| CELEX | 52018AE5821 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mercredi 20 mars 2019 |
| 5.7.2019 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 228/57 |
Avis du Comité économique et social européen sur «L’avenir de l’UE: avantages pour les citoyens et respect des valeurs européennes»
(avis exploratoire à la demande de la présidence roumaine du Conseil de l’Union européenne)
(2019/C 228/08)
Rapporteur: Mihai IVAȘCU
Corapporteur: Stéphane BUFFETAUT
| Consultation | Présidence roumaine du Conseil, 20.9.2018 |
| Base juridique | Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Compétence | Sous-comité «L’avenir de l’UE: avantages pour les citoyens et respect des valeurs européennes» |
| Adoption en session plénière | 20.3.2019 |
| Session plénière no | 542 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 147/6/9 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Plus de 60 ans après la signature du traité de Rome, les États membres devraient adopter une position politique sur l’avenir de l’UE à Sibiu, en mai 2019. |
| 1.2. | La dignité humaine et les droits de l’homme, la démocratie, la liberté, la justice sociale, l’égalité, la séparation des pouvoirs et l’état de droit sont les valeurs qui ont toujours sous-tendu la construction européenne. Elles doivent rester non négociables et constituer la base sur laquelle l’UE sera réformée et la décision politique sera prise à Sibiu. |
| 1.3. | L’un des documents clés garantissant les droits de nos citoyens est la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Les grandes décisions politiques, telles que celles destinées à améliorer les traités, doivent tenir compte de ce document et l’intégrer dans le nouveau texte. |
| 1.4. | Le projet européen a permis à tout un continent de connaître la période de paix la plus longue de son histoire, a donné lieu à une prospérité et un développement social sans précédent, a facilité la libre circulation des personnes, des biens et des services et a mis en place le plus grand marché unique au monde. Tous ces aspects garantissent aux citoyens européens un niveau de vie nettement plus élevé, une protection sociale et des possibilités accrues par rapport à la plupart des régions du globe. |
| 1.5. | Ces avantages ainsi que d’autres sont parfois considérés comme des acquis ou minimisés par les mouvements populistes et eurosceptiques. Il ne faut jamais oublier qu’en raison de l’Union européenne, nous bénéficions:
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| 1.6. | L’Union doit agir pour renforcer la convergence entre régions et/ou États membres. La convergence vers le haut des conditions de vie et de travail, fondée sur une croissance durable, revêt une importance cruciale pour améliorer le fonctionnement du marché unique et réduire les inégalités, la pauvreté et l’exclusion sociale. |
| 1.7. | Il convient de faire renaître chez les citoyens la conviction qu’agir au niveau européen ne signifie pas renoncer aux politiques nationales, mais plutôt reconnaître que certains projets seront davantage porteurs si les décisions sont prises ensemble. L’égalité des règles et l’égalité des chances pour tous les États membres et tous les citoyens ne devraient jamais être négociables et la méthode européenne doit garantir la liberté et la souveraineté à l’ère de la mondialisation. |
| 1.8. | L’adoption de l’euro doit être une priorité de la construction européenne, car la zone euro ne pourra atteindre son plein potentiel que lorsque tous les États membres l’auront rejointe. Associé à une Union économique et monétaire forte, le mécanisme européen de stabilité (MES) amélioré peut jouer un rôle plus important en termes de responsabilité politique et de responsabilité budgétaire renforcée. En outre, les États membres doivent prendre des mesures immédiates et courageuses pour rendre l’UE plus résiliente en cas de nouvelle crise économique et financière. |
| 1.9. | Dans un monde en constante mutation, le CESE estime qu’il est nécessaire d’investir massivement dans la R & D, l’offre de compétences et les infrastructures pour que l’UE puisse tirer parti de ses avantages concurrentiels. L’Europe doit relever le défi du déclin et du vieillissement de sa population car ce phénomène a une incidence sur l’offre de main-d’œuvre. Néanmoins, les politiques migratoires doivent s’accompagner de politiques d’aide à l’accueil et à l’intégration solides afin d’éviter d’énormes difficultés sociales et sociétales. Si elle veut rester concurrentielle, l’UE doit remédier à la pénurie de main-d’œuvre et au déficit de compétences. L’Europe a besoin d’une politique migratoire bien gérée afin de préparer la main-d’œuvre aux compétences requises par les nouvelles technologies, tout en soutenant la croissance et le développement des entreprises. Les travailleurs européens doivent pouvoir bénéficier de programmes de formation, de reconversion, de perfectionnement et d’apprentissage tout au long de la vie de manière à profiter pleinement de l’évolution technologique. |
| 1.10. | Ces dernières années, des courants protectionnistes ont vu le jour et les guerres commerciales couvent. Le CESE estime que l’UE doit continuer à promouvoir un commerce libre, équitable et durable dans un système multilatéral et des accords commerciaux qui respectent les droits sociaux, les droits des consommateurs et les droits environnementaux, tout en soutenant la croissance et l’évolution des entreprises. Le protectionnisme ne profiterait pas aux citoyens. En outre, l’UE a un rôle majeur à jouer dans la réforme de l’Organisation mondiale du commerce. |
| 1.11. | Il convient de parvenir à une croissance économique saine, assortie d’une dimension sociale stable, sans oublier que le socle européen des droits sociaux représente l’un des principaux moteurs de la cohésion sociale. Il y a lieu d’en accélérer la mise en œuvre au niveau national et d’y associer toutes les organisations de la société civile concernées. Les partenaires sociaux et les autres organisations de la société civile sont des acteurs clés du projet démocratique européen. |
