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AccueilDroit européen52017AE5392
Avis institutionnel52017AE5392

Avis du Comité économique et social européen sur la «Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil et au Comité économique et social sur le suivi du plan d’action sur la TVA — Vers un espace TVA unique dans l’Union — Le moment d’agir» [COM(2017) 566 final], la «Proposition de règlement du Conseil modifiant le règlement (UE) n° 904/2010 en ce qui concerne le statut d’assujetti certifié» [COM(2017) 567 final — 2017/0248 (CNS)], la «Proposition de règlement d’exécution du Conseil modifiant le règlement (UE) n° 282/2011 en ce qui concerne certaines exonérations liées aux opérations intracommunautaires» [COM(2017) 568 final — 2017/0249 (NLE)] et la «Proposition de directive du Conseil modifiant la directive 2006/112/CE en ce qui concerne l’harmonisation et la simplification de certaines règles dans le système de taxe sur la valeur ajoutée et instaurant le système définitif de taxation des échanges entre les États membres» [COM(2017) 569 final — 2017/0251 (CNS)]

CELEX52017AE5392
TypeAvis institutionnel
Datemercredi 14 mars 2018

Résumé IA

Cet avis du CESE soutient les propositions de la Commission visant à moderniser le système de TVA de l'UE, en particulier la création d'un statut d'assujetti certifié et l'instauration d'un système définitif de taxation des échanges intracommunautaires. Il approuve les objectifs de simplification et d'harmonisation des règles, tout en soulignant la nécessité de garantir la sécurité juridique et de lutter efficacement contre la fraude. L'avis marque une étape clé dans la refonte du système de TVA, avec des implications directes pour les transactions transfrontalières des entreprises françaises.

Texte intégral

6.7.2018

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 237/40


Avis du Comité économique et social européen sur

la «Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil et au Comité économique et social sur le suivi du plan d’action sur la TVA — Vers un espace TVA unique dans l’Union — Le moment d’agir»

[COM(2017) 566 final]

la «Proposition de règlement du Conseil modifiant le règlement (UE) no 904/2010 en ce qui concerne le statut d’assujetti certifié»

[COM(2017) 567 final — 2017/0248 (CNS)]

la «Proposition de règlement d’exécution du Conseil modifiant le règlement (UE) no 282/2011 en ce qui concerne certaines exonérations liées aux opérations intracommunautaires»

[COM(2017) 568 final — 2017/0249 (NLE)]

et la «Proposition de directive du Conseil modifiant la directive 2006/112/CE en ce qui concerne l’harmonisation et la simplification de certaines règles dans le système de taxe sur la valeur ajoutée et instaurant le système définitif de taxation des échanges entre les États membres»

[COM(2017) 569 final — 2017/0251 (CNS)]

(2018/C 237/07)

Rapporteur:

M. Giuseppe GUERINI

Corapporteur:

M. Krister ANDERSSON

Consultation

Conseil de l’Union européenne, 23.10.2017;

Commission européenne, 17.11.2017 et 13.12.2017

Base juridique

Article 113 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne

Compétence

Section spécialisée «Union économique et monétaire et cohésion économique et sociale»

Adoption en section spécialisée

28.2.2018

Adoption en session plénière

14.3.2018

Session plénière no

533

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

185/9/7

1. Conclusions et recommandations

1.1.

Le CESE considère le système actuel de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de l’Union européenne comme extrêmement fragmenté et complexe, et estime qu’il crée de ce fait des charges administratives et des barrières commerciales importantes et inutiles pour les entreprises, qui réduisent et faussent les échanges commerciaux et l’investissement.

1.2.

Le CESE estime que le système de TVA devrait être conçu de manière à faciliter le bon fonctionnement du marché intérieur. Plus particulièrement, il devrait être moins fragmenté, géré plus efficacement, notamment en ce qui concerne les échanges transfrontières, et être modernisé en tenant compte de la mondialisation et de la numérisation croissantes de l’économie.

1.3.

Le CESE se félicite de la détermination manifestée par la Commission européenne à réduire l’écart de TVA, ainsi que de l’adoption récente de la directive (UE) 2017/1371 relative à la lutte contre la fraude portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union au moyen du droit pénal, qui prévoit l’intervention du parquet européen en cas de fraude à la TVA d’un montant supérieur à 10 millions d’EUR.

