| CELEX | 52017IP0196 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 27 avril 2017 |
| 23.8.2018 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 298/100 |
P8_TA(2017)0196
L’initiative phare de l’Union pour le secteur de la confection
Résolution du Parlement européen du 27 avril 2017 sur l’initiative phare de l’Union pour le secteur de la confection (2016/2140(INI))
(2018/C 298/14)
Le Parlement européen,
| — | vu les articles 2, 3, 6 et 21 du traité sur l’Union européenne (traité UE), |
| — | vu les articles 153, 191, 207, 208 et 218 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE), |
| — | vu les articles 12, 21, 28, 29, 31 et 32 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, |
| — | vu le pacte international relatif aux droits civils et politiques et le pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, |
| — | vu la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant et l’observation générale no 16 du Comité des droits de l’enfant des Nations unies, |
| — | vu les conventions fondamentales de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur le travail des enfants, le travail forcé, la discrimination et la liberté d’association et de négociation collective, |
| — | vu les principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme (1), |
| — | vu la résolution 26/9 du Conseil des droits de l’homme des Nations unies (2) par laquelle ce dernier «décide de créer un groupe de travail intergouvernemental à composition non limitée sur les sociétés transnationales et autres entreprises et les droits de l’homme, qui sera chargé d’élaborer un instrument international juridiquement contraignant pour réglementer, dans le cadre du droit international des droits de l’homme, les activités des sociétés transnationales et autres entreprises», |
| — | vu la résolution 70/1 de l’Assemblée générale des Nations unies du 25 septembre 2015 intitulée «Transformer notre monde: le programme de développement durable à l’horizon 2030» (3), |
| — | vu les programmes financés par le Fonds d’affectation spéciale des Nations unies pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes visant à lutter contre le harcèlement des femmes et les violences à leur encontre dans le secteur de la confection (4), |
| — | vu le cadre pour les politiques d’investissement au service du développement durable de la CNUCED (2015) (5), |
| — | vu les principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales (6), |
| — | vu la directive 2014/95/UE du Parlement européen et du Conseil du 22 octobre 2014 modifiant la directive 2013/34/UE en ce qui concerne la publication d’informations non financières et d’informations relatives à la diversité par certaines grandes sociétés et certains groupes (7), |
| — | vu la communication de la Commission du 14 octobre 2015 intitulée «Le commerce pour tous: vers une politique de commerce et d’investissement plus responsable» (COM(2015)0497), |
| — | vu les lignes directrices de 2015 de la Commission sur l’analyse des incidences sur les droits de l’homme des initiatives en matière de politique commerciale dans le cadre des analyses d’impact (8), |
| — | vu sa résolution du 25 novembre 2010 sur la responsabilité sociale des entreprises dans les accords commerciaux internationaux (9), |
| — | vu sa résolution du 29 avril 2015 sur le deuxième anniversaire de l’effondrement du bâtiment Rana Plaza et l’état d’avancement du pacte sur la durabilité au Bangladesh (10), |
| — | vu sa résolution du 14 avril 2016 sur le secteur privé et le développement (11), |
| — | vu sa résolution du 5 juillet 2016 sur la mise en œuvre des recommandations du Parlement de 2010 sur les normes sociales et environnementales, les droits de l’homme et la responsabilité des entreprises (12), |
| — | vu sa résolution du 13 septembre 2016 sur la mise en œuvre de l’objectif thématique «Renforcer la compétitivité des PME» — article 9, paragraphe 3, du règlement portant dispositions communes (13), |
| — | vu sa résolution du 25 octobre 2016 sur la responsabilité des entreprises dans les violations graves des droits de l’homme dans les pays tiers (14), |
| — | vu sa résolution du 14 décembre 2016 sur le rapport annuel 2015 sur les droits de l’homme et la démocratie dans le monde et la politique de l’Union européenne en la matière (15), |
| — | vu l’étude intitulée «Clauses relatives aux droits de l’homme et à la démocratie dans les accords internationaux de l’UE» publiée en 2005 par le département thématique de la direction générale des politiques externes de l’Union du Parlement européen (16), |
| — | vu l’analyse approfondie intitulée «La politique commerciale de l’Union: de l’indifférence aux questions d’égalité hommes-femmes à leur prise en compte?» publiée par le département thématique de la direction générale des politiques externes du Parlement européen (17), |
| — | vu sa résolution non législative du 14 décembre 2016 sur le projet de décision du Conseil relative à la conclusion d’un protocole à l’accord de partenariat et de coopération établissant un partenariat entre les Communautés européennes et leurs États membres, d’une part, et la République d’Ouzbékistan, d’autre part, modifiant ledit accord afin d’étendre ses dispositions au commerce bilatéral de textiles, compte tenu de l’expiration de l’accord bilatéral sur les textiles (18), |
| — | vu le pacte pour l’amélioration constante des droits du travail et de la sécurité des usines dans le secteur du prêt-à-porter et de la bonneterie au Bangladesh, également appelé «pacte sur la durabilité», |
| — | vu le programme de l’OIT sur l’amélioration des conditions de travail dans le secteur du prêt-à-porter au Bangladesh (19), |
| — | vu l’accord de 2013 sur la sécurité incendie et la sécurité des bâtiments au Bangladesh, |
| — | vu l’accord de coopération sur la gestion responsable de la chaîne d’approvisionnement du secteur de la confection signé le 25 avril 2016 entre Pablo Isla, président d’Inditex, et Jyrki Raina, secrétaire général d’IndustriALL Global Union, |
| — | vu la conférence de haut niveau sur la gestion responsable de la chaîne d’approvisionnement du secteur de la confection qui s’est tenue à Bruxelles le 25 avril 2016, |
| — | vu le régime SPG+ de l’Union européenne (20), |
| — | vu la directive 2014/24/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 février 2014 sur la passation des marchés publics et abrogeant la directive 2004/18/CE (21), |
| — | vu le «Vision Zero Fund» lancé en 2015 par le G7 en coopération avec l’OIT afin d’améliorer la sécurité et la santé sur le lieu de travail dans les pays de production, |
| — | vu le partenariat allemand pour des textiles durables (22) et la convention néerlandaise pour une confection et des textiles durables (23), |
| — | vu l’article 52 de son règlement, |
| — | vu le rapport de la commission du développement et les avis de la commission du commerce international et de la commission de l’emploi et des affaires sociales (A8-0080/2017), |
