| CELEX | 52018AE3954 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mercredi 19 septembre 2018 |
| 6.12.2018 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 440/154 |
Avis du Comité économique et social européen sur la «Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (CE) no 767/2008, le règlement (CE) no 810/2009, le règlement (UE) 2017/2226, le règlement (UE) 2016/399, le règlement (UE) 2018/… [règlement sur l’interopérabilité] et la décision 2004/512/CE et abrogeant la décision 2008/633/JAI du Conseil»
[COM(2018) 302 final]
(2018/C 440/26)
| Rapporteur général: | Ionuț SIBIAN |
| Consultation | Parlement européen, 2.7.2018 |
| Base juridique | Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) |
| Compétence | Section spécialisée «Emploi, affaires sociales et citoyenneté» |
| Décision du Bureau | 10.7.2018 |
| Adoption en session plénière | 19.9.2018 |
| Session plénière no | 537 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 97/3/0 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le Comité économique et social européen (CESE) est favorable à une politique des visas qui soit et qui devrait demeurer un outil permettant de faciliter le tourisme et les affaires, tout en prévenant les risques pour la sécurité et le risque de migration irrégulière vers l’Union européenne. |
| 1.2. | Le CESE approuve la poursuite du développement du système d’information sur les visas (VIS) comme étant la solution technique à même de faciliter la procédure de délivrance des visas de court séjour et de permettre aux autorités chargées des visas, des frontières, de l’asile et de la migration de vérifier rapidement et efficacement les informations nécessaires concernant les ressortissants de pays tiers ayant besoin d’un visa pour se rendre dans l’Union européenne (UE). |
| 1.3. | Le CESE estime que l’un des principaux objectifs de l’action dans ce domaine devrait être l’harmonisation entre les États membres de l’Union européenne des procédures des pratiques et des résultats obtenus en matière de politique des visas. |
| 1.4. | En ce qui concerne l’élaboration d’indicateurs de risque spécifiques pour le traitement des demandes de visa, le CESE estime que cela est susceptible de conduire à une limitation des droits du demandeur. Le CESE demande instamment aux institutions de l’Union et aux autorités des États membres d’informer et de former comme il se doit le personnel qui se trouvent en première ligne et le personnel d’encadrement afin d’éviter tout profilage fondé sur la race, le sexe, l’ethnie, la religion, l’orientation sexuelle et d’autres caractéristiques personnelles. |
| 1.5. | Le CESE souscrit à l’objectif de faciliter l’identification des personnes disparues. Toutefois, abaisser de 12 à 6 ans l’âge du relevé des empreintes digitales pour les enfants demandeurs de visa peut poser problème. La proposition n’inclut pas les contributions et les avis des agences et des organisations de protection de l’enfance, ce qui a empêché le CESE de procéder à une évaluation complète de l’impact de la proposition sur les enfants et leur protection. |
| 1.6. | Au regard de ce même objectif, la conservation d’une copie de la page des données biographiques du document de voyage du demandeur dans le VIS est acceptable et nécessaire mais mettre en place ce nouvel outil de données pour faciliter les procédures de retour, comme il est dit dans la proposition, est sujet à caution. Le CESE ne pense pas que les changements proposés entraîneraient nécessairement le retour de ressortissants de pays tiers. Il devrait plutôt s’agir d’un outil qui encourage les États membres à agir dans le sens de la légalité du séjour et de l’intérêt et du bien-être des personnes concernées. Les ressortissants de pays tiers devraient être encouragés à régulariser leur séjour et à envisager de retourner dans leur pays d’origine, et être aidés pour cela par les autorités. |
| 1.7. | Concernant l’objectif secondaire de la proposition à l’examen d’autoriser, dans des conditions strictes, les services répressifs nationaux et Europol à accéder aux données du VIS à des fins répressives, le CESE souligne qu’il importe de soumettre cet accès à de telles conditions. Cet accès devrait idéalement relever de décisions de justice ce qui garantirait le caractère de nécessité de cette limitation du principe de la protection des données à caractère personnel. |
| 1.8. | Le CESE se félicite de la portée des consultations organisées au sujet de cette proposition. Toutefois, il eût été très utile pour le Comité, d’autres institutions et le grand public d’intégrer davantage de contributions et de points de vue des parties consultées dans la proposition. L’on ne voit pas clairement quel type de contribution a été proposé, et dans quelle mesure elle a influencé la forme définitive de la proposition. |
| 1.9. | En ce qui concerne la protection des droits fondamentaux, le CESE se félicite de l’accent mis par la Commission européenne sur ce point. Le Comité recommande qu’une plus grande attention soit accordée à la manière dont les États membres utilisent les données à caractère personnel des demandeurs de visa. Comme indiqué précédemment, des garanties supplémentaires sont nécessaires pour combattre les pratiques qui aboutissent à une discrimination à l’encontre des ressortissants de pays tiers selon qu’ils demandent un visa de court ou un visa de long séjour et un titre de séjour. |
