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AccueilDroit européen52016SC0471
Acte préparatoire52016SC0471

DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION RÉSUMÉ DE L'ANALYSE D'IMPACT accompagnant le document: Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif aux contrôles d'argent liquide entrant dans l’Union ou sortant de l’Union et abrogeant le règlement (CE) n° 1889/2005

CELEX52016SC0471
TypeActe préparatoire
Datemercredi 21 décembre 2016

Résumé IA

Ce document de travail de la Commission européenne résume l'analyse d'impact accompagnant la proposition de règlement visant à renforcer les contrôles sur les mouvements d'argent liquide aux frontières de l'Union européenne. Il justifie la nécessité de moderniser le cadre juridique existant (règlement n° 1889/2005) pour mieux lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, en élargissant notamment la définition de l'argent liquide aux instruments monétaires anonymes et aux crypto-actifs. Pour le professionnel du droit français, ce texte préfigure un durcissement des obligations déclaratives et des pouvoirs de contrôle des autorités douanières, avec des implications directes en matière de conformité et de conseil pour les clients effectuant des transferts transfrontaliers de fonds.

Texte intégral

european flagCOMMISSION EUROPÉENNE

Bruxelles, le 21.12.2016

SWD(2016) 471 final

DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION

RÉSUMÉ DE L'ANALYSE D'IMPACT

accompagnant le document:

Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil

relatif aux contrôles d'argent liquide entrant dans l’Union ou sortant de l’Union et abrogeant le règlement (CE) n° 1889/2005

{COM(2016) 825 final}
{SWD(2016) 470 final}


Résumé de l’analyse d’impact

Proposition de modification du règlement (CE) n° 1889/2005 du Parlement européen et du Conseil du 26 octobre 2005 relatif aux contrôles de l'argent liquide entrant ou sortant de la Communauté

A. Nécessité d’une action

Pourquoi? Quel est le problème abordé?

Une évaluation du règlement en vigueur a mis en évidence la nécessité de revoir cet instrument afin de tenir compte de l’évolution des normes internationales, du cadre de l'Union en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme et des priorités de la Commission énumérées dans le plan d’action de 2016 destiné à renforcer la lutte contre le financement du terrorisme.

Dans le cadre du contrôle de l'argent liquide, 100 000 déclarations sont présentées chaque année par des personnes qui entrent dans l'Union ou sortent de l'Union avec des sommes égales ou supérieures à 10 000 EUR, ce qui représente un montant total déclaré compris entre 60 et 70 milliards d'EUR.

Quatre problèmes majeurs ont été recensés:

1.la contrebande d’argent liquide envoyé par la poste et par fret;

2.des insuffisances concernant l’échange d’informations entre les autorités;

3.l’utilisation d’autres réserves de valeur très liquides, telles que l’or, pour se soustraire à l’obligation de déclaration;

4.l’impossibilité pour les autorités compétentes d'agir dans les cas où les montants détectés sont inférieurs à 10 000 EUR, lorsqu'il existe des indices d’activité criminelle.

Trois autres problèmes moins importants sont également examinés et analysés dans le rapport d’analyse d’impact.

L'inaction de l'Union entraînera le non-respect des obligations internationales. Les parties intéressées les plus touchées sont les citoyens, les autorités et les entreprises qui subiront les conséquences du détournement accru d’argent liquide associé au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme.

Quel objectif cette initiative devrait-elle atteindre?

L’objectif de la proposition est de promouvoir et de maintenir un développement sûr, équilibré et durable des activités économiques dans l’ensemble du marché intérieur. Cet objectif sera atteint grâce:

1.à l’extension de la couverture réglementaire à tous les moyens qui peuvent servir au transport de l'argent liquide, permettant ainsi le suivi efficace de l'argent liquide envoyé par la poste et par fret;

2.à l’amélioration du cadre mis en place pour l’échange d’informations en ce qui concerne les contrôles d’argent liquide entre les autorités compétentes au sein de l’Union européenne;

3.à l'élaboration d’une approche proportionnée afin de lutter contre les formes d’évasion fondées sur l'utilisation de l'or au lieu de l'argent liquide;

4.au pouvoir d'agir conféré aux autorités compétentes dans les cas où les montants sont inférieurs au seuil fixé lorsqu'il existe des indices d'activité criminelle.

Quelle est la valeur ajoutée de l’action à l’échelle de l’Union?

Le problème du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme au moyen de la contrebande d’argent liquide est transnational. Compte tenu des principes du marché intérieur et des libertés de circulation qui y sont associées, la réponse à ces défis requiert un niveau d'harmonisation qui ne peut pas être atteint avec des mesures nationales.

B. Les solutions

Quelles sont les options législatives et non législatives qui ont été envisagées? Y a-t-il une option privilégiée? Pourquoi?

Le maintien du statu quo a été envisagé pour toutes les options mais n'a été retenu que dans un nombre limité de cas. Pour aborder les problèmes constatés, une combinaison d’options législatives et non législatives (au niveau de l’Union) a été proposée. Pour traiter les quatre problèmes majeurs, une approche législative au niveau de l’Union a été envisagée et pour les trois autres problèmes, une combinaison de mesures non contraignantes et de dispositions législatives au niveau de l’Union a été étudiée.