1.4.

Le CESE est d’avis que les autorités fiscales doivent examiner comment les technologies du futur peuvent contribuer à la lutte contre la fraude à la TVA. Les technologies numériques peuvent également constituer un outil utile pour simplifier la charge administrative qui pèse sur les entreprises comme sur les administrations fiscales, ainsi que pour apporter la transparence nécessaire. En particulier, les États membres devraient créer des enceintes appropriées pour l’échange des bonnes pratiques en matière de perception des recettes, et sur la façon de mettre au point des technologies permettant de faciliter l’exacte perception de la taxe dans les situations d’échanges transfrontières. Il serait également opportun d’envisager la réalisation d’une étude approfondie sur la possibilité d’appliquer aux articles de luxe des taux de TVA plus élevés. Il convient de débattre de systèmes opérants de remboursement de la TVA, de formes d’imposition et de procédures fiscales efficaces, ainsi que de systèmes rationalisés pour l’échange d’informations sur les fraudeurs. La Commission européenne devrait contribuer à mettre en place de tels forums institutionnels et ainsi renforcer la croissance et réduire les pertes de recettes.

1.5.

Le CESE voit dans un guichet unique efficace une composante essentielle d’un système basé sur la destination. Les initiatives de la Commission, telles que l’extension proposée du mini-guichet unique à l’ensemble des prestations de services des entreprises aux consommateurs (B2C) et des ventes de biens entre entreprises et consommateurs, tant intracommunautaires qu’en provenance de pays tiers, sont donc les bienvenues.

1.6.

Le CESE invite toutes les institutions impliquées dans le processus de la réforme du système de TVA à examiner de quelle manière un système commun pour les services et les biens pourrait être mis en place dans les plus brefs délais, atténuant ainsi les problèmes prévisibles découlant de l’existence de deux systèmes, l’un pour les biens et l’autre pour les services. Une telle évolution serait considérée comme positive par le CESE, pour peu qu’elle soit conforme au principe de neutralité fiscale.

1.7.

Le CESE souligne l’importance de la neutralité fiscale entre les différentes entreprises, tout en faisant valoir que les paiements de la TVA ne sauraient en aucun cas nuire à la liquidité de certaines entreprises. À cet égard, les importateurs de marchandises devraient avoir l’obligation de s’acquitter de la TVA lorsqu’ils mettent effectivement leurs produits sur le marché et non lorsque lesdits produits sont simplement importés et entreposés.

1.8.

En ce qui concerne le statut d’assujetti certifié, le CESE note l’importance qu’accorde la Commission à ce concept pour la transition vers un système de TVA fondé sur le principe de destination et convient que les entreprises dont la fiabilité fiscale est avérée devraient pouvoir bénéficier de mesures de simplification appropriées.

1.9.

Le CESE entend attirer l’attention sur le fait qu’un délai certain sera nécessaire pour que les États membres se mettent d’accord sur le statut d’assujetti certifié et pour que la majorité des entreprises soient certifiées, et compte tenu de l’importance que revêtent les solutions à court terme (quick fixes) présentées dans la proposition pour le bon fonctionnement du système de TVA, il encourage dès lors les États membres à adopter ces solutions rapides pour toutes les entreprises avant que le statut d’assujetti certifié ne soit pleinement finalisé.

1.10.

En ce qui concerne certaines exonérations pour les opérations intracommunautaires figurant dans la proposition modifiant le règlement d’exécution (UE) no 282/2011, le CESE fait remarquer que la demande du Conseil invitant la Commission à simplifier et à clarifier le cadre juridique relatif aux exonérations semble être un outil utile pour réduire la fraude et limiter les coûts de mise en conformité pour les PME.

1.11.

Le CESE considère comme important que la Commission réalise une analyse complète de l’impact réglementaire dans le but d’identifier, également en termes quantitatifs, les implications pratiques du plan d’action sur la TVA dans son ensemble, pour les particuliers, les entreprises et les autorités fiscales.

1.12.

