| CELEX | 52018AE5252 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mercredi 15 mai 2019 |
| 16.7.2019 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 240/44 |
Avis du Comité économique et social européen sur la «Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions: Le marché unique dans un monde qui change — Un atout sans égal nécessitant une volonté politique renouvelée»
[COM(2018) 772 final]
(2019/C 240/11)
Rapporteur: Gonçalo LOBO XAVIER
Corapporteur: Juan MENDOZA CASTRO
| Consultation | Commission européenne, 18.2.2019 |
| Base juridique | Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Compétence | Section «Marché unique, production et consommation» |
| Adoption en section spécialisée | 2.4.2019 |
| Adoption en session plénière | 15.5.2019 |
| Session plénière no | 543 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 153/1/1 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le CESE salue le message fort de la Commission sur le renforcement du marché unique et la nécessité d’un engagement de la part de tous les États membres et de tous les citoyens. Le marché unique exige un équilibre entre les attentes des citoyens et des politiques coordonnées permettant d’adapter l’Europe pour qu’elle puisse faire face aux différents défis posés par la mondialisation, les nouvelles tendances et les progrès technologiques. |
| 1.2. | Le CESE plaide en faveur d’un marché unique, identique pour tous les États de l’Union européenne, qui soit perçu comme un levier pour réaffirmer les valeurs européennes, les droits fondamentaux et le devoir d’apporter le progrès et le bien-être à tous les États membres et à tous les citoyens. |
| 1.3. | Un processus d’intégration souple mais concret est un argument puissant pour prévenir et combattre la menace du protectionnisme, de l’individualisme et des sociétés extrémistes. Il y a lieu de mieux faire connaître auprès des citoyens et des États membres les grandes réalisations que l’on doit au marché unique. |
| 1.4. | Il existe des exemples positifs de la manière dont les citoyens européens tirent avantage du marché unique, en s’appuyant sur les efforts et l’engagement de divers acteurs. Dans l’esprit des citoyens, des valeurs telles que la liberté, la croissance économique, la démocratie, la paix, la science et l’innovation, la stabilité politique et les droits sociaux et ceux des consommateurs doivent être comptées au nombre des réalisations qui sont redevables à un processus qui a commencé il y a 60 ans. Les difficultés rencontrées pour réaliser ces valeurs ne peuvent être oubliées, mais elles devraient aussi être vues comme des enseignements à tirer pour l’avenir. |
| 1.5. | Le CESE réaffirme son soutien à la limitation des aides d’État et à la lutte contre les abus de position dominante, tout en soulignant les difficultés que les entreprises européennes rencontrent sur les marchés mondiaux face à des oligopoles ou monopoles, qui, dans certains cas, sont détenus par des États. |
| 1.6. | Le CESE souligne également le rôle déterminant du marché unique s’agissant d’enclencher une stratégie industrielle européenne plus ambitieuse et assortie d’objectifs clairs pour 2030. Une intégration du marché unique plus inclusive et plus large menée parallèlement à une véritable stratégie industrielle européenne devrait également être une priorité essentielle de la prochaine Commission européenne et mettre l’accent sur un accroissement des investissements dans l’innovation et les technologies, un cadre réglementaire plus souple et plus convivial à la compétition à l’échelle mondiale, mais sans oublier le respect des règles et des procédures durables d’une saine concurrence mondiale. |
| 1.7. | Le CESE renouvelle son appel à élargir la dimension sociale de l’Union européenne dans le but de favoriser la création d’emplois de qualité, d’améliorer les aptitudes et les compétences, d’augmenter les investissements sociaux et de développer l’économie sociale en mettant l’accent sur les entreprises socialement responsables, ainsi que de prévenir la pauvreté, les inégalités, la discrimination et l’exclusion sociale, en insistant tout particulièrement sur l’intégration des jeunes dans la société. Le CESE juge opportun de mettre en œuvre des politiques sociales pour faire face à cette situation, qui entraîne une désaffection vis-à-vis de l’Union, ainsi qu’une montée du populisme et de la xénophobie dans certains secteurs de la population. |
| 1.8. | Le CESE relève que, malgré des efforts considérables déployés pour mettre en œuvre et faire appliquer les règles du marché unique, les faits montrent (1) que des dispositions nationales peuvent susciter des charges disproportionnées pour les citoyens et les entreprises. Il fait une priorité de sa demande aux États membres d’éviter de telles pratiques. |
