| CELEX | 52018AE3271 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mercredi 19 septembre 2018 |
| 6.12.2018 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 440/191 |
Avis du Comité économique et social européen sur la «Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil établissant le mécanisme pour l’interconnexion en Europe et abrogeant les règlements (UE) no 1316/2013 et (UE) no 283/2014»
[COM(2018) 438 final — 2018/0228 (COD)]
(2018/C 440/33)
| Rapporteur: | Aurel Laurenţiu PLOSCEANU |
| Corapporteur: | Graham WATSON |
| Consultations | Parlement européen, 14.6.2018 Conseil de l’Union européenne, 3.7.2018 |
| Base juridique | Articles 172, 194 et 304 du TFUE |
| Compétence | Section «Transports, énergie, infrastructures et société de l’information» |
| Adoption en section spécialisée | 6.9.2018 |
| Adoption en session plénière | 19.9.2018 |
| Session plénière no | 537 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 144/0/1 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le Comité économique et social européen (CESE) plaide en faveur d’un budget accru pour le mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE) après 2020, dans le cadre duquel les subventions demeurent la composante majeure. Un certain nombre de projets d’infrastructures énergétiques, numériques et de transport sont essentiels pour la compétitivité de l’Union européenne mais ne génèrent pas le retour sur investissement nécessaire pour attirer les investisseurs privés. Un engagement fort de la part de l’Union européenne et des pouvoirs publics nationaux est nécessaire à cet égard. |
| 1.2. | Le CESE préconise que la Commission européenne et les États membres favorisent davantage les synergies au niveau des projets entre les trois secteurs: ces dernières sont actuellement limitées, en raison de la rigidité du cadre budgétaire en ce qui concerne l’éligibilité des projets et des coûts. |
| 1.3. | Le CESE recommande à la Commission de continuer à fournir le soutien technique (mesures de soutien au programme MIE) visant à promouvoir l’éligibilité de projets de qualité parvenus à maturité et à favoriser la continuité de ce type d’assistance, ainsi qu’une mise à jour des critères d’évaluation afin de pouvoir déterminer plus aisément la valeur ajoutée des projets. Des mesures supplémentaires devraient être prises pour simplifier les exigences administratives, et pas uniquement dans le cas des petites subventions. |
| 1.4. | Le CESE prie instamment les colégislateurs de maintenir l’engagement pris dans le précédent règlement relatif au MIE, qui était de consacrer «la majeure partie» du budget de l’énergie aux projets relatifs à l’électricité. Cet engagement est essentiel pour garantir la conformité du MIE à la politique de l’Union européenne en matière de climat et d’énergie et éviter que le MIE devienne une source majeure de financement pour les projets relatifs aux énergies fossiles dans le cadre financier pluriannuel (CFP). Il est important que cet engagement soit renforcé et non affaibli dans le MIE pour la période 2021-2027. |
| 1.5. | Le CESE estime que les critères d’attribution relatifs aux projets visés à l’article 13 devraient être étendus pour inclure la sécurité de l’approvisionnement de tous les types d’énergie (électricité, gaz, chauffage, etc.) et les réductions des émissions de carbone enregistrées par chaque projet. |
| 1.6. | Le CESE souligne que le MIE doit cibler des projets dans le domaine de l’énergie qui soient à même de garantir à l’Union européenne une indépendance et une sécurité énergétiques accrues. De nouvelles installations de stockage de l’électricité doivent également être mises en place avec l’appui du MIE. |
| 1.7. | Le CESE recommande d’augmenter la capacité financière du programme MIE dans le cadre du prochain CFP. En ce qui concerne la répartition des subventions entre les trois secteurs, le CESE recommande d’examiner les conditions financières de chaque secteur, telles que l’intensité en capital et le retour sur investissement, en donnant la priorité aux investissements qui ne peuvent être financés par le marché, afin de maintenir un niveau élevé de crédibilité et d’attrait pour les investisseurs. |
