| CELEX | 52016IE0828 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mercredi 14 décembre 2016 |
| 10.3.2017 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 75/14 |
Avis du Comité économique et social européen sur le «Cadre approprié pour la transparence des entreprises»
(avis d’initiative)
(2017/C 075/03)
| Rapporteure: | Mme Vladimíra DRBALOVÁ |
| Décision de l’assemblée plénière | 21 janvier 2016 |
| Base juridique | Article 29, paragraphe 2, du règlement intérieur |
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| Avis d’initiative |
| Compétence | Section spécialisée «Union économique et monétaire, cohésion économique et sociale» |
| Adoption en section spécialisée | 29 novembre 2016 |
| Adoption en session plénière | 14 décembre 2016 |
| Session plénière no | 521 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 219/3/14 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le Comité estime qu’il est essentiel que les entreprises soient transparentes et il approuve toutes les initiatives qui visent à rendre durable et prévisible à long terme l’exercice de leurs activités. La transparence est importante pour toutes les parties, pour les entreprises elles-mêmes, et pour améliorer leur image et renforcer la confiance des travailleurs, des consommateurs et des investisseurs. |
| 1.2. | Le Comité tient pour acquis que la plupart des entreprises actives dans l’Union européenne sont effectivement transparentes. Néanmoins, une série de scandales a récemment mis en évidence la nécessité d’améliorer la transparence pour en faire de manière générale une composante des stratégies durables des entreprises. De plus en plus, les investisseurs et les actionnaires sont attentifs non seulement aux indicateurs de rentabilité des entreprises mais aussi aux indicateurs qualitatifs de RSE (1), qui contribuent à réduire les risques sociaux et à garantir un développement durable des entreprises. Pour satisfaire les besoins des entreprises et des autres parties intéressées, les informations devraient être pertinentes et pouvoir être collectées efficacement sur le plan des coûts. |
| 1.3. | Le Comité relève que les gouvernements des États membres devraient stimuler et encourager les entreprises à jouer la transparence, car celle-ci constitue aussi une grande chance à saisir sur le plan commercial, et qu’ils devraient les soutenir afin qu’elles satisfassent à ces exigences. |
| 1.4. | Le Comité estime qu’il est important de s’attacher dans le même temps tant à l’utilité et à l’ampleur des informations fournies qu’à leur qualité et à leur véracité. Il conviendrait d’axer l’amélioration de la transparence à la fois sur les résultats obtenus et sur le processus de communication de rapports et de publication d’informations. L’établissement de rapports devrait revêtir une dimension prospective tout en fournissant des informations sur les réalisations passées. |
| 1.5. | Le Comité recommande à la Commission de prévoir des mesures supplémentaires pour permettre aux entreprises de respecter leurs obligations de transparence et de rester compétitives sur le plan mondial. |
| 1.6. | Le Comité est conscient du fait que, de manière générale, les petites et moyennes entreprises (PME) exercent leurs activités dans des conditions différentes. C’est pourquoi il conviendrait de simplifier les règles qui s’appliquent à elles, afin de leur permettre de faire rapport d’une manière plus adaptée, à même de garantir une pleine transparence. Le Comité accueille favorablement le projet consistant à renforcer les capacités des PME pour les aider à répondre à ces défis. |
| 1.7. | Le Comité estime que toute autre initiative en matière de publication d’informations devra s’attacher aux besoins réels d’information des parties intéressées, et que ces informations devraient reposer sur un ensemble d’indicateurs communs et, simultanément, prendre en considération la nature de l’entreprise et le secteur dans lequel elle exerce son activité. |
| 1.8. | Le Comité fait valoir que les politiques menées au sein d’une entreprise en matière de responsabilité sociale des entreprises (RSE) et de transparence sont inefficaces si elles ne bénéficient pas de l’engagement de ses salariés, et qu’il conviendrait dès lors d’associer ces derniers dans le cadre d’une concertation entre les partenaires sociaux. |
