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AccueilDroit européen52017IR2108
Initiative législative52017IR2108

Avis du Comité européen des régions — Financement de la lutte contre le changement climatique: un outil essentiel pour la mise en œuvre de l’accord de Paris

CELEX52017IR2108
TypeInitiative législative
Datemardi 10 octobre 2017

Résumé IA

Cet avis du Comité européen des régions souligne le rôle crucial des collectivités territoriales dans le financement de la lutte contre le changement climatique, en tant qu'acteurs clés de la mise en œuvre de l'accord de Paris. Il préconise une simplification de l'accès aux fonds européens pour les autorités locales et régionales, ainsi qu'un renforcement de leur capacité à mobiliser des investissements publics et privés. Le texte insiste sur la nécessité d'intégrer les objectifs climatiques dans l'ensemble des politiques de l'UE et de garantir une répartition équitable des financements entre les territoires.

Texte intégral

13.2.2018

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 54/9


Avis du Comité européen des régions — Financement de la lutte contre le changement climatique: un outil essentiel pour la mise en œuvre de l’accord de Paris

(2018/C 054/03)

Rapporteur:

Marco Dus (IT/PSE), conseiller municipal de Vittorio Veneto (province de Trévise).

Texte de référence:

avis d’initiative.

RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS

1.

note que des preuves scientifiques incontestables attestent du réchauffement planétaire en cours et qu’il produira des effets significatifs et de plus en plus forts sur l’économie et la société dans son ensemble. Il provoque, en particulier, des retombées notables sur les territoires administrés par les collectivités locales et régionales, lesquelles sont souvent aux avant-postes lorsqu’il s’agit d’atténuer les dégâts causés par des phénomènes naturels de plus en plus violents, ainsi que d’investir dans des mesures adaptatives;

2.

exprime sa préoccupation face aux effets que le changement climatique induit également à l’extérieur des frontières de l’UE, où les capacités de faire face à des événements environnementaux extrêmes et d’adapter les territoires aux mutations en cours sont souvent restreintes, et rappelle que cette carence peut également influer directement sur les phénomènes migratoires;

3.

considère que les pouvoirs locaux et régionaux de l’UE disposent de bonnes marges s’agissant d’améliorer leurs capacités à effectuer des investissements dans le domaine climatique, ainsi qu’à en attirer d’autres, extérieurs, malgré certaines difficultés liées à leurs contraintes budgétaires, à leur aptitude à effectuer une planification à long terme et à la gestion de projets complexes. Cet effort est d’une importance capitale pour améliorer à l’avenir la bonne performance générale de l’UE, qui est actuellement responsable de 9,6 % des émissions mondiales de CO2;

4.

fait observer que d’énormes investissements sont nécessaires pour affronter les défis du changement climatique et que leur couverture ne peut être assurée par des ressources locales et régionales, ni même par les seuls moyens financiers publics. Le Comité accueille dès lors favorablement les initiatives internationales, européennes et nationales destinées à mobiliser des investissements privés;

Action internationale

5.

souligne, encore une fois, que le problème du changement climatique est de nature planétaire mais que pour l’affronter avec le maximum d’efficacité possible, il s’impose d’adopter une approche de gouvernance à niveaux et partenaires multiples. En conséquence, le Comité demande à la Commission européenne de recommander, y compris au sein de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), que l’on reconnaisse et exploite le rôle des pouvoirs locaux et régionaux, de manière à réaliser de manière plus opérante les objectifs de l’accord de Paris;

6.

affirme que si certains pays en voie de développement affichent des ambitions assez impressionnantes et se montrent mobilisés, on ne peut plus accepter la lenteur avec laquelle d’autres États appliquent l’accord de Paris, ni montrer de compréhension pour la volonté des États-Unis d’Amérique de se soustraire aux engagements qu’ils avaient souscrits. Le Comité rappelle avec force que tenir les objectifs de l’accord ne constitue pas un choix possible mais relève d’une nécessité. Pour ce motif, il encourage la Commission européenne et les États membres à prendre toutes les dispositions nécessaires pour que l’UE puisse être le véritable chef de file international de la lutte contre le changement climatique, en tirant tout le parti possible des perspectives d’innovation et de développement qui sont liées à une transition progressive vers un nouveau modèle économique et financier;

