastrophe. Elle a vu l'expiration des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et a offert la possibilité de réfléchir aux progrès qui ont été accomplis et aux problèmes qui restent à résoudre.
L’UE a joué un rôle prépondérant dans l'adoption d'une série d'accords internationaux historiques qui, ensemble, redéfinissent l'avenir de la coopération et du développement au niveau international pour les 15 prochaines années.
Du 25 au 27 septembre 2015, la communauté internationale s'est réunie aux Nations unies à New York pour adopter une nouvelle vision, audacieuse et porteuse de changement, du développement durable et de l'éradication de la pauvreté: «Transformer notre monde: le programme de développement durable à l’horizon 2030» , qui contient une série de 17 nouveaux objectifs de développement durable (ODD).
Le sommet des Nations unies qui s'est tenu en septembre a marqué l'aboutissement d'un processus de négociations intergouvernementales long et inclusif dans lequel l'UE a joué un rôle moteur. La communication de la Commission sur un partenariat mondial et les conclusions ultérieures du Conseil témoignent de l'engagement constructif de l'UE.
Avant le sommet, les participants à la troisième conférence des Nations unies sur le financement du développement organisée à Addis-Abeba en juillet 2015 se sont accordés sur un ensemble complet de moyens de mise en œuvre du programme de développement durable à l’horizon 2030. Le programme d’action d’Addis-Abeba a défini un nouveau modèle de développement durable, fondé sur la bonne gouvernance et centré sur la responsabilisation de chacun, la prépondérance de l'action menée au niveau national, y compris en ce qui concerne la mobilisation des ressources, l'importance de politiques créant des conditions favorables, le rôle du secteur privé et l'engagement en faveur de la cohérence stratégique.
L’APD continuera de jouer un rôle important et, en mai 2015, l’UE a pris l'engagement collectif ambitieux d'atteindre, sur la période couverte par le programme à l'horizon 2030, l’objectif fixé par les Nations unies de consacrer 0,7 % du revenu national brut (RNB) à l'APD, ce qui inclut un engagement spécifique à fournir, à court terme, une APD correspondant à 0,15-0,20 % du RNB aux pays les moins développés et à atteindre 0,20 % sur la période couverte par le programme à l'horizon 2030. Toutefois, l’APD ne représente qu'un coin du tableau du financement du développement. Conformément au programme d'action d'Addis-Abeba, les actions de l'UE ne se limitent pas à l'APD et contribuent à combiner aide, investissements, commerce, mobilisation des ressources nationales et bonnes politiques.
Le secteur privé a lui aussi un rôle essentiel à jouer dans la bonne mise en œuvre du programme à l'horizon 2030. La Commission soutient la participation du secteur privé au développement depuis 2014 avec la mise en œuvre de la communication intitulée «Un rôle plus important pour le secteur privé en vue de parvenir à une croissance inclusive et durable dans les pays en développement» .
En 2015, la Commission a encouragé un dialogue structuré avec le secteur privé au moyen des manifestations importantes telles que le Forum politique pour le développement, l'événement consacré au secteur privé organisé en marge de la conférence d'Addis-Abeba sur le financement du développement, et la création d'un groupe d'experts avec les États membres.
Réduction des risques de catastrophe
En mars 2015, lors de la troisième conférence mondiale sur la réduction des risques de catastrophe, les États membres des Nations unies ont adopté le cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe (2015-2030) qui a ensuite été approuvé par l’Assemblée générale des Nations unies. Premier accord de développement pour l'après-2015, le cadre de Sendai constitue le fondement d'un programme de développement durable tenant compte des risques et capable d'y résister.
Politique européenne de voisinage révisée
La Commission européenne et la haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères ont adopté une communication conjointe intitulée «Vers une nouvelle politique européenne de voisinage» qui contient des propositions portant sur la manière dont l'UE et ses voisins peuvent instaurer des partenariats plus efficaces dans le voisinage, fournit un cadre stratégique et fait de la stabilisation la principale priorité de cette politique.
Stratégie à moyen terme pour la politique d’élargissement de l’UE
La perspective ferme de l’adhésion à l’UE continue de favoriser le changement et de consolider la stabilité et la stabilité dans les pays du sud-est de l’Europe. Le 10 novembre 2015, la Commission européenne a présenté une stratégie à moyen terme pour la politique d’élargissement de l’UE, à mettre en œuvre tout au long de la durée du mandat de la présente Commission. Elle fournit des orientations claires et définit le cadre et les outils nécessaires pour aider les pays concernés à répondre aux questions et aux exigences essentielles du processus d’adhésion.