| 1.9. | Alors que le cercle des destinataires des rapports d’entreprise s’élargit, un nombre croissant de groupes de parties intéressées se préoccupent de plus nombreux aspects des activités des entreprises. Le Comité estime dès lors qu’il importe de procéder à une évaluation du modèle actuel de publication de rapports et de l’adapter à ses objectifs. |
2. Contexte général
| 2.1. | En 2010, la Commission a publié une communication exposant 50 propositions pour améliorer le marché unique. Les entreprises aussi doivent contribuer à cet effort commun en faisant preuve de la responsabilité et de la transparence qui leur incombent, tant à l’égard de leurs travailleurs et de leurs actionnaires que de la société en général. La Commission a souligné que leur gouvernance pouvait être encore améliorée, notamment en ce qui concerne la composition et la diversité des conseils d’administration, y compris la représentation des femmes, en vue de renforcer l’emploi, l’esprit d’entreprise et les échanges commerciaux (2). On a pris conscience de la contribution de l’éthique et des valeurs de l’entreprise à la reprise économique. |
| 2.2. | En 2011, la Commission a publié une nouvelle stratégie de l’Union européenne pour la période 2011-2014 en matière de responsabilité sociale des entreprises (3), dans laquelle elle apporte une nouvelle définition de cette dernière comme étant «la responsabilité des entreprises vis-à-vis des effets qu’elles exercent sur la société». L’une de ses composantes fondatrices résidait dans un programme d’action visant l’intégration de rapports financiers et sociaux. |
| 2.3. | En 2012, le Comité a adopté son avis sur cette nouvelle stratégie de l’Union européenne en matière de RSE (4), qui soulignait que, dans un contexte économique et politique difficile, l’initiative politique de la RSE offrait une occasion de nouer un dialogue positif avec le monde de l’entreprise. Il est important de reconnaître les différentes motivations qui sous-tendent l’engagement dans la RSE. La communication aborde diverses retombées positives, qui devraient bénéficier d’une meilleure promotion, tout comme les exemples de meilleures pratiques, afin d’informer et d’encourager les entreprises et de les amener à s’engager plus vigoureusement dans la RSE. |
| 2.4. | Au cours des dernières années, le Comité a élaboré de nombreux autres avis dont il sera fait mention dans ce qui suit. Ces avis font valoir l’importance de la responsabilité sociale des entreprises, de la transparence des entreprises, de la publication d’informations non financières et de l’association à cette démarche des parties intéressées concernées, à savoir les investisseurs, les consommateurs, les travailleurs et leurs représentants syndicaux, les organisations non gouvernementales (ONG). Dans le présent avis, le Comité entend mettre l’accent sur la nécessité d’un cadre approprié pour l’ensemble du processus. |
3. Pour des entreprises socialement responsables et transparentes
| 3.1. | La crise économique de 2008 et ses conséquences sociales ont quelque peu mis à mal la confiance des citoyens dans les entreprises. Le public et les investisseurs ont tourné leur attention sur la performance sociale et éthique des entreprises. Un nombre croissant de groupes de parties intéressées se préoccupent à présent de plus nombreux aspects des activités des entreprises. |
| 3.2. | Les investisseurs veulent la transparence et la maîtrise de leurs investissements et ils veulent connaître la manière dont leur argent influe en bien ou en mal sur l’environnement et la société. Pour ces investisseurs, les sources les plus importantes d’informations non financières sont les rapports en matière de développement durable ou de responsabilité sociale des entreprises, ainsi que les rapports annuels. Les déclarations politiques qualitatives sont importantes pour évaluer la rétribution financière, mais les indicateurs clés quantitatifs de performances sont considérés comme essentiels. |
