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AccueilDroit européen52017IP0451
Initiative législative52017IP0451

Résolution du Parlement européen du 16 novembre 2017 sur la lutte contre les inégalités comme moyen d’action pour stimuler la création d’emplois et la croissance (2016/2269(INI))

CELEX52017IP0451
TypeInitiative législative
Datejeudi 16 novembre 2017

Résumé IA

Cette résolution du Parlement européen analyse les inégalités économiques et sociales comme un frein à la croissance et à l'emploi dans l'UE. Elle préconise des politiques de redistribution, un renforcement des systèmes de protection sociale et une fiscalité plus progressive, tout en appelant à une meilleure coordination des politiques économiques nationales. Le texte invite la Commission et les États membres à intégrer la réduction des inégalités comme objectif transversal dans le Semestre européen et la stratégie Europe 2020.

Texte intégral

4.10.2018

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 356/89


P8_TA(2017)0451

Lutte contre les inégalités comme moyen d’action pour stimuler la création d’emplois et la croissance

Résolution du Parlement européen du 16 novembre 2017 sur la lutte contre les inégalités comme moyen d’action pour stimuler la création d’emplois et la croissance (2016/2269(INI))

(2018/C 356/15)

Le Parlement européen,

—

vu l’article 3 du traité sur l’Union européenne,

—

vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), et notamment son article 9,

—

vu la charte sociale européenne révisée,

—

vu la publication de la Commission de 2015 intitulée «Évolution de l'emploi et de la situation sociale en Europe — rapport trimestriel, septembre 2015»,

—

vu la communication de la Commission du 5 mars 2014 intitulée «État des lieux de la stratégie Europe 2020 pour une croissance intelligente, durable et inclusive» (COM(2014)0130),

—

vu la publication de la Commission de 2012 intitulée «Évolution de l’emploi et de la situation sociale en Europe en 2012»,

—

vu le train de mesures sur les investissements sociaux adopté par la Commission le 20 février 2013, notamment la recommandation 2013/112/UE intitulée «Investir dans l’enfance pour briser le cercle vicieux de l’inégalité»,

—

vu la communication de la Commission du 16 décembre 2010 intitulée «Plateforme européenne contre la pauvreté et l’exclusion sociale: un cadre européen pour la cohésion sociale et territoriale» (COM(2010)0758),

—

vu la communication de la Commission du 3 mars 2010 intitulée «Europe 2020 — Une stratégie pour une croissance intelligente, durable et inclusive» (COM(2010)2020), ainsi que sa résolution du 16 juin 2010 sur la stratégie Europe 2020 (1),

—

vu sa résolution du 14 juin 2017 sur la nécessité d’une stratégie de l’Union européenne pour éradiquer et prévenir l’écart entre les pensions des hommes et des femmes (2),

—

vu sa résolution du 14 mars 2017 sur l’égalité entre les femmes et les hommes dans l’Union européenne en 2014-2015 (3),

—

vu sa résolution du 19 janvier 2017 sur un socle européen des droits sociaux (4),

—

vu sa recommandation du 7 juillet 2016 à l’intention du Conseil sur la soixante-et-onzième session de l’Assemblée générale des Nations unies (5),

—

vu sa résolution du 14 avril 2016 intitulée: «Remplir l’objectif de lutte contre la pauvreté dans le contexte de l’augmentation des coûts des ménages» (6),

—

vu sa résolution du 24 novembre 2015 sur la réduction des inégalités, en particulier la pauvreté des enfants (7),

—

vu sa résolution du 16 janvier 2014 sur une stratégie de l’Union européenne pour les personnes sans-abri (8),

—

vu sa résolution du 4 juillet 2013 sur l’impact de la crise en ce qui concerne l’accès aux soins des groupes vulnérables (9),

—

vu sa résolution du 12 juin 2013 sur la communication de la Commission intitulée «Investir dans le domaine social en faveur de la croissance et de la cohésion, notamment par l’intermédiaire du Fonds social européen, au cours de la période 2014-2020» (10),

—

vu sa résolution du 15 novembre 2011 sur la plateforme européenne contre la pauvreté et l’exclusion sociale (11),

—

vu sa résolution du 8 mars 2011 sur le visage de la pauvreté féminine dans l’Union européenne (12),

—

vu sa résolution du 8 mars 2011 sur la réduction des inégalités de santé dans l’Union européenne (13),

—

vu sa résolution du 20 octobre 2010 sur le rôle du revenu minimum dans la lutte contre la pauvreté et la promotion d’une société inclusive en Europe (14),

—

vu sa résolution du 9 octobre 2008 sur la promotion de l’intégration sociale et la lutte contre la pauvreté, y compris celle des enfants, au sein de l’Union européenne (15),

—

vu la question avec demande de réponse orale O-000047/2016 — B8-0369/2016 intitulée «Lutter contre les inégalités pour stimuler une croissance économique partagée et viable dans l’Union européenne»,

—

vu l’avis du Comité économique et social européen du 10 décembre 2013 intitulé «Revenu minimum européen et indicateurs de pauvreté» (16),

—

vu l’avis du Comité économique et social européen du 15 juin 2011 intitulé «La plateforme européenne contre la pauvreté et l’exclusion sociale: un cadre européen pour la cohésion sociale et territoriale» (17),

—

vu l’avis du Comité économique et social européen du 30 septembre 2009 intitulé «Travail et pauvreté: vers une approche globale indispensable» (18),

—

vu l’avis du Comité des régions du 31 mars 2011 sur la plateforme européenne contre la pauvreté et l’exclusion sociale (19),

—

vu le rapport annuel du comité de la protection sociale du 10 mars 2015 sur la situation sociale dans l’Union européenne (2014) (20),

—

vu l’avis du comité de la protection sociale du 15 février 2011 sur la plateforme européenne contre la pauvreté et l’exclusion sociale: initiative phare de la stratégie Europe 2020 (21),

—

vu le rapport d’Eurofound intitulé «Troisième enquête européenne sur la qualité de la vie — Qualité de vie en Europe: incidences de la crise»,

—

vu le rapport d’Eurofound intitulé «Troisième enquête européenne sur la qualité de la vie — Qualité de vie en Europe: inégalités sociales»,

—

vu le rapport d’Eurofound intitulé «Income inequalities and employment patterns in Europe before and after the great Recession» (Les inégalités de revenu et les configurations de l’emploi en Europe avant et après la crise de 2008),

—

vu le rapport d’ensemble d’Eurofound intitulé «Sixth European Working Conditions Survey» (Sixième enquête européenne sur les conditions de travail),

—

vu le rapport d’Eurofound intitulé «Social mobility in the EU» (Mobilité sociale dans l’Union européenne),

—

vu le rapport d’Eurofound sur les nouvelles formes d’emploi,

—

vu la mise à jour d’Eurofound sur les écarts de rémunération entre les travailleurs détachés et la remise en cause du principe d’égalité de traitement, qui donne un aperçu détaillé des positions des gouvernements et des partenaires sociaux au sein de l’Europe en ce qui concerne le principe de rémunération égale à travail égal,

