| CELEX | 52017IE6085 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 19 avril 2018 |
| 25.7.2018 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 262/22 |
Avis du Comité économique et social européen sur la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — Mener à son terme le programme pour une meilleure réglementation: de meilleures solutions pour de meilleurs résultats
[COM(2017) 651 final]
(avis d’initiative)
(2018/C 262/04)
| Rapporteur: | Bernd DITTMANN |
| Décision de l’Assemblée plénière | 15.2.2018 |
| Base juridique | Article 29, paragraphe 2, du règlement intérieur |
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| Compétence | Section spécialisée «Marché unique, production et consommation» |
| Adoption en section spécialisée | 9.3.2018 |
| Adoption en session plénière | 19.4.2018 |
| Session plénière no | 534 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 185/0/0 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le CESE est d’avis que l’initiative «Mieux légiférer» devrait devenir un programme permanent ayant pour finalité de garantir une législation européenne de qualité, sans pour autant mettre en péril les objectifs d’action clés ni créer une pression poussant à la déréglementation. La nouvelle Commission devrait maintenir, étoffer et améliorer ce programme après 2019. |
| 1.2. | Le CESE invite la Commission à publier une feuille de route détaillée sur la prochaine évaluation du programme «Mieux légiférer» et à définir le type de participation envisagé pour les parties prenantes et le CESE. |
2. La communication de la Commission sur l’amélioration de la réglementation
| 2.1. | Le 24 octobre 2017, la Commission a publié la communication intitulée «Mener à son terme le programme pour une meilleure réglementation: de meilleures solutions pour de meilleurs résultats» (1) (ci-après dénommée «la communication»). |
| 2.2. | Dans la communication, la Commission dresse le bilan des avancées réalisées dans la mise en œuvre du programme pour une meilleure réglementation (ci-après dénommé «le programme») depuis son adoption en mai 2015. |
| 2.3. | En 2018, la Commission évaluera le système permettant de mieux légiférer «en bloc». Le présent avis exprime la position du Comité par rapport à la communication et constitue une contribution aux travaux préparatoires en vue de cette future évaluation. |
3. Observations générales
| 3.1. | Le CESE se félicite de l’engagement constant de la Commission dans le processus d’amélioration de la réglementation, ainsi que des efforts qu’elle consent actuellement pour remplir les objectifs définis dans le programme de mai 2015, conformément à ce qui est décrit dans la communication. L’amélioration de la réglementation est un processus soumis à de constants perfectionnements et qui requiert l’engagement et la contribution de tous les acteurs concernés. |
| 3.2. | Une meilleure réglementation devrait contribuer à mettre en place des processus décisionnels responsables, participatifs et transparents qui débouchent sur des règles simples, claires, cohérentes, adéquates et aisément applicables. Il s’agit là d’une condition préalable essentielle pour garantir la confiance des citoyens dans l’UE et ses institutions. Elle devrait contribuer à définir des cadres réglementaires efficaces et cohérents favorisant l’innovation et la croissance durable, ainsi que l’achèvement et le bon fonctionnement du marché unique. |
| 3.3. | L’amélioration de la législation ne devrait pas déboucher sur une bureaucratisation excessive du processus décisionnel de l’Union. Les décisions politiques ne doivent pas être remplacées par des procédures techniques. |
| 3.4. | Dans un précédent avis (2) consacré à l’amélioration de la réglementation, le CESE a souligné que «l’objectif n’est pas de réglementer “plus”, de réglementer “moins” ou de déréglementer certains domaines politiques ou de les reléguer derrière d’autres priorités et, partant, de remettre en question les valeurs que défend l’Europe, à savoir la protection sociale, la protection de l’environnement et les droits fondamentaux (3). L’amélioration de la réglementation est avant tout un outil permettant de garantir la réalisation effective des objectifs politiques, sur la base de données factuelles et en respectant les valeurs précitées, sans restreindre pour autant les droits environnementaux et les droits des consommateurs ni les normes sociales et sans effectuer de transferts de compétences au sein du tissu institutionnel en créant des groupes d’experts. L’amélioration de la réglementation ne peut et ne saurait se substituer aux décisions politiques.» |