| 3.3. | Les travailleurs sont les premières victimes d’entreprises peu respectueuses des règles légales et de leur manque de transparence. Or, les salariés jouent un rôle déterminant dans le développement de leur entreprise: la pérennité de leur emploi, leur rémunération, leur santé, leurs conditions de travail en dépendent. Ils ont le droit d’exiger la transparence et d’être associés à l’information et à la prise de décision concernant la situation financière et les politiques sociales, environnementales et économiques de leur entreprise. |
| 3.4. | Les consommateurs veulent la transparence et s’attendent à la trouver dans les domaines précis qui leur importent. L’entreprise, dans sa relation avec les autres parties prenantes (salariés, citoyens, consommateurs), a tout intérêt à pratiquer la transparence. Souvent, il s’agit tout simplement de fournir des informations aux clients et de les aider à prendre des décisions d’achat en toute connaissance de cause. Au bout du compte, ce seront ces entreprises qui profiteront de la loyauté de clients plus avertis (5). À cet égard, les industries alimentaires constituent un secteur hautement sensible. Les recherches les plus récentes du Centre for Food Integrity (CFI — Centre pour l’intégrité alimentaire) (6) prouvent qu’un surcroît de transparence se traduit par un surcroît de confiance des consommateurs dans les denrées alimentaires, et elles indiquent clairement le chemin pour y parvenir. |
| 3.5. | Dans le contexte de la mondialisation, un grand nombre de partenaires commerciaux et de parties intéressées sont désireux d’obtenir davantage d’informations sur un éventail élargi d’activités des entreprises d’un grand nombre de pays. |
| 3.6. | La transparence suscite la confiance, et les entreprises ont besoin de la confiance de la société. Toutefois, il y a souvent un décalage entre les attentes des citoyens et ce qui leur semble être la réalité du comportement des entreprises. Ce décalage s’explique en partie par le comportement irresponsable de certaines entreprises ainsi que par la façon dont certaines entreprises exagèrent leurs mérites dans le domaine environnemental ou social. Il s’explique parfois aussi par la connaissance insuffisante que les citoyens ont des réalisations des entreprises et des contraintes qui leur sont imposées. |
| 3.7. | Pour cette raison, la Commission européenne a lancé, en 2009, une série d’ateliers sur la transparence des entreprises. Les entreprises européennes ont accueilli ceux-ci favorablement en ce qu’ils constituaient une initiative opportune, précisément en période de crise, lorsque la transparence et la RSE en général pouvaient contribuer à restaurer la confiance du public dans l’entrepreneuriat que la crise économique actuelle avait quelque peu écornée. Cette initiative s’adressait à différents groupes de parties intéressées (les employeurs, les syndicats, les ONG, les médias). Ce sondage devait servir à la Commission de fil directeur pour ses étapes ultérieures. |
| 3.7.1. | Les enseignements tirés de cette initiative sont les suivants:
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4. La Commission accroît les exigences en matière de transparence et de publication de rapports sur des questions non financières
| 4.1. | Dans sa stratégie de l’Union européenne en matière de RSE, la Commission déclare que la communication par les entreprises d’informations sociales et environnementales, y compris d’informations en rapport avec le climat, peut faciliter le dialogue avec des parties intéressées et la mise en évidence des risques matériels en matière de développement durable. Il s’agit d’un élément important de responsabilisation qui peut contribuer à inciter le public à avoir davantage confiance dans les entreprises. Pour satisfaire les besoins des entreprises et des autres parties intéressées, les informations devraient être pertinentes. |
| 4.1.1. | La Commission reconnaît également qu’un nombre croissant de sociétés publient des informations sociales et environnementales. Les PME communiquent souvent ces informations de manière informelle et volontaire. Selon une source, quelque 2 500 sociétés européennes publient des rapports sur la RSE ou la durabilité, ce qui fait de l’Union européenne le leader mondial dans ce domaine (7). |
