| CELEX | 52018AE0505 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mercredi 23 mai 2018 |
| 10.8.2018 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 283/83 |
Avis du Comité économique et social européen sur la
communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — Actions de l’Union européenne destinées à améliorer le respect de la législation environnementale et la gouvernance environnementale
[COM(2018) 10 final]
(2018/C 283/11)
| Rapporteur: | Arnaud SCHWARTZ |
| Consultation | Commission européenne, 12.2.2018 |
| Base juridique | Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
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| Décision de l’assemblée plénière | 16.1.2018 |
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| Compétence | Section spécialisée «Agriculture, développement rural et environnement» |
| Adoption en section spécialisée | 3.5.2018 |
| Adoption en session plénière | 23.5.2018 |
| Session plénière no | 535 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 192/2/5 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le Comité économique et social européen (CESE) accueille avec réserve la communication à l’examen dans la mesure où, face au niveau de dégradation actuel de notre environnement, le plan d’action visant à améliorer le respect de la législation environnementale et la gouvernance environnementale que présente la Commission européenne manque cruellement d’ambition et de moyens. |
| 1.2. | Le CESE est d’autant plus circonspect que, tout comme la Commission, il reconnaît que le respect insuffisant des mécanismes garantissant la mise en œuvre de la législation et de la gouvernance environnementales est un facteur regrettable de concurrence déloyale et de préjudice économique. |
| 1.3. | Le CESE s’associe en outre à la Commission pour souligner que les manquements actuels sapent la confiance des citoyens à l’égard de l’efficacité de la législation de l’Union européenne, et demande aux États membres et à la Commission de mobiliser d’importants financements destinés à l’embauche de personnel supplémentaire, afin de contrôler la mise en œuvre de la gouvernance et de la législation environnementales. |
| 1.4. | Comme indiqué dans la communication sur «Le droit de l’Union européenne: une meilleure application pour de meilleurs résultats» (1), les «infractions au droit de l’Union européenne n’ont rien d’anodin» et elles ne devraient pas être traitées à la légère. Le CESE estime qu’il convient d’apporter une réponse à un niveau suffisamment élevé et sans retard à un défaut de conformité au droit européen, ce qui n’est pas le cas dans la communication à l’examen (2). |
| 1.5. | La communication porte uniquement sur le renforcement des capacités et le soutien au niveau des États membres. Aucune des mesures ne relève du suivi ou du contrôle de l’application au niveau de l’Union par la Commission européenne en sa qualité de «gardienne des traités». Le plan d’action fait l’impasse sur les facteurs de non-respect des règles qui ne sont liés ni à la confusion, ni à l’insuffisance des capacités, par exemple ceux relevant de l’opportunisme ou du manque de volonté politique. S’il est nécessaire de soutenir les États membres, les mesures non contraignantes du plan d’action proposé ne sauraient constituer l’unique stratégie pour améliorer le respect de la législation environnementale. |
| 1.6. | Par ailleurs, le CESE, se référant à son avis sur ce sujet (3), demande tout particulièrement à la Commission de compléter son plan d’action sur le volet essentiel de l’accès à la justice. Il demande, en outre, que soit traitée la question du coût de cet accès à la justice pour la société civile. |
| 1.7. | Le CESE souligne par ailleurs que des efforts supplémentaires devraient être consentis afin de prévenir d’emblée la dégradation de l’environnement, et qu’il est toujours préférable d’opter pour une stratégie de prévention plutôt que pour un remède. Un contrôle strict et cohérent de l’application de la législation environnementale par les États membres et la Commission apparaît essentiel à cette fin, en ce qu’il constituerait un facteur très dissuasif pour empêcher de nouvelles dégradations à l’avenir. En outre, des campagnes de communication adressées aux parties prenantes et au public seraient les bienvenues pour sensibiliser ces acteurs et renforcer ainsi la vigilance exercée en la matière par les citoyens. Si l’on veut que ces derniers s’acquittent de ce rôle de surveillance, un accès effectif à la justice dans le domaine environnemental apparaît indispensable. |
