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AccueilDroit européen52017DC0771
Acte préparatoire52017DC0771

RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPEEN, AU CONSEIL, A LA BANQUE CENTRALE EUROPEENNE ET AU COMITE ECONOMIQUE ET SOCIAL EUROPEEN Rapport 2018 sur le mécanisme d'alerte (établi conformément aux articles 3 et 4 du règlement (UE) n° 1176/2011 sur la prévention et la correction des déséquilibres macroéconomiques) (prepared in accordance with Articles 3 and 4 of Regulations (EU) No 1176/2011 on the prevention and correction of macroeconomic imbalances)

CELEX52017DC0771
TypeActe préparatoire
Datemercredi 22 novembre 2017

Résumé IA

Ce rapport de la Commission, présenté dans le cadre du Semestre européen, identifie les États membres de l'UE susceptibles de présenter des déséquilibres macroéconomiques nécessitant un examen approfondi. Il constitue la première étape de la procédure de surveillance préventive du règlement (UE) n° 1176/2011, visant à détecter et corriger les déséquilibres avant qu'ils ne deviennent excessifs. Pour un professionnel du droit français, ce document est un indicateur clé des priorités économiques de la Commission et des risques de contentieux ou de recommandations contraignantes pour la France.

Texte intégral

european flagCOMMISSION EUROPÉENNE

Bruxelles, le 22.11.2017

COM(2017) 771 final

RAPPORT DE LA COMMISSION

AU PARLEMENT EUROPEEN, AU CONSEIL, A LA BANQUE CENTRALE EUROPEENNE ET AU COMITE ECONOMIQUE ET SOCIAL EUROPEEN

Rapport 2018 sur le mécanisme d'alerte

(établi conformément aux articles 3 et 4 du règlement (UE) n° 1176/2011 sur la prévention et la correction des déséquilibres macroéconomiques)

(prepared in accordance with Articles 3 and 4 of Regulations (EU) No 1176/2011 on the prevention and correction of macroeconomic imbalances)

{SWD(2017) 661 final}


Le rapport sur le mécanisme d’alerte (RMA) est le point de départ du cycle annuel de la procédure concernant les déséquilibres macroéconomiques (PDM), qui vise à identifier et à traiter les déséquilibres qui entravent le bon fonctionnement des économies des États membres ou de l'économie de l'UE et peuvent mettre en péril le fonctionnement de l’Union économique et monétaire.

Le RMA s’appuie sur un tableau de bord d'indicateurs sélectionnés, accompagnés d’un ensemble plus large d’indicateurs auxiliaires et d’informations complémentaires pertinentes, pour détecter dans les États membres les déséquilibres économiques potentiels qui nécessitent l'adoption de mesures. Le RMA indique quels États membres doivent faire l'objet d'un bilan approfondi afin d’évaluer dans quelle mesure les risques macroéconomiques s'accroissent ou se résorbent dans ces pays, et de déterminer si des déséquilibres, voire des déséquilibres excessifs, existent. À la lumière des discussions tenues sur ce rapport avec le Parlement européen comme au sein du Conseil et de l’Eurogroupe, la Commission réalisera des bilans approfondis pour les États membres concernés. Suivant la pratique établie, un bilan approfondi est en tout état de cause effectué pour les États membres dans lesquels des déséquilibres avaient été constatés lors du cycle précédent de bilans approfondis. Les conclusions de ces bilans seront prises en compte dans les recommandations par pays émises dans le cadre du semestre européen de coordination des politiques économiques. Les bilans devraient être publiés en février 2018 dans les rapports par pays, en prélude à l'ensemble de recommandations par pays du semestre européen.

1. Résumé

Le présent rapport marque le début du septième cycle annuel de la procédure concernant les déséquilibres macroéconomiques (PDM) 1 . Cette procédure vise à déceler les déséquilibres qui entravent le bon fonctionnement des économies des États membres ainsi qu'à encourager l'adoption de mesures appropriées. La mise en œuvre de la PDM est ancrée dans le semestre européen pour la coordination des politiques économiques, de manière à assurer la cohérence avec les analyses et les recommandations effectuées dans le cadre des autres instruments de surveillance économique. L’examen annuel de la croissance (EAC) adopté en même temps que ce rapport dresse le bilan de la situation économique et sociale en Europe et définit les grandes priorités politiques pour l’ensemble de l’UE pour l’année à venir.