| 1.12. | Le CESE estime que tous les citoyens de l’UE devraient bénéficier d’une égalité des chances et de traitement sur le marché du travail. Tout en favorisant une mobilité équitable, il conviendrait de garantir également l’accès des citoyens à des emplois de qualité et à des conditions de vie décentes à l’endroit où ils vivent afin d’éviter la fuite des cerveaux et le dumping social. |
| 1.13. | Les citoyens de l’UE sont de plus en plus préoccupés par le changement climatique et les questions environnementales. Plusieurs avis du CESE ont montré que l’Europe peut et doit parvenir à mettre en œuvre les objectifs de durabilité. De même, il est essentiel de respecter les engagements pris dans le cadre des différents accords sur le climat, la biodiversité et l’eau. L’UE est en mesure de stimuler la transition écologique tout en préservant la cohésion sociale et l’inclusion de tous, dans le cadre d’une transition juste. |
| 1.14. | Le CESE estime que les programmes actifs qui facilitent l’éducation et l’inclusion des jeunes dans la population active jouent un rôle important pour l’avenir de l’Union européenne. Les programmes tels qu’Erasmus+ doivent être encouragés afin de doter les jeunes de connaissances, d’aptitudes et de compétences. Le CESE estime que, parallèlement à ces programmes, il convient d’en mettre en place dès à présent d’autres, similaires, destinés à soutenir les personnes disposant de ressources économiques plus limitées. Il est essentiel de sensibiliser les citoyens à ces programmes tout en soulignant systématiquement l’avantage direct que représente l’appartenance à l’UE. En outre, Erasmus+, entre autres, peut et doit être utilisé pour assurer la garantie de la qualité dans l’enseignement supérieur en Afrique afin de doter les jeunes des deux continents de connaissances, d’aptitudes et de compétences. |
| 1.15. | Les défis en matière de sécurité extérieure sont nettement plus nombreux, mais sont perçus différemment par les États membres, dont la contribution financière et les points de vue sur l’usage de la capacité militaire varient. Le CESE estime que l’UE doit apporter une réponse collective et coordonnée afin de prouver à tous les citoyens que la sécurité est effectivement assurée. Tout aussi importantes pour la sécurité des citoyens sont les mesures visant à prévenir la cybercriminalité dans le nouvel environnement numérique. |
| 1.16. | Le sort de milliers de migrants qui fuient les conflits et la pauvreté en mettant leur vie en péril pour traverser la Méditerranée est choquant. Les retombées politiques ont créé l’impression que l’UE ne sait pas comment gérer une telle crise. Le CESE accueille favorablement le projet de la Commission visant à mettre en place une politique migratoire équilibrée, globale et commune, qui aidera l’UE à saisir les opportunités offertes par les migrations tout en s’attaquant aux défis qui se posent. |
| 1.17. | Les citoyens européens considèrent souvent les effets positifs de l’adhésion à l’Union européenne comme allant de soi ou les associent aux gouvernements nationaux, tandis qu’ils imputent nombre des difficultés qu’ils rencontrent aux institutions européennes. Le CESE estime qu’en raison des insuffisances de la communication sur ce que l’appartenance à l’Union européenne procure à ses citoyens, l’UE et les États membres doivent faire beaucoup plus d’efforts pour mieux communiquer sur les politiques, les objectifs et les objectifs européens. |
| 1.18. | Il convient d’affecter davantage de fonds à la communication et d’exploiter tous les canaux disponibles: les niveaux européen et national, mais également les partenaires sociaux et les autres organismes représentant la société civile organisée. L’UE doit systématiquement informer ses citoyens des avantages qu’elle leur apporte, et leur rappeler ce qu’était la vie avant sa création: la guerre, les troubles et les difficultés économiques. |
| 1.19. | Pour se rapprocher de ses citoyens, l’UE doit en permanence être à leur écoute, cerner leurs attentes fondamentales et tenter d’agir en conséquence. C’est pourquoi le CESE estime qu’il y a lieu de promouvoir et d’utiliser la communication, les plateformes de coopération et les consultations publiques aussi souvent que possible, en associant tous les États membres. |
| 1.20. | La lutte contre les fausses informations représente un autre défi majeur dans un monde où l’information erronée et la désinformation constituent une tendance croissante. Le CESE appelle dès lors de ses vœux une action commune et ferme afin de renforcer les capacités d’analyse des citoyens tout en préservant la liberté d’expression, de prévenir la diffusion de fausses informations et d’élaborer des outils de contrôle et de vérification des faits. |
2. Introduction
| 2.1. | L'article 3 du traité sur l’Union européenne précise que «l’Union a pour but de promouvoir la paix, ses valeurs et le bien-être de ses peuples». L’Union européenne, qui a commencé comme un projet visant à garantir la paix, est devenue le plus grand marché unique au monde qui permet la libre circulation des capitaux, des produits et des services et, surtout, de ses citoyens. Ce rêve a pris forme sur les cendres de deux guerres mondiales et a assuré le développement de l’ensemble du continent, marquant le début de la plus longue période de paix de son histoire. |
| 2.2. | Aujourd’hui, en 2019, année d’élections européennes et de changements fondamentaux pour l’Union, tous les acteurs européens doivent faire la preuve de leur détermination à assurer l’unité, la prospérité et le bien-être de ses citoyens en protégeant la démocratie, les droits humains, la séparation des pouvoirs, l’état de droit et le modèle social européen (1). |
| 2.3. | La charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (2) garantit certains droits politiques, sociaux et économiques aux citoyens de l’ensemble de l’Union européenne. Ratifié en 2000, ce texte a ajouté un aspect fondamental ignoré jusque-là par les traités, à savoir l’obligation pour l’UE d’agir et de légiférer en respectant les droits et les valeurs de la charte tels que décrits dans les sept chapitres qu’elle comporte: la dignité, les libertés, l’égalité, la solidarité, la citoyenneté, la justice et les dispositions générales. |