| 4.2. | En 2013, à l’initiative du Parlement européen, la Commission a présenté une proposition législative concernant la transparence des informations sociales et environnementales fournies par les sociétés de tous les secteurs (8). Cette modification de la directive dite comptable visait à instaurer l’obligation pour certaines grandes sociétés (pour l’instant, quelque 6 000 entreprises et entités dans l’Union européenne) de publier des informations non financières pertinentes, notamment sur la diversité, dans le cadre de leur rapport annuel de gestion. |
| 4.2.1. | Dans certains États, la transposition de la directive à l’échelon national s’opère après une consultation des entreprises afin que son application tire parti de la souplesse qu’offre la directive, qu’elle ne déborde pas du cadre de celle-ci, qu’elle apporte aux entreprises une sécurité juridique et qu’elle corresponde aux exigences réelles des entreprises. En l’affaire, le CESE a élaboré un avis (9) dans lequel il fait valoir le droit de tirer parti de ce dispositif souple et approprié pour améliorer la communication vers les actionnaires, les investisseurs, les salariés et les autres parties prenantes, et il se félicite que cette proposition ne s’adresse qu’aux grandes sociétés. |
| 4.2.2. | Sur la base des résultats de la consultation publique, la Commission élabore actuellement des lignes directrices non contraignantes en matière de rapports sur des questions non financières. Pour faciliter le processus de suivi consultatif avec les parties prenantes (10), la Commission a élaboré un document d’information illustratif qui fait l’inventaire des principes clés de la publication d’informations non financières. Les informations non financières rapportées devraient être pertinentes, fiables, équilibrées et compréhensibles, exhaustives et concises, stratégiques et prospectives, axées sur les parties prenantes, adaptées à l’entreprise/au secteur, qualitatives et quantitatives, et cohérentes. |
| 4.3. | Conformément à la stratégie Europe 2020, qui prône l’amélioration de l’environnement des entreprises en Europe, la Commission a publié en 2014 une proposition de directive qui vise à soutenir la création, au niveau européen, d’un cadre de gouvernance d’entreprise pour les entreprises, les investisseurs et les salariés qui soit moderne, efficient (11) et corresponde aux besoins de la société d’aujourd’hui ainsi qu’à l’évolution de l’environnement économique. |
| 4.3.1. | Cette proposition devrait contribuer à la viabilité à long terme des entreprises dans l’Union européenne et à créer des perspectives à plus long terme pour les actionnaires, améliorant ainsi les conditions dans lesquelles les sociétés cotées sur les marchés dans l’Union européenne exercent leurs activités. Dans son avis (12), le Comité soulignait que la proposition mènerait à une gouvernance d’entreprise et à un environnement pour l’investissement plus stables et plus durables en Europe et notait également que, dans son évaluation d’impact, la Commission fait valoir que ses propositions ne devraient entraîner qu’une augmentation marginale des contraintes administratives des sociétés cotées. Il sera important de faire le point sur cet équilibre lors de l’évaluation de la directive. |
| 4.4. | En octobre 2015, la Commission a publié sa nouvelle stratégie intitulée «Le commerce pour tous — Vers une politique de commerce et d’investissement plus responsable», qui dépeint une vision de l’orientation de la politique de l’Union européenne qui reflète le besoin d’une politique commerciale plus responsable et plus transparente. |
| 4.4.1. | Dans le chapitre qu’elle y consacre à une politique de commerce et d’investissement fondée sur les valeurs, la Commission déclare fortifier les droits des consommateurs en renforçant les initiatives en matière de responsabilité sociale des entreprises et de devoir de diligence le long de toute la chaîne de production, en mettant l’accent sur le respect des droits de l’homme et sur les aspects sociaux — y compris les droits du travail — et environnementaux des chaînes de valeur. La Commission veut aller dans le sens du renforcement des dimensions de développement durable des accords de libre-échange. |