Le CESE souhaite souligner à nouveau qu’il y a lieu de déployer tous les efforts nécessaires pour mettre en œuvre le régime définitif de TVA dans un délai raisonnable, sans quoi le risque existe de voir compromis ou seulement partiellement atteints les objectifs fixés, au détriment du marché intérieur, ainsi que des entreprises et des consommateurs européens.

2. Introduction et contexte

2.1.

Dans sa communication intitulée «Vers un espace TVA unique dans l’Union — L’heure des choix», publiée le 7 avril 2016, la Commission présentait son plan d’action visant à moderniser le système de TVA de l’UE et annonçait plusieurs propositions spécifiques à cette fin.

2.2.

Le plan d’action de la Commission prévoit plus particulièrement de: i) moderniser le système de TVA en l’adaptant aux nouvelles technologies, ii) faciliter la conformité aux règles en matière de TVA pour les PME, iii) concevoir une politique de fixation des taux de TVA adéquate, iv) réduire l’écart de TVA dans les États membres et lutter contre la fraude fiscale.

2.3.

Le commerce transfrontière au sein de l’Union se chiffrant à plus de 4,1 milliards d’EUR (exportations) et 3,9 milliards d’EUR (importations), le bon fonctionnement du système de TVA revêt une importance capitale pour l’ensemble des citoyens européens.

2.4.

Le 1er décembre 2016, la Commission a publié deux propositions: la première sur la modernisation de la TVA dans le cadre du commerce électronique transfrontière (1) et la seconde consacrée aux taux de TVA applicables aux publications électroniques (2).

2.5.

Le 21 décembre 2016, afin de lutter contre la fraude à la TVA et de donner suite aux demandes de certains États membres au sein du Conseil, la Commission a publié une proposition prévoyant la mise en place d’un mécanisme d’autoliquidation généralisé temporaire pour les livraisons de biens et prestations de services dépassant un seuil de 10 000 EUR en valeur.

2.6.

En octobre 2017, la Commission européenne a publié un nouveau train de mesures dans le domaine de la TVA. Ce train de mesures comprend: i) une proposition visant à modifier la directive 2006/112/CE en vigueur relative à la TVA, instaurant le statut d’assujetti certifié et plusieurs mesures correctives (3), ii) des mesures visant à jeter les bases pour une transition graduelle vers le principe de l’imposition dans l’État membre de destination et la responsabilité du fournisseur en tant que règle générale (4), iii) une proposition modifiant le règlement d’exécution (UE) no 282/2011 en vue d’harmoniser et de simplifier les modalités de la preuve du transport intracommunautaire de biens aux fins de l’exonération de la TVA (5), iv) une proposition modifiant le règlement concernant la coopération administrative entre autorités nationales en matière de TVA (6).

2.7.

Plus précisément, la Commission a présenté quatre solutions rapides en vue de réduire la charge administrative qui pèse sur les entreprises dans le cadre du système actuel: i) la simplification des règles en matière de TVA pour les entreprises transportant des marchandises d’un État membre à un autre, lorsque celles-ci doivent être stockées avant livraison à un client connu à l’avance, ii) la simplification et l’harmonisation des règles relatives aux cas d’opérations en chaîne, iii) la simplification de la preuve du transport de marchandises entre deux États membres. Ces simplifications ne concernent que les entreprises dotées du statut d’assujetti certifié. Une quatrième solution à court terme, portant sur le numéro de TVA des partenaires commerciaux enregistrés dans le système électronique de l’UE permettant de vérifier le numéro de TVA (VIES), s’appliquera tant aux entreprises dotées du statut d’assujetti certifié qu’à celles qui ne le sont pas.

2.8.

Pour l’avenir, la Commission entend remplacer progressivement l’actuel régime transitoire de taxation des échanges entre États membres par un accord définitif reposant sur le principe de l’imposition des biens dans le pays de destination, au moyen d’une série de mesures législatives et d’aménagements progressifs.

3. Observations générales: lutte contre la fraude et coopération entre autorités nationales

3.1.

Le système actuel de TVA est extrêmement fragmenté et complexe. De ce fait, il réduit et fausse les échanges commerciaux et les investissements en créant des charges administratives et des barrières commerciales importantes et inutiles pour les entreprises.

