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AccueilDroit européen52018AE2410
Avis institutionnel52018AE2410

Avis du Comité économique et social européen sur la proposition de directive du Parlement européen et du Conseil concernant la réutilisation des informations du secteur public (refonte) et la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions «Vers un espace européen commun des données» [COM(2018) 234 final — 2018/0111 (COD); COM(2018) 232 final]

CELEX52018AE2410
TypeAvis institutionnel
Datemercredi 17 octobre 2018

Résumé IA

Le Comité économique et social européen (CESE) approuve la refonte de la directive sur la réutilisation des informations du secteur public (PSI), visant à stimuler l'économie des données en Europe. Il soutient la création d'un espace européen commun des données, mais insiste sur la nécessité d'éviter des charges administratives excessives pour les organismes publics et de garantir une concurrence loyale. L'avis souligne également l'importance de protéger les données à caractère personnel et les secrets d'affaires dans le cadre de cette ouverture des données.

Texte intégral

15.2.2019

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 62/238


Avis du Comité économique et social européen sur la proposition de directive du Parlement européen et du Conseil concernant la réutilisation des informations du secteur public (refonte) et la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions «Vers un espace européen commun des données»

[COM(2018) 234 final — 2018/0111 (COD); COM(2018) 232 final]

(2019/C 62/38)

Rapporteure:

Baiba MILTOVIČA

Consultation

Parlement européen, 28.5.2018

Conseil de l’Union européenne, 4.6.2018

Commission européenne, 18.6.2018

Base juridique

Articles 114 et 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne

Compétence

Section spécialisée «Transports, énergie, infrastructures et société de l’information»

Adoption en section spécialisée

6.9.2018

Adoption en session plénière

17.10.2018

Session plénière no

538

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

122/0/3

1. Conclusions et recommandations

1.1.

La réutilisation des informations provenant du secteur public renforce l’économie des données dans l’Union européenne et favorise le développement de la société et l’augmentation du bien-être général. Le Comité économique et sociale européen (CESE) estime que la directive, ainsi que les améliorations et compléments qu’elle prévoit, revêtent une portée toute particulière pour apporter une solution à ces questions, tellement importantes pour la collectivité, qui se posent en rapport avec l’exécution de la stratégie du marché unique numérique.

1.2.

Le CESE a évalué la conformité, au regard des objectifs d’amélioration, des changements qu’il est envisagé d’apporter à la directive; d’une manière générale, il porte un jugement positif sur la proposition de directive de la Commission et est convaincu que les modifications envisagées auront une incidence bénéfique pour tous les objectifs généraux d’amélioration, tout en considérant, néanmoins, que les changements projetés ne sont pas suffisants pour produire des avancées dans les points problématiques.

1.3.

Le CESE a examiné la communication de la Commission «Vers un espace européen commun des données» et exprime son soutien aux principes fondamentaux et aux actions qui y sont énoncés, étant donné qu’ils donneront aux entreprises et aux administrations publiques un accès plus aisé aux données provenant de tout un éventail de sources, secteurs et disciplines et en favoriseront la réutilisation.

1.4. Conclusions

1.4.1.

Le Comité est d’avis que les changements envisagés dans la directive en rapport avec les objectifs généraux concernant son amélioration présentent les visées suivantes:

—

maximiser ses effets positifs actuels concernant les informations du secteur public, renforcer l’économie des données dans l’Union européenne, augmenter le volume de données du secteur public qui est disponible pour une réutilisation,

—

garantir, au niveau de l’Union européenne, des conditions comparables en ce qui concerne l’accès aux données, et assurer une concurrence équitable (paragraphe 3.2.2 de l’avis),

—

réduire à long terme la charge administrative des détenteurs et utilisateurs d’informations réutilisables du secteur public (paragraphe 3.2.3 de l’avis),

—

renforcer la position des PME sur le marché des données, en veillant à ce qu’elles n’aient pas à affronter des obstacles qui les empêchent de réutiliser les données publiques à des fins commerciales (paragraphe 3.2.4 de l’avis). Il convient toutefois de ne pas compromettre cet objectif de renforcement des PME en instaurant des interdictions trop sévères de verrouillage des données, qui empêcheraient que des projets novateurs puissent être élaborés et mis en œuvre à l’échelle locale en collaboration avec de telles entreprises.

1.4.2.

Le Comité considère que dans l’ensemble, les modifications qu’il est projeté d’apporter à la directive concernant les points problématiques relevés améliorent la situation actuelle, qu’ils auront des effets positifs et qu’ils sont axés sur la résolution de ces problèmes. Concernant chacun d’entre eux pris individuellement, il émet toutefois les remarques suivantes:

—

«données dynamiques et interfaces de programmation d’applications (API)»: les changements proposés ne correspondent qu’en partie seulement aux améliorations qui seraient nécessaires, étant donné qu’il n’est pas possible d’en vérifier ou d’en prévoir les effets, et qu’en particulier, leurs résultats à court terme pourraient être insuffisants (paragraphes 3.1.3 et 3.3.1 de l’avis),

—

«tarification»: les modifications font droit à la nécessité d’améliorer la situation dans ce domaine problématique et elles contribueront à résoudre les questions de tarification majorée et favoriseront la réutilisation des données, notamment en les rendant plus accessibles pour les entreprises de la catégorie des PME (paragraphes 3.1.5 et 3.3.2 de l’avis); il fait toutefois observer que pour les entreprises publiques, il est primordial de bénéficier d’une compensation adéquate pour les dépenses encourues,

—

«champ d’application de la directive sur les informations du secteur public»: les modifications ne sont pas suffisantes car l’extension de ce champ d’application revêt un caractère de pure forme, qui n’aboutit pas réellement à augmenter les obligations et ne résout pas la problématique concrète (paragraphes 3.1.1, 3.1.3 et 3.3.3 de l’avis),

—

«verrouillage des données du secteur public»: les amendements apportés sont insuffisants et ne représenteront qu’un progrès partiel et indirect vers la résolution de ce problème (paragraphes 3.1.4 et 3.3.4 de l’avis).

1.5. Recommandations

1.5.1.