Le présent rapport désigne les États membres qui devraient faire l'objet de bilans approfondis afin de déterminer s’ils sont touchés par des déséquilibres nécessitant l’adoption de mesures 2 . Le rapport sur le mécanisme d'alerte (RMA) est un instrument de détection des déséquilibres économiques publié au début de chaque cycle annuel de coordination des politiques économiques. Il repose sur une lecture économique d’un tableau de bord d’indicateurs assorti de seuils indicatifs et d’indicateurs auxiliaires.

Le rapport sur le mécanisme d’alerte met l’accent sur la dimension «zone euro». Conformément aux propositions figurant dans le rapport de Jean-Claude Juncker, Donald Tusk, Jeroen Dijsselbloem, Mario Draghi et Martin Schulz du 22 juin 2015 intitulé «Achever l’Union économique et monétaire européenne» et à la communication de la Commission du 21 octobre 2015 intitulée «Mesures à prendre pour compléter l’Union économique et monétaire», le RMA contient aussi une analyse des répercussions qu'ont sur la zone euro les déséquilibres enregistrés par les pays et de la mesure dans laquelle une approche coordonnée des réponses qui sont apportées s’impose eu égard aux interdépendances existant au sein de la zone euro. Le rôle des interdépendances et les effets systémiques des déséquilibres sont reconnus dans la législation concernant la PDM, qui définit les déséquilibres en termes de «développements macroéconomiques ayant un effet préjudiciable ou susceptibles d’avoir un effet préjudiciable sur le bon fonctionnement de l’économie d’un État membre, de l’Union économique et monétaire ou de l’Union dans son ensemble» 3 .

L’analyse exposée dans le présent rapport a pour toile de fond une reprise économique qui s’étend et s’amplifie. Selon les prévisions économiques de l'automne 2017 des services de la Commission européenne, la croissance du PIB réel dans l’UE et dans la zone euro devrait atteindre respectivement 2,3 % et 2,2 % en 2017, tous les pays de l’UE enregistrant une croissance positive, dans le contexte d’une progression du commerce mondial et d’un renforcement de la demande intérieure dans la zone euro. Pour 2018, les prévisions de l’automne laissent entrevoir une croissance du PIB qui se maintient à 2,1 % à la fois dans l’UE et dans la zone euro, puis qui recule légèrement à 1,9 % en 2019 du fait de la maturation de la reprise. L’inflation, qui se situait à des niveaux historiquement bas, est repartie à la hausse en 2017, mais devrait néanmoins demeurer inférieure à l’objectif de la BCE au cours de la période de prévision, atteignant 1,6 % d’ici 2019 selon les projections; l’inflation de base, quant à elle, est restée plus ténue encore, ne dépassant pas 1 % au cours des trois dernières années. La situation continue de s’améliorer sur le marché du travail, avec un taux de chômage qui recule et des taux d’emploi en hausse, mais la croissance des salaires reste modérée dans tous les pays, y compris dans ceux dont les marchés du travail restent tendus, ce qui renforce le climat de faible inflation, et de grandes différences existent entre les États membres, et au sein de ces États, en ce qui concerne la situation du marché du travail. La croissance du crédit a redémarré tandis que se rétrécissaient les écarts de taux sur les obligations souveraines et les obligations d’entreprise.

Bien que la reprise facilite la correction des déséquilibres macroéconomiques, un certain nombre de problèmes pourraient assombrir la toile de fond économique au cours de la période à venir. L’avenir reste incertain sur le plan économique et politique, en raison à la fois, principalement, des perspectives de la politique budgétaire et monétaire aux États-Unis, du rééquilibrage en cours en Chine, du niveau élevé de la dette des entreprises dans les économies émergentes, des tensions géopolitiques et du renforcement des tendances protectionnistes. Bien qu’elle s’amplifie et se consolide, la reprise se caractérise encore par une croissance de la productivité totale des facteurs inférieure à son niveau d’avant la crise. Les réformes se sont ralenties récemment par rapport aux années de crise et d’immédiate après-crise. Si le rythme des efforts de réforme devait fléchir, les conditions d’un redressement durable de la croissance potentielle, ainsi que d’un accroissement de la marge de manœuvre pour s’attaquer durablement aux déséquilibres, pourraient être compromises. À mesure que l'inflation se rapproche lentement de l’objectif visé par la BCE, le processus de désendettement sera facilité par une croissance nominale plus élevée. Par ailleurs, remédier aux faibles taux d’inflation permettrait d’envisager une normalisation de la politique monétaire.

