| CELEX | 52017IR1298 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mercredi 31 janvier 2018 |
| 23.5.2018 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 176/21 |
Avis du Comité européen des régions — Erasmus pour les élus locaux et régionaux
(2018/C 176/06)
|
RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS
Introduction et contexte
| 1. | participe pleinement au débat lancé par la Commission européenne avec le Livre blanc sur l’avenir de l’Europe: Réflexions et scénarios pour l’Union européenne, et prend note des propositions faites en septembre 2017 par le président Juncker lors du débat sur l’état de l’Union; |
| 2. | rappelle que les institutions européennes sont toujours considérées comme lointaines ou technocratiques et que les citoyens européens ne perçoivent pas toujours les bienfaits des décisions européennes essentielles dans leur vie quotidienne; |
| 3. | rappelle qu’au plan européen les élus locaux bénéficient généralement d’un haut degré de confiance de la part de leurs concitoyens, dans des proportions plus importantes que la plupart des responsables politiques nationaux; |
| 4. | constate que dans le contexte des crises géopolitiques actuelles, de montée du risque terroriste et de la négociation du «Brexit», les citoyens européens estiment que le niveau européen est un niveau de plus en plus approprié d’action publique pour faire face à nos grands défis communs; |
| 5. | souligne que l’enjeu principal est de favoriser non seulement la connaissance technique de l’Union européenne et de ses institutions, mais aussi un état d’esprit ouvert en faveur de la coopération et de l’échange dans le cadre de l’intégration européenne, qui est fondée sur les valeurs de démocratie, d’état de droit, de respect des droits de l’homme et sur le principe de solidarité; cet esprit européen est l’ingrédient essentiel pour que l’intégration européenne agisse comme un moyen de préserver la paix et de construire un avenir durable et équitable pour tous; |
| 6. | constate le succès du programme Erasmus+, véritable vitrine des politiques européennes, qui fête en 2017 ses 30 ans et qui a permis à plus de 5 millions de citoyens d’effectuer un séjour de mobilité à l’étranger en s’amplifiant et s’étendant à différents publics: étudiants, mais également collégiens, lycéens, apprentis, éducateurs et formateurs, jeunes diplômés, demandeurs d’emploi, volontaires, professionnels du monde associatif et sportif; |
| 7. | se félicite du lancement, à l’initiative du Parlement européen, de l’Erasmus des apprentis; |
| 8. | reconnaît que l’évolution des technologies et des modes de vie s’accélère et que les réponses apportées par les pouvoirs publics doivent davantage tenir compter de la dimension humaine de cette évolution; |
| 9. | rappelle que les collectivités locales et régionales d’Europe font face à des défis (crise économique et financière, changement climatique, évolution démographique, problèmes environnementaux, etc.) qui nécessitent des actions et des stratégies intégrées; |
| 10. | souligne que la gouvernance à multiniveaux, l’autonomie locale et les réformes de décentralisation accentuent le rôle des collectivités locales et régionales dans la mise en œuvre des politiques européennes et qu’il est essentiel de les accompagner dans le développement de compétences et de capacités dans ces matières; |
| 11. | insiste pour que toutes les personnes participant à la mise en œuvre de politiques de développement intégré puissent acquérir les compétences et les connaissances générales et pluridisciplinaires nécessaires pour œuvrer au développement des collectivités locales et régionales; |
| 12. | indique que conformément au principe de subsidiarité, dans la plupart des États membres, les collectivités territoriales sont directement responsables de la conception et de la mise à disposition des services publics et cherchent à s’assurer de leur performance et de leur efficacité en tenant compte des opportunités offertes par les politiques publiques européennes; |
L’Union européenne doit développer de nouveaux outils innovants pour faire face aux défis actuels et futurs
| 13. | déplore le fait que dans une période où l’Union européenne traverse une période de bouleversements majeurs, les contraintes du cadre financier pluriannuel ne permettent pas toujours la réactivité suffisante pour que l’Union européenne puisse agir efficacement face aux nouvelles crises ou aux nouveaux défis; |
| 14. | appelle le Parlement, le Conseil et la Commission européenne à proposer des mesures pour rendre le cadre financier pluriannuel plus en phase avec les défis majeurs de notre temps afin de répondre avec promptitude aux préoccupations nouvelles; |
| 15. | insiste sur le fait que les échanges transfrontaliers et interrégionaux permettent de renforcer les liens entre différents programmes et instruments européens, nationaux et régionaux visant à encourager l’innovation, la croissance et l’emploi; |
| 16. | admet que les réponses de l’Union européenne sont actuellement encadrées par des règlements peu adaptables aux évolutions générales et aux situations particulières et c’est pourquoi la Commission européenne, notamment avec le livre blanc sur l’avenir de l’Europe, propose de faire évoluer les stratégies, les politiques et les actions européennes; |