Point de vue du CESE: les options d’«interventions à faible intensité législative» que la Commission a retenues ne résolvent pas avec une efficacité suffisante diverses problématiques qui ont été relevées antérieurement en ce qui concerne le fonctionnement de la directive (paragraphe 4.1.3 de l’avis).

Recommandation du CESE: dès lors qu’une des motivations et visées essentielles qui sont à la base des modifications apportées à la directive consiste à résoudre les problèmes qui y ont été recensés, il est indispensable d’adopter une posture plus active et ciblée et d’opter pour les pistes d’«interventions à forte intensité législative» pour la résolution de chaque question concrète, le cas échéant en modifiant les options mentionnées dans l’analyse d’impact.

1.5.2.

Point de vue du CESE: il est nécessaire de remédier aux faiblesses détectées par le comité d’examen de la réglementation, ainsi que de prendre les mesures de correction correspondantes en ce qui concerne les modifications de la directive (paragraphe 4.1.2 de l’avis).

Recommandation du CESE: l’une des actions rectificatives doit consister en ce que le texte de la directive indique de manière explicite et précise quel document prime lorsqu’elle entre en conflit avec d’autres textes, comme le règlement général sur la protection des données (RGPD), la directive sur les bases de données et celle sur les infrastructures d’information géographique (Inspire).

1.5.3.

Point de vue du CESE: dans le document, l’analyse d’impact ne reflète pas suffisamment le point de vue des parties intéressées concernant le choix à effectuer entre les pistes de l’intervention à «faible» et à «forte intensité législative» (paragraphe 4.1.4 de l’avis).

Recommandation du CESE: il conviendrait de procéder à une évaluation supplémentaire concernant la position des parties prenantes sur le choix entre les différentes voies possibles pour résoudre chaque problème, ainsi que de jauger le poids de chacun de ces acteurs au sein de la société, de manière à pouvoir choisir de manière plus objective et fondée une option à suivre pour apporter une solution aux problématiques prises individuellement.

1.5.4.

Point de vue du CESE: si l’on considère qu’il devient de plus en plus souvent nécessaire d’obtenir rapidement des informations ou des documents, le délai maximal de vingt jours ouvrables fixé pour la mise à disposition des documents est, dans certains cas, d’une longueur excessive (paragraphe 3.1.2 de l’avis).

Recommandation du CESE: examiner l’éventualité de ménager davantage de souplesse en la matière.

1.5.5.

Point de vue du CESE: le texte de la proposition de directive et le document d’analyse d’impact ne tiennent pas suffisamment compte de diverses problématiques importantes pour les acteurs intéressés (paragraphe 4.2.1 de l’avis).

Recommandation du CESE: réaliser des évaluations supplémentaires concernant pareilles problématiques qui n’ont pas été suffisamment approfondies:

—

la diminution de l’emploi qui pourrait affecter le secteur public sous l’effet de l’automatisation et la nécessité de procéder à la requalification des travailleurs et de résoudre les problèmes sociaux,

—

l’égalité des droits et des obligations entre le secteur public et privé pour ce qui concerne l’accessibilité des données,

—

les compensations à octroyer aux entreprises publiques,

—

la protection des infrastructures sensibles,

—

le souci d’éviter les doubles emplois entre la directive et les textes normatifs régissant un secteur ou un territoire donné,

—

les atteintes à la concurrence pour les entreprises publiques.

1.5.6.

Point de vue du CESE: dans la proposition de refonte de la directive, la Commission a expressément souligné la nécessité d’apporter des modifications pour remédier aux insuffisances de la directive relevées précédemment. Toutefois, elle n’apporte aucune amélioration notable concernant celles-ci, car elle ne parvient pas à trouver un équilibre entre les différents intérêts des divers groupes de parties prenantes. En particulier, les conditions prévues en matière d’échange d’informations ne sont pas les mêmes pour les entreprises publiques et les entreprises privées.

Recommandation du CESE: le Comité invite la Commission à reconsidérer sa position relative aux améliorations concernant les problèmes relevés dans le cadre de l’évaluation de la directive précédente. Il conviendrait qu’elle précise:

—

les objectifs à atteindre par la refonte de la directive, en tenant compte de la situation actuelle caractérisée par la diversité des intérêts et préoccupations des différents groupes de parties prenantes,

—

les conditions de la transition permettant d’avancer de manière progressive dans la réalisation des objectifs de la refonte de la directive, en faisant le lien entre les différents points de la directive et d’autres documents législatifs ou activités de manière à trouver un équilibre entre les intérêts divergents des groupes de parties intéressées.

2. Aperçu du contenu du projet de directive

2.1. Contexte des modifications apportées à la directive

2.1.1.

Dans les États membres, le secteur public produit un fort volume de données, qui garantissent que les prestations de services par des acteurs du privé ou du public s’effectuent avec une efficacité accrue et que la prise de décision soit assise sur des bases plus solides, si bien que depuis plusieurs années, l’Union européenne favorise la réutilisation des informations du secteur public (d’État), ou «ISP». Le réexamen de la directive sur les informations du secteur public constitue, en ce qui concerne l’accessibilité et la réutilisation des données financées sur des fonds publics, une initiative de poids, que la Commission a annoncée dans l’examen à mi-parcours de la mise en œuvre de la stratégie pour le marché unique numérique (MUN).

2.1.2.

La Commission a réexaminé la directive et l’a adaptée aux évolutions les plus récentes dans le domaine de la gestion et de l’utilisation des données:

—

le 17 novembre 2003 a été adoptée la directive 2003/98/CE du Parlement européen et du Conseil concernant la réutilisation des informations du secteur public, ou «directive ISP».

Ladite directive visait à faciliter la réutilisation de ces informations du secteur public dans toute l’Union en harmonisant les conditions fondamentales relatives à leur réemploi et en éliminant les principaux obstacles qui s’y opposaient dans le marché intérieur,

—

en juillet 2013, la directive 2003/98/CE a été modifiée par la directive 2013/37/UE.

