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AccueilDroit européen52017SC0217
Acte préparatoire52017SC0217

DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION RÉSUMÉ DE L'ANALYSE D'IMPACT accompagnant le document: Proposition de RÈGLEMENT DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL fixant les conditions et la procédure qui permettent à la Commission de demander aux entreprises et associations d’entreprises de fournir des renseignements en rapport avec le marché intérieur et des domaines connexes

CELEX52017SC0217
TypeActe préparatoire
Datemardi 2 mai 2017

Résumé IA

Ce document de travail de la Commission européenne résume l'analyse d'impact accompagnant une proposition de règlement visant à doter la Commission d'un nouvel outil d'enquête. Il prévoit la possibilité pour la Commission de demander aux entreprises des informations sur le fonctionnement du marché intérieur, notamment dans les secteurs numériques, afin de détecter et de remédier à d'éventuelles distorsions de concurrence ou défaillances de marché. Pour un professionnel du droit français, ce texte annonce un renforcement des pouvoirs d'investigation de la Commission, susceptible d'impacter les obligations de transparence et de coopération des entreprises opérant dans l'UE.

Texte intégral

european flagCOMMISSION EUROPÉENNE

Bruxelles, le 2.5.2017

SWD(2017) 217 final

Paquet «conformité»

DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION

RÉSUMÉ DE L'ANALYSE D'IMPACT

accompagnant le document:

Proposition de

RÈGLEMENT DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL

fixant les conditions et la procédure qui permettent à la Commission de demander aux entreprises et associations d’entreprises de fournir des renseignements en rapport avec le marché intérieur et des domaines connexes

{COM(2017) 257 final}
{SWD(2017) 215 final}
{SWD(2017) 216 final}


Résumé de l’analyse d’impact

Analyse d’impact sur la proposition d’instaurer un outil d’information sur le marché unique

A. Nécessité d’une action

Pourquoi? Quel est le problème à résoudre?

Les citoyens et entreprises de l’UE se plaignent que les obstacles au marché unique ne sont pas éliminés assez rapidement. Lorsqu’ils informent la Commission ou les États membres d’un problème dans le marché unique, ils doivent apporter la preuve que ce problème est causé par une infraction aux règles de l’Union. Ces informations peuvent être difficiles à obtenir, en particulier dans les situations transfrontières. Cela tient au fait qu’il s’agit souvent d’informations:

·qui ne sont pas rendues publiques, concernent des entreprises, sont détaillées et sensibles, et ne peuvent être obtenues auprès de fournisseurs de données tiers;

·qui ne sont à la disposition d’autorités nationales que dans quelques États membres;

·qui ne sont pas comparables entre les États membres.


Le système actuellement en place n’incite pas les acteurs du marché qui détiennent ces informations confidentielles à les partager et rien ne garantit la véracité des données partagées. À présent, les outils de collecte d’informations à l'échelon national et de l’UE ne suffisent pas pour obtenir ces informations d’entreprises, de citoyens ou d’autorités nationales.

Quel objectif cette initiative devrait-elle atteindre?

·Améliorer le fonctionnement du marché unique grâce à un contrôle plus efficace de l’application des règles.

·Faciliter l’accès de la Commission et des États membres aux données collectées au niveau des entreprises, si cela se révèle nécessaire pour détecter et corriger les cas de mauvaise application du droit de l’UE ou de non-respect des règles du marché unique.

·Aider les États membres à mieux appliquer les règles du marché unique au niveau national.

·Si un État membre ne respecte pas ses obligations liées au marché intérieur, la Commission peut utiliser ces informations pour étayer sa politique en matière d’infractions à l’encontre dudit État membre.

Quelle est la valeur ajoutée de l’action à l’échelle de l’Union?

La Commission est la mieux placée pour aborder la question de la collecte d’informations d’entreprises ciblées dans le domaine du marché intérieur et de la coordination correspondante, étant donné la nature transfrontière des données nécessaires.

Une action de l’UE éviterait de longs et complexes efforts de coordination entre la Commission et les États membres, en particulier lorsqu’il est nécessaire d’obtenir des informations de la part d’acteurs du marché opérant dans plus d’un État membre. Une action de l’UE permettrait à la fois aux États membres et à la Commission d’obtenir les informations nécessaires et de réduire la charge administrative des entreprises et des pouvoirs publics concernés.