| 3.5. | Le CESE reconnaît les progrès réalisés dans la mise en œuvre du programme à ce jour. Il se réjouit en particulier de l’utilisation plus méthodique des analyses d’impact et évaluations ex post, de la consultation plus systématique des parties prenantes, de l’existence des lignes directrices et de la boîte à outils révisés pour une meilleure réglementation, ainsi que du programme et de la plateforme REFIT, de même que de la désignation du comité d’examen de la réglementation. |
| 3.6. | Le CESE contribue activement au programme pour une meilleure réglementation, notamment en participant à la plateforme REFIT et en élaborant des évaluations ex post. Il renvoie à ses nombreux avis en la matière (4). Néanmoins, le Comité n’apparaît ni dans le programme, ni dans la communication. Le Comité n’est pas non plus partie à l’accord interinstitutionnel «Mieux légiférer». Cela montre que la Commission et les législateurs continuent à ne pas tenir suffisamment compte du rôle et de la fonction du Comité tels que définis dans les traités, ni des connaissances et de l’expertise de ses membres et de la société civile qu’ils représentent. |
| 3.7. | La participation au programme «Mieux légiférer» et aux instruments et procédures afférents requiert des ressources financières et humaines dont ne disposent pas toujours les organisations de la société civile (par exemple, la production de données, la participation à des consultations publiques, etc.). Il en va de même pour les petites entreprises. Le CESE demande à la Commission de veiller à ce que le programme «Mieux légiférer» reste ouvert et accessible à toutes les organisations et tous les intérêts, indépendamment de leur taille et de leurs ressources financières et humaines. |
4. Observations particulières
| 4.1. | Le CESE est la voix institutionnelle de la société civile organisée européenne et sert d’intermédiaire entre, d’une part, les législateurs de l’UE et, d’autre part, les organisations de la société civile et les partenaires sociaux. Le CESE a une longue expérience et une grande expertise sur toutes les questions ayant trait au programme pour une meilleure réglementation. À cet égard, il souhaite rappeler à la Commission certaines de ses recommandations spécifiques concernant les aspects abordés dans la communication, ainsi que d’autres points qu’il estime nécessaire de mettre en évidence. |
| 4.2. | Le CESE estime que la communication fournit un bon aperçu des avancées réalisées dans la mise en œuvre du programme dans les différents domaines du processus d’amélioration de la législation. Toutefois, elle reste trop vague par rapport aux mesures précises que la Commission envisage de prendre afin de développer davantage le programme. En outre, la communication n’évoque pas la prochaine évaluation du programme pour une meilleure réglementation en 2018, ses principaux domaines prioritaires, ni le type de participation du CESE et des parties intéressées qui est prévu. |
4.3. Proportionnalité et subsidiarité
| 4.3.1 | Le CESE se félicite que la Commission mette l’accent sur des priorités essentielles et s’efforcera d’être «très visible sur les grands enjeux». Il réaffirme que l’Union ne doit intervenir que dans la mesure où les principes de subsidiarité et de proportionnalité sont respectés et où une action commune apporte une valeur ajoutée pour tous. |
| 4.3.2 | Comme il l’a indiqué dans un de ses avis (5), le CESE «se prononce en faveur d’une clarification des principes de subsidiarité et de proportionnalité qui sont parfois utilisés comme arguments par les adversaires d’initiatives législatives sans que leur raisonnement sous-jacent ne soit suffisamment étayé». |
| 4.3.3 | Le CESE prend acte de la création d’une task-force «Subsidiarité et proportionnalité» (6). Il demande à la task-force de tenir dûment compte de ses avis et recommandations en la matière. |
| 4.3.4 | Le CESE plaide pour un meilleur contrôle de la subsidiarité et de la proportionnalité, ainsi que pour une participation accrue des États membres et de leurs parlements aux analyses ex post. |
| 4.3.5 | Le CESE invite la Commission à assurer une meilleure promotion de l’outil no 5 de la boîte à outils («Base juridique, subsidiarité et proportionnalité») dans l’ensemble de ses services (horizontalement et verticalement), et ce, afin de renforcer la prise en compte de cet outil lors de l’élaboration des analyses d’impact. |
4.4. Analyses d’impact
| 4.4.1 | Le CESE renvoie aux suggestions qu’il a formulées dans son avis (7) sur la manière d’améliorer l’écosystème européen en matière d’analyse d’impact. |
| 4.4.2 | Les analyses d’impact devraient constituer la procédure type lors de la présentation de toute nouvelle proposition législative, y compris les actes délégués et les actes d’exécution. Dans le cas où une proposition n’est pas accompagnée d’une analyse d’impact, la Commission doit détailler ses raisons et fournir l’ensemble des données et éléments de preuve qui ont alimenté et/ou viennent étayer son texte. |