—

vu le rapport d’Eurofound sur l’enquête annuelle 2016 d’EurWORK sur les évolutions dans la vie professionnelle en Europe, et notamment son chapitre intitulé «Pay inequalities at the workplace and beyond — Evidence and debates around Europe»,

—

vu le rapport d’Eurofound intitulé «Occupational change and wage inequality: European Jobs Monitor 2017» (Évolution de la structure professionnelle et inégalité de salaire: European Jobs Monitor 2017),

—

vu le rapport d’Eurofound intitulé «Women, men and working conditions in Europe» (Femmes, hommes et conditions de travail en Europe),

—

vu les prévisions économiques européennes (printemps 2016) publiées par la Commission (22),

—

vu le programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations unies, et notamment son objectif de développement durable no 10 «Réduire les inégalités dans les pays et d’un pays à l’autre»,

—

vu le rapport des Nations unies intitulé «Rapport sur la situation sociale dans le monde en 2007: l’impératif de l’emploi»,

—

vu le rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) du 21 mai 2015 intitulé «Tous concernés: pourquoi moins d’inégalité profite à tous»,

—

vu le rapport de l’OCDE du 19 décembre 2011 intitulé «Toujours plus d’inégalité: pourquoi les écarts de revenus se creusent»,

—

vu le rapport de l’OCDE d’octobre 2008 intitulé «Croissance et inégalités: distribution des revenus et pauvreté dans les pays de l’OCDE»,

—

vu la note de travail des services du FMI du 17 février 2014 intitulée «Redistribution, Inequality and Growth» (23)

—

vu la note de travail des services du FMI du 8 avril 2011, intitulée «Inequality and Unsustainable Growth: Two Sides of the Same Coin?» (24),

—

vu le «rapport sur le travail dans le monde en 2013: restaurer le tissu économique et social» de l’Organisation internationale du travail du 3 juin 2013, et son chapitre consacré aux États-Unis,

—

vu le rapport publié en septembre 2014 par le University College de Londres dans le cadre du projet «DRIVERS For Health Equity» et intitulé «Final Scientific Report: Social Inequalities in early childhood health and development: a European-wide systematic review»,

—

vu l’article 52 de son règlement intérieur,

—

vu le rapport de la commission de l’emploi et des affaires sociales, l’avis de la commission des affaires économiques et monétaires et la position sous forme d’amendements de la commission des droits de la femme et de l’égalité des genres (A8-0340/2017),

A.

considérant que l’égalité et l’équité font partie intégrante des valeurs européennes et constituent la pierre angulaire du modèle social européen, de l’Union européenne et de ses États membres; que les États membres et l’Union visent notamment à promouvoir le marché du travail afin de parvenir à un taux d’emploi durablement élevé et de lutter contre l’exclusion;

B.

considérant que les inégalités sont à même de saper la confiance dans la société et d’affaiblir le crédit des institutions démocratiques; que la lutte contre les inégalités doit être menée sur les fronts économique, social et régional si l'on veut promouvoir un développement harmonieux au sein de l’Union;

C.

considérant que le terme d'inégalité renvoie tant à l’écart de revenu entre les personnes qu’à l’absence de possibilité offerte aux individus, ce qui les empêche de développer leurs aptitudes et leurs compétences, entrave leur épanouissement et, par conséquent, leur action potentielle en faveur de la société;

D.

considérant que la contraction de la demande s’explique principalement par la crise économique et financière qui frappe la zone euro depuis plus de 10 ans;

E.

considérant que les inégalités et le chômage entravent la demande effective, nuisent à l’innovation et peuvent entraîner un accroissement de la fragilité financière; que les inégalités marquées et croissantes constituent un frein, non seulement aux progrès effectués pour éradiquer la pauvreté, mais aussi aux efforts consentis en faveur de l’insertion et de la cohésion sociales;

F.

considérant que la lutte contre les inégalités peut être un moyen d’action pour stimuler la création d’emplois et la croissance et réduire parallèlement la pauvreté; que 47,5 % de tous les chômeurs dans l’Union étaient exposés au risque de pauvreté en 2015 (25);

G.

considérant que, selon le FMI (26) et l’OCDE (27), les inégalités pénalisent la croissance et la création d’emplois de qualité (28) et que ces deux organisations internationales s’accordent pour faire par ailleurs observer que le creusement excessif des inégalités se traduit par des coûts sociaux directs, nuit à la mobilité sociale et peut également interdire toute croissance pérenne, aujourd’hui comme demain;

H.

considérant que l’un des cinq objectifs de la stratégie Europe 2020 vise à réduire d’au moins 20 millions le nombre de personnes touchées ou menacées de pauvreté ou l’exclusion sociale, soit de 115,9 millions en 2008 à tout au plus 95,9 millions en 2020; qu'on comptait en 2015 117,6 millions de personnes susceptibles de basculer dans la pauvreté et l’exclusion sociale, un chiffre supérieur de 1,7 million à celui de 2008; que 32,2 millions de personnes handicapées étaient exposées au risque de pauvreté et d’exclusion sociale dans l’Union en 2012; qu’en 2013, le nombre d’enfants susceptibles de sombrer dans la pauvreté ou d’être victimes d’exclusion sociale s’établissait à 26,5 millions dans l’UE-28; que le taux de personnes exposées au risque de pauvreté ou d’exclusion se stabilise au niveau inacceptable de 23,7 %, avec des chiffres qui demeurent particulièrement élevés dans certains États membres; que la précarité énergétique demeure en outre si élevée que, pour les 11 % de la population de l’Union qu’elle touche, elle se traduit par un cycle de handicap économique (29);

I.

considérant que la crise a creusé les inégalités et porté notamment préjudice aux femmes en aggravant leur pauvreté et en les excluant toujours davantage du marché du travail; qu’il convient d’accroître la participation des femmes au marché du travail en mettant efficacement en œuvre tant la législation en vigueur que la réglementation complémentaire relative à l’égalité hommes-femmes, et en modernisant le cadre actuel en vue d’améliorer l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée;

J.

considérant qu’il existe une corrélation positive entre, d’une part, la réduction des inégalités entre les femmes et les hommes et, d’autre part, le renforcement de la croissance économique, de l’intégration, de la création d’emplois et de la prospérité des entreprises; que la réduction des inégalités professionnelles permet non seulement de donner vie au principe d’égalité de traitement mais aussi de garantir le bon fonctionnement et la compétitivité du marché du travail;

K.

considérant que l’OCDE a souligné que la réduction des inégalités d’un point de Gini augmenterait la croissance cumulative de 0,8 % pendant les cinq années à venir (30);

L.

considérant que, selon Eurofound, le travail atypique se définit comme des relations de travail ne correspondant pas au modèle standard ou traditionnel d’emploi à temps plein, régulier ou à durée indéterminée auprès d’un seul employeur sur une longue période; que, selon l’OIT, l’expression «formes atypiques d’emploi» englobe les différentes modalités de travail qui ne relèvent pas d’une relation de travail type, notamment le travail temporaire, le travail partiel et à la demande, le travail intérimaire et les autres arrangements contractuels multipartites, ainsi que la relation de travail déguisée et le travail indépendant économiquement dépendant;

M.