| 1.8. | Le CESE recommande, dès lors, que le montant total de l’enveloppe budgétaire du MIE soit augmenté, ces secteurs étant cruciaux pour le marché intérieur. |
| 1.9. | Le CESE souligne que tant la Commission que les États membres doivent poursuivre les principaux objectifs du MIE en matière de politique des transports, à savoir l’achèvement du réseau central RTE-T (réseau transeuropéen de transport) d’ici à 2030 et la transition vers une mobilité propre, compétitive, innovante et connectée, y compris une épine dorsale d’infrastructures de recharge pour carburants de substitution d’ici à 2025. Les connexions multimodales et transfrontalières revêtent une importance capitale à cet égard. |
| 1.10. | Le CESE demande instamment aux colégislateurs de garantir que les projets bénéficiant de fonds du MIE donnent lieu à une concurrence large et équitable, en respectant la réciprocité dans la pratique et en appliquant les conditions contractuelles qui conjuguent efficacité et répartition équitable des risques. |
| 1.11. | Le CESE recommande aux colégislateurs de veiller à ce que la participation aux procédures d’appel d’offres correspondantes ne soit ouverte qu’aux seules entreprises établies dans les pays au sein desquels les marchés sont ouverts, dans le respect d’une véritable réciprocité, et à ce que le modèle de contrat utilisé soit adapté aux objectifs et aux conditions du projet. Les clauses contractuelles devraient être établies de manière à répartir équitablement les risques liés au marché, l’objectif principal étant d’obtenir le meilleur prix et l’exécution la plus efficace du contrat. Ce principe devrait s’appliquer indépendamment de l’utilisation ou non des contrats types nationaux ou internationaux (sur la base de l’article 3.21 des Politiques et règles de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement en matière de passation des marchés en date du 1er novembre 2017). |
| 1.12. | Le CESE soutient fermement la proposition visant à inclure dans le MIE couvrant la période 2021-2027 la coopération transfrontalière en matière de production d’énergies renouvelables. Le CESE suggère que les mesures en faveur des énergies renouvelables prises dans le cadre du mécanisme pour l’interconnexion en Europe s’inscrivent dans une stratégie globale dont l’objectif est de créer un réseau d’électricité renouvelable à l’échelle européenne permettant une intégration plus efficace des technologies d’énergie renouvelable, et de mieux tenir compte du potentiel des technologies à travers le continent. |
| 1.13. | Le CESE se réjouit du fait que les installations renouvelables figurent désormais parmi les projets éligibles dans le cadre du volet «énergie» du MIE et recommande de modifier le texte de manière à inclure à la fois les projets de grande envergure et les portefeuilles de projets à petite échelle afin de permettre à toutes les technologies de se livrer à une concurrence équitable pour l’obtention d’un financement. |
| 1.14. | Le CESE recommande de modifier les objectifs du MIE énumérés à l’article 3 pour inclure non seulement la facilitation de la coopération transfrontalière dans les domaines des sources d’énergie renouvelables, mais aussi le déploiement de ces dernières. |
| 1.15. | Le CESE constate que l’article 15, point c), dispose que les dépenses afférentes à l’achat de terrains ne constituent pas des coûts éligibles et prie instamment les colégislateurs d’examiner les avantages et inconvénients éventuels pour certains projets et technologies. En ce qui concerne les secteurs tels que les transports et l’énergie renouvelable, l’achat de terrains constitue une partie non négligeable des investissements. |
| 1.16. | Le CESE rappelle à la Commission que les interconnexions énergétiques transfrontalières constituent des facteurs essentiels de l’intégration des énergies renouvelables, non seulement parce qu’elles permettent le transport sur une longue distance de l’électricité verte, favorisant ainsi l’utilisation d’électricité produite à partir de sources d’énergie moins coûteuses et plus respectueuses de l’environnement au sein de l’Union européenne, mais aussi parce qu’elles constituent une source de flexibilité essentielle du système. |