| 1.9. | Conscient que l’avenir du marché unique est lié à l’économie numérique, le CESE la soutient depuis des années. Il partage l’avis de la Commission selon lequel le règlement général sur la protection des données (RGPD) (2) joue un rôle essentiel pour garantir la confiance envers le marché unique pour ce qui est des données à caractère personnel mais il tient pour nécessaire d’adopter des mesures supplémentaires afin de mettre en place un cadre amélioré, plus clair et plus convivial pour éviter des malentendus et des charges inutiles. Il s’agit également d’un aspect crucial pour accroître la mobilité afin d’améliorer un secteur des services en essor et qui revêt une importance déterminante pour la croissance économique et de nouveaux emplois. L’essor du secteur des services et l’aggravation de la pénurie de compétences exigent que le marché unique fonctionne mieux. |
| 1.10. | Le CESE souscrit à l’objectif consistant à mettre en place un cadre propice à la transition vers un modèle circulaire et rappelle qu’un bon système de financement de la croissance durable, doté d’une stratégie à long terme, est l’élément moteur déterminant pour rétablir la confiance dans les marchés et mettre en relation l’épargne avec les investissements durables. |
| 1.11. | Le CESE se félicite des progrès manifestes qui ont été accomplis dans la transformation du mécanisme européen de stabilité (MES) en un Fonds monétaire européen, qui pourrait mettre à disposition des liquidités de manière préventive, réduisant ainsi les programmes de conditionnalité. Toutefois, pour faire face aux dangers auxquels le système financier pourrait être exposé à l’avenir, le CESE soutient la recherche d’un consensus entre les États membres afin d’achever l’union bancaire. La réalisation d’une pleine intégration des marchés financiers et de l’union des marchés des capitaux devrait continuer à figurer au premier rang des priorités. |
2. Contexte
| 2.1. | Avec la stratégie pour le marché unique (3), le paquet «Union des marchés de capitaux» (4) et la stratégie pour un marché unique numérique (5), la Commission a présenté, ces quatre dernières années, un ensemble de mesures ambitieux et équilibré visant à approfondir le marché unique et à le rendre plus équitable. |
| 2.2. | Plusieurs propositions ont déjà été adoptées, mais le Parlement européen et le Conseil doivent encore s’accorder sur 20 des 67 propositions exposées dans ces stratégies. |
| 2.3. | En mars 2018, le Conseil européen a demandé à la Commission d’évaluer l’état d’avancement du marché unique en ce qui concerne la mise en œuvre, l’application et le contrôle de l’application de la législation existante, ainsi que les obstacles qui subsistent et les possibilités d’établissement d’un marché unique pleinement opérationnel. |
| 2.4. | La communication à l’examen a été adoptée conjointement avec l’examen annuel de la croissance (6) et une communication dressant un bilan du plan d’investissement (7). |
| 2.5. | Dans le cadre de la stratégie pour un marché unique numérique, la Commission a présenté plusieurs initiatives visant à supprimer les principaux obstacles au commerce électronique. Plusieurs d’entre elles ont déjà été adoptées concernant le blocage géographique (8), les services de livraison transfrontière de colis (9), la taxe sur la valeur ajoutée applicable au commerce électronique (10) et la coopération en matière de protection des consommateurs (11). |
| 2.6. | Les plateformes en ligne sont devenues des acteurs de premier plan du marché unique, qui offrent à plus d’un million d’entreprises la possibilité d’atteindre des clients dans l’ensemble de l’Union. La Commission a présenté une proposition de nouvelles règles harmonisées concernant les pratiques des «plateformes pour les entreprises» (12), sur lequel le Parlement européen et le Conseil se sont accordés au niveau politique en février 2019. |
3. Observations générales
| 3.1. | Le CESE soutient le message fort de la Commission sur le renforcement du marché unique, qui constitue une réussite majeure et un élément clé du processus d’intégration européenne. Il devait être la pierre angulaire de la prospérité en Europe. |
| 3.2. | La création de l’euro et les accords de Schengen ont été des choix décisifs pour l’achèvement du marché unique. Dans le même temps, il persiste encore de nombreuses disparités entre les États membres, auxquelles il s’impose de remédier. Il est besoin d’un engagement déterminé de l’ensemble des États membres pour changer cette situation et pour maintenir leur cohésion. |