7.

tient pour indispensable que la prochaine vingt-troisième conférence des parties, à Bonn, ne se limite pas à une rencontre d’experts mais puisse déboucher sur une avancée importante vers la mise en œuvre intégrale de l’accord de Paris, en particulier pour ce qui est des aspects en rapport avec les financements pour l’action climatique, qu’il s’agisse, par exemple, d’encourager les financements de long terme en faveur du climat, ou de revoir le mécanisme financier;

8.

propose que dans le parcours préparatoire à la future COP24 de Katowice, un débat international soit lancé au sein de la CCNUCC sur les indicateurs dont il serait éventuellement possible d’assortir la notion d’émissions de gaz à effet de serre afin de pouvoir préconiser des actions de lutte contre le changement climatique qui soient plus efficaces;

9.

est d’avis que dans un contexte international où, déjà, certains États n’ont fait preuve que d’ambitions réduites, les collectivités locales et régionales jouent un rôle essentiel, pour faire participer la population et susciter sa prise de conscience en ce qui concerne les thématiques du changement climatique, pour attirer les investissements et pour mettre en œuvre des projets concrets. Pour qu’une telle entreprise réussisse, il est néanmoins nécessaire que les pouvoirs locaux et régionaux soient sensibilisés à la question, aient des disponibilités en la matière et des capacités de gestion financière directe dans le domaine. Sur ce point, le Comité souligne que la Convention des maires est en train d’engranger d’excellents résultats et s’est récemment ouverte à des acteurs en dehors des frontières de l’UE. Par voie de conséquence, il s’adresse à la Commission européenne pour qu’elle renforce cette initiative et qu’elle encourage au maximum la Convention mondiale des maires, en lui fournissant un soutien financier et technique, en particulier dans les pays dont les ambitions nationales sont notoirement déficientes;

10.

reconnaît que la solution du problème est en partie liée à un fonctionnement plus efficace des marchés financiers mondiaux. Le Comité considère, partant, qu’il convient en priorité de mieux sensibiliser les investisseurs aux risques et aux ouvertures inhérents aux changements climatiques, de façon qu’ils puissent s’orienter vers des investissements plus durables, et il accueille d’un œil favorable les recommandations finales du groupe de travail pour la transparence des informations sur l’exposition financière aux changements climatiques, institué au sein du Conseil de stabilité financière. Il appelle toutefois la Commission européenne à évaluer les effets produits par la révélation des risques climatiques, afin qu’il soit possible d’instaurer un outil d’atténuation des coûts supportés par les collectivités locales et régionales, par exemple en cas de hausse brutale des frais d’assurance;

11.

applaudit l’initiative de l’OCDE de créer le «Centre pour la finance et l’investissement verts», qui a pour but de soutenir la transition vers une économie verte, peu émettrice et résiliente face au changement climatique et il appelle de ses vœux une coordination entre les initiatives internationales et européennes;

Action européenne

12.

reconnaît que dans le domaine des financements en faveur du climat, l’UE a engagé plusieurs initiatives louables, telles que, parmi beaucoup d’autres exemples, le groupe d’experts de haut niveau sur la finance durable, créé par la Commission européenne, le Fonds européen pour l’efficacité énergétique, les obligations vertes (obligations climatiquement responsables) de la Banque européenne d’investissement ou le mécanisme d’assistance énergétique au niveau local (ELENA), qui a pour vocation de fournir une assistance technique et les instruments financiers du programme Life. Le Comité se félicite en particulier que dans le plan d’action de la Commission européenne pour l’union des marchés des capitaux (UMC), référence soit faite à la durabilité environnementale. Tout en portant une appréciation très positive sur toutes ces initiatives, le Comité conseille d’éviter les doubles emplois et de veiller au maximum à coordonner toutes les politiques et actions au niveau européen;

13.

préconise tout spécialement, afin d’améliorer la coordination entre les initiatives en cours et d’assurer davantage de cohérence entre les politiques européennes, que la Commission européenne étudie les synergies possibles entre le groupe d’experts de haut niveau sur la finance durable et celui, réunissant également de tels experts, qui vient d’être créé sur le thème du soutien au financement de l’économie circulaire;

14.