| 2.4. | Bien que les avantages pour les citoyens européens soient évidents, certains semblent malheureusement ne pas en avoir conscience, voire les remettent en question et l'on a pu observer ces dernières années des tensions croissantes au sein de certains États membres ainsi que des divergences de vue quant à la voie à suivre. Cela a naturellement suscité des interrogations: quel avenir pour l’Union européenne? Doit-on faire plus ou, au contraire, moins ensemble? Où se situe le juste équilibre entre les différents projets de coopération que les États membres sont disposés à accepter? Diverses forces politiques, en particulier dans les États membres fondateurs de l’Union, remettent en question la direction, la gouvernance et même le principe de l’intégration européenne. |
| 2.5. | Ce tournant politique coïncide avec un regain de confiance en l’UE (3) après une longue période de méfiance à l’égard des modalités de l’action des institutions européennes. Les difficultés récentes, qu’il s’agisse de la crise financière ou de la crise de la zone euro, de la situation migratoire ou du Brexit, ont montré à quel point il est facile de rejeter la responsabilité sur les institutions de l’Union. Les mouvements eurosceptiques ont en effet exploité plusieurs événements récents pour promouvoir leurs idées, que l’Union européenne soit ou non responsable de la situation. Les partis politiques populistes arrivés au pouvoir dans plusieurs États membres ont remis en question les avantages de l’UE ou propagé de fausses informations sur l’Union. |
3. Avantages pour les citoyens européens
| 3.1. | L’interconnexion économique, le resserrement de la coopération sociale et politique et la libre circulation ont éloigné le spectre de la guerre; le continent connaît aujourd'hui la plus longue période de paix de son histoire. |
| 3.2. | Le marché unique européen garantit aux États membres la liberté et la fluidité des échanges commerciaux au sein de l’Union, contribue à la richesse et à la prospérité économiques et à des niveaux de vie qui sont parmi les plus élevés au monde. Cela étant, les inégalités sociales et territoriales n’ont pas été éliminées. |
| 3.3. | En tant que négociateur économique unique, l’UE est devenue un acteur très influent sur la scène internationale, capable de négocier des accords commerciaux stratégiques et d’influencer la politique économique au niveau mondial. L’accroissement de la connectivité et la réduction des coûts de fonctionnement dont bénéficient les entreprises favorisent la création d’emplois. |
| 3.4. | La libre circulation des citoyens dans l’Union a contribué à faire disparaître la méfiance entre les nations et ouvert d’innombrables possibilités éducatives et professionnelles. Un citoyen européen peut travailler, vivre et prendre sa retraite dans n’importe quel État membre de l’Union. Il est très courant de voir, par exemple, un Roumain étudier au Royaume-Uni, puis travailler en Belgique tout en résidant aux Pays-Bas. |
| 3.5. | Les citoyens bénéficient également de la création d’un espace de liberté, de sécurité et de justice, dans la mesure où les nations européennes jouissent d’une forme de protection mutuelle. L’UE offre un niveau de sécurité qui permet aux services de renseignement et aux autorités chargées du maintien de l’ordre de chaque pays de bénéficier de possibilités accrues en matière d’échange d’informations et de ressources. |
| 3.6. | Depuis sa création, l’UE œuvre à tous niveaux à l’amélioration de l’environnement. Ainsi, la qualité de l’air et de l’eau s’est considérablement améliorée sur l’ensemble du continent depuis les années 1950 grâce à la coordination des efforts et de la réglementation à l’échelle européenne. |
| 3.7. | À l’ère du numérique, la vie privée fait l’objet d’une protection importante dans l’UE depuis la récente adoption du règlement général sur la protection des données (RGPD). Ce texte représente l’une des législations les plus strictes au monde en matière de protection des données à caractère personnel et protège le droit fondamental des citoyens à la vie privée. |
| 3.8. | L’UE possède en outre l’un des régimes de sécurité des produits et des denrées alimentaires les plus stricts au monde. Les autorités nationales communiquent au système d’alerte rapide pour les produits non alimentaires dangereux (RAPEX) les informations sur les produits dangereux présents sur le marché. L’Union s’est également engagée à détecter ce type de produits avant qu’ils ne soient vendus aux consommateurs. Dans l’UE, les employeurs sont tenus de garantir la santé et la sécurité des travailleurs dans tous les aspects de leur travail. |
| 3.9. | Les citoyens de l’Union bénéficient de la réciprocité des soins de santé dans n’importe quel État membre de l’UE. Ces droits s’appliquent qu’ils séjournent temporairement dans un pays pour leurs vacances ou étudient à l’étranger, qu’ils résident à titre permanent dans un autre pays de l’UE ou qu’ils se rendent dans un autre État membre spécifiquement pour y recevoir un traitement médical. |
| 3.10. | Tout citoyen de l’UE a le droit de voter et de participer en tant que candidat aux élections au Parlement européen et/ou aux élections municipales dans le pays de l’UE dans lequel il réside, dans les mêmes conditions que les ressortissants de ce pays. De plus, les citoyens de l’Union européenne ont le droit d’être recrutés dans les mêmes conditions que les ressortissants du pays dans lequel ils recherchent un emploi et il est interdit de leur imposer des exigences supplémentaires. |
| 3.11. | Tout citoyen européen peut immatriculer une entreprise ou créer une succursale d’une entreprise existante établie dans l’UE dans n’importe quel pays de l’Union ainsi qu’en Islande, en Norvège ou au Liechtenstein, et ce rapidement et facilement. De nombreux fonds et initiatives de l’UE sont disponibles pour soutenir les jeunes pousses et les PME. |
