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AccueilDroit européen52017IR3141
Initiative législative52017IR3141

Avis du Comité européen des régions — Le socle européen des droits sociaux et le document de réflexion sur la dimension sociale de l’Europe

CELEX52017IR3141
TypeInitiative législative
Datemardi 10 octobre 2017

Résumé IA

Cet avis du Comité européen des régions soutient le socle européen des droits sociaux et le document de réflexion sur la dimension sociale de l'Europe. Il souligne l'importance de mettre en œuvre ces principes au niveau local et régional, en insistant sur la nécessité d'une gouvernance à plusieurs niveaux et d'un financement adéquat. Le texte appelle à une convergence sociale ascendante et à une meilleure prise en compte des spécificités territoriales dans les politiques sociales de l'Union européenne.

Texte intégral

13.2.2018

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 54/48


Avis du Comité européen des régions — Le socle européen des droits sociaux et le document de réflexion sur la dimension sociale de l’Europe

(2018/C 054/10)

Rapporteur:

Mauro D’Attis (IT/PPE), conseiller de la commune de Roccafiorita (Messine)

Textes de référence:

Proposition de proclamation interinstitutionnelle sur le socle européen des droits sociaux

COM(2017) 251 final

Document de réflexion sur la dimension sociale de l’Europe

COM(2017) 206 final

I. RECOMMANDATIONS D’AMENDEMENT

Amendement 1

Proposition de proclamation

Préambule, alinéa 5 — Modifier comme suit:

Texte proposé par la Commission

Amendement du CdR

La charte des droits fondamentaux de l’Union européenne proclamée lors du Conseil européen de Nice, le 7 décembre 2000, sauvegarde et promeut un certain nombre de principes fondamentaux essentiels au modèle social européen. Les dispositions de cette Charte s’adressent aux institutions, organes et organismes de l’Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu’aux États membres uniquement lorsqu’ils mettent en œuvre le droit de l’Union.

La charte des droits fondamentaux de l’Union européenne proclamée lors du Conseil européen de Nice, le 7 décembre 2000, sauvegarde et promeut un certain nombre de principes fondamentaux essentiels au modèle social européen. Les dispositions de la charte des droits fondamentaux s’adressent aux institutions, organes et organismes de l’Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu’aux États membres uniquement lorsqu’ils mettent en œuvre le droit de l’Union.

Exposé des motifs

Le présent amendement a pour but de préciser que l’ensemble du passage se réfère à la charte des droits fondamentaux.

Amendement 2

Proposition de proclamation

Préambule, alinéa 7 — Modifier comme suit:

Texte proposé par la Commission

Amendement du CdR

Le Parlement européen a plaidé pour l’établissement d’un socle européen des droits sociaux solide qui renforce les droits sociaux de façon à avoir une incidence positive sur la vie des personnes à court et à moyen terme et à soutenir la construction européenne au XXIe siècle. Le Conseil européen a souligné la nécessité de s’attaquer en priorité au problème de l’insécurité économique et sociale et a appelé à construire un avenir prometteur pour tous, à préserver notre mode de vie et à offrir de meilleures perspectives aux jeunes. Les dirigeants des 27 États membres et du Conseil européen, le Parlement européen et la Commission européenne se sont engagés à œuvrer en faveur d’une Europe sociale dans le cadre de l’Agenda de Rome. Cet engagement repose sur des principes de croissance durable et de promotion du progrès économique et social, ainsi que de cohésion et de convergence, qui doivent être appliqués en veillant à l’intégrité du marché intérieur. Les partenaires sociaux se sont engagés à continuer à contribuer à une Europe qui tienne ses engagements envers ses travailleurs et ses entreprises .

Le Parlement européen a plaidé pour l’établissement d’un socle européen des droits sociaux solide qui renforce les droits sociaux de façon à avoir une incidence positive sur la vie des personnes à court et à moyen terme et à soutenir la construction européenne au XXIe siècle. Le Conseil européen a souligné la nécessité de s’attaquer en priorité au problème de l’insécurité économique et sociale et a appelé à construire un avenir prometteur pour tous, à préserver notre mode de vie et à offrir de meilleures perspectives aux jeunes. Les dirigeants des 27 États membres et du Conseil européen, le Parlement européen et la Commission européenne se sont engagés à œuvrer en faveur d’une Europe sociale dans le cadre de l’Agenda de Rome. Cet engagement repose sur des principes de croissance durable et de promotion du progrès économique et social, ainsi que de cohésion et de convergence, qui doivent être appliqués en veillant à l’intégrité du marché intérieur et en tenant compte de la diversité des systèmes nationaux et du rôle essentiel des partenaires sociaux . Les partenaires sociaux se sont engagés à continuer à contribuer à une Europe qui tienne ses engagements envers ses travailleurs et ses employeurs .