B. Solutions

Quelles sont les options législatives et non législatives qui ont été envisagées? Y a-t-il une option privilégiée? Pourquoi?

Une option non législative pourrait consister en l’échange de bonnes pratiques entre les États membres et la Commission et l’élaboration d’orientations sur la collecte d’informations au niveau des entreprises. Autres options législatives toujours en cours d’examen:

·l’option 2 consiste à supprimer la réglementation nationale empêchant les autorités nationales de partager, avec la Commission et les autres États membres, les informations au niveau des entreprises dont elles disposent déjà ou auxquelles elles peuvent accéder en vertu de législation nationale/de l’Union en vigueur;

·l’option 3 consiste en l’introduction de pouvoirs d’enquête au moyen d’outils d’information sur le marché unique à l’échelon national;

·l’option 4 consiste en l’introduction d’un outil d’information sur le marché unique (SMIT) au niveau de l’UE, qui ne serait utilisé qu’au cas par cas. Son utilisation serait limitée aux cas dans lesquels on soupçonne que des obstacles entravent le bon fonctionnement du marché unique. Le cas échéant, les renseignements demandés seraient nécessaires à une prise de décision rapide et efficace et ne seraient pas accessibles assez rapidement par d’autres moyens. Les demandes de renseignements ne seraient adressées qu’aux acteurs du marché pouvant les fournir aisément;

·l’option 5 est une option hybride combinant les options 2 et 4.

Parmi les options écartées figurent l’élargissement de la couverture des statistiques de l’UE et l’introduction d’une obligation de déclarations régulières par la directive comptable. Le SMIT (option 4) est l’option privilégiée: il constitue la meilleure solution sur les plans de la subsidiarité et de la proportionnalité, mais aussi la plus efficace et celle présentant le meilleur rapport coût-efficacité. L’outil d’information sur le marché unique permettra aux différents États membres de s’affranchir des problèmes de coordination et de détermination de la juridiction compétente dans les dossiers transfrontières.

Qui soutient quelle option?

La consultation publique a montré que la plupart des entreprises préfèrent partager des informations sur une base volontaire, privilégiant donc une option non législative. Les entreprises déclarent qu’en cas de mise en œuvre du SMIT, celui-ci devrait sauvegarder la confidentialité des données et n’être utilisé qu’en dernier ressort. Seules des informations facilement accessibles devraient être demandées. Sur les dix États membres qui ont participé à la consultation publique, quatre sont en faveur du SMIT, et deux sont contre. Les autorités de deux États membres préfèrent que la Commission coordonne les demandes de renseignements, et deux États membres préfèrent être habilités à demander eux-mêmes des informations directement aux entreprises dans n’importe quel État membre, sans intervention de la Commission. Toutes les organisations de consommateurs sont favorables à l’utilisation du SMIT si les informations sont essentielles pour résoudre un problème de non-respect des droits des consommateurs ou des entreprises. La moitié des organisations de consommateurs se disent favorables à l’utilisation du SMIT aux fins de l’élaboration de nouvelles règles de l’UE.

C. Incidences de l’option privilégiée

Quels sont les avantages de l’option privilégiée (ou, à défaut, des options principales)?

Le calcul coûts-bénéfices du SMIT (option 4) est basé sur l’hypothèse d’une utilisation annuelle de quatre petites demandes, concernant jusqu’à cinq entreprises, et une demande plus importante, concernant jusqu’à cinquante entreprises. Grâce à des informations solides sur les dysfonctionnements dans le marché unique, la Commission et les autorités nationales pourraient garantir un niveau plus élevé de respect de la législation relative au marché unique et une meilleure conception des politiques de l’UE. Cela permettrait de renforcer la confiance des consommateurs dans le marché unique et de contribuer à la réalisation de son potentiel. Un meilleur accès aux informations devrait conduire à des contrôles mieux ciblés de l’application des règles du marché au niveau des États membres, limitant ainsi le nombre de procédures d’infraction formelles à leur encontre. Récemment, jusqu’à 50 000 000 EUR d’impôts impayés ont été recouvrés dans deux affaires dans lesquelles les autorités chargées des enquêtes dans le domaine des aides d’État ont permis à la Commission d’accéder à des informations essentielles au niveau des entreprises. Dans le domaine du marché unique, les économies potentielles dans une affaire de marché public d’infrastructures excèdent 3 000 000 000 EUR. Le SMIT pourrait produire des avantages indirects en matière sociale ou d’environnement s’il est utilisé pour résoudre des dysfonctionnements dans ces domaines.