| 1.17. | Le CESE recommande que les possibilités découlant de la numérisation des réseaux énergétiques et de la création de réseaux intelligents pour intégrer les énergies renouvelables soient pleinement exploitées et préconise que la Commission se penche sur la manière de mettre à profit les synergies entre les secteurs numérique et énergétique du MIE sur ce point. Le CESE prend note de l’absence de projets de réseaux intelligents dans le cadre du MIE pour la période 2014-2020, du fait notamment des obstacles au financement des projets de réseaux de distribution de basse tension, contrairement aux projets de réseaux de transmission de haute tension. |
| 1.18. | Le CESE recommande que le MIE garantisse également la mise en place de mécanismes permettant de certifier où l’électricité produite à partir de sources d’énergie renouvelables est utilisée dans les applications de transport, par exemple au moyen de certificats de garanties d’origine renouvelables. |
| 1.19. | Le CESE insiste sur la nécessité d’accorder la priorité aux grands projets menés à l’échelle européenne en matière de passage au numérique du secteur des transports, tels que les systèmes ERTMS (système européen de gestion du trafic ferroviaire) et SESAR (système européen de nouvelle génération pour la gestion du trafic aérien), ainsi que la conduite autonome. Afin que le réseau central soit équipé du système ERTMS d’ici à 2030, il faut investir 15 milliards d’EUR. Un projet de grande envergure à l’échelle de l’Union européenne sera financé au moyen de ressources provenant des différents pôles du MIE, de fonds privés et d’une combinaison d’instruments du programme InvestEU. |
| 1.20. | Le CESE recommande que le réseau RTE-T bénéficie de la couverture 5G, ce qui est essentiel. |
| 1.21. | Le CESE préconise des mesures telles que des contrôles efficaces, des structures d’hébergement modernes pour la nuit et un nombre suffisant d’emplacements de stationnement munis d’équipements adéquats. |
| 1.22. | Par ailleurs, le CESE est convaincu qu’il convient d’envisager de meilleures méthodes de communication relatives aux réalisations enregistrées dans le cadre du MIE. Il pourrait à cet égard s’avérer utile de prévoir un budget pour la communication. Une prévisibilité accrue est également à prendre en considération. |
| 1.23. | Le CESE recommande d’envisager des actions supplémentaires pour libérer tout le potentiel du programme, en tenant compte du fait que l’intervention du MIE a joué un rôle décisif dans le lancement de la plupart des projets et s’est révélé être un catalyseur de première importance pour les investissements tant publics que privés. La complémentarité entre le MIE et d’autres programmes (tels que Horizon Europe, InvestEU et le Fonds de cohésion) doit être renforcée afin d’éviter les chevauchements et d’optimiser les ressources budgétaires. |
| 1.24. | Le CESE estime que l’enveloppe de cohésion est essentielle à l’achèvement des parties des réseaux centraux se trouvant dans les États membres relevant de la politique de cohésion et recommande à la Commission européenne et aux États membres de maintenir dans le prochain CFP la part du Fonds de cohésion directement gérée dans le cadre du MIE. Les priorités du MIE dans le secteur des transports doivent être soutenues par le Fonds européen de développement régional. En tout état de cause, les fonds doivent rester au sein de l’État membre éligible. |
| 1.25. | Le CESE suggère d’adapter la méthode d’évaluation, car la réussite du MIE ne dépend pas uniquement du montant des fonds attribués et du nombre de projets soutenus. Le CESE propose d’apporter des améliorations à la méthodologie d’évaluation du MIE. Il y a lieu de procéder à une véritable évaluation quantitative/qualitative à la fin de la période 2014-2020 pour les projets achevés ou à un stade avancé de construction. Le CESE préconise l’examen, entre autres, de l’état d’avancement du développement du RTE-T, ainsi que de l’évolution des flux de trafic de voyageurs et de marchandises. Il plaide également pour une analyse des coûts et avantages socio-économiques des projets RTE-T qui prenne en compte les avantage et coûts sociaux, économiques, climatiques et environnementaux pertinents. |