Ces modifications ont instauré une obligation d’autoriser la réutilisation des données publiques généralement accessibles et ont étendu le champ d’application de la directive. Elles ont imposé une règle de tarification par défaut, qui limite le montant des redevances concernées aux coûts marginaux encourus pour la reproduction, la mise à disposition et la diffusion de l’information et ont fait obligation aux organismes du secteur public de montrer davantage de transparence concernant les règles et conditions tarifaires qu’ils appliquent,

—

le 25 avril 2018 a été publiée une proposition de modifications de la directive sur les informations du secteur public qui en donne une version remaniée [COM(2018) 234 final]. Elle modifie en profondeur ladite directive 2003/98/CE et y ajoute plusieurs dispositions nouvelles. Conformément à son article 13, il a été procédé à un réexamen de la manière dont elle a fonctionné jusqu’à présent et à un relevé des points où elle posait des problèmes. C’est pour parvenir à une meilleure exploitation du potentiel des informations émanant du secteur public que la directive de refonte prévoit des améliorations pour plusieurs des domaines dans lesquels l’évaluation a noté l’existence de difficultés.

2.1.3.

Les modifications qu’il est proposé d’apporter à la directive constituent une proposition qui s’inscrit dans le cadre du troisième train de mesures sur les données, que la Commission a adopté le 25 avril 2018 et qui comprend la communication «Vers un espace européen commun des données» (1), laquelle procède à un examen fouillé de la question de l’accès du secteur privé aux données d’intérêt public et fixe les principes fondamentaux pour le partage de données des entreprises, tant entre elles (B2B) qu’avec le secteur public (B2G).

2.1.3.1.

Concernant la réutilisation des données entre les entreprises du secteur privé (B2B), les grands principes mentionnés dans la communication sont:

—

la transparence,

—

la création commune de valeur,

—

le respect des critères commerciaux de chacune des parties,

—

la garantie d’une concurrence non faussée,

—

un verrouillage des données réduit au minimum.

2.1.3.2.

Pour ce qui est de la réutilisation des données du privé dans le secteur public (B2G), la communication énumère les grands principes suivants:

—

la proportionnalité dans l’utilisation des données du secteur privé,

—

la limitation de la finalité,

—

l’impératif du «ne pas nuire»,

—

les conditions de réutilisation des données,

—

la réduction des restrictions concernant les données du secteur privé,

—

la transparence et la participation du public.

2.2. Objectifs des modifications apportées à la directive

2.2.1.

Objectifs généraux:

—

maximiser l’effet positif de la directive existante concernant les informations du secteur public, renforcer l’économie des données dans l’Union européenne, augmenter le volume de données du secteur public qui est disponible pour une réutilisation,

—

garantir, au niveau de l’Union européenne, des conditions comparables en ce qui concerne l’accès aux données, en assurant une concurrence équitable,

—

réduire la charge administrative des détenteurs d’informations réutilisables du secteur public,

—

renforcer la position des PME sur le marché des données, en veillant à ce qu’elles n’aient pas à affronter des obstacles qui les empêchent de réutiliser les données publiques à des fins commerciales).

2.2.2.

Objectifs particuliers:

—

apporter des améliorations dans les quatre principaux domaines problématiques recensés lors de l’évaluation du fonctionnement antérieur de la directive.

2.3. Principaux domaines problématiques (améliorables) dans le fonctionnement antérieur de la directive

2.3.1.

Domaine problématique des «données dynamiques» et interfaces de programmation d’applications (API)

—

L’accès en temps réel aux données que possèdent les institutions du secteur public n’est pas total, en particulier dans le cas de celles de type dynamique, qui sont modifiées à intervalles réguliers.

—

Des lacunes sont constatées quant à la présence de moyens techniques adaptés (interfaces de programmation d’applications, ou «API») et à leur utilisation.

2.3.2.

Domaine problématique de la «tarification»

—

Pour la réutilisation de leurs données, les organismes du secteur public invoquent diverses dispositions, actuellement autorisées, qui définissent des situations dérogatoires et ils exigent des redevances qui sont bien plus élevées qu’il ne serait nécessaire pour couvrir leurs coûts et font ainsi subir au marché des distorsions qui favorisent les grandes sociétés et posent des obstacles aux petites et moyennes entreprises, lesquelles ne peuvent se permettre d’acheter ces informations publiques.

2.3.3.

Domaine problématique du «champ d’application de la directive sur les informations du secteur public»

—

La directive sur les informations du secteur public ne s’applique pas aux organismes actifs dans le secteur des services d’utilité publique et des transports.

—

Son champ d’application ne couvre pas les données provenant de la recherche financée sur fonds publics.

2.3.4.

Domaine problématique du «verrouillage des données du secteur public»

—

Les détenteurs de données du secteur public passent des accords d’exclusivité avec le secteur privé pour tirer davantage de profits de leurs données, et ils en limitent ainsi le nombre de réutilisateurs potentiels.

2.4. Pistes possibles et solution retenue pour apporter des améliorations dans les domaines problématiques

2.4.1.

S’agissant des actions envisageables pour le futur, l’analyse d’impact (2) a examiné les options suivantes:

a)

un scénario de référence, consistant à maintenir l’approche actuelle sans y apporter de changement;

b)

l’abandon de l’action actuelle de l’Union européenne, par l’abrogation de la directive sur les informations du secteur public;

c)

la prise de mesures juridiques de nature exclusivement non contraignante;

d)

une solution intégrée, combinant des modifications de la directive sur les informations du secteur public avec une législation non contraignante.

2.4.2.

Choix d’une piste pour améliorer les points problématiques:

—

parmi les différentes pistes, l’option a) a été retenue comme scénario de base et comparée aux résultats que produiraient les autres démarches,

—

les variantes b) et c) ont été écartées d’emblée,

—

tandis que l’approche d) a été prise comme base pour la création de deux sous-variantes, dont tous les éléments présentent une intensité législative:

—

faible pour la première,

—

forte pour la seconde.

La solution retenue par la Commission consiste en un train de mesures mixte, qui prévoit des interventions réglementaires de moindre intensité, avec une mise à jour des dispositions non contraignantes existantes, et constitue donc une «intervention à faible intensité législative».

3.

Observations générales

Le Comité a procédé à une évaluation des changements envisagés par la directive en suivant trois perspectives:

—

les principales modifications et adjonctions apportées au texte de base de la directive (paragraphe 3.1 de l’avis),

—

la conformité des modifications et compléments apportés à la directive au regard des objectifs généraux (paragraphe 3.2 de l’avis),

—

la conformité des modifications et compléments apportés à la directive au regard des principaux domaines susceptibles d’être améliorés (paragraphe 3.3 de l’avis).