L'aprèsCotonou
L’UE et ses États membres entretiennent des relations de longue date avec les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). L’accord actuel avec nos partenaires ACP, l’accord de Cotonou, a été conclu pour la période 2000-2020, concerne 78 pays partenaires et couvre la coopération politique, la coopération au développement ainsi que la coopération économique et commerciale.
En 2015, la Commission et la haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité ont publié un document de consultation conjoint sur les performances de l’accord actuel et sur les pistes possibles pour l'après2020. La consultation publique s’est achevée en décembre 2015 et ses résultats contribueront à façonner l’avenir de ce partenariat essentiel.
Égalité entre les femmes et les hommes
Le nouveau plan d’action sur l’égalité des sexes intitulés «Transformer la vie des jeunes filles et des femmes dans le contexte des relations extérieures de l'UE (2016-2020)» a été approuvé par le Conseil en octobre 2015. Cette initiative ambitieuse vise à renforcer le rôle de premier plan joué par la Commission dans ce domaine et à promouvoir une approche stratégique combinant davantage d'investissements, une meilleure coordination et une responsabilité partagée.
| Action de l'UE: égalité entre les femmes et les hommes Sur le budget annuel de l'UE alloué aux domaines couverts par le présent rapport, quelque 6,5 milliards d'euros sont consacrés à la question de l'égalité entre les femmes et les hommes en tant qu'objectif principal ou objectif important. La Commission soutient, dans le monde entier, un certain nombre d'actions qui combattent directement des inégalités entre les femmes et les hommes, notamment des programmes visant à éliminer les mutilations génitales féminines, à réduire les violences faites aux femmes et aux filles, à améliorer l'accès des femmes aux ressources productrices telles que la terre, et à réduire le nombre de mariages précoces. |
Énergie durable et changement climatique
Dans leur ambitieux programme en matière de développement durable, les Nations unies reconnaissent que le changement climatique est l'un des plus grands défis de notre époque et observent que ses effets néfastes compromettent la capacité de tous les pays à parvenir à un développement durable . Le programme à l’horizon 2030 comporte un ODD spécifique invitant à prendre d’urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions.
Lors de la conférence de Paris sur le climat (COP21) en décembre 2015, 195 pays ont adopté le tout premier accord global, universel et juridiquement contraignant sur le climat couvrant tous les pays. L’accord de Paris établit un plan d'action mondial pour éviter un changement climatique dangereux, en contenant l’élévation de la température mondiale en deçà de 2 °C. L'UE a été au premier plan de cet effort international et été la première grande économie à présenter sa contribution prévue au nouvel accord en mars 2015.
L’UE s’est engagée à consacrer au moins 20 % de son budget 2014-2020 aux mesures relatives au changement climatique et multiplie par deux ses dépenses liées à la biodiversité dans les pays en développement.
Action de l'UE: énergie durable pour tous
L’énergie est l’un des principaux moteurs d’une croissance inclusive et durable. Entre 2014 et 2020, des subventions de l'UE pour un montant de 3,5 milliards d'euros seront combinées à d’autres sources de financement pour mobiliser jusqu'à 30 milliards d'euros d'investissements dans l’énergie durable dans les pays partenaires.
Droits de l'homme et bonne gouvernance
En juillet 2015, l’UE a réaffirmé son engagement politique en faveur du cadre stratégique en matière de droits de l'homme et de démocratie de 2012 et a adopté un nouveau plan d'action en faveur des droits de l'homme et de la démocratie pour la période 2015-2019. Le plan d’action traduit en buts concrets et en actions ciblées les grands objectifs que sont la défense et la promotion des droits de l'homme et le soutien des processus démocratiques dans le monde.
ACTION AU NIVEAU MONDIAL
La corrélation étroite entre développement et migration a été confirmée par l'inclusion de la migration dans le programme de développement durable à l'horizon 2030. Ce dernier recense également les déplacements forcés parmi les principaux facteurs qui menacent d'annihiler les récents progrès en matière de développement.
