COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 18.12.2017
COM(2017) 781 final
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL
sur l’application de la directive 2011/16/UE du Conseil relative à la coopération administrative dans le domaine de la fiscalité directe
{SWD(2017) 462 final}
1.INTRODUCTION
Un marché intérieur plus approfondi et plus équitable est l’une des premières priorités de l’Europe. Pour réaliser cet objectif, l’Union doit se doter d’un cadre permettant une coopération efficace et efficiente entre les administrations fiscales des États membres. L’Union européenne et ses États membres sont déterminés à renforcer la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales transfrontières et sont résolus à faire en sorte que les bénéfices soient imposés là où ils sont réalisés. Toutefois, pour que les actions politiques soient couronnées de succès, il est essentiel qu'elles soient mises en œuvre de manière efficace sur le terrain.
La coopération administrative est capitale. Il est inconcevable que 28 administrations fiscales travaillent chacune de leur côté. Bien que la fiscalité reste dans une large mesure une question nationale, l’environnement économique est de plus en plus marqué par la mondialisation, la mobilité et le numérique. Les entreprises sont en mesure de transférer leurs bénéfices au-delà des frontières, les contribuables peuvent bénéficier d’un revenu à l’étranger sans être imposés et les décisions fiscales prises par un État membre peuvent avoir des effets sur les bases d’imposition d’autres États membres. Afin de veiller à ce que l'ensemble des citoyens et des entreprises apportent leur juste contribution à l’État auquel elle revient, l’Europe a besoin d’un haut degré de coopération entre les États membres.
De nombreux progrès ont été réalisés depuis l’adoption de la directive 2011/16/UE du Conseil relative à la coopération administrative dans le domaine fiscal (ci-après la «directive» ou «DCA»). Cette directive constitue une avancée essentielle dans le cadre de coopération de l’UE. Elle a remplacé la directive 77/799/CEE concernant l’assistance mutuelle (DAM).
Les améliorations apportées par la directive concernent principalement: i) l’élargissement du champ d’application à toutes les informations vraisemblablement pertinentes se rapportant non seulement aux impôts directs, mais aussi à tous les impôts indirects autres que la TVA et les droits d’accises; ii) l’alignement des normes de l'UE sur les dispositions de l’article 26, paragraphes 4 et 5, du Modèle de convention fiscale de l’OCDE, qui garantit, entre autres, les échanges même en l’absence d’intérêt dans le cadre national; iii) le renforcement de l’échange automatique d’informations; iv) l'instauration de délais, de nouveaux formulaires types et d’un canal sécurisé pour l’échange d’informations et v) l’obligation, pour les États membres engagés dans une coopération plus étendue avec un pays tiers, d’accorder le même niveau de coopération à tous les autres États membres souhaitant prendre part à une telle coopération mutuelle plus étendue.
Depuis lors, dans le but de relever les défis spécifiques auxquels les administrations fiscales des États membres étaient confrontées, la directive a été modifiée à quatre reprises par des directives modificatives afin de renforcer la coopération administrative entre les États membres. La directive 2014/107/UE (DCA2) du Conseil a introduit l’échange automatique d’informations relatives aux comptes financiers; la directive (UE) 2015/2376 (DCA3) concerne l’échange automatique d'informations sur les décisions fiscales et les accords préalables en matière de prix de transfert; la directive (UE) 2016/881 (DCA4) porte sur l’échange automatique d'informations sur les déclarations pays par pays; la directive (UE) 2016/2258 (DCA5), contrairement aux directives modificatives antérieures, n’élargit pas le champ d’application de l’échange automatique d’informations, mais garantit aux autorités fiscales un accès aux informations relatives aux bénéficiaires effectifs qui ont été recueillies conformément à la législation en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux. Le graphique 1 montre l’évolution au fil du temps.

Documents similaires