| 1.8. | Enfin, le CESE salue la possibilité que soient nommés des représentants du CESE au sein du forum sur le respect de la législation environnementale et la gouvernance environnementale. À cet effet, le CESE recommande que trois de ses membres (à raison d’un par groupe) y siègent avec droit de vote, plutôt qu’avec le statut d’observateur. |
| 1.9. | Le CESE demande à la Commission de veiller à ce qu’un dialogue authentique et constructif soit mené avec les organisations de la société civile et le forum sur le respect de la législation environnementale et la gouvernance environnementale, afin de s’assurer que leur voix soit entendue. Dans ce contexte du respect de la législation environnementale, le Comité insiste sur le rôle essentiel joué par les organisations de la société civile en tant qu’observatoires critiques de l’état de droit, du bien commun et de la protection du public. |
2. Observations générales
| 2.1. | Aussi bien dans son avis sur l’examen de la mise en œuvre de la politique environnementale de l’Union européenne (4) que dans celui sur le thème de l’accès à la justice au niveau national en rapport avec les mesures d’application du droit environnemental de l’Union européenne (5), le CESE a souligné que, dans de nombreux États membres, l’application insuffisante, fragmentée et inégale de la législation environnementale européenne constituait un problème sérieux. |
| 2.2. | La communication COM(2018) 10 final de la Commission présente un plan d’action ayant pour but d’améliorer le respect de la législation environnementale de l’Union européenne ainsi que la gouvernance environnementale. |
| 2.3. | Le plan prévoit une coopération étroite entre la Commission, les États membres et les professionnels (inspecteurs, auditeurs, policiers et procureurs) visant à créer une culture intelligente et collaborative du respect des règles environnementales de l’Union européenne; or, ceci n’est qu’une part infime de ce qui est nécessaire pour assurer la mise en œuvre de la législation environnementale. |
| 2.4. | La mise en œuvre de cette législation est perturbée par d’importants obstacles liés à des problèmes persistants (par exemple: pollution diffuse de l’eau, mauvaise qualité de l’air, traitement insuffisant des déchets et disparition des espèces et des habitats). |
| 2.5. | L’estimation des coûts de la non-application de cette législation se chiffre à 50 milliards d’EUR par an selon la Commission. |
| 2.6. | Avec une meilleure application de cette législation, au-delà des gains économiques évoqués ci-dessus, il serait possible d’obtenir de nombreux autres avantages (notamment pour la santé publique et les ressources nécessaires à long terme à la société). |
| 2.7. | Par ailleurs, l’insuffisance des mécanismes garantissant le respect de cette législation et une gouvernance efficace au niveau européen, national, régional et local (y compris un manque de contrôles) expliquent pour partie les défauts de mise en œuvre des règles européennes. |
| 2.8. | En outre, ces mécanismes insuffisants sont aussi un facteur de concurrence déloyale pour les entreprises et de préjudice économique (notamment de pertes de recettes fiscales). Cela sape la confiance de la population dans l’efficacité de la législation de l’Union européenne. |
| 2.9. | C’est pourquoi la Commission propose un plan d’action en neuf points, accompagné de la création d’un groupe d’experts (6): le «forum sur le respect de la législation environnementale et la gouvernance environnementale». |
| 2.10. | Les neuf démarches que le plan d’action propose d’engager sont définies à l’annexe 1 du document de travail des services de la Commission (7). |
3. Observations particulières
3.1. Mettre en place une Europe exemplaire et protéger les citoyens