L’analyse horizontale présentée dans le rapport permet de tirer un certain nombre de conclusions:

·Le processus de rééquilibrage doit se poursuivre. Bien que les déficits importants et non viables des comptes courants aient été corrigés dans presque tous les États membres avant 2016, les pays qui sont débiteurs nets doivent conserver des positions extérieures prudentes afin de réduire l’encours élevé de leurs positions extérieures globales nettes (PEGN). Dans le même temps, certains pays créditeurs nets dans la zone euro continuent d’afficher de larges excédents de leur balance courante, et les perspectives d'une correction à la baisse de ces excédents restent limitées.

·Les positions extérieures globales nettes demeurent fortement négatives dans certains cas, dans un contexte où l’évolution de la compétitivité apparaît moins propice au rééquilibrage. Les pays qui accusaient des déficits importants et persistants de la balance courante dans la période qui a précédé la crise affichent des PEGN fortement négatives. Dans la plupart des cas, l’amélioration de leur solde extérieur courant a créé les conditions d’une réduction progressive du stock de leurs engagements extérieurs nets, mais leurs comptes courants doivent être maintenus en équilibre ou en excédent pour que le reflux de ces engagements se poursuive à un rythme satisfaisant jusqu’à ce qu’ils retombent à des niveaux prudents. Les gains de compétitivité y ont contribué au cours des années passées, mais l’évolution des coûts salariaux unitaires relatifs entre pays débiteurs nets et créditeurs nets apparaît depuis peu moins favorable à un rééquilibrage.

·Le désendettement du secteur privé est en cours, mais à un rythme moins soutenu dernièrement. Les emprunts sont en légère augmentation, et la réduction des ratios de la dette au PIB repose de plus en plus sur le redémarrage de la croissance nominale. Dans le même temps, le processus de désendettement est inégal et n’est pas toujours proportionnel aux besoins. Ce désendettement a été plus rapide dans les entreprises que dans le secteur des ménages dans la plupart des États membres, d’où la faiblesse de l’investissement dans certains d’entre eux. Quant à la dette publique, elle a entamé une décrue, mais depuis peu seulement dans la plupart des pays fortement endettés.

·La rentabilité du secteur bancaire s’est accrue, tout comme la valorisation boursière. Pour autant, les marges d’intérêt comprimées, les modèles d’entreprise obsolètes et les vastes stocks de prêts improductifs dans certains pays continuent de poser problème.

·Les prix du logement s’accélèrent dans la plupart des États membres. Bien que les valorisations restent globalement inférieures à leurs niveaux record à la suite de l’ajustement à la baisse survenu après la crise, les indicateurs disponibles font état dans certains cas d’une surévaluation. Des poches de surchauffe possible apparaissent, et l’augmentation des prix s’accélère dans un nombre croissant de pays. L’accélération du crédit aux ménages gagne elle aussi en amplitude.

·Dans l’ensemble, les marchés du travail s’améliorent et se resserrent dans la plupart des pays, tandis que la croissance des salaires reste modérée. La réduction du chômage est allée de pair avec une réduction de la dispersion des taux de chômage dans l’ensemble de l’Union, même si l’inemploi reste élevé dans certains pays. Les taux d’activité ont globalement augmenté ces dix dernières années, mais, dans certains pays, et dans certains groupes de population, la participation au marché du travail reste faible. La détresse sociale est en recul, mais reste forte dans certains pays qui sont confrontés à l’héritage du chômage de longue durée et de l’amputation des revenus des groupes vulnérables, dans le contexte d’une évolution globalement modérée des salaires. Bien que le revenu disponible des ménages ait augmenté, il n’a pas encore rattrapé son niveau de 2008 en termes réels dans certains États membres. Dans un petit nombre de pays, la tension des marchés du travail s’accompagne d'une accélération de la croissance des coûts salariaux unitaires.

