| CELEX | 52017AE6235 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | jeudi 15 février 2018 |
| 28.6.2018 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 227/58 |
Avis du Comité économique et social européen sur la proposition modifiée de directive du Parlement européen et du Conseil concernant certains aspects des contrats de vente de biens, modifiant le règlement (CE) no 2006/2004 du Parlement européen et du Conseil et la directive 2009/22/CE du Parlement européen et du Conseil et abrogeant la directive 1999/44/CE du Parlement européen et du Conseil
[COM(2017) 637 final]
(2018/C 227/08)
| Rapporteurs: | Christophe LEFÈVRE Jorge PEGADO LIZ Lech PILAWSKI |
| Consultation | Conseil européen, 17.11.2017 Parlement européen 13.11.2017 |
| Base juridique | Articles 114 et 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Compétence | Section «Marché unique, production et consommation» |
| Adoption en session plénière | 15.2.2018 |
| Session plénière no | 532 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 160/5/13 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | La différence entre le droit des contrats dans les différents États membres n’encourage pas les consommateurs à acheter dans d’autres pays de l’Union européenne. |
| 1.2. | D’autre part, la confiance des entrepreneurs dans les ventes transfrontières ne s’améliore toujours pas. Selon la dernière enquête à l’échelle de l’Union européenne, 58 % de tous les détaillants de l’Union européenne se disent confiants lorsqu’ils vendent en ligne; cependant, seulement 28 % se sentent confiants lorsqu’ils vendent en ligne dans d’autres pays de l’Union européenne (1). |
| 1.3. | Les positions adoptées tant par le Parlement européen (PE) que par le Conseil sur les propositions présentées par la Commission en 2015 (2) en ce qui concerne la vente de biens en ligne et face à face ont montré que, comme le CESE l’a exprimé dans son avis sur ces propositions (3), les règles applicables à la vente de biens devraient être les mêmes quel que soit le canal de vente. |
| 1.4. | Le CESE se félicite donc que la proposition modifiée de directive à l’examen élargisse aux ventes de biens en face à face le champ d’application de la proposition de directive concernant certains aspects des contrats de ventes en ligne. |
| 1.5. | Le CESE invite cependant la Commission à prendre en compte dans sa proposition un certain nombre de recommandations, à savoir:
|
| 1.6. | Enfin, le CESE invite la Commission à prendre en considération les observations contenues dans le présent avis. |
2. Objet et antécédents de la proposition modifiée de directive
2.1. Objet de la proposition modifiée de directive
| 2.1.1. | La proposition modifiée de directive du Parlement européen et du Conseil (4) vise à élargir également aux ventes de biens en face à face le champ d’application de la proposition de directive concernant certains aspects des contrats de ventes en ligne et de toute autre vente à distance de biens. |
| 2.1.2. | Elle devrait ainsi faciliter des progrès rapides dans un domaine qui est au cœur des stratégies du marché unique, conformément aux conclusions du Conseil européen de juin 2016. |
| 2.1.3. | S’appliquant à toutes les ventes, la proposition modifiée poursuit le même objectif et y contribue davantage que les propositions précédentes (5): elle répond aux incertitudes et effets négatifs résultants des différences nationales en matière de droit des contrats. |
| 2.1.4. | La proposition révisée complète et est conforme à une série d’actes législatifs déjà en vigueur dans l’Union européenne, à caractère horizontal ou sectoriel (6), ainsi que de propositions législatives actuellement à l’examen. |
2.2. Bref résumé des propositions de directives précédentes (7)
| 2.2.1. | Dans ses propositions antérieures, la Commission avait justifié sa décision d’adopter deux instruments législatifs en faisant valoir que la spécificité du contenu numérique imposerait des règles différentes de celles applicables aux autres produits. |
| 2.2.2. | Avec les deux propositions, la Commission avait l’intention d’atteindre cinq objectifs:
|
| 2.2.3. | Selon la Commission, ses propositions créeraient un équilibre approprié entre un niveau élevé de protection des consommateurs dans l’Union européenne et des possibilités d’affaires nettement accrues. |
2.3. L’avis du CESE sur les propositions initiales (8)
| 2.3.1. | Dans son avis du 27 avril 2016, le CESE avait critiqué le choix de deux directives au lieu d’une; ce faisant, la Commission créait un traitement différent pour la vente de biens en ligne et hors ligne et provoquait l’absence de lisibilité, pour les consommateurs et les entrepreneurs, dans la transposition nationale. |
| 2.3.2. | Le CESE faisait aussi remarquer l’absence de réponse à une série de problématiques qu’il considérait comme essentiel d’harmoniser: la capacité des mineurs à conclure des contrats dans l’environnement numérique, la définition de catégories de clauses abusives spécifiques pour les contrats en ligne, non prévue par la directive 93/13/CEE, la pratique récente du bouton «payer maintenant» (pay now) et l’inclusion d’une clause type sur la corégulation. |
