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AccueilDroit européen52017IR3215
Initiative législative52017IR3215

Avis du Comité européen des régions — L’avenir du programme COSME après 2020: perspective régionale et locale

CELEX52017IR3215
TypeInitiative législative
Datemercredi 31 janvier 2018

Résumé IA

Le Comité européen des régions souligne l'importance de maintenir et de renforcer le programme COSME après 2020, en insistant sur son rôle clé pour les PME au niveau local et régional. L'avis préconise une meilleure articulation avec les fonds structurels et une simplification administrative pour maximiser l'impact territorial. Il appelle également à une dotation budgétaire suffisante pour soutenir la compétitivité des entreprises et l'innovation dans les régions.

Texte intégral

23.5.2018

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 176/10


Avis du Comité européen des régions — L’avenir du programme COSME après 2020: perspective régionale et locale

(2018/C 176/04)

Rapporteur:

Robert Sorin Negoiţă (RO/PSE), maire du troisième secteur du municipe de Bucarest

RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR)

1.

invite la Commission européenne à garantir, pour la période après 2020, un cadre d’appui aux petites et moyennes entreprises (PME) qui soit prévisible et stable, grâce à la mise en place d’un programme renouvelé et renforcé qui, prenant la suite de COSME, tiendra compte des besoins des divers types de PME dans les différents territoires de l’Union européenne;

2.

relève que dans de nombreux territoires de l’Union européenne, tant les entreprises que les intermédiaires financiers méconnaissent les instruments financiers qui sont à disposition au titre du programme COSME; suggère dès lors de renforcer les actions visant à faire connaître lesdits instruments, à destination de toutes les collectivités territoriales de l’Union;

3.

souligne la nécessité de consacrer des ressources suffisantes à la facilitation de l’accès au financement pour un éventail aussi large que possible de petites entreprises présentes dans différents territoires; estime que promouvoir des partenariats public-privé conclus entre les intermédiaires financiers et les acteurs régionaux et locaux pour une mise en œuvre conjointe d’instruments financiers ciblés, permettant de compléter les instruments existants en matière de garantie et de financement en fonds propres, pourrait contribuer à la réalisation de l’objectif à long terme de créer une croissance et des emplois durables;

4.

se félicite de l’initiative Enterprise Europe Network (EEN) et se dit vivement favorable à ce qu’elle se poursuive, s’étende et se modernise dans le cadre du programme qui succédera à COSME; fait observer que le réseau EEN a une couverture et une visibilité insuffisantes, en particulier dans un certain nombre de pays, régions rurales et périphériques et zones à faible densité de population; suggère dès lors d’élargir le réseau de points de contact de l’EEN afin de lui assurer la couverture territoriale la plus large possible;

5.

préconise que dans le cadre d’un nouveau programme succédant à COSME, la priorité soit accordée à des objectifs tels que promouvoir l’esprit d’entreprise dans tous les secteurs et les divers types de territoires, y compris les régions moins développées et périphériques et les zones périurbaines, et renforcer les écosystèmes régionaux de l’entrepreneuriat, en favorisant la cartographie des écosystèmes et en reliant les régions les plus avancées avec celles qui sont encore en phase de rattrapage;

6.

est d’avis qu’il conviendra d’améliorer, au cours de la prochaine période de programmation, la transparence et les synergies entre les différents instruments de l’Union européenne destinés à soutenir les PME; incite par conséquent la Commission européenne à délimiter clairement la fonction et la portée de chaque instrument de soutien aux PME et aux entrepreneurs, afin d’éviter la création de structures parallèles, et à veiller à ce que les bénéficiaires et les intermédiaires financiers puissent avoir facilement accès aux informations relatives à l’éventail complet des instruments disponibles;

7.

estime qu’étant donné que la demande attendue au titre de l’instrument de garantie des prêts relevant de COSME est si importante que même les augmentations prévues pour la facilité de garantie de prêts dans le cadre de l’EFSI 2.0 pourraient ne pas être suffisantes, il convient d’envisager l’octroi de ressources supplémentaires pour ce programme (1);

8.

est d’avis qu’il conviendrait de réviser la communication de la Commission sur l’application des articles 87 et 88 du traité CE aux aides d’État sous forme de garanties. Le niveau actuel de la prime minimum tel que fixé dans la communication est en effet assez élevé par rapport aux taux d’intérêt courants appliqués aux prêts;

9.

propose que les instruments financiers assurant une protection partielle contre le risque de crédit émis au titre du mécanisme de garantie de prêts du programme COSME fournissent une protection contre le risque de crédit pouvant atteindre 80 %. Sans cette garantie, nombre de projets ne seraient pas poursuivis par les PME, ce qui déboucherait sur une situation non optimale en matière d’investissement. Les garanties doivent apporter une solution qui soit en phase avec les modèles d’entreprise des PME, leur permettant de se développer sur une base durable à long terme;

