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AccueilDroit européen52016IR5387
Initiative législative52016IR5387

Avis du Comité européen des régions — Une réglementation intelligente pour les PME

CELEX52016IR5387
TypeInitiative législative
Datejeudi 13 juillet 2017

Résumé IA

Cet avis du Comité européen des régions plaide pour une application simplifiée et proportionnée du principe de « réglementation intelligente » (smart regulation) aux petites et moyennes entreprises (PME). Il insiste sur la nécessité de réduire les charges administratives et réglementaires pesant sur les PME, notamment via des tests d'impact spécifiques et une meilleure prise en compte des spécificités locales. Pour un professionnel du droit français, ce texte souligne l'importance de veiller à ce que les transpositions nationales des directives européennes n'alourdissent pas inutilement les obligations des PME.

Texte intégral

12.10.2017

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 342/51


Avis du Comité européen des régions — Une réglementation intelligente pour les PME

(2017/C 342/08)

Rapporteur:

Christian Buchmann (AT/PPE), membre du gouvernement du Land de Styrie

RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR)

Un environnement réglementaire favorable aux petites et moyennes entreprises (PME)

1.

souligne que les PME, en tant que principaux moteurs de création de croissance et d’emploi en Europe, ont besoin d’un environnement réglementaire simple, clair, cohérent et juridiquement stable, ainsi que d’un environnement économique reposant sur un niveau suffisant de capacités d’investissement publiques et privées;

2.

fait observer que la bureaucratie a une incidence disproportionnée sur les PME, les coûts relatifs de mise en conformité dans des domaines tels que la fiscalité ou les obligations de déclaration étant plus élevés pour les PME que pour les grandes entreprises;

3.

insiste donc avec force sur la nécessité de rendre l’environnement réglementaire européen plus favorable aux PME en s’attaquant aux entraves à la création et à la croissance des entreprises à tous les niveaux;

4.

reconnaît les progrès accomplis dans le cadre du «Small Business Act» pour l’Europe (SBA) de 2008 (1), du réexamen du SBA en 2011 (2), et du plan d’action «Entrepreneuriat 2020» de 2013 (3);

5.

réaffirme son soutien à l’objectif de la Commission d’alléger les obligations d’enregistrement et de déclaration en matière de TVA dans le cadre de la stratégie pour le marché unique, tel qu’exprimé dans son avis sur le thème «Améliorer le marché unique» (4); déplore cependant que les représentants locaux et régionaux n’aient pas été formellement consultés pour faire en sorte que leurs préoccupations, par exemple concernant les besoins des PME dans les régions transfrontalières, soient pleinement prises en considération;

6.

souligne la nécessité persistante d’une politique européenne cohérente, visible et actualisée en faveur des PME, axée sur les résultats et la mise en œuvre, qui s’appuie sur les initiatives précédentes et les renforce et qui assure la prise en compte du principe «Think Small First» (penser en priorité aux PME) à tous les niveaux de gouvernement et dans l’ensemble des politiques;

7.

réitère dès lors son appel en faveur d’un SBA révisé et renforcé et d’un rôle accru des régions et des villes dans la mise en œuvre des principes qui le sous-tendent; réaffirme son propre engagement à promouvoir la mise en œuvre du SBA par l’intermédiaire de son initiative «Régions européennes entreprenantes» (REE);

8.

constate que le réseau de représentants des PME sert de principale interface entre la Commission européenne et les responsables politiques nationaux; invite la Commission à inclure formellement et systématiquement dans ce réseau les représentants des PME de l’échelon local et régional;

9.

reconnaît que l’Union dispose d’un environnement réglementaire fondamentalement favorable aux entreprises; souligne cependant que des différences persistent concernant la durée, le coût et le nombre des procédures requises pour créer une entreprise; appelle les États membres à s’engager à aligner leurs règles respectives sur celles des États membres qui affichent les meilleures performances en la matière, dans le respect de la subsidiarité, et après examen de leur pertinence; fait observer que les bonnes pratiques, telles que l’Iniciativa Lisboa, qui permet de fonder une entreprise en 36 minutes, peuvent être une source d’inspiration à cet égard;

10.

attire l’attention sur le rôle que jouent les grappes d’entreprises («clusters») pour aider les petites entreprises à se développer, par l’analyse des marchés et la consultation des acteurs du marché, la production d’innovations et les qualifications, et préconise un soutien ciblé à ces activités par l’intermédiaire de programmes tels que COSME;

11.