| A. | considérant que le développement économique doit aller de pair avec la justice sociale et une politique de bonne gouvernance; que la complexité et la fragmentation des chaînes de valeur mondiales requièrent des mesures complémentaires pour engager un processus d’amélioration continue permettant de disposer de chaînes de valeur mondiales et de chaînes de production durables et créer de la valeur dans les chaînes d’approvisionnement, ainsi que des analyses de l’impact que les structures d’organisation du secteur, le système de coordination et le pouvoir de négociation des membres du réseau ont sur le développement de ces processus; que des mesures d’accompagnement complémentaires sont nécessaires afin de se prémunir contre les incidences négatives potentielles de ces chaînes; que les victimes de violations des droits de l’homme devraient pouvoir accéder à des voies de recours efficaces; |
| B. | considérant que, dans le monde, 60 millions de personnes travaillent dans le secteur du textile et de l’habillement, et que ce secteur crée de nombreux emplois, notamment dans les pays en développement; |
| C. | considérant que les fabricants de textiles dans les pays en développement sont toujours exposés aux pratiques d’achat agressives des grossistes et des distributeurs internationaux, notamment en raison de la concurrence mondiale féroce; |
| D. | considérant que les victimes des trois incidents les plus meurtriers ayant frappé le secteur de la confection (Rana Plaza, Tazreen et Ali Enterprises) ont été indemnisées pour la perte de revenus ou sont en train de l’être; que l’octroi d’indemnisations est en l’espèce conforme à la convention 121 de l’OIT et est le fruit d’une coopération inédite entre les marques, les syndicats, la société civile, les gouvernements et l’OIT; que les recours effectifs demeurent rares face aux violations généralisées de droits humains fondamentaux; |
| E. | considérant que de nombreux obstacles empêchent l’accès des victimes de violations des droits de l’homme impliquant des entreprises européennes à un recours juridique, notamment des obstacles de nature procédurale relatifs à l’admissibilité et à la communication des preuves, des frais de contentieux souvent prohibitifs, l’absence de normes claires en matière de responsabilité des entreprises ayant commis des violations des droits de l’homme, et un manque de clarté concernant l’application des règles de droit international privé de l’Union aux procédures transnationales civiles; |
| F. | considérant que l’article 207 du traité FUE exige que la politique commerciale de l’Union soit menée dans le cadre des principes et objectifs de l’action extérieure de l’Union, et notamment ceux relatifs à la coopération au développement énoncés à l’article 208; que l’article 21 du traité sur l’Union européenne (traité UE) réaffirme que l’action extérieure de l’Union repose sur les principes de démocratie, d’état de droit, d’universalité et d’indivisibilité des droits de l’homme et des libertés fondamentales, de respect de la dignité humaine, sur les principes d’égalité et de solidarité et sur le respect des principes de la charte des Nations unies et du droit international; |
| G. | considérant que l’Union européenne est le deuxième plus grand exportateur mondial de produits textiles et vestimentaires après la Chine, grâce à environ 174 000 entreprises du secteur, dont 99 % sont des petites et moyennes entreprises, qui emploient quelque 1,7 million de personnes; qu’en outre, plus d’un tiers (34,3 %, soit une valeur totale de 42,29 milliards d’euros) des produits vestimentaires utilisés en Europe sont produits par des entreprises de l’Union; |
| H. | considérant que la déclaration de l’OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail engage les États membres, même lorsqu’ils n’ont pas ratifié les conventions en question, à respecter et à promouvoir les principes et les droits dans quatre catégories, à savoir: la liberté d’association et la reconnaissance effective du droit de négociation collective, l’élimination de la discrimination en matière d’emploi et de profession, l’élimination de toute forme de travail forcé et l’abolition du travail des enfants; |
| I. | considérant que la négociation collective est un moyen de garantir que les salaires et la productivité vont de pair, mais que le recours à des formes non conventionnelles de travail sur la chaîne d’approvisionnement mondiale, notamment la sous-traitance et le travail informel, affaiblit les négociations collectives; que nombre de travailleurs du secteur de la confection ne gagnent pas un salaire décent; |
| J. | considérant que de nombreux États membres, comme l’Allemagne, les Pays-Bas, le Danemark et la France, ont appuyé des programmes à l’échelon national; |
| K. | considérant que le projet de «réalisation de la valeur à long terme pour les entreprises et les investisseurs» mené dans le cadre des principes pour l’investissement responsable des Nations unies et du pacte mondial des Nations unies démontre que l’économie est compatible avec les principes de justice sociale, de pérennité environnementale et de respect des droits de l’homme, et qu’ils se renforcent mutuellement; |
| L. | considérant que les principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme s’appliquent à tous les États et à toutes les entreprises, que celles-ci soient multinationales ou non et quels que soient leur taille, leur situation géographique, leur propriétaire et leur structure; |
| M. | considérant que l’Union européenne joue un rôle essentiel en tant qu’investisseur, qu’acheteur, que détaillant et que consommateur dans l’industrie et le commerce de la confection textile et qu’elle est par conséquent la mieux placée pour regrouper, au niveau mondial, de multiples initiatives destinées à améliorer sensiblement la situation inhumaine vécue par des dizaines de millions de travailleurs dans ce secteur et à créer des conditions équitables pour toutes les parties concernées; |
| N. | considérant qu’une gestion responsable des chaînes de valeur mondiales revêt une importance particulière du point de vue du développement, puisque les formes très graves de violation des droits de l’homme et du travail et de pollution environnementale sont fréquemment commises dans les pays producteurs qui sont souvent confrontés à de sérieuses difficultés en matière de développement durable et de croissance, lesquelles touchent les plus vulnérables; |
| O. | considérant que les bons résultats des exportations du secteur de la confection, notamment en Chine, au Viêt Nam, au Bangladesh et au Cambodge, devraient se poursuivre; |
| P. | considérant que la plupart des violations des droits de l’homme commises dans le secteur de la confection portent sur divers aspects des droits des travailleurs, comme le déni des droits fondamentaux des travailleurs de fonder des syndicats, de s’affilier au syndicat de leur choix et de mener des négociations collectives sans crainte, ce qui ne permet que difficilement aux travailleurs de jouir de leurs droits fondamentaux sur le lieu de travail; que cette situation a entraîné des violations généralisées des droits du travail, notamment: octroi de salaires de misère, vol de salaires, travail forcé et travail des enfants, licenciements arbitraires, conditions de travail dangereuses ou insalubres, violence à l’égard des femmes, harcèlement physique et sexuel, et travail précaire dans des conditions précaires; que, malgré les violations généralisées des droits de l’homme, les mesures effectives de recours demeurent généralement rares; que ces déficits de travail décent sont particulièrement marqués dans les zones franches industrielles pour l’exportation liées aux chaînes d’approvisionnement mondiales, qui sont souvent caractérisées par des exonérations du droit du travail et des impôts et où le syndicalisme et la négociation collective sont restreints; |
