| Résumé de l’analyse d’impact |
| Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil remplaçant le règlement (CE) n° 2006/2004 du Parlement européen et du Conseil du 27 octobre 2004 relatif à la coopération entre les autorités nationales chargées de veiller à l’application de la législation en matière de protection des consommateurs («règlement relatif à la coopération en matière de protection des consommateurs») |
| A. Nécessité d’une action |
| Quel est le problème et pourquoi est-ce un problème à l’échelon de l’UE? |
| Le règlement CPC a renforcé le contrôle de l’application de la législation en matière de protection des consommateurs dans l’ensemble de l’Union européenne. Son effet est toutefois insuffisant, en particulier pour soutenir un marché unique numérique dynamique en offrant une application rigoureuse et uniforme de cette législation dans l’ensemble de l’Union. Le taux actuel de non-respect, par les entreprises, de l’acquis de l’UE en matière de protection des consommateurs est préoccupant. Sur la base d’hypothèses prudentes, 37 % des sites de commerce électronique ou de réservation en ligne ne respectent pas les principales dispositions de la législation applicable. Le préjudice en découlant est estimé à quelque 770 millions d’EUR par an pour les consommateurs qui effectuent des achats transfrontières en ligne dans les secteurs du voyage, du divertissement, de l’habillement, des produits électroniques et des services financiers (sous-ensemble des échanges transfrontières spécifiquement étudié aux fins de l’analyse d’impact). Les principaux problèmes liés à la coopération CPC en tant qu’instrument de contrôle de l’application de l’acquis de l’UE en matière de protection des consommateurs dans les transactions transfrontières sont les suivants: l’insuffisance des mécanismes d’assistance mutuelle, l’absence de réponses efficaces aux infractions touchant l’ensemble de l’UE, en particulier dans l’environnement numérique, ainsi que la difficile détection des infractions et l’insuffisante définition de priorités d’action. |
| Que faut-il réaliser? |
| Un cadre de coopération renforcé et plus efficient permettant d’améliorer le respect de la législation en matière de protection des consommateurs dans l’ensemble de l’Union européenne, de réduire le préjudice subi par les consommateurs et de renforcer la sécurité juridique, en particulier pour les opérateurs commerciaux et les consommateurs qui effectuent des transactions transfrontières. Les autorités devraient agir avec plus de rapidité et réduire leurs coûts en unissant leurs efforts pour combattre les infractions en ligne les plus répandues, notamment grâce à des pouvoirs de coopération accrus (par exemple, des mesures provisoires pour bloquer les sites internet en infraction) et une procédure coordonnée unique dans les cas où le rôle d’assistance de la Commission pourrait être renforcé. |
| Quelle est la valeur ajoutée de l’action à l’échelon de l’UE (subsidiarité)? |
| Afin de garantir une application uniforme de la législation relative à la protection des consommateurs dans l’ensemble de l’Union européenne, les autorités nationales, qui ne peuvent autrement qu’agir dans les limites territoriales de leur compétence, doivent coopérer pour mettre fin aux infractions qui revêtent une dimension transfrontière. |
| B. Les solutions |
| Quelles sont les différentes options possibles pour atteindre les objectifs poursuivis? Y a-t-il une option privilégiée? Si tel n’est pas le cas, pourquoi? |
| Option 1: statu quo (pas de modification du règlement CPC existant) Option 2: modernisation des dispositions d’exécution, des mesures non législatives et l’autorégulation Option 3: révision du règlement CPC afin d’étendre son champ d’application et de renforcer son efficacité Option 4: révision du règlement CPC: option 3 + des compétences supplémentaires, en particulier pour démasquer les opérateurs commerciaux peu scrupuleux qui se cachent délibérément et un système de contrôle pour veiller à ce que les États membres affectent des ressources suffisantes à la coopération transfrontière Option 5: un nouveau règlement conférant à la Commission européenne des pouvoirs coercitifs directs pour les infractions très répandues revêtant une dimension européenne et la révision du règlement CPC en combinaison soit avec l’option 3, soit avec l’option 4 Le scénario privilégié est celui de l’option 3. |
| Quelles sont les positions des différentes parties prenantes? Qui soutient quelle option? |
| Toutes les catégories de parties prenantes (associations de consommateurs ou d’entreprises ainsi que le Parlement européen et les États membres) estiment que le règlement CPC est utile et doit être renforcé de manière à ce que le marché unique (numérique) puisse profiter au commerce de détail. Une consultation publique qui s’est achevée au début de l’année 2014 et diverses réunions avec les parties prenantes (telles que les visites dans les États membres, les sommets de la consommation de 2013-2015 et des ateliers spécifiques du réseau CPC) ont démontré cette appréciation. |
| C. Incidences de l’option privilégiée |
| Quels sont les avantages de l’option privilégiée (le cas échéant, sinon des options principales)? |
