| CELEX | 52017AE5985 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | jeudi 19 avril 2018 |
| 25.7.2018 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 262/80 |
Avis du Comité économique et social européen sur la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — Renforcer les réseaux énergétiques de l’Europe
[COM(2017) 718 final]
(2018/C 262/14)
| Rapporteur: | Andrés BARCELÓ DELGADO |
| Saisine | Commission européenne, 12.2.2018 |
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| Base juridique | Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
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| Compétence | Section spécialisée «Transports, énergie, infrastructures et société de l’information» |
| Adoption en section spécialisée | 5.4.2018 |
| Adoption en session plénière | 19.4.2018 |
| Session plénière no | 534 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 157/1/2 |
1. Conclusions et recommandations
LE COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN
| 1.1. | adhère à l’idée qu’un réseau énergétique européen doté des interconnexions appropriées constitue un élément indispensable pour atteindre l’objectif de l’union de l’énergie, à savoir offrir l’assurance d’une énergie abordable, sûre et durable, qui garantisse une transition énergétique compétitive vers une économie à faible intensité de carbone; |
| 1.2. | réaffirme qu’étant donné que tous les objectifs que l’Union européenne poursuit en matière climatique et dans le domaine de la sécurité énergétique sont indissociables, il conviendrait qu’aucun d’entre eux ne soit considéré comme subalterne par rapport aux autres, même si certains ne sont pas contraignants pour les États membres; |
| 1.3. | estime que les investissements dans les infrastructures de réseaux doivent s’effectuer avec la même intensité que ceux portant sur les autres volets du secteur énergétique et, plus particulièrement, être réalisés d’une manière qui soit coordonnée avec l’essor des énergies renouvelables, et, par conséquent, demande à la Commission et aux États membres de veiller à ce que les réseaux énergétiques tant transnationaux que nationaux soient déployés de manière adéquate, afin qu’ils permettent un développement commun ouvrant la voie à la réalisation des objectifs de l’Union; |
| 1.4. | engage la Commission et les États membres à élaborer tous les deux ans des rapports de suivi examinant dans quelle mesure les objectifs de développement des énergies renouvelables et de déploiement des réseaux nationaux et transnationaux ont été atteints, afin de garantir que ces énergies et ces réseaux soient mis en place sur un mode coordonné, en prêtant une attention particulière aux goulets d’étranglement qui entravent le transport de l’énergie renouvelable; |
| 1.5. | constate que dans plusieurs États membres, il ne sera pas possible de parvenir à l’objectif de 10 % d’interconnexion qui a été fixé pour 2020, et que les difficultés inhérentes au développement de ces projets, qu’il s’agisse de la complexité de leur parcours administratif, de leurs répercussions politiques, de leur financement ou de leur non-acceptation par la société, compromettent la réalisation des buts définis pour 2030 et, ainsi, compliquent la bonne exécution de l’ensemble des politiques de l’Union européenne en matière climatique; |
| 1.6. | fait observer qu’associer activement la société civile organisée aux phases de conception des projets d’interconnexion peut contribuer à atténuer les réticences de la collectivité à l’encontre de certains d’entre eux; |
| 1.7. | réclame que l’Union européenne accomplisse des progrès concernant le règlement sur la gouvernance de l’union de l’énergie, en donnant la possibilité de prendre les mesures voulues pour faciliter le développement des interconnexions dans les zones qui accusent actuellement un fort déficit par rapport à l’objectif de 10 %; |
| 1.8. | recommande d’ajouter à l’indicateur du pourcentage d’interconnexion par pays un suivi de ces chiffres par zones géographiques, comme la péninsule ibérique, ainsi que de reprendre des indicateurs qui suivent les différences de prix entre les marchés de gros, afin de donner la priorité à l’exécution des PIC concernant les zones où elles sont les plus fortes; |