considérant que l’accroissement des inégalités s’accompagne d’une diminution de la mobilité sociale, d’une réduction des capacités humaines et d’une restriction des libertés et des droits fondamentaux; que le rapport d’Eurofound de 2017 sur la mobilité sociale au sein de l’Union européenne (31) montre que, dans de nombreux États membres, le milieu social continue de déterminer les chances de réussite dans la vie;

N.

considérant que la croissance des économies des États membres dépend de nombreux facteurs; que le creusement des inégalités peut affecter négativement la croissance; que le Fonds monétaire international a mis en évidence, au niveau mondial, une corrélation inverse entre l’évolution de la part du revenu détenue par les 20 % de la population les plus riches et la croissance économique, et que si, par exemple, la part des plus fortunés augmente d’un point de pourcentage, la croissance du produit intérieur brut diminuera en fait de 0,08 point de pourcentage au cours des cinq années suivantes; qu’à l’inverse, un augmentation correspondante de la part du revenu détenue par les 20 % les moins riches se traduira par un gain de croissance de 0,38 point;

O.

considérant que l’inégalité est un phénomène pluridimensionnel qui ne se cantonne pas aux aspects monétaires, dès lors qu'il conditionne les différentes possibilités offertes aux personnes en fonction, par exemple, de leur genre, de leur origine ethnique, de leur handicap, de leur orientation sexuelle, de leur situation géographique ou de leur âge; que les multiples inégalités dans l’accès au travail et dans la vie professionnelle risquent d’affecter la santé, le bien-être et les possibilités financières des individus, ce qui est de nature à entraîner une baisse de productivité;

P.

considérant que le rapport d’Eurofound sur les «nouvelles formes d’emploi» (32) analyse les inégalités de couverture en matière de protection sociale en mettant notamment l’accent sur la plus problématique de ces formes en termes de protection sociale, à savoir le travail occasionnel, en donnant des exemples de certaines législations excluant expressément les travailleurs occasionnels ainsi que de diverses autres législations qui visent à les englober, généralement en les indemnisant sur la base de seuils de revenu; que le travail fondé sur des chèques et le partage stratégique de travailleurs sont des exemples d’emplois atypiques visant à remédier aux insuffisances de la protection sociale dans le cadre d’un emploi occasionnel ou à temps partiel;

Q.

considérant que les sociétés où les inégalités de revenu sont plus accentuées présentent des taux plus élevés de dégradation de la santé et de violence, des faibles résultats en mathématiques et en culture générale ainsi que des taux d’obésité, d’incarcération et d’homicide plus élevés (33); que des sociétés plus égalitaires exigent moins de dépenses sociales de la part de l’État;

R.

considérant que les inégalités tout au long du cycle de vie perdurent à un âge avancé sous la forme d’une baisse de l’espérance de vie en bonne santé, d'une situation de pauvreté pour les personnes âgées et d’un écart d’environ 40 % dans le montant de la retraite des hommes et des femmes; que des stratégies européennes d’éradication de la pauvreté sont nécessaires pour parvenir à un développement durable pour tous;

S.

considérant que la sécurité économique est un facteur important d’épanouissement humain;

T.

considérant que, le 5 octobre 2015, le Conseil a adopté les conclusions du «rapport 2015 sur l’adéquation des retraites: adéquation actuelle et future des revenus des personnes âgées dans l’UE» qui rappellent qu’«il est essentiel que les régimes de retraite publics et les autres systèmes de protection sociale comportent des garanties appropriées en faveur des femmes et des hommes dont les possibilités d’emploi ne leur permettent pas ou ne leur ont pas permis d’accumuler suffisamment de droits à la retraite» et qu’«il peut s'agir notamment de pensions minimum ou d'autres dispositions en matière de revenu minimum au profit des personnes âgées» (34);

U.

considérant que le manque de moyens financiers de l’éducation publique est l’une des principales causes des disparités sociales de demain et du creusement des inégalités;

V.

considérant que, entre 2005 et 2015, le coefficient de Gini pour l’Union européenne est passé de 30,6 à 31 et que le ratio traduisant les inégalités de revenu entre les 20 % les plus riches de la population et les 20 % les moins riches est passé de 4,7 à 5,2; que la proportion de personnes exposées au risque de pauvreté monétaire est étroitement liée à l’inégalité de revenu et que la pauvreté monétaire n’a cessé d’accroître depuis 2005; que plusieurs États membres ont, entre 2008 et 2014, enregistré un creusement des inégalités en termes de revenu disponible des ménages (35);

W.

considérant que les disparités de croissance économique d’un État membre à l’autre et au sein des États membres entraînent des déséquilibres économiques sur le territoire de l’Union; que ces tendances économiques hautement inégales ont occasionné un chômage excessif et engendré des poches de pauvreté;

X.

considérant que, selon l’OCDE (36), l’évolution mondiale des inégalités s’inscrit dans la droite ligne de l’augmentation constante des inégalités enregistrées, indépendamment du cycle économique, dans les pays développés depuis les années 1980 (à quelques exceptions près), entraînant par là même une majoration de trois points du coefficient de Gini qui est passé de 0,29 à 0,32 entre 1980 et 2013, soit une augmentation de 10 % ces dernières décennies;

Y.

considérant que, même si le niveau d’inégalité peut être déterminé par de nombreux facteurs, il incombe aux institutions et aux acteurs politiques d’y apporter une réponse, notamment structurelle; que l’Union doit faire face à un retard d’investissement et que les investissements publics et privés jouent un rôle clé dans la réduction des inégalités car ils stimulent l’emploi; qu’il est nécessaire de s’attaquer comme il se doit aux faiblesses structurelles; qu’une réorganisation du Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS) est prévue pour pouvoir combler ce retard d’investissement;

Z.

considérant que les tendances relevées en matière d’inégalités ne sont pas forcément les mêmes que celles observées pour les formes absolues et extrêmes de pauvreté telles que le sans-abrisme;

AA.

considérant qu’il est essentiel d’apporter un soutien et un financement adéquats en faveur d’un logement durable et permanent afin de garantir l’accès à l’emploi, à l’éducation et à la santé, ainsi que de renforcer l’intégration et l’acceptation au niveau local; que dans le cadre de l’action menée en faveur de l’intégration et de la réduction des inégalités, il importe de sauvegarder la qualité de vie dans les quartiers et de lutter contre la ségrégation;

AB.

considérant que le taux de risque de pauvreté au sein de l’Union était de 24,4 % en 2015, et même de 26,9 % chez les enfants selon Eurostat;

AC.

considérant que la crise nuit aux femmes de manière disproportionnée et que les emplois verts ont montré qu’ils résistaient mieux à la crise que les autres;

AD.

considérant que les femmes sont davantage exposées au risque de pauvreté et de précarité;

Mettre en place une coordination politique européenne pour lutter contre les inégalités

1.

fait observer que les inégalités menacent l’avenir du projet européen, ébranlent sa légitimité et sont susceptibles de nuire à la confiance placée dans le moteur de progrès social qu’est l’Union, dimension de l'Union qui doit être développée; rappelle que les inégalités actuelles n’ont pas d’incidence négative nuisant à la stabilité politique et sociale; souligne qu’encourager une convergence vers le haut et améliorer la vie de tous les citoyens européens doivent continuer d’être le moteur d’une plus grande intégration;