Il convient de rester particulièrement attentif au rééquilibrage de la zone euro. L’excédent extérieur courant de la zone euro a cessé de croître: après avoir culminé à 3,3 % du PIB en 2016, il devrait, selon les prévisions, revenir légèrement à 3 % du PIB cette année et se maintenir autour de ce niveau jusqu’en 2019 4 . Néanmoins, l’excédent de la zone euro reste le plus important au monde, et il est supérieur à ce que permettent d’expliquer les fondamentaux économiques. Dans les pays qui sont débiteurs nets, la réduction de l’encours important et persistant des engagements extérieurs nets exige de conserver des soldes extérieurs prudents. En même temps, tout progrès dans l’ajustement des excédents élevés qu’affichent les créditeurs nets contribuerait à un désendettement au niveau de la zone euro permettant de rester sur une trajectoire compatible avec un redressement durable.

Dans l’ensemble, bien qu’ils aient commencé à s’estomper, des risques demeurent, qui sont liés pour l’essentiel aux mêmes raisons que celles épinglées dans le RMA 2017. Les progrès accomplis en matière de rééquilibrage extérieur sont limités: de larges excédents persistent et l’évolution de la compétitivité devient moins favorable à ce rééquilibrage. Une réduction de la dette privée et publique est en cours, sous l’effet de plus en plus de la reprise de la croissance nominale, mais elle reste inégale. Le désendettement des entreprises va souvent de pair avec une certaine faiblesse des investissements, et l’incertitude demeure quant à la mesure dans laquelle ce processus pourrait s’appuyer à l’avenir sur une croissance potentielle plus forte. La situation du secteur bancaire s’est améliorée sous plusieurs aspects, mais des problèmes subsistent. Dans un nombre croissant de pays, les signes de surchauffe se font de plus en plus nets en ce qui concerne les coûts de main-d’œuvre et les prix des logements.

Des analyses plus complètes et plus détaillées seront réalisées dans le cadre des bilans approfondis pour les États membres désignés par le RMA. Comme dans les derniers cycles annuels, les bilans approfondis seront intégrés dans les rapports par pays, qui présentent l’analyse de la Commission des défis économiques et sociaux auxquels font face les États membres de l’UE. Cette analyse alimente ensuite les recommandations spécifiques par pays formulées dans le cadre du semestre européen. Pour réaliser ces bilans, la Commission se fondera sur un large éventail de données et d'informations pertinentes. Comme prescrit par la législation, les bilans approfondis occuperont une place capitale dans les éléments sur la base desquels la Commission conclura qu’il existe ou non des déséquilibres ou des déséquilibres excessifs et préparera ensuite les recommandations politiques destinées à chaque État membre 5 . Les pays dans lesquels des déséquilibres ou des déséquilibres excessifs ont été constatés font, et continueront à faire, l’objet d’un suivi spécifique afin d’assurer une surveillance continue des politiques mises en œuvre au titre de la PDM.

La réalisation d’un bilan approfondi se justifie pour les États membres dans lesquels des déséquilibres ou des déséquilibres excessifs ont été constatés lors du précédent cycle de la PDM. Conformément à une pratique établie en matière prudentielle, un bilan approfondi est nécessaire pour évaluer si les déséquilibres existants vont en s’atténuant, persistent ou s’aggravent, tout en accordant l’attention voulue aux politiques mises en œuvre par les pays concernés. Par conséquent, le RMA préconise d’effectuer un bilan approfondi pour les 12 États membres recensés comme présentant des déséquilibres à l’issue des bilans de 2016 6 . Ces pays sont l’Allemagne, la Bulgarie, Chypre, la Croatie, l’Espagne, la France, l’Irlande, l’Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la Slovénie et la Suède.

Se fondant sur une lecture économique du tableau de bord, la Commission ne juge pas nécessaire d’élaborer un bilan approfondi pour les États membres dont on n’a pas constaté actuellement qu’ils présentaient des déséquilibres. Une lecture économique du tableau de bord amène à conclure qu’il n’existe pas globalement de risques supplémentaires majeurs par rapport à l’année dernière en ce qui concerne la Finlande, laquelle a cessé de faire l’objet d’une surveillance au titre de la PDM en 2017. Une conclusion similaire est tirée à ce stade pour les pays qui ne sont plus soumis à cette surveillance depuis 2016 (Belgique, Hongrie, Roumanie et Royaume-Uni) et pour ceux qui n’ont pas fait l’objet récemment d’un bilan approfondi. Toutefois, l’évolution récente des prix du logement dans un certain nombre de pays (l’Autriche, la Belgique, le Danemark, la Finlande, la Hongrie, le Luxembourg et le Royaume-Uni) mérite d’être analysée avec soin dans les rapports par pays, même si un bilan approfondi ne semble pas nécessaire pour l’instant, les risques paraissant d’une portée limitée. Il en va de même de la tendance à la hausse des coûts de main-d’œuvre qui se dessine dans certains États membres (l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie et la Roumanie). Dans le cas de la Grèce, la surveillance des déséquilibres et le suivi des mesures correctives se poursuit dans le cadre du programme de soutien à la stabilité du pays. Globalement, le rapport sur le mécanisme d’alerte appelle donc à la réalisation d’un bilan approfondi pour 12 États membres au lieu de 13 lors du cycle précédent.