| 3.12. | Le modèle social européen contribue à améliorer les conditions de vie et de travail d’une grande partie de la population de l’UE. La récente adoption du socle européen des droits sociaux vise à améliorer encore cette situation. |
| 3.13. | L’UE est à la pointe de la promotion de l’égalité entre femmes et hommes en matière d'indépendance économique. Elle s’efforce en permanence de progresser sur la voie de l’égalité entre hommes et femmes, de lutter contre les écarts de rémunération et de mettre en place des règles et des politiques efficaces de lutte contre la discrimination. |
| 3.14. | Le processus d’adhésion à l’Union européenne et la perspective de rejoindre cette dernière ont encouragé la mise en place d’économies de marché viables, l’amélioration des normes sociales et la création d’institutions démocratiques stables en Europe. |
| 3.15. | Les citoyens de l’UE bénéficient de la protection des autorités diplomatiques et consulaires de tout autre État membre lorsqu’ils se trouvent sur le territoire d'un pays tiers où leur propre État n'est pas représenté. Ce droit est consacré par l'article 46 de la Charte des droits fondamentaux. Il n’y a que trois pays — les États-Unis, la Chine et la Russie — dans lesquels tous les États membres sont représentés diplomatiquement. Dans les situations d’urgence, les États membres de l’UE doivent aider à évacuer les citoyens européens comme s’il s'agissait de leurs propres ressortissants. La protection couvre également les situations de la vie quotidienne, comme le vol d’un passeport, un accident grave ou une maladie. |
| 3.16. | L’éducation est résolument soutenue au sein de l’Union européenne. Le programme d’échange mondialement connu Erasmus+ offre aux étudiants et aux universitaires la possibilité de renforcer leurs compétences et leurs perspectives d’emploi en faisant l’expérience de la vie universitaire dans un autre pays. Plus de 3 millions de personnes en ont profité depuis 2014. En outre, les échanges d’idées et de cultures ont permis de rapprocher les citoyens et de contribuer à façonner l’identité européenne. |
4. Valeurs européennes et droits fondamentaux
| 4.1. | Le CESE estime qu’afin de protéger au mieux les intérêts des citoyens, toute réforme des traités doit intégrer le texte de la Charte des droits fondamentaux et aucun État membre ne devrait avoir la possibilité de refuser de l’appliquer. À l’heure actuelle, le traité de Lisbonne évoque la charte comme un document indépendant, et le Royaume-Uni et la Pologne n’y souscrivent pas. |
| 4.2. | Bien que l’Europe soit confrontée à de nombreux défis et que la prise de décisions communes soit toujours nécessaire, les valeurs sur lesquelles repose l’UE, qui sont consacrées dans les traités, ne sont pas négociables et doivent constituer le point de départ de toute nouvelle architecture européenne: respect de la dignité humaine et des droits de l’homme, démocratie, liberté, égalité, séparation des pouvoirs et état de droit. |
| 4.3. | L’égalité de traitement et des règles identiques pour tous les citoyens de l’UE ne devraient jamais être négociables; or, à cet égard, l’Union a consenti à des compromis importants et inutiles: nécessité d’un visa pour les États-Unis pour certains États membres uniquement, double niveau des normes de qualité des denrées alimentaires, etc. L’UE doit s’efforcer de protéger de manière égale les intérêts de tous ses citoyens, quelle que soit leur nationalité. |
| 4.4. | Le CESE estime qu’agir au niveau européen ne signifie pas que l’on renonce aux intérêts nationaux, ni que les intérêts européens et nationaux sont conflictuels, mais simplement que certains objectifs sont mieux réalisés conjointement. Quelle que soit la direction que prendra l’Union, il conviendra d’envisager des réformes importantes et des règles claires pour sa gouvernance afin de faire face aux tensions politiques actuelles et à une diversité croissante. C’est la méthode européenne qui garantit la liberté et la souveraineté dans un monde globalisé. Les citoyens bénéficient de l’adhésion à l’UE car elle leur offre un espace juridique, des horizons et des règles qui sont les mêmes pour tous, tout en interdisant strictement toute discrimination fondée sur la nationalité. |
| 4.5. | Le sort de milliers de migrants qui fuient les conflits et la pauvreté en mettant leur vie en péril pour traverser la Méditerranée est choquant. Les retombées politiques ont créé à tort l’impression que l’UE ne sait pas comment gérer une telle crise. Le CESE accueille favorablement le projet de la Commission visant à mettre en place une politique migratoire équilibrée, globale et commune, qui aidera l’UE à saisir les opportunités offertes par les migrations tout en s’attaquant aux défis qui se posent. Le Comité soutient tout particulièrement la nouvelle politique de la Commission visant à faire en sorte que l’Europe demeure une destination attrayante pour les migrants dans une période de déclin démographique et à réduire les incitations à la migration irrégulière. Cela implique également de solides politiques d’aide à l’accueil et à l’intégration. |
| 4.6. | Le plus grand défi pour l’UE est de demeurer une Union qui défend et protège ses citoyens et leur donne les moyens d’agir. Par conséquent, elle doit proposer des solutions qui répondent aux préoccupations réelles des citoyens: «Le Comité reste convaincu qu’un avenir meilleur est possible et qu’une Union plus forte peut contribuer à donner une meilleure orientation à la mondialisation et à la numérisation, et partant, à offrir des perspectives favorables à tous les citoyens» (4). |
| 4.7. | Les fondateurs du projet européen ont reconnu qu’il reste encore à ce dernier un long chemin à parcourir pour jouir du même niveau de légitimité que les démocraties établies dans ses États membres. Nous avons parcouru un long chemin, mais un nouveau traité, quel qu’il soit, doit garantir davantage de transparence et un contrôle démocratique accru afin de rendre l’Union le plus légitime possible aux yeux de l’opinion. Il convient en outre d’assurer un plus grand respect du droit de l’Union par les États membres. |
