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AccueilDroit européen52017AE5796
Avis institutionnel52017AE5796

Avis du Comité économique et social européen sur la proposition de recommandation du Conseil relative à un cadre européen pour un apprentissage efficace et de qualité [COM(2017) 563 final — 2017/0244 (NLE)]

CELEX52017AE5796
TypeAvis institutionnel
Datejeudi 19 avril 2018

Résumé IA

Le Comité économique et social européen approuve la proposition de la Commission visant à établir un cadre européen pour un apprentissage efficace et de qualité. Il souligne l'importance de définir des critères communs, notamment en matière de conditions de travail, de rémunération et de droits des apprentis, tout en insistant sur la nécessité de respecter la diversité des systèmes nationaux de formation. Cet avis vise à harmoniser les pratiques pour renforcer l'employabilité et la mobilité des jeunes au sein de l'Union européenne.

Texte intégral

25.7.2018

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 262/41


Avis du Comité économique et social européen sur la proposition de recommandation du Conseil relative à un cadre européen pour un apprentissage efficace et de qualité

[COM(2017) 563 final — 2017/0244 (NLE)]

(2018/C 262/07)

Rapporteure:

Imse SPRAGG NILSSON

Corapporteure:

Vladimíra DRBALOVÁ

Consultation

Commission européenne, 17.11.2017

Base juridique

Article 29, paragraphe 1, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne

Décision de l’assemblée plénière

17.10.2017

Compétence

Section spécialisée «Emploi, affaires sociales et citoyenneté»

Adoption en section spécialisée

27.3.2018

Adoption en session plénière

19.4.2018

Session plénière no

534

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

194/0/4

1. Conclusions et recommandations

1.1.

Le CESE apprécie l’opportunité de la présente recommandation, car l’apprentissage fait l’objet d’importantes réformes dans la plupart des États membres, et salue la volonté de la Commission européenne de mettre en place une conception européenne commune de ce qui constitue un apprentissage efficace et de qualité.

1.2.

Le Comité reconnaît que l’instrument juridique choisi par la Commission européenne encourage la coordination d’un effort commun visant à améliorer la qualité et l’efficacité de l’apprentissage. Dans le même temps, il laisse une marge de manœuvre aux États membres.

1.3.

Le CESE note que la définition et les critères établis par la Commission européenne dans la proposition de recommandation du Conseil respectent la diversité des systèmes nationaux dans le domaine de l’apprentissage.

1.4.

Le CESE se félicite que la proposition de recommandation invite les États membres à promouvoir la participation active des partenaires sociaux à la conception, à la gouvernance et à la mise en œuvre de programmes d’apprentissage, conformément aux systèmes nationaux de relations du travail et à la pratique en matière d’éducation et de formation.

1.5.

Le Comité estime que la conception, la gouvernance et la mise en œuvre de programmes d’apprentissage devraient également inclure la participation active de ceux qui ne sont traditionnellement pas considérés comme des parties prenantes naturelles dans ce domaine, mais qui sont également utiles au processus, comme par exemple les organisations de jeunes et de parents, les syndicats d’étudiants et les apprentis eux-mêmes.

1.6.

Le CESE reconnaît le rôle positif que peut jouer l’apprentissage pour renforcer les compétences et l’employabilité, en particulier des jeunes, mais souligne que le chômage est un phénomène complexe et qu’une approche globale est nécessaire pour s’attaquer à ses causes profondes au-delà de la question de l’inadéquation des compétences.

1.7.

Le CESE estime que la proposition de recommandation devrait mettre davantage l’accent sur la manière dont les apprentis peuvent jouer un rôle plus actif dans la conception et la gouvernance de leurs parcours d’apprentissage. Le fait de donner aux apprentis la possibilité d’influencer leur expérience d’apprentissage rendrait celle-ci plus productive, ce qui serait également bénéfique pour ceux qui les encadrent.

1.8.