| 3.1.1. | Sur le plan mondial, l’Union devrait s’efforcer d’être à l’avant-garde d’une protection efficace de l’environnement et de ses citoyens, et se doit d’insister pour que cet enjeu bénéficie d’un traitement prioritaire. Étant donné qu’une législation est déjà en place et que des avancées majeures ont déjà été réalisées, le fait pour l’Union européenne de ne pas veiller à ce que cette législation soit dûment appliquée représente pour elle une occasion manquée de se montrer à la hauteur des valeurs qu’elle défend et d’influer concrètement sur le cours des choses. |
| 3.1.2. | Le CESE alerte la Commission sur le niveau de protection très insuffisant dont bénéficient les citoyens dans certains contextes. Le respect du droit de l’Union européenne par l’ensemble de ses États membres est d’une importance cruciale, dans la mesure où des législations nationales incorrectes érodent systématiquement la capacité des citoyens de faire pleinement valoir leurs droits et de profiter de tous les avantages que leur offre la législation européenne. Ce point revêt une importance toute particulière dans le contexte de la législation environnementale, où le non-respect des règles, par exemple des normes relatives à la qualité de l’air, a une incidence significative sur la santé humaine. |
| 3.1.3. | Le CESE attire l’attention de la Commission sur son avis précité (8), et il espère que celle-ci en tiendra compte dans son plan d’action et que, par exemple, au-delà de la criminalité liée aux déchets et aux espèces sauvages, ce plan portera aussi sur la réglementation et la gouvernance relatives aux nanomatériaux et aux perturbateurs endocriniens. |
| 3.1.4. | Toutefois, le CESE tient à préciser qu’il apprécie la volonté de la Commission de promouvoir, par exemple, l’usage de drones et d’applications pour smartphone afin de signaler ou repérer des atteintes à l’environnement et d’encourager les États et collectivités territoriales (à l’instar de ce qui se fait par exemple en Irlande) à y recourir eux-mêmes ou à soutenir les initiatives citoyennes pouvant améliorer la mise en œuvre de la réglementation environnementale avec ce type d’outils. |
3.2. Le marché unique et les aspects économiques
| 3.2.1. | La cohérence dans l’application de la législation environnementale constitue un rouage essentiel du marché unique. Une application inconséquente de la législation sur l’environnement gratifie d’avantages indus les entreprises situées dans des États membres où celle-ci n’est pas respectée. Cette situation aboutit à des conditions de marché inéquitables et adresse les mauvais signaux aux entreprises de l’Union européenne. |
| 3.2.2. | La cohérence et la certitude de l’application des règles sont nécessaires dans tous les États membres, de sorte qu’un défaut de conformité soit sanctionné de la même manière partout dans l’Union. Une telle démarche préserve l’état de droit et permet aux entreprises de se prévaloir du droit de l’Union européenne, tout en créant aussi des conditions de concurrence équitables pour les entreprises dans tous les États membres. |
| 3.2.3. | Dans sa communication, la Commission affirme que le coût du non-respect de la législation est estimé à 50 milliards d’EUR par an. L’étude de la Commission visant à évaluer les avantages offerts par un contrôle de l’application de la législation environnementale européenne (Study to assess the benefits delivered through the enforcement of EU environmental legislation) (9) décrit également les immenses bénéfices économiques que l’on peut tirer du respect des normes environnementales. Outre les avantages liés à l’environnement, à la santé et au droit, il devrait donc exister également un intérêt économique évident à prévenir de nouvelles dégradations grâce à des contrôles efficaces et à une application correcte de la législation environnementale de l’Union. |
| 3.2.4. | Le CESE rappelle à la Commission qu’il faut plus de ressources humaines et financières pour vérifier la bonne mise en œuvre de la réglementation environnementale et de la gouvernance environnementale, comme il l’a expliqué dans son avis sur le «Plan d’action en faveur de la nature, des citoyens et de l’économie» (10). L’on constate surtout un manque de moyens pour atteindre les objectifs convenus, par exemple dans le domaine de la biodiversité. |