| Q. | considérant que les mesures prises volontairement par le secteur privé au cours des vingt dernières années, telles que l’introduction de codes déontologiques, de labels, d’autoévaluations et d’audits sociaux, si elles ont fourni des cadres utiles à la coopération dans des domaines tels que la santé et la sécurité au travail, n’ont pas vraiment permis d’améliorer concrètement les droits des travailleurs, en particulier pour ce qui est du respect des droits de l’homme et de l’égalité entre les hommes et les femmes, ni d’accroître le nombre de droits des travailleurs, de sensibiliser davantage les consommateurs ou de renforcer les normes environnementales ainsi que la sécurité et la durabilité de la chaîne d’approvisionnement du secteur de la confection; |
| R. | considérant que des initiatives plurilatérales comme le partenariat allemand pour des textiles durables ou la convention néerlandaise pour une confection et des textiles durables permettent de réunir des parties prenantes telles que les entreprises, les syndicats, les pouvoirs publics et les ONG autour d’une même table; que les normes élaborées par ces initiatives portent également sur des questions environnementales; que ces initiatives n’en sont pas encore à l’étape de mise en œuvre et que les effets concrets ne sont donc pas imminents; que de telles initiatives nationales sont nécessaires en l’absence de mesures au niveau de l’Union; que, cependant, la plupart des États membres n’ont pas adopté de telles initiatives; |
| S. | considérant que les efforts consentis par les entreprises pour favoriser la mise en conformité des lieux de travail peuvent appuyer, mais pas remplacer, l’efficacité et l’efficience des systèmes de gouvernance publique, à savoir le devoir de chaque État d’assurer la conformité aux règles et de faire respecter le droit national du travail et les règlements en vigueur, notamment pour ce qui est de l’administration du travail et des fonctions d’inspection, de la résolution des conflits et de la poursuite des contrevenants, et de ratifier et mettre en œuvre les normes internationales du travail; |
| T. | considérant que la tendance dans le secteur de la confection est toujours à la mode éphémère, ce qui fait peser une menace énorme sur les travailleurs du secteur dans les pays de production et les soumet à une pression considérable; |
| U. | considérant que le ministère allemand de la coopération au développement a fixé pour l’Allemagne l’objectif d’importer, d’ici 2020, au moins 50 % de textiles respectant pleinement des critères écologiques et sociaux; |
| V. | considérant que, pour améliorer la gouvernance des chaînes de valeur mondiales, les nombreux instruments et mesures adoptés dans différents domaines, comme le commerce et les investissements, l’aide au secteur privé et la coopération au développement, doivent être exploités pour contribuer à la durabilité et à la gestion responsable des chaînes de valeur mondiales dans le cadre du programme de développement durable à l’horizon 2030, lequel souligne l’incidence considérable des politiques commerciales dans la réalisation de ses objectifs, étant donné qu’elles portent sur plusieurs domaines, tels que les règles d’origine, les marchés de matières premières, les droits du travail et l’égalité hommes-femmes; |
| W. | considérant que les caractéristiques spécifiques des chaînes de valeur du secteur de la confection, telles que la dispersion géographique des différentes étapes du processus de production, les différentes catégories de travailleurs du secteur, la politique d’achat, le faible niveau des prix, les gros volumes, les délais de fabrication particulièrement courts, la sous-traitance et les relations contractuelles à court terme entre acheteurs et fournisseurs, sont propices à la réduction de la visibilité, de la traçabilité et de la transparence de la chaîne d’approvisionnement d’une entreprise et augmentent les risques de violations des droits de l’homme et du travail, de dommages à l’environnement et de maltraitance des animaux, et ce, dès l’étape de production des matières premières; que la transparence et la traçabilité sont des conditions préalables à la responsabilité des entreprises et à la consommation responsable; que le consommateur a le droit de connaître le lieu de fabrication d’un vêtement et les conditions sociales et environnementales dans lesquelles il a été fabriqué; considérant qu’en garantissant aux consommateurs le droit de disposer d’informations fiables, transparentes et pertinentes sur la durabilité de la production, on induira des changements durables dans la traçabilité et la transparence de la chaîne d’approvisionnement du secteur de la confection; |
| X. | considérant que les droits des femmes font partie intégrante des droits de l’homme; que l’égalité entre les hommes et les femmes entre dans le champ d’application des chapitres des accords commerciaux consacrés au commerce et au développement durable; que les incidences spécifiques des accords de commerce et d’investissement n’ont pas les mêmes répercussions sur les femmes et sur les hommes en raison des inégalités structurelles entre les hommes et les femmes; qu’afin de renforcer l’égalité entre les hommes et les femmes et les droits des femmes, la dimension de genre devrait être intégrée dans tous les accords commerciaux; |
| Y. | considérant que le travail des femmes dans le secteur de la confection dans les pays en développement contribue largement aux revenus du foyer et à la réduction de la pauvreté; |
| Z. | considérant que les droits de l’enfant font partie intégrante des droits de l’homme et que l’abolition du travail des enfants devrait rester une priorité impérieuse; que les travaux réalisés par des enfants doivent être soumis à des règles spécifiques pour ce qui est de l’âge, du temps de travail et de la nature des tâches effectuées; |
| AA. | considérant qu’en décembre 2016, de nombreux syndicalistes ont été arrêtés au Bangladesh, ce qui a entraîné une manifestation en faveur de salaires décents et de meilleures conditions de travail; que des centaines d’ouvriers du secteur de la confection ont été licenciés à la suite des manifestations; que le droit d’association n’est toujours pas respecté dans les pays producteurs; |
| AB. | considérant que, selon les estimations, entre 70 et 80 % (24) des travailleurs du secteur du prêt-à-porter dans les pays de production sont des femmes peu qualifiées, souvent mineures; que les bas salaires, conjugués à une protection sociale très faible, voire inexistante, rendent les femmes et les enfants particulièrement vulnérables à l’exploitation; que la dimension hommes-femmes et que des mesures spécifiques sur l’émancipation des femmes sont largement absentes des initiatives en cours visant la durabilité; |
| AC. | considérant que le secteur privé joue un rôle essentiel en matière de croissance durable et ouverte à tous dans les pays en développement; que l’économie de certains pays en développement dépend du secteur de la confection; que l’expansion de cette industrie a permis à de nombreux travailleurs de passer de l’économie informelle au secteur formel; |