| 3.3. | Le marché unique exige un équilibre entre les attentes des citoyens et des politiques coordonnées permettant d’adapter l’Europe pour qu’elle puisse faire face aux différents défis posés par la mondialisation, les nouvelles tendances, les progrès technologiques et la numérisation. |
| 3.4. | Le marché unique, qui permet d’avoir accès à plus de 512 millions de consommateurs, est clairement une réussite: l’adoption de règles communes a permis la suppression des obstacles réglementaires pour plus de 80 % des produits industriels; toutefois, ce processus ne peut être tenu pour acquis. Les différences entre les engagements des États membres et la nécessité de mieux mettre en œuvre la législation correspondante doivent constituer une priorité politique. Le marché unique doit s’appliquer aussi aux vendeurs en ligne. |
| 3.5. | C’est un bon signe que la Commission ait reconnu la nécessité de se mettre d’accord sur des propositions législatives et de combler l’écart entre les discours et les actes. Réaliser cette démarche doit constituer pour les États membres un «processus quotidien». |
| 3.6. | L’intégration complète du marché unique ne sera jamais accomplie si les États membres ne prennent pas conscience de la valeur réelle de ce processus et ne communiquent pas à ce sujet avec leurs citoyens. Il faut que les responsables politiques mettent en évidence les résultats en les accompagnant d’un message positif pour le bien-être des peuples. |
| 3.7. | Le projet européen repose sur la paix, la prospérité et le développement social. Les coûts de la «non-Europe»doivent être exposés pour rappel à ceux qui en doutent. Les citoyens européens doivent apprécier à leur juste valeur les réussites afin de jouer un rôle actif dans le processus en évitant les malentendus et le radicalisme. La mise en place du marché unique a contribué au développement de l’Europe et pourrait être un bon exemple pour promouvoir les valeurs européennes. |
| 3.8. | Il ne saurait y avoir de marché unique lorsque sur ce dernier se vendent des produits qui présentent un «double niveau de qualité», à savoir des produits écoulés sous la même marque commerciale dans les pays qui ont rejoint récemment l’Union européenne et qui présentent des différences sur le plan de la qualité (avec une teneur inférieure en matières premières de qualité) par rapport aux produits vendus dans les pays membres de longue date de l’Union européenne. Le CESE tient une telle pratique pour inacceptable. |
4. Observations particulières
4.1. Le marché unique, outil de communication pour défendre les valeurs et les réussites de l’Union
| 4.1.1. | Le CESE estime qu’un langage commun doit être utilisé pour mieux communiquer sur les réalisations du marché unique. Les faits devraient être mis en avant, tels que la mobilité des citoyens pour des motifs de loisirs ou de travail, les services financiers, ou même les aspects sociaux concernant la sécurité et les possibilités d’emploi ou encore la protection des consommateurs. |
| 4.1.2. | Le CESE estime que le processus de développement de l’Union pâtit des discours d’un petit nombre de personnes, et qui s’appuient sur la mise en exergue des différences entre les États membres et de quelques faits isolés qui ne rendent pas compte de tous les aspects de la réalité du marché unique. Il est essentiel de prévenir et de combattre ce type de rhétorique parmi les citoyens, ne fût-ce que parce que la politique d’intégration est un processus très dynamique et fonctionne selon des rythmes différents. Il est important de mettre en évidence le résultat global et de donner la priorité à la prévention des inégalités à différents niveaux (économique, social, éducatif, etc.). |
4.2. Davantage de perspectives et de bienfaits pour les citoyens
| 4.2.1. | Les politiques de l’Union européenne en matière de concurrence et de protection des consommateurs ont joué un rôle important dans le développement du marché unique. Pour que les consommateurs puissent jouir de ses bénéfices, ce dernier doit fonctionner efficacement et les consommateurs doivent pouvoir faire confiance aux marchandises et aux services, que ce soit en ligne ou hors ligne, qu’ils soient fournis localement ou depuis un autre État membre. Les États membres doivent faire en sorte que les entreprises respectent les règles en matière de concurrence et de protection des consommateurs et qu’il ne se produise aucune discrimination à l’endroit des concurrents aux dépens du bien-être des consommateurs. |
| 4.2.2. | La politique de l’Union européenne en matière de concurrence, qui jouit d’un prestige mondial, a joué un rôle important dans le développement du marché unique. Comme le CESE l’a souligné au fil des années, la limitation des aides d’État et la lutte contre les abus de position dominante ont dynamisé le marché de l’Union européenne et ont été bénéfiques pour les consommateurs et les entreprises. |