10.

juge qu’il est nécessaire de préciser que le financement au titre du programme COSME peut être combiné avec d’autres fonds de l’Union européenne;

11.

considère qu’il faudrait porter à 500 000 euros de montant prêté le seuil, fixé actuellement à 150 000 euros, au-delà duquel il faut vérifier si les entreprises ne sont pas admises à bénéficier d’aides au titre du programme Horizon 2020. Parallèlement, il convient de réduire la durée minimale des crédits, établie à 1 an, et leur durée maximale devrait pouvoir dépasser 10 ans;

12.

observe qu’en ce qui concerne les entrepreneurs des secteurs en croissance qui ont besoin de capital-risque mais souhaitent conserver le contrôle de leurs sociétés, il a été souligné que les investisseurs providentiels (business angels) ne peuvent être une solution, et qu’il conviendrait donc d’envisager de renforcer d’autres formes de financement des risques, telles que le financement mezzanine;

13.

juge que le soutien apporté par le programme COSME aux intermédiaires financiers privés par le truchement du Fonds européen d’investissement (FEI) pourrait être complété par celui dispensé par des fonds régionaux d’investissement financier qui pourraient être gérés par des autorités régionales ou des agences de développement régional. Plusieurs régions pourraient unir leurs forces pour mettre en place des fonds d’investissement généraux;

14.

considère qu’il est nécessaire, en vue de soutenir le monde de l’entreprise, d’assurer une coordination efficace entre les programmes locaux, régionaux, nationaux et européens qui lui sont destinés, ainsi que des règles uniformes en la matière;

15.

est d’avis qu’il y a lieu d’accorder davantage d’attention aux actions menées par les collectivités locales et régionales pour stimuler l’esprit d’entreprise et la création de PME, ainsi que de prendre des mesures pour renforcer le rôle des collectivités locales et régionales pour ce qui est de soutenir le monde de l’entreprise et de développer les partenariats public-privé;

Soutien aux PME et aux entrepreneurs après 2020

16.

souligne que les PME, les jeunes pousses et les entreprises en phase d’expansion sont les principaux moteurs qui génèrent de la croissance et de l’emploi en Europe et qu’elles renforcent ainsi le tissu social et économique de leurs territoires en créant des emplois stables au niveau local;

17.

insiste sur la nécessité d’étoffer les écosystèmes d’entreprises européens en fournissant un soutien ciblé aux PME, aux jeunes pousses et aux entreprises en expansion dans le cadre d’une politique européenne en faveur des petites et moyennes entreprises qui soit cohérente, efficace et axée sur les résultats;

18.

relève qu’il est indispensable de compléter ce cadre de soutien par un mécanisme qui garantisse que les principes de gouvernance à niveaux et à acteurs multiples sont intégrés dans la politique européenne en faveur des PME; réitère dès lors l’appel qu’il a déjà lancé dans son avis intitulé «Une réglementation intelligente pour les PME» (2) pour inviter à inclure officiellement et systématiquement des représentants de la petite et moyenne entreprise d’échelon local et régional dans le réseau de représentants des PME, qui joue le rôle d’instrument de gouvernance principal de la politique de l’Union européenne en faveur de ces entreprises;

Accès aux financements

19.

souligne que la majeure partie du budget du programme COSME vise à faciliter l’accès aux financements pour les PME; estime qu’un futur programme de soutien aux PME devrait poursuivre l’objectif prioritaire de combler le fossé qui affecte ce type d’entreprises en matière de financement;

20.

demande, néanmoins, que l’on veille tout particulièrement à garantir que le successeur du programme COSME aborde les besoins de financement de tout l’éventail des PME dans les différents territoires de l’Union européenne, à savoir, notamment, celles de type classique, les autoentrepreneurs, les microentreprises ainsi que les sociétés à forte croissance, telles que les jeunes pousses et les entreprises en phase d’expansion;

21.

est d’avis que le programme qui succédera à COSME devrait tenir compte du contexte actuel d’après-crise, dans lequel la création d’emplois reste à la traîne par rapport à la reprise de la croissance du PIB, et accorder une attention particulière au soutien à porter à la création d’emplois dans les PME et les microentreprises;

22.

souligne la nécessité de consacrer des ressources suffisantes à la facilitation de l’accès au financement pour une gamme aussi large que possible de petites entreprises présentes dans différents territoires, dont les PME traditionnelles, les microentreprises, les coopératives et les entreprises de l’économie sociale, et ce durant les différentes phases de développement des entreprises;

23.