| 1.26. | Le CESE préconise l’adoption de mesures spécifiques relatives aux objectifs généraux en matière de protection du climat. |
| 1.27. | Le CESE demande que les métropoles soient prises en compte dans les principaux projets d’infrastructure, qu’elles puissent ou non bénéficier d’un financement au titre du Fonds de cohésion. |
| 1.28. | Le CESE recommande de prendre des mesures concrètes pour garantir l’attractivité du réaménagement, du renforcement ou de l’amélioration des infrastructures existantes, qui forment toujours l’épine dorsale du réseau existant et des capacités mises en place. |
| 1.29. | Il soutient le développement d’infrastructures à double usage (civil et en matière de défense) s’agissant à la fois d’infrastructures physiques et technologiques (telles que l’ERTMS et SESAR) dans le cadre du MIE et recommande une approche ouverte et proactive dans le nouveau contexte géopolitique international (Initiative des trois mers, etc.). |
| 1.30. | Le CESE recommande que le MIE accorde la priorité aux investissements dans les infrastructures transfrontalières du RTE-T afin de parvenir à une capacité cohérente et d’éviter les goulets d’étranglement dans tous les modes de transport et de disposer ainsi d’un réseau de transport totalement intégré. |
2. Présentation de la proposition de la Commission
| 2.1. | La proposition à l’examen vise à établir la base juridique du MIE pour la période postérieure à 2020 et est présentée pour une Union à 27 États membres. |
| 2.2. | La proposition de la Commission européenne (1) du 2 mai 2018 relative au CFP au-delà de 2020 prévoit un montant de 42 265 millions d’EUR pour le MIE, ventilé comme suit:
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| 2.3. | Le but pour l’Europe est d’effectuer une transition vers une mobilité «zéro mort», «zéro émission» et «zéro papier», de prendre la tête du développement des énergies renouvelables au niveau mondial et d’être pionnière dans le domaine de l’économie numérique. |
| 2.4. | Le MIE soutient les investissements dans les infrastructures de transport, énergétiques et numériques par le développement des réseaux transeuropéens (RTE) et favorise la coopération transfrontalière en matière de production d’énergies renouvelables. Ces réseaux, ainsi que la coopération transfrontière, sont essentiels pour le fonctionnement du marché unique et aussi stratégiques au regard de la réalisation de l’union de l’énergie, de l’achèvement du marché unique numérique et du développement de modes de transport durables. |
| 2.5. | Le CFP 2021-2027 est plus ambitieux s’agissant de l’intégration de la question climatique dans tous les programmes de l’Union européenne, avec un objectif de 25 % des dépenses de l’Union européenne contribuant à la réalisation des objectifs en matière de climat. Le MIE devrait apporter une contribution majeure, avec un objectif de 60 % de son enveloppe consacrée à la réalisation des objectifs climatiques. |
| 2.6. | Les besoins futurs en matière de décarbonation et de numérisation impliqueront une convergence croissante des secteurs des transports, de l’énergie et du numérique. Il convient donc d’exploiter pleinement les synergies entre les trois secteurs, en maximisant l’efficacité et l’efficience de l’aide de l’Union européenne. Afin d’encourager et de classer par ordre de priorité les propositions transsectorielles, la dimension de synergie d’une action proposée sera évaluée au regard des critères d’attribution. |
| 2.7. | Le MIE vise à ce que les transports contribuent à l’achèvement des deux niveaux de RTE-T (le réseau central d’ici à 2030 et le niveau d’ensemble d’ici à 2050). D’après les estimations, l’achèvement du réseau central RTE-T générera 7,5 millions d’années-emplois entre 2017 et 2030, avec une augmentation supplémentaire du produit intérieur brut de 1,6 % en 2030. |
| 2.8. | Pour la toute première fois, le financement de l’Union pour la mise en œuvre des projets de transport à double usage (civil et militaire) devrait être géré par le MIE. |