| AD. | considérant que le secteur de la confection est celui qui compte le plus d’initiatives en cours visant la durabilité; que certaines initiatives existantes ont permis d’améliorer la situation du secteur de la confection et qu’il faut donc poursuivre les actions au niveau européen également; |
| AE. | considérant que les accords commerciaux sont, avec le dialogue social et un suivi au niveau des entreprises, un outil précieux pour l’instauration de conditions de travail décentes dans les chaînes d’approvisionnement mondiales; |
| AF. | considérant qu’en octobre 2015, la Commission a publié sa nouvelle stratégie commerciale, «Le commerce pour tous», visant à utiliser les accords commerciaux et les régimes préférentiels comme des leviers pour soutenir, de par le monde, le développement durable, les droits de l’homme et le commerce juste et équitable, et pour introduire plus de responsabilité dans la gestion des chaînes de valeur, afin de renforcer le développement durable, le respect des droits de l’homme, la lutte contre la corruption et la bonne gouvernance dans les pays tiers; |
| 1. | se félicite de l’attention accrue accordée à l’instauration de conditions de travail décentes le long des chaînes d’approvisionnement mondiales depuis l’effondrement de l’usine Rana Plaza, du projet de loi français sur l’obligation du devoir de diligence, de la loi britannique antiesclavage, de la convention néerlandaise pour une confection et des textiles durables, du partenariat allemand pour des textiles durables et de la déclaration du président Juncker lors du sommet du G7 prônant une «action urgente» en vue d’améliorer la responsabilité dans les chaînes d’approvisionnement mondiales; se félicite du fait que l’accent soit davantage mis sur la durabilité, la transparence et la traçabilité des chaînes de valeur et de production; salue l’engagement de la Commission envers une gestion responsable des chaînes d’approvisionnement, y compris dans le secteur de la confection, exprimé dans la communication intitulée «Le commerce pour tous»; se félicite de l’initiative du «carton vert» par laquelle huit États membres ont plaidé en faveur d’un devoir de diligence des entreprises établies dans l’Union à l’égard des personnes et des communautés dont les droits de l’homme et l’environnement local sont mis à mal par les activités de ces entreprises; salue l’approche globale de l’indice Higg servant à évaluer les incidences des entreprises sur l’environnement, les conditions sociales et le travail; souligne qu’il faut continuer à apporter des améliorations à l’indice Higg et à accroître sa transparence; |
| 2. | se félicite des accords-cadres mondiaux individuels relatifs à l’amélioration de la gestion de la chaîne d’approvisionnement du secteur de la confection conclus entre les syndicats et les marques; souligne que l’avenir du secteur de la confection dépendra de l’amélioration de la productivité durable et de la traçabilité afin de pouvoir effectivement recenser les processus qui ont lieu dans toute la chaîne de valeur, ce qui permettra de concevoir les améliorations et de les mettre en œuvre; |
| 3. | se félicite de l’approche retenue concernant l’accord juridiquement contraignant sur la sécurité incendie et la sécurité des bâtiments au Bangladesh et le pacte sur la durabilité au Bangladesh lancé par la Commission en collaboration avec le Bangladesh et l’OIT à la suite de la catastrophe du Rana Plaza en 2013, étant donné qu’il comporte des dispositions sur les syndicats et sur la rénovation des usines inspectées, et demande que sa durée soit prolongée; souligne qu’il est important de continuer à suivre les objectifs du pacte afin de renforcer les droits des travailleurs et qu’il faut gérer les chaînes d’approvisionnement au niveau mondial de façon plus responsable; demande à la Commission de procéder à une évaluation approfondie du pacte et de mentionner les progrès ou les lacunes dans ce domaine, ainsi que de proposer des modifications éventuelles du régime commercial si nécessaire, en particulier à la lumière des rapports des mécanismes de supervision de l’OIT; invite la Commission à poursuivre des programmes et à prendre des mesures similaires avec d’autres partenaires commerciaux de l’Union qui produisent des vêtements, comme le Sri Lanka, l’Inde ou le Pakistan; |
| 4. | soutient l’examen, par la Commission, d’une possible initiative européenne sur le secteur de la confection; constate de plus que l’accumulation actuelle des initiatives existantes pourrait générer un environnement imprévisible pour les entreprises; estime que la nouvelle proposition devrait englober les questions liées aux droits de l’homme, favoriser la durabilité, la traçabilité et la transparence des chaînes de valeur, encourager une manière consciente de consommer et être axée en particulier sur les droits des travailleurs et l’égalité hommes-femmes; considère que les consommateurs de l’Union ont le droit d’être informés sur le degré de respect des droits de l’homme et de l’environnement du secteur de la confection et sur la durabilité des produits; estime à cet égard que les initiatives et les efforts législatifs menés par l’Union dans le domaine de la confection devraient être visibles sur le produit final; |
| 5. | s’inquiète de constater que les initiatives volontaires existantes en faveur de la durabilité de la chaîne d’approvisionnement du secteur de la confection n’ont pas toujours permis d’apporter une réponse adéquate aux questions liées aux droits de l’homme et aux droits du travail dans le secteur; invite par conséquent la Commission à ne pas se limiter à un document de travail des services et à proposer une législation fixant des obligations de diligence relatives aux chaînes d’approvisionnement dans le secteur de la confection; insiste pour que cette proposition législative soit conforme aux nouveaux principes directeurs de l’OCDE en matière de diligence dans le secteur de l’habillement et de la chaussure, aux principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales qui importent dans l’Union européenne, à la résolution de l’OIT concernant le travail décent dans les chaînes d’approvisionnement et aux normes internationalement reconnues en matière de droits de l’homme, de droit social et d’environnement; |
| 6. | insiste pour que la proposition législative de la Commission se fonde sur le nouveau guide adopté par l’OCDE sur le devoir de diligence pour des chaînes d’approvisionnement responsables dans le secteur de l’habillement et de la chaussure conformément aux nouveaux principes directeurs de l’OCDE; souligne que cette proposition législative devrait prévoir des normes essentielles, notamment sur la protection de la santé et de la sécurité au travail, la santé, un salaire décent, la liberté d’association et la liberté de conclure des négociations collectives, la prévention du harcèlement et de la violence sexuels sur le lieu de travail et l’élimination du travail forcé et du travail des enfants; invite la Commission à y inclure également les aspects suivants: les principaux critères applicables à la production durable, la transparence et la traçabilité, notamment la collecte en toute transparence des données et les outils d’information des consommateurs, la vérification et le contrôle de la diligence, l’accès aux voies de recours, l’égalité entre les hommes et les femmes, les droits des enfants, la déclaration de diligence pour la chaîne d’approvisionnement, la responsabilité des entreprises en cas de catastrophe d’origine humaine et la sensibilisation au sein de l’Union européenne; encourage la Commission à prendre acte d’autres propositions législatives et initiatives nationales ayant le même objectif que la législation, une fois qu’elles ont été vérifiées et qu’il est démontré qu’elles respectent les exigences de la législation européenne; |