| 4.4.3 | Il est explicitement mentionné dans les lignes directrices pour une meilleure réglementation que des analyses d’impact peuvent et doivent être réalisées pour les initiatives législatives, ainsi que pour les actes délégués et les actes d’exécution. Le Comité encourage dès lors la Commission à examiner plus en détail la nécessité d’effectuer une analyse d’impact relative à ces actes, et ce, de manière plus transparente à l’égard des parties prenantes et du CESE. Le fait d’avoir procédé à une analyse d’impact pour le texte législatif dont découlent les actes délégués et les actes d’exécution ne saurait suffire pour justifier l’absence d’analyse d’impact concernant les actes dérivés. Chaque acte doit être évalué selon des critères qui lui sont propres, en particulier parce que les répercussions des actes délégués et des actes d’exécution peuvent s’avérer cruciales pour les parties prenantes et la société civile dans son ensemble. |
| 4.4.4 | Les lignes directrices et la «boîte à outils» pour une meilleure réglementation (8) constituent le manuel de référence des services de la Commission lors de la réalisation des analyses d’impact. Toutefois, le CESE attire l’attention sur le fait que les lignes directrices et la boîte à outils sont conçues principalement pour un usage spécifique par les services de l’UE, et leurs spécifications ne permettent pas aux parties prenantes de comprendre comment utiliser correctement les outils nécessaires à l’analyse d’impact. Par conséquent, le CESE invite la Commission à rendre ces outils plus accessibles au public en proposant une version fonctionnelle. |
| 4.4.5 | Toutefois, le CESE observe que ces lignes directrices ne sont pas toujours respectées, ce qui donne lieu à des analyses d’impact déficientes. Ce fait est confirmé et démontré dans le rapport annuel de 2016 du comité d’examen de la réglementation (9). Le CESE encourage donc la Commission à promouvoir davantage les principes de meilleure réglementation dans l’ensemble de ses services, par exemple en organisant régulièrement des programmes de formation obligatoires pour le personnel. |
| 4.4.6 | Il ressort du rapport annuel de 2016 du comité d’examen de la réglementation que les services de la Commission, après réception d’un avis initial négatif, ne mettent que partiellement en pratique les recommandations du comité. Par conséquent, le CESE propose que le comité d’examen de la réglementation puisse émettre un veto suspensif dans les cas où il remet un double avis négatif, contraignant le service de la Commission à modifier son analyse d’impact jusqu’à ce que les critères de qualité soient respectés. Le comité d’examen de la réglementation ne devrait pas avoir de droit de veto en ce qui concerne les décisions politiques. |
| 4.4.7 | Le CESE soutient le principe «Penser en priorité aux PME» et encourage la Commission à mettre davantage l’accent sur les PME, y compris les microentreprises et très petites entreprises, dans le cadre de ses évaluations d’impact. |
4.5. Transparence, légitimité et obligation de rendre des comptes
| 4.5.1 | Concernant le registre de transparence, le CESE accueille favorablement la proposition soumise par la Commission, en 2016, d’un accord interinstitutionnel juridiquement contraignant sur un registre de transparence obligatoire qui, outre la Commission et le Parlement, inclurait le Conseil. |
| 4.5.2 | Le CESE se félicite du fait que les consultations publiques sur les initiatives importantes seront désormais proposées dans toutes les langues officielles. Quant aux autres, elles se tiendront toutes au moins en français, en allemand et en anglais. Le CESE rappelle à la Commission qu’il convient de fournir la traduction des résumés des analyses d’impact dans l’ensemble des langues officielles (10). |
| 4.5.3 | Sur l’engagement des parties prenantes, le CESE renvoie à son avis (11) et à l’avis de la plateforme REFIT (12), que les représentants du CESE au sein de la plateforme REFIT ont aidé à rédiger. Le CESE salue les efforts fournis par la Commission pour améliorer ses mécanismes de consultation des parties prenantes, mais estime que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour augmenter la participation, l’ouverture et la responsabilité, ainsi que l’efficacité et la cohérence de ces consultations. À cette fin, le CESE encourage la Commission à examiner et à mettre pleinement en œuvre les propositions formulées dans les deux avis susmentionnés. |