5. Développement économique durable
| 5.1. | L’Europe possède le plus grand marché unique au monde et la deuxième monnaie la plus utilisée. Principale puissance commerciale, elle représente 16,5 % des importations et des exportations à l’échelle mondiale (5) et est le plus important donateur d’aide au développement et d’aide humanitaire. Grâce notamment à «Horizon 2020», le plus grand programme de recherche multinational au monde, l’Europe est à la pointe de l’innovation. Toutefois, la concurrence des États-Unis et de l’Asie semble plus intense que jamais. Soyons clairs: aucun État membre n’est en mesure de jouer seul un rôle de premier plan sur la scène mondiale. |
| 5.2. | L’euro, qui fêtera bientôt son vingtième anniversaire, ne pourra atteindre son plein potentiel que lorsque tous les États membres l’auront adopté et que l’Union économique et monétaire sera achevée. Il faudrait pour cela des règles claires, acceptées par tous et applicables à tous, donner au MES un rôle plus important, comparable à celui du FMI sur la scène internationale, ainsi que la responsabilité politique et des conseils budgétaires renforcés (6). L’adoption de l’euro doit être une priorité de la construction de l’UE. |
| 5.3. | Le CESE a souligné par le passé combien l’Union était lente à réagir à la crise financière et que des réformes étaient nécessaires dans l’Union économique et monétaire (7). Depuis lors, on a pu observer un effort continu en faveur des réformes et d’un parachèvement de l’union bancaire et de l’union des marchés des capitaux. Comme par le passé (8), le CESE est favorable à la poursuite de la consolidation du marché, mais met en garde contre la création de positions caractérisées par une concentration trop forte du pouvoir décisionnel dans les mains d’un petit nombre d’acteurs. L'achèvement de l'UEM devrait permettre aux entreprises et aux citoyens de l’Union européenne d’entrer dans une nouvelle ère de la monnaie unique en ce qu’elle réduira sensiblement les coûts de transaction, éliminera les risques de change et améliorera la transparence des prix dans le commerce tout en diminuant les risques d’investissement. |
| 5.4. | Dans un monde en constante mutation, si l’Europe veut tirer parti de ses avantages concurrentiels, elle doit se concentrer sur des domaines tels que la R & D, l’offre de compétences et les infrastructures. L’Europe doit relever le défi du déclin et du vieillissement de sa population car ce phénomène a une incidence sur l’offre de main-d’œuvre. Si elle veut rester concurrentielle, l’UE doit remédier à la pénurie de main-d’œuvre et au déficit de compétences. L’Europe a besoin d’une politique de migration bien gérée et d’une perspective à long terme pour préparer la main-d’œuvre aux défis futurs tout en aidant les entreprises à se développer et à évoluer. Cela étant dit, les politiques migratoires doivent s’accompagner de politiques solides afin d’éviter les difficultés sociales et sociétales. |
| 5.5. | Par ailleurs, le CESE a demandé dans plusieurs de ses avis que l’on investisse davantage dans les infrastructures et les services publics, projets générateurs de croissance et de bien-être pour les citoyens. Le Comité a également fait savoir qu’il est favorable à «une assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés (ACCIS) et sur les transactions financières, les carburants et les émissions de dioxyde de carbone qui, si elle est appliquée au niveau européen, permettrait à la fois de définir une assiette fiscale transnationale et de lutter contre les effets sur l’environnement au niveau mondial» (9). Cela contribuerait à réduire l’évasion fiscale et à assurer l’uniformité de la politique budgétaire. De même, le Comité a fait remarquer que «l’Europe semble disposer d’une position forte pour ce qui est des entreprises innovantes de haute technologie en croissance, mais lorsque ces entreprises ont besoin d’investissements solides en capital, elles font généralement faillite» (10). |
| 5.6. | L’UE a signé des accords commerciaux globaux visant à intensifier les échanges de biens et de services tout en protégeant et renforçant les droits des travailleurs et en tenant compte des défis environnementaux. Toutefois, des courants protectionnistes ont vu le jour ces dernières années et les guerres commerciales couvent. L’UE doit continuer à promouvoir un commerce libre, équitable et durable dans un système multilatéral et des accords commerciaux qui respectent les droits sociaux, les droits des consommateurs et les droits environnementaux, tout en soutenant la croissance et l’évolution des entreprises. Le protectionnisme ne profite pas aux citoyens. L’Organisation mondiale du commerce aura un rôle important à jouer à cet égard, et il est essentiel que l’UE ait son mot à dire dans sa réforme (11). Fermer les frontières et entraver les échanges commerciaux ne peut en aucun cas être la voie à suivre. |
| 5.7. | Dans un monde affecté par les changements climatiques, le CESE a formulé à plusieurs reprises des recommandations en vue d’améliorer la protection de la biodiversité et des ressources vitales indispensables à notre existence. Le Comité souligne que la protection de la biodiversité est tout aussi importante que la lutte contre le changement climatique. Il plaide en faveur d’une volonté politique et d’une cohérence législative accrues dans ce domaine, et recommande dès lors de mobiliser toutes les ressources nécessaires. |