| 7. | demande une nouvelle fois à la Commission d’étendre la responsabilité sociale des entreprises au moyen d’une législation contraignante sur la diligence pour le secteur de la confection, de telle sorte que l’Union, ses partenaires commerciaux et les opérateurs respectent les droits de l’homme et les normes sociales et environnementales les plus élevées; insiste pour que le secteur de la confection dans l’Union européenne respecte également les normes de l’OIT, notamment en ce qui concerne la décence des salaires et des conditions de travail; prie instamment la Commission de se pencher sur la rémunération et les conditions de travail dans le secteur de la confection dans les États membres; demande instamment aux États membres d’appliquer les normes de l’OIT dans le secteur de la confection; |
| 8. | invite la Commission à promouvoir activement l’utilisation de matières premières écologiques et gérées de manière durable, notamment le coton, ainsi que la réutilisation et le recyclage des vêtements et des textiles au sein de l’Union européenne au moyen de dispositions spécifiques dans la proposition législative sur le secteur de la confection; invite l’Union européenne, ses États membres et les entreprises à financer davantage la recherche et le développement, notamment dans le domaine du recyclage des vêtements, afin de procurer une nouvelle source durable de matières premières au secteur de la confection dans l’Union; se félicite des initiatives visant à mettre en œuvre les normes les plus élevées et les plus strictes existantes en matière de bien-être animal, comme la norme pour le duvet responsable (RDS pour Responsible Down Standard) et la norme pour la laine responsable (RWS pour Responsible Wool Standard), et prie instamment la Commission d’utiliser ces normes comme lignes directrices pour incorporer des dispositions spécifiques dans sa proposition législative; demande à la Commission de mettre à disposition des ressources supplémentaires au sein des institutions afin d’assurer le suivi de l’initiative phare; |
| 9. | souligne qu’il faut développer des codes déontologiques, des labels d’excellence et des programmes de commerce équitable et veiller à leur conformité avec les normes internationales telles que les principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme, le pacte mondial des Nations unies, la déclaration de principes tripartite sur les entreprises multinationales et la politique sociale de l’OIT (déclaration sur les EMN), les principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales, le guide de l’OCDE pour des chaînes d’approvisionnement responsables dans le secteur de l’habillement et de la chaussure, et les principes régissant les entreprises dans le domaine des droits de l’enfant de l’Unicef, du pacte mondial des Nations unies et de Save the Children; insiste de la même manière sur la nécessité de renforcer progressivement le dialogue social transfrontalier par la conclusion d’accords-cadres internationaux, afin de promouvoir les droits des travailleurs dans les chaînes d’approvisionnement des EMN; |
| 10. | souligne qu’il importe de mettre en œuvre, de faire respecter et de transposer la législation déjà existante à l’échelle régionale, nationale et internationale; |
| 11. | demande instamment à la Commission de respecter son objectif visant à favoriser des améliorations dans le secteur du prêt-à-porter, notamment en mettant un fort accent sur la dimension hommes-femmes et des enfants; invite la Commission à mettre l’égalité entre les hommes et les femmes, l’émancipation des femmes et les droits des enfants au centre de sa proposition législative; estime que cette initiative devrait contribuer à la lutte contre les discriminations et s’attaquer au problème du harcèlement sur le lieu de travail, comme le prévoient déjà les engagements européens et internationaux; |
| 12. | réaffirme son engagement en faveur de l’égalité hommes-femmes et du renforcement de l’autonomie des femmes; souligne qu’il faut favoriser l’accès des femmes à des postes de direction en soutenant la formation des travailleuses sur leurs droits, la législation du travail et les questions de santé et de sécurité, de même que la formation des dirigeants de sexe masculin sur les questions liées à l’égalité hommes-femmes et à la discrimination; |
| 13. | invite la Commission à présenter une stratégie globale sur la manière dont les politiques de développement, d’aide au commerce et de marchés publics peuvent participer à la création d’une chaîne textile plus juste et plus durable et aider les microentreprises locales, en encourageant les meilleures pratiques et en incitant les acteurs du secteur privé à investir dans la durabilité et l’équité de leurs chaînes d’approvisionnement, de l’agriculteur au consommateur final; |
| 14. | estime que la sensibilisation des consommateurs joue un rôle clé dans les efforts visant à garantir des conditions décentes de travail, nécessité illustrée par l’effondrement du Rana Plaza; demande que les consommateurs disposent d’informations claires et fiables sur la durabilité dans le secteur de la confection, l’origine des produits et le niveau de respect des droits des travailleurs; recommande que les informations recueillies dans le cadre des actions de l’Union soient rendues publiques, et demande à la Commission et aux États membres de mettre en place une base de données publique en ligne comportant toutes les informations relatives à l’ensemble des acteurs de la chaîne d’approvisionnement; |
| 15. | demande un travail de sensibilisation accru auprès des consommateurs européens en ce qui concerne la fabrication de produits textiles; propose, à cette fin, la création d’un label de l’Union pour les «vêtements équitables», accessible tant aux multinationales qu’aux PME, visant à indiquer que des conditions de travail équitables ont été respectées et à permettre aux clients d’être mieux informés dans leurs achats; |
| 16. | insiste sur la nécessité de collecter et de publier des données complètes sur les performances des entreprises en matière de développement durable; demande, dans ce contexte, d’élaborer des définitions et des normes communes de façon harmonisée pour la collecte et la compilation des données statistiques, notamment sur les importations générales, mais aussi sur les différents lieux de production; demande à la Commission de lancer une initiative en faveur de la mention obligatoire des lieux de production; |
| 17. | invite la Commission à élaborer un large éventail de systèmes de contrôle dans le secteur de la confection de l’Union à l’aide d’indicateurs de performance clés, qui comprennent la collecte de données basée sur des enquêtes, des audits et des techniques d’analyse des données permettant de mesurer effectivement la performance et de tenir compte de l’incidence du secteur de la confection sur le développement, les droits des travailleurs et les droits de l’homme dans l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement; |