| 1.9. | reconnaît que grâce à l’appui financier obtenu par le truchement du mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE), dont la dotation pour les infrastructures énergétiques atteint 5 350 millions d’euros sur la période qui s’étend jusqu’à 2020, complété par d’autres dispositifs d’aide et le travail des groupes régionaux, il a été possible de développer un plus grand nombre de projets, qui ont eu pour effet que l’Union européenne a progressé sur la voie menant à la réalisation du marché intérieur de l’énergie; |
| 1.10. | insiste pour que le budget affecté à l’aide aux projets d’interconnexion soit revu, étant donné que les montants qui lui sont actuellement alloués pourraient s’avérer insuffisants pour parvenir à réaliser les objectifs fixés; |
| 1.11. | demande aux États membres et à la Commission de renforcer les mécanismes de solidarité et de sécurité partagée, de manière à ce qu’il soit possible de réaliser la transition énergétique et les objectifs de sécurisation des approvisionnements en bénéficiant d’un bon rapport entre les coûts et les avantages, pour le plus grand profit de la compétitivité industrielle de l’Europe et de ses citoyens; |
| 1.12. | conseille à la Commission et aux États membres de promouvoir des outils de gestion (logiciels) qui augmentent l’efficacité avec laquelle les interconnexions fonctionnent. |
2. La politique des réseaux transeuropéens d’énergie
| 2.1. | Pour réaliser les buts qu’elle poursuit en matière de changement climatique, de compétitivité et de sécurité énergétique, l’Union européenne s’est fixé, s’agissant de développer les réseaux de transport d’énergie, des objectifs qui lui permettront de mener à bien le processus de la transition énergétique vers une économie à faible intensité de carbone. En particulier, l’Union européenne s’est assigné comme visée à l’horizon 2020 que chaque État membre atteigne un taux de 10 % d’interconnexion avec ses voisins. En outre, pour que la réalisation des objectifs de production à partir de sources renouvelables s’accompagne d’un développement satisfaisant des interconnexions, un accord s’est dégagé au Conseil européen pour porter à 15 % le pourcentage-cible à viser pour 2030 en ce qui concerne l’interconnexion électrique. |
| 2.2. | En 2013, dans le but de garantir que ce taux de 10 % d’interconnexion soit atteint, l’Union européenne a adopté le règlement sur les réseaux transeuropéens d’énergie (RTE-E) et a lancé le mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE), jetant ainsi les bases nécessaires pour repérer, appuyer et mettre en œuvre prioritairement les «projets d’intérêt commun» (PIC) qui sont indispensables pour mettre en place un réseau énergétique transeuropéen présentant une bonne capacité de réaction aux chocs. |
| 2.3. | Les investissements dans les réseaux européens d’énergie atteindront, d’ici 2030, 180 milliards d’euros et l’on estime qu’une fois menés à bien, ils dégageront des économies comprises entre 40 et 70 milliards d’euros par an, grâce aux dépenses de production qui pourront être évitées et à des prix de gros plus compétitifs dans le secteur du gaz, qui allégeront la facture de la transition énergétique. La troisième liste des projets d’intérêt commun, qui doit encore être adoptée par le Parlement européen, recense 173 projets concourant à la réalisation des objectifs d’interconnexion à l’horizon 2020 et 2030. Quelque ambitieuses que soient la liste des projets et les mesures qui existent pour les soutenir, les difficultés techniques qui leur sont propres, tout comme leurs implications politiques et administratives ou les réticences de la société à leur égard, font que sur les 173 qui ont été retenus lors de la troisième révision des PIC, effectuée en 2017, moins de 30 % auront été menés à bien à l’échéance de 2020. Une des raisons qui ont contribué à ce retard est que le niveau national n’a pas effectué intégralement la mise en œuvre des règles relatives aux RTE-E. |