Exposé des motifs

L’amendement a pour but d’insister sur les principes énoncés au paragraphe 3 de la déclaration de Rome, notamment le respect de la diversité des systèmes nationaux.

Amendement 3

Proposition de proclamation

Préambule, alinéa 7 — Ajouter un nouveau paragraphe:

Texte proposé par la Commission

Amendement du CdR

La Commission, le Conseil et le Parlement européen, dans le cadre de leurs travaux sur le socle européen des droits sociaux, doivent respecter l’accord interinstitutionnel «Mieux légiférer».

Exposé des motifs

Il est important que la Commission respecte l’accord conclu avec le Conseil et le Parlement européen, qui prévoit de ne pas légiférer au niveau de l’Union si ce n’est pas nécessaire.

Amendement 4

Proposition de proclamation

Préambule, alinéa 11 — Ajouter un nouveau paragraphe:

Texte proposé par la Commission

Amendement du CdR

L’établissement d’un socle européen des droits sociaux et la mise en place progressive d’une stratégie européenne en matière sociale doivent promouvoir la réalisation d’une Europe durable et inclusive, renforcer la lutte contre les inégalités sociales et territoriales, et contribuer à la mise en œuvre d’une économie sociale de marché.

Exposé des motifs

Le Comité des régions met l’accent sur les objectifs à long terme de l’établissement du socle des droits sociaux, qui doivent bâtir une Europe marquée par une plus grande cohésion et attentive aux besoins des citoyens, dans leur dimension sociale.

Amendement 5

Proposition de proclamation

Préambule, alinéa 11 — Ajouter un nouveau paragraphe:

Texte proposé par la Commission

Amendement du CdR

Le socle européen des droits sociaux est la clé de voûte d’une stratégie européenne solide en matière sociale, dans laquelle compétitivité et justice sociale sont complémentaires. Dans ce cadre, une composante essentielle, respectant pleinement les traditions et les pratiques des États membres, est la poursuite de salaires équitables propres à prévenir la pauvreté des travailleurs et à garantir un revenu décent en harmonie avec la productivité.

Exposé des motifs

Le Comité des régions, même s’il estime que la politique en matière de rémunération relève de la compétence exclusive des États membres, a déjà souligné l’importance d’une stratégie européenne solide en matière sociale, dans laquelle un salaire équitable serait une composante essentielle (1).

Amendement 6

Proposition de proclamation

Préambule, alinéa 12 — Ajouter un nouveau paragraphe:

Texte proposé par la Commission

Amendement du CdR

Eu égard à l’augmentation du chômage des jeunes et du nombre de personnes pauvres ou menacées par la pauvreté ces dernières années, le socle européen des droits sociaux prend également en considération la nécessité, dans une perspective durable, de réduire la pauvreté, de favoriser l’inclusion sociale et de lutter contre le chômage des jeunes.

Exposé des motifs

Le Comité des régions a déjà souligné l’importance d’une intervention, qui doit être réaffirmée et prise en considération, également dans le cadre d’un acte de programmation plus longue comme le socle concerné (2).

Amendement 7

Proposition de proclamation

Préambule, alinéa 17 — Modifier comme suit:

Texte proposé par la Commission

Amendement du CdR

La réalisation des objectifs du socle européen des droits sociaux est un engagement et une responsabilité partagés par l’Union, ses États membres et les partenaires sociaux. Les principes et les droits établis par le socle européen des droits sociaux devraient être mis en œuvre tant au niveau de l’Union qu’à celui des États membres, dans les limites de leurs compétences respectives et conformément au principe de subsidiarité.

La réalisation des objectifs du socle européen des droits sociaux est un engagement et une responsabilité partagés par l’Union, ses États membres , les collectivités locales et régionales et les partenaires sociaux. Les principes et les droits établis par le socle européen des droits sociaux devraient être mis en œuvre tant au niveau de l’Union qu’à celui des États membres, dans les limites de leurs compétences respectives et conformément au principe de subsidiarité , et tenir compte de la diversité des systèmes nationaux et du rôle essentiel des partenaires sociaux .

L’Union européenne et les États membres doivent collaborer, de manière à garantir les ressources financières nécessaires à la mise en œuvre du socle des droits sociaux.