relève que de nombreux entrepreneurs potentiels ne disposent pas des informations et des compétences de base nécessaires pour créer leur entreprise; suggère de les soutenir par des offres d’aide aux premiers stades de leur cheminement, en leur fournissant une formation «à la carte» avant qu’ils ne lancent leur affaire;

24.

réitère sa suggestion, formulée dans son avis sur «Une réglementation intelligente pour les PME» (3), de créer un régime européen «Take One» qui, par des incitations financières et des dispositions de flexibilité, qui pourraient être financées au moyen du programme COSME, encouragerait les entrepreneurs isolés ou les microentreprises à embaucher un premier salarié;

25.

fait remarquer que la facilité de garantie de prêts demeure un instrument essentiel pour faciliter l’accès des PME aux financements; demande que l’instrument de garantie qui figurera dans le cadre d’un nouveau programme succédant à COSME soit doté de ressources adéquates pour répondre aux besoins de financement des PME; considère qu’un tel instrument ne devrait pas comporter de restrictions mais rester ouvert à différents types d’entreprises; défend l’idée que renforcer les établissements de garantie et les inclure dans des chaînes de prêts peut contribuer à faciliter l’accès des PME au financement; suggère par conséquent d’intégrer les établissements de garantie dans la conception et la mise en œuvre d’instruments de garantie dans le cadre du programme qui prendra le relais de COSME;

26.

fait valoir que le capital-risque et les autres formes de financement des risques ont tendance à s’investir principalement dans les grandes zones urbaines et les zones métropolitaines, et que le nombre limité d’intermédiaires financiers qui opèrent actuellement dans le cadre du mécanisme de fonds propres pour la croissance (EFG) au titre du programme COSME, ainsi que leur visée limitée du point de vue sectoriel, peuvent constituer un obstacle empêchant les entreprises en phase de démarrage ou de croissance d’accéder à ce mécanisme;

27.

propose dès lors que l’on examine comment l’actuelle approche, purement axée sur la demande, pourrait être complétée par un instrument de capital-risque qui soit fondé sur la gestion partagée des ressources et intègre éventuellement des collectivités locales et régionales, des agences et des banques de développement, dans le cadre d’un programme succédant à COSME, afin de garantir que le capital-risque soit disponible de manière plus équilibrée dans l’ensemble des territoires de l’Union européenne;

28.

estime que les formes substitutives de financement comme le financement participatif, l’investissement participatif et le prêt entre pairs peuvent représenter des instruments utiles pour améliorer l’accès au financement et soutenir les entreprises novatrices; prône que le programme qui succédera à COSME crée un cadre clair pour mettre en œuvre des instruments financiers au moyen de formes de financement de substitution;

29.

suggère de créer un groupe d’experts sur les formes substitutives de financement, qui comprendrait des professionnels du secteur au niveau régional et local, afin qu’il soit une source d’inspiration et d’orientation pour mettre en place un tel cadre et garantir qu’il réponde aux divers besoins des entrepreneurs, des jeunes pousses et des entreprises en expansion dans différents écosystèmes d’entreprises locaux et régionaux;

Accès au marché

30.

est d’avis que les actions menées au niveau de l’Union européenne en faveur de l’internationalisation des PME européennes peuvent et doivent apporter une réelle valeur ajoutée à ces entreprises lorsqu’elles souhaitent développer leurs activités au-delà des frontières nationales; souligne que lesdites actions devraient entretenir un rapport de complémentarité avec les initiatives existant au niveau local, régional et national, afin d’éviter les chevauchements et de créer une panoplie de mesures qui soit complète et cohérente;

31.

à cet égard, se félicite de l’initiative Enterprise Europe Network (EEN), cofinancée au titre du programme COSME, qui prévoit d’offrir aux PME européennes des services de conseil dans le domaine de l’expansion au-delà des frontières nationales et hors UE, ainsi que de faciliter l’innovation et le développement, y compris en matière d’accès au financement, et se dit vivement favorable à ce qu’elle soit poursuivie, étendue et modernisée au titre du programme qui succédera à COSME, dans le contexte du Brexit;

32.

souligne la forte dimension régionale et locale que revêt le réseau des points de contact de l’EEN, composé dans une large mesure d’agences d’aide au développement régionale, aux entreprises et à l’innovation, chambres régionales de commerce et d’industrie, grappes d’entreprises et universités, qui sont profondément enracinés dans les réalités locales et en contact étroit avec les PME locales;

33.

fait valoir que les collectivités locales et régionales ont un rôle majeur à jouer pour aider les PME de leurs territoires à faire face à la concurrence, accéder aux marchés étrangers et trouver de nouveaux partenaires économiques au sein de l’Union européenne et au-delà;

34.

