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Communication52017XR6173

Résolution du Comité européen des régions sur la modification du règlement portant dispositions communes relatives aux Fonds ESI pour soutenir les réformes structurelles

CELEX52017XR6173
TypeCommunication
Datejeudi 1 février 2018

Résumé IA

Le Comité européen des régions adopte une résolution appelant à une modification du règlement portant dispositions communes (RPDC) des Fonds structurels et d'investissement européens (Fonds ESI) afin de mieux soutenir les réformes structurelles dans les États membres. Cette résolution vise à renforcer la coordination entre les fonds et les réformes, tout en préservant le rôle des collectivités locales et régionales dans la mise en œuvre des politiques de cohésion. Elle souligne la nécessité d'une approche territoriale pour assurer l'efficacité des réformes structurelles.

Texte intégral

23.5.2018

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 176/5


Résolution du Comité européen des régions sur la modification du règlement portant dispositions communes relatives aux Fonds ESI pour soutenir les réformes structurelles

(2018/C 176/02)

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR),

—

vu la proposition de règlement de la Commission européenne du 6 décembre 2017 (1) modifiant le règlement (UE) no 1303/2013 portant dispositions communes,

—

vu:

i)

l’avis du CdR du 4 mai 2012relatif à la proposition de règlement général sur les fonds du cadre stratégique commun présentée par la Commission, qui souligne que les collectivités territoriales ne peuvent être pénalisées du fait que certains États membres ne respectent pas leurs engagements en matière de gouvernance économique, notamment concernant le déficit public national;

ii)

l’avis du CdR du 8 avril 2016sur le programme d’appui à la réforme structurelle pour la période 2017-2020, dans lequel le CdR s’oppose à l’assujettissement de la politique de cohésion à l’exercice du semestre européen dans la mesure où la politique de cohésion dispose d’une légitimité propre et est inscrite dans les traités européens;

iii)

l’avis du CdR du 12 mai 2017sur l’avenir de la politique de cohésion après 2020 — «Pour une politique européenne de cohésion forte et efficace après 2020», qui jette les bases de l’Alliance pour la cohésion (#CohesionAlliance) et souligne qu’il convient de repenser l’intégration de la politique de cohésion dans les programmes nationaux de réforme en partant de l’échelon de l’Union européenne, d’une manière qui permette d’en maintenir la dimension territoriale tout comme l’approche de partenariat et décentralisée;

iv)

l’avis du CdR du 11 mai 2017 sur le thème «Améliorer la gouvernance du semestre européen — un code de conduite pour y associer les collectivités locales et régionales», qui demande, compte tenu de la répartition actuelle des pouvoirs et des compétences entre les différents niveaux de gouvernement dans les États membres de l’Union européenne, une participation accrue et plus structurée des collectivités locales et régionales en tant que partenaires du semestre européen, afin de rendre ce dernier plus efficace et d’accroître son appropriation sur le terrain;

v)

l’avis du CdR du 1er décembre 2017relatif au document de réflexion sur l’approfondissement de l’Union économique et monétaire à l’horizon 2025, dans lequel le Comité apporte son soutien à une stratégie de convergence qui compléterait les politiques européennes déjà existantes pour renforcer la cohésion économique, sociale et territoriale,

1.

souligne que la promotion de la cohésion économique, sociale et territoriale est à la fois un objectif de toutes les politiques de l’Union (article 3 du TUE) et une politique à part entière inscrite dans le traité (articles 174 à 177 du TFUE);

2.

souligne que la politique de cohésion, telle que définie dans le traité sur l’Union européenne, ne comporte pas d’obligation de financement des réformes structurelles générales dans les États membres;

3.

insiste sur le fait que pour respecter le principe de subsidiarité, il est indispensable de définir la nature et la portée des «réformes structurelles» pouvant bénéficier d’un soutien financier européen. Le CdR relève l’importance d’entreprendre une telle démarche sur la base d’une analyse de la valeur ajoutée européenne, étant donné que l’article 2 bis du règlement (CE) no 1466/97 du Conseil de juillet 1997, auquel renvoie la proposition à l’examen, donne une définition trop large de la notion de «réformes structurelles»;

4.

rejette l’argumentation utilisée concernant le respect du principe de subsidiarité, dès lors que l’objectif de la politique de cohésion telle que mise en œuvre par les Fonds structurels et d’investissement européens, dont le règlement portant dispositions communes (RPDC) dresse le cadre juridique global, n’est pas de soutenir les réformes structurelles dans les États membres, mais de réduire l’écart entre les niveaux de développement des diverses régions et le retard des régions les moins favorisées;

5.

constate avec inquiétude que la proposition d’inscrire l’appui aux réformes structurelles dans la gestion directe et de ne pas fixer d’exigences de cofinancement pour ces dépenses laisse présager une renationalisation de la politique de cohésion, enfreignant les principes de cofinancement et de gestion partagée sur lesquels elle repose. Ces principes sont essentiels pour encourager l’appropriation, assurer une bonne gouvernance et maximaliser l’effet de levier de la politique de cohésion;

6.

souligne que le principe de la gouvernance à plusieurs niveaux, qui est inscrit à l’article 5 du RPDC, exige une action coordonnée, «notamment entre les différents niveaux de gouvernance, menée conformément aux principes de subsidiarité et de proportionnalité, y compris au moyen d’une coopération opérationnelle et institutionnelle, en ce qui concerne l’élaboration et la mise en œuvre de l’accord de partenariat et des programmes». Le recours aux ressources des Fonds ESI pour financer les réformes nationales nécessiterait donc une action coordonnée entre les différents niveaux de gouvernement, ce que n’autorise pas la proposition de la Commission;