Exposé des motifs

Dès lors qu’il s’agit de matières relevant de la compétence directe des collectivités locales et régionales, on ne peut ignorer leur engagement et leur responsabilité, et il faut tenir compte de la diversité des systèmes nationaux. En outre, il convient de garantir que les mesures envisagées sont dotées de ressources financières suffisantes.

Amendement 8

Proposition de proclamation

Préambule, alinéa 17 — Ajouter un nouveau paragraphe:

Texte proposé par la Commission

Amendement du CdR

Les collectivités locales et régionales sont soutenues dans leurs efforts pour mettre en œuvre des politiques appropriées en matière d’emploi et dans le domaine social, y compris par le soutien et le développement de politiques visant à concilier activité professionnelle et vie privée, ainsi qu’à favoriser l’accès au marché du travail, dans le droit fil de la récente proposition de la Commission.

Exposé des motifs

L’amendement fait clairement référence à ce que le Comité des régions a déjà exprimé dans un précédent avis (3).

Amendement 9

Proposition de proclamation

Préambule, alinéa 20 — Ajouter un nouveau paragraphe:

Texte proposé par la Commission

Amendement du CdR

La cohésion économique, sociale et territoriale, qui figure parmi les plus importantes et les plus vastes des politiques de l’Union européenne, en ce qu’elle apporte une contribution solidaire essentielle au renforcement de l’UE dans son ensemble, soutient de manière significative la réalisation du socle des droits sociaux.

Exposé des motifs

L’amendement fait clairement référence à ce que le Comité des régions a déjà exprimé dans un précédent avis (4).

Amendement 10

Proposition de proclamation

Chapitre I, paragraphe 1 — Modifier comme suit:

Texte proposé par la Commission

Amendement du CdR

Toute personne a droit à une éducation, une formation et un apprentissage tout au long de la vie inclusifs et de qualité, afin de maintenir ou d’acquérir des compétences lui permettant de participer pleinement à la société et de gérer avec succès les transitions sur le marché du travail.

a.

Toute personne a droit à une éducation, une formation et un apprentissage tout au long de la vie inclusifs et de qualité, afin de maintenir ou d’acquérir des compétences lui permettant de participer pleinement à la société et de gérer avec succès les transitions sur le marché du travail.

b.

Les enfants et les jeunes issus des milieux socio-économiques les plus vulnérables ont le droit de bénéficier de mesures spécifiques visant à favoriser leur réussite scolaire et à contribuer à une plus grande égalité des chances sur le plan scolaire et social.

c.

Toute personne a le droit d’accéder à des stages et/ou des places d’apprenti de qualité, propres à lui procurer une rémunération équitable et une couverture d’assurance adéquate.

Exposé des motifs

L’amendement introduit la nécessité de prendre des mesures spécifiques pour améliorer la situation scolaire des enfants et des jeunes en risque de délinquance. Il aborde également la question clé des conditions équitables pour les stagiaires et les apprentis.

Amendement 11

Proposition de proclamation

Chapitre I, paragraphe 4, point c — Modifier comme suit:

Texte proposé par la Commission

Amendement du CdR

Les chômeurs ont le droit de bénéficier d’une aide personnalisée, continue et constante. Les chômeurs de longue durée ont le droit de bénéficier d’une évaluation individuelle approfondie au plus tard lorsqu’ils atteignent dix-huit mois de chômage.

Les chômeurs ont le droit de bénéficier d’une aide personnalisée, continue et constante , notamment sous la forme de formations adaptées à leurs compétences, leur expérience personnelle et professionnelle, leurs capacités et leurs motivations . Les chômeurs de longue durée ont le droit de bénéficier d’une évaluation individuelle approfondie au plus tard lorsqu’ils atteignent dix-huit mois de chômage.

Exposé des motifs

Cet amendement n’appelle pas d’explications.

Amendement 12

Proposition de proclamation

Chapitre II, paragraphe 5, point d — Modifier comme suit:

Texte proposé par la Commission

Amendement du CdR

Les relations de travail conduisant à des conditions de travail précaires doivent être évitées, y compris par l’interdiction de l’usage abusif de contrats atypiques. Toute période d’essai devrait avoir une durée raisonnable.

Toutes les relations de travail impliquant des conditions de travail réglementées et des périodes d’essai d’ une durée raisonnable doivent être encouragées, afin d’éviter la généralisation des formes de travail précaires .

Exposé des motifs

Ce que l’on entend par des relations de travail «précaires» n’est pas précisé. Les conséquences pour les communes et les régions, en tant qu’employeurs devant proposer un service performant, seraient imprévisibles si l’on interdisait les temps partiels, les contrats à durée déterminée et les emplois d’appoint.