insiste sur les conclusions du séminaire de la commission ECON sur le thème «Une réglementation intelligente pour une croissance intelligente», qui s’est tenu à Seggauberg, en Styrie, et du dialogue avec les citoyens organisé par la suite, qui soulignent la nécessité d’obtenir des résultats concrets par le recours à des approches nouvelles et innovantes;

Généraliser la prise en compte du principe de la priorité aux PME

12.

souligne l’importance d’intégrer le principe de la priorité aux PME («Think Small First») dans toutes les politiques de l’UE et l’ensemble du processus décisionnel; demande une pondération des critères de l’analyse d’impact plus favorable aux PME et une prise en compte plus systématique de l’incidence territoriale des règles adoptées;

13.

souligne que le chevauchement et le caractère contradictoire de certaines règles relevant de différentes politiques de l’UE — politique régionale, aides d’État, marchés publics, protection de l’environnement, tensions entre le soutien aux grappes d’entreprises et les règles de concurrence et de conformité — affectent les PME de manière disproportionnée;

14.

s’inquiète des goulets d’étranglement imputables à des exigences incohérentes et à des définitions divergentes entre les différentes politiques sectorielles de l’Union, telles que les réglementations distinctes pour les politiques en matière de passation de marchés publics, les politiques régionales et celles de la concurrence (5), ou encore les définitions divergentes de l’innovation entre la politique régionale et la politique de la concurrence (6);

15.

est persuadé que l’on ne peut lever la charge que représentent les obligations de déclaration pour les PME en simplifiant un seul acte législatif; presse dès lors la Commission et les États membres d’adopter une approche globale, fondée sur une évaluation exhaustive de toutes les obligations de déclaration auxquelles sont confrontées les PME;

16.

suggère que l’on explore les possibilités d’alléger la charge qui pèse sur les PME, par exemple en établissant un seuil en dessous duquel les entreprises devront fournir moins d’informations, en limitant le nombre de questionnaires obligatoires et en évitant d’en créer de nouveaux, par exemple en intégrant les informations statistiques dans les formulaires existants;

17.

se félicite que, dans la nouvelle génération d’accords de libre-échange de l’Union européenne, les PME bénéficient désormais de chapitres spécifiquement dédiés afin de leur faciliter l’accès à l’autre marché, notamment par une sécurité juridique accrue, par la réduction ou la suppression des barrières non tarifaires, par l’extension de l’adjudication au mieux-disant et par le renforcement de la protection des droits de la propriété intellectuelle et industrielle, et rappelle à cet égard son avis sur le PTCI du 12 février 2015;

Axer davantage le programme pour une meilleure réglementation et le programme REFIT sur les besoins des PME

18.

se félicite des efforts déployés pour réduire la charge qui pèse sur les PME dans le cadre du programme pour une meilleure réglementation, du programme REFIT et de l’accord interinstitutionnel «Mieux légiférer»;

19.

rappelle sa préoccupation, exprimée dans son avis sur le programme REFIT (7), face à l’absence des élus locaux et régionaux, ainsi que du CdR en tant qu’institution qui les représente, dans ledit accord en dépit du mandat et de l’importance que leur confère le traité de Lisbonne;

20.

se félicite de l’intégration des principes de meilleure réglementation à toutes les étapes du cycle d’élaboration des politiques et de l’élargissement des analyses d’impact au Parlement et au Conseil; déplore que l’accord interinstitutionnel ne contienne pas d’engagement du Conseil et du Parlement à procéder systématiquement à des analyses d’impact;

21.

souligne que l’introduction de modifications ou de règles supplémentaires à des étapes ultérieures de la procédure législative ou lors de la transposition des directives de l’Union par les États membres doit aller de pair avec un engagement à réaliser des analyses d’impact, afin d’éviter la surréglementation et de faire en sorte que la composante REFIT d’une règle donnée ne soit pas vidée de sa substance;

22.

reconnaît l’importance de la consultation des parties prenantes dans la préparation des propositions législatives; fait néanmoins observer qu’une fois les consultations réalisées, les contributeurs peuvent se demander dans quelle mesure leurs préoccupations ont été prises en considération; propose d’associer les représentants locaux et régionaux aux comités d’analyse d’impact pour leur permettre de procéder à un examen supplémentaire des propositions de la Commission;

23.

souligne que le rôle institutionnel du CdR dans le cadre de la plateforme REFIT ne doit pas être confondu avec celui d’autres acteurs; considère dès lors que des représentants des commissions du CdR devraient être en mesure de soutenir le représentant du Comité au sein de la plateforme en participant aux réunions que celle-ci consacre aux dossiers liés à leurs domaines de compétence;

24.