3.1. Principales modifications et adjonctions apportées au texte de base de la directive

3.1.1. Chapitre premier de la directive — Dispositions générales

Modifications à l’article premier de la directive — Objet et champ d’application:

—

Les modifications élargissent le champ d’application de la directive en y englobant les données qui ressortissent au domaine des services publics et des prestations de transport ou qui sont issues de la recherche.

—

Le texte de l’exposé des motifs de la directive (3) précise:

—

qu’en ce qui concerne les «données dans le secteur des transports et des services d’utilité publique», «un ensemble limité d’obligations s’appliquera» pour les entreprises publiques: elles «peuvent facturer au-dessus des coûts marginaux de diffusion et ne sont pas tenues de divulguer les données qu’elles ne veulent pas divulguer»,

—

que s’agissant des «données de la recherche», les États membres seront tenus d’élaborer des politiques de libre accès aux données résultant de la recherche; cette disposition est en fait vide de contenu au niveau de l’Union européenne, car comme c’est le cas jusqu’à présent, elle laisse aux pays qui la constituent la faculté de trancher en ce qui concerne toutes ces activités.

Point de vue du CESE:

—

Le Comité est partiellement favorable aux modifications envisagées, tout en estimant qu’elles ne contribueront pas suffisamment à résoudre le problème du champ d’application de la directive sur les informations du secteur public, dont l’extension peut aboutir à des distorsions de marché entre entreprises du public et du privé qui opèrent sur le même marché. En étendant ledit champ d’application aux entreprises privées, il serait possible de résoudre cette difficulté et, dans le même temps, d’encourager l’innovation dans les entreprises publiques.

—

Les modifications envisagées exigeront un surcroît de travail et de moyens financiers.

3.1.2. Chapitre II de la directive — Demandes de réutilisation

Modifications à l’article 4 de la directive — Exigences applicables au traitement des demandes de réutilisation:

—

Il est prévu des situations qui font exception aux exigences applicables pour le traitement des demandes de réutilisation.

Point de vue du CESE: le Comité est favorable aux modifications envisagées en ce qui concerne les exceptions, tout en estimant cependant que si l’on considère qu’il devient de plus en plus souvent nécessaire d’obtenir rapidement des informations ou des documents, le délai maximal de vingt jours ouvrables actuellement fixé pour la communication de ces éléments peut être raccourci dans le cas de demandes touchant à des données qui se prêtent à être aisément mises à disposition.

3.1.3. Chapitre II de la directive — Demandes de réutilisation

Modifications à l’article 5 de la directive — Formats disponibles:

—

Il est précisé que les organismes du secteur public et les entreprises publiques mettent les données dynamiques à disposition aux fins de réutilisation aussitôt qu’elles ont été recueillies, en recourant à des interfaces adaptées de programmation d’applications (API).

—

Il est prévu que dans les cas où leur mise à disposition immédiate excède les capacités financières et techniques de l’organisme du secteur public ou de l’entreprise publique, l’accès aux documents doit être assuré dans un délai qui ne préjudicie pas indûment à l’exploitation de leur potentiel économique.

—

L’option retenue, qui invite les États membres, de manière «non contraignante», à s’employer à «mettre les données dynamiques à disposition en temps utile et d’instaurer des API», est celle de l’«intervention à faible intensité législative».

Point de vue du CESE:

—

Le Comité endosse en partie les modifications qu’il est prévu d’apporter et il juge que globalement, elles aideront à apporter une solution à la problématique des «données dynamiques», tout en relevant qu’il n’est pas possible d’effectuer des contrôles ou des prévisions quant aux effets des modifications préconisées, et, en particulier, que leur incidence à court terme pourrait ne pas s’avérer suffisante.

—

Initialement, les détenteurs de données augmenteront leurs tarifs, car ils devront développer des interfaces de programmation d’applications et introduire de nouvelles technologies, mais ils peuvent espérer tirer des avantages à long terme de l’optimalisation de leurs méthodes de travail; en outre, il y a lieu de tenir compte des changements que l’automatisation pourrait produire pour l’emploi dans le secteur public, ainsi que de la nécessité de répondre aux difficultés sociales.

Modifications à l’article 10 de la directive — Disponibilité et réutilisation des données de la recherche:

—

Il est indiqué que les États membres encouragent la mise à disposition des données de la recherche, en adoptant les politiques et les mesures nécessaires à l’échelon national afin de rendre librement accessibles les données résultant de la recherche financée au moyen de fonds publics («politiques de libre accès»).

Point de vue du CESE: le Comité adhère partiellement à la formulation du texte tel que remanié, car il estime que, dans l’ensemble, elle améliorera le fonctionnement de la directive sur les informations du secteur public, mais il juge que ce libellé ne parvient pas à apporter une solution suffisante au problème du «champ d’application de la directive sur les informations du secteur public», car il prend la forme d’une formule purement déclarative, qui n’édicte aucune règle au niveau de l’Union européenne, laissant les États membres entièrement libres de décider en ce qui concerne toutes les activités envisageables.

3.1.4. Chapitre IV de la directive — Non-discrimination et commerce équitable

Modifications à l’article 12 de la directive — Interdiction des accords d’exclusivité:

—

Il est prévu qu’en cas d’occurrence d’une situation où bien que n’équivalant pas à l’octroi de droits exclusifs, des dispositifs juridiques ou pratiques sont susceptibles de limiter la réutilisation de documents, ils devront être rendus publics au moins deux mois avant leur entrée en vigueur.

—

L’option prévue, qui relève de l’«intervention à faible intensité législative», se borne à prescrire des obligations de transparence, sans interdire, comme en dispose la variante à «forte intensité législative», les activités qui aboutissent à verrouiller les données concernées.

Point de vue du CESE: le Comité approuve pour partie les modifications qui sont projetées, considérant qu’elles favoriseront des progrès pour résoudre le problème du «verrouillage des données du secteur public». Il convient toutefois de ne pas compromettre cet objectif de renforcement des PME en instaurant des interdictions trop sévères de verrouillage des données, qui empêcheraient que des projets novateurs puissent être élaborés et mis en œuvre à l’échelle locale en collaboration avec de telles entreprises.