Amendement 13

Proposition de proclamation

Chapitre II, paragraphe 6 — Ajouter un nouveau point après le paragraphe 6, point a:

Texte proposé par la Commission

Amendement du CdR

Un soutien est apporté aux mesures visant à garantir des salaires réels en harmonie avec la productivité, dans le plein respect des pratiques propres à chaque État membre.

Exposé des motifs

Le Comité des régions a déjà souligné l’importance d’une stratégie européenne solide en matière sociale, dans laquelle les salaires seraient une composante essentielle (5). Dans ce domaine, l’UE n’a qu’un pouvoir de coordination, mais peut en soutenir la réalisation.

Amendement 14

Proposition de proclamation

Chapitre II, paragraphe 6, point b — Modifier comme suit:

Texte proposé par la Commission

Amendement du CdR

Un salaire minimum adéquat doit être garanti , de manière à permettre de satisfaire les besoins des travailleurs et de leur famille en fonction des conditions économiques et sociales nationales , tout en préservant l’accès à l’emploi et la motivation à chercher un emploi. La pauvreté au travail doit être évitée.

Un salaire minimum adéquat doit être garanti , dans le respect de la diversité des systèmes nationaux et du rôle essentiel des partenaires sociaux , tout en préservant l’accès à l’emploi et la motivation à chercher un emploi. La pauvreté au travail doit être évitée.

Exposé des motifs

Les besoins peuvent être très différents d’une famille à l’autre. Le salaire ne doit pas être fixé en fonction des besoins ou des revenus des autres membres de la famille. Le critère décisif à cet égard doit être que l’employé perçoit une rémunération correspondant aux conditions économiques et sociales réelles du marché.

Amendement 15

Proposition de proclamation

Chapitre II, paragraphe 6, point c — Modifier comme suit:

Texte proposé par la Commission

Amendement du CdR

Tous les salaires doivent être fixés d’une manière transparente et prévisible, conformément aux pratiques nationales et dans le respect de l’autonomie des partenaires sociaux.

Tous les salaires doivent être fixés d’une manière transparente et prévisible, conformément aux pratiques nationales et dans le respect de l’autonomie des partenaires sociaux. Tout écart de rémunération entre les hommes et les femmes doit être proscrit.

Exposé des motifs

Il convient d’aborder le problème de la discrimination entre les hommes et les femmes s’agissant des salaires.

Amendement 16

Proposition de proclamation

Chapitre II, paragraphe 9 — Modifier comme suit:

Texte proposé par la Commission

Amendement du CdR

Équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée

Les parents et les personnes ayant des responsabilités familiales ont le droit de bénéficier de congés adaptés et de formules de travail flexibles, ainsi que d’avoir accès à des services de garde. Les femmes et les hommes doivent avoir accès à des congés spéciaux sur un pied d’égalité afin de s’acquitter de leurs responsabilités familiales, le recours équilibré à ces formules de congés devant être encouragé.

Équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée

Les parents et les personnes ayant des responsabilités familiales ont le droit de bénéficier de congés adaptés et de formules de travail flexibles, ainsi que d’avoir accès à des services de garde. Les femmes et les hommes doivent avoir accès à des congés spéciaux sur un pied d’égalité afin de s’acquitter de leurs responsabilités familiales, le recours équilibré à ces formules de congés devant être encouragé.

Un soutien est apporté aux mesures visant à encourager la paternité et à augmenter le taux de natalité (6).

Exposé des motifs

Il importe de ne pas négliger les obstacles à la construction de la famille et la nécessité d’encourager l’augmentation du taux de natalité des Européens dans le contexte du défi démographique, comme cela a déjà fait l’objet d’une analyse dans un précédent avis du Comité européen des régions.

Amendement 17

Proposition de proclamation

Chapitre II, paragraphe 10 — Ajouter un nouveau point après le paragraphe 10, point c:

Texte proposé par la Commission

Amendement du CdR

d.

Les travailleurs ont le droit de ne pas s’occuper des communications électroniques d’ordre professionnel en dehors de leurs heures de travail.

Exposé des motifs

Les évolutions technologiques sont en train d’atténuer la frontière entre les heures de travail et la vie privée; par conséquent, le droit à la déconnexion est un élément important du droit du travail.

Amendement 18

Proposition de proclamation

Chapitre III, paragraphe 15, point a — Modifier comme suit:

Texte proposé par la Commission

Amendement du CdR

a.