| 2.4. | Pour enregistrer des progrès dans la réalisation des objectifs, la Commission a créé quatre groupes à haut niveau, visant à accélérer le développement des infrastructures dans quatre zones bien définies. 2.4.1. Plan d’interconnexion des marchés énergétiques de la région de la Baltique (PIMERB) La priorité politique consiste ici à synchroniser le réseau électrique des États baltes avec celui de l’Europe continentale, ainsi qu’à désenclaver les réseaux gaziers de ces pays et de la Finlande et à mettre un terme à leur dépendance vis-à-vis d’une source unique de gaz. Le CESE est pleinement favorable à la conclusion d’un accord politique qui stimule les projets d’intérêt commun du secteur du gaz, pour qu’ils soient menés à bonne fin en 2021, en ce qui concerne l’interconnexion tant de l’Estonie et de la Finlande que de la Pologne et de la Lituanie. 2.4.2. La péninsule ibérique (déclaration de Madrid) Même si la liaison du golfe de Gascogne a été approuvée, il faut déplorer que les interconnexions entre la péninsule ibérique et le reste de l’Europe soient malheureusement loin d’atteindre les objectifs fixés pour 2020 et se situent très en deçà de ceux définis pour 2030. Le niveau d’interconnexion atteint entre l’Espagne et le Portugal ne résout pas le problème de fond, qui est celui d’un déficit de connexions de la péninsule ibérique avec la France, puisque ses interconnexions avec ce pays se situent aux alentours de 2,8 %, alors que le passage par le territoire français constitue la seule manière dont elle puisse s’interconnecter avec l’Europe et s’intégrer dans le marché intérieur. La faiblesse de ce pourcentage d’interconnexion constitue l’un des facteurs expliquant que les prix de l’électricité dans la péninsule ibérique comptent parmi les plus chers en Europe et qu’elle ait également à supporter des coûts très élevés pour intégrer les renouvelables dans son système, puisqu’il est nécessaire, pour ce faire, de prévoir d’importantes capacités d’appoint et de mettre en œuvre des procédures qui permettent de gérer un haut taux de fluctuabilité dans l’articulation des composantes de son bouquet de production d’énergie. Les récentes déclarations du président Macron témoignent du soutien politique qui est indispensable pour les deux interconnexions pyrénéennes, lesquelles, cependant, en sont encore à un stade embryonnaire. 2.4.3. La connectivité énergétique en Europe centrale et dans le Sud-Est européen La région du centre et du sud-Est de l’Europe est exposée aux ruptures d’approvisionnement et paie pour son gaz des tarifs plus élevés que le reste de l’Union européenne, malgré sa proximité géographique avec son fournisseur. Les principaux objectifs sont la mise en service de l’interconnexion Bulgarie-Serbie, le début des investissements dans le terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) de Krk, au premier semestre de 2018, et le lancement des travaux de construction du corridor Bulgarie-Autriche, concernant son tronçon roumain. 2.4.4. La coopération énergétique en mer du Nord Les efforts se sont concentrés sur l’objectif d’articuler la production et le transport d’énergie issue de sources renouvelables, ainsi que de créer un cadre juridique et réglementaire qui favorise ce type de projets, dans une zone dont le potentiel pour produire de l’électricité atteindra de 4 à 12 % de la consommation de l’Union européenne en 2030. |
3. Réorienter à plus long terme la politique en matière d’infrastructures
| 3.1. | Même si la Commission et les États membres ont consenti un effort considérable en encourageant les projets d’intérêt commun, la réalité sur le terrain est qu’en raison tant de difficultés techniques que de contraintes bureaucratiques et de budgets limités, seul un petit nombre de ceux qui y figurent pourront être menés intégralement à bien d’ici 2020, de sorte qu’il s’impose de réexaminer d’urgence le calendrier de mise en œuvre de l’ensemble de ces projets, en donnant la priorité aux zones qui sont dans la position la moins favorable pour la réalisation des objectifs d’interconnexion. |
| 3.2. | Le CESE considère qu’il y a lieu d’intégrer dans les PIC des critères de cybersécurité, afin de limiter les risques auxquels sont exposés les citoyens européens. La numérisation aura pour effet que dans les nouveaux projets d’investissement, la part prise par les systèmes ira sans cesse croissant. |
| 3.3. | Pour les interconnexions gazières, la priorité doit être accordée aux PIC qui contribuent de manière substantielle à garantir la sécurité d’approvisionnement des États membres face aux risques découlant d’actions de pays tiers comme aux contraintes techniques. |