Le Comité plaide pour des liens clairs et pour une coordination et des synergies efficaces avec les initiatives déjà lancées par le réseau du CERAQ (1) et liées à EURES (2).

1.9.

Le CESE demande que des initiatives soient prises pour explorer le potentiel de mobilité transnationale des apprentis dans l’UE. Ces mesures devraient tenir compte des progrès réalisés dans les États membres, en particulier pour ce qui est des défis qui sont liés à la mise en place des conditions nécessaires pour soutenir la mobilité des apprentis.

1.10.

Le CESE se félicite de l’intention de contrôler la mise en œuvre de la recommandation avec le soutien du comité consultatif pour la formation professionnelle (CCFP), ainsi que dans le cadre du Semestre européen, et suggère d’élaborer des indicateurs pour évaluer l’impact au niveau national. Le Comité est prêt à évaluer la mise en œuvre de la recommandation dans les États membres du point de vue de la société civile organisée.

2. Contexte de la proposition de recommandation du Conseil

2.1.

La proposition de cadre européen pour un apprentissage efficace et de qualité fait suite à la «nouvelle stratégie en matière de compétences pour l’Europe» (3) de 2016 et contribue à la mise en œuvre de l’objectif prioritaire de l’UE concernant l’emploi, la croissance et l’investissement. Elle complète les principes inscrits dans le socle européen des droits sociaux et soutient sa mise en œuvre au niveau national. Un apprentissage efficace et de qualité revêt également une importance cruciale pour une mise en œuvre réussie de la garantie pour la jeunesse, et cette proposition répond à l’appel de plus en plus pressant en faveur d’une meilleure qualité des stages au titre de l’initiative de la garantie pour la jeunesse.

2.2.

Dans le cadre du programme de projets intégrés pour la période 2014-2016 relevant du dialogue social de l’UE, les partenaires sociaux européens ont lancé différents projets portant sur l’apprentissage: alors que la CES a mis l’accent sur la qualité de l’apprentissage, BusinessEurope, l’UEAPME et le CEEP ont privilégié le rapport coût-efficacité. Leurs travaux ont abouti à une déclaration commune intitulée «Vers une vision partagée de l’apprentissage» (4), qui affirme l’importance de la qualité de l’apprentissage et de son efficacité au regard des coûts.

2.3.

En juillet 2013, l’Alliance européenne pour l’apprentissage (EAfA) a été créée en tant que plateforme unique rassemblant gouvernements et parties prenantes [entreprises, partenaires sociaux, chambres, prestataires d’enseignement et de formation professionnels (EFP), régions, représentants de la jeunesse et groupes de réflexion] dans le but de renforcer la qualité, l’offre et l’attractivité de l’apprentissage en Europe (5).

2.4.

L’instrument proposé, qui est une recommandation du Conseil, respecte les principes de subsidiarité et de proportionnalité. Cet instrument juridique marque l’engagement des États membres en faveur des mesures prévues dans la recommandation et constitue une base politique solide pour la coopération à l’échelle européenne dans ce domaine. L’apprentissage étant généralement fondé sur un contrat de travail ou sur d’autres relations contractuelles, les apprentis sont considérés à la fois comme des travailleurs et des apprenants en milieu professionnel. Par conséquent, l’initiative trouve sa base juridique dans les articles 153, 166 et 292 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE).

2.5.

La recommandation a pour objectif général «d’améliorer l’employabilité et le développement personnel des apprentis et de contribuer à la mise en place d’une main-d’œuvre hautement compétente et qualifiée, capable de s’adapter aux besoins du marché du travail» (6). Son objectif spécifique est de «fournir un cadre cohérent pour l’apprentissage sur la base d’une interprétation commune de ce qui en détermine la qualité et l’efficacité, compte tenu de la diversité des systèmes d’EFP dans les États membres».

2.6.