Les travailleurs salariés et non salariés ont droit, lorsqu’ils prennent leur retraite, à une pension proportionnelle à leurs cotisations et leur assurant un revenu adéquat. Les femmes et les hommes doivent avoir les mêmes chances d’acquérir des droits à pension.

a.

Les travailleurs salariés et non salariés ont droit, lorsqu’ils prennent leur retraite, à une pension proportionnelle à leurs cotisations et leur assurant un revenu adéquat. Les femmes et les hommes doivent avoir les mêmes chances d’acquérir des droits à pension et il convient de s’attaquer à l’écart de niveau de pension entre hommes et femmes par des mesures visant à remédier aux inégalités quotidiennes qui empêchent les femmes de cotiser aux régimes de retraite à égalité avec les hommes .

Exposé des motifs

Compromis.

Amendement 19

Proposition de proclamation

Chapitre III, paragraphe 19 — Ajouter un nouveau paragraphe:

Texte proposé par la Commission

Amendement du CdR

Intégration des réfugiés et des migrants en situation régulière

Un soutien est apporté pour l’intégration réussie des réfugiés, des mineurs non accompagnés et des migrants qui résident légalement dans l’Union en tant que mission indispensable pour parvenir à une Europe sociale moderne et efficace, en s’appuyant, entre autres, sur l’éducation et la formation professionnelle pour déterminer le potentiel des personnes concernées et faciliter leur intégration.

Exposé des motifs

Le socle ne fait aucune référence aux réfugiés, aux mineurs non accompagnés et aux migrants qui résident légalement dans l’Union, pour lesquels il convient d’insister sur l’engagement à les intégrer efficacement.

Amendement 20

Proposition de proclamation

Chapitre III, paragraphe 20 — Modifier comme suit:

Texte proposé par la Commission

Amendement du CdR

Accès aux services essentiels

Accès aux services d’intérêt économique général et aux services essentiels

Toute personne a le droit d’accéder à des services essentiels de qualité, y compris l’eau, l’assainissement, l’énergie, les transports, les services financiers et les communications numériques. Les personnes dans le besoin doivent bénéficier d’un soutien leur permettant d’accéder à ces services.

a.

Toute personne a le droit d’accéder à des services d’intérêt économique général de qualité et d’un coût abordable, tels que les services sociaux, sans préjudice de la compétence des États membres à fournir, faire exécuter et organiser ces services. Les personnes dans le besoin doivent bénéficier d’un soutien leur permettant d’accéder à ces services.

b.

Toute personne a le droit d’accéder à des services essentiels de qualité et d’un coût abordable , y compris l’eau, l’assainissement, l’énergie, les transports, les services financiers et les communications numériques. Les personnes dans le besoin doivent bénéficier d’un soutien leur permettant d’accéder à ces services.

Exposé des motifs

La fourniture de services d’intérêt économique général est un outil essentiel pour la cohésion sociale.

Amendement 21

Proposition de proclamation

Chapitre III, paragraphe 20 — Ajouter un nouveau paragraphe:

Texte proposé par la Commission

Amendement du CdR

Accès aux arts et à la culture

Toute personne a le droit d’accéder aux arts et à la culture.

Exposé des motifs

Le socle ne fait aucune référence à l’accès aux arts et à la culture, qui constituent un élément fondamental pour la cohésion sociale et jouent un rôle essentiel dans la lutte contre la marginalisation et la pauvreté. Le libre accès aux arts et à la culture permet également de lutter contre les phénomènes de radicalisation.

II. RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS

Observations générales

1.

se félicite de l’établissement d’un socle européen des droits sociaux en tant que complément nécessaire de l’Union politique, économique et monétaire et que contribution à la bonne mise en œuvre de la clause sociale horizontale (7); celui-ci permettra de réaliser une Europe durable et inclusive qui donne à ses citoyens les moyens d’agir et promeuve l’égalité des chances;

2.

déplore que la Commission ait déclaré expressément que la réalisation des objectifs du socle est une responsabilité partagée par l’Union, les États membres et les partenaires sociaux (8), en faisant complètement fi de la responsabilité et de la compétence des collectivités locales et régionales en la matière;

3.

réaffirme l’importance d’une stratégie européenne solide en matière sociale, dans laquelle compétitivité et justice sociale seraient complémentaires (9), afin d’éviter toute forme de dumping social et de garantir plus d’emplois; rappelle à cet effet l’engagement pris par les signataires du préambule du traité sur l’Union européenne de «promouvoir le progrès économique et social de leurs peuples» et de «mettre en œuvre des politiques assurant des progrès parallèles dans l’intégration économique et dans les autres domaines»;