| 18. | estime qu’il est essentiel de garantir un accès accru aux informations sur la conduite des entreprises; considère qu’il est fondamental d’instaurer un système efficace et contraignant de notification et un devoir de diligence pour les produits textiles qui entrent sur le marché de l’Union; est convaincu que la responsabilité devrait revenir à tous les acteurs de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, y compris aux sous-traitants dans l’économie formelle et informelle (y compris dans les zones franches industrielles pour l’exportation), et se félicite des efforts réalisés en ce sens; estime que l’Union est la mieux placée pour mettre en place un cadre commun grâce à des dispositions législatives sur les obligations de diligence transnationales, des voies de recours pour les victimes et la transparence et la traçabilité de la chaîne d’approvisionnement, tout en accordant également une attention à la protection des lanceurs d’alerte; recommande de mettre à la disposition des consommateurs des informations fiables, claires et pertinentes sur la durabilité; |
| 19. | souligne que la coordination, le partage d’informations et l’échange de bonnes pratiques peuvent contribuer à accroître l’efficacité des initiatives privées et publiques au sein de la chaîne de valeur et à atteindre des résultats positifs en matière de développement durable; |
| 20. | souhaite que les initiatives nationales et européennes encouragent les consommateurs à acheter des produits fabriqués localement; |
| 21. | note que le prix reste un facteur déterminant dans les pratiques d’achat des marques et des distributeurs, souvent aux dépens du bien-être des travailleurs et des salaires; invite l’Union à collaborer avec l’ensemble des parties prenantes pour favoriser la réussite du partenariat social et soutenir les acteurs dans le développement et la mise en œuvre de mécanismes de fixation des salaires conformément aux conventions pertinentes de l’OIT, en particulier dans les pays où la législation adéquate fait défaut; souligne la nécessité de garantir aux travailleurs le versement régulier d’un salaire adéquat qui leur permette, ainsi qu’à leur famille, de subvenir à leurs besoins élémentaires sans devoir effectuer régulièrement des heures supplémentaires; insiste sur le fait que les conventions collectives doivent empêcher une concurrence négative en matière de charges salariales, et sur la nécessité de sensibiliser les consommateurs aux éventuelles conséquences de la demande de prix toujours plus bas; |
| 22. | souligne que les gouvernements des pays producteurs doivent être en mesure de mettre en œuvre les normes et les règles internationales, et notamment de définir, de mettre en œuvre et de faire appliquer la législation correspondante, en particulier dans le domaine de l’instauration de l’état de droit et de la lutte contre la corruption; invite la Commission à soutenir les pays producteurs dans ce domaine dans le cadre de la politique de développement de l’Union; |
| 23. | reconnaît que, si l’application du droit du travail demeure une compétence nationale, il est possible que les pays en développement disposent de capacités et de ressources limitées pour contrôler le respect des lois et réglementations et les faire appliquer de manière effective; invite l’Union, dans le cadre de ses programmes de coopération au développement et dans le but de combler le déficit de gouvernance, à mettre l’accent sur le renforcement des capacités et à apporter une aide technique aux gouvernements des pays en développement en ce qui concerne les systèmes d’inspection et d’administration du travail, y compris dans les usines sous-traitantes, ainsi qu’en ce qui concerne la facilitation de l’accès à des mécanismes de réclamation et de recours appropriés et efficaces, notamment dans les zones franches industrielles pour l’exportation, où les horaires de travail prolongés, le travail supplémentaire forcé et la discrimination salariale sont monnaie courante; |
| 24. | souligne l’importance des inspections du travail et des audits sociaux dans la chaîne d’approvisionnement du secteur de la confection et de la chaussure; estime que, trop souvent, ils ne reflètent que la situation existante au moment de l’inspection; recommande que de nouvelles actions soient entreprises pour améliorer les inspections et les audits, notamment la formation des inspecteurs et le rapprochement des normes et des méthodes grâce à la coopération avec le secteur de la confection et les pays producteurs; |
| 25. | insiste sur l’importance d’inspections du travail indépendantes pour l’alerte précoce et la prévention ainsi que pour l’application des règles et réglementations nationales relatives à la sécurité et à la santé sur le lieu de travail; note toutefois que des facteurs tels que la «fatigue d’audit» peuvent nuire à leur efficacité, et que les audits ne reflètent la situation qu’au moment de l’évaluation; estime que la ratification et l’application de la convention de l’OIT no 81 sont importantes pour détecter les abus; recommande que des recherches supplémentaires soient menées sur les façons d’améliorer les audits et les inspections, par exemple en harmonisant les normes et les méthodes d’audit et en envoyant à chaque fois des inspecteurs du travail différents, ce qui pourrait conduire à l’application de normes plus strictes, en particulier dans les pays touchés par le problème de la corruption; fait remarquer qu’il est important de recruter de nouveaux inspecteurs du travail et de former tous les inspecteurs aux conventions et aux normes internationales, au droit du travail local et aux techniques d’inspection adéquates; demande à l’Union de continuer à soutenir, sur le plan financier et technique, le développement d’inspections du travail dans les pays en développement, conformément aux normes de l’OIT, en particulier dans le cadre de l’aide au développement; |
| 26. | constate que le secteur de la confection crée des emplois pour un large éventail de compétences allant de postes peu qualifiés aux emplois hautement spécialisés; |
| 27. | estime que la protection de la santé et de la sécurité devrait être garantie pour tous les travailleurs grâce à des normes internationales, à l’application du droit national et à la négociation collective, à tous les niveaux (de l’usine, local, national et international), et grâce à des politiques de santé et de sécurité au travail au niveau des entreprises, telles que des plans d’action établis par écrit, appliqués et surveillés avec la participation des travailleurs et de leurs représentants; |
| 28. | souligne que les politiques commerciales et d’investissement de l’Union sont reliées aux politiques sur la protection sociale, l’égalité hommes-femmes, la justice fiscale, le développement, les droits de l’homme, l’environnement et la défense des PME; demande une nouvelle fois à la Commission et aux États membres de veiller à une cohérence politique à tous les niveaux en matière d’entreprises et de droits de l’homme, en particulier en ce qui concerne la politique de commerce et d’investissement de l’Union ainsi que les politiques externes, ce qui implique d’améliorer l’efficacité des conditions sociales dans les accords bilatéraux et régionaux en associant davantage les partenaires sociaux et la société civile aux négociations et à la mise en œuvre des dispositions relatives au travail, ainsi qu’en les consultant davantage, et en recourant systématiquement aux évaluations approfondies ex ante et ex post de l’impact du commerce sur le développement durable; |