Qui soutient quelle option?

Une consultation publique a été réalisée et des informations ont été recueillies à l'aide de plusieurs questionnaires adressés aux autorités compétentes et aux experts nationaux du groupe de travail sur le contrôle des mouvements d'argent liquide. Étant donné que les avis étaient hétérogènes en fonction de la question posée, il n’a pas été possible de fournir un aperçu succinct et exact, mais les avis ont été pris en considération lors de la sélection de l'option.

C. Incidences de l’option privilégiée

Quels sont les avantages de l’option privilégiée (ou, à défaut, des options principales)?

L'extension du champ d’application des contrôles afin d’y inclure l’argent liquide envoyé par la poste et par fret et la possibilité de retenir les montants inférieurs au seuil fixé en cas d'indices d'activité criminelle garantiront le respect intégral et explicite des normes et des bonnes pratiques internationales. En outre, de meilleures possibilités de contrôle seront attribuées aux autorités compétentes et la charge administrative supplémentaire pesant sur les citoyens, les entreprises et les autorités restera faible.

L’élargissement de la définition de l’«argent liquide» afin d’y inclure l’or et certains instruments de paiement prépayés et le mécanisme choisi qui prévoit la possibilité de modifier de manière flexible les éléments constitutifs en fonction de l’évolution des tendances et de la technologie tiennent compte des développements les plus récents signalés par les autorités compétentes et témoignent de la volonté de l’Union de lutter contre le recours à des voies détournées pour le transfert de valeur. Ces mesures se traduisent également en points d'action énoncés en vue de leur examen dans le plan d'action de la Commission destiné à renforcer la lutte contre le financement du terrorisme et consolident le cadre de l'Union en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Elles contribuent au développement harmonieux du marché intérieur et à la protection des citoyens et des entreprises. Les options proposées en ce qui concerne les sanctions en cas de défaut de déclaration, les niveaux de mise en œuvre entre États membres et la communication d'informations aux parties intéressées tentent d'instaurer une approche commune tout en respectant le principe de subsidiarité.

Quels sont les coûts de l’option privilégiée (ou, à défaut, des options principales)?

On ne prévoit aucune incidence négative significative en termes de coûts de mise en conformité (sur le plan économique, social et environnemental) pour les parties intéressées (voir le point suivant pour les entreprises).

Quelle sera l'incidence sur les entreprises, les PME et les microentreprises?

Les mesures élaborées concernent les sommes d'argent liquide égales ou supérieures à 10 000 EUR franchissant les frontières extérieures de l’Union, qu'elles soient transportées par des personnes ou par fret/voie postale. Les entreprises ont très rarement recours à ce mode de transport. À l’heure actuelle, une personne physique qui accompagne un envoi d'argent liquide doit faire une déclaration. L’expérience montre que les transporteurs professionnels qui accompagnent les envois d'argent liquide sont tout à fait conscients de leurs obligations et s'en acquittent en grande partie. La nouvelle obligation de communication concernant les envois d'argent liquide par la poste et par fret vise à permettre aux autorités d'effectuer des contrôles et, si elles le jugent nécessaire, de demander des documents. Il n’est pas obligatoire de présenter systématiquement une déclaration et les autorités peuvent exercer leur pouvoir discrétionnaire (par exemple, en cas d'envois entre banques). Compte tenu de la relative rareté de ce mode d’expédition et de l’approche proposée, les répercussions sur les transporteurs professionnels seront probablement minimes. Aucune incidence spécifique n'est attendue au niveau des PME ou des microentreprises

Y aura-t-il une incidence notable sur les budgets nationaux et les administrations nationales?

Aucune incidence notable n'est prévue sur les budgets nationaux et les administrations nationales. Certains contrôles supplémentaires nécessiteront l'allocation de ressources humaines, mais l'incidence globale par rapport au scénario de référence ne devrait pas être significative. Le coût du système de transfert d’informations entre les autorités dépendra de l’option retenue, ce qui doit encore être déterminé, mais il ne devrait pas non plus être significatif.

Y aura-t-il d’autres incidences notables?

En ce qui concerne les droits fondamentaux et les données à caractère personnel, il convient de noter que les informations recueillies seront plus nombreuses que dans le cadre du système actuel. Ces informations seront partagées, d'une part, avec les cellules de renseignement financier qui sont soumises à des contrôles stricts en matière d'utilisation et de diffusion et, d'autre part, entre les autorités compétentes. Cet aspect est compensé par la nécessité de protéger la société et peut être atténué par la technologie utilisée pour l'échange de ce type de données entre les autorités.

D. Suivi

Quand la législation sera-t-elle réexaminée?

Le premier réexamen interviendra cinq ans après l’entrée en vigueur du nouveau règlement, puis tous les cinq ans. L’évaluation prendra la forme d’un rapport de la Commission au Parlement européen et au Conseil.

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