| 2.9. | En matière énergétique, l’accent est mis sur l’achèvement des réseaux transeuropéens d’énergie grâce au développement de projets d’intérêt commun liés à l’intégration plus poussée du marché intérieur de l’énergie et l’interopérabilité des réseaux à travers les frontières et entre les secteurs, sur le développement durable, en favorisant la décarbonation grâce notamment à l’intégration de sources d’énergie renouvelables, et sur la sécurité de l’approvisionnement au moyen de mesures visant à numériser les infrastructures et à les rendre plus intelligentes. |
| 2.10. | Dans le domaine de l’économie numérique, le MIE vise à exploiter les avantages que peut apporter le marché unique numérique à l’ensemble des citoyens, des entreprises et des administrations publiques. |
| 2.11. | Plusieurs programmes et instruments financiers de l’Union européenne, dont le MIE, le Fonds européen de développement régional (FEDER) et le Fonds de cohésion, Horizon Europe, InvestEU et LIFE, soutiendront à des degrés divers les infrastructures énergétiques, numériques et de transport. |
| 2.12. | Les actions du programme devraient permettre de remédier aux défaillances du marché ou à des situations d’investissement non optimales, d’une manière proportionnée, sans faire double emploi ni évincer les financements privés, et d’avoir une valeur ajoutée européenne manifeste. |
| 2.13. | Les conclusions des évaluations ex post ont été adoptées par la Commission européenne le 13 février 2018 (2) en fonction de cinq critères: efficacité, efficience, pertinence, cohérence et valeur ajoutée. Quelques extraits:
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| 2.14. | La Commission propose de poursuivre la mise en œuvre du nouveau programme, pour les trois secteurs du MIE, dans le cadre d’une gestion directe assurée par la Commission européenne et son Agence exécutive pour l’innovation et les réseaux (INEA). |
| 2.15. | Le budget proposé couvrira toutes les dépenses opérationnelles nécessaires à la mise en œuvre du programme ainsi que le coût des ressources humaines et d’autres dépenses administratives liées à la gestion du programme. |
| 2.16. | Par rapport au MIE 2014-2020, un cadre de performance plus simple mais plus solide sera mis en place pour contrôler la réalisation des objectifs et sa contribution aux objectifs de la politique de l’Union européenne. Les indicateurs de suivi de la mise en œuvre et des progrès porteront notamment sur:
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3. Observations générales et particulières
| 3.1. | Le CESE souligne l’importance stratégique du programme MIE au regard de l’intégration du marché intérieur, de la mobilité intelligente et de la véritable valeur ajoutée qu’il pourrait représenter pour les citoyens, la cohésion sociale et les entreprises, ainsi que de la prospérité et de sa valeur ajoutée pour l’Union européenne dans son ensemble. À la fin de l’année 2017, le volet «transports» du MIE avait déjà alloué 21,3 milliards d’EUR sous forme de subventions à des projets RTE-T, ce qui a entraîné des investissements d’un montant total de 41,6 milliards d’EUR. |
| 3.2. | Au cours de l’année 2018, de nouvelles conventions de subvention seront signées dans le cadre d’un appel à propositions qui combinera les subventions au titre du MIE et les financements privés, notamment au titre du Fonds européen pour les investissements stratégiques (EFSI). On estime que chaque milliard d’EUR investi dans le réseau central du RTE-T permettra de créer jusqu’à 20 000 emplois. |
| 3.3. | Le CESE se félicite dans une large mesure de la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil établissant le mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE) et abrogeant les règlements (UE) no 1316/2013 et (UE) no 283/2014 pour la période 2021-2027 formulée par la Commission européenne. |
| 3.4. | Le CESE reconnaît que le MIE est l’un des programmes les plus performants de l’Union européenne et souligne l’importance stratégique de ce mécanisme pour l’intégration du marché intérieur, son achèvement, la mobilité intelligente, de même que pour permettre à l’Union d’offrir une valeur ajoutée tangible aux citoyens et aux entreprises, ainsi que sur le plan de la cohésion sociale. |
| 3.5. | Le CESE estime que la capacité financière du programme MIE dans le cadre du prochain CFP doit être accrue et répartie de manière plus équilibrée afin de maintenir son degré élevé de crédibilité et d’attractivité pour les investisseurs. Un budget insuffisant mettrait en péril l’achèvement des réseaux RTE-T et RTE-E et déprécierait de la sorte les investissements déjà consentis au moyen des finances publiques. |