3.2.

Le CESE estime que le système de TVA de l’UE devrait être conçu de manière à faciliter le bon fonctionnement du marché intérieur. Plus particulièrement, il devrait être moins fragmenté, géré plus efficacement, notamment en ce qui concerne les échanges transfrontières, et être modernisé en tenant compte de la mondialisation et de la numérisation croissantes de l’économie.

3.3.

Dans le même temps, le Comité rejoint la Commission sur le fait que la fraude à la TVA constitue un problème important — comme le montrent les estimations des pertes de recettes dues à la fraude, qui se chiffrent à un montant de 151 milliards d’EUR — qui appelle l’adoption de mesures concrètes et toujours plus efficaces pour réduire les pratiques illégales, sans toutefois porter atteinte à la consolidation du marché unique (7).

3.4.

Le CESE se félicite de la détermination manifestée par la Commission européenne à réduire l’écart de TVA, ainsi que de l’adoption récente de la directive (UE) 2017/1371 relative à la lutte contre la fraude portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union au moyen du droit pénal, qui prévoit l’intervention du parquet européen en cas de fraude à la TVA d’un montant supérieur à 10 millions d’EUR.

3.5.

Il est donc important d’accorder la priorité à l’objectif de garantie d’un véritable marché intérieur et de lutte contre la fraude, en obtenant sans attendre des résultats tangibles dans ce domaine grâce à une coopération plus étroite entre autorités fiscales concernant l’échange d’informations et la mise en place de bases de données et de plateformes d’échange de données entre les différentes autorités nationales en faveur d’une application efficace des règles fiscales. Plus spécifiquement, le CESE presse la Commission et les autorités fiscales nationales de coopérer plus étroitement et plus intensément au quotidien pour s’assurer que les exigences du marché intérieur soient respectées et réduire les coûts administratifs tant pour les entreprises que pour elles-mêmes. En outre, la Commission européenne et les autorités fiscales nationales devraient, en coopération avec la société civile organisée et d’autres parties prenantes, examiner comment les technologies du futur peuvent contribuer à la lutte contre les fraudes à la TVA, sachant que les nouvelles technologies peuvent constituer un outil utile pour simplifier la charge administrative qui pèse sur les entreprises et les administrations fiscales, ainsi que pour apporter la transparence nécessaire.

3.6.

Le CESE insiste sur la nécessité pour les États membres de créer des enceintes appropriées pour l’échange des bonnes pratiques en matière de perception des recettes, et sur la façon de mettre au point des technologies permettant de faciliter l’exacte perception de la taxe dans les situations d’échanges transfrontières. Il convient en particulier de débattre de systèmes de remboursement de la TVA, de formes d’imposition et de procédures fiscales efficaces, ainsi que de systèmes opérants pour l’échange d’informations sur les fraudeurs. La Commission européenne devrait contribuer à mettre en place de tels forums institutionnels et ainsi renforcer la croissance et réduire les pertes de recettes.

4. Principe de la destination et taux

4.1.

Comme indiqué dans son avis sur le Plan d’action sur la TVA (8), le CESE estime que la refonte du système de TVA actuel doit aboutir à un régime définitif de TVA qui soit non seulement clair, solide et exhaustif, mais également proportionné par rapport aux entreprises, et adapté à la rapidité des changements qui s’opèrent dans l’économie et les marchés.

4.2.

À cet égard, le Comité se rallie à la proposition consistant à prendre comme base pour le système de TVA définitif le principe de la taxation dans le pays de destination, lequel devrait permettre de garantir des conditions plus équitables pour tous les fournisseurs sur un même marché national et se traduire par une baisse des distorsions du marché de l’Union.

4.3.

Un guichet unique efficace est une composante essentielle d’un système basé sur la destination. Les initiatives de la Commission, telles que l’extension proposée du mini-guichet unique à l’ensemble des prestations de services des entreprises aux consommateurs et des ventes de biens entre entreprises et consommateurs (B2C), tant intracommunautaires qu’en provenance de pays tiers, sont donc les bienvenues. En l’absence d’un guichet unique pleinement opérationnel, dont le fonctionnement s’appuierait sur des audits du pays d’origine, des simplifications évolutives et la capacité de compenser la TVA en amont de tous les États membres, un système basé sur la destination quel qu’il soit augmenterait considérablement la charge administrative, en particulier pour les PME.