| 4.2.3. | Dans le cadre des règles de la concurrence économique, même les vendeurs en ligne doivent respecter le marché unique et il convient de déterminer la position qu’y tiennent les entreprises internationales. |
4.3. Bienfaits pour les entreprises
| 4.3.1. | Le marché unique offre aux entrepreneurs un environnement commercial reposant sur des règles, ouvert et multilatéral, garantissant l’accès aux chaînes de valeur internationales. |
| 4.3.2. | L’union des marchés des capitaux vise à mobiliser des capitaux en Europe et à les acheminer vers l’ensemble des entreprises, des infrastructures et des projets durables à long terme, ce qui est de nature à bénéficier à l’emploi (13). |
| 4.3.3. | Toutefois, il reste beaucoup de chemin à parcourir: les entreprises européennes sont beaucoup plus tributaires du crédit bancaire que leurs homologues américaines. |
| 4.3.4. | La taille du marché unique permet également à l’Union de développer un système commercial reposant sur des règles, ouvert et multilatéral. Les entreprises des pays tiers doivent se conformer à la législation de l’Union européenne pour accéder au marché unique, y compris dans les domaines de la santé, de l’environnement, de la sécurité alimentaire et des produits, et de la protection des consommateurs. |
| 4.3.5. | Le CESE souligne les difficultés que les entreprises européennes rencontrent sur les marchés mondiaux face à des oligopoles et des monopoles, qui dans certains cas sont détenus par des États. L’on peut citer à cet égard les exemples, entre autres, des industries ferroviaires, du transport aérien, des éoliennes, où les entreprises européennes sont confrontées à une concurrence féroce (de la part d’entreprises de pays tiers, notamment chinoises). |
4.4. La dimension sociale
| 4.4.1. | Le CESE a déjà appelé la Commission à développer la dimension sociale de l’Union européenne dans le but de favoriser la création d’emplois de qualité, d’améliorer les aptitudes et les compétences, d’augmenter les investissements sociaux et de développer l’économie sociale, ainsi que de prévenir la pauvreté, les inégalités, la discrimination et l’exclusion sociale, en insistant tout particulièrement sur l’intégration des jeunes dans la société. |
| 4.4.2. | Il semble se manifester un sentiment selon lequel les salariés ont été les grands perdants de la crise économique, qui s’est traduite par une hausse du chômage et de la pauvreté, par une stagnation ou une baisse des salaires réels, ainsi que par une réduction des prestations sociales. Le CESE juge opportun de mettre en œuvre des politiques sociales pour faire face à cette situation, qui entraîne une désaffection vis-à-vis de l’Union, ainsi qu’une montée du populisme et de la xénophobie dans certains secteurs de la population. Une recherche de l’Institut syndical européen (ETUI) (14) montre que les travailleurs de neuf États membres gagnaient moins en 2017 qu’en 2010, alors que les répercussions de cette crise sont loin d’être terminées. Le CESE rappelle que dans six États membres de l’Union européenne, il n’existe pas de salaire minimum obligatoire, tandis que dans d’autres, celui-ci est très bas (15). |
| 4.4.3. | Le CESE se félicite des progrès accomplis pour adapter l’acte européen sur l’accessibilité afin de promouvoir les droits des personnes handicapées et il encourage les États membres à adopter une approche ambitieuse et équilibrée au cours de la phase de transposition. Le CESE demande également à la prochaine Commission de présenter un plan d’action européen pour le secteur de l’économie sociale, qui pose des conditions de concurrence équitables pour les entreprises de ce secteur et en favorise le développement. |
4.5. Mettre en œuvre et appliquer les règles du marché unique de manière plus efficace
| 4.5.1. | Le CESE relève que, malgré des efforts considérables déployés pour mettre en œuvre les directives relatives au marché unique, les faits montrent (16) que des dispositions nationales peuvent susciter des charges disproportionnées pour les citoyens et les entreprises (17). Il importe que cette question soit tout spécialement traitée par les États membres et que la mise en place de nouveaux outils pour l’éviter devienne une priorité. |
| 4.5.2. | Le CESE souligne que les signaux récents liés à la mise en œuvre de la législation de l’Union européenne «ne sont pas tous encourageants», ce qui nécessite un engagement accru de la part des États membres. |
4.6. Exploiter le plein potentiel du marché unique
4.6.1.