| 3.6. | Le CESE insiste sur la nécessité d’accélérer les investissements dans les projets numériques, innovants et de transports durables en vue de l’avènement d’un système de transports plus vert, véritablement intégré, moderne, accessible à tous, plus sûr et plus efficace. Il convient de renforcer la cohésion sociale au niveau de l’Union européenne en accroissant les investissements publics dans les projets présentant une valeur ajoutée à l’échelle européenne et régionale. |
| 3.7. | Le CESE estime que les synergies au niveau des projets entre les trois secteurs sont actuellement limitées, en raison de la rigidité du cadre budgétaire en ce qui concerne l’éligibilité des projets et des coûts. |
| 3.8. | Le CESE se félicite du soutien technique accordé dans le but de promouvoir l’éligibilité de projets de qualité parvenus à maturité et est favorable à la continuité de ce type d’assistance, ainsi qu’à une mise à jour des critères d’évaluation afin de pouvoir déterminer plus aisément la valeur ajoutée des projets. Des mesures supplémentaires devraient être prises pour simplifier les exigences administratives, et pas uniquement dans le cas des petites subventions. |
| 3.9. | Le CESE souligne que tant la Commission que les États membres doivent poursuivre les principaux objectifs stratégiques du MIE, à savoir l’achèvement du réseau central RTE-T d’ici à 2030 et la transition vers une mobilité propre, compétitive, innovante et connectée, y compris une épine dorsale d’infrastructures de recharge pour les carburants de substitution d’ici à 2025. Les connexions multimodales et transfrontalières revêtent une importance capitale à cet égard. |
| 3.10. | Le MIE doit cibler des projets dans le domaine de l’énergie qui soient à même de garantir à l’Union européenne une indépendance et une sécurité énergétiques accrues. Des installations de stockage de l’électricité doivent également être mises en place avec l’appui du MIE. |
| 3.11. | Le CESE est d’avis que les interconnexions énergétiques transfrontalières constituent des facteurs essentiels de l’intégration des énergies renouvelables, non seulement parce qu’elles permettent le transport sur une longue distance de l’électricité produite à partir de sources d’énergie renouvelables, mais aussi parce qu’elles constituent une source de flexibilité essentielle du système. |
| 3.12. | Le rôle des coordinateurs européens doit être renforcé afin de permettre une évaluation approfondie des projets achevés ou à un niveau avancé de construction, des réalisations avérées et des goulets d’étranglement restants. La Commission doit veiller à ce que la priorité des offres tienne compte de leur évaluation. |
| 3.13. | Le CESE considère que le secteur des transports devrait profiter pleinement des opportunités qu’offrent les technologies numériques et innovantes, et relève que les nouvelles infrastructures innovantes de transport sont plus attractives pour l’investissement, en particulier pour les investissements du secteur privé. |
| 3.14. | Le CESE estime que l’investissement dans les transports, et en particulier dans le réseau transeuropéen de transport (RTE-T), est essentiel pour la croissance et l’emploi en Europe. C’est la raison pour laquelle elle plaide pour un budget accru pour le MIE après 2020, dans le cadre duquel les subventions demeurent la composante majeure. En effet, un certain nombre de projets d’infrastructures de transport sont essentiels pour la compétitivité de l’Union européenne mais ne génèrent pas le retour sur investissement nécessaire pour attirer les investisseurs privés. Ils requièrent donc un engagement fort de la part de l’Union européenne et des pouvoirs publics nationaux à cet égard. |
| 3.15. | La Commission européenne devrait préserver l’intégrité de la capacité financière du MIE et n’opérer aucune nouvelle réduction en faveur d’autres programmes (EFSI, EDIDP — Programme européen de développement industriel dans le domaine de la défense). |