relève que le nouveau programme COSME devrait faire en sorte que le réseau Entreprise Europe continue à être étroitement lié aux écosystèmes d’entreprises locaux et régionaux et qu’une collaboration étroite soit établie avec les acteurs locaux et régionaux, y compris les collectivités territoriales;

Promotion de l’esprit d’entreprise

35.

se félicite de la conception du programme «Erasmus pour jeunes entrepreneurs», financé au titre de l’actuel programme COSME, et des résultats qu’il a obtenus; recommande que ce dispositif soit maintenu dans le cadre du programme qui lui fera suite;

36.

suggère de compléter le réseau de conseillers spécialisés dans l’expansion des entreprises, tel que prévu par l’initiative en faveur des start-up et des scale-up dans le cadre des services offerts par le réseau EEN, par un réseau de promoteurs régionaux et locaux d’entreprises en expansion, qui pourrait aussi constituer la base de partenariats interrégionaux entre ces entreprises, offrant des services de rapprochement et favorisant la coopération interrégionale et les investissements transfrontières;

37.

préconise de renforcer la fourniture, par le réseau EEN, de services de conseil et d’information dans le domaine de l’accès aux marchés publics transfrontières et pour ce qui concerne les possibilités de transfert d’entreprises par-delà les frontières;

38.

insiste sur la nécessité d’assurer un soutien suffisant aux PME dans le prochain cadre financier pluriannuel au-delà de 2020, en renforçant la complémentarité et en évitant les chevauchements entre les différents instruments de financement des PME fournis par la Commission européenne et par la BEI/le FEI;

COSME dans le contexte des autres programmes de l’Union européenne

39.

souligne que les moyens financiers actuellement alloués au programme COSME, qui représentent moins de 0,3 % du budget de l’Union européenne, ne reflètent pas le rôle essentiel que les PME et les entrepreneurs jouent pour créer croissance et emplois; reconnaît cependant que des lignes budgétaires destinées à soutenir l’accès des PME aux financements existent également dans d’autres programmes de l’Union européenne;

40.

affirme, compte tenu du budget substantiel consacré au soutien des PME dans le cadre de l’actuel objectif thématique no 3 des Fonds ESI, «compétitivité des PME», qu’il est essentiel d’assurer la coordination desdits Fonds ESI avec le programme qui prendra le relais de COSME; recommande par conséquent, afin de garantir une meilleure coordination entre ces instruments, de créer un groupe de pilotage en matière de PME, auquel participeraient les services compétents de la Commission, ainsi que le Comité des régions en tant que représentant institutionnel des collectivités régionales et locales au niveau européen;

41.

suggère de mettre en place des guichets uniques qui fourniraient des informations et ouvriraient l’accès à tous les instruments pertinents qui sont disponibles au titre des différents fonds et programmes de l’Union européenne pour les PME et les entrepreneurs; considère qu’à condition d’être étendu et modernisé, le réseau EEN pourrait remplir cette fonction sur le terrain;

42.

appelle la Commission à procéder à une simplification, tant pour l’accès aux instruments financiers des différents programmes que pour la possibilité de combiner un soutien de COSME, ou du programme qui le remplacera, avec des ressources provenant d’autres fonds et programmes; réaffirme son inquiétude, déjà exprimée dans son avis sur «Une réglementation intelligente pour les PME» (4), de voir se former des goulets d’étranglement résultant des obligations incohérentes et des définitions contradictoires qui figurent dans les différentes politiques sectorielles de l’Union européenne.

Bruxelles, le 31 janvier 2018.

Le président du Comité européen des régions

Karl-Heinz LAMBERTZ


(1) Voir par exemple: Ewa Chomicz: EU budget post-Brexit — Confronting reality, exploring viable solutions («Le budget de l’Union européenne après le Brexit: affronter la réalité, rechercher des solutions viables.»), Bruxelles, Centre de politique européenne [version en ligne], p. 5-6 et 25-26, mars 2017; Jörg Haas & Eulalia Rubio: Brexit and the EU budget. Threat or opportunity? («Le Brexit et le budget de l’Union européenne: menace ou chance à saisir?»), Berlin, Institut Jacques Delors, p. 8-18, janvier 2017.

(2) Avis du CdR relatif à «Une réglementation intelligente pour les PME», rapporteur: Christian Buchmann (Autriche, PPE), ECON-VI/020, paragraphe 8.

(3) Avis du CdR relatif à «Une réglementation intelligente pour les PME», rapporteur: Christian Buchmann (Autriche, PPE), ECON-VI/020, paragraphe 48.

(4) Avis du CdR relatif à «Une réglementation intelligente pour les PME», rapporteur: Christian Buchmann (Autriche, PPE), ECON-VI/020, paragraphe 14.


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