3.1.5. Chapitre V de la directive — Ensembles de données de forte valeur

Modifications à l’article 13 de la directive — Liste des ensembles de données de forte valeur:

—

La Commission définit les modalités régissant l’établissement de la liste des ensembles de données de forte valeur, ainsi que leur publication et leur réutilisation.

Point de vue du CESE:

—

Le Comité est favorable aux modifications projetées, car elles contribueront à accroître le niveau de réutilisation des informations des services publics.

—

Il faut prendre en considération que des dépenses supplémentaires sont à prévoir pour l’élaboration technologique des procédures en la matière et que les détenteurs des données subiront une baisse de leurs rentrées.

—

Le texte ne fixe pas précisément la manière dont la liste des données de forte valeur sera dressée, tenue à jour et exploitée.

—

Il ne prévoit explicitement de mécanismes de compensation au profit des détenteurs de données quand ils les fournissent gratuitement.

3.2. Conformité des modifications et compléments apportés à la directive au regard des objectifs généraux

3.2.1. Objectif: maximiser ses effets positifs actuels concernant les informations du secteur public, renforcer l’économie des données dans l’Union européenne, augmenter le volume de données du secteur public qui est disponible pour une réutilisation

Point de vue du CESE: les modifications prévues sont, dans leur ensemble, axées sur la réalisation de cet objectif général.

3.2.2. Objectif: garantir, au niveau de l’Union européenne, des conditions comparables en ce qui concerne l’accès aux données, en assurant une concurrence équitable

Point de vue du CESE: les modifications prévues visent, d’une manière directe et dépourvue d’ambiguïté, la réalisation de cet objectif général:

—

en apportant des améliorations concernant les conditions de tarification (article 6 de la directive),

—

en durcissant la réglementation concernant les possibilités de conclure des accords d’exclusivité (article 12 de la directive),

—

en prescrivant strictement un accès gratuit aux données, s’agissant de celles formant des ensembles à forte valeur ajoutée (article 13 de la directive),

—

dans le même temps, le CESE attire l’attention sur le risque que des obligations unilatérales s’appliquant à des entreprises publiques qui sont en concurrence directe avec des entreprises privées, conduisent à des distorsions sur le marché.

3.2.3. Objectif: réduire la charge administrative des détenteurs d’informations réutilisables du secteur public

Point de vue du CESE: il est permis de porter une appréciation globalement positive sur les modifications prévues:

—

en ce qui concerne le recours aux nouveaux moyens technologiques, elles réduiront à long terme la charge administrative des détenteurs d’informations réutilisables dans le secteur public, grâce aux articles 5 et 13 de la directive,

—

toutefois, il faut prendre en considération les changements qu’elles peuvent induire pour l’emploi dans ledit secteur et tenir compte de la nécessité d’apporter une solution aux problèmes sociaux qui peuvent en résulter.

3.2.4. Objectif: renforcer la position des PME sur le marché des données, en veillant à ce qu’elles n’aient pas à affronter des obstacles qui les empêchent de réutiliser les données publiques à des fins commerciales

Point de vue du CESE: les modifications prévues tendent à la réalisation de cet objectif, et aboutiront, si elles sont mises en œuvre, à améliorer la position des PME du point de vue des possibilités dont elles disposent pour réutiliser les données du secteur public, grâce aux articles 6, 12 et 13 de la directive, mais la production, l’innovation et le développement des PME ne doivent pas être entravés par une obligation excessive de transmission des données des partenaires de coopération du secteur public ou par l’interdiction des droits exclusifs.

3.3. Conformité des modifications et compléments apportés à la directive au regard des principaux domaines susceptibles d’être améliorés

3.3.1. Domaine susceptible d’être amélioré: les «données dynamiques et API »

Améliorations prévues:

—

Renforcer l’invitation «non contraignante», adressée aux États membres, de mettre les données dynamiques à disposition en temps utile et d’instaurer des interfaces de programmation d’applications (article 5 de la directive).

—

Durcir la prescription que les États membres garantissent la possibilité de réutiliser un nombre limité d’ensembles de données à forte valeur (article 13 de la directive).

Point de vue du CESE:

—

Les modifications prévues répondent en partie aux besoins d’améliorer la situation du secteur qui pose problème (paragraphe 3.1.3 de l’avis).

—

Si, à long terme, les changements envisagés contribueront à résoudre les questions de l’accès aux données dynamiques et favoriseront leur réutilisation et le recours aux nouvelles technologies pour leur échange automatique, grâce aux interfaces de programmation d’applications, la mise à disposition des données en temps utile devrait être une obligation appliquée de manière flexible, de manière à pouvoir compenser les difficultés liées aux situations locales et à tenir compte des pratiques sur le terrain.

3.3.2. Domaine susceptible d’être amélioré: la «tarification »

Améliorations prévues:

—

Définir des règles plus restrictives concernant la faculté dont disposent les États membres d’invoquer des exceptions à la règle générale selon laquelle les organismes du secteur public ne peuvent facturer des montants supérieurs aux coûts marginaux de diffusion (article 6 de la directive).

—

Prévoir une liste des ensembles de données à forte valeur auxquels un libre accès devra être assuré dans tous les États membres (article 13 de la directive).

Point de vue du CESE:

—

Les modifications prévues répondent aux besoins d’améliorer la situation du secteur qui pose problème (paragraphe 3.1.5 de l’avis). Dans le même temps, le CESE souligne qu’une compensation adéquate pour les frais encourus est d’une importance essentielle pour les entreprises publiques.

—

Les changements ainsi prévus contribueront à résoudre les questions de tarification majorée et favoriseront la réutilisation des données, notamment en les rendant plus accessibles pour les entreprises de la catégorie des PME.

3.3.3. Domaine susceptible d’être amélioré: le «champ d’application de la directive sur les informations du secteur public »

Améliorations prévues:

—

Il est prévu d’étendre l’objet et le champ d’application de la directive (article premier de la directive).

—

Les États membres seront tenus d’élaborer des politiques de libre accès aux données résultant de la recherche financée au moyen de fonds publics tout en conservant une certaine souplesse de mise en œuvre (article 10 de la directive).