| 4.5.4 | Compte tenu de son rôle de représentant, le CESE est bien placé pour aider à identifier les parties prenantes les plus touchées par les propositions de politiques, ainsi qu’à centraliser les expériences relatives à la législation déjà en place. La Commission devrait consulter le CESE plus étroitement lors de l’élaboration de stratégies de consultation et l’identification des groupes cibles concernés, tant ex ante qu’ex post. |
4.6. Simplifier la législation et réduire les coûts inutiles
| 4.6.1 | Dans un avis (13), le Comité déclare que «la réglementation européenne est un facteur d’intégration essentiel qui ne constitue pas une charge ou un coût à réduire. Bien proportionnée, elle est au contraire gage de protection, de promotion et de sécurité juridique important pour tous les acteurs et citoyens européens.» |
| 4.6.2 | Dans le même temps, le CESE fait valoir dans un autre avis (14) qu’«il s’impose d’éviter les coûts inutiles de la réglementation. Les coûts de la réglementation doivent être proportionnels aux bénéfices qu’ils engendrent.» |
| 4.6.3 | Le CESE soutient fermement le principe «évaluer avant d’agir». Comme précisé dans l’un de ses avis (15), le CESE peut «jouer un rôle utile en tant qu’intermédiaire entre législateurs et usagers de la législation de l’UE. […] Le CESE adapte en permanence ses méthodes de travail pour contribuer à apprécier la qualité de l’application du droit de l’UE. […] Il a ainsi récemment décidé de prendre une part active à l’évaluation du cycle législatif en menant ses propres évaluations a posteriori de l’acquis de l’Union.» |
| 4.6.4 | Le Comité a publié un avis (16) dans lequel il «plaide pour une approche qualitative qui fonctionne à part égale avec l’analyse quantitative et prenne en compte la recherche des bénéfices attendus de la législation». Sur le plan réglementaire, outre les charges, il convient le cas échéant de quantifier aussi les avantages, y compris les avantages nets, et par ailleurs de les prendre plus systématiquement en compte dans les analyses d’impact de la Commission. |
| 4.6.5 | Le CESE est d’avis que certains coûts sont indispensables pour atteindre les objectifs stratégiques. Les coûts ne devraient être réduits que s’il est démontré qu’ils ne sont pas nécessaires pour atteindre l’objectif stratégique visé. Le CESE partage l’avis de la Commission selon lequel la réduction des coûts inutiles devrait être fondée sur des données probantes issues d’une évaluation au cas par cas et non sur de simples objectifs chiffrés, de sorte que les finalités de la législation soient pleinement maintenues. |
| 4.6.6 | Concernant l’initiative REFIT, le CESE renvoie à ses avis en la matière (17). Le CESE participe à ce programme en sa qualité de membre de la plateforme REFIT, trois membres issus de ses trois groupes assistant à tour de rôle aux réunions de la plateforme. Les membres travaillent en étroite collaboration pour définir les priorités politiques du CESE et élaborent des positions communes dans la perspective des réunions de la plateforme, en se fondant sur les positions prises dans les avis antérieurs. |
| 4.6.7 | Le CESE répète que les travaux de la plateforme REFIT sont menés sous un angle ex post. La plateforme a pour mission d’examiner les suggestions faites par l’intermédiaire du site internet «Aidez-nous à réduire les formalités» et de formuler des propositions sur la manière de simplifier la législation existante de l’UE. La plateforme ne doit pas être utilisée pour introduire une nouvelle réglementation. |
| 4.6.8 | Le CESE note que les intérêts spécifiques des PME ne sont pas explicitement représentés au sein de la plateforme REFIT. Il prie donc la Commission d’inviter un représentant qualifié à participer au groupe des parties intéressées de la plateforme REFIT. |
4.7. Évaluation d’autres méthodes en matière de simplification et de diminution des coûts
| 4.7.1 | En ce qui concerne la fixation d’objectifs de réduction de la charge réglementaire en lien avec le programme pour une meilleure réglementation, le CESE est d’avis que ces objectifs doivent être définis ex post, dans le cadre du programme REFIT, et sur la base d’une évaluation globale incluant un dialogue avec la société civile et les parties prenantes. |
| 4.7.2 | Compte tenu des difficultés rencontrées pour obtenir les données nécessaires pour procéder à des calculs rigoureux sur le plan scientifique, en vue de déterminer la valeur de référence applicable lors de l’établissement des objectifs de réduction de la charge réglementaire ex ante, le CESE n’est pas favorable à l’établissement de tels objectifs, que ce soit pour des secteurs particuliers, ou pour l’économie dans son ensemble. Il en va de même pour les objectifs chiffrés fixés sur le plan politique, tels que le principe one-in, one-out. |
4.8. La mise en œuvre et l’application du droit de l’Union