4.

souligne la valeur ajoutée que les collectivités locales et régionales apportent à la conception et à la mise en œuvre des politiques sociales et économiques en vue de contribuer à une plus grande convergence vers le haut, et insiste à nouveau pour que le socle européen des droits sociaux soutienne les collectivités territoriales dans leurs efforts pour mettre en œuvre des politiques appropriées en matière sociale et d’emploi (10);

5.

se félicite que la Commission vise, lors de la conception de politiques européennes, à respecter des objectifs de politique sociale renforcés et à formuler des normes (minimales) en matière de politique sociale, qui devront être observées par l’Union et par les États membres dans le cadre de leurs compétences respectives;

6.

réitère son appel en faveur d’une bonne coordination des politiques économiques et sociales entre les niveaux européen et nationaux (11), en garantissant une meilleure prise en considération de la dimension territoriale (12);

7.

considère que l’élan donné à la dimension sociale contribuera à renforcer le projet de l’UE et à attirer les citoyens, grâce à une vision rénovée qui leur permettra d’éprouver un sentiment d’identification à un degré plus élevé;

8.

constate que les politiques économiques et sociales de l’UE devraient augmenter le potentiel de croissance à long terme de celle-ci, par le soutien à la productivité et à la compétitivité des entreprises européennes, ainsi qu’aux compétences des travailleurs;

9.

fait observer que le socle des droits sociaux doit contribuer à la réduction de la pauvreté et de l’exclusion sociale, ainsi qu’à la diminution du chômage, en particulier du chômage des jeunes, en luttant contre toutes les inégalités sociales (13), y compris les inégalités entre les sexes. C’est dans ce contexte que s’inscrit le mécanisme d’assurance chômage européenne (14), dès lors qu’il s’agit de l’un des premiers instruments communs pour faire face aux crises de l’emploi;

10.

rappelle que la crise de l’emploi a produit un chômage de longue durée important qu’il faut combattre au moyen de politiques actives appropriées, notamment des actions de formation visant à renouveler les compétences des travailleurs touchés et, le cas échéant, un soutien financier;

11.

souligne que la cohésion économique, sociale et territoriale, qui figure parmi les plus importantes et les plus vastes des politiques de l’Union européenne (15), doit contribuer de manière significative à la réalisation du socle des droits sociaux;

12.

rappelle que l’investissement social constitue un investissement pour l’avenir et ne doit pas être interprété seulement comme un coût pour les finances publiques;

13.

insiste sur la nécessité de la coordination des stratégies et des objectifs qui doivent exister entre le socle social et le Fonds social européen;

Recommandations particulières

14.

partage l’objectif de la Commission d’augmenter l’emploi et de favoriser de bonnes conditions permettant aux entreprises de créer plus de postes de travail de qualité dans l’Union européenne;

15.

renouvelle son appel en faveur d’un renforcement de la dimension sociale de l’Union européenne ainsi que de l’Union économique et monétaire; espère qu’une proposition législative en faveur d’un socle européen des droits sociaux permettra de s’attaquer à la question des droits du travail et de la mobilité de la main-d’œuvre dans un marché du travail en pleine mutation, et ce, dans le respect du principe de subsidiarité (16);

16.

réaffirme l’importance d’une stratégie européenne solide en matière sociale, dans laquelle compétitivité et justice sociale seraient complémentaires (17), afin d’éviter toute forme de dumping social et de garantir plus d’emplois;

17.

rappelle que toute intervention, publique ou privée, doit tenir compte des spécificités locales et régionales, des défis démographiques et du chômage des jeunes élevé et persistant; souligne, à l’égard de ce dernier point, l’importance d’étendre le bénéfice de la «garantie pour la jeunesse» aux personnes jusqu’à 30 ans (18) et de faire de ce dispositif un volet permanent des politiques de l’UE en matière d’emploi, en les dotant d’un financement durable et suffisant à partir de fonds tant européens que nationaux;

18.

fait observer que les changements rapides et radicaux, qui vont du vieillissement de la population à de nouveaux modèles de vie familiale, de la numérisation aux nouvelles formes de travail, ou encore à l’incidence de la mondialisation et de l’urbanisation, nécessitent de tendre vers une formation accrue et continue, l’adéquation des compétences et le soutien actif au talent, des politiques en faveur du vieillissement actif et l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale, ce dernier pouvant être assuré par des politiques favorables aux familles (19), à l’éducation et à l’emploi;