Point de vue du CESE: les modifications envisagées ne suffisent pas pour améliorer la situation dans le domaine qui pose problème (paragraphes 3.1.1 et 3.1.3 de l’avis).

3.3.4. Domaine problématique du «verrouillage des données du secteur public »

Améliorations prévues: il est préconisé de donner une définition plus stricte des exigences de non-exclusivité et de transparence concernant les accords public-privé impliquant des informations du secteur public (articles 11 et 12 de la directive).

Point de vue du CESE:

—

Les modifications envisagées ne suffisent pas pour améliorer la situation dans le domaine qui pose problème (paragraphe 3.1.4 de l’avis).

—

Même si les changements qui sont projetés apporteront un progrès partiel pour surmonter la difficulté que pose le verrouillage des données et favoriseront leur réutilisation, il importe d’éviter que des mesures excessives destinées à éviter ce verrouillage n’entravent les projets et les partenariats innovants.

4. Observations particulières

4.1. Analyse d’impact des modifications prévues

4.1.1.

L’analyse d’impact des changements envisagés constitue un document important, qui a servi de base pour tirer des conclusions et arrêter des décisions, aboutissant à procéder dans le texte de la directive à des modifications et des compléments qui produiront à leur tour des effets importants pour tous les États membres de l’Union européenne.- En conséquence, il importe tout particulièrement d’avoir toute assurance pour ce qui a trait à la méthodologie suivie afin d’évaluer l’impact des changements, ainsi qu’à l’objectivité et la fiabilité des résultats obtenus.

4.1.2.

Le comité d’examen de la réglementation (4) a relevé dans le rapport d’analyse d’impact les déficiences suivantes:

—

il ne reflète pas suffisamment les avis des parties prenantes et, en particulier, ne tient pas compte comme il le devrait des inquiétudes exprimées par les acteurs intéressés concernant la sécurité des données à caractère personnel et la protection des bases de données,

—

il ne fournit pas assez d’explications quant à la manière dont les modifications envisagées s’accordent avec la directive sur les bases de données et le règlement général sur la protection des données (RGPD),

—

il ne décrit pas avec assez de détail les différentes options de modification possibles et ces possibilités forment un éventail qui, par son uniformité, est trop étroit pour offrir un véritable choix entre des voies différentes.

Point de vue du CESE:

—

Il est nécessaire de remédier aux faiblesses détectées par le comité d’examen de la réglementation.

—

Il convient d’engager, s’il y a lieu, les actions de correction correspondantes en ce qui concerne les modifications à la directive.

4.1.3.

La synthèse succincte de l’analyse d’impact (5) évoque les différents intérêts exprimés par les groupes concernés:

—

les détenteurs de données, à savoir les représentants du secteur public, sont plutôt favorables au maintien du statu quo en ce qui concerne la réutilisation des données du secteur public, ou au scénario de l’«intervention de faible intensité législative»,

—

les réutilisateurs, y compris les PME, accordent leur préférence aux pistes de modifications propres à assurer des avancées plus rapides et efficaces pour augmenter le volume des données réutilisées, c’est-à-dire à des pistes à «forte intensité législative».

Point de vue du CESE:

—

Bien que la directive ait pour objectif d’accroître l’ampleur de la réutilisation de données et de conforter la position des PME sur ce marché de la donnée, les distorsions du marché éventuelles ne doivent pas être perdues de vue. Par conséquent, la Commission n’en a pas moins choisi l’option de l’«intervention à faible intensité législative» et, dès lors, ne parvient pas à tirer pleinement parti du réservoir d’amélioration possible dans les domaines qui posent problème.

—

Pour garantir des avancées plus efficaces vers la réalisation des objectifs que poursuivent les modifications apportées à la directive, il convient d’évaluer les résultats des mesures adoptées.

4.1.4.

L’analyse d’impact a cerné et évalué les points de vue de chaque groupe d’acteurs concernés (6):

—

Pour déterminer des interventions propres à résoudre chaque problème, en choisissant entre les options de l’action à «faible» ou à «forte» intensité législative, il est d’une importance capitale de recueillir l’avis des groupes intéressés.

—

Le document d’analyse d’impact traduit les positions de ces différents groupes de parties prenantes concernant l’évaluation générale de la manière dont la directive fonctionne et les changements qui seraient souhaitables.

Point de vue du CESE:

—

Le document d’analyse d’impact ne reflète pas de manière suffisamment concrète le point de vue des parties intéressées concernant le choix à effectuer entre les pistes de l’intervention à «faible» et à «forte» intensité législative.

—

Au sein de ces groupe d’acteurs concernés, il n’a pas opéré de distinction en fonction des intérêts, attentes, types d’information ou formes d’activités qui sont en jeu, par exemple en faisant la différence entre les détenteurs de données qui ne perçoivent pas de rémunération pour leur fourniture, ceux qui en reçoivent une, leurs utilisateurs, les grandes et les petites et moyennes entreprises, ou les autres institutions du secteur public.

—

Il ne définit pas la position de chaque catégorie de parties prenantes concernant les différentes options envisageables pour résoudre chaque problème.

—

Il ne jauge ni le poids spécifique, quantitatif, que chacun de ces groupes concernés présente par rapport à l’ensemble de la société, ni, par conséquent, la véritable ampleur de leur représentativité et de leur influence propres.

4.2. Autres questions insuffisamment traitées concernant la directive

4.2.1.

Le Comité estime que le texte du projet de directive et le document d’analyse d’impact ne tiennent pas suffisamment compte de diverses problématiques importantes pour les acteurs intéressés, et il recommande d’examiner plus avant les questions suivantes:

—

l’égalité des droits et des obligations entre le secteur public et privé pour ce qui concerne l’accessibilité des données,

—

le dédommagement du secteur public pour compenser la fourniture de données au titre de l’obligation de les rendre accessibles gratuitement,

—

la protection des «infrastructures sensibles», à savoir les cas de figure qui, en rapport avec les «infrastructures sensibles», font exception pour l’application de la directive,

—

le souci d’éviter les doublons, étant donné qu’il convient d’harmoniser la directive avec les actes législatifs qui existent dans le secteur en ce qui concerne l’échange de données et leur exploitation,

—

les menaces pour la concurrence, les entreprises publiques pouvant être mises en danger lorsqu’elles doivent fournir gratuitement des informations à des firmes privées qui sont leurs concurrentes,

—

le risque d’une diminution du niveau de l’emploi dans le secteur public sous l’effet de l’automatisation et la nécessité de procéder à la requalification de ses travailleurs et de résoudre les problèmes sociaux.