| 4.8.1 | Concernant la mise en œuvre et l’application du droit de l’Union, le Comité renvoie à ses nombreux avis en la matière (18). |
| 4.8.2 | L’applicabilité de la législation de l’Union doit être étudiée à un stade précoce du processus d’élaboration des politiques, dans le cadre de l’analyse d’impact. Le CESE invite les services de la Commission à se conformer strictement aux lignes directrices relatives à l’analyse d’impact fournies au chapitre IV de la boîte à outils «Mieux légiférer» («Mise en œuvre, transposition et préparation des propositions»). Il convient d’accorder une attention particulière aux spécificités des différents systèmes politiques et juridiques nationaux, et aux diverses ressources et capacités dont disposent les États membres pour transposer et appliquer le droit de l’Union. |
| 4.8.3 | La charge réglementaire est induite principalement au niveau national du fait de la transposition et de l’application du droit de l’Union par les autorités des États membres (surréglementation). Dans ses avis (19), le CESE constate que la plupart des défaillances dans l’application ou la mise en œuvre adéquate du droit de l’Union résultent du défaut de transposition des directives. Le CESE préconise dès lors de recourir à des règlements plutôt qu’à des directives afin d’éviter un manque de cohérence réglementaire dans l’UE (20). Il convient toutefois de ne pas abaisser le niveau actuel de protection des citoyens, des consommateurs, des travailleurs et de l’environnement, et ce dans aucun des États membres. |
| 4.8.4 | Le CESE estime que la mise en œuvre adéquate de la législation de l’Union suppose des efforts conjoints et coordonnés des acteurs principaux, à savoir la Commission, le Parlement européen, le Conseil et les États membres, en associant dans toute la mesure du possible l’échelon local et régional, ainsi que la société civile et les parties prenantes. Le CESE estime que la Commission doit être le principal acteur dans la coordination de ces efforts et recommande, comme il l’a écrit dans l’un de ses avis (21), qu’elle tienne un rôle actif «dans la promotion d’une confiance mutuelle entre les autorités chargées de faire appliquer la législation et qu’elle soutienne les réseaux d’autorités publiques, l’analyse systématique de leurs résultats, ainsi que la mise en évidence et la diffusion des meilleures pratiques». |
| 4.8.5 | Dans sa communication, la Commission propose plusieurs mesures visant à améliorer la mise en œuvre de la législation de l’Union. Il s’agit entre autres de la mise en place d’une approche plus systématique en matière de suivi et d’évaluation de l’efficacité de la législation dans le cadre de l’accord interinstitutionnel «Mieux légiférer», d’un soutien apporté aux États membres par l’élaboration de plans de mise en œuvre, ainsi que de la rédaction de rapports par pays cartographiant les points forts et les faiblesses à l’échelle nationale en ce qui concerne la mise en œuvre des règles. Le CESE salue l’attention particulière que la Commission accorde à cette question, ainsi que les mesures proposées, mais déplore que la participation du CESE ne soit envisagée à aucun moment. |
| 4.8.6 | Comme il l’a indiqué dans un avis (22), «dans le cas de la transposition de certaines directives, le Comité souhaite apporter une contribution spécifique au rapport d’initiative du Parlement européen sur le rapport annuel relatif à la mise en œuvre de la législation de l’Union européenne par les États membres, en ciblant les ajouts apportés par les États membres lors de la transposition». |
| 4.8.7 | Enfin, le CESE se félicite de l’approche stratégique adoptée par la Commission dans sa politique en matière d’infractions, dans le cadre de sa communication intitulée «Le droit de l’UE: une meilleure application pour de meilleurs résultats» (23). Il encourage la Commission à engager plus rapidement et systématiquement une procédure d’infraction lorsqu’un État membre ne transpose pas correctement la législation de l’Union, voire ne la transpose pas du tout. |
4.9. Collaboration avec les autres institutions
| 4.9.1 | Le CESE représente les utilisateurs finaux de la législation de l’UE, qui sont issus de la société civile organisée, et à ce titre, il devrait être considéré par le Conseil, le Parlement européen et la Commission comme un partenaire et une ressource pour l’évaluation de la faisabilité des projets législatifs dans une perspective pratique et empirique. |
| 4.9.2 | Compte tenu du rôle actif que joue le CESE dans l’amélioration de la réglementation et de la législation, tel que décrit plus haut, le CESE demande instamment à la Commission, au Parlement européen et au Conseil de l’associer officiellement à l’accord interinstitutionnel «Mieux légiférer». |
Bruxelles, le 19 avril 2018.