2.

est convaincu que la réduction des inégalités doit être une des principales priorités au niveau européen, non seulement pour lutter contre la pauvreté ou pour promouvoir la convergence, mais aussi comme condition préalable à la reprise économique, à la création d’emplois décents, à la cohésion sociale et à la prospérité partagée;

3.

souligne que la réduction des inégalités est indispensable pour promouvoir des démocraties plus justes et plus stables, garantir l’égalité de traitement et la non-discrimination, exclure le populisme, l’extrémisme et la xénophobie, et garantir l’acceptation du projet européen par tous les citoyens;

4.

rappelle à la Commission et aux États membres que l’Union doit respecter les engagements pris au titre des traités en matière de promotion du bien-être de ses populations, de plein emploi, de progrès social, de justice et de protection sociales, d’égalité entre les hommes et les femmes et entre les citoyens issus d’horizons socioéconomiques différents, de solidarité entre les générations et de protection des droits des enfants ainsi que d’intégration sociale de toutes les personnes en situation de vulnérabilité ou en proie à la marginalisation;

5.

demande à la Commission et aux États membres d’évaluer, au regard de leurs compétences respectives, la performance et les résultats de la coordination des politiques économiques, en tenant compte de l’évolution des progrès sociaux et de la justice sociale dans l’Union; fait observer que le Semestre européen n’a pas considéré comme prioritaire d’atteindre ces objectifs et de réduire les inégalités; demande instamment à la Commission d’améliorer le processus de coordination des politiques afin de mieux suivre, de prévenir et de corriger les tendances négatives susceptibles d’accroître les inégalités et d’affaiblir les progrès sociaux ou d’avoir une incidence négative sur la justice sociale, tout en mettant en place des mesures préventives et correctives lorsque celles-ci s’avèrent nécessaires; est convaincu que des politiques spécifiques visant à lutter contre les inégalités économiques devraient être prises en compte et, le cas échéant, traitées par le Semestre européen;

6.

est convaincu que les mesures sociales peuvent, dans certains cas, être assimilées à des mesures d’atténuation et qu’elles devraient être assorties de politiques économiques et de réformes structurelles socialement responsables visant à atteindre une croissance économique durable et positive et à réduire structurellement la tendance inégalitaire à moyen et à long terme;

7.

demande instamment à la Commission, dans le cadre du Semestre européen et sans préjudice des compétences nationales, d’affiner son analyse des déséquilibres affectant la répartition des revenus et des richesses, en procédant notamment à des rapports individuels d’examen approfondi si de tels déséquilibres sont détectés, afin d’établir un lien entre la coordination économique, l’emploi et les performances sociales; invite la Commission à dresser un bilan précis et actualisé des différences constatées en matière de revenu et de richesse, de cohésion sociale et d'intégration sociale d’un pays à l’autre et au sein d’un même pays pour ainsi fonder ses propositions et ses recommandations sur des données solides en vue de la prise de décisions politiques; demande à la Commission de déterminer les indicateurs à même de traduire avec un maximum de précision les inégalités économiques (notamment indice de Gini, indices de Palma, l’indice de Theil, part des salaires, ou ratio du salaire minimum par rapport au PIB par habitant ou au salaire moyen) et de suivre l’évolution des inégalités en tenant compte de la compétitivité et de la productivité globales de l’ensemble des facteurs;

8.

fait observer que les régions qui souffrent de handicaps naturels ou démographiques graves ou permanents telles que les régions les plus septentrionales à très faible densité de population et les régions insulaires, transfrontalières et de montagne au sens de l’article 174 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE), ainsi que les régions inhabitées et ultrapériphériques, rencontrent davantage de difficultés pour garantir l’accès aux services publics comme la santé et l’éducation et que, de ce fait, la fourniture de ces services s’avère généralement plus coûteuse pour les finances publiques, sachant au demeurant que les utilisateurs de ces services sont contraints de se déplacer sur de plus longues distances pour y avoir accès;

9.

insiste sur la nécessité de développer des investissements destinés à promouvoir la cohésion territoriale en vue de renforcer le tissu industriel des régions qui souffrent de handicaps naturels ou démographiques graves ou permanents, notamment en garantissant l’accès à l’internet à large bande;

10.

prie instamment la Commission d’encourager les États membres à investir de façon ambitieuse dans la protection sociale, les services et les infrastructures par l’utilisation stratégique et plus ciblée des Fonds structurels et d’investissements européens et du Fonds européen pour les investissements stratégiques afin de répondre aux besoins sociaux et économiques des États membres et des régions;

11.

réitère son appel à mettre en place un véritable socle européen de droits sociaux, qui favorise une convergence vers le haut sur la base du partage de compétences prévu par les traités, et à donner une dimension sociale plus profonde et plus juste à l’Union économique et monétaire (UEM);

12.

invite la Commission à renforcer l’action qu’elle mène de concert avec les États membres pour atteindre tous les objectifs fixés par la stratégie Europe 2020, dont la réduction de la pauvreté et de l’exclusion sociale de 20 millions de personnes, et à aligner le champ d’application de la stratégie Europe 2020 sur celui du programme de développement durable à l'horizon 2030 en faisant notamment de la lutte contre les inégalités et l’extrême pauvreté un de ses objectifs; demande à la Commission de continuer à veiller attentivement à la mise en œuvre des objectifs de la stratégie Europe 2020 et de tenir compte du tableau de bord d’Eurostat sur les indicateurs clés de la stratégie Europe 2020, notamment dans la procédure du Semestre européen ainsi que dans les recommandations par pays;

13.

invite la Commission et les États membres, qui sont compétents au premier chef en matière de politique sociale, même si celle-ci doit être accompagnée et complétée au niveau européen, de poursuivre leurs efforts en vue de réduire les inégalités entre les catégories de revenus et de promouvoir un cadre approprié de mesures garantissant, entre autres, des conditions décentes de travail pour tous, l’éducation et la santé publiques, les retraites, des infrastructures publiques appropriées et des services sociaux, tout en développant l’égalité des chances; souligne qu’un tel cadre devrait permettre la mise en place d’un «ascenseur social» efficace;

14.

souligne que le budget de l’Union devrait permettre la mise en œuvre de politiques appropriées de réduction des inégalités et de renforcement de la cohésion sociale;

15.

rappelle la primauté des droits fondamentaux; souligne que le droit du travail et des normes sociales élevés jouent un rôle important dans le rééquilibrage des économies, le soutien des revenus et la promotion des capacités d’investissement; rappelle l'importance de respecter tant les droits sociaux consacrés par la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, notamment les libertés et les droits syndicaux ainsi que le droit de négociation collective, que l’égalité de traitement des travailleurs;

16.