Le sommet de La Valette de novembre 2015 a réuni des chefs d’État ou de gouvernement européens et africains en vue de renforcer la coopération et de gérer les défis et les possibilités liés à la migration et à la mobilité dans le cadre d'une approche équilibrée et en étroit partenariat entre les pays d'origine, de transit et de destination.
C'est au sommet de La Valette qu'a été lancé le fonds fiduciaire d'urgence de l'UE en faveur de la stabilité et de la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées en Afrique (1,8 milliard d'euros). Il s'agit d'un instrument souple qui vient compléter la coopération au développement déjà mise en place par l'UE dans la région et qui vise à soutenir, dans le cadre de trois volets géographiques (Sahel/lac Tchad, la Corne de l’Afrique, l’Afrique du Nord), la mise en œuvre effective des engagements pris à La Valette.
En 2015, les efforts se sont intensifiés pour soutenir les pays les plus touchés par la crise des réfugiés provoquée par le conflit qui perdure en Syrie, en particulier en augmentant la dotation du fonds fiduciaire régional de l'UE en réponse à la crise syrienne et en élaborant des accords de coopération ciblés (pactes) avec le Liban et la Jordanie. Ce fonds compte désormais parmi les principaux instruments utilisés par l'UE pour répondre à la crise des déplacements forcés dans la région.
Le fonds fiduciaire régional de l’UE est également ouvert à tous les autres donateurs internationaux. Une modification de la décision qui a institué le fonds a permis de préciser que les personnes déplacées à l'intérieur de l'Iraq fuyant la crise régionale peuvent bénéficier du fonds et a introduit une plus grande souplesse pour ce qui est du soutien aux pays touchés au-delà du voisinage de la Syrie. Cette extension du champ d'application du fonds prévoit notamment un soutien aux pays hors UE dans les Balkans occidentaux.
En outre, lors du sommet UE-Turquie du 29 novembre 2015, l’UE et la Turquie ont adopté une déclaration conjointe comprenant un plan visant à mobiliser des fonds considérables à l'appui des efforts importants déployés par la Turquie pour accueillir des réfugiés syriens. Dans ce contexte, la Commission européenne a mis sur pied la facilité en faveur des réfugiés en Turquie pour coordonner la mobilisation de 3 milliards d’euros provenant à la fois du budget de l’UE et de contributions des États membres.
Action de l'UE: Syrie
Le projet «Tracer la voie vers un rétablissement rapide grâce à l'éducation en Syrie» («Creating a Path to Early Recovery through Education in Syria»), par exemple, a facilité l'accès à l'éducation pour deux millions d'enfants dans près de 3 000 écoles de six gouvernorats syriens durant les années scolaires 2013/2014 et 2014/2015. Une formation médicale a été dispensée et un soutien psychosocial fourni dans 180 écoles; 100 établissements scolaires ont été rénovés et 200 000 enfants ont eu accès à un programme d’auto-apprentissage, tandis que 1 500 enseignants ont été formés au travail avec des enfants présentant des besoins éducatifs particuliers.
Migration et mobilité
Le 13 mai 2015, la Commission européenne a adopté l’agenda européen en matière de migration, qui présente les grands principes et les mesures clés dans ce domaine pour la période 2015-2020. Cet agenda, qui est l'une des dix priorités politiques de la Commission Juncker, définit un plan ambitieux et exhaustif pour mieux gérer les migrations, maintenant et sur le long terme. Ses quatre piliers sont une politique commune solide en matière d’asile, la lutte contre la traite des êtres humains et la prévention de la migration irrégulière, la gestion des frontières extérieures et une nouvelle politique de migration légale.
Les migrations sont un enjeu essentiel des relations de l'UE avec ses proches voisins, en particulier ceux de l'Est et du Sud, dont beaucoup sont des pays d'origine ou de transit de migrants. Dans ces pays, l'aide importante fournie par l'UE vise principalement à gérer les migrations, à promouvoir la stabilité et à remédier aux causes profondes des migrations en renforçant la résilience des populations vulnérables, en favorisant le développement économique et en soutenant la bonne gouvernance.
Les dialogues sur les migrations menés avec les pays partenaires africains ont été renforcés et approfondis, notamment dans le cadre des processus de Rabat et de Khartoum et du dialogue Afrique-UE sur la migration et la mobilité.
Développement, paix et sécurité
Il ne peut y avoir de développement durable sans paix ni sécurité, et il ne peut y avoir de paix durable sans développement. La sécurité et le développement exigent la mobilisation de tous les instruments de l'UE et forment un aspect essentiel de la stratégie globale de l'UE.