| 3.4. | Pour ce qui est des objectifs d’interconnexion électrique, l’analyse présente le défaut de considérer chaque pays séparément. Le CESE estime qu’il y a lieu de reprendre l’exercice par zones géographiques, en tenant compte des regroupements par États membres qui sont indispensables pour éviter les goulets d’étranglement dans les connexions des réseaux entre eux. Cette étude s’impose tout particulièrement pour les configurations où un État ne peut s’interconnecter avec le reste de l’Europe que par l’intermédiaire d’un autre, comme c’est le cas de la péninsule ibérique, de Chypre, de Malte et de l’Irlande. |
| 3.5. | Les interconnexions des États membres qui accusent un fort déficit de connexion, tels ceux de la péninsule ibérique, de l’Europe du Sud-Est, de la Pologne ou de l’Irlande, pour ne prendre que ces quelques exemples, doivent avoir rang de priorités, et le CESE insiste pour que la Commission et les pays de l’Union européenne élaborent les mesures voulues afin de les réaliser sans accumuler indument les retards. |
| 3.6. | En 2020, l’objectif d’arriver à 10 % d’interconnexion électrique ne sera pas atteint à Chypre, en Espagne, en Italie, en Pologne ou au Royaume-Uni et il est fort contestable d’avoir inclus l’Irlande et le Portugal dans la liste des pays qui y sont «parvenus». Au vu des données mêmes de la Commission, l’objectif d’atteindre 15 % d’interconnexion électrique en 2030 paraît difficilement réalisable, surtout si l’on analyse correctement la situation suivant les goulets d’étranglement géographiques et non plus seulement par État membre. |
| 3.7. | Dans la perspective de réaliser les objectifs définis pour 2030, il a été entrepris de définir de nouveaux seuils pour mesurer les besoins d’interconnexion et d’intégration au marché intérieur. Ils s’établissent comme suit:
Avec ces trois seuils, les objectifs de développement des énergies renouvelables et d’intégration au marché intérieur sont mis en relation directe avec ceux d’interconnexion, dans une démarche qui contribue positivement à les réaliser tous de concert. |
| 3.8. | En ce qui concerne les nouveaux seuils qui ont été établis, et compte tenu des limites qui résultent du choix d’effectuer l’analyse pays par pays, on recense six États membres où aucun des trois n’est respecté, à savoir Chypre, l’Espagne, la Grèce, l’Irlande, l’Italie et le Royaume-Uni. Il conviendrait d’y ajouter le Portugal et Malte, qui, s’ils dépassent deux des seuils, n’y parviennent que par une connexion exclusive à un autre pays, respectivement l’Espagne et l’Italie. Les pays baltes, ainsi que l’Allemagne, la Bulgarie, la Pologne et la Roumanie satisfont pour leur part à deux des trois seuils, tandis que les autres États membres, qui les respectent tous trois, peuvent être considérés comme pleinement intégrés. |
| 3.9. | De l’analyse du pourcentage d’interconnexion de chacun des États membres, comme de celle des trois nouveaux seuils, il ressort très clairement que pour plusieurs pays de l’Union européenne, il sera fort ardu d’atteindre les objectifs fixés à l’échéance de 2030. L’un des principaux problèmes en la matière est que l’objectif d’interconnexion ne revêt pas un caractère contraignant pour les États membres: cette absence d’obligation en complique la réalisation, d’autant qu’elle s’ajoute aux retards inhérents à ce type de projets, lesquels ont pour origine la nécessité de dégager un consensus politique, les contraintes pesant sur le financement, la question du retour sur investissement et les problèmes d’acceptation sociale. Les objectifs que l’Union européenne poursuit en matière climatique et dans le domaine de la sécurité énergétique étant tous liés d’une manière indissociable, il conviendrait de considérer qu’aucun d’entre eux ne revêt une importance subalterne par rapport aux autres. |
| 3.10. | L’Union européenne doit continuer à s’efforcer de faire discuter et adopter son règlement sur la gouvernance, en se plaçant dans une perspective ambitieuse, qui traite sur un pied d’égalité l’objectif de réalisation des interconnexions et celui du développement des énergies renouvelables, afin de s’assurer que les États membres et la Commission déploient sur-le-champ tous les efforts voulus pour atteindre le plus rapidement possible l’objectif d’interconnexion de 10 % qui ouvre l’accès au marché intérieur de l’énergie dans l’Union. En outre, dans le cas des projets qui augmentent dans des proportions significatives les capacités actuelles d’interconnexion dans des points qui se situent en deçà de l’objectif de 10 %, il convient de mobiliser tous les instruments financiers disponibles, comme le mécanisme pour l’interconnexion en Europe, les Fonds structurels et d’investissement européens et le Fonds européen pour les investissements stratégiques. Lesdits projets devraient bénéficier d’un traitement réglementaire spécifique, passant par un renforcement des mesures de gouvernance européenne, de manière que le démarrage en soit accéléré. |