propose que dans la perspective du débat sur le nouveau cadre financier pluriannuel (CFP) de l’UE, qui sera en vigueur après 2020, la thématique du climat et de la durabilité devienne un trait horizontal des programmes de financement, en fixant des objectifs pour des seuils minimaux de ressources à consacrer au climat, tant pour le cadre financier dans son ensemble que pour les principaux programmes de financement, à commencer par les Fonds structurels et le nouveau programme-cadre pour la recherche et l’innovation, et préconise par ailleurs que ces priorités s’inscrivent en harmonie avec les objectifs de cohésion économique, sociale et territoriale de l’UE;

15.

suggère que les évaluations d’impact effectuées a priori sur les propositions législatives de l’UE s’accompagnent toujours d’un examen de leurs effets climatiques et de la manière dont elles contribueront à réaliser les objectifs de l’accord de Paris. Cette initiative devrait jouer le rôle préparatoire pour l’élaboration d’une stratégie énergétique de long terme qui soit homogène et durable et permette d’investir davantage dans l’adaptation au changement climatique, comme la Cour des comptes vient elle aussi de le souligner récemment (1);

16.

demande que la Commission européenne donne mandat à l’Autorité bancaire européenne pour que dans les plus brefs délais possibles mais après avoir dûment consulté les acteurs intéressés et associé le secteur privé à la démarche, elle élabore, en se fondant sur les initiatives existantes telles que les obligations vertes de la BEI pour ne prendre que cet exemple, une classification précise des actifs durables, qui comportera des définitions claires et contraignantes des notions de «finance pour le climat», «finance verte», «finance durable» et «finance circulaire». Par ailleurs, il conviendrait que cette taxinomie européenne commune soit complétée par des lignes directrices destinées aux investisseurs et un système d’octroi d’étiquettes, fondé sur des indicateurs de performance appropriés, de façon qu’il soit possible de fournir une évaluation synthétique et simple de la qualité des actifs concernés;

17.

appelle la Commission et les États membres à créer, en coopération avec les collectivités locales et régionales, un dispositif réglementaire fiable et stable pour les investissements liés au changement climatique. Ce point revêt la plus haute importance pour encourager le secteur privé à s’engager dans la finance en faveur du climat;

18.

exhorte le Parlement européen et le Conseil à revoir la réglementation bancaire en matière prudentielle, en envisageant sérieusement la possibilité d’y inclure un «facteur supplétif environnemental», sur le modèle de celui que la Commission européenne a proposé pour les infrastructures dans la révision en cours du règlement sur les exigences de fonds propres (CRR), afin de dégager des ressources pour les investissements privés grâce à une réduction des exigences en capital qui serait accordée aux établissements octroyant des prêts pour des investissements durables et pour la lutte contre le changement climatique;

19.

reconnaît que pour résoudre le problème du changement climatique, une partie de la solution pourrait provenir d’un marché efficace des permis d’émissions de gaz à effet de serre, qui est régi par le système d’échanges de quotas d’émission (SEQE) européen, à la condition, cependant, que soit mise parallèlement en œuvre une politique ambitieuse en matière d’efficacité énergétique et d'énergie renouvelable. Aussi le Comité regrette-t-il que la proposition de modification de ce système qui a été présentée par la Commission en 2015 en soit encore à attendre son adoption finale, alors que les prix des permis d’émission stagnent toujours à des niveaux trop faibles. Il réaffirme qu’il conviendrait que les collectivités territoriales gèrent directement un pourcentage minimum des revenus générés par les enchères du SEQE, afin d’investir pour améliorer les capacités locales de rebond. Il demande également à la Commission d’étudier des mesures exceptionnelles, qui consisteraient par exemple à fixer un seuil pour les prix du carbone, ou à envisager à nouveau l’idée d’une taxe carbone européenne;

20.

invite la Commission européenne, d’une part, à dissiper les incertitudes qui entourent les biocarburants et dont la raison est que ces dernières années, il n’a été octroyé que des dérogations temporaires aux règles sur les aides d’État pour ce qui est des taxes sur l’énergie et les émissions de carbone, et, d’autre part, ce point étant tout aussi important, à réduire les formalités administratives pesant sur les énergies renouvelables, afin d’éviter qu’elles ne soient plus lourdes que dans le cas des combustibles fossiles;