| 3.2.5. | Le CESE souhaite en outre que l’Union européenne, dans le cadre de négociations commerciales bilatérales ou multilatérales, obtienne systématiquement l’équivalence de sa législation sociale et environnementale pour les produits importés. |
3.3. Procédures de contrôle de l’application par la Commission
| 3.3.1. | Si les États membres sont responsables au premier chef de la mise en œuvre et de l’application correctes du droit de l’Union européenne, c’est la Commission qui est la gardienne des traités (11). Elle doit donc veiller au respect des instruments de la politique environnementale et s’assurer que les États membres s’abstiennent de prendre toute mesure susceptible de mettre en péril la réalisation des objectifs de l’Union en matière de politique environnementale (12). Ce faisant, elle peut à sa discrétion engager des procédures d’exécution conformément à l’article 258 du TFUE. |
| 3.3.2. | Dans la mesure où les conséquences des dommages environnementaux se font sentir par-delà les frontières, le respect des normes dans un pays donné est dans le plus grand intérêt de tous les États membres qui cherchent à protéger leurs citoyens et à prévenir une dégradation de l’environnement sur leur propre territoire. La Commission a donc un rôle pivot à jouer s’agissant de protéger cet intérêt commun de l’Union et de donner accès à la justice en cas de litiges transfrontières. |
| 3.3.3. | En 2013, le Parlement européen et le Conseil déclaraient que, «[d]ans les années à venir, il sera […] considéré comme une priorité absolue d’améliorer la mise en œuvre de l’acquis de l’Union en matière d’environnement au niveau de l’État membre» (13). La communication de la Commission intitulée «Le droit de l’Union européenne: une meilleure application pour de meilleurs résultats» (14) a souligné l’importance d’un emploi stratégique par la Commission de son pouvoir de contrôle de l’application pour hiérarchiser ses efforts en la matière et les concentrer sur les infractions les plus graves au droit de l’Union européenne qui portent atteinte aux intérêts de ses citoyens et de ses entreprises. Le respect des réglementations environnementales est d’une importance vitale pour l’Union, car il a une incidence directe sur le marché unique et la santé des citoyens européens, et il convient de l’élever clairement au rang de priorité dans les procédures de contrôle de l’application de la Commission. |
| 3.3.4. | Le CESE pointe les avantages qu’offrent les procédures d’infraction, au-delà de leur application immédiate à une affaire donnée (15). Des procédures exécutoires efficaces adressent aux États membres le signal clair que l’Union considère comme un enjeu hautement prioritaire la protection de ses citoyens et de l’environnement dans lequel ils vivent. |
| 3.3.5. | Le fait d’intenter systématiquement une action en cas de manquement constitue également un important facteur de dissuasion, qui limite plus généralement le non-respect des règles. Cette approche renforcerait encore le crédit accordé au droit de l’Union européenne, au-delà même de la question de la protection de l’environnement, et aurait des retombées positives dans d’autres domaines de la législation européenne. |
3.4. Effectivité du droit
| 3.4.1. | Peut-être du fait d’une mauvaise interprétation de certaines orientations politiques de l’Union (par exemple, une stratégie «Mieux légiférer» qui mène à des simplifications et à des expérimentations autorisant à aller à l’encontre des règles), un vaste détricotage du droit pénal de l’environnement tout comme la mise en place de freins à l’accès à la justice et à la gouvernance environnementales pour les citoyens sont constatés dans de nombreux pays par des organisations représentant la société civile. |
| 3.4.2. | En outre, pour un certain nombre de politiques environnementales de l’Union, les États membres devraient remédier au défaut de mise en œuvre correcte de la législation plutôt que la «surtransposer», prétendument à bon escient. Cette surréglementation au niveau national peut déboucher sur une perception fausse selon laquelle les États membres feraient preuve d’une grande ambition, alors qu’en réalité ils passent à côté de l’essentiel en ne mettant pas suffisamment en œuvre la législation environnementale de l’Union européenne et que, de ce fait, ils ne la respectent pas. |