En 2015, l’UE a travaillé à une communication conjointe portant sur un cadre stratégique à l'échelle de l'UE visant à soutenir la réforme du secteur de la sécurité, qui définit une politique cohérente permettant une approche synergétique des activités à court et à moyen terme, telles que les missions relevant de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) et les actions de développement à long terme menées par l'UE dans le domaine de la sécurité.
Une communication conjointe intitulée «Renforcer les capacités pour favoriser la sécurité et le développement» a été adoptée en 2015 . Pour ce qui est du court terme, des projets pilotes concrets sont actuellement mis en place. S'agissant du plus long terme, des cadres d'action et des modalités de financement seront définis pour cibler l'ensemble des acteurs concernés (tant civils que militaires).
À la fin de 2015, 18 missions ou opérations civiles et militaires étaient en cours dans le cadre de la PSDC, dont deux opérations militaires lancées durant l'année: EUNAVFOR MED SOPHIA contribue à démanteler le modèle économique des réseaux de trafic de clandestins et de traite des êtres humains dans la partie sud de la Méditerranée centrale, tandis que l’EUMAM RCA se concentre sur la fourniture de conseils et d'une assistance en matière militaire aux autorités de la République centrafricaine.
En 2015, l’UE a continué à investir dans la prévention des conflits et les systèmes d’alerte précoce et à développer les capacités en la matière, ce qui est considérablement plus efficace au regard des coûts que les interventions d’après-crise.
AED 2015
Placée sous le slogan «Notre monde, notre dignité, notre avenir», l’Année européenne pour le développement 2015 (AED 2015) est venue fort à propos et a été un succès. Pour la toute première fois, et à l'heure de prendre des décisions importantes à l'échelle planétaire, une Année européenne était consacrée à un thème relevant de l'action extérieure.
L’AED 2015 a permis aux citoyens européens de mieux comprendre comment l’aide de l’UE transforme les vies et les communautés à travers le monde. Au total, 3 828 manifestations, auxquelles plus de 1,9 million de personnes ont participé, ont été organisées dans toute l'UE dans le cadre de cette Année européenne.
OBLIGATION DE RENDRE DES COMPTES ET RÉSULTATS
Chaque euro dépensé pour soutenir nos pays partenaires doit être utilisé au mieux. Le 26 mars 2015 , les services de la Commission européenne ont publié le cadre de résultats de l'UE pour le développement et la coopération internationale, qui renforce la capacité de la Commission en matière de suivi et de communication des résultats concrets des actions financées par l'UE dans ce domaine et relève de la politique générale de la Commission visant à mettre davantage l'accent sur les résultats de l'action de l'UE. Les services de la Commission ont publié le premier rapport sur la base de ce cadre de résultats en 2016. Le document de travail joint à la présente communication constitue le deuxième rapport. Dorénavant, la Commission rendra compte chaque année des résultats des actions financées par l'UE dans les domaines du développement et de la coopération en les plaçant en perspective par rapport à l'ensemble des résultats obtenus en matière de développement.
Action de l'UE: principaux résultats en 2015
Résultats marquants obtenus dans le cadre de projets et de programmes qui se sont achevés entre la mi-2014 et la mi-2015:
Bonne gouvernance: quatre élections libres et régulières ont été soutenues.
Prévention des conflits, consolidation de la paix et sécurité: 404 000 personnes ont bénéficié de programmes destinés à soutenir la consolidation civile de la paix à l'issue d'un conflit et/ou la prévention des conflits.
Agriculture durable, sécurité alimentaire et nutrition: 5 025 000 femmes et enfants de moins de 5 ans ont bénéficié de programmes en matière de nutrition, ce qui a permis de réduire la mortalité infantile.
Énergie: 2 600 km de lignes de transport/de distribution d’électricité ont été installés ou modernisés.
Éducation: 10 635 000 enfants ont été scolarisés dans l’enseignement primaire, 7 603 000 dans l’enseignement secondaire; 175 000 enseignants ont été formés.
Santé: 8 104 000 naissances se sont déroulées avec l'assistance d'un personnel de santé qualifié, ce qui a permis de réduire la mortalité maternelle.