Aux fins de la recommandation, on entend par «apprentissage»: «tout programme formel d’EFP qui associe une composante importante de formation en milieu professionnel (entreprise et autres lieux de travail) et une composante de formation dispensée dans des établissements d’enseignement ou de formation, qui débouche sur des certifications reconnues à l’échelon national et se caractérise par l’existence d’une relation contractuelle entre l’apprenti, l’employeur et/ou l’établissement d’EFP et par la rémunération ou indemnité versée à l’apprenti pour son travail».

2.7.

Afin de garantir que les programmes d’apprentissage répondent aux besoins du marché du travail et apportent des avantages à la fois aux apprenants et aux employeurs, la proposition définit et recommande des critères pour un apprentissage efficace et de qualité dans deux domaines complémentaires. La première série de critères spécifiques, qui concernent «la formation et les conditions de travail», comprend: un contrat écrit, des acquis d’apprentissage; un soutien pédagogique; une composante liée au lieu de travail; une rémunération et/ou indemnité; une protection sociale, ainsi que des conditions de santé et de sécurité. La seconde série de critères spécifiques, qui ont trait aux «conditions générales», regroupe: un cadre réglementaire; une participation des partenaires sociaux; un soutien aux entreprises; des parcours flexibles et de la mobilité; une orientation professionnelle et une sensibilisation; la transparence, ainsi qu’une assurance de la qualité et un suivi des diplômés.

3. Observations générales

3.1.

Le CESE accueille favorablement et soutient la recommandation proposée, qui prolonge et complète les récentes initiatives à tous les niveaux, axées sur la relance de la qualité et de l’efficacité de l’apprentissage au sein de l’Union européenne.

3.2.

Dans la déclaration de Rome de 2017, les chefs d’État ou de gouvernement se sont engagés à œuvrer à la réalisation d’une «Union où les jeunes bénéficient du meilleur niveau d’éducation et de formation et peuvent étudier et trouver un emploi sur tout le continent». Un élément essentiel de cet engagement était d’apporter aux jeunes les compétences qui peuvent leur permettre d’accéder plus facilement au marché du travail. L’apprentissage constitue un moyen efficace pour y parvenir.

3.3.

Il est clair que l’apprentissage ne peut être la solution au problème du chômage. Il peut s’avérer utile pour mettre à niveau les compétences des chômeurs de tous âges ou les requalifier afin de les réinsérer sur le marché du travail. Il devrait également être proposé aux personnes issues de l’immigration en tant qu’approche politique efficace pour promouvoir l’inclusion sociale et une main-d’œuvre intégrée. Dans le même temps, il faut éviter que l’apprentissage soit orienté vers des emplois peu qualifiés et des formations déficientes qui pourraient nuire à sa réputation.

3.4.

En tant que formation en milieu professionnel, l’apprentissage permet aux individus d’acquérir des qualifications formelles, ainsi que des aptitudes et des compétences spécifiques à la profession qui correspondent aux besoins du marché du travail, ce qui améliore leur employabilité et leurs perspectives d’emploi (7). L’expérience d’apprentissage devrait aboutir à des aptitudes et des compétences solides pouvant être utilisées dans un contexte plus vaste que le stage d’apprentissage en question. Une telle approche permet de favoriser le développement personnel des individus et les aide à acquérir des compétences techniques, numériques, non techniques et sociales dans le cadre d’une démarche intégrée.

3.5.

Cet instrument peut s’avérer particulièrement efficace pour passer plus facilement du monde de l’enseignement et de la formation au monde professionnel (8). Cette période de transition est de plus en plus longue pour un grand nombre de jeunes, et il convient d’accorder une attention accrue à la nécessité de la réduire. Par conséquent, les possibilités de formation telles que l’apprentissage devraient être rendues encore plus pertinentes, grâce à la définition de normes de qualité et à la mise en place de systèmes efficaces.

3.6.

Si les apprentis sont, la plupart du temps, de jeunes apprenants, le Comité aimerait souligner que les programmes d’apprentissage devraient être conçus de manière à être attrayants pour les adultes. L’apprentissage destiné aux apprenants plus âgés offre la possibilité d’obtenir des qualifications qui renforcent l’employabilité et créent de nouvelles possibilités d’évolution de carrière.