| 17. | appelle la Commission européenne à prendre davantage en compte le capital humain dans la préparation du futur cadre pluriannuel, pour mieux répondre aux besoins des citoyens et aux nouveaux défis de ce siècle; |
| 18. | appelle les prochaines présidences du Conseil de l’Union européenne à également mieux prendre en compte le capital humain dans la définition de leur programme; |
La situation des élus locaux et régionaux dans ce contexte
| 19. | considère que les 91 000 collectivités locales et régionales, et donc les centaines de milliers d’élus locaux dans l’Union, sont un lien essentiel entre les citoyens et l’Europe, et que le développement de leurs connaissances et compétences dans le domaine des politiques européennes, et le développement de contacts avec des élus dans d’autres États membres (pays membres du programme) ainsi que dans les pays tiers participant au programme (1), sont des éléments clés dans les objectifs de développement du capital humain et de l’intégration européenne; |
| 20. | constate que les élus locaux et régionaux n’ont pas toujours reçu préalablement à leur élection toutes les formations nécessaires à l’accomplissement de leurs fonctions et que les dispositifs de formation continue sont des recours utiles pour accompagner les élus locaux et régionaux dans l’exercice efficace de leur mandat; souligne que ces formations ne doivent pas simplement consister en l’apport de connaissances techniques appropriées, mais aussi permettre aux élus de comprendre les tenants et aboutissants et l’esprit de l’intégration européenne afin qu’ils puissent montrer à leurs électeurs pourquoi et comment le projet européen peut leur être profitable; |
| 21. | estime que les décisions des élus locaux et régionaux sont très liées aux dispositions européennes:
|
La mise en place d’un Erasmus des élus locaux et régionaux
| 22. | estime que les enseignements tirés de l’évaluation de l’action préparatoire, de l’usage de l’instrument pour l’administration locale et des programmes d’échange entre pairs représentent une source d’informations qu’il y a lieu d’exploiter pour améliorer l’expérience d’apprentissage et d’échange; |
| 23. | souhaite que soient favorisés les échanges de bonnes pratiques entre autorités locales et régionales, notamment dans l’utilisation du Fonds européen pour les investissements stratégiques, du programme Horizon 2020 et de la politique de cohésion et de leur combinaison; souligne à cet égard qu’il pourrait être recouru au dispositif Erasmus pour les élus locaux et régionaux afin d’aider les régions économiquement moins développées à accroître leurs capacités administratives; |
| 24. | demande à la Commission européenne de veiller à considérer davantage la nécessité d’informer, d’accompagner et de former les élus locaux et régionaux de l’Union européenne à l’utilisation efficace des fonds européens et à la coopération interrégionale à l’échelon de l’Union européenne; |
| 25. | invite la Commission à consulter ou prendre en considération les initiatives novatrices appelées à devenir des propositions qui seront présentées par des groupements de collectivités territoriales dans le but d’améliorer les politiques de l’Union en cours ou de lancer de nouvelles initiatives d’envergure européenne; |
| 26. | estime que les institutions européennes ont une part de responsabilité dans la formation de base des élus locaux et régionaux dans un objectif de meilleure connaissance de l’esprit de l’intégration européenne et des politiques de l’Union européenne et que les structures européennes ne pourraient pas rester silencieuses face à cet appel des élus locaux et régionaux, en particulier dans la perspective des élections européennes; |
| 27. | réitère son soutien, exprimé dans son livre blanc de 2009 sur la gouvernance à multiniveaux, à la création d’un «Erasmus des élus locaux et régionaux», son souhait de coopérer avec le Parlement européen, le Conseil et la Commission européenne pour en assurer la définition conceptuelle et opérationnelle, ainsi que son appui à la mise en place de programmes de formation et d’échange d’expériences et de bonnes pratiques destinés aux élus locaux et régionaux; |
| 28. | rappelle qu’un projet pilote a été mis en place en 2012/2013 et a connu un vif succès avec plus de 1 000 candidatures reçues pour 100 places disponibles; |
| 29. | considère que ce projet pilote peut servir de base pour lancer le programme en veillant à accentuer le volet formation pour favoriser une meilleure connaissance des institutions européennes, du fonctionnement de l’Union européenne tout en ayant des exemples de cas pratiques et d’échanges avec d’autres élus locaux et, partant, qu’il peut aider les élus locaux et régionaux, à titre individuel, à faire l’expérience directe de l’esprit de la coopération européenne en vue de le partager avec leurs concitoyens. Des outils de formation en ligne pourraient être développés également afin de mieux préparer les mobilités prévues dans le cadre du programme; |