4.4.

Le CESE souligne l’importance de la neutralité fiscale entre les différentes entreprises, tout en faisant valoir que les paiements de la TVA ne sauraient en aucun cas nuire à la liquidité de certaines entreprises. À cet égard, les importateurs de marchandises sur des marchés nationaux donnés devraient avoir l’obligation de s’acquitter de la TVA lorsqu’ils mettent effectivement leurs produits sur le marché et non lorsque lesdits produits sont simplement importés et entreposés dans l’attente de leur prochaine commercialisation.

4.5.

En ce qui concerne la première phase du plan d’action, qui porte plus spécifiquement sur certaines livraisons de biens, le Comité invite toutes les institutions impliquées dans le processus de la réforme du système de TVA à examiner de quelle manière un système commun pour les services et les biens pourrait être mis en place dans les plus brefs délais, atténuant ainsi les problèmes prévisibles découlant de l’existence de deux systèmes, l’un pour les biens et l’autre pour les services.

4.6.

Cet aspect est particulièrement important étant donné que, dans l’économie numérique, la séparation entre biens et services est devenue de plus en plus floue et devrait encore changer dans le contexte actuel où la technologie évolue à un rythme beaucoup plus élevé que les règles élaborées par les institutions compétentes. Le CESE invite par conséquent la Commission européenne à prendre cet aspect en considération et éventuellement de l’aborder dans le cadre de la réforme en cours du système de TVA.

4.7.

Le CESE estime que la politique en matière de taux de TVA poursuivie par la Commission, qui vise à donner aux États membres une plus grande marge de manœuvre en ce qui concerne les taux réduits, devrait en principe être compatible avec le principe du pays de destination, ce système étant susceptible d’entraîner moins de distorsions dans les échanges.

4.8.

Accorder aux États membres une plus grande latitude pour fixer leurs propres taux ne doit toutefois pas avoir pour conséquence que le système dans son ensemble devienne fragmenté ou excessivement complexe. Dès lors, il importe d’adopter une approche équilibrée, donnant lieu à l’établissement d’un cadre de mise en œuvre clair et prévisible, dans l’intérêt notamment des PME et afin de réduire les coûts de mise en conformité pour les opérateurs économiques en général (9).

4.9.

Il s’ensuit que le nombre d’exceptions autorisées devrait être limité à des cas spécifiques et dûment justifiés, afin d’assurer l’uniformité et la prévisibilité du cadre réglementaire.

4.10.

S’agissant des éventuelles exceptions, le Comité considère que l’objectif de soutien à l’innovation sociale et de renforcement du socle social européen adopté par la Commission pourrait justifier des taux réduits pour les entreprises sociales et le secteur des services sociaux, sur la base des initiatives concrètes que les États membres décideront de prendre à cette fin dans le contexte du nouveau cadre juridique régissant la TVA.

4.11.

Il convient de mettre en place un outil d’information en ligne qui permettra aux entreprises de s’y retrouver parmi les différents systèmes de taux des 28 États membres. Cet outil doit être aisément accessible, fiable et, de préférence, disponible dans toutes les langues de l’UE.

5. Statut d’assujetti certifié

5.1.

En ce qui concerne le statut d’assujetti certifié, le CESE note l’importance qu’accorde la Commission à ce concept pour la transition vers un système de TVA fondé sur le principe de destination et convient que les entreprises dont la fiabilité fiscale est avérée devraient pouvoir bénéficier de mesures de simplification appropriées.

5.2.

Si la notion d’assujetti certifié et l’utilisation dans ce cadre du mécanisme d’autoliquidation sont susceptibles de soulager considérablement les entreprises, le CESE considère que, pour que les entreprises, et en particulier les PME, soient en mesure de demander à bénéficier de ce statut, il est essentiel que des règles et des critères harmonisés, clairs et proportionnés soient mis en œuvre dans l’ensemble des États membres afin de faciliter l’accès le plus large possible au statut d’assujetti certifié.

5.3.