7.

note avec préoccupation que la mise en place d’un système de «financement en échange de réformes» tel que celui qui figure dans la proposition actuelle serait contraire aux principes de partenariat et de gouvernance à plusieurs niveaux et ne serait pas de nature à encourager l’appropriation locale et régionale des réformes structurelles présentant un intérêt pour l’Union européenne, étant donné que la plupart de ces réformes nécessitent la participation des pouvoirs publics locaux et régionaux;

8.

voit une contradiction entre l’utilisation des ressources des Fonds ESI pour financer des «réformes structurelles générales» dans les États membres et l’obligation de concentration thématique telle qu’elle est prévue à l’article 18 du RPDC;

9.

se dit inquiet que la Commission européenne propose de modifier le règlement portant dispositions communes et d’utiliser la réserve de performance des Fonds ESI pour financer un outil d’aide à la mise en place de réformes qui n’a pas encore été proposé et dont aucun détail n’a encore été défini;

10.

souligne que la réserve de performance des Fonds ESI, telle qu’elle est décrite aux articles 20 à 22 du RPDC, a pour objet de soutenir uniquement les programmes et les priorités qui ont atteint leurs valeurs intermédiaires et d’encourager une gestion et une mise en œuvre fructueuses; s’inquiète du fait que la réduction de ces incitations telle qu’elle est proposée est susceptible de décourager les régions et les autorités de gestion performantes et désapprouve donc la proposition de la Commission d’utiliser une partie de cette réserve de performance à d’autres fins, même sur une base volontaire. Si la proposition est adoptée par le Conseil et le Parlement, il y a lieu de bien ancrer le caractère volontaire de sa mise en œuvre, afin que toute modification de la structure actuelle des programmes relevant des Fonds ESI soit laissée à l’appréciation des régions et des communes;

11.

considère que les clauses de participation et la participation volontaire à un programme de l’Union européenne ne sauraient servir d’argument pour affirmer que la proposition n’a aucune pertinence du point de vue de la subsidiarité, dès lors que ce régime implique un financement de l’Union européenne visant à atteindre des objectifs fixés dans les traités qui présentent un intérêt pour tous les États membres de l’Union européenne. En effet, tout financement européen doit être accordé en vue de la réalisation des objectifs définis dans les traités de l’Union européenne et se fonder sur une base juridique se rapportant directement aux fins qu’il se propose d’atteindre;

12.

s’inquiète de ce qu’à ce stade de la mise en œuvre de l’actuelle période de programmation, un changement dans le règlement portant dispositions communes, entrepris avant l’examen des performances prévu pour 2019 (article 21), pourrait engendrer une insécurité juridique et de nouveaux retards dans la mise en œuvre des programmes en cours relevant des Fonds ESI;

13.

est également préoccupé par le calendrier du nouvel outil d’aide à la mise en place, car la proposition de la Commission sur le nouveau cadre financier pluriannuel, qui doit être présentée en mai 2018, ne pourra pas s’inspirer des résultats de la «phase pilote» proposée. Alors que cette phase pilote doit encore être proposée et adoptée par le législateur et qu’elle est censée démarrer en 2018, il sera extrêmement difficile de recueillir des données probantes sur son efficacité et ses résultats avant mai 2018. Dès lors, toute proposition d’outil d’aide à la mise en place de réformes pour la période après 2020 ne pourrait bénéficier de l’éclairage d’aucune expérience antérieure;

14.

note que le principe de recourir aux Fonds ESI pour financer des réformes structurelles sans rapport avec les objectifs de la politique de cohésion a déjà été introduit par le programme d’appui à la réforme structurelle, alors que l’enveloppe financière de ce programme est déduite du volet assistance technique du FEDER et que les États membres sont autorisés à recevoir des contributions supplémentaires au titre des ressources de l’assistance technique des programmes opérationnels. Le Comité souligne que ce précédent inquiétant est désormais renforcé par le train de mesures concernant l’UEM, avec des conséquences qui remettent en question les fondements de la politique de cohésion;

15.

rejette, par conséquent, la proposition de la Commission visant à modifier le règlement portant dispositions communes afin d’utiliser la réserve de performance pour soutenir les réformes structurelles dans les États membres. Le CdR est prêt à faire pleinement usage de son droit de contester l’acte législatif devant la Cour de justice de l’Union européenne, conformément à l’article 8 du protocole no 2 sur l’application des principes de subsidiarité et de proportionnalité;

16.

est disposé à engager, dans la perspective du cadre financier pluriannuel et de la période de programmation au-delà de 2020, un débat approfondi sur les liens entre la politique de cohésion, les réformes structurelles présentant un intérêt pour l’Union européenne et le semestre européen. Ces liens devraient s’inscrire dans le cadre d’une stratégie globale de l’Union européenne en matière de gouvernance économique, sociale et durable, dans le prolongement de la stratégie Europe 2020. Le Comité estime que la pleine participation des collectivités locales et régionales à toutes les phases de cette stratégie est un préalable, comme le prévoit le code de conduite du CdR;

17.

charge son président de transmettre la présente résolution à la Commission européenne, au Parlement européen, à la présidence bulgare du Conseil et au président du Conseil européen.

Bruxelles, le 1er février 2018.

Le président du Comité européen des régions

Karl-Heinz LAMBERTZ


(1) COM(2017) 826 final.


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