| 4.6.1.1. | Conscient que l’avenir du marché unique est lié à l’économie numérique, le CESE l’a soutenue au fil des ans (18). |
| 4.6.1.2. | C’est pourquoi le CESE accueille très favorablement l’accord politique (19) intervenu sur le tout premier programme pour une Europe numérique 2021-2027 (20), doté au total d’un budget de 9,2 milliards d’EUR pour orienter et soutenir la transformation numérique des sociétés et des économies européennes et garantissant une large utilisation des technologies numériques dans l’ensemble de l’économie et de la société, de manière à renforcer la place de premier plan de l’Europe sur le plan industriel et technologique. |
| 4.6.1.3. | Compte tenu de la place croissante que prend le secteur des services dans l’ensemble de l’économie et dans la création d’emplois dans l’Union européenne (21), il est plus que jamais nécessaire d’exploiter pleinement les possibilités qu’offre ce secteur, en particulier parce que les gains escomptés pour celui-ci sont considérables (22). |
4.6.2.
| 4.6.2.1. | Il s’agit principalement pour le marché unique de construire en Europe un écosystème de données, vecteur indispensable à la fois de progrès économique et social et d’une solide compétitivité européenne dans un monde en pleine transformation radicale, caractérisé par la présence de puissants concurrents aux États-Unis et en Asie. Afin de renforcer la connectivité et les possibilités de stockage, les investissements publics-privés dans les infrastructures sont absolument indispensables sur l’ensemble du continent (23). |
| 4.6.2.2. | Le CESE partage l’avis de la Commission selon lequel le règlement général sur la protection des données (24) est essentiel pour garantir la confiance dans le marché unique des données à caractère personnel (25). Toutefois, il y a lieu de clarifier la proposition de règlement sur la vie privée et les communications électroniques (26) afin de garantir l’application de la Charte des droits fondamentaux et des droits de l’homme (articles 5, 8 et 11), ainsi que les possibilités de restriction prévues par la législation nationale (27). |
4.6.3.
| 4.6.3.1. | Le CESE souscrit à l’objectif qui consiste à établir un cadre propice à la transition vers un modèle circulaire, couvrant l’intégralité du cycle de vie des produits (28). |
| 4.6.3.2. | Un système solide de financement de la croissance durable conçu pour le long terme est un facteur important pour restaurer la confiance dans les marchés et mettre en relation l’épargne avec les investissements durables. Dans ce domaine, le plan d’action de l’Union européenne (29) doit promouvoir une croissance économique soutenue, partagée et durable, le plein emploi productif et un travail décent pour tous (objectif de développement durable no 8) (30). |
4.6.4.
| 4.6.4.1. | Le modèle de normalisation de l’Union européenne fait d’elle un leader mondial. Le CESE attire l’attention sur les travaux de la Commission dans ce domaine. L’uniformité et la cohérence du corpus de normes européennes sont garanties par le principe d’«une norme unique, soumise à un essai unique et acceptée dans toute l’Europe», qui offre aux entreprises une sécurité en matière d’investissement, ainsi qu’en matière juridique et financière (31). |
| 4.6.4.2. | Le train de mesures sur l’«énergie propre»vise à accélérer, modifier et consolider la transition de l’économie de l’Union européenne vers une énergie propre tout en continuant de poursuivre les objectifs majeurs que sont la croissance économique et la création d’emplois (32). |
| 4.6.4.3. | Après le quatrième paquet ferroviaire (2013) (33), le sixième rapport de suivi du marché ferroviaire (RMMS) (34) fait état d’une augmentation de la longueur totale du réseau ferroviaire de l’Union européenne. |
| 4.6.4.4. | «Un plan d’action pour la 5G en Europe» (35) traite d’un des aspects les plus importants pour l’économie numérique et la société. Des services commerciaux seront fournis à partir de 2020. Selon le CESE, les facteurs déterminants seront la réussite des projets menés dans le cadre du partenariat public-privé pour les infrastructures 5G (PPP-5G) au cours de la phase de recherche, et l’intégration des réseaux fronthaul avec les réseaux backhaul de transmission de données grâce à la réalisation d’aiguillages de grande capacité, à des liaisons hétérogènes de transmission et à des processeurs situés dans le nuage en ayant recours à plusieurs fournisseurs d’accès à l’internet (36). |
4.6.5.