| 3.4.3. | La communication présente trois catégories d’intervention visant à garantir le respect de la législation mais elle ne propose pas des mesures pour chacune d’entre elles. Les actions proposées portent toutes sur la promotion de la conformité et le renforcement des capacités au niveau des États membres. Aucune d’entre elles ne concerne des mesures de suivi ou de contrôle de l’application par la Commission elle-même, ce qui rend le plan d’action très peu contraignant et peu susceptible d’entraîner des avancées significatives sur le plan du respect de la législation environnementale. |
| 3.4.4. | La Commission omet donc de proposer des mesures de suivi et de contrôle de l’application au niveau de l’Union européenne dans son plan d’action. Même dans le cadre des mécanismes de soutien qu’elle propose, elle a manqué l’occasion d’associer des objectifs clairs à chaque mesure afin d’en évaluer l’efficacité. Le soutien financier n’est nullement conditionné à un quelconque changement dans les pratiques des États membres, ce qui ne permet pas d’en anticiper clairement les résultats et soulève donc des interrogations quant à l’efficacité et la pertinence des mesures proposées. |
| 3.4.5. | Le CESE se dit en outre déçu qu’il ne soit pas fait état du traitement des plaintes ni de la conduite des inspections relatives à la mise en œuvre du droit de l’Union européenne dans les États membres. Il s’inquiète vivement de ce qu’un manque de volonté politique au sein de la Commission ne puisse favoriser le non-aboutissement des plaintes. Le caractère non contraignant des mesures proposées ne fait qu’aviver cette crainte. |
| 3.4.6. | Le CESE estime qu’outre l’application correcte du droit environnemental et la bonne gouvernance en la matière, il convient également de veiller au principe de non-régression des normes environnementales, afin de garantir un développement durable. |
| 3.4.7. | Il est reconnu dans la communication que le non-respect de la législation peut se produire pour différentes raisons, notamment la confusion, la mauvaise compréhension ou la non-acceptation des règles, le manque d’investissement, l’opportunisme et la criminalité. Malheureusement, la Commission omet d’apporter une réponse satisfaisante pour chacune de ces raisons et se contente de proposer des mesures pour remédier à la confusion et à la mauvaise compréhension des règles. S’il est nécessaire de soutenir les États membres, telle ne peut pas être l’unique stratégie pour améliorer le respect de la législation environnementale, dans la mesure où elle fait l’impasse sur la plupart des facteurs qui ne sont liés ni à une confusion, ni à des capacités limitées. |
3.5. L’accès à la justice au niveau national et européen
| 3.5.1. | Le CESE rappelle à la Commission que la conjugaison de manquements systématiques dans les États membres et de l’absence de contrôle adéquat de l’application des règles par les juridictions nationales posent un problème évident d’application de la justice au niveau national. |
| 3.5.2. | Le CESE demande instamment à la Commission de suivre la recommandation qu’il a formulée dans son avis sur l’accès à la justice (16) concernant le suivi des renvois préjudiciels. Il souligne l’importance de ceux-ci s’agissant de garantir la cohérence du droit de l’Union européenne et il invite instamment la Commission à établir un rapport sur l’usage de cet outil par les juridictions nationales et la mesure dans laquelle elles s’y conforment. |
| 3.5.3. | Le CESE rappelle (17) qu’un accès libre aux informations sur l’environnement est essentiel pour permettre aux citoyens et aux organisations de la société civile d’assumer leur rôle de surveillance de la vie publique. |
| 3.5.4. | Si le CESE reconnaît les différences existant entre les systèmes de justice des divers États membres, il regrette que ni la question de la qualité pour ester, ni celle des coûts associés au renvoi d’une affaire au niveau national, ne soient abordées. Ces deux aspects constituent d’importants obstacles pour les organisations représentant les citoyens et les consommateurs ou défendant des intérêts sociaux et environnementaux qui veulent exiger des gouvernements et des grandes entreprises qu’ils rendent compte de leurs actions devant des juridictions nationales. |