| 3.16. | Le CESE insiste sur la nécessité d’accorder la priorité aux grands projets menés à l’échelle européenne en matière de passage au numérique du secteur des transports, tels que les systèmes ERTMS et SESAR, ainsi que la conduite autonome. La réalisation de ces projets requiert la combinaison de différentes ressources: les fonds publics attribués au titre du MIE et les fonds privés garantis par InvestEU. La couverture 5G du RTE-T serait tout aussi essentielle. Seuls 8 % des 51 000 kilomètres de corridors de réseau central ont été équipés de l’ERTMS entre 1995 et 2016; au rythme actuel, plus de deux cents ans seront nécessaires pour équiper l’ensemble du réseau central. L’achèvement d’ici à 2030 nécessiterait 15 milliards d’EUR d’investissements et une forte accélération du programme, et donnerait alors à l’Europe un trafic ferroviaire fluide, avec une capacité, une sécurité et une ponctualité accrues. |
| 3.17. | La mobilité électrique est un élément essentiel de la transition vers des transports durables et ouvrent également des possibilités d’échanges «véhicule-réseau» dans le cadre desquels la capacité de stockage des batteries des véhicules électriques est utilisée comme source de flexibilité pour le réseau. L’interopérabilité dans les interfaces entre véhicules et réseau devrait être une priorité essentielle dans l’ensemble de l’Union européenne. Le MIE devrait également garantir la mise en place de mécanismes permettant de certifier où l’électricité produite à partir de sources d’énergie renouvelables est utilisée dans les applications de transport, par exemple au moyen de certificats de garanties d’origine renouvelables. |
| 3.18. | Les synergies sont à la base de la réussite de la mise en œuvre du MIE. À titre d’exemple, citons les points de recharge pour les véhicules électriques alimentés par de l’électricité renouvelable, les car ports (emplacements couverts) munis de panneaux solaires photovoltaïques et le développement de la technologie servant d’interface entre les véhicules et le réseau. |
| 3.19. | Il est également nécessaire d’envisager l’électrification des transports routiers. En ce qui concerne les camions et les bus, 10 milliards d’EUR seraient requis pour électrifier les quelque 7 000 kilomètres d’autoroutes au cours de la période de référence. |
| 3.20. | Le développement et la réhabilitation des infrastructures de transport dans l’Union européenne restent assez fragmentés et constituent un défi majeur sur le plan des capacités et du financement. Il est d’une importance stratégique d’assurer à la fois une croissance, des emplois et une compétitivité durables d’une part, et la cohésion sociale et territoriale au sein de l’Union d’autre part. |
| 3.21. | Le secteur des infrastructures de transport emploie 11,2 millions de travailleurs. D’une manière générale, les besoins et les conditions de travail doivent également être pris en compte dans le cadre du MIE. Le CESE préconise des mesures telles que des contrôles efficaces, des structures d’hébergement modernes pour la nuit et un nombre suffisant d’emplacements de stationnement munis d’équipements adéquats. |
| 3.22. | Le CESE observe que la proposition de la Commission, dans sa version actuelle, affaiblit l’engagement précédent qui était de consacrer la «majeure partie» du budget de l’énergie aux projets en matière d’électricité. Le CESE se félicite du fait que la Commission s’attend à ce que cet engagement soit honoré dans le cadre de l’actuel MIE, avant la fin de la période de programmation. Le respect de cet engagement est essentiel si l’on veut garantir la conformité du MIE à la politique énergétique et climatique de l’Union européenne. |
| 3.23. | En ce qui concerne l’ajout des installations renouvelables à la liste des projets éligibles dans le cadre du volet «énergie» du MIE, il est nécessaire de modifier le texte de manière à inclure à la fois les projets de grande envergure et les portefeuilles de projets à petite échelle. Cet aspect est essentiel afin d’utiliser davantage les fonds de l’Union européenne pour les énergies renouvelables, tel que décrit dans la refonte de la directive sur les énergies renouvelables. |