3.7.

Les employeurs sont de plus en plus confrontés à des pénuries de travailleurs dotés des compétences adéquates permettant de répondre à leurs besoins et de rester compétitifs. L’apprentissage peut offrir aux apprentis des compétences qui améliorent leur employabilité tout en étant recherchées sur le marché de l’emploi. S’il existe une adéquation entre les compétences dont ont besoin à la fois les apprentis et les employeurs, les programmes d’apprentissage peuvent s’avérer intéressants pour les deux parties. Par ailleurs, l’apprentissage permet aux employeurs de former des personnes, d’investir en elles et d’engager, à terme, des employés qualifiés et motivés (9).

3.8.

Le CESE constate que les entreprises analysent la manière dont elles peuvent participer à des programmes d’apprentissage afin de les rendre plus attrayants et plus profitables pour elles. Il souligne par ailleurs que l’efficacité de l’apprentissage est un concept aux multiples facettes, qui ne se limite pas à une analyse des coûts et des avantages. D’une part, l’efficacité consiste à reconnaître que les fournisseurs d’apprentissage investissent dans la mise en place d’une expérience d’apprentissage et qu’à terme, ils attendent un retour sur investissement sous la forme d’une meilleure adéquation des compétences, ce qui encourage et favorise l’offre de places d’apprentissage (10). D’autre part, il s’agit de mener efficacement les personnes vers le marché du travail d’une manière qualitative.

4. Conception et mise en œuvre de programmes d’apprentissage — une approche fondée sur le partenariat

4.1.

Dans de nombreux pays, il y a lieu d’améliorer les systèmes d’apprentissage existants et de renforcer leur attractivité. Parmi les défis à relever figurent la perception négative que peut avoir le public de l’apprentissage, la valeur éducative, le manque d’attractivité pour les employeurs ainsi que le caractère restreint, voire l’absence, du partenariat avec la société civile organisée pour la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des systèmes.

4.2.

L’apprentissage est avant tout une possibilité de formation et devrait dès lors se fonder sur une approche centrée sur les apprenants, tout en s’adaptant au mieux à leurs intérêts, leurs capacités et possibilités, et en tenant compte des besoins du marché du travail. Cela signifie qu’il convient de veiller à ce que les apprentis développent pleinement leur potentiel et atteignent leurs objectifs d’apprentissage, ce qui profiterait également aux employeurs.

4.3.

Le point de vue des apprentis devrait être pris en compte dans les décisions pouvant avoir un impact direct sur eux et sur leurs droits avant, pendant et après leur stage. Ils devraient avoir leur mot à dire concernant les objectifs d’apprentissage de leur placement, ainsi que la possibilité de fournir un retour d’information sur la qualité et l’efficacité de leur apprentissage. L’absence de structures de représentation des apprentis les empêche de faire entendre leur voix.

4.4.

L’apprentissage peut aider les jeunes, ainsi que les adultes, à acquérir des compétences et des aptitudes étendues dans un emploi ou une profession et à renforcer leur employabilité. Toutefois, dans de nombreux cas, ce potentiel n’est pas exploité car la qualité de l’apprentissage fait défaut, sa valeur éducative ne constitue pas une priorité et les droits des apprentis ne sont pas respectés comme il se doit.

4.5.

En outre, le CESE est d’avis qu’un marché du travail dynamique a davantage besoin de compétences que d’aptitudes. Par conséquent, les acquis de l’apprentissage doivent privilégier des compétences durables plutôt que des aptitudes à court terme.

4.6.

L’apprentissage devrait comporter un important volet de pratique en milieu professionnel; au moins la moitié de la formation devrait être consacrée à l’apprentissage concret des spécificités du secteur, et dans la mesure du possible, l’apprentissage devrait être associé à une expérience internationale.

4.7.