s’engage à intégrer les principes de meilleure réglementation dans l’ensemble de ses propres travaux, en tirant parti de l’expertise des commissions thématiques concernées lorsqu’il émet un avis sur un dossier ayant une incidence sur les PME;

25.

fait observer que les travaux de la plateforme REFIT se concentrent principalement sur des points spécifiques de la législation de l’UE pouvant être améliorés sans modifier fondamentalement tout un ensemble législatif; considère que cette démarche ciblée devrait être complétée par une approche plus ambitieuse, visant des améliorations structurelles du cadre réglementaire de l’UE à moyen terme;

26.

considère que l’exercice de mise en place d’une réglementation intelligente pour les PME pourrait se concentrer prioritairement sur les questions en lien avec l’accès des PME aux marchés publics et avec les règles en matière de TVA et de fiscalité; estime par ailleurs qu’il convient manifestement de prendre des mesures en ce qui concerne l’accès des PME au marché unique, l’accès au financement, le soutien des Fonds structurels et d’investissement européens (Fonds ESI) aux PME et la recherche d’un meilleur équilibre entre les besoins de ces dernières et la protection du travail, des consommateurs et de l’environnement;

Participation des PME aux marchés publics

27.

se félicite de la simplification du droit européen des marchés publics introduite par les nouvelles directives sur les marchés publics et le document unique de marché européen (8); invite les États membres à assurer la pleine mise en œuvre et l’application correcte du système instauré par le droit européen simplifié des marchés publics;

28.

met l’accent sur le rôle significatif joué par les collectivités locales et régionales dans l’accès des PME aux marchés publics et considère donc qu’il est particulièrement important, pour les régions et les villes, de réduire les obstacles à la participation des PME aux procédures de marchés publics;

29.

s’inquiète du fait que, souvent, les règles existantes de passation des marchés publics qui sont favorables aux PME ne sont pas pleinement exploitées et souligne qu’elles devraient aller de pair avec une bonne mise en œuvre;

30.

invite instamment les pouvoirs publics à tous les niveaux à faire en sorte que leurs appels d’offres soient favorables aux PME et aux jeunes pousses (start-up) pour ce qui est de leurs critères d’éligibilité et de leurs modalités de paiement, en adaptant les garanties requises aux caractéristiques des PME, en réduisant les délais de paiement et en s’astreignant à la discipline en matière de paiement; appelle les pouvoirs publics à tous les niveaux à s’engager en faveur de normes communes pour les marchés publics favorables aux PME;

31.

souligne que les bonnes pratiques, y compris, entre autres, le service des marchés publics de la ville de Paris, qui a considérablement accru l’accès des PME aux marchés publics et réduit les retards de paiement, peuvent constituer de bons exemples à suivre pour les pouvoirs publics à tous les niveaux;

32.

invite toutes les autorités publiques à favoriser la participation des PME à la passation de marchés de l’innovation en évitant les spécifications excessives, en privilégiant celles basées sur les résultats, en rendant les informations librement disponibles et en recourant à des possibilités telles que le dialogue compétitif et la procédure concurrentielle avec négociation, avant de spécifier les conditions définitives;

33.

observe qu’il est plus simple pour les PME d’accéder aux instruments financiers prévus dans les programmes européens, en particulier ceux du programme COSME. Ces derniers sont beaucoup moins complexes pour les PME que les sources de financement plus traditionnelles. Le Comité souligne à cet égard l’importance du volet consacré aux PME dans le cadre du Fonds européen pour les investissements stratégiques, qui pourrait également prévoir en son sein des lignes de financement destinées aux start-up et aux microentreprises ayant besoin d’accéder au crédit;

Règles favorables aux PME en matière de TVA et de fiscalité

34.

demande la poursuite de la simplification et de l’harmonisation des règles fiscales, qui sont considérées comme le domaine politique qui génère les charges les plus lourdes par une majorité des PME européennes;

35.

réaffirme son soutien, exprimé dans son avis relatif au plan d’action sur la TVA, à la suppression de l’exonération de TVA pour les importations de petits envois provenant de pays tiers et à l’introduction de contrôles sous forme d’un audit unique des entreprises transfrontières, afin de mettre un terme aux désavantages concurrentiels dont sont victimes les PME de l’UE par rapport à celles des pays tiers en raison de cette exonération (9);

36.

met l’accent sur le fait que la fragmentation et la complexité du système de TVA génèrent des coûts élevés de mise en conformité pour les PME exerçant des activités commerciales transfrontières et ont une incidence particulière sur les régions frontalières; demande dès lors une nouvelle simplification des règles et procédures liées aux différents régimes de TVA dans les échanges transfrontières, une extension du principe de «mini-guichet unique», qui se limite actuellement aux services de télécommunication, de radiodiffusion et de télévision et aux services fournis par voie électronique, à d’autres activités de vente à distance de biens et de services, ainsi qu’un seuil transfrontière commun à l’échelle de l’UE en deçà duquel la TVA ne serait pas appliquée;