Quels sont les coûts de l’option privilégiée (ou, à défaut, des options principales)?

Répondre à une demande au titre du SMIT entraînerait des dépenses pour les entreprises visées. Pour les grandes entreprises, le coût serait compris entre 1 200 EUR à 4 400 EUR. Pour les petites et moyennes entreprises (PME), il se situerait dans une fourchette comprise entre 300 EUR et 1 000 EUR. Les éventuels conseils juridiques pour se conformer à la demande de renseignements représenteraient un coût supplémentaire compris entre 1 000 et 4 000 EUR. Le coût total annuel lié à l’élaboration de réponses et aux conseils juridiques dans l’hypothèse de cinq demandes annuelles serait compris entre 370 000 EUR et 610 000 EUR. Les entreprises auraient également la possibilité de soumettre une version non confidentielle de leur réponse destinée à être partagée avec les États membres, ce qui pourrait dissiper les préoccupations concernant la confidentialité moyennant un léger surcoût. Selon une estimation prudente, le coût total du SMIT, y compris le coût pour la Commission, se situe dans une fourchette comprise entre 490 000 EUR et 1 040 000 EUR. Il n’y a pas de coûts directs en matière sociale ou d’environnement.

Quelle sera l’incidence sur les entreprises, les PME et les microentreprises?

Le SMIT vise principalement les grandes entreprises ayant une part de marché importante et fait peser l’essentiel de la charge administrative sur celles-ci. Les microentreprises seront exemptées. Les PME pourront parfois être appelées à participer. Selon les estimations, le coût de la réponse pour une PME individuelle est compris entre 300 EUR et 1 000 EUR par demande, à majorer éventuellement de frais de conseil juridique de 1 000 EUR (ce qui correspond à environ 25 % du coût de réponse d’une grande entreprise). Les entreprises bénéficieront toutes, quelle que soit leur taille, d’un meilleur fonctionnement du marché unique, grâce à un contrôle plus ciblé de la Commission et des États membres. Elles tireront également profit de règles de l’Union mieux conçues et d’un environnement réglementaire plus efficace. En outre, la disponibilité de meilleurs éléments probants pourrait éviter d’adopter des règles inutiles.

Y aura-t-il une incidence notable sur les budgets nationaux et les administrations nationales?

Le SMIT n’entraîne pas de coût de mise en œuvre pour les autorités nationales. La Commission supporterait les coûts inhérents à la collecte et à l’analyse des données, lesquels pourraient atteindre entre 120 000 EUR et 430 000 EUR pour les cinq demandes annuelles envisagées. Les frais à charge de la Commission ne feront pas naître de nouveaux engagements budgétaires; seul le redéploiement du personnel et des infrastructures sera nécessaire. La Commission pourrait économiser entre 700 000 EUR et 1 600 000 EUR sur les rapports externes. Les autorités nationales pourraient également réaliser des économies sur ce plan.

Y aura-t-il d’autres incidences notables?

Les entreprises et les consommateurs bénéficieraient d’un meilleur fonctionnement du marché unique, grâce à une réduction des obstacles à l’entrée, à une concurrence accrue, à une plus grande compétitivité et une expansion transfrontière (et potentiellement internationale) moins chère et plus facile. L’initiative respecte pleinement l’intérêt légitime des entreprises à protéger leurs secrets d’affaires. Elle ne porte pas atteinte aux droits à la protection des données à caractère personnel. Enfin, elle respecte le droit à une bonne administration, les droits de la défense, le principe de proportionnalité des sanctions, le droit à un recours effectif et le droit à un procès équitable.

D. Suivi

Quand la législation sera-t-elle réexaminée?

L’action sera réexaminée cinq ans après l’adoption de la proposition.

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