Étant donné le délai certain qui sera nécessaire pour que les États membres se mettent d’accord sur le statut d’assujetti certifié et que la grande majorité des entreprises soient certifiées, et compte tenu de l’importance que revêtent les solutions à court terme présentées dans la proposition pour le bon fonctionnement du système de TVA, le CESE encourage les États membres à adopter ces solutions rapides pour toutes les entreprises avant que le statut d’assujetti certifié ne soit pleinement finalisé.

5.4.

Le CESE souscrit également au point de vue selon lequel il est nécessaire, pour tirer le meilleur parti du statut d’assujetti certifié, d’établir des systèmes de stockage électroniques adéquatement développés et aisément accessibles aux autorités fiscales nationales.

5.5.

Néanmoins, compte tenu du libellé actuel de la proposition de la Commission, il n’est pas possible de présenter une évaluation plus exhaustive et détaillée de ce concept étant donné qu’il reste encore largement à préciser et que les implications concrètes de sa mise en œuvre n’apparaissent pas clairement.

5.6.

À ce stade, le CESE souhaite donc simplement insister sur la nécessité que l’instrument du statut d’assujetti certifié soit sous-tendu par des critères de mise en œuvre clairs et transparents. À cet égard, il convient de noter que définir des critères analogues à ceux qui régissent l’opérateur économique agréé pourrait se traduire par une restriction de l’accès au système de l’assujetti certifié et aux solutions rapides, auxquels seule une part négligeable des milieux d’affaires aurait accès. Le système de l’assujetti certifié risque de n’être accessible qu’à un très petit nombre d’entreprises.

5.7.

Il importe que ce concept fasse l’objet, notamment durant la première phase de sa mise en œuvre, d’un suivi attentif de la part de la Commission européenne, afin d’éviter que les bénéfices générés par son utilisation sur le plan de la simplification fiscale et de la facilité de mise en conformité fiscale ne soient contrebalancés par une perte de sécurité juridique et d’uniformité réglementaire dans le marché intérieur.

5.8.

S’agissant de la proposition modifiant le règlement d’exécution no 282/2011 en ce qui concerne certaines exonérations liées aux opérations intracommunautaires, le CESE fait remarquer que la demande du Conseil invitant la Commission à simplifier et à clarifier le cadre juridique relatif aux exonérations semble être un outil utile pour réduire la fraude et limiter les coûts de mise en conformité pour les PME.

6. Prochaines étapes et observations finales

6.1.

D’une manière générale, le CESE considère qu’il est important que la Commission réalise une analyse complète de l’impact réglementaire dans le but d’identifier, également en termes quantitatifs, les implications pratiques du plan d’action sur la TVA dans son ensemble, pour les particuliers, les entreprises et les autorités fiscales.

6.2.

Enfin, le CESE fait remarquer, à propos de son précédent avis sur le «Plan d’action sur la TVA» (10), qu’il importe de mettre en œuvre l’ensemble des différents volets du plan d’action comme un tout indissociable.

6.3.

Le Comité souhaite souligner à nouveau qu’il y a lieu de déployer tous les efforts nécessaires pour mettre en œuvre le régime définitif de TVA dans un délai raisonnable, sans quoi le risque existe de voir compromis ou seulement partiellement atteints les objectifs fixés, au détriment du marché intérieur et des entreprises européennes qui y déploient leurs activités.

Bruxelles, le 14 mars 2018.

Le président du Comité économique et social européen

Georges DASSIS


(1) COM(2016) 757 final.

(2) COM(2016) 758 final.

(3) COM(2017) 567 final.

(4) COM(2017) 566 final.

(5) COM(2017) 568 final.

(6) COM(2017) 569 final.

(7) Voir l’avis du CESE intitulé «Dérogation à la TVA — Autoliquidation», notamment ses paragraphes 1.2 et 3.2 (JO C 288 du 31.8.2017, p. 52).

(8) JO C 389 du 21.10.2016, p. 43.

(9) Voir l’avis du CESE sur le «Plan d’action sur la TVA» (JO C 389 du 21.10.2016, p. 43), paragraphes 3.1.6 et 3.1.7.

(10) JO C 389 du 21.10.2016, p. 43.


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