fait observer qu'il est impossible d’ignorer l’importance que les politiques sectorielles visant à réduire les inégalités auront à l’avenir et qu'il convient notamment de tenir compte des possibilités ainsi offertes en termes de facteurs économiques, sociaux et territoriaux pour garantir l’égalité des chances, sachant qu'il y a lieu de donner un nouvel élan au marché intérieur, de mettre en place des politiques d'investissement tant nationales qu’européennes (grands projets d’infrastructure, santé et éducation par exemple) et de définir les diverses orientations de la politique énergétique; invite la Commission à travailler de concert avec les États membres afin d’élaborer des stratégies globales dédiées à la création d’emplois, à l’entrepreneuriat et à l'innovation, et ce en vue de favoriser les investissements stratégiques dans les emplois verts, dans les secteurs social, sanitaire et des soins, ainsi que dans l’économie sociale dont le potentiel d’emploi est inexploité;

Mesures destinées à relancer la création d’emplois décents et à favoriser des emplois de qualité

17.

s’inquiète de l’évolution des inégalités dans l’Union après la crise, principalement due à l’augmentation du chômage; estime que le chômage fait naître des inégalités et que les politiques visant à créer des emplois décents et à favoriser des emplois de qualité dans les poches de fort chômage sont de nature à améliorer le revenu des ménages du quintile inférieur;

18.

invite la Commission à inclure, dans la future révision de la directive relative à la déclaration écrite, des dispositions visant à supprimer la discrimination basée sur le statut contractuel et à garantir le droit de tout travailleur à bénéficier de conditions de travail équitables conformément aux normes de l’OIT en matière de travail décent;

19.

relève, en outre, que des taux de chômage élevés exercent une pression à la baisse sur les salaires et peuvent, dans certains cas, avoir également un effet négatif sur les conditions de travail et l’environnement sociétal; insiste sur le fait que la lutte contre le chômage est, en soi, une condition nécessaire mais insuffisante pour réduire les inégalités;

20.

invite la Commission à proposer une révision à la hausse du budget de l’initiative pour l’emploi des jeunes (IEJ) pour la période 2017-2020 et à fixer le montant de son enveloppe, notamment pour mieux atteindre les jeunes de moins de 30 ans; invite la Commission à faciliter la mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse, en se centrant davantage sur les groupes les plus vulnérables qui doivent souvent faire face à des besoins complexes, en tenant compte des récentes conclusions du rapport de la Cour des comptes européenne sur l’utilisation de l’IEJ et en veillant à ce que la mise en œuvre et l’évaluation soient précises et transparentes;

21.

insiste sur la nécessité d’assurer un meilleur suivi des jeunes qui quittent la garantie pour la jeunesse ou l’initiative pour l’emploi des jeunes en vue de leur intégration durable et efficace sur le marché du travail; invite la Commission à étudier la possibilité de conférer une plus grande souplesse à l’IEJ, même pour les pays mettant en œuvre une politique de la jeunesse performante, en prévoyant des régimes de protection destinés aux jeunes qui passent de l’éducation ou de l’enseignement supérieur au monde du travail, afin de compenser l’exclusion de cette catégorie de personnes des régimes contributifs de protection sociale en vigueur en Europe;

22.

souligne que les programmes tels que la garantie pour la jeunesse et l'IEJ ne peuvent se substituer aux efforts que les États membres doivent déployer pour lutter contre le chômage et pour travailler à une intégration durable sur le marché du travail; reconnaît que l’éducation accessible et de qualité est un facteur décisif de suppression des inégalités; demande par conséquent l’augmentation des investissements dans l’éducation publique et l’apprentissage tout au long de la vie;

23.

prie la Commission et les États membres de mettre en évidence la nécessité de promouvoir les emplois verts et de relancer l’emploi dans les zones rurales et en déclin, et de faire en sorte qu’elles attirent davantage les femmes;

24.

invite la Commission, au moyen du Fonds social européen et de la procédure du Semestre européen, et les États membres, à travers leurs programmes nationaux de réforme, à garantir la mise en œuvre complète, au niveau national, des mesures définies dans la recommandation du Conseil relative à l’intégration des chômeurs de longue durée sur le marché du travail;

25.

invite la Commission et les États membres à compléter l’Union économique et monétaire par un véritable marché du travail européen proposant une large protection sociale; est convaincu que le bon fonctionnement des marchés du travail et que des systèmes de sécurité sociale coordonnés et solides sont essentiels pour garantir le succès de l’union monétaire européenne et que ces deux éléments s’inscrivent dans le cadre d’un processus élargi de convergence vers le haut visant à favoriser la cohésion économique, sociale et territoriale; invite à cet effet la Commission à présenter une étude indiquant comment l’Union peut soutenir et promouvoir, au niveau national, des programmes d’emplois publics garantis;

26.

invite les États membres à veiller à ce que l’éducation et la formation soient mieux adaptées aux besoins du marché du travail dans l’Union, à développer les possibilités de mobilité et à améliorer les stratégies de recrutement et de formation en misant notamment sur «la formation en cours d’emploi» et sur des investissements ciblés à même de stimuler la création d’emplois et d’accroître la demande en matière d’emplois; rappelle que la requalification est un élément essentiel permettant de réintégrer les personnes dans le marché du travail en leur permettant de lutter contre le chômage de longue durée et de mieux adapter leurs compétences aux emplois disponibles; souligne que la validation et la reconnaissance de l’apprentissage formel et informel sont des outils essentiels pour valoriser les compétences acquises sur les marchés du travail; fait valoir que l’apprentissage tout au long de la vie devrait être encouragé tout au long du cycle de vie, y compris à un âge avancé, pour pouvoir exploiter au maximum les possibilités ainsi offertes pour lutter contre les inégalités;

27.

invite la Commission et les États membres à travailler de concert pour lutter contre les discriminations à l’embauche et contre les procédures de recrutement discriminatoires qui empêchent les personnes d’entrer sur le marché du travail pour des motifs de genre, d’identité ou d’expression sexuelles, d’orientation sexuelle, de caractéristiques sexuelles, d’appartenance ethnique, de handicap ou d’âge;

Améliorer les conditions de vie et de travail

28.

s’inquiète de l’ampleur du travail non déclaré et du nombre de contrats de travail et de formes atypiques d’emploi dans la mesure où ces phénomènes peuvent se traduire par des conditions de travail précaires, de plus faibles salaires, une exploitation, une baisse du volume des cotisations sociales ainsi qu’une augmentation des inégalités dans certains États membres; rappelle qu’il convient d’accorder une protection sociale appropriée à tous les travailleurs; demande à la Commission et aux États membres d’intensifier leurs efforts contre l’économie parallèle et le travail non déclaré;

29.

estime qu'il convient d’améliorer la qualité des emplois dans toute l’Union, notamment en termes de niveau décent de salaire, de sécurité de l’emploi, d’accès à l’éducation, d’apprentissage tout au long de la vie ainsi que de santé et de sécurité au travail; invite la Commission à appuyer la réalisation de recherches complémentaires sur le suivi de la création d’emplois ainsi que sur l’amélioration de leur qualité et de la compétitivité globale de l’Union, basées sur les travaux d’Eurofound;

30.

considère que certaines formes d’emplois telles que les contrats sans horaires et les stages non rémunérés ne garantissent pas des conditions de vie décentes; estime important de garantir aux stagiaires et apprentis éventuels des possibilités d’apprentissage et de formation adéquates ainsi que des conditions de travail décentes, d’imposer des limites aux formes atypiques de travail et d’interdire les contrats sans horaires, le recours aux travailleurs intérimaires en vue de remplacer les travailleurs en grève et l’utilisation des contrats à durée déterminée pour des tâches permanentes;