| 4.4.2. | Dans son avis (13) consacré au travail décent dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, le CESE déclare disposer «d’une vaste expérience dans le domaine de la durabilité, grâce à sa participation à la mise en œuvre et au suivi des chapitres consacrés à ce thème dans les accords de libre-échange (ALE), sa participation à un large éventail de forums de la société civile qui lui permettent de proposer un juste équilibre entre, d’une part, les exigences juridiques nécessaires dans le domaine des droits de l’homme et du travail, la transparence, la lutte contre la corruption et, d’autre part, la flexibilité nécessaire aux multinationales pour organiser et développer leurs chaînes d’approvisionnement mondiales (CAM) de manière efficace, adaptée aux différents contextes locaux». |
| 4.4.3. | Des normes plus élevées en matière de publication de rapports sur des questions non financières pourraient constituer un thème d’importance dans le domaine de la politique commerciale. Une régulation mondiale, couvrant également les traités commerciaux, devrait renforcer la transparence en matière de publication d’informations non financières dans des États tels que les États-Unis et la Chine, de sorte à garantir des conditions de concurrence équitables pour les entreprises européennes. |
| 4.4.4. | La Commission européenne prépare un renforcement des incitations en vue d’encourager notamment les entreprises multinationales à rendre compte du devoir de diligence, une approche plus ambitieuse concernant l’extraction de minerais dans les zones de conflits (14), la recherche de nouveaux partenariats responsables au sein de la chaîne d’approvisionnement, et la publication de la liste des rapports des entreprises sur la chaîne d’approvisionnement responsable. |
| 4.4.5. | L’on peut également escompter que la Commission européenne présente de nouvelles exigences à l’égard des entreprises en matière de commerce éthique et de promotion et de protection des droits de l’homme, à travers l’application de son plan d’action en faveur des droits de l’homme (2015-2018) (15). Dans ses conclusions, le Conseil, réuni en juin 2016 dans sa formation «Affaires étrangères», souligne le rôle crucial que joue la transparence des entreprises pour permettre aux marchés de reconnaître, d’encourager et de récompenser le respect des droits de l’homme par les entreprises. |
| 4.5. | En janvier 2016, la Commission a présenté son paquet sur la lutte contre l’évasion fiscale qui vise à assurer une imposition efficace et une transparence accrue de l’impôt. |
| 4.5.1. | L’un des domaines qui est tout particulièrement suivi et qui concerne les entreprises et groupes multinationaux est la publication d’informations pays par pays (à savoir l’obligation d’établir et de transmettre à l’administration fiscale une déclaration des transactions au sein du groupe qui reprend les données sur les revenus, les bénéfices, les impôts sur les sociétés versés, et ainsi de suite). Dans l’état actuel des choses, le paquet couvre la communication d’informations entre les différentes administrations fiscales des États membres. |
| 4.6. | Au début du mois d’avril 2016 (16), la Commission a proposé que les entreprises multinationales publient une déclaration spéciale concernant l’impôt sur les bénéfices qu’elles acquittent, ainsi que d’autres informations fiscales. Qu’elles aient ou non leur siège dans l’Union européenne, les entreprises multinationales dont le chiffre d’affaires consolidé dépasse 750 millions d’EUR devront satisfaire à ces exigences supplémentaires de transparence. Cette obligation incombe également à leurs succursales et filiales. À ce sujet, le Comité vient d’adopter un avis sur la lutte contre l’évasion fiscale (17), où il incite la Commission à être plus ambitieuse en termes d’exigence de transparence fiscale des entreprises en abaissant le seuil de 750 millions d’EUR de chiffre d’affaires ou en élaborant un calendrier prévoyant l’abaissement progressif de ce seuil. |
| 4.6.1. | Néanmoins, la Commission devrait tenir compte des principes du marché intérieur de l’Union européenne et de la compétitivité de l’Union. Des exigences unilatérales dans le cadre de l’Union européenne pourraient produire des incidences imprévues si les entreprises en dehors de l’Union étaient exonérées de cette obligation. Par conséquent, cette obligation devrait également s’appliquer à ces entreprises via la négociation des traités commerciaux internationaux. |