Les formateurs, tuteurs ou responsables des stages devraient être dûment diplômés et dotés des aptitudes nécessaires, à la fois pédagogiques et spécifiques à la profession exercée, pour former des apprentis. Ils devraient en outre avoir accès à la formation continue conformément au principe de l’apprentissage tout au long de la vie.

4.8.

L’on ne peut garantir une synergie entre la qualité, l’efficacité et l’attractivité de l’apprentissage que grâce à une coopération étroite, aux niveaux national, régional et local, entre tous les acteurs concernés, à savoir les prestataires de formation, les partenaires sociaux et les autres organisations de la société civile, ainsi que les apprentis.

4.9.

Il convient de mettre en place des structures à tous les niveaux de gouvernement, auxquelles prendraient part tous les acteurs socio-économiques concernés (tels que les fournisseurs d’apprentissage, les organisations d’employeurs, les syndicats, les chambres, les organisations de jeunesse, les syndicats d’étudiants, les apprentis), dotées de rôles et de processus clairement définis devant permettre d’influencer la prise de décisions et d’y jouer un rôle en ce qui concerne la conception, la mise en œuvre et le suivi des programmes d’apprentissage.

5. Promouvoir l’apprentissage

5.1.

Pour remédier au fait que l’apprentissage est perçu comme un parcours éducatif moins prestigieux ou moins attrayant, notamment pour les jeunes, il importe de le promouvoir comme un choix pertinent et comme une opportunité d’apprentissage de qualité égale et non pas comme un instrument actif du marché du travail.

5.2.

La promotion de l’apprentissage doit aller de pair avec les efforts visant à lutter contre les stéréotypes de genre fondés sur les rôles sociaux traditionnels, qui continuent d’exercer une influence négative sur les stages d’apprentissage et le recours à ces derniers, ainsi que sur la promotion et la publicité de l’apprentissage.

5.3.

Tous les acteurs concernés, qu’il s’agisse des responsables politiques, des partenaires sociaux, des organisations de la société civile ou des établissements d’enseignement, jouent un rôle crucial et doivent travailler ensemble pour renforcer l’attractivité de l’apprentissage. La promotion d’un message plus positif concernant l’apprentissage doit aller de pair avec l’amélioration de la qualité et de l’efficacité des programmes et y être subordonnée.

5.4.

Les pouvoirs publics devraient consacrer davantage de ressources à la mise en œuvre de mesures visant à promouvoir l’apprentissage au niveau local auprès des apprentis potentiels et à inciter les employeurs à offrir des possibilités d’apprentissage.

5.5.

Le CESE estime qu’il est possible d’utiliser le FSE pour aider à mettre en place ou à développer davantage des programmes d’apprentissage efficaces et de qualité dans les États membres qui ont besoin d’une aide financière et technique plus importante pour atteindre les objectifs du cadre.

5.6.

Il est essentiel de fournir aux employeurs, et notamment aux PME et microentreprises, le soutien financier et non financier dont ils ont besoin pour mettre en place des stages et des programmes d’apprentissage qui soient efficaces et de qualité.

5.7.

Le processus visant à forger une nouvelle image de l’apprentissage doit se fonder sur une approche équitable, inclusive, non discriminatoire et innovante. Les personnes les plus défavorisées de notre société devraient avoir accès aux meilleurs soutien et conseils pour les orienter vers une éducation de qualité et une formation en milieu professionnel qui correspondent au mieux à leurs intérêts et à leurs aspirations. Il y a lieu d’instaurer des mesures à tous les niveaux afin de lutter contre la discrimination fondée sur le statut de migrant, le milieu socio-économique, l’appartenance ethnique, la religion, l’âge, le sexe ou tout autre facteur pouvant entraver l’égalité d’accès aux possibilités d’apprentissage.

6. Conditions d’apprentissage et de travail

6.1.