21.

engage la Commission européenne à augmenter la part du budget qui, dans ses programmes d’aide au développement destinés aux pays tiers, est assignée à des actions en faveur du climat et de la durabilité environnementale, conformément à l’approche que le Parlement européen vient d’entériner dans le règlement portant création du Fonds européen pour le développement durable (FEDD), qui a fixé, pour les investissements climatiques, un objectif-cible de 28 % de l’enveloppe globale. Le Comité réclame en outre que les projets prévoient une participation accrue des collectivités locales et régionales de l’UE, afin qu’elles partagent leurs expériences concluantes avec celles des pays tiers et, dans le même temps, accroissent, leurs compétences. Il conviendrait de placer les principes de la «justice climatique» au cœur des engagements souscrits au niveau international, afin de garantir que les investissements soient fondés sur les droits de l’homme et aident les communautés les plus vulnérables à faire face au changement climatique, notamment en créant une atmosphère de coopération entre les intervenants publics et privés, conformément aux dispositions prévues par le dix-septième des objectifs de développement durable des Nations unies (2);

22.

fait observer que la réglementation sur les aides d’État, ou encore les normes comptables européennes pour les organismes publics, qui sont souvent rigoureuses, font qu’il est parfois plus compliqué de réaliser des investissements de type environnemental ou en faveur du climat. Le Comité demande donc à la Commission européenne de vérifier s’il existe une marge de manœuvre pour qu’il soit plus attrayant, sur le plan comptable, d’investir dans ces domaines;

23.

juge qu’il serait utile de créer un instrument spécifique pour améliorer la capacité des collectivités locales et régionales à s’orienter parmi les différentes initiatives existantes, accéder aux financements pour le climat et obtenir une assistance technique adaptée. Pour ces motifs, le Comité propose à la Commission européenne de lui apporter une assistance afin d’élaborer un manuel pratique qui fasse une radioscopie simple et complète des possibilités de financement spécifiquement offertes aux pouvoirs locaux et régionaux, au plan européen et international. Il suggère par ailleurs qu’une synthèse de ce relevé puisse être mise à la disposition de tous les acteurs intéressés grâce à un portail Internet, qui fournirait ainsi une source d’information unique, faisant la synthèse de tous les fonds disponibles pour financer des actions en faveur du climat;

Les actions nationales et locales

24.

demande aux États membres d’associer davantage les collectivités locales et régionales à la définition des plans nationaux pour l’énergie et le climat, afin de favoriser la coordination entre les autorités nationales et l’échelon local et régional, conformément à l’article 4 de l’accord de Paris, qui régit la question des contributions déterminées au niveau national pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre;

25.

rappelle la proposition qu’il a émise pour améliorer la participation des collectivités locales et régionales, figurant dans son avis sur la communication de la Commission européenne «Procurer les avantages des politiques environnementales de l’UE à travers un examen régulier de leur mise en œuvres» [COM(2016) 316] (3), où il invite la Commission européenne à collaborer étroitement avec les pouvoirs publics nationaux, régionaux et locaux compétents, le Comité européen des régions lui-même, la Convention des maires de l’UE, la Convention mondiale des maires pour le climat et l’énergie et l’ICLEI (Conseil international pour les initiatives écologiques locales) pour définir et instaurer le principe des contributions déterminées aux niveaux local et régional, ainsi que la méthodologie associée. Dans un premier temps, les collectivités locales et régionales pionnières y participeraient sur la base d’une «validation de principe» volontaire;

26.

préconise que les plans nationaux pour l’énergie et le climat reprennent des programmes d’investissements climatiques à moyen terme, concernant les principales actions planifiées, qui seront classées suivant leur niveau (national ou infranational) et le type d’aide qu’elles requièrent pour combler tout déficit de financement, y compris par le recours, pour ce faire, à des instruments financiers novateurs;

27.

rappelant l’importance que les plans d’action en faveur de l’énergie durable revêtent afin de réaliser les contributions déterminées au niveau national et à celui de l’UE pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, propose que l’on s’emploie à associer efficacement à cette démarche les pouvoirs locaux et régionaux, en simplifiant la mise en œuvre desdits plans, le processus des rapports afférents et leurs mécanismes de suivi. À cet égard, il conviendrait de veiller à la bonne articulation des stratégies nationales avec les plans d’action en faveur de l’énergie durable et du climat (PAEDC) des collectivités locales. Les ressources destinées à ces plans, suivant la méthodologie du Pacte des maires, devraient être encouragées davantage encore par la Commission et bénéficier du soutien des gouvernements nationaux;