| 4.6.5.1. | Grâce aux mesures adoptées à la suite de la crise financière, les banques européennes sont désormais mieux à même de faire face aux turbulences à venir. Le CESE se félicite des progrès manifestes accomplis dans la transformation du mécanisme européen de stabilité en un Fonds monétaire européen, qui pourrait mettre à disposition des liquidités de manière préventive, réduisant ainsi les programmes de conditionnalité. Toutefois, pour faire face aux dangers auxquels le système financier pourrait être exposé à l’avenir, le CESE soutient la recherche d’un consensus entre les États membres sur la mise en place d’une union bancaire forte, centrée sur des mesures susceptibles de renforcer la confiance des citoyens et des entreprises. |
4.6.6.
| 4.6.6.1. | Pour le marché unique, il est vital que l’Union européenne dispose de règles modernes en matière de droit des sociétés. Dans cette perspective, le «Paquet sur le droit européen des sociétés»constitue une stratégie globale destinée à traiter de manière équilibrée et à protéger les intérêts et les besoins légitimes de toutes les parties prenantes, des PME, des actionnaires minoritaires, des créanciers et des salariés (37). |
| 4.6.6.2. | L’exigence d’unanimité au sein du Conseil rend plus difficile l’adoption de règles communes dans certains domaines de la fiscalité, notamment en ce qui concerne l’assiette commune (consolidée) pour l’impôt sur les sociétés (ACCIS) et un espace TVA unique dans l’Union européenne. Le CESE approuve également le train de mesures sur la réforme de la TVA (38). |
4.6.7.
| 4.6.7.1. | Quarante pour cent des conducteurs européens interrogés dans le cadre d’un sondage (39) ont déclaré qu’ils pensaient que la prochaine voiture qu’ils achèteraient serait électrique. Les normes en matière de véhicules propres et les mesures d’encouragement en leur faveur aideront l’industrie automobile européenne à rester compétitive sur le marché mondial où l’électrification progresse rapidement. |
| 4.6.7.2. | Le CESE accueille favorablement l’alliance européenne pour les batteries, qui est un bon exemple d’une chaîne de valeur stratégique pour l’Europe. Toutefois, il importe d’intensifier les efforts en la matière, car les marques européennes sont largement distancées par les producteurs asiatiques et des États-Unis dans la course à la commercialisation de véhicules rechargeables destinés au grand public. |
4.7. La voie à suivre
| 4.7.1. | Il convient de tirer parti du semestre européen comme l’un des outils pour progresser plus efficacement et plus rapidement sur la voie d’une amélioration du marché unique lorsque cela est approprié. |
| 4.7.2. | Les États membres pourraient tirer profit d’un dialogue plus inclusif fondé sur les attentes de la société civile. Le semestre européen fait partie de ce dialogue. La capacité des États membres à tirer profit des «recommandations par pays»qui peuvent améliorer — et non pas imposer — les réformes à l’échelon national semble être une étape cruciale pour parvenir au succès et associer la population. |
| 4.7.3. | Les efforts déployés pour promouvoir les réalisations du marché unique doivent être inscrits dans les politiques et les engagements de tous les États membres, avec la participation des citoyens et l’engagement des sociétés. Il est essentiel de veiller à ce qu’une communication efficace entre les citoyens et «le projet européen fondé sur le marché unique»soit une priorité pour les États membres. Ce faisant, les dirigeants européens contribueront à prévenir l’extrémisme et des actions radicales à l’encontre d’un marché unique. |
| 4.7.4. | Le CESE accueille favorablement les appels et les invitations adressés par la Commission au Conseil européen, en particulier l’appel à veiller à ce que le Conseil œuvre sans tarder, conjointement avec le Parlement européen, à l’adoption, dès que possible, des initiatives législatives présentées dans le cadre de la stratégie pour le marché unique, de la stratégie pour un marché unique numérique, de l’union des marchés des capitaux et de l’union bancaire (40). |
Bruxelles, le 15 mai 2019.
Le président
du Comité économique et social européen
Luca JAHIER
(1) COM(2018) 772 final, chapitre 2.1.
(2) JO L 119 du 4.5.2016, p. 1.
(3) COM(2015) 550 final, JO C 177 du 18.5.2016, p. 1.