| 1.10. | La proposition aurait gagné à être étayée par des données plus détaillées et plus précises sur les visas de court et long séjour et sur les titres de séjours, pays par pays, provenant à la fois des États membres de l’Union européenne et des pays tiers. De plus amples informations sur les dépassements de durée de séjour autorisée auraient également été très utiles pour ce qui est de la traite des enfants. Ces données sont indispensables pour évaluer la nature et la structure de la mobilité et le caractère adapté des instruments mis en œuvre. |
| 1.11. | Le CESE recommande également un engagement plus ferme à travailler avec les gouvernements et la société civile des pays tiers afin d’informer, de préparer et d’aider leurs ressortissants tout au long de la procédure de demande de visa. |
2. Observations générales
| 2.1. | Le CESE est favorable à une politique des visas qui soit et qui devrait demeurer un outil permettant de faciliter le tourisme et les affaires, tout en prévenant les risques pour la sécurité et le risque de migration irrégulière vers l’Union européenne. |
| 2.2. | Tout en reconnaissant les défis qui se sont posés ces dernières années en matière de migration et de sécurité, le CESE invite les États membres et les institutions de l’Union à adopter une approche consensuelle, équilibrée et proportionnée, le but étant de maintenir l’Union européenne aussi ouverte, responsable, engagée et novatrice que possible. |
| 2.3. | Le CESE approuve la poursuite du développement du système d’information sur les visas (VIS) comme étant la solution technique à même de faciliter la procédure de délivrance des visas de court séjour et de permettre aux autorités chargées des visas, des frontières, de l’asile et de la migration de vérifier rapidement et efficacement les informations nécessaires concernant les ressortissants de pays tiers ayant besoin d’un visa pour se rendre dans l’Union européenne (UE). |
| 2.4. | Le CESE souscrit aux objectifs généraux de l’initiative à l’examen, à savoir améliorer la sécurité au sein de l’Union et à ses frontières, faciliter le droit des voyageurs en règle de franchir la frontière extérieure, de circuler librement et de séjourner au sein de l’espace sans contrôle aux frontières intérieures, ainsi que faciliter la gestion des frontières extérieures de l’espace Schengen. |
| 2.5. | Le CESE approuve les objectifs spécifiques de cette initiative, à savoir faciliter la procédure de demande de visa; faciliter et renforcer les contrôles aux points de passage des frontières extérieures et sur le territoire des États membres; renforcer la sécurité à l’intérieur de l’espace Schengen en facilitant l’échange d’informations entre les États membres sur les ressortissants de pays tiers titulaires de visas de long séjour et de titres de séjour. |
| 2.6. | Il se félicite également qu’il soit prévu de combler les lacunes qui existent encore en matière d’information pour les frontières et la sécurité et notamment de l’inclusion des visas de long séjour et des titres de séjour dans le VIS. |
| 2.7. | S’agissant du renforcement des contrôles portant sur le traitement des visas par l’amélioration de l’interopérabilité, la vérification et l’évaluation des informations fournies par les demandeurs et la consultation automatique du VIS pour chaque demande en regard de chacun des systèmes disponibles, le CESE estime que c’est une avancée au plan procédural et technologique dont il faut se féliciter. |
| 2.8. | En ce qui concerne l’élaboration d’indicateurs de risque spécifiques pour le traitement des demandes de visa, le CESE estime que cela est susceptible de conduire à une limitation des droits du demandeur. Les indicateurs de risques ne contiendraient aucune donnée à caractère personnel mais reposeraient sur des statistiques et des informations fournies par les États membres concernant les menaces, les taux anormaux de refus ou de dépassement de la durée de séjour autorisée pour certaines catégories de ressortissants de pays tiers, et les risques pour la santé publique. Il existe un risque important que ces données et indicateurs soient utilisés par les autorités chargées du traitement des demandes de visas pour les rejeter sur la base des profils intégrés dans le système et non de la situation individuelle du demandeur. Le CESE demande instamment aux institutions de l’Union européenne et aux autorités des États membres d’informer et de former comme il se doit le personnel en première ligne et le personnel d’encadrement afin d’éviter un éventuel profilage sur la base de la race, du sexe, de l’origine ethnique, de la religion, de l’orientation sexuelle ou de tout autre caractéristique personnelle. |
| 2.9. | Le CESE souscrit à l’objectif de faciliter l’identification des personnes disparues. Toutefois, abaisser de 12 à 6 ans l’âge du relevé des empreintes digitales pour les enfants demandeurs de visa peut poser problème. La proposition n’inclut pas les contributions et les avis des agences et des organisations de protection de l’enfance, ce qui a empêché le CESE de faire une évaluation complète de l’impact de la proposition sur les enfants et leur protection. |