31.

fait observer à cet égard que le travail à temps partiel peut amener certains groupes actuellement sous-représentés à participer au marché du travail et que cette forme d’emploi peut s’avérer intéressante pour concilier vie professionnelle et vie privée;

32.

est fermement convaincu qu’une classification commune et précise des emplois au niveau européen pourrait être envisagée afin de réduire la précarité en se basant sur des données et des faits scientifiquement établis; est convaincu que l'application du principe de rémunération identique pour un même travail effectué au même endroit permettra de réduire les inégalités entre travailleurs;

33.

souligne qu'il est important d’étudier convenablement les différents effets et aspects de l’automatisation croissante et des conséquences qu’entraîne une adaptation tardive de la législation, dès lors que ces éléments peuvent se traduire par une pression à la baisse sur les systèmes de protection sociale et sur les salaires, touchant tout particulièrement les travailleurs peu et moyennement qualifiés; insiste dans ce contexte sur l'importance de maintenir les systèmes de protection sociale et les salaires à des niveaux suffisants;

34.

estime que la nouvelle stratégie en matière de compétences doit assurer à tous les travailleurs un accès abordable à l’apprentissage tout au long de la vie et leur permettre de s’adapter à la numérisation et aux incessantes évolutions technologiques;

35.

prend acte de l’avis du Comité économique et social européen sur un revenu minimum adéquat au sein de l’Union européenne, qui doit établir des normes et des indicateurs communs, et proposer des méthodes pour suivre sa mise en place; souligne que les budgets de l’outil de référence, qui indiquent le coût d’une vie décente selon différentes conditions de logement, compositions de ménages et âges de leurs membres, devraient être utilisés pour évaluer l’adéquation des systèmes de revenu minimum fournis par les États membres;

36.

s’inquiète des niveaux élevés de non-recours aux systèmes de revenu minimum éventuellement en place, qui mettent en exergue les nombreux obstacles qui subsistent comme les procédures intrusives et la honte liée au fait de demander à bénéficier de ces systèmes; est convaincu que les programmes d'aide au revenu sont essentiels pour éviter les tendances économiques inégales et soutenir les personnes avant qu’elles ne sombrent dans la pauvreté et l’exclusion sociale;

37.

souligne l’importance du dialogue social et des négociations collectives dans la fixation des salaires et fait observer que ces mécanismes doivent rester entre les mains des partenaires sociaux, conformément à l’autonomie que leur reconnaît les traités; invite la Commission à lancer une étude sur l’indice de salaire minimum vital en vue d’estimer le coût de la vie et le revenu approximatif nécessaire pour répondre aux besoins d’une famille dans les différents États membres et régions; fait observer que pour tous les ménages, un niveau satisfaisant de revenu est essentiel pour permettre aux travailleurs pauvres d’être financièrement indépendants, d’avoir la sécurité d’un toit et de pouvoir se nourrir;

38.

souligne qu’il convient, outre les Fonds ESI et le Fonds européen pour les investissements stratégiques (EFSI), de mobiliser d’autres sources privées et publiques pour financer à long terme la construction de nouveaux logements et renforcer ainsi les activités des banques publiques nationales ou des autres établissements opérant dans le domaine des logements sociaux abordables;

39.

invite la Commission à améliorer la santé et la sécurité des travailleurs au travail, notamment en appliquant correctement la directive sur le temps de travail;

40.

rappelle que le droit de négociation et d'actions collectives est un droit fondamental de l’Union et qu’il incombe aux institutions européennes de le respecter, d’observer ses principes et d’en promouvoir l'application (37); estime que l’affaiblissement du pouvoir de négociation des travailleurs et des syndicats ne contribue pas à cet objectif et que ce phénomène est nature à se traduire par une croissance timorée des salaires et la généralisation du travail précaire;

41.

fait observer qu’il est important de protéger les droits des travailleurs et de renforcer le pouvoir de négociation des salariés en réformant les structures du marché du travail dans le but de promouvoir une croissance durable, des emplois décents, une prospérité partagée et la cohésion sociale; souligne le rôle du dialogue entre les partenaires sociaux dans la lutte contre les inégalités sur le marché du travail; demande aux États membres et à l’Union de garantir le droit d’adhérer à un syndicat ainsi que le pouvoir et l’autonomie de négociation des organisations syndicales et patronales;

42.

souligne par ailleurs l'importance d’associer les représentants des différentes composantes de la société, notamment des groupes exposés à risque élevé de pauvreté et d’exclusion sociale, au dialogue civil visant à débattre des questions liées aux inégalités;

43.

demande l’application d’une politique forte de lutte contre les discriminations à même de garantir l’égalité des chances en matière d’emploi et de promouvoir l’intégration sociale; invite les États membres à ne plus bloquer la directive visant à lutter contre les discriminations;

44.

invite les États membres à prendre des mesures destinées à lutter, au travail, contre les discriminations, le harcèlement et la violence fondés notamment sur le sexe, l’identité ou l’expression sexuelles, l’orientation sexuelle et les caractéristiques sexuelles et à mettre en place des mécanismes clairs d’établissement de rapports et d’appui en faveur des victimes ainsi que des dispositifs permettant d’engager des procédures contre les auteurs;

Renforcer l’État providence et la protection sociale

45.

attire l’attention sur le fait que, dans de nombreux pays, les assainissements budgétaires se sont traduits par d'importantes mesures d’économie frappant de plein fouet les régimes de prévoyance et de protection sociale, ce qui a amplifié les inégalités imputables aux revenus; est convaincu que les systèmes de protection sociale devraient servir de filet de sécurité et faciliter au demeurant l'intégration sur le marché du travail; souligne la nécessité d’une démarche pluridimensionnelle en vue d’une meilleure égalité et cohésion sociale au sens de la clause sociale horizontale (article 9 du traité FUE), axée sur la dimension sociale des politiques de l’Union et la volonté d’appliquer le principe d’intégration sociale dans toutes les politiques de l’Union;

46.

fait observer que le progrès social, tel que défini par l’indice européen de progrès social, est la capacité d’une société à satisfaire les besoins humains fondamentaux de ses citoyens, à définir les piliers permettant aux citoyens et aux communautés d’améliorer et de conserver leur qualité de vie, et à créer les conditions permettant à tous les individus de réaliser leur plein potentiel;

47.

invite les États membres à améliorer leurs systèmes de protection sociale (éducation, santé, logement, retraite et transferts) en les dotant de garanties sociales élevées, afin de parvenir à une large protection de la population, et en prenant ainsi la mesure des nouveaux risques sociaux et des catégories vulnérables qui sont apparus à la suite de la crise financière, économique, puis sociale, qui a frappé les États membres;

48.

demande aux États membres de relancer les investissements dans les services d’éducation et d’accueil de la petite enfance pour qu’ils soient de qualité et abordables et fait observer que ces investissements ne seront pas vains, en particulier pour les enfants issus des familles défavorisées; invite les États membres à prendre, avec le soutien de la Commission et conformément aux objectifs de Barcelone, des mesures appropriées afin de garantir un accès abordable et universel à une éducation publique de qualité dès le plus jeune âge (0 à 3 ans), dès lors qu’est essentielle pour lutter contre les inégalités à long terme;