4.3. Communication «Vers un espace européen commun des données»

4.3.1.

Le Comité approuve et soutient la Commission quand, dans sa communication, elle fait valoir que l’accès aux données du secteur public et aux données obtenues au moyen de fonds publics, ainsi que la réutilisation de ces informations, constituent des éléments essentiels d’un espace européen commun de données. Cette position est en parfaite cohérence avec les activités menées en rapport avec la révision de la directive concernant la réutilisation des informations du secteur public. Ladite communication énumère les buts que poursuit cette refonte, et le Comité estime que les avancées accomplies vers la réalisation de ces objectifs augmenteront la disponibilité de données propres à être réutilisées.

4.3.2.

Le Comité porte un jugement positif sur les grands principes que formule la communication pour le partage des données des entreprises, tant entre elles (B2B) qu’avec les instances du secteur public (B2G), et il estime qu’ils pourraient ainsi jeter des bases solides pour mener ultérieurement des activités avec les acteurs intéressés.

4.3.3.

Le Comité exprime son soutien aux mesures qui sont exposées dans la communication et il considère qu’elles donneront aux entreprises et aux administrations publiques un accès plus aisé aux données provenant de tout un éventail de sources, secteurs et disciplines dans l’Union européenne et qu’elles en favoriseront la réutilisation.

Bruxelles, le 17 octobre 2018.

Le président du Comité économique et social européen

Luca JAHIER


(1) Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions «Vers un espace européen commun des données», COM(2018) 232 final.

(2) Analyse d’impact, SWD(2018) 127.

(3) Proposition de directive du Parlement européen et du Conseil concernant la réutilisation des informations du secteur public (refonte), COM(2018) 234 final.

(4) Avis du comité d’examen de la réglementation, SEC(2018) 206.

(5) Résumé de l’analyse d’impact, SWD(2018) 128 final.

(6) Analyse d’impact, SWD(2018) 127.


ANNEXE

L’assemblée plénière a adopté des amendements visant à supprimer les passages ci-dessous, qui figuraient dans l’avis de la section spécialisée; le maintien de chacun de ces paragraphes a toutefois recueilli au moins un quart des voix exprimées:

Modifications à l’article premier de la directive — Objet et champ d’application:

—

Les modifications élargissent le champ d’application de la directive en y englobant les données qui ressortissent au domaine des services publics et des prestations de transport ou qui sont issues de la recherche.

—

Le texte de l’exposé des motifs de la directive (1) précise:

—

qu’en ce qui concerne les «données dans le secteur des transports et des services d’utilité publique», «un ensemble limité d’obligations s’appliquera» pour les entreprises publiques: elles «peuvent facturer au-dessus des coûts marginaux de diffusion et ne sont pas tenues de divulguer les données qu’elles ne veulent pas divulguer»,

—

que s’agissant des «données de la recherche», les États membres seront tenus d’élaborer des politiques de libre accès aux données résultant de la recherche; cette disposition est en fait vide de contenu au niveau de l’Union européenne, car comme c’est le cas jusqu’à présent, elle laisse aux pays qui la constituent la faculté de trancher en ce qui concerne toutes ces activités.

Point de vue du CESE:

—

Le Comité est partiellement favorable aux modifications envisagées, tout en estimant qu’elles ne contribueront pas suffisamment à résoudre le problème du champ d’application de la directive sur les informations du secteur public, dont l’extension revêt un caractère de pure forme, sans s’accompagner d’un véritable élargissement des obligations et responsabilités.

—

Les modifications envisagées exigeront un surcroît de travail et de moyens financiers, en l’occurrence des dépenses à brève échéance pour les détenteurs de données, mais elles produiront sur le long terme des avantages tant pour eux que pour les acteurs qui réutilisent ces informations.

Résultat du vote

Voix pour:

80

Voix contre:

52

Abstentions:

16

3.1.2. Chapitre II de la directive — Demandes de réutilisation

Modifications à l’article 4 de la directive — Exigences applicables au traitement des demandes de réutilisation:

—

Il est prévu des situations qui font exception aux exigences applicables pour le traitement des demandes de réutilisation.

Point de vue du CESE: le Comité est favorable aux modifications envisagées en ce qui concerne les exceptions, tout en estimant cependant que si l’on considère qu’il devient de plus en plus souvent nécessaire d’obtenir rapidement des informations ou des documents, le délai maximal de vingt jours ouvrables actuellement fixé pour la communication de ces éléments est d’une longueur excessive et qu’il conviendrait de le raccourcir, en optimisant les procédures de travail des organismes du secteur public.

Résultat du vote

Voix pour:

83

Voix contre:

55

Abstentions:

7

3.1.4. Chapitre IV de la directive — Non-discrimination et commerce équitable

Modifications à l’article 12 de la directive — Interdiction des accords d’exclusivité:

—

Il est prévu qu’en cas d’occurrence d’une situation où bien que n’équivalant pas à l’octroi de droits exclusifs, des dispositifs juridiques ou pratiques sont susceptibles de limiter la réutilisation de documents, ils devront être rendus publics au moins deux mois avant leur entrée en vigueur.

—

L’option prévue, qui relève de l’«intervention à faible intensité législative», se borne à prescrire des obligations de transparence, sans interdire, comme en dispose la variante à «forte intensité législative», les activités qui aboutissent à verrouiller les données concernées.

Point de vue du CESE: le Comité approuve pour partie les modifications qui sont projetées, considérant qu’elles favoriseront des progrès pour résoudre le problème du «verrouillage des données du secteur public»; néanmoins, comme le résultat qui sera obtenu ne suffira pas à y apporter une solution de fond, il juge qu’il serait plus fructueux, dans cette problématique, d’opter pour l’approche qui interdirait les activités aboutissant à verrouiller les données.