| 30. | insiste sur l’aspect mobilité qui doit être impérativement conservé, diverses études ayant démontré l’efficacité du transfert de connaissances via l’apprentissage par les pairs. Ces échanges multilatéraux entre élus locaux représentent une réelle valeur ajoutée européenne par rapport à la coopération bilatérale; |
| 31. | estime que cette formation pourrait également, mais pas exclusivement, s’appuyer sur le réseau des universités et grandes écoles européennes pour assurer le volet formation des élus, ce qui devrait également aller de pair avec le fait d’associer les lieux de mémoire qui ont contribué à la formation de la culture et de l’esprit européens; |
| 32. | souhaite qu’à l’issue de cette formation de base, les élus locaux et régionaux puissent engager des coopérations entre élus de différents États sur un même sujet pour:
|
| 33. | estime que cet instrument servirait en outre à renforcer l’esprit européen des élus locaux et régionaux et favoriserait l’émergence d’une conscience européenne au niveau des gouvernements locaux et régionaux; |
| 34. | considère qu’un tel dispositif devrait être expérimenté, amendé des enseignements tirés du projet-pilote, au cours des années 2018, 2019 et 2020, pour pouvoir être ensuite intégré dans la nouvelle programmation des travaux législatifs de la Commission européenne, le cas échéant sur une base légale différente si nécessaire avec la création d’un programme Erasmus pour les élus locaux et régionaux ou Erasmus pour les acteurs locaux et régionaux; |
| 35. | souligne que le programme doit être conçu de manière à permettre aux personnes engagées dans la politique à temps plein comme à celles qui font de la politique à titre accessoire ainsi qu’à celles qui occupent des postes d’encadrement à caractère plus technique d’y participer, et qu’il doit rechercher une représentation équilibrée entre hommes et femmes ainsi que sur le plan territorial, en garantissant la participation de représentants d’entités locales et régionales, quels que soient leur taille et leur nombre d’habitants; |
| 36. | demande à la Commission de proposer une ou plusieurs formules expérimentales, avec un fort effet de levier, en tirant les leçons du projet pilote de 2012 pour améliorer le nouveau programme et accroître ainsi l’apprentissage et l’expérience des élus locaux sur l’Union européenne et ses politiques; |
| 37. | considère que les coûts peuvent être partagés entre les budgets de l’Union européenne, des collectivités d’origine des élus participants et, le cas échéant, des organismes de formation bénéficiant de fonds publics dans certains États membres; |
| 38. | demande aux États membres de soutenir cette initiative qui bénéficiera à leurs concitoyens notamment par une meilleure connaissance des politiques, du quotidien des entités locales dans d’autres États membres et des fonds européens et de leurs mises en œuvre concrètes, ainsi que par sa contribution à la stabilité et à la confiance mutuelle entre les États membres; |
| 39. | propose au Parlement européen de soutenir, tout comme il l’avait fait en 2012, le programme Erasmus des élus locaux et régionaux, au travers de différentes actions (rapports, conférences, etc.), et notamment en proposant, en 2018, l’inscription d’un projet-pilote dans le cadre de la procédure budgétaire pour une mise en œuvre en 2019; |
| 40. | souligne que la mise en place d’un programme Erasmus pour les élus locaux et régionaux ne pourra se faire que par l’affectation de nouvelles ressources financières, sans que cela ne porte atteinte d’une quelconque manière au budget du programme Erasmus+; |
| 41. | s’associera pleinement à la mise en place d’un tel programme en contribuant à l’élaboration du dossier de candidature des élus participants, en diffusant l’appel à manifestation d’intérêt, en accueillant un module pendant la Semaine européenne des régions et des villes et en contribuant à la définition d’un ou de plusieurs modules de formation en ligne; |
| 42. | demande qu’un groupe de travail, regroupant des représentants de la Commission européenne, du Parlement européen et du Comité européen des régions, soit mis en place rapidement pour l’élaboration et la préparation de ce programme. |
Bruxelles, le 31 janvier 2018.
Le président du Comité européen des régions
Karl-Heinz LAMBERTZ
(1) https://ec.europa.eu/programmes/erasmus-plus/programme-guide/part-a/who-can-participate/eligible-countries_fr
Résolution du Parlement européen du 13 décembre 2018 sur les conflits d’intérêts et la protection du budget de l’Union européenne en République tchèque (2018/2975(RSP))
13/12/2018
Résolution du Parlement européen du 13 décembre 2018 sur l’adéquation de la protection des données à caractère personnel assurée par le Japon (2018/2979(RSP))
13/12/2018
Résolution du Parlement européen du 13 décembre 2018 sur l’Égypte, et plus particulièrement sur la situation des défenseurs des droits de l’homme dans le pays (2018/2968(RSP))
13/12/2018
Résolution du Parlement européen du 13 décembre 2018 sur l’Iran, en particulier le cas de Nasrin Sotoudeh (2018/2967(RSP))
13/12/2018