Ressources naturelles, environnement et changement climatique: 3 951 000 hectares de zones protégées ont été gérés de manière à garantir la diversité biologique et à préserver le patrimoine naturel.
Transports: 8 905 000 personnes ont désormais accès à des routes carrossables en toute saison.
Emploi et protection sociale: 195 000 personnes ont bénéficié de programmes d'enseignement et de formation professionnels ou de programmes de développement des compétences destinés à améliorer l'emploi, la productivité et la compétitivité.
Développement des échanges commerciaux et du secteur privé: 10 000 entreprises ont bénéficié d’un accès au crédit pour stimuler l'investissement et réduire les risques
Réalisations dans le monde
Renforcement du partenariat Afrique-UE
En dehors des travaux réalisés dans le cadre de l'accord de Cotonou, les relations Afrique-UE ont progressé dans le contexte de la stratégie commune UE-Afrique à l'occasion d'une importante réunion Afrique-UE qui s'est tenue à Bruxelles le 22 avril 2015 et qui a rassemblé les collèges de la Commission de l'Union africaine et de la Commission européenne. Les participants à cette septième réunion des collèges ont abordé un grand nombre de sujets, dont la paix et la sécurité, la démocratie, la bonne gouvernance et les droits de l’homme, le développement humain, le développement durable et inclusif, la croissance et l'intégration continentale, et les questions mondiales et émergentes.
L'année 2015 a également été importante sur le plan des activités de coopération sur le terrain avec la Commission de l'Union africaine qui a augmenté l'aide financière accordée par l'intermédiaire de la facilité de soutien à la paix pour l'Afrique et du programme panafricain.
La paix et la sécurité constituent un défi majeur pour le développement et la coopération en Afrique. Dans ce contexte, la Commission n'a pas ménagé ses efforts pour favoriser une solution politique au Burundi et la procédure de consultation prévue à l’article 96 de l’accord de partenariat ACP-UE a été lancée.
Le 11e dialogue Union Africaine-UE sur les droits de l'homme s'est tenu le 24 novembre 2015 à Kigali, au Rwanda. Les deux parties ont réaffirmé leur détermination à œuvrer à la promotion et à la défense des droits de l’homme et à collaborer à la mise en œuvre effective des instruments continentaux et internationaux dans ce domaine.
Ebola
L'UE a continué de faire face à l'épidémie d'Ebola tout au long de 2015. Un appui budgétaire supplémentaire a été fourni au Liberia (31 millions d'euros) et à la Sierra Leone (43 millions d'euros) afin d'atténuer l'impact économique de l'épidémie et d'octroyer à ces pays des fonds leur permettant de stabiliser les finances publiques. Plusieurs projets stratégiques dans le cadre du programme reliant l'aide humanitaire à l'aide au développement ont été lancés, par exemple pour renforcer les systèmes de santé et la résilience des moyens de subsistance en Guinée ou pour améliorer l'accès à l'eau dans des écoles du Liberia. Les premiers programmes de redressement ont également été lancés en Guinée (dans le domaine de la santé) et au Liberia (dans les domaines de l'éducation et de l'énergie).
Au niveau mondial, les services de la Commission européenne et le Service européen pour l’action extérieure ont organisé la conférence internationale à haut niveau sur Ebola qui s'est tenue le 3 mars 2015. La conférence a contribué à maintenir la dynamique et à concentrer les efforts sur la poursuite de la lutte contre la maladie. À la fin de l'année, les trois pays touchés étaient tous en voie d'être déclarés exempts d'Ebola.
La direction générale de la recherche et de l’innovation et l’initiative en matière de médicaments innovants ont investi quelque 240 millions d’euros au moyen d'appels urgents à projets visant à lutter contre le virus Ebola . Tous les projets ont débuté entre la fin de 2014 et le début de 2015.
Soutien à la Somalie
Une conférence des donateurs sur la Somalie organisée conjointement par l'UE et le HCR s’est tenue à Bruxelles le 21 octobre 2015. La Somalie compte une des populations déplacées les plus importantes au monde, avec 1,1 million de personnes déplacées à l'intérieur du pays et près d'un million de réfugiés en provenance de la Corne de l'Afrique. La conférence a mobilisé l'aide internationale pour améliorer les conditions de vie des Somaliens réfugiés et déplacés; un montant de 94 millions d'euros a été promis à cette occasion, dont une contribution de 60 millions d'euros de l'UE destinée à financer deux actions ciblées.