| L’option 3 permettra de réaliser tous les objectifs stratégiques à un coût raisonnable pour les autorités nationales et la Commission. Elle permettra d’améliorer l’efficacité de l’action publique et la gouvernance des marchés de détail transfrontières de l’Union qui deviendront plus équitables et plus transparents pour les opérateurs commerciaux et les consommateurs. Les coûts de l’action publique et les coûts de transaction pour les acteurs économiques diminueront, ce qui permettra, d’une manière générale, d’améliorer la compétitivité de l’économie de l’UE. Les consommateurs bénéficieront d’une meilleure protection lors d’achats transfrontières, notamment en ligne. On a estimé que, pour le sous-ensemble de cinq marchés en ligne étudié, une diminution de 10 points du taux de non-respect de 37 % pourrait permettre de ramener le préjudice subi par les consommateurs, estimé à 770 millions d’EUR par an, à quelque 539 millions d’EUR, soit une réduction de 30 %. Toute nouvelle action CPC unique contre une pratique très répandue pourrait également réduire sensiblement le préjudice subi par les consommateurs dans l’ensemble de l’UE [par exemple, d’un montant estimé à 68 millions d’EUR dans le cas de l’action coordonnée contre la commercialisation trompeuse du contenu payant («in-app») dans les jeux en ligne]. La Commission soutiendra les États membres de manière optimale dans leurs efforts visant à combattre les infractions revêtant une importante dimension européenne et des procédures parallèles inutiles pourront ainsi être évitées. La possibilité de réutiliser des éléments de preuve, d’éviter les doubles emplois et de garantir une cohérence maximale des actions coercitives permettra aux autorités de réduire leurs coûts. La détection précoce des pratiques abusives et l’alignement des priorités permettront des actions mieux ciblées pour lutter contre les infractions généralisées à l’échelle de l’UE, ce qui aurait un fort effet dissuasif sur la commission d’infractions. Cette option est vivement soutenue par les parties prenantes et elle est faisable. |
| Quels sont les coûts de l’option privilégiée (le cas échéant, sinon des options principales)? |
| L’option 3 n’imposera aucune obligation juridique aux entreprises et aux consommateurs, qui bénéficieront d’un meilleur fonctionnement des marchés ainsi que d’une diminution du nombre de litiges et des coûts qui en découlent. Certains États membres pourraient être amenés à adapter légèrement leur législation nationale de manière à ce que les autorités bénéficient de la reconnaissance mutuelle des éléments de preuve ou des résultats d’enquêtes et de compétences supplémentaires pour coopérer dans un contexte transfrontière (principalement AT, BE, DE, EL, FR, HR, IE et LT). Le principal coût pour les États membres consistera dans le coût de la familiarisation/formation rendue nécessaire par les nouvelles compétences et procédures (environ 3 000 EUR par autorité) et environ 174 000 EUR pour l’ensemble des États membres par action coercitive coordonnée, par an, engagée selon la procédure de coordination obligatoire. Globalement, à moyen terme, la meilleure coordination des actions à l’échelle de l’UE devrait permettre de réaliser des économies. Le coût supplémentaire que la Commission aura à supporter du fait du renforcement de son rôle de coordination devrait être inférieur à 300 000 EUR par an. |
| Quelles sont les incidences sur les PME et la compétitivité? |
| L’amélioration de l’environnement réglementaire des marchés de détail devrait permettre aux entreprises, y compris les PME, d’éviter des frais d’expertise juridique lors de la commercialisation transfrontière de leurs produits ou services et d’être plus confiantes dans l’application uniforme du droit européen de la consommation dans les autres pays où elles souhaitent exercer leur activité. Une plus grande cohérence dans l’application transfrontière de la législation aurait pour effet de doper la compétitivité des opérateurs honnêtes et respectueux des lois, de stimuler la concurrence et des conditions de concurrence équitables dans le marché intérieur. |
| Y aura-t-il une incidence notable sur les administrations et budgets nationaux? |
| L’incidence sur les budgets nationaux, comme cela a été expliqué dans la section sur les coûts ci-dessus, est relativement modérée par rapport aux économies que l’option 3 permettrait de réaliser; en particulier, la mise en commun de ressources pour lutter contre les infractions généralisées pourrait permettre d’économiser des ressources car une action coordonnée remplacerait 28 actions nationales, soit une économie nette pouvant aller d’environ 180 000 EUR (en cas d’action coordonnée réussie) à environ 815 000 EUR (en cas d’action avortée). |
| Y aura-t-il d’autres incidences importantes? |
| Un meilleur exercice des droits des consommateurs, sans faire peser de charge supplémentaire sur les opérateurs, aura une incidence positive sur les droits fondamentaux en matière d’accès équitable et ouvert aux produits et aux services dans l’ensemble de l’UE. |
| Proportionnalité |
| L’option privilégiée ne portera pas atteinte aux compétences des États membres en matière de contrôle d’application de la législation et elle n’apportera pas d’harmonisation complète des systèmes de contrôle nationaux. Seuls les éléments nécessaires pour atteindre l’objectif poursuivi, consistant à mieux combattre les infractions qui touchent plusieurs États membres, feront l’objet d’une harmonisation, tels que les procédures applicables aux infractions très répandues ou généralisées à l’échelle de l’UE, les compétences minimales à conférer aux autorités chargées de l’application de ces procédures, ou la reconnaissance des éléments de preuve dans le contexte de ces infractions. L’option 3 permettra d’améliorer la coopération en la matière sans faire peser de charge excessive ou disproportionnée sur les autorités des États membres. Les avantages en termes de réduction du préjudice subi par les consommateurs, de réduction des coûts de transaction pour l’ensemble des opérateurs, d’efficience de l’intervention publique et, en définitive, de croissance économique escomptée du fait de l’augmentation de la demande des consommateurs, l’emportent nettement sur l’augmentation limitée des coûts des autorités publiques et de la Commission. |
| D. Suivi |
| Quand la législation sera-t-elle réexaminée? |
| Le fonctionnement du règlement révisé sera évalué sept ans après son entrée en application, afin d’apprécier l’efficacité et l’efficience de la mesure, en particulier l’augmentation des taux de conformité à la législation en matière de protection des consommateurs. |