Le CESE estime que l’apprentissage devrait s’appuyer sur un document écrit et juridiquement contraignant, qu’il s’agisse d’une convention de formation ou d’un contrat écrit, entre l’employeur, l’apprenti et l’établissement d’enseignement ou de formation. Ce document devrait définir clairement les droits et obligations de toutes les parties et inclure une description des objectifs d’apprentissage, des tâches, ainsi que d’autres informations pertinentes sur le stage (notamment, mais pas exclusivement, sa durée, le temps de travail, la rémunération, etc.).

6.2.

Le CESE est fermement convaincu que les apprentis ont droit à une rémunération et/ou une indemnité décente, qui doit être négociée par voie de conventions collectives ou conformément aux exigences nationales ou sectorielles. Un salaire ou une indemnité adéquats peuvent permettre à un plus grand nombre de personnes d’opter pour l’apprentissage, en particulier à celles qui sont issues de milieux à faibles revenus, et permettre d’éviter l’utilisation abusive de l’apprentissage en tant que travail non rémunéré et exagérément flexible.

6.3.

Le CESE rappelle qu’il est important de garantir que les apprentis soient correctement et rapidement informés de tout risque que peuvent représenter pour leur santé et leur sécurité les activités menées dans le cadre de leur apprentissage, et qu’ils soient pleinement couverts par les réglementations en matière de santé et de sécurité.

7. Suivi et évaluation des programmes d’apprentissage

7.1.

Tous les fournisseurs d’apprentissage devraient s’engager à respecter des normes de qualité. Les apprentis devraient toujours bénéficier d’un encadrement par un superviseur compétent avant, pendant et après la période d’apprentissage, afin de s’assurer que leurs objectifs d’apprentissage sont atteints, que leurs droits sont respectés, et que la qualité est assurée.

7.2.

Un système de contrôle devrait être mis en place afin d’observer non seulement les progrès accomplis par les apprentis pour atteindre leurs objectifs d’apprentissage, mais aussi la qualité et la pertinence de l’expérience d’apprentissage. Les résultats d’une telle procédure d’évaluation devraient être communiqués aux apprentis ainsi qu’aux fournisseurs d’apprentissage afin de leur permettre de s’améliorer si cela s’avère nécessaire. Dans la mesure du possible, ce système de contrôle pourrait être utilisé comme une méthode pour mesurer la proportion d’apprentissages qui permettent ultérieurement aux apprentis de trouver un emploi.

8. Reconnaissance des qualifications

8.1.

Les programmes d’apprentissage devraient déboucher sur des qualifications officiellement reconnues au niveau national, européen et international, conformément au cadre européen des certifications. Les qualifications reconnues permettraient d’améliorer l’employabilité et la mobilité des apprentis au niveau national et au sein de l’UE. Elles devraient ouvrir des passerelles et permettre aux apprentis d’accéder à l’enseignement supérieur après avoir achevé leur apprentissage.

Bruxelles, le 19 avril 2018.

Le président du Comité économique et social européen

Luca JAHIER


(1) Le CERAQ est le cadre européen de référence pour l’assurance de la qualité dans l’enseignement et la formation professionnels.

(2) EURES est le portail européen sur la mobilité de l’emploi.

(3) COM(2016) 381 final.

(4) Déclaration commune des partenaires sociaux européens, «Towards a Shared Vision of Apprenticeships» (Vers une vision partagée de l’apprentissage), 30 mai 2016.

(5) Alliance européenne pour l’apprentissage.

(6) COM(2017) 563 final.

(7) Avis du CESE sur le thème «Accroître les performances des systèmes nationaux de formation en alternance» (JO C 13 du 15.1.2016, p. 57).

(8) Il est établi que 60 à 70 % des apprentis trouvent directement un emploi à l’issue de leur apprentissage et, dans certains cas, cette proportion atteint 90 % (page de la Commission européenne consacrée à l’apprentissage).

(9) Cedefop, 2015, note d’information intitulée «Formations en apprentissage efficaces pour petites et moyennes entreprises».

(10) Avis du CCFB intitulé «Une vision partagée pour un apprentissage et une formation par le travail efficaces et de qualité», 2 décembre 2016.


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