49.

plaide pour un accès universel à un logement abordable, pour la protection des ménages vulnérables contre l’expulsion et le surendettement, et pour la promotion d’un cadre efficace accordant une seconde chance aux individus et aux familles à l’échelle européenne;

50.

invite instamment les États membres à prendre rapidement des mesures afin de faire face aux migrations et à la crise des réfugiés existantes, et à veiller à ce que les réfugiés aient accès à des dispositifs d’apprentissage rapide des langues et de la culture, à la formation, à un logement de qualité, aux soins de santé et à l’éducation, au marché du travail et à la protection sociale, tout en faisant en sorte qu'ils puissent se voir reconnaître leurs compétences et aptitudes formelles et informelles et qu'ils soient intégrés dans la société;

51.

souligne que l’accès à des régimes de pension de retraite et de vieillesse publics, fondés sur la solidarité et assurant un revenu suffisant, doit être accordé à tous; invite la Commission à soutenir les États membres dans le renforcement des systèmes de pensions publiques et professionnelles afin de fournir un revenu de retraite adéquat, supérieur au seuil de pauvreté, et de permettre aux retraités de maintenir leur niveau de vie et de vivre dans la dignité et l’indépendance; demande une nouvelle fois que les systèmes de retraite accordent des points aux aidants afin de compenser l’absence de cotisation des assuré(e)s du fait de la garde d’un enfant ou de l’accompagnement prolongé d’un proche, et ce en vue de réduire l’écart de retraite entre les hommes et les femmes; souligne que tandis que les régimes personnels de retraite peuvent être des outils importants pour améliorer l’adéquation des retraites, les systèmes de santé obligatoires fondés sur la solidarité demeurent le moyen le plus efficace de lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale à un âge avancé;

52.

souligne que les droits fondamentaux des personnes handicapées doivent être garantis, notamment le droit à un travail décent et sans obstacles, le droit à certains services et à un revenu élémentaire garanti adapté aux besoins spécifiques de chacun, le droit à un niveau de vie décent, ainsi que le droit à l’intégration sociale et à une protection spécifique contre l’exploitation et le travail forcé;

53.

considère que le commerce international a été un moteur de croissance mais que les bénéfices ne sont pas souvent bien repartis et que certains peuvent y voir une source d’inégalité; invite la Commission et les États membres à promouvoir des accords commerciaux internationaux plus justes, qui respectent la réglementation européenne du travail et les conventions de l’OIT, protègent l’emploi de qualité ainsi que les droits des travailleurs et garantissent l’existence de mécanismes européens et nationaux indemnisant les travailleurs et les secteurs touchés par les modifications majeures du commerce mondial résultant de la mondialisation, tels que notamment le Fonds européen d’ajustement à la mondialisation;

54.

invite la Commission à veiller à ce que les politiques de l’Union en matière de concurrence permettent une concurrence équitable et contribuent à lutter contre les ententes ou les aides d’État incompatibles, qui faussent les prix et le fonctionnement du marché intérieur, afin d’assurer la protection des consommateurs;

Lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale

55.

estime que l’Union européenne doit garantir le droit à l’égalité des chances; est préoccupé par le fait que les perspectives inégales qui s’ouvrent actuellement aux personnes vivant dans l’Union, et notamment aux enfants et aux jeunes, sont souvent aggravées par la conception inégalitaire des systèmes éducatifs, ce qui nuit à leur bien-être et à leur épanouissement en tant qu’individus, mine par ailleurs l’estime qu'ils ont d’eux-mêmes et freine l’intégration sociale de la jeunesse européenne, en particulier des jeunes sans ressources ni projets d’avenir;

56.

rappelle que l'éducation a un rôle prépondérant dans la réduction des inégalités et invite dans ce contexte les États membres à renforcer leurs efforts et à investir suffisamment pour assurer l'égalité des chances; souligne l’importance de l’accès universel à l’éducation et de l’accès des étudiants de l’enseignement supérieur à un dispositif d’aide; invite la Commission à appuyer les États membres dans la création de logements adéquats, décents et accessibles afin d’aider les jeunes en période de transition;

57.

invite la Commission et les États membres à intensifier leur lutte contre la pauvreté, notamment infantile, en définissant des objectifs visant à réduire la pauvreté des enfants, en étudiant les moyens de coordonner la mise en œuvre de la recommandation «Investir dans l’enfance», et en créant un dispositif de garantie pour l’enfance;

58.

souligne par ailleurs que de nombreuses activités liées aux domaines culturels et sportifs sont de puissants outils de cohésion et d'intégration sociale, et rappelle que ces activités peuvent améliorer les perspectives d'emploi pour les catégories les plus défavorisées de la société grâce à l'apprentissage de compétences non techniques;

59.

invite les États membres à atteindre les objectifs de la stratégie Europe 2020 en ce qui concerne la réduction de la pauvreté et le risque d’exclusion sociale;

60.

considère que l’augmentation rapide du sans-abrisme dans la majorité des États membres est un problème brûlant; estime que, conformément aux principes ancrés dans le socle des droits sociaux, la Commission devrait accompagner les États membres dans leurs efforts visant à enrayer le développement du sans-abrisme en vue de l’éradiquer à terme;

Parvenir à un véritable équilibre entre hommes et femmes

61.

constate que la Commission a répondu à son appel en faveur d’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée pour les femmes et les hommes qui vivent et travaillent au sein de l’Union en proposant une directive concernant l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée des parents et aidants, et ce afin de relever les défis des prochaines décennies; réitère son appel en faveur d'une rémunération et d’une protection sociale adéquates et souligne que les propositions présentées par la Commission constituent une bonne base pour développer la présence des femmes sur le marché du travail, mieux concilier vie professionnelle et vie privée et développer des modèles souples d’organisation du travail, tant pour les femmes que pour les hommes, en vue de réduire les inégalités entre le travail rémunéré et non rémunéré;

62.

fait observer qu'il est important de mieux intégrer les femmes sur le marché du travail, notamment en aidant davantage l’entrepreneuriat féminin, en comblant la fracture entre les compétences professionnelles des femmes et les positions qu’elles occupent sur le marché du travail, et en garantissant l’égalité hommes-femmes, qu'il s’agisse du salaire, du plan de carrière ou de la possibilité de travailler à plein temps, si l’on veut promouvoir une croissance économique pérenne et inclusive, éliminer les écarts de retraite entre les hommes et les femmes, lutter contre les inégalités et promouvoir l’indépendance financière des intéressées;

63.

invite, le cas échéant, la Commission à présenter des initiatives visant à supprimer tout type d’écart salarial entre hommes et femmes, et à prévoir des peines pour les centres de travail qui bafouent le droit à l’égalité en proposant aux femmes des salaires différents de ceux des hommes pour des catégories d’emplois identiques;

64.