| 5.8. | Le Comité est d’avis qu’une politique de lutte contre le changement climatique doit reposer sur une transition équitable, ce qui requiert des mesures visant à atténuer les effets du changement climatique et à compenser également les dommages et les pertes. Le modèle de l’économie circulaire doit être privilégié le plus possible, et son cadre réglementaire amélioré. Il y a lieu de promouvoir des chaînes d’approvisionnement courtes, en particulier dans le secteur alimentaire, et de mener à terme une redéfinition des politiques de mobilité de manière à les rendre plus efficaces et plus durables. Dans le cadre de la conférence de Paris sur le changement climatique de 2015, l’UE s’est engagée à atteindre des objectifs visant à limiter le réchauffement de la planète. L’UE a déjà réalisé des progrès considérables et est en mesure de renforcer les efforts collectifs pour respecter les engagements pris lors de la COP 21 et répondre aux besoins actuels. Néanmoins, le CESE a pris note des mouvements des étudiants et des jeunes dans plusieurs États membres, qui demandent davantage de mesures de protection de l’environnement. |
6. Progrès social et éducation
| 6.1. | «En comparaison avec le reste du monde, les sociétés européennes sont prospères et offrent à leurs populations une certaine abondance. Elles disposent des niveaux de protection sociale les plus élevés au monde et figurent en très bonne place pour ce qui est du bien-être, du développement humain et de la qualité de la vie» (12). Des inégalités croissantes et d’énormes écarts de cohésion sociale existent toutefois dans l’ensemble de l’Union et nous devons nous efforcer de réduire les différences entre États membres. La convergence vers le haut des conditions de vie et de travail, fondée sur une croissance durable, permettra d’améliorer les conditions sociales et de réduire les inégalités et devrait être un objectif essentiel pour l’avenir de l’Europe. |
| 6.2. | Un moteur important du progrès social doit être le socle européen des droits sociaux, une initiative résolument soutenue par le CESE, dans le cadre d’une stratégie complète et globale visant à réaliser le programme de développement durable à l’horizon 2030. Afin de garantir un avenir prospère aux citoyens européens, le CESE réaffirme son ferme engagement en faveur de tout effort susceptible de parvenir à «un marché du travail équitable et véritablement paneuropéen»et de réaliser une «Europe sociale triple A», et qui doit servir de boussole pour assurer une convergence rénovée (13). La mise en œuvre au niveau national doit être accélérée et s’accompagner d’une prise de conscience du fait qu’une croissance économique saine ne peut faire l’économie d’une dimension sociale stable. L’ensemble des organisations de la société civile a un rôle de premier plan à jouer, en collaboration avec l’Union et ses États membres. Le CESE estime qu’il est important pour le bien-être des citoyens de l’UE que cette dernière continue de suivre les progrès réalisés dans la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux dans le cadre du processus du semestre européen, en associant pleinement les partenaires sociaux et les autres organisations de la société civile. |
| 6.3. | Le CESE réaffirme en outre que «L’Union européenne gagnerait à tirer pleinement parti de l’expérience et des capacités des partenaires sociaux et des autres organisations de la société civile (OSC) opérant au niveau local, national et européen, en les associant, ainsi que les utilisateurs des services et en fonction de leurs différents rôles, aux missions de programmation, de mise en œuvre, de suivi et d’évaluation des financements de l’UE. Les partenaires sociaux et les autres organisations de la société civile sont des acteurs clés du projet démocratique européen» (14). L’Union devrait favoriser la négociation collective, tout en respectant l’autonomie des partenaires sociaux. |
| 6.4. | La numérisation, l’automatisation, l’intelligence artificielle notamment requièrent une réaction rapide et durable. Outre les besoins énormes et urgents d’investissements dans l’éducation de qualité et la recherche et le développement du fait du retard de l’UE par rapport à d’autres puissances économiques sur le plan des dépenses exprimées en pourcentage de PIB (15), l’économie de l’UE a besoin d’une main-d’œuvre disposant des compétences qui lui permettront de relever les défis d’un environnement concurrentiel en mutation. Cela signifie qu’au-delà des efforts déployés par l’UE, les États membres, les partenaires sociaux et d’autres organisations pertinentes de la société civile, il existe une responsabilité et un intérêt partagés des employeurs et des travailleurs s’agissant de contribuer à la formation, à la requalification, au perfectionnement et à l’apprentissage tout au long de la vie pour les jeunes et les adultes, ce qui favorisera la prospérité des entreprises et la disponibilité d’une main-d’œuvre adéquatement qualifiée. Il convient d’accroître la numérisation de l’économie de l’UE dans un cadre assurant une transition équitable vers une évolution technologique, en veillant à ce que cette démarche contribue à améliorer les conditions de vie et de travail, et notamment à créer des emplois de qualité et des sociétés plus égalitaires. |
| 6.5. | Il convient d’adopter, sur la base des principes du socle européen des droits sociaux, des mesures qui permettront de faire face aux défis à venir pour le marché du travail. Saisir les possibilités offertes par le progrès technologique devrait dès lors aller de pair avec des efforts visant à relever les défis posés par les mutations industrielles et la transformation du marché du travail. Faute de relever ces défis, soit nous serons confrontés à une très forte résistance au changement, soit une proportion importante de la population ne bénéficiera pas du développement des nouvelles technologies. |
| 6.6. | Le CESE a déjà demandé que les inégalités croissantes, la pauvreté et l’exclusion sociale soient combattues à tous les niveaux et par l’ensemble des parties prenantes. À cet égard, il estime que des efforts supplémentaires visant à définir des principes, des normes, des politiques et des stratégies communs aux niveaux appropriés sont nécessaires afin de parvenir à une plus grande convergence des salaires et d’établir des salaires minimaux ou de les augmenter jusqu’à un montant adéquat, et ce dans le plein respect de l’autonomie des partenaires sociaux. En outre, il importe de veiller à ce que tous les citoyens soient couverts par un revenu minimum. Le Comité attire l’attention sur la nécessité d’augmenter les moyens budgétaires destinés à la cohésion sociale et à l’investissement social pour relever les défis de demain (16). |