Résultat du vote

Voix pour:

80

Voix contre:

60

Abstentions:

12

3.2.2. Objectif: garantir, au niveau de l’Union européenne, des conditions comparables en ce qui concerne l’accès aux données, en assurant une concurrence équitable

Point de vue du CESE: les modifications prévues visent, d’une manière directe et dépourvue d’ambiguïté, la réalisation de cet objectif général:

—

en apportant des améliorations concernant les conditions de tarification (article 6 de la directive),

—

en durcissant la réglementation concernant les possibilités de conclure des accords d’exclusivité (article 12 de la directive),

—

en prescrivant strictement un accès gratuit aux données, s’agissant de celles formant des ensembles à forte valeur ajoutée (article 13 de la directive)

Résultat du vote

Voix pour:

80

Voix contre:

61

Abstentions:

9

3.2.4. Objectif: renforcer la position des PME sur le marché des données, en veillant à ce qu’elles n’aient pas à affronter des obstacles qui les empêchent de réutiliser les données publiques à des fins commerciales

Point de vue du CESE: les modifications prévues tendent à la réalisation de cet objectif, et aboutiront, si elles sont mises en œuvre, à améliorer la position des PME du point de vue des possibilités dont elles disposent pour réutiliser les données du secteur public, grâce aux articles 6, 12 et 13 de la directive, mais elles auraient pu s’avérer plus efficaces si l’on avait choisi l’option d’une «intervention à forte intensité législative».

Résultat du vote

Voix pour:

76

Voix contre:

53

Abstentions:

6

3.3.1. Domaine susceptible d’être amélioré: les «données dynamiques et API »

Améliorations prévues:

—

Renforcer l’invitation «non contraignante», adressée aux États membres, de mettre les données dynamiques à disposition en temps utile et d’instaurer des interfaces de programmation d’applications (article 5 de la directive).

—

Durcir la prescription que les États membres garantissent la possibilité de réutiliser un nombre limité d’ensembles de données à forte valeur (article 13 de la directive).

Point de vue du CESE:

—

Les modifications prévues répondent en partie aux besoins d’améliorer la situation du secteur qui pose problème (paragraphe 3.1.3 de l’avis).

—

Si, à long terme, les changements envisagés contribueront à résoudre les questions de l’accès aux données dynamiques et favoriseront leur réutilisation et le recours aux nouvelles technologies pour leur échange automatique, grâce aux interfaces de programmation d’applications, il faut néanmoins bien voir que dans la mesure où l’impératif «de mettre les données dynamiques à disposition en temps utile» ne s’impose que de manière «non contraignante» aux États membres, il n’est pas possible d’effectuer des contrôles ou des prévisions quant aux effets des modifications préconisées, et, en particulier, que leur incidence à court terme pourrait ne pas s’avérer suffisante.

Résultat du vote

Voix pour:

77

Voix contre:

58

Abstentions:

10

3.3.3. Domaine susceptible d’être amélioré: le «champ d’application de la directive sur les informations du secteur public »

Améliorations prévues:

—

Il est prévu d’étendre l’objet et le champ d’application de la directive (article premier de la directive).

—

Les États membres seront tenus d’élaborer des politiques de libre accès aux données résultant de la recherche financée au moyen de fonds publics tout en conservant une certaine souplesse de mise en œuvre (article 10 de la directive).

Point de vue du CESE:

—

Les modifications envisagées ne suffisent pas pour améliorer la situation dans le domaine qui pose problème (paragraphes 3.1.1 et 3.1.3 de l’avis).

—

Effectuée par le recours à l’option de l’«intervention à faible intensité législative», l’extension du champ d’application de la directive revêt un caractère de pure forme, qui n’aboutit pas réellement à augmenter les obligations et ne résout pas la problématique concrète.

Résultat du vote

Voix pour:

78

Voix contre:

61

Abstentions:

10

3.3.4. Domaine problématique du «verrouillage des données du secteur public »

Améliorations prévues: il est préconisé de donner une définition plus stricte des exigences de non-exclusivité et de transparence concernant les accords public-privé impliquant des informations du secteur public (articles 11 et 12 de la directive).

Point de vue du CESE:

—

Les modifications envisagées ne suffisent pas pour améliorer la situation dans le domaine qui pose problème (paragraphe 3.1.4 de l’avis).

—

Même si les changements qui sont projetés apporteront un progrès partiel pour surmonter la difficulté que pose le verrouillage des données et favoriseront leur réutilisation, la solution prévue de l’«intervention à faible intensité législative» ne résoudra pas avec suffisamment d’efficacité le problème dudit verrouillage tel qu’il a été relevé, et le Comité estime qu’il serait plus efficace d’emprunter la voie de l’«intervention à forte intensité législative».

Résultat du vote

Voix pour:

82

Voix contre:

57

Abstentions:

8

4.1.3.

La synthèse succincte de l’analyse d’impact (2) évoque les différents intérêts exprimés par les groupes concernés:

—

les détenteurs de données, à savoir les représentants du secteur public, sont plutôt favorables au maintien du statu quo en ce qui concerne la réutilisation des données du secteur public, ou au scénario de l’«intervention de faible intensité législative»,

—

les réutilisateurs, y compris les PME, accordent leur préférence aux pistes de modifications propres à assurer des avancées plus rapides et efficaces pour augmenter le volume des données réutilisées, c’est-à-dire à des pistes à «forte intensité législative».

Point de vue du CESE:

—

Bien que la directive ait pour objectif d’accroître l’ampleur de la réutilisation de données et de conforter la position des PME sur ce marché de la donnée, la Commission n’en a pas moins choisi l’option de l’«intervention à faible intensité législative» et, dès lors, ne parvient pas à tirer pleinement parti du réservoir d’amélioration possible dans les domaines qui posent problème.

—

Pour garantir des avancées plus efficaces vers la réalisation des objectifs que poursuivent les modifications apportées à la directive, il est indispensable d’adopter une démarche plus active et ciblée et d’opter pour des pistes relevant de l’«intervention à forte intensité législative» afin de résoudre chaque problème concret, au besoin en modifiant les différentes pistes mentionnées dans le document d’analyse d’impact.

Résultat du vote

Voix pour:

87

Voix contre:

58

Abstentions:

6


(1) Proposition de directive du Parlement européen et du Conseil concernant la réutilisation des informations du secteur public (refonte), COM(2018) 234 final.

(2) Résumé de l’analyse d’impact, SWD(2018) 128 final.


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