| 3.11. | En coopération avec la Commission, les groupes régionaux doivent assurer une évaluation continue, de chaque dossier, en donnant la priorité à la réalisation de ces PIC, y compris par l’adoption des mesures requises pour en faciliter l’exécution, dont, en particulier, la simplification des procédures administratives, et en favorisant la conclusion d’accords entre États membres par la tenue de réunions au plus haut niveau. Une mise en œuvre concertée s’impose, entre toutes les parties concernées, dont les États membres, les gestionnaires des réseaux de transport, les promoteurs et les régulateurs. Des initiatives telles que le forum pour les infrastructures énergétiques, qui se déroule chaque année à Copenhague et est ouvert à la participation de tous ces intervenants, jouent un rôle très positif pour tenter de dégager des solutions aux problèmes que pose le développement de projets d’interconnexion. |
4. La sécurité de l’approvisionnement
| 4.1. | Tous ses États membres étant caractérisés par une forte dépendance vis-à-vis de l’extérieur, l’augmentation de la sécurité d’approvisionnement constitue un des objectifs essentiels de l’Union européenne. Sur ce point, des progrès substantiels ont été réalisés ces dernières années, notamment dans les réseaux et interconnexions pour le transport du gaz naturel; il n’en reste pas moins qu’il convient de continuer à accorder une place prioritaire au développement des projets d’intérêt commun qui sont nécessaires pour que la structure gazière de chaque pays respecte le critère N-1 défini par le règlement (UE) no 994/2010, puis qu’elle parvienne au plus vite à disposer de trois sources de substitution pour s’approvisionner en gaz. |
| 4.2. | Il convient de prêter une attention particulière aux apports nécessaires afin de combler les lacunes que l’on continue de relever dans certains territoires de l’Union, comme les îles et les régions périphériques. Il importe de rappeler les conclusions du Conseil européen du 4 février 2011, où il a été convenu qu’après 2015, aucun État membre de l’Union européenne ne devrait plus rester coupé des réseaux électriques et gaziers européens, ni subir des contraintes dans sa sécurité énergétique parce qu’il ne disposerait pas des interconnexions requises. À cette fin, et quels que soient les retards pris en la matière, il est permis de faire preuve d’optimisme pour le moyen terme, grâce aux avancées que l’intervention du mécanisme pour l’interconnexion en Europe a permises, en lançant des projets qui donneront la possibilité de désenclaver des îles comme Chypre ou Malte, et auxquels il faut encore ajouter les PIC en phase d’étude; tels le gazoduc EastMed. |
| 4.3. | Il s’impose d’enclencher des mécanismes de solidarité entre États qui ouvrent la voie à une action commune pour résoudre les risques auxquels tel ou tel État peut éventuellement se trouver confronté dans des situations d’urgence. |
5. Les impératifs de la transition énergétique
| 5.1. | Du fait de la progression vers une économie à faibles émissions de carbone, ainsi que des objectifs définis pour 2030, à savoir une part de 27 % pour les énergies renouvelables, et pour 2050, en l’occurrence une baisse de 80 % des émissions de CO2, l’électrification du transport et du secteur domestique connaîtra un coup d’accélérateur qui provoquera une flambée de la demande concernant ces énergies renouvelables et introduira de nouvelles manière de les utiliser, grâce à des projets de conversion d’électricité en gaz. |
| 5.2. | Si l’on veut atteindre les buts assignés pour 2050, les besoins en investissements dans les réseaux de transport et de distribution devraient se situer dans une fourchette de 40 à 62 milliards d’euros par an (1), contre 35 milliards aujourd’hui. |