| 29. | demande à la Commission d’œuvrer en faveur des droits de l’homme, notamment des droits de l’enfant, et de s’attacher à défendre la bonne gouvernance et à faire inscrire dans les accords internationaux et bilatéraux des clauses contraignantes sur les droits de l’homme et les questions sociales et environnementales; regrette que les clauses actuelles relatives aux droits de l’homme figurant dans les accords de libre-échange et dans d’autres accords de partenariat économique ne soient pas toujours pleinement respectées par les États signataires; rappelle, à cet égard, qu’il faut renforcer tous les instruments visant à garantir la sécurité juridique; |
| 30. | encourage l’Union et les États membres à promouvoir, par l’intermédiaire de l’initiative pour le secteur de la confection et d’autres instruments de politique commerciale, l’application effective des normes de l’OIT relatives aux salaires et au temps de travail, y compris dans les pays partenaires dans le secteur de la confection; préconise en outre que l’Union formule des orientations et apporte son appui sur les moyens d’améliorer le respect de ces normes et, dans le même temps, de contribuer à la création d’entreprises et d’emplois durables; |
| 31. | encourage l’Union et ses États membres à promouvoir, à travers le dialogue politique et le renforcement des capacités, l’adoption et l’application effective des normes internationales du travail et des droits de l’homme par les pays partenaires sur la base des conventions de l’OIT, y compris des droits relatifs au travail des enfants et des conventions no 138 et 182, ainsi que des recommandations y afférentes; souligne, dans ce contexte, que le respect du droit de fonder des syndicats, de s’affilier à un syndicat et de mener des négociations collectives est un critère fondamental de la responsabilité des entreprises; déplore le fait que la liberté d’association soit souvent bafouée dans de nombreux lieux de production et encourage les États à renforcer le droit du travail; invite à cet égard l’Union à inciter les gouvernements des pays en développement à renforcer le rôle des syndicats et à promouvoir activement le dialogue social et les principes et droits fondamentaux au travail, tels que la liberté d’association et le droit de négociation collective pour tous les travailleurs, quel que soit leur statut professionnel; |
| 32. | insiste sur le rôle important du secteur de la confection en tant que moteur du développement d’une économie à forte intensité de main-d’œuvre dans les économies émergentes, notamment sur les marchés émergents asiatiques; |
| 33. | demande aux institutions de financement du développement de renforcer les conditionnalités relatives au travail dans leurs normes de performance en en faisant une condition contractuelle du financement; |
| 34. | constate que les pays considérés comme des «centres d’activité» et couverts par l’initiative phare bénéficient d’un accès préférentiel au marché de l’Union; invite la Commission à continuer d’intégrer la ratification des normes fondamentales de l’OIT, les inspections de santé et de sécurité, et la liberté d’association dans les discussions sur la poursuite des échanges préférentiels avec les pays liés à la chaîne d’approvisionnement mondiale du secteur de la confection, et à renforcer les droits de l’homme et les conventions relatives au travail et à l’environnement au titre du système de préférences généralisées; |
| 35. | réitère son appel pressant en faveur de l’introduction systématique de clauses contraignantes relatives aux droits de l’homme dans tous les accords internationaux, y compris les accords commerciaux et d’investissement conclus et à conclure entre l’Union et les pays tiers; estime en outre nécessaire de mettre en place des mécanismes de contrôle ex ante intervenant avant la conclusion de tout accord-cadre et dont dépend cette conclusion en tant que caractéristique fondamentale de l’accord; souligne en outre qu’il faut prévoir des mécanismes de contrôle ex post permettant de donner des suites concrètes à des violations de ces clauses, telles que des sanctions appropriées énoncées dans les clauses de l’accord portant sur les droits de l’homme, y compris la suspension de l’accord; |
| 36. | estime que les chapitres des accords commerciaux de l’Union consacrés au développement durable devraient être contraignants et exécutoires, afin d’améliorer véritablement la vie des personnes, et souligne qu’il convient d’inclure, dans les accords commerciaux bilatéraux et multilatéraux, une clause relative à la ratification et à la mise en œuvre des conventions de l’OIT et du programme pour un travail décent; rappelle que la mise en place de systèmes comme le régime spécial d’encouragement de l’Union en faveur du développement durable et de la bonne gouvernance (SPG+) peuvent, en imposant la ratification et l’application des 27 conventions, contribuer à améliorer la situation au regard des droits des travailleurs, de l’égalité hommes-femmes ainsi que de l’abolition du travail des enfants et du travail forcé; insiste, à cet égard, sur la nécessité de suivre avec attention la mise en œuvre du SPG+ et le respect des conventions par les États concernés; demande à l’Union européenne de veiller à ce que les conditions en matière de droits de l’homme liées aux préférences commerciales unilatérales, comme les systèmes SPG ou SPG+, soient mises en œuvre et contrôlées de manière effective; demande à la Commission d’instaurer, à l’occasion de la prochaine réforme des règles du SPG/SPG+, des préférences tarifaires pour les textiles dont il est clairement prouvé qu’ils ont été produits de manière durable; prie instamment la Commission de prendre en compte les critères de durabilité et les exigences minimales existants pour les systèmes de détection et de certification sur la base des conventions internationales, notamment les normes fondamentales du travail de l’OIT ou les normes de protection de la biodiversité; invite la Commission à encourager la production de produits du commerce équitable au moyen de cet instrument de préférences tarifaires et à accorder plus d’importance aux rapports de l’OIT et aux conclusions de ses organismes de supervision dans ses activités de contrôle et d’évaluation, et de mieux collaborer avec les agences locales de l’OIT et les Nations unies dans le pays bénéficiaire afin de prendre pleinement en compte leurs points de vue et expériences; |
| 37. | réitère sa demande en vue de la réalisation d’analyses d’impact sur le développement durable pour chaque accord nouvellement négocié et préconise que les données collectées soient ventilées par sexe; |
| 38. | rappelle que la fiscalité est un outil important pour favoriser le travail décent; estime, afin que toutes les sociétés, y compris multinationales, paient des impôts aux gouvernements des pays où l’activité économique a lieu et où la valeur est créée, que les incitations fiscales comme les exemptions fiscales dans les zones franches industrielles pour l’exportation devraient être réexaminées conjointement aux exemptions des législations et réglementations nationales en matière de travail; |