Action de l'UE: réfugiés somaliens
Un programme de 50 millions d’euros lancé en 2015 aidera à gérer les retours volontaires en Somalie depuis le Kenya, le Yémen et l'Europe et contribuera à améliorer le cadre juridique applicable aux déplacés internes, aux réfugiés et aux personnes de retour, à faciliter l'accès aux services de base et à créer des possibilités réalistes de subsistance.
Parallèlement, l’UE financera un programme de 10 millions d’euros en faveur du nord du Kenya pour porter assistance aux réfugiés qui se trouvent dans l'impossibilité de rentrer chez eux ainsi qu'aux populations qui les accueillent, et pour améliorer leurs conditions de vie.
Espoir pour la République centrafricaine
Le 26 mai 2015, lors d'une conférence internationale sur la République centrafricaine, l’Union européenne a augmenté son aide de 72 millions d'euros et un certain nombre de pays se sont engagés à verser 29 millions d'euros supplémentaires au fonds fiduciaire européen Bêkou.
Le tout premier fonds fiduciaire de l’UE, le fonds Bêkou, a démontré sa rapidité et son efficacité avec six nouveaux projets qui témoignent de la vitesse à laquelle l'UE peut mobiliser son énergie et ses instruments.
Action de l'UE: projet dans le secteur de la santé financé par le fonds Bêkou
Le projet dans le secteur de la santé financé par le fonds Bêkou vise à garantir un accès aux services de santé de base à un million de personnes dans un pays où la plupart des structures et services sanitaires ont été interrompus. En 2015, le projet a garanti l'accès aux services de santé de base et a atteint 450 000 bénéficiaires directs.
Sahel
En 2015, l'UE a débloqué une enveloppe de 216 millions d'euros pour lutter contre la crise alimentaire et nutritionnelle dans les neuf pays du Sahel. Les crises alimentaires récurrentes dans la région ont fortement érodé la résilience des plus démunis, qui sont parfois contraints de quitter leur foyer en quête de meilleurs moyens de subsistance.
Le fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique, créé à la suite du sommet de La Valette en 2015, soutiendra certains des pays les plus fragiles et les plus vulnérables d'Afrique, dont ceux du Sahel et de la région du lac Tchad.
Balkans occidentaux et Turquie
La Commission européenne a adopté sa stratégie d’élargissement à moyen terme le 10 novembre 2015. Elle a réaffirmé avec force la volonté de privilégier le principe de la «priorité aux fondamentaux» dans le processus d’adhésion, dans le cadre duquel l’état de droit, les droits fondamentaux, le renforcement des institutions démocratiques, y compris la réforme de l’administration publique, ou encore le développement économique et la compétitivité sont des questions essentielles. La Commission continuera à veiller avec une attention particulière à ce que les pays de l'élargissement procèdent en priorité aux réformes dans ces domaines clés.
Balkans occidentaux: programme de connectivité
Dans les Balkans occidentaux, la connectivité est au cœur des efforts déployés par la Commission pour promouvoir l’intégration entre les différents pays et entre ces derniers et l’UE. L'UE a réservé jusqu'à un milliard d'euros pour la période 2014-2020 en vue de financer des projets d'investissement dans la connectivité et une assistance technique dans ce domaine. En 2015, elle a fourni 200 millions d'euros pour cofinancer dix projets prioritaires évalués à 600 millions d'euros, dont des projets concernant un terminal intermodal et deux ponts ainsi que trois projets ferroviaires, et des projets portant sur l'interconnexion électrique et le renforcement du réseau de transport d'électricité de la région.
Voisinage européen
La communication conjointe intitulée «Vers une nouvelle politique européenne de voisinage» a été adoptée le 18 novembre 2015 . Cette communication faisait suite à un document de consultation conjoint publié le 4 mars 2015 et à la consultation publique qui a suivi et qui a donné lieu à plus de 250 contributions.
Parmi les priorités présentant un intérêt mutuel pour l'UE et ses partenaires figurent notamment: la bonne gouvernance, la démocratie, l’état de droit et les droits de l'homme, le développement économique pour la stabilisation, la connectivité, l'énergie et le changement climatique, la sécurité, ainsi que les migrations et la mobilité.