19.

insiste sur l’importance de mettre en adéquation les besoins du marché du travail, qui ont une dimension territoriale, avec les compétences et souligne à cet égard le rôle que jouent les collectivités locales et régionales en matière d’éducation, de formation et de soutien de l’entrepreneuriat des jeunes en particulier (20);

20.

soutient par conséquent l’inscription d’un droit à l’éducation, en tant que droit social et humain fondamental, dans le socle européen des droits sociaux;

21.

rappelle en outre que, compte tenu des circonstances nationales, régionales et locales et des ressources disponibles, et vu que les investissements en capital humain peuvent être considérés comme des investissements sociaux, les États membres devraient être soutenus dans la mise en œuvre de la garantie de compétences, dans le but d’améliorer les possibilités d’emploi et de pleine participation à la société en faveur des adultes peu qualifiés en Europe (21);

22.

estime que, pour parvenir à un marché du travail équilibré et régulé, il est essentiel de tenir compte de l’évolution des réalités du monde du travail (4.0) de même que des relations de travail et des protections des travailleurs, y compris le droit à la déconnexion; à cet effet, demande que soit mis en place un groupe permanent de haut niveau entre la Commission, le Conseil, le Parlement européen et le Comité européen des régions afin de développer une réflexion européenne sur l’impact de la numérisation et des nouvelles technologies et de promouvoir les politiques économiques et sociales nécessaires, notamment par rapport aux actions territoriales qui seront jugées appropriées;

23.

souligne que, compte tenu de l’évolution des réalités du monde du travail (22), il est essentiel que les qualifications des professionnels se caractérisant par une grande mobilité soient reconnues d’une manière rapide, simple et fiable (23);

24.

est d’avis que les nouvelles formes d’emploi ou la définition de nouvelles normes minimales européennes communes doivent toujours tenir compte d’un niveau adéquat de protection sociale;

25.

recommande que l’accent soit mis sur l’objectif d’une intégration réussie des réfugiés, des mineurs non accompagnés et des migrants qui résident légalement dans l’Union européenne, notamment grâce à l’éducation et à la formation professionnelle;

26.

demande qu’une attention particulière soit accordée aux actes juridiques liés à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, tels que la libre circulation des travailleurs à l’intérieur de l’Union, la coordination des systèmes de sécurité sociale et les fonds de l’UE relatifs à l’emploi et aux politiques sociales (24);

27.

préconise l’utilisation d’instruments plus appropriés pour évaluer les disparités au niveau infranational, ainsi que davantage de données fiables sur les questions sociales au niveau local et régional;

28.

propose qu’une référence directe soit faite à la pauvreté et à l’exclusion sociale quels que soient leur origine et le groupe de population qu’elles touchent, et souligne que des mesures supplémentaires sont nécessaires pour soutenir les familles, afin d’assurer une sortie permanente de certaines formes d’exclusion sociale et d’accroître le financement de la protection sociale; considère que dans l’intervalle, l’instauration de revenus minimum d’insertion, adoptés par de nombreuses collectivités locales et régionales, constitue une bonne pratique;

29.

souligne que le socle social doit aborder la question de la marginalisation et de l’exclusion sociale, priorité devant être donnée aux politiques menées en faveur des personnes handicapées et des familles comptant plusieurs enfants;

30.

déplore que le socle n’aborde la question du logement que sous l’angle des services sociaux; considère qu’un logement adéquat et abordable pour tous doit constituer une condition préalable qui peut conduire à une plus grande cohésion sociale et contribuer à créer des communautés capables de résister à la ségrégation sociale, économique et géographique;

31.

note la nécessité d’assurer l’accès à un vaste réseau non seulement de services essentiels, mais aussi de services d’intérêt économique général, y compris les services sociaux, qui soient de bonne qualité et accessibles, en collaboration avec les collectivités locales et régionales;

32.

déplore l’absence de référence au droit à l’accès aux arts et à la culture, qui sont des éléments fondamentaux pour la cohésion sociale et pour la lutte contre la marginalisation et la pauvreté (25);

33.

rappelle à la Commission et au Conseil l’opportunité de mettre en place des mesures destinées à encourager les pays qui mettent en œuvre des réformes structurelles en vue d’atteindre les objectifs de la stratégie Europe 2020 sur le plan social et à lutter contre les inégalités sociales;

34.