| 4.7. | La Commission européenne coopère avec d’autres organisations internationales, comme par exemple l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE), l’Organisation internationale du travail (OIT), l’OMS et la Banque mondiale et intensifie les synergies avec leurs instruments visant à la bonne administration et gestion des sociétés, à la transparence et à la responsabilité des entreprises (18). Ces instruments font régulièrement l’objet de révisions et fondent les exigences de responsabilité et de transparence des entreprises s’agissant de leurs politiques sociales, environnementales et en matière de droits de l’homme; elles encouragent la prévention et l’analyse des risques et la définition de mesures dans le cadre du principe de précaution. Ces instruments s’adressent en premier lieu aux sociétés multinationales, mais ils devraient également servir de référence pour les sociétés à l’échelon national. Toute révision de ces instruments devrait viser tout particulièrement à en améliorer l’application. |
| 4.8. | Les exigences renforcées sur le plan mondial et européen en matière de transparence des entreprises sont transposées à l’échelon des entreprises qui opèrent dans les États membres. À cet égard, le rôle de la Commission européenne devrait être de guider et de coordonner les politiques des États membres de l’Union européenne, et ce afin de réduire le risque d’une coexistence d’approches divergentes (19). |
| 4.8.1. | La stratégie de la Commission en matière d’entrepreneuriat responsable et ses recommandations à l’intention des États membres conduisent souvent, à l’échelon national, à l’idée que c’est à l’État et à lui seul de gérer et de contrôler l’entrepreneuriat responsable et la transparence. |
| 4.8.2. | Les entreprises se considèrent elles-mêmes comme le vecteur de comportements transparents et responsables, ce que la Commission a également reconnu dans sa communication intitulée «Mise en œuvre du partenariat pour la croissance et l’emploi: faire de l’Europe un pôle d’excellence en matière de responsabilité sociale des entreprises» (20). |
| 4.8.3. | La responsabilité première des entreprises est de créer de la valeur, non seulement pour leurs actionnaires, mais aussi pour leurs salariés, leur environnement et leur communauté, ainsi que de créer et de maintenir des emplois. Aussi les États membres devraient-ils créer les conditions qui les favorisent et soutenir leurs efforts en vue d’être responsables et transparentes. |
5. Rechercher un cadre approprié en matière de rapports d’entreprise
| 5.1. | Le Comité reconnaît la grande importance que revêt en matière de rapports d’entreprise la publication de rapports sur des questions non financières, en ce qu’elle contribue à créer une image complète des activités des entreprises. |
| 5.2. | Du point de vue des entreprises, l’environnement réglementaire qui encadre leurs activités devient de plus en plus complexe. Afin de mieux répondre aux besoins d’information des parties intéressées, il convient de mettre en place un cadre approprié pour les rapports d’entreprises et, en même temps, de limiter les charges administratives et financières inutiles qui pèsent sur elles. Il y a également lieu de promouvoir la RSE et la transparence et de les appliquer, en tant qu’elles représentent pour les entreprises une possibilité de réduire les risques sociaux et de garantir leur développement durable. |
| 5.3. | Au cours de la dernière décennie, l’accent a été mis de manière croissante sur les différents aspects des informations non financières. Il existe un certain nombre de cadres internationaux en matière de communication d’informations sociales et environnementales, y compris la Global Reporting Initiative. |
| 5.4. | La question soulevée est celle de savoir si l’on peut satisfaire toutes ces parties intéressées au moyen d’un même rapport ou d’une série de rapports. Doit-il s’agir d’une mosaïque de rapports, pratique remise en cause, ou de l’idée d’un rapport unique et exhaustif, à l’image du concept «Core&More» («L’essentiel et davantage») (21) proposé en 2015 par la Fédération des experts comptables européens (FEE)? |