2. Déséquilibres, risques et ajustement: principales évolutions dans les différents pays

Le rapport sur le mécanisme d’alerte s’appuie sur une lecture économique du tableau de bord des indicateurs de la PDM, qui constitue un filtre permettant de détecter les premiers signes d’éventuels risques et vulnérabilités méritant un examen plus poussé dans le cadre d’un bilan approfondi. Le tableau de bord contient une série de 14 indicateurs et de seuils de référence dans des domaines tels que la position extérieure, la compétitivité, la dette privée, le marché du logement, le secteur bancaire et l’emploi. Dans un souci de stabilité et de cohérence des données entre pays, il se fonde sur des données effectives de bonne qualité statistique. Le tableau de bord utilisé pour le présent rapport est donc basé sur des données allant jusqu’en 2016. Des données plus récentes ainsi qu’un ensemble d’indicateurs auxiliaires sont néanmoins pris en compte dans la lecture des indicateurs. Les valeurs figurant dans le tableau de bord ne sont pas lues de façon mécanique mais font l’objet d’une lecture économique qui permet de tenir compte des spécificités nationales et du contexte 7 .

Les indicateurs du tableau de bord mettent en évidence la persistance de déséquilibres et de vulnérabilités liés à des niveaux d’endettement élevés. Les valeurs supérieures au seuil fixé dans le tableau de bord du RMA restent fréquentes s’agissant de la dette publique, de la position extérieure globale nette et de la dette privée (graphique 1) 8 . Le nombre d’États membres qui présentent des résultats supérieurs aux seuils pour ces trois indicateurs en 2016 est de 16, 15 et 12, respectivement. Ce chiffre est proche des résultats des exercices annuels précédents et il confirme l’ancrage dans la durée de ces déséquilibres de stocks. En toute logique vu la reprise actuelle génératrice d’emplois, le nombre de pays dont les résultats du chômage n’ont pas respecté le seuil fixé entre 2014 et 2016 est tombé de 12 à 9, et cette baisse a été encore plus générale en ce qui concerne les indicateurs du chômage des jeunes et du chômage de longue durée, étant donné leur plus grande sensibilité à la situation du marché du travail. Par contre, les prix des logements s’accélèrent, et le tableau de bord affiche un nombre croissant d’États membres qui franchissent le seuil fixé, soit pas moins de 10 contre 6 en 2015 et 5 en 2014. Le tableau de bord indique qu’à l’heure actuelle, le dépassement du seuil fixé pour l’indicateur de la balance courante est dû, dans 4 des 5 États membres concernés, à leurs excédents. Le nombre d’États membres dont les coûts salariaux unitaires sont soumis à une pression supérieure au seuil fixé est resté jusqu’ici relativement stable, autour de 3 ou 4 durant les trois dernières années. Trois États membres dépassent les seuils relatifs au taux de change effectif réel, dans un cas en raison d’une compétitivité dégradée, et dans les deux autres parce que le taux de change réel se situe sous le seuil inférieur. Le nombre d’États membres dont les pertes de parts de marché à l’exportation dépassent le seuil a quant à lui fortement baissé, avec la reprise de la demande d’exportations en provenance des pays de l’UE.

Graphique 1: Nombre de pays enregistrant des résultats supérieurs au seuil

Source: Eurostat.

Note: le nombre de pays enregistrant des résultats supérieurs au seuil est basé sur la version du tableau de bord publiée avec le RMA annuel correspondant. D’éventuelles révisions ex post des données peuvent entraîner une différence entre le nombre de pays dépassant le seuil calculé à l’aide des chiffres les plus récents disponibles pour les variables du tableau de bord et le nombre annoncé dans le graphique ci-dessus.



Graphique 2: Soldes de la balance courante, 2016

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