37.

plaide en faveur d’une réduction de la charge administrative liée à la TVA, résultant par exemple des obligations de déclaration, des délais applicables et des périodes de conservation des informations, et d’une accélération des pratiques administratives liées au traitement des déclarations de TVA;

Accès des PME au marché unique

38.

fait observer que le marché unique des services continue de faire l’objet de nombreuses restrictions qui affectent les PME, parmi lesquelles les procédures d’autorisation d’exercer une profession, les règles d’établissement, les prix fixes ou plancher, les prescriptions relatives à la forme juridique et les réglementations sectorielles; demande que soit mené un ambitieux travail de simplification et d’harmonisation dans le secteur des services, afin de promouvoir les gains de croissance résultant des économies d’échelle, de susciter l’innovation en renforçant la concurrence des importations, et d’attirer les investissements étrangers en réduisant la fragmentation des marchés;

39.

constate que les divergences au niveau des réglementations nationales des marchés de produits constituent un obstacle majeur pour les PME, étant donné qu’elles rendent obligatoire de gérer différentes lignes de produits dans différents États membres et qu’elles entravent le développement de chaînes d’approvisionnement paneuropéennes; invite la Commission et les États membres à œuvrer en faveur d’une plus grande harmonisation dans ce domaine;

Accès des PME au financement

40.

souligne l’importance des méthodes de financement alternatives pour les nouvelles entreprises; s’inquiète du fait que l’accès des start-up au financement participatif n’ait pas pu déployer tout son potentiel en raison des divergences entre les régimes nationaux, qui rendent difficile pour les start-up de lever des fonds au-delà des frontières, et des limitations applicables lorsqu’il s’agit d’offrir des titres à un nombre potentiellement élevé d’investisseurs, du fait des régimes d’entreprise «bon marché» que choisissent fréquemment les start-up;

41.

demande l’établissement d’un cadre réglementaire harmonisé instaurant un passeport européen pour les plateformes de financement participatif, ne nécessitant qu’une autorisation unique d’une autorité compétente au sein de l’UE pour pouvoir proposer des services au-delà des frontières et ouvrant ainsi la voie à un véritable marché européen du financement participatif;

Soutien aux PME dans le cadre des Fonds ESI

42.

réitère sa mise en garde, déjà exprimée dans son avis sur la simplification des Fonds ESI (10), selon laquelle les procédures d’utilisation de ces Fonds deviennent de plus en plus complexes et lourdes; appelle dès lors à simplifier de toute urgence les règles d’établissement, les obligations de déclaration et l’audit des instruments financiers au titre des Fonds ESI;

43.

souligne que les PME rencontrent des difficultés particulières dans l’utilisation des ressources des Fonds ESI, comme le montre une enquête auprès des régions européennes entreprenantes réalisée en 2016, qui a défini la participation des PME aux projets financés par les Fonds ESI comme la principale priorité pour rendre la vie plus facile aux PME;

44.

rappelle l’importance de réduire la complexité réglementaire, la pression excessive liée aux audits et les coûts d’exécution élevés, qui empêchent les PME de bénéficier du soutien des Fonds ESI, ainsi que de simplifier non pas uniquement certaines réglementations spécifiques, mais bien l’ensemble des actes délégués et d’exécution, ainsi que la législation non contraignante telle que les notes d’orientation, tant pour les autorités publiques que pour les PME;

45.

souligne que, pour atteindre les objectifs aussi bien des Fonds ESI que de la politique de l’UE en faveur des PME, les règles régissant les Fonds ESI doivent être considérées du point de vue de la proportionnalité, de manière à établir un partenariat pour la simplification qui tienne compte des intérêts de toutes les parties; préconise une relation fondée sur la confiance plutôt que sur la méfiance fondamentale dont font souvent preuve les institutions de l’UE à l’égard des pouvoirs publics nationaux, régionaux et locaux;

Trouver un équilibre entre les besoins des PME et la protection du travail, des consommateurs et de l’environnement

46.

souligne la nécessité de trouver un équilibre entre la protection des droits des travailleurs, de la santé, de la sécurité, des consommateurs et de l’environnement, d’une part, et les charges réglementaires pesant sur les PME, d’autre part;

47.