28.

reconnaît que si l’on veut que les collectivités locales et régionales puissent prendre les meilleures décisions possibles, il est nécessaire de les aider à appréhender clairement les risques climatiques qui affectent leur territoire. Améliorer l’évaluation socio-économique, le suivi sous forme de rapports et la communication serait utile pour exprimer clairement l’impact que l’action climatique produit sur la société, en éclairant le processus décisionnel local et en guidant la répartition des ressources. La cartographie de ces périls environnementaux dont on peut disposer grâce à la plate-forme européenne d’adaptation au changement climatique (4) constitue une initiative positive et utile, même si elle n’est pas encore suffisamment connue et que les informations qu’elle rassemble sont parcellaires en ce qui concerne les données locales et régionales. Il existe un besoin général de sensibilisation à l’action et aux instruments de l’UE pour l’adaptation au changement climatique au niveau local. En conséquence, le Comité demande à la Commission européenne de dispenser à cette plate-forme un soutien accru, afin de compléter la collecte de données et de diffuser ses résultats en prêtant une plus grande attention à l’échelon régional et local, en tant qu’il est le premier qui soit appelé à réagir en cas de crise;

29.

souhaite insister également sur l’importance de créer de nouveaux instruments, tels que les obligations vertes et les garanties conjointes, afin de faciliter le financement. Ces dispositifs peuvent être mis en place par les collectivités locales et régionales en collaboration ou avec l’aide des institutions nationales et européennes. Il existe à l’heure actuelle plusieurs bons exemples à cet égard;

30.

incite les États membres à récompenser les actions de financement en faveur du climat qui émanent de collectivités locales, en entreprenant de lancer des programmes spécifiques, comme le prévoit par exemple, le «pacte climat» du Luxembourg (5), lequel dégage des ressources supplémentaires pour les pouvoirs locaux qui s’engagent à mettre en œuvre certaines actions d’efficacité énergétique, ou en desserrant des contraintes internes de finances publique, ou encore en octroyant d’autres formes de soutien;

31.

exhorte tous les décideurs politiques et, en particulier, les gouvernements nationaux, à proposer et exécuter des mesures courageuses, qui ne visent pas en priorité à se ménager des avantages électoraux à courte vue mais soient attentives aux conséquences que les actions concernées (ou décisions de ne pas agir) auront pour les prochaines générations, tant dans la perspective de la santé et de la qualité de l’environnement que du point de vue de l’économie. Le Comité suggère dès lors de réduire progressivement, tout en tenant compte des risques de fuites de carbone, les subventions octroyées aux activités économiques qui ont un fort impact environnemental et se caractérisent donc par de fortes émissions, de façon à ce que ces aides aient totalement disparu dans un laps de temps raisonnablement court et, en tout cas, avant 2035;

32.

préconise de mettre en place des trains de mesures généraux, communs et intégrés, dans le domaine de l’amélioration de l’efficacité énergétique et de la réduction de l’empreinte carbone tant pour les vieux bâtiments que pour les nouveaux, d’appliquer une exigence minimale en matière d’efficacité et de performance énergétiques des bâtiments neufs et de mobiliser les financements nécessaires pour augmenter l’efficacité énergétique des bâtiments existants.

Bruxelles, le 10 octobre 2017.

Le président du Comité européen des régions

Karl-Heinz LAMBERTZ


(1) Analyse panoramique: L’action de l’UE dans le domaine de l’énergie et du changement climatique. Disponible à l’adresse http://www.eca.europa.eu/fr/Pages/DocItem.aspx?did=41824.

(2) Objectif 17: Partenariats pour la réalisation des objectifs — http://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/globalpartnerships/.

(3) Projet d’avis ENVE-VI/021 intitulé «Examen de la mise en œuvre de la politique environnementale», à adopter lors de la session plénière d’octobre 2017.

(4) http://climate-adapt.eea.europa.eu/.

(5) http://www.pacteclimat.lu/fr.


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