| 5.5. | Le débat sur les futurs rapports d’entreprise doit prendre en compte la diversité des besoins d’information des différents groupes de parties intéressées, qui sont fonction de la taille et de la nature de l’entité qui établit des rapports. |
| 5.6. | Comme le rappelle le Comité économique et social européen dans son avis sur la publication d’informations non financières, la Commission est invitée à initier ou faciliter un processus associant les «parties prenantes multiples» (22) afin de mieux définir les principes directeurs et les standards de référence qui faciliteront la comparabilité et, à plus long terme, l’harmonisation. |
| 5.6.1. | À cet égard, le Comité a déjà mis en évidence la nécessité de remédier à la remise en cause des valeurs de l’entreprise qui découle d’une pensée court-termiste. Il insistait également, dans son avis sur la participation des travailleurs (23), sur le fait qu’il y a lieu de proposer à la politique européenne de nouvelles voies quant à la manière dont la tendance actuellement prédominante, qui consiste à assurer la transparence des entreprises au profit de leurs seuls actionnaires, pourra être corrigée grâce à une compréhension plus globale de l’entreprise en tant qu’«entreprise durable», dans l’intérêt de son développement à long terme. |
| 5.7. | Même si l’avenir des entreprises durables sera fortement lié à leur environnement social et au respect des consommateurs, toute nouvelle initiative en matière de publication d’informations devrait s’attacher aux besoins réels des parties intéressées. |
Bruxelles, le 14 décembre 2016.
Le président du Comité économique et social européen
Georges DASSIS
(1) COM(2011) 681 final.
(2) COM(2010) 608 final.
(3) COM(2011) 681 final.
(4) JO C 229 du 31.7.2012, p. 77.
(5) https://www.visioncritical.com/5-brands-employed-transparency-marketing-and-won/
(6) «A clear view of transparency and how it builds consumer trust», 2015 Consumer trust research («Une vision claire de la transparence et la manière dont elle suscite la confiance des consommateurs», enquête sur la confiance des consommateurs en 2015), Centre for Food Integrity.
(7) Voir CorporateRegister.com (en anglais).
(8) COM(2013) 207 final.
(9) JO C 327 du 12.11.2013, p. 47.
(10) Atelier avec les parties prenantes sur les lignes directrices non contraignantes sur la publication d’informations extra-financières, organisée le 27 septembre 2016 par la direction générale de la stabilité financière, des services financiers et de l’union des marchés des capitaux de la Commission européenne.
(11) COM(2014) 213 final.
(12) JO C 451 du 16.12.2014, p. 87.
(13) JO C 303 du 19.8.2016, p. 17.
(14) JOIN(2014) 8 final.
(15) SWD(2015) 144 final.
(16) COM(2016) 198 final.
(17) JO C 487 du 28.12.2016, p. 62.
(18) Tels que les principes directeurs de l’OCDE pour les entreprises multinationales ou la déclaration de l’OIT sur les multinationales et la politique sociale.
(19) COM(2011) 681 final.
(20) COM(2006) 136 final.
(21) Voir The future for corporate reporting — Creating the dynamic for change («L’avenir des rapports d’entreprise — Créer la dynamique du changement»), FEE, octobre 2015.
(22) JO C 327 du 12.11.2013, p. 47.
(23) JO C 161 du 6.6.2013, p. 35.
Résolution du Parlement européen du 15 décembre 2016 sur les accords internationaux en matière d’aviation (2016/2961(RSP))
15/12/2016
Résolution du Parlement européen du 15 décembre 2016 sur le règlement relatif aux médicaments à usage pédiatrique (2016/2902(RSP))
15/12/2016
Résolution du Parlement européen du 15 décembre 2016 sur le soutien aux survivants de la thalidomide (2016/3029(RSP))
15/12/2016
Résolution du Parlement européen du 15 décembre 2016 sur la proposition de directive d’exécution de la Commission modifiant les annexes I à V de la directive du Conseil 2000/29/CE concernant les mesures de protection contre l’introduction dans la Communauté d’organismes nuisibles aux végétaux ou aux produits végétaux et contre leur propagation à l’intérieur de la Communauté (D047308/01 — 2016/3010(RSP))
15/12/2016