Le président du Comité économique et social européen
Luca JAHIER
(1) COM(2017) 651 final.
(2) JO C 13 du 15.1.2016, p. 192.
(3) COM(2015) 215 final.
(4) Voir notamment: groupe ad hoc sur le contrôle de l’application de la législation de l’UE; JO C 487 du 28.12.2016, p. 51; JO C 303 du 19.8.2016, p. 45; JO C 13 du 15.1.2016, p. 192; JO C 345 du 13.10.2017, p. 67; JO C 13 du 15.1.2016, p. 145; JO C 434 du 15.12.2017, p. 11; JO C 291 du 4.9.2015, p. 29; JO C 230 du 14.7.2015, p. 66; JO C 43 du 15.2.2012, p. 14; JO C 248 du 25.8.2011, p. 87; JO C 18 du 19.1.2011, p. 95; JO C 128 du 18.5.2010, p. 103; JO C 277 du 17.11.2009, p. 6; JO C 100 du 30.4.2009, p. 28; JO C 204 du 9.8.2008, p. 9.
(5) JO C 487 du 28.12.2016, p. 51.
(6) C(2017) 7810.
(7) JO C 434 du 15.12.2017, p. 11.
(8) SWD(2017) 350 et https://ec.europa.eu/info/better-regulation-toolbox_fr.
(9) Comité d’examen de la réglementation, rapport annuel de 2016, https://ec.europa.eu/info/sites/info/files/2016-rsb-report_en.pdf, en particulier les pages 13 et 15.
(10) JO C 434 du 15.12.2017, p. 11.
(11) JO C 383 du 17.11.2015, p. 57.
(12) «REFIT Platform Opinion on submissions XXII.4.a by the DIHK and XXII.4.b by a citizen on Stakeholder consultation mechanisms» [Avis de la plateforme REFIT sur les questions XXII.4 soulevées par le DIHK et par un citoyen, sur les mécanismes de consultation des parties prenantes]. Date d’adoption: 7.6.2017.
(13) JO C 303 du 19.8.2016, p. 45.
(14) JO C 487 du 28.12.2016, p. 51.
(15) Groupe ad hoc, analyse panoramique de la Cour des comptes européenne sur la mise en œuvre du droit européen. Groupe ad hoc «Contrôle de l’application de la législation de l’UE», JO C 81 du 2.3.2018, p 81.
(16) JO C 434 du 15.12.2017, p. 11.
(17) JO C 230 du 14.7.2015, p. 66; JO C 303 du 19.8.2016, p. 45.
(18) Groupe ad hoc; JO C 303 du 19.8.2016, p. 45; JO C 291 du 4.9.2015, p. 29; JO C 18 du 19.1.2011, p. 95; JO C 175 du 28.7.2009, p. 26; JO C 204 du 9.8.2008, p. 9; JO C 325 du 30.12.2006, p. 3; JO C 24 du 31.1.2006, p. 52; JO C 24 du 31.1.2006, p. 39.
(19) Groupe ad hoc; JO C 13 du 15.1.2016, p. 192.
(20) JO C 18 du 19.1.2011, p. 95.
(21) JO C 24 du 31.1.2006, p. 52.
(22) JO C 303 du 19.8.2016, p. 45.
(23) C(2016) 8600 (JO C 18 du 19.1.2017).
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