| 2.3.3. | Enfin, le CESE a rappelé que ses avis relatifs aux droits des consommateurs dans l’environnement numérique ont été constants dans l’orientation fondamentale selon laquelle les droits reconnus dans un cadre de vente physique en face à face doivent être cohérents avec le cadre de la vente en ligne ou à distance, quelle que soit la forme de la transaction numérique. Et ce, toujours dans le but de renforcer ces droits et non de les affaiblir. |
| 2.3.4. | Les positions du Parlement européen et du Conseil lors des débats sur ces propositions ont confirmé la position du CESE en ce qui concerne la nécessité d’éviter la fragmentation juridique. |
3. Observations générales
| 3.1. | La proposition modifiée de la Commission présente un ensemble de propositions et d’options qui sont cohérentes avec les positions antérieures du CESE, comme l’option susmentionnée pour un régime unique de vente de biens en ligne et hors ligne. |
| 3.2. | D’autres modifications introduites par la nouvelle proposition méritent également l’accord du CESE. C’est notamment le cas de:
|
| 3.3. | En revanche, le CESE estime que la possibilité, prévue à l’article 18 de la proposition, de déroger au caractère impératif de la directive par simple accord entre parties contractantes, devrait exister uniquement si l’accord en question permet de garantir une protection effective et l’autonomie de décision du consommateur. |
| 3.4. | Par ailleurs, le CESE estime que la proposition modifiée devrait:
|
4. Observations particulières
4.1. Article 1er
| 4.1.1. | Le CESE s’interroge sur les raisons qui justifient l’exclusion prévue au paragraphe 4 concernant les contrats de vente de biens d’occasion achetés aux enchères lorsque les consommateurs ont la possibilité d’assister personnellement à la vente. |
4.2. Article 9
| 4.2.1. | Le CESE rappelle ses commentaires dans le précédent avis (12) en gardant à l’esprit qu’avec cette proposition, et en limitant les droits des consommateurs, initialement uniquement au droit de réparation ou de remplacement, les droits des consommateurs dans certains États membres sont moins protégés que les régimes actuellement en vigueur. |
| 4.2.2. | Le régime prévu au paragraphe 3, points b) et d), rend également l’application de ce régime dépendante de concepts indéterminés. En fait, l’expression «impossible» est laissée à la discrétion du vendeur, il serait donc souhaitable de remplacer ce terme par l’expression «technologiquement impossible». |
4.3. Article 10
| 4.3.1. | Le CESE préconise que l’exception prévue au paragraphe 1 soit soumise aux mêmes conditions déjà énoncées au point 3.3 ci-dessus. |
4.4. Article 11
| 4.4.1. | Le CESE rappelle une fois de plus que le droit à la réparation ou au remplacement est limité par l’appréciation, qui appartient au vendeur, de savoir si dans une certaine situation individuelle et concrète, l’exercice de l’un de ces droits lui impose des coûts disproportionnés, compte tenu de toutes les circonstances. |
4.5. Article 13
| 4.5.1. | Le CESE estime que l’articulation des dispositions relatives au délai de 14 jours pour le retour et le remboursement doit être clarifiée. |
| 4.5.2. | Le CESE se demande si la disposition du point d) de cet article s’applique uniquement, comme cela semble devoir être le cas, aux situations de perte et destruction du bien. |
4.6. Article 14
| 4.6.1. | Le CESE demande à maintenir la période de garantie plus élevée existant dans certains États membres car dans le cas contraire, cela représenterait un recul pour les droits des consommateurs dans ces États membres. |
Bruxelles, le 15 février 2018.
Le président du Comité économique et social européen
Georges DASSIS
(1) Selon l’analyse réalisée dans le cadre du bilan de qualité du droit de la consommation et du marketing de l’Union européenne, 46 % des détaillants utilisant des canaux de vente à distance estiment que les coûts liés au respect des divers principes de protection des consommateurs et du droit des contrats constituent un obstacle majeur aux ventes transfrontières. Pour 72 % des consommateurs, les différences de droits des consommateurs en cas de produits défectueux sont très importantes lors de la prise de décisions d’achat avec la présence physique, dans un autre pays de l’Union européenne.
(2) COM(2015) 634 final et COM(2015) 635 final.
(3) JO C 264 du 20.7.2016, p. 57.
(4) COM(2015) 635 final.
(5) COM(2015) 634 final et COM(2015) 635 final. Avis du CESE (JO C 264 du 20.7.2016, p. 57).
(6) Voir notamment la directive 2011/83/UE et les règlements (UE) no 1215/2012 et (CE) no 593/2008.
(7) COM(2015) 634 final et COM(2015) 635 final.
(8) JO C 264 du 20.7.2016, p. 57.
(9) JO C 264 du 20.7.2016, p. 57 (paragraphe 4.2.5.4).
(10) JO C 264 du 20.7.2016, p. 57 (paragraphe 4.2.5.7).
(11) JO C 264 du 20.7.2016, p. 57 (paragraphe 4.2.5.7).
(12) JO C 264 du 20.7.2017 p. 57.
Avis institutionnel — 52018AB0058
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