| 6.7. | Le CESE estime que tous les citoyens de l’UE devraient bénéficier d’une égalité des chances et de traitement sur le marché du travail. Tout en favorisant une mobilité équitable, il conviendrait de garantir également l’accès des citoyens à des emplois de qualité et à des conditions de vie décentes à l’endroit où ils vivent afin d’éviter la fuite des cerveaux et le dumping social. |
| 6.8. | L’avenir de l’Union européenne dépend de programmes actifs favorisant l’éducation et l’intégration des jeunes dans la population active. Des programmes tels qu’Erasmus+ et son prédécesseur Erasmus ont eu un impact incroyable en faisant naître chez les citoyens un sentiment d’identité européenne, tout en dotant les jeunes de connaissances, d’aptitudes et de compétences. L’intention de la Commission de doubler son financement constitue une avancée incontestable mais le CESE a demandé, en octobre 2018 (17), que soient alloués encore plus de fonds. Ce type de programme doit être maintenu et étendu aux jeunes qui, sans cela, éprouveraient des difficultés à accéder à un enseignement de qualité et à une connectivité interculturelle en raison de conditions économiques défavorables. |
| 6.9. | Comme il l’a déclaré dans un avis antérieur, le CESE croit que «la stratégie en faveur de la jeunesse devrait être davantage liée aux programmes européens existants, tels que Erasmus+, la garantie pour la jeunesse et le corps européen de solidarité»et qu’elle devrait également «encourager un engagement civique plus large, et notamment le vote, le volontariat, les ONG dirigées par des jeunes ainsi que la démocratie sur le lieu de travail et le dialogue social» (18). Il est primordial de faire connaître ces programmes tout en soulignant en permanence qu’ils constituent un avantage direct de l’appartenance à l’UE. |
| 6.10. | Le CESE souligne l’importance de la subsidiarité et de la gouvernance régionale dans la mise en œuvre des politiques de cohésion. Compte tenu des écarts de bien-être et de développement considérables entre les différentes régions ainsi qu’au sein des différents États membres, il est absolument crucial que les politiques soient mises en œuvre par ceux qui comprennent le mieux les problèmes de fond et sont donc les mieux à même d’agir. Les institutions de l’UE doivent continuer à lutter contre toute forme de discrimination, le racisme, la xénophobie et l’antisémitisme. |
| 6.11. | Le modèle social européen est unique au monde et demeure l’un des principaux avantages dont bénéficient les citoyens européens. L’UE et ses États membres doivent développer des politiques qui le préservent, le défendent et le promeuvent, tout en favorisant davantage le progrès économique et la cohésion sociale et en gardant à l’esprit que les droits fondamentaux doivent aller de pair avec les droits sociaux. |
7. Sécurité et défense
| 7.1. | L’Europe est un espace d’une liberté et d’une stabilité remarquables dans un monde en proie à la discorde et aux divisions. Quinze États membres de l’UE figurent parmi les 25 pays les plus paisibles du monde. Cependant, les attentats terroristes, les zones dépourvues de gouvernement et instables de l’autre côté de la Méditerranée et en Afrique subsaharienne, ainsi que la résurgence de puissances hostiles à l’Est, ont démontré que nous devons agir avec détermination pour préserver notre paix et notre sécurité. |
| 7.2. | Cela étant dit, si les défis liés à la sécurité intérieure et extérieure ont en effet augmenté de manière significative, ils sont considérés différemment par les États membres, qui n’ont pas tous la même perception des menaces extérieures, ne consacrent pas la même part de leur budget à la sécurité et à la défense et ont des points de vue différents concernant le recours à la force militaire. Étant donné qu’un grand nombre des menaces auxquelles nous sommes confrontés ont des caractéristiques transnationales, le CESE estime que les États membres et l’Union doivent collaborer le plus étroitement possible et s’efforcer de formuler une réponse collective et coordonnée, démontrant ainsi aux yeux de nos alliés que nous sommes un pourvoyeur de sécurité efficace. |
| 7.3. | Un effort de défense coordonné doterait non seulement nos États membres d’un pouvoir coercitif crédible, mais contribuerait également à créer des emplois dans les secteurs de haute technologie ainsi qu’à encourager l’innovation et le développement technologique. Le CESE demande instamment aux États membres et à la Commission européenne de soutenir une action commune dans ce domaine, tout en reconnaissant que des mesures ont déjà été prises (19). |
| 7.4. | Selon les estimations, les cyberattaques coûteraient 400 milliards d’EUR par an à l’économie mondiale (20) et constituent une réelle menace pour la vie privée et la sécurité des citoyens. Le CESE estime que l’UE devrait s’efforcer de renforcer la lutte contre le cyberespionnage, le cyberterrorisme et toute autre forme de cybercriminalité ciblant tant les citoyens que les entreprises européennes. |
8. Communication avec les citoyens
| 8.1. | Les citoyens européens prennent souvent pour acquis les effets positifs de l’adhésion à l’Union ou les associent aux gouvernements nationaux, tandis qu’ils imputent nombre des difficultés qu’ils rencontrent à la bureaucratie européenne et à ses ingérences excessives. Cette situation est principalement due à une mauvaise communication ainsi qu’à une déconnexion des préoccupations du citoyen moyen. Par conséquent, l’UE et les États membres doivent redoubler d’efforts pour mieux communiquer sur les politiques, les objectifs et les objectifs européens. |
| 8.2. | L’UE devrait prévoir plus de fonds pour la communication et exploiter tous les canaux disponibles, en ne s’appuyant plus uniquement sur les États membres, mais également sur les partenaires sociaux et les autres organismes représentant la société civile organisée. L’UE doit s’efforcer davantage de rassurer tant les dirigeants que les citoyens sur son rôle s’agissant d’assurer la paix, la stabilité, le développement économique et social, et ce en s’exprimant dans toutes les langues officielles de l’Union européenne. |