(4) COM(2015) 468 final, JO C 133 du 14.4.2016, p. 17.
(5) COM(2015) 192 final, JO C 71 du 24.2.2016, p. 65.
(6) COM(2018) 770 final.
(7) COM(2018) 771 final.
(8) Règlement (UE) 2018/302.
(9) Règlement (UE) 2018/644.
(10) Directive (UE) 2017/2455.
(11) Règlement (UE) 2017/2394.
(12) COM(2018) 238 final.
(13) JO C 81 du 2.3.2018, p. 117.
(14) Benchmarking Working Europe 2018.
(15) Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail.
(16) COM(2018) 772 final, chapitre 2.1.
(17) Voir l’initiative française: https://ue.delegfrance.org/suppression-de-sur-transpositions
(18) JO C 71 du 24.2.2016, p. 65; JO C 440 du 6.12.2018, p. 57; JO C 75 du 10.3.2017, p. 119; JO C 125 du 21.4.2017, p. 51; JO C 288 du 31.8.2017, p. 1; JO C 81du 2.3.2018, p. 102.
(19) IP/19/528.
(20) COM(2018) 434 final, JO C 62 du 15.2.2019, p. 292.
(21) À l’heure actuelle, le secteur des services est le plus important dans l’Union européenne, puisqu’il représente environ 75 % de son PIB.
(22) Voir la communication de la Commission «Le marché unique dans un monde qui change», COM(2018) 772 final, chapitre 3.4.
(23) JO C 345 du 13.10.2017, p. 130.
(24) JO L 119 du 4.5.2016, p. 1.
(25) JO C 229 du 31.7.2012, p. 90.
(26) COM(2017) 10 final.
(27) JO C 345 du 13.10.2017, p. 138.
(28) JO C 230 du 14.7.2015, p. 91.
(29) COM(2018) 97 final; JO C 62 du 15.2.2019, p. 73; JO C 62 du 15.2.2019, p. 103; JO C 62 du 15.2.2019, p. 97.
(30) JO C 62 du 15.2.2019, p. 73.
(31) JO C 197 du 8.6.2018, p. 17.
(32) JO C 246 du 28.7.2017, p. 64.
(33) JO C 327 du 12.11.2013, p. 122.
(34) COM(2019) 51 final.
(35) COM(2016) 588 final.
(36) JO C 125 du 21.4.2017, p. 74.
(37) JO C 62 du 15.2.2019, p. 24.
(38) JO C 237 du 6.7.2018, p. 40.
(39) https://www.euractiv.com/section/electric-cars/opinion/dont-let-european-automakers-lose-the-race-to-electrification (disponible pour l’heure en anglais et en allemand).
(40) COM(2018) 772 final.
Avis institutionnel — 52019AB0046
30/12/2019
Résolution législative du Parlement européen du 18 décembre 2019 sur le projet de décision du Conseil relative à la conclusion de l’accord de partenariat dans le domaine de la pêche durable entre l’Union européenne et la République de Gambie et du protocole de mise en œuvre dudit accord de partenariat (08974/2019 — C9-0106/2019– 2019/0076(NLE))
18/12/2019
P9_TA(2019)0097 PAC: discipline financière à partir de l’exercice 2021 et flexibilité entre piliers pour l’année civile 2020 ***I Résolution législative du Parlement européen du 18 décembre 2019 sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (UE) n° 1306/2013 en ce qui concerne la discipline financière à partir de l’exercice 2021 et le règlement (UE) n° 1307/2013 en ce qui concerne la flexibilité entre piliers pour l’année civile 2020 (COM(2019)0580 — C9-0163/2019 — 2019/0253(COD)) P9_TC1-COD(2019)0253 Position du Parlement européen arrêtée en première lecture le 18 décembre 2019 en vue de l’adoption du règlement (UE) 2020/… du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (UE) n° 1306/2013 en ce qui concerne la discipline financière à partir de l’exercice 2021 et le règlement (UE) n° 1307/2013 en ce qui concerne la flexibilité entre piliers pour l’année civile 2020
18/12/2019
Résolution législative du Parlement européen du 17 décembre 2019 sur le projet de décision du Conseil relative à l’adhésion des Îles Salomon à l’accord de partenariat intérimaire entre la Communauté européenne, d’une part, et les États du Pacifique, d’autre part (09405/2019 — C9-0010/2019 — 2019/0099(NLE))
17/12/2019