| 3.24. | Le CESE reconnaît qu’en prix constants, le montant affecté au MIE pour la période 2021-2027 et la contribution du Fonds de cohésion représentent des réductions de 12 à 13 %. Il convient de se pencher sur cette question. Dans le même temps, il est important de respecter les priorités du MIE dans le domaine des transports. La part du Fonds européen de développement régional non utilisée par les États membres bénéficiaires au cours des trois premières années sera affectée dans le même pays en fonction de ces priorités. |
| 3.25. | L’évaluation à mi-parcours du MIE s’est principalement axée sur des aspects quantitatifs, malgré le caractère très concret de la plupart des projets. |
| 3.26. | Il y a lieu de procéder à une véritable évaluation quantitative/qualitative à la fin de la période 2014-2020 pour les projets achevés ou à un stade avancé de construction. |
| 3.27. | Une évaluation de l’efficacité des projets n’est pas prévue dans la proposition que la Cour des comptes européenne (CCE) a critiquée dans son rapport de 2018. Le CESE préconise dès lors l’examen, entre autres, de l’état d’avancement du développement du RTE-T, ainsi que de l’évolution des flux de trafic de voyageurs et de marchandises. Il plaide également pour une analyse des coûts et avantages socio-économiques des projets RTE-T qui prenne en compte les avantage et coûts sociaux, économiques, climatiques et environnementaux pertinents. |
| 3.28. | Le CESE suggère que la réussite du MIE ne dépend pas uniquement du montant des fonds attribués et du nombre de projets soutenus. La méthode d’évaluation doit être adaptée. |
| 3.29. | Par ailleurs, le CESE est convaincu qu’il convient d’envisager de meilleures méthodes de communication relatives aux réalisations enregistrées dans le cadre du MIE. Une prévisibilité accrue est également requise. |
| 3.30. | Les métropoles européennes sont les régions de l’Union européenne où se situe la plus grosse partie du trafic: la quasi-totalité des transports a pour origine ou destination une métropole. Le CESE demande que les agglomérations soient prises en compte dans les principaux projets d’infrastructure, qu’elles puissent ou non bénéficier d’un financement au titre du Fonds de cohésion. |
| 3.31. | Le CESE se félicite du fait que pour la toute première fois, le MIE apportera son soutien aux infrastructures de transport à double usage civil et militaire à hauteur de 6,5 milliards d’EUR, et ce, afin d’améliorer la mobilité militaire dans l’Union européenne, conformément à la communication conjointe de novembre 2017 (3) et au plan d’action de mars 2018 (4). |
| 3.32. | Le CESE se félicite des objectifs définis dans le «Plan d’action sur la mobilité militaire» et est favorable à une Union de la défense en termes d’amélioration des infrastructures et de promotion des synergies. Les infrastructures à double usage civil et militaire doivent être développées le long du réseau TEN-T, mais également dans les régions les plus exposées aux risques militaires. |
Bruxelles, le 19 septembre 2018.
Le président du Comité économique et social européen
Luca JAHIER
(1) COM(2018) 321 final.
(2) COM(2018) 66 final.
(3) Bruxelles, 10.11.2017 — JOIN(2017) 41 final — COMMUNICATION CONJOINTE AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL intitulée «Améliorer la mobilité militaire dans l’Union européenne».
(4) Bruxelles, 28.3.2018 — JOIN(2018) 5 final — COMMUNICATION CONJOINTE AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL relative au plan d’action sur la mobilité militaire.
Avis institutionnel — 52018AB0058
21/12/2018
Avis de la Banque centrale européenne du 14 décembre 2018 sur le fonctionnement du point de contact central des comptes et contrats financiers (CON/2018/57)
14/12/2018
Résolution législative du Parlement européen du 13 décembre 2018 sur la proposition de directive du Conseil établissant les règles d'imposition des sociétés ayant une présence numérique significative (COM(2018)0147 — C8-0138/2018 — 2018/0072(CNS))
13/12/2018
Résolution législative du Parlement européen du 13 décembre 2018 sur le projet de décision du Conseil relative à la conclusion, au nom de l’Union européenne, d’une modification de l’accord entre les États-Unis d’Amérique et la Communauté européenne relatif à la coopération dans le domaine de la réglementation de la sécurité de l’aviation civile (07482/2018 — C8-0157/2018 — 2016/0343(NLE))
13/12/2018