Ukraine: renforcement de l’état de droit
L’Ukraine a réalisé des progrès importants dans les domaines de la justice et de la lutte contre la corruption en 2015 en adoptant une nouvelle législation, dont la loi concernant la «garantie du droit à un procès équitable» et la loi relative au «ministère public». La mise en œuvre de la stratégie de réforme du secteur de la justice pour la période 2015-2020 a démarré avec l'aide de l'UE et le bureau national de lutte contre la corruption a été établi et emploie 70 enquêteurs recrutés sur concours publics.
Asie, Asie centrale et Pacifique
Le Népal a été frappé, le 25 avril 2015, par un tremblement de terre dévastateur d'une magnitude de 7,8, qui a été suivi d'un deuxième séisme de forte magnitude en mai. L’Union européenne a réagi immédiatement à la catastrophe en dégageant six millions d'euros à l'appui des interventions d'urgence. Cette aide a été rapidement suivie d'un appui budgétaire d'un montant de 16,6 millions d'euros destiné à permettre au gouvernement népalais de continuer à faire face à l'urgence et à procéder aux travaux de reconstruction.
Action de l'UE: redressement et reconstruction du Népal
En réponse aux tremblements de terre dévastateurs, l'UE a lancé le programme intitulé «Népal - Action de l’UE pour le redressement et la reconstruction» (NEARR) lors de la Conférence internationale sur la reconstruction du Népal en juin 2015. Les fonds alloués à ce programme comprennent 100 millions d'euros sous forme d'appui budgétaire et un montant de 5 millions d'euros destiné à financer des mesures complémentaires. Le programme NEARR a été élaboré en un temps record et soutient la campagne de relèvement et de reconstruction «New Nepal Building Campaign» lancée par le gouvernement népalais.
En 2015, les interventions financées par l’UE en Afghanistan ont porté sur les soins médicaux d'urgence, l'alimentation et l'eau potable, la protection, les abris, l'assainissement, la promotion de l'hygiène et la fourniture d'une aide à la subsistance aux populations touchées par le conflit et les catastrophes naturelles en général et aux personnes déplacées en particulier. En outre, le 26 octobre, un tremblement de terre d’une magnitude de 7,5 a frappé la capitale de la province de Badakhshan, dans le nord-est du pays, touchant 12 provinces afghanes. En 2015, l'aide humanitaire fournie par l'UE à l'Afghanistan s'est élevée à 40 millions d'euros au total, dont une enveloppe supplémentaire de 12 millions d'euros allouée en décembre pour répondre aux besoins humanitaires croissants. Cette aide a été accordée alors que le conflit s'intensifiait fortement dans le pays.
Action de l'UE: sécurité alimentaire en Afghanistan
En 2014 et 2015, l’UE a contribué à apprendre à 540 femmes comment cultiver des légumes et des légumineuses pour lutter contre la malnutrition et favoriser une alimentation saine et diversifiée. Quelque 900 familles ont bénéficié, dans les provinces de Bamiyan et de Ghor, d'une aide, sous la forme de nouvelles compétences qui perdurent bien après l'achèvement du projet.
Amérique latine et Caraïbes
Les 10 et 11 juin 2015, le deuxième sommet entre l’UE et la Communauté des États latino-américains et des Caraïbes s'est déroulé à Bruxelles, avec pour thème général «Penser ensemble notre avenir pour que les citoyens vivent dans des sociétés prospères, solidaires et durables». C'est à cette occasion qu'a été signé le programme indicatif régional UE-Caraïbes pour la période 2014-2020, doté d'un budget de 346 millions d'euros. Le plan d'action birégional a été actualisé et deux chapitres concernant l'enseignement supérieur et la sécurité des citoyens y ont été ajoutés.
Le sommet des entreprises UE-CELAC s'est déroulé parallèlement au sommet avec pour thème «L’Europe, l’Amérique latine et les Caraïbes: une croissance inclusive et durable grâce au rôle accru des petites et moyennes entreprises». L’UE est le premier investisseur étranger dans la région de la CELAC et le deuxième partenaire commercial de celle-ci.
La science, la recherche, l'innovation et la technologie constituent le premier point du plan d’action UE-CELAC qui a été élaboré après le sommet connexe de 2015. Le dialogue sur la science, la recherche, la technologie et l'innovation, mené dans le cadre de l'initiative conjointe UE-CELAC pour la recherche et l'innovation qui a été établie en mars 2011, consolidera la coopération entre les deux régions.