| 8.3. | En 2012, le CESE a souligné que «la nécessité d'exécuter pleinement l'article 11 constitue un enjeu capital si l'on veut que l'UE renforce sa légitimité démocratique vis-à-vis de ses citoyens. Enfin, accroître la transparence, le sentiment d’appropriation et la participation des citoyens et de la société civile organisée, tant au niveau national qu’au niveau européen, sera la seule manière, pour l’Europe, d’être en mesure d’éviter l’extrémisme, de défendre ses valeurs démocratiques et de fonder une «communauté de destin» (21). |
| 8.4. | Si l’UE souhaite se rapprocher de ses citoyens (et, si elle n’y parvient pas, c’est le projet européen dans son ensemble qui sera un échec), elle n’a d’autre choix que de les écouter, de comprendre ce qu’ils veulent réellement et d’agir en conséquence. Les citoyens veulent être protégés, ils réclament des règles équitables pour les travailleurs et les entreprises, des conditions de vie et de travail saines et une réponse claire aux défis extérieurs. Pour atteindre cet objectif, l’Europe doit rester un catalyseur du développement économique et social et de la stabilité démocratique et faire en sorte que tout le monde soit conscient de son engagement. |
| 8.5. | L’information erronée et la désinformation sont de plus en plus utilisées par de nombreux acteurs, parmi lesquels des États, des groupes de pression, des médias et des particuliers. Ces techniques sont anciennes, mais le développement des médias sociaux et les possibilités qu’ils offrent ont permis à ce phénomène de toucher un large public. La meilleure façon de contrer les fausses informations est de présenter des faits et de contribuer au développement des facultés critiques des citoyens. Toutefois, la liberté d’opinion et d’expression doit être respectée à tout moment, de même qu’il faut veiller à ne pas relâcher l’effort de lutte contre les mensonges. |
| 8.6. | Il y a lieu de promouvoir la mise en place de plateformes de communication et de coopération auxquelles tous les États membres participeraient. Ce qui a fait ses preuves dans un État membre peut aussi fonctionner dans un autre, de même que le fruit des recherches d’un État membre peut être utilisé ou valorisé par un autre. |
Bruxelles, le 20 mars 2019.
Le président
du Comité économique et social européen
Luca JAHIER
(1) JO C 110 du 22.3.2019, p. 1.
(2) JO C 326 du 26.10.2012, p. 391.
(3) Communiqué de presse du Parlement européen du 23.5.2018.
(4) JO C 81 du 2.3.2018, p. 145.
(5) L’UE par thème — Commerce.
(6) Des institution budgétaires indépendantes.
(7) JO C 227 du 28.6.2018, p. 1.
(8) JO C 262 du 25.7.2018, p. 28.
(9) JO C 81 du 2.3.2018, p. 131.
(10) JO C 440 du 6.12.2018, p. 79.
(11) JO C 159 du 10.5.2019, p. 15.
(12) Document de réflexion sur la dimension sociale de l’Europe.
(13) JO C 125 du 21.4.2017, p. 10.
(14) JO C 62 du 15.2.2019, p. 165.
(15) Données de l’OCDE, Dépenses intérieures brutes de R-D.
(16) JO C 81 du 2.3.2018, p. 145.
(17) JO C 62 du 15.2.2019, p. 194.
(18) JO C 62 du 15.2.2019, p. 142.
(19) JO C 129 du 11.4.2018, p. 58.
(20) Réforme de la cybersécurité en Europe.
ANNEXE
Les amendements suivants, bien qu’ayant obtenu plus d’un quart des votes, ont été rejetés au cours des débats.
Amendement 12
Paragraphe 5.5
Modifier comme suit:
| 5.5 | Par ailleurs, le CESE a demandé dans plusieurs de ses avis que l’on investisse davantage dans les infrastructures et les services publics, des projets générateurs de croissance et de bien-être pour les citoyens. Le CESE a également fait savoir qu’il est favorable à l’application de mesures globales pour lutter contre l’érosion de la base d'imposition et le transfert de bénéfices (EBITB) par les entreprises multinationales, notamment par l’introduction d’«une assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés (ACCIS), et pour lutter contre la fraude à la TVA, grâce à une coopération quotidienne plus étroite entre les États membres et sur les transactions financières, les carburants et les émissions de dioxyde de carbone qui, si elle est appliquée au niveau européen, permettrait à la fois de définir une assiette fiscale transnationale et de lutter contre les effets sur l’environnement au niveau mondial» (1). Cela contribuerait à réduire l’évasion fiscale et à assurer l’uniformité de la politique budgétaire. De même, le Comité a fait remarquer que «l’Europe semble disposer d’une position forte pour ce qui est des entreprises innovantes de haute technologie en croissance, mais lorsque ces entreprises ont besoin d’investissements solides en capital, elles font généralement faillite» (2). |
Exposé des motifs
Pour éviter tout malentendu, il convient de se limiter à une déclaration générale. Ni l’imposition des multinationales en tant que composante des ressources propres de l’UE, ni l’établissement d’une assiette fiscale européenne commune pour les carburants et les émissions de dioxyde de carbone ou leur taxation n’ont jusqu’ici été abordés par le Comité. La taxe sur les transactions financières réduirait les pensions des travailleurs, et les travaux du Conseil à ce sujet, qui durent depuis de nombreuses années dans le cadre d’une coopération renforcée, sont totalement au point mort. Cet amendement formule des remarques similaires à celles figurant dans l’avis du Comité économique et social européen sur le «Document de réflexion sur l’avenir des finances de l’Union européenne»[COM(2017) 358 final] (3).
L'amendement est rejeté par 76 voix pour, 98 contre et 16 abstentions.
Amendement 11
Paragraphe 5.6
Ajouter du texte comme suit:
| 5.6 | L’UE a signé des accords commerciaux globaux, tels que celui conclu avec le Japon, visant à intensifier les échanges de biens et de services tout en protégeant et renforçant les droits des travailleurs et en tenant compte des défis environnementaux. Toutefois, des courants protectionnistes