| 39. | se félicite vivement des travaux de préparation d’un traité des Nations unies contraignant sur les entreprises et les droits de l’homme dont il y a lieu de croire qu’il permettra de renforcer la responsabilité sociale des entreprises, y compris dans le secteur de la confection; déplore toute attitude d’obstruction à cet égard et invite l’Union et ses États membres à participer de manière constructive à ces négociations; |
| 40. | rappelle les effets néfastes du dumping social, notamment les violations des droits de l’homme et le non-respect des normes en matière de travail, sur les entreprises européennes du secteur de la confection; est convaincu de la capacité de l’Union, eu égard à sa masse critique, à être le porte-drapeau et le moteur du changement à l’échelle mondiale; encourage donc la Commission à engager le dialogue avec les partenaires internationaux lors de la prochaine réunion ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce en vue de lancer une initiative mondiale; invite la Commission à mettre en place des mesures obligatoires afin que les entreprises qui importent dans l’Union européenne respectent les conditions de concurrence équitables établies par la proposition législative demandée; prend acte, à cet égard, des besoins spécifiques des PME européennes et observe que la nature et la portée du devoir de diligence, notamment les mesures spécifiques qu’une entreprise doit prendre, sont influencées par la taille de l’entreprise, le contexte de ses activités et la gravité de ses effets potentiellement négatifs; demande par conséquent qu’une attention particulière soit portée aux PME qui dominent le secteur européen de la confection; estime que les PME et les microentreprises européennes participant à la mise en place de l’initiative devraient également bénéficier d’un appui financier européen, via le programme COSME; |
| 41. | invite la Commission à mettre en place des mesures spécifiques grâce auxquelles les PME européennes pourront accéder à des outils financiers et politiques, en accordant une attention particulière à leur capacité à assurer la traçabilité et la transparence afin que les nouvelles exigences n’imposent pas une charge disproportionnée, et à les mettre en contact avec des fabricants responsables; |
| 42. | souligne qu’au sein de certains États membres de l’Union, les conditions de travail dans le secteur de la confection se sont avérées à plusieurs reprises précaires sur des questions telles que la santé et la sécurité, les salaires, la sécurité sociale et le temps de travail; demande des initiatives efficaces et ciblées au sein de l’Union visant à améliorer la situation dans le secteur de la confection et à stimuler l’emploi dans les États membres; |
| 43. | rappelle que le fait d’intégrer des dispositions sociales dans les procédures de passation de marchés publics peut avoir des effets considérables sur les droits des travailleurs et les conditions de travail le long des chaînes d’approvisionnement mondiales; déplore toutefois que, selon les études de l’OIT (25), la plupart des dispositions sociales limitent les responsabilités au contractant de premier rang, et que les dispositions en matière de sous-traitance et d’externalisation soient incorporées dans les marchés publics sur une base ad hoc; demande à l’Union européenne de fournir une assistance aux pays en développement afin de faire en sorte que les politiques en matière de marchés publics soient utilisées pour promouvoir les principes et droits fondamentaux au travail; |
| 44. | est convaincu que les marchés publics sont un outil efficace pour promouvoir une industrie de la confection responsable; prie instamment la Commission et les institutions européennes de donner l’exemple en ce qui concerne les marchés publics des textiles utilisés dans les institutions; demande, à cet égard, aux institutions européennes, y compris au Parlement, de veiller à ce que tous leurs marchés publics, notamment les activités de marchandisage des institutions et des groupes politiques, dans le cas du Parlement, encouragent le recyclage et une chaîne d’approvisionnement équitable et durable dans le secteur de la confection; demande en outre à la Commission d’élaborer des orientations à l’intention des autorités locales sur les critères sociaux d’achat de textiles à la suite de la directive de 2014 sur la passation des marchés publics, et de les motiver en conséquence; encourage la Commission à utiliser la législation pour continuer à mettre en œuvre et à promouvoir les objectifs de développement durable, et à proposer un plan afin que la majeure partie des vêtements achetés dans le cadre de marchés publics dans l’Union proviennent de sources durables d’ici à 2030; |
| 45. | charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission et au Service européen pour l’action extérieure. |
(1) http://www.ohchr.org/Documents/Publications/GuidingPrinciplesBusinessHR_FR.pdf
(2) A/HRC/RES/26/9 (https://daccess-ods.un.org/TMP/7348728.77597809.html).
(3) A/RES/70/1 (http://www.un.org/ga/search/view_doc.asp?symbol=A/RES/70/1&referer=/english/&Lang=F).
(4) http://www.unwomen.org/fr/trust-funds/un-trust-fund-to-end-violence-against-women
(5) http://unctad.org/en/PublicationsLibrary/diaepcb2015d5_en.pdf
(6) http://www.oecd.org/fr/investissement/mne/2011102-fr.pdf
(7) JO L 330 du 15.11.2014, p. 1.
(8) http://trade.ec.europa.eu/doclib/docs/2015/july/tradoc_153591.pdf
(9) JO C 99 E du 3.4.2012, p. 101
(10) JO C 346 du 21.9.2016, p. 39.
(11) Textes adoptés de cette date, P8_TA(2016)0137.
(12) Textes adoptés de cette date, P8_TA(2016)0298.
(13) Textes adoptés de cette date, P8_TA(2016)0335.
(14) Textes adoptés de cette date, P8_TA(2016)0405.
(15) Textes adoptés de cette date, P8_TA(2016)0502.
(16) http://www.europarl.europa.eu/meetdocs/2004_2009/documents/nt/584/584520/584520fr.pdf
(17) http://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/IDAN/2015/549058/EXPO_IDA (2015)549058_FR.pdf
(18) Textes adoptés de cette date, P8_TA(2016)0490.
(19) http://www.ilo.org/dhaka/Whatwedo/Projects/safer-garment-industry-in-bangladesh/lang--en/index.htm
(20) http://trade.ec.europa.eu/doclib/docs/2015/august/tradoc_153732.pdf
(21) JO L 94 du 28.3.2014, p. 65.
(22) https://www.textilbuendnis.com/en/
(23) https://www.ser.nl/en/publications/publications/2016/agreement-sustainable-garment-textile.aspx
(24) https://europa.eu/eyd2015/en/fashion-revolution/posts/exploitation-or-emancipation-women-workers-garment-industry
(25) Rapport IV de l’OIT, 105e session, 2016 (p. 45).
Résolution du Parlement européen du 14 décembre 2017 sur les femmes poursuivies pour fausse couche au Salvador (2017/3003(RSP))
14/12/2017
Résolution du Parlement européen du 14 décembre 2017 sur la mise en application de la directive 2011/93/UE du Parlement européen et du Conseil du 13 décembre 2011 relative à la lutte contre les abus sexuels et l’exploitation sexuelle des enfants, ainsi que la pédopornographie (2015/2129(INI))
14/12/2017
Résolution du Parlement européen du 14 décembre 2017 sur une stratégie européenne pour une mobilité à faible taux d’émissions (2016/2327(INI))
14/12/2017
Résolution du Parlement européen du 14 décembre 2017 sur les délibérations de la commission des pétitions en 2016 (2017/2222(INI))
14/12/2017