insiste sur le fait que les progrès sociaux de l’Europe peuvent essaimer de manière homogène, même dans les pays non membres de la zone euro bien qu’ils ne soient pas destinataires au premier chef du socle social (26), et invite la Commission et le Conseil à trouver les instruments appropriés à cette fin;

35.

souligne la nécessité de clarifier les modalités selon lesquelles les fonds européens peuvent soutenir la mise en œuvre du socle (27) et rappelle également la nécessité que des ressources suffisantes soient prévues par l’Union européenne et par les États membres en vue de satisfaire aux objectifs qu’il prévoit;

36.

invite la Commission à élaborer un schéma directeur en vue d’un programme d’action progressiste en matière de politique sociale, assorti de mesures concrètes;

37.

insiste pour que le socle européen des droits sociaux soutienne les collectivités territoriales dans leurs efforts pour mettre en œuvre des politiques appropriées en matière sociale et d’emploi (28);

38.

affirme qu’il y a lieu d’élaborer des instruments adéquats pour évaluer et suivre les progrès accomplis (29) et invite à introduire, dans toute future modification du traité, un protocole de progrès social destiné à mettre les droits sociaux sur un pied d’égalité avec les droits économiques (30);

39.

souligne la nécessité de renforcer la valeur sociale et citoyenne du volontariat en tant qu’outil de développement et de promotion du territoire, ainsi qu’en tant qu’instrument de responsabilité sociale et de participation directe des citoyens.

Bruxelles, le 10 octobre 2017.

Le président du Comité européen des régions

Karl-Heinz LAMBERTZ


(1) Avis du Comité des régions sur le socle européen des droits sociaux (CDR 2868/2016).

(2) Avis du Comité des régions sur le socle européen des droits sociaux (CDR 2868/2016).

(3) Avis du Comité des régions sur l’avenir de la politique de cohésion après 2020 (CDR 1814/2016).

(4) Avis du Comité des régions sur l’avenir de la politique de cohésion après 2020 (CDR 1814/2016).

(5) Avis du Comité des régions sur le socle européen des droits sociaux (CDR 2868/2016).

(6) Avis du CdR sur la réponse de l’Union européenne au défi démographique (CDR 40/2016).

(7) Article 9 du TFUE.

(8) COM(2017) 251 final, préambule, dix-septième alinéa.

(9) Avis du Comité des régions sur le socle européen des droits sociaux (CDR 2868/2016).

(10) Avis du Comité des régions sur le socle européen des droits sociaux (CDR 2868/2016).

(11) Avis du CdR sur la dimension sociale de l’Union économique et monétaire (CDR 6863/2013).

(12) Résolution sur le programme de travail de la Commission européenne pour 2016 (CDR 5929/2015).

(13) Avis du Comité des régions sur le socle européen des droits sociaux (CDR 2868/2016).

(14) Proposition d’allocation de chômage européenne présentée par le gouvernement italien.

(15) Avis du Comité des régions sur l’avenir de la politique de cohésion après 2020 (CDR 1814/2016).

(16) Résolution sur les priorités du Comité européen des régions relatives au programme de travail de la Commission européenne pour 2018 (2017/C 272/01).

(17) Avis du Comité des régions sur le socle européen des droits sociaux (CDR 2868/2016).

(18) Avis du CdR sur le paquet pour l’emploi des jeunes (CDR 789/2013).

(19) Avis du CdR sur la réponse de l’Union européenne au défi démographique (CDR 40/2016).

(20) Avis du CdR sur les lignes directrices pour les politiques de l’emploi des États membres (CDR 1419/2015).

(21) Avis du CdR sur une nouvelle stratégie en matière de compétences pour l’Europe (CDR 4094/2016).

(22) Eurobaromètre spécial no 417, «Espace européen des compétences et des certifications».

(23) Modernisation de la directive sur les qualifications professionnelles (2013/55/UE).

(24) Groupe de travail de la commission EMPL du Parlement européen — «à l’heure actuelle, quelque 670 actes juridiques de l’UE (y compris des actes législatifs, délégués et d’exécution) sont en vigueur dans le domaine de l’emploi, de la libre circulation des travailleurs et des politiques sociales».

(25) Alliance européenne pour la culture et les arts.

(26) Confédération européenne des syndicats indépendants.

(27) Réseau social européen.

(28) Avis du Comité des régions sur le socle européen des droits sociaux (CDR 2868/2016).

(29) http://www.esn-eu.org/news/925/index.html

(30) https://www.etuc.org/fr/presse/les-syndicats-prêts-à-se-battre-pour-un-socle-européen-des-droits-sociaux-renforcé


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