fait observer que le recrutement d’un premier salarié peut représenter un défi particulier pour le processus de croissance et d’expansion d’une entreprise, et que les réglementations liées au travail ont un impact plus grand sur les PME que sur les grandes entreprises, ce qui rend les PME hésitantes à recruter du personnel; souligne que de nouvelles approches dans ce domaine peuvent apporter une précieuse contribution en matière, notamment, de réduction du chômage des jeunes;

48.

propose dès lors la création d’un régime européen «Take One», qui encouragerait l’embauche d’un premier salarié par un entrepreneur isolé ou une microentreprise au moyen d’incitations financières et de règles flexibles; considère qu’un tel régime pourrait être financé par l’intermédiaire du programme COSME;

49.

invite la Commission à promouvoir des mesures de simplification réglementaire en faveur des entreprises artisanales et des microentreprises dans la mesure où la complexité excessive du système met actuellement en péril leur fonctionnement et le rôle important qu’elles jouent dans la création d’emplois et le développement économique des régions et des collectivités locales, ainsi que, parfois, dans la protection du patrimoine culturel et local;

50.

estime que la définition des contrats hors établissement contenue dans la directive relative aux droits des consommateurs a une portée trop large et est ainsi susceptible de nuire aux artisans appelés dans une habitation par un consommateur; préconise dès lors une définition plus ciblée qui tienne compte des besoins des PME et des microentreprises;

Des approches novatrices de la réglementation

51.

souligne que la réglementation intelligente ne signifie pas nécessairement moins de réglementation, ce qui pourrait impliquer un risque d’incertitude et de fragmentation réglementaire, mais plutôt des règles plus claires et plus simples qui facilitent la vie des PME tout en permettant d’atteindre les objectifs stratégiques fixés dans un domaine donné;

52.

souligne l’importance de règles favorables à l’innovation qui laissent suffisamment de marge à l’expérimentation lorsque la situation le permet, y compris par la création de zones à réglementation limitée pour les projets pilotes et par l’introduction de clauses de caducité dans les domaines innovants et en évolution rapide, comme le montre, entre autres, l’exemple de la Flandre;

53.

souligne que les approches telles que l’autorégulation volontaire, qui consiste en des accords, engagements ou codes de bonne pratique volontaires, peuvent favoriser une culture de coopération entre entreprises et pouvoirs publics; considère que les travaux du groupe écossais de réexamen de la réglementation peuvent servir d’exemple à suivre pour les pouvoirs publics à différents niveaux;

54.

met l’accent sur le projet danois baptisé «Burden Hunter» (chasse aux charges), en tant que bonne pratique appliquée à l’échelon national qui permet de recenser les obstacles dans le cadre d’un dialogue direct et de rechercher ensemble des solutions; invite la Commission à prendre dûment en compte les exemples de ce type et à en promouvoir l’utilisation et la diffusion lorsque cela est possible;

55.

insiste sur la nécessité d’encourager l’esprit d’entreprise à tous les niveaux de gouvernement et de permettre des solutions ascendantes innovantes en instaurant un mécanisme de «droit à la remise en cause», qui permettrait aux collectivités locales et régionales de suspendre temporairement les règles existantes afin de tester des solutions de substitution lorsqu’il existe des éléments laissant à penser qu’elles seront mieux à même d’atteindre leurs objectifs en recourant à une approche innovante.

Bruxelles, le 13 juillet 2017.

Le président du Comité européen des régions

Markku MARKKULA


(1) Communication de la Commission: «Think Small First»: Priorité aux PME — Un «Small Business Act» pour l’Europe», COM(2008) 394 final du 25 juin 2008.

(2) Communication de la Commission: Réexamen du «Small Business Act» pour l’Europe, COM(2011) 78 final du 23 février 2011.

(3) Communication de la Commission: Plan d’action «Entrepreneuriat 2020» — Raviver l’esprit d’entreprise en Europe, COM(2012) 795 final du 9 janvier 2013.

(4) Avis du CdR sur le thème «Améliorer le marché unique», CdR 6628/2015, paragraphe 12.

(5) Voir Europa Decentraal (2016), Bridge! — Better EU regulation for local and regional authorities.

(6) Voir Maison des provinces néerlandaises (2015), Dutch Provinces for Better Regulation.

(7) Avis du CdR sur le thème «Le programme REFIT: le point de vue local et régional», CdR 983/2016, paragraphe 5.

(8) Directives 2014/23/UE, 2014/24/UE et 2014/25/UE et règlement d’exécution (UE) 2016/7.

(9) Avis du CdR relatif au «Plan d’action sur la TVA», CdR 2419/2016, paragraphe 34.

(10) Avis du CdR sur la «Simplification des Fonds ESI», réf. COR-2016-00008-00-00-AC-TRA.


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