| 3.5.5. | Même si la qualité pour ester leur est reconnue, le CESE réaffirme, comme il l’a déjà dit dans son avis précité (18), que la plupart des organisations de la société civile disposent de ressources financières extrêmement limitées, ce qui entraîne souvent un déni de justice pour les personnes concernées. En outre, ces obstacles empêchent les organisations de la société civile d’effectuer leur travail aidant à la bonne mise en œuvre de la législation en vigueur, ce qui est essentiel pour préserver l’état de droit. |
| 3.5.6. | Le CESE adresse également une mise en garde en indiquant qu’il est important de mettre en place des dispositifs permettant de prévenir les recours abusifs à l’appareil juridictionnel. C’est en gardant cet aspect à l’esprit qu’il convient d’accorder un accès à la justice aux organisations de la société civile. Toutefois, le CESE souligne les avantages que présente l’octroi à ces dernières d’un accès à la justice, qui permet de protéger les consommateurs, la santé et l’environnement au bénéfice de l’ensemble de la société. Par conséquent, les dispositions prévenant les recours abusifs doivent être spécifiques et ciblées, de sorte qu’elles n’entravent pas le travail essentiel mené par les organisations de la société civile pour contribuer à la mise en œuvre de la législation. |
| 3.5.7. | Le fait que la Commission et les juridictions européennes ne fassent pas respecter le droit de l’Union met en péril l’état de droit et sape la confiance des citoyens, mais aussi des États membres et des entreprises, à l’égard de la législation européenne. Cela contribue d’autant plus à barrer l’accès à la justice pour les citoyens, les organisations de la société civile et les entreprises, nourrit un scepticisme grandissant concernant l’efficacité de la Commission et des juridictions, et sape le crédit accordé à l’Union européenne dans son ensemble. |
| 3.5.8. | En outre, la communication fait l’impasse sur deux points sensibles au niveau européen, liés l’un comme l’autre à l’accès au juge européen:
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| 3.5.9. | Par conséquent, le CESE invite la Commission à intégrer explicitement les éléments susmentionnés concernant l’accès à la justice au niveau national et à celui de l’Union, afin de faire en sorte qu’on adopte une approche globale qui bénéficie aux citoyens en protégeant leur santé et leur habitat d’aujourd’hui et de demain. |
Bruxelles, le 23 mai 2018.
Le président du Comité économique et social européen
Luca JAHIER
(1) JO C 18 du 19.1.2017, p. 10.
(2) COM(2018) 10.
(3) JO C 129 du 11.4.2018, p. 65.
(4) JO C 345 du 13.10.2017, p. 114.
(5) JO C 129 du 11.4.2018, p. 65.
(6) JO C 19 du 19.1.2018, p. 3.
(7) SWD(2018) 10.
(8) JO C 345 du 13.10.2017, p. 114.
(9) https://publications.europa.eu/fr/publication-detail/-/publication/219e8506-9adf-11e6-868c-01aa75ed71a1
(10) JO C 129 du 11.4.2018, p. 90.
(11) Article 17 du traité sur l’Union européenne (TUE).
(12) Article 4, paragraphe 3, du TUE.
(13) Décision no 1386/2013/UE du Parlement européen et du Conseil du 20 novembre 2013 relative à un programme d’action général de l’Union pour l’environnement à l’horizon 2020 «Bien vivre, dans les limites de notre planète» (JO L 354 du 28.12.2013, p. 171).
(14) JO C 18 du 19.1.2017, p. 10.
(15) JO C 81 du 2.3.2018, p. 88.
(16) JO C 129 du 11.4.2018, p. 65.
Avis institutionnel — 52018AB0058
21/12/2018
Avis de la Banque centrale européenne du 14 décembre 2018 sur le fonctionnement du point de contact central des comptes et contrats financiers (CON/2018/57)
14/12/2018
Résolution législative du Parlement européen du 13 décembre 2018 sur la proposition de directive du Conseil établissant les règles d'imposition des sociétés ayant une présence numérique significative (COM(2018)0147 — C8-0138/2018 — 2018/0072(CNS))
13/12/2018
Résolution législative du Parlement européen du 13 décembre 2018 sur le projet de décision du Conseil relative à la conclusion, au nom de l’Union européenne, d’une modification de l’accord entre les États-Unis d’Amérique et la Communauté européenne relatif à la coopération dans le domaine de la réglementation de la sécurité de l’aviation civile (07482/2018 — C8-0157/2018 — 2016/0343(NLE))
13/12/2018