déplore qu’en dépit de la législation en vigueur, qui garantit le principe de rémunération égale pour travail de valeur égale entre les travailleurs masculins et féminins, il existe encore des écarts entre hommes et femmes en matière de salaires, écarts qui sont encore plus grands en matière de pensions de retraite; invite la Commission, les États membres et les partenaires sociaux à s’attaquer au problème des écarts de salaires et de retraites entre les hommes et les femmes;

65.

s’inquiète de l’augmentation du taux de pauvreté, notamment chez les femmes, et du fait que la pauvreté touche principalement les mères célibataires, les jeunes femmes et les femmes âgées; souligne qu’il est possible de réduire les niveaux de pauvreté de 20 millions de personnes d’ici à 2020 grâce à des mesures de lutte contre la pauvreté, relayées par des politiques actives sur le marché du travail, fondées sur l’intégration des questions d’égalité entre les hommes et les femmes et visant principalement à accroître et à soutenir la participation des femmes au marché du travail; prend note du fait que la pauvreté continue d’être appréciée à la lumière du revenu cumulé du ménage, ce qui suppose que tous les membres du foyer perçoivent le même salaire et se répartissent les ressources à parts égales; demande que les droits soient individualisés et que les calculs soient réalisés sur la base du revenu de chaque personne afin de révéler l’ampleur réel de la pauvreté des femmes;

66.

souligne le rôle important que jouent, en termes d’égalité hommes-femmes, la qualité des services publics et les régimes fiscaux et de prestations sociales qui ne dissuadent pas les personnes apportant une deuxième source de revenus de travailler ou de travailler plus, car la participation des femmes au marché du travail peut ainsi s’en trouver renforcée;

67.

renouvelle sa demande faite au Conseil de garantir l’adoption rapide de la directive relative à l’équilibre hommes-femmes parmi les administrateurs non exécutifs des sociétés cotées en bourse, première étape importante vers une représentation égale dans les secteurs public et privé;

Moderniser la fiscalité

68.

invite la Commission et les États membres à corriger les inégalités interpersonnelles excessives en soutenant et en encourageant les formes d’investissement les plus productives; rappelle à cet égard qu’il est crucial d’adopter des politiques fiscales objectives et qu’une profonde réforme fiscale s’impose dans plusieurs États membres; invite la Commission à suivre, proposer, promouvoir et préparer des référentiels à la lumière du Semestre européen;

69.

invite la Commission et les États membres à adopter des mesures concrètes pour lutter contre l’évitement fiscal et la fraude fiscale, ces mesures constituant un moyen important de réduire les inégalités économiques et d’améliorer le recouvrement des recettes fiscales dans les États membres;

70.

invite la Commission à encourager une réforme des politiques fiscales des États membres pour faire en sorte que les budgets publics alloués à la santé, au logement, aux affaires sociales, à l’emploi et à l’éducation soient suffisants; estime que cette réforme devrait également s’attacher à lutter contre la corruption dans l’administration publique et apporter notamment une réponse au partage inégal des richesses en les redistribuant dans la mesure où cette approche est importante pour ne pas aggraver les inégalités dans plusieurs États membres en concentrant excessivement la richesse; souligne par ailleurs qu’il est nécessaire d’adopter des mesures dans des domaines tels que la financiarisation de l’économie, de poursuivre le cas échéant la coordination et l’harmonisation de la politique fiscale, de lutter contre les paradis fiscaux, la fraude et l’évasion fiscales, et de prendre des mesures visant à combattre le travail non déclaré et à optimiser la combinaison des impôts et la part respective des revenus du travail et du patrimoine dans les recettes fiscales des États membres;

o

o o

71.

charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission.

(1) JO C 236 E du 12.8.2011, p. 57.

(2) Textes adoptés de cette date, P8_TA(2017)0260.

(3) Textes adoptés de cette date, P8_TA(2017)0073.

(4) Textes adoptés de cette date, P8_TA(2017)0010.

(5) Textes adoptés de cette date, P8_TA(2016)0317.

(6) Textes adoptés de cette date, P8_TA(2016)0136.

(7) JO C 366 du 27.10.2017, p. 19.

(8) JO C 482 du 23.12.2016, p. 141.

(9) JO C 75 du 26.2.2016, p. 130.

(10) JO C 65 du 19.2.2016, p. 68.

(11) JO C 153 E du 31.5.2013, p. 57.

(12) JO C 199 E du 7.7.2012, p. 77.

(13) JO C 199 E du 7.7.2012, p. 25.

(14) JO C 70 E du 8.3.2012, p. 8.

(15) JO C 9 E du 15.1.2010, p. 11.

(16) JO C 170 du 5.6.2014, p. 23.

(17) JO C 248 du 25.8.2011, p. 130.

(18) JO C 318 du 23.12.2009, p. 52.

(19) JO C 166 du 7.6.2011, p. 18.

(20) http://ec.europa.eu/social/BlobServlet?docId=13608&langId=en

(21) Avis du comité de la protection sociale, du 15 février 2011, au Conseil, Conseil de l’Union Européenne, 649/11, SOC 124.

(22) Commission européenne, documents institutionnels, no 25, mai 2016.

(23) Auteurs: Jonathan D. Ostry, Andrew Berg et Charalambos G. Tsangarides.

(24) Auteurs: Andrew Berg et Jonathan D. Ostry.

(25) Eurostat, http://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php/Income_distribution_statistics

(26) FMI (2015), «Causes and Consequences of Income Inequality: A Global Perspective», note de travail des services du FMI, SDN/15/13, Washington, FMI, http://www.imf.org/external/pubs/ft/sdn/2015/sdn1513.pdf.

(27) OCDE (2015), «Tous concernés: pourquoi moins d’inégalité profite à tous», Paris: éditions OCDE.

(28) FMI (2017), «IMF Working Paper WP 17/76: Inequality Overhang». Auteurs: Francesco Grigoli et Adrian Robles, Washington: Fonds monétaire international.

(29) Eurostat: http://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/images/f/f8/People_at_risk_of_poverty_or_social_exclusion%2C_EU-27_and_EU-28%2C_2005-2015.JPG

(30) Rapport de l’OCDE, «Tous concernés: pourquoi moins d’inégalité profite à tous», p. 67.

(31) Eurofound (2017), «Mobilité sociale au sein de l’UE», Luxembourg: Office des publications de l’Union européenne.

(32) https://www.eurofound.europa.eu/sites/default/files/ef_publication/ field_ef_document/ef1461fr.pdf.

(33) «Inequality and mental illness», R. Wilkinson et K. Pickett, Department of Health Sciences, University of York, Royaume-Uni; publié en ligne le 25 mai 2017: http://dx.doi.org/10.1016/; S2215-0366(17)30206-7.

(34) Coreper I, «Garantir aux retraités des revenus adéquats dans une société vieillissante – Projet de conclusions du Conseil = Adoption», 12352/15, http://data.consilium.europa.eu/doc/document/ST-12352-2015-INIT/fr/pdf.

(35) Eurofound (2017), «Inégalités de revenus et physionomie de l'emploi en Europe avant et après la grande récession».

(36) Rapport de l’OCDE, «Tous concernés: pourquoi moins d’inégalité profite à tous», Paris: éditions OCDE.

(37) Article 51 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.


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