| 2.10. | Au regard de ce même objectif, la conservation d’une copie de la page des données biographiques du document de voyage du demandeur dans le VIS est acceptable et nécessaire mais mettre en place ce nouvel outil de données pour faciliter les procédures de retour, comme il est dit dans la proposition, est sujet à caution. Le CESE ne pense pas que les changements proposés entraîneraient nécessairement le retour de ressortissants de pays tiers. Il devrait plutôt s’agir d’un outil qui encourage les États membres à agir dans le sens de la légalité du séjour et de l’intérêt et du bien-être des personnes concernées. Les ressortissants de pays tiers devraient être encouragés à régulariser leur séjour et à envisager de retourner dans leur pays d’origine, et être aidés pour cela par les autorités. |
| 2.11. | Concernant l’objectif secondaire de la proposition à l’examen d’autoriser, dans des conditions strictes, les services répressifs nationaux et Europol à accéder aux données du VIS à des fins répressives, le CESE souligne qu’il importe de soumettre cet accès à de telles conditions. Cet accès devrait idéalement relever de décisions de justice ce qui garantirait le caractère de nécessité de cette limitation du principe de la protection des données à caractère personnel. |
| 2.12. | Le CESE salue les efforts de la Commission qui a commandé trois études indépendantes: une sur la faisabilité, la nécessité et le caractère proportionné de l’abaissement de l’âge du relevé des empreintes digitales pour les enfants dans le cadre de la procédure de délivrance des visas et sur la conservation d’une copie du document de voyage des demandeurs de visa dans le VIS, et deux autres sur la faisabilité, la nécessité et le caractère proportionné d’une extension du VIS visant à lui intégrer des données sur les visas de long séjour et les titres de séjour. |
| 2.13. | Le CESE se félicite également de la portée des consultations, qui incluent toutes les parties concernées, y compris les autorités nationales habilitées à saisir, modifier, effacer ou consulter des données dans le VIS, les autorités nationales chargées de la migration, du retour et de la protection de l’enfance, la police et les services responsables de la lutte contre la traite des êtres humains, les autorités chargées des affaires consulaires, et les autorités nationales chargées des vérifications aux points de passage des frontières extérieures. Diverses autorités de pays tiers et organisations non gouvernementales intervenant dans les domaines liés aux droits de l’enfant ont aussi été consultées. Toutefois, il eût été très utile pour le Comité, d’autres institutions et le grand public d’intégrer davantage de contributions et de points de vue des parties consultées dans la proposition. L’on ne voit pas clairement quel type de contribution a été proposé, et dans quelle mesure elle a influencé la forme définitive de la proposition. |
| 2.14. | En ce qui concerne la protection des droits fondamentaux, le CESE se félicite de l’accent mis par la Commission européenne sur ce point. Le Comité se félicite de l’ajout de garanties dans la présente proposition à l’examen, lesquelles visent à couvrir les besoins spécifiques liés à de nouvelles catégories de données, le traitement des données et les personnes concernées qui seront couvertes par le VIS, en tant que partie de l’effort plus large visant à protéger les droits des personnes en matière d’accès à leurs données à caractère personnel, de rectification et d’effacement de celles-ci et de recours en la matière. Le Comité recommande qu’une plus grande attention soit accordée à la manière dont les États membres utilisent les données à caractère personnel des demandeurs de visa. Comme indiqué précédemment, des garanties supplémentaires sont nécessaires pour combattre les pratiques qui aboutissent à une discrimination à l’encontre des ressortissants de pays tiers selon qu’ils demandent un visa de court ou un visa de long séjour et un titre de séjour. |
| 2.15. | La proposition aurait gagné à être étayée par des données plus détaillées et plus précises sur les visas pour des séjours de courte ou longue durée court et les titres de séjour, pays par pays, à la fois des États membres de l’Union européenne et des pays tiers. Plus amples informations sur les dépassements de la durée de séjour autorisée auraient également été très utiles s’agissant de la traite des enfants. Ces données sont indispensables pour évaluer la nature et la structure de la mobilité et le caractère adapté des instruments mis en œuvre. |
| 2.16. | Le CESE recommande également un engagement plus ferme à travailler avec les gouvernements et la société civile des pays tiers afin d’informer, de préparer et d’aider leurs ressortissants dans la procédure de demande de visa. |
Bruxelles, le 19 septembre 2018.
Le président du Comité économique et social européen
Luca JAHIER
Avis institutionnel — 52018AB0058
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