| 5.3. | Le risque est patent que du fait de la difficulté inhérente au déploiement de tels projets, l’on ne parvienne pas à réaliser les objectifs d’interconnexion pour la période 2030-2050, et cet échec pourrait compromettre l’exécution des objectifs européens en matière de lutte contre le changement climatique, en faisant exploser le coût du soutien aux investissements dans les énergies renouvelables. |
| 5.4. | Le déploiement des énergies renouvelables doit aller de pair avec le bon développement des réseaux énergétiques, tant transnationaux que nationaux. |
6. La progression vers un véritable marché intérieur de l’énergie
| 6.1. | Le CESE a toujours fait valoir que l’union de l’énergie constituait un élément essentiel pour construire l’Union européenne, car les interconnexions représentent une condition sine qua non pour parvenir à un véritable marché intérieur de l’énergie, puisque leur non-réalisation déboucherait sur des situations aberrantes, qui sont sources d’une grande inefficacité. Faute d’interconnexions, la politique d’aide aux énergies renouvelables aura pour effet que les prix seront très fluctuants, qu’il faudra investir davantage dans les technologies d’appoint et que de l’énergie produite à partir de ces sources sera gaspillée, dans les moments où la production augmente tandis que la consommation baisse. |
| 6.2. | L’Agence de coopération des régulateurs de l’énergie (ACER) estime que les capacités d’interconnexion qui existent dans les pays de l’Europe continentale ne sont mises à la disposition du marché que dans une proportion de 31 %. Pour progresser dans la réalisation du marché intérieur, on recommandera donc d’adopter des mesures qui amènent au niveau le plus élevé possible la capacité offerte aux marchés, de manière à intensifier la concurrence, augmenter l’efficacité et améliorer l’utilisation des ressources disponibles. |
| 6.3. | Pour réduire les coûts de transaction, il s’impose de réaliser des progrès dans le couplage des marchés infrajournaliers, ainsi que dans ceux d’équilibrage transfrontaliers, grâce à la promotion des mesures au titre du règlement (UE) 2017/2195 sur l’équilibrage du système électrique, s’agissant en l’occurrence de demander aux États membres de mener une coopération régionale pour développer des zones d’équilibrage dans les interconnexions qui contribuent à éliminer les goulets d’étranglement, optimiser l’utilisation des énergies de réserve entre les États membres et augmenter la compétitivité des marchés (2). |
7. L’optimisation économique
| 7.1. | Le CESE considère qu’il y a lieu d’encourager des mesures propres à garantir que les fonds européens disponibles soient affectés en priorité aux projets qui sont les plus nécessaires du point de vue de la sécurité d’approvisionnement, et à ceux qui garantissent le retour sur investissement le plus important ou permettent la progression la plus forte vers la réalisation des objectifs climatiques de l’Union. |
| 7.2. | Le premier des seuils, celui de la différence de prix, doit jouer un rôle déterminant, du point de vue économique, dans le choix des projets. |
| 7.3. | Les projets de stockage de l’énergie, notamment par pompage-turbinage, qui contribuent à réduire les dimensions qu’il est nécessaire de donner au parc de production, doivent recevoir la priorité sur ceux qui, à l’heure actuelle, ne peuvent s’appuyer sur une base technologique suffisante, et dont le financement doit par conséquent être pris en charge par les programmes de recherche et d’innovation, comme dans le cas de certaines initiatives touchant au transport du dioxyde de carbone. Néanmoins, la réglementation ne doit pas devancer la progression de la technologie. |
Bruxelles, le 19 avril 2018.
Le président du Comité économique et social européen
Luca JAHIER
(1) Étude de la commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie (ITRE) du Parlement européen, European Energy Industry Investments («Les investissements dans l’industrie énergétique européenne») (IP/A/ITRE/2013-46 — PE595.356).
Avis institutionnel — 52018AB0058
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13/12/2018
Résolution législative du Parlement européen du 13 décembre 2018 sur le projet de décision du Conseil relative à la conclusion, au nom de l’Union européenne, d’une modification de l’accord entre les États-Unis d’Amérique et la Communauté européenne relatif à la coopération dans le domaine de la réglementation de la sécurité de l’aviation civile (07482/2018 — C8-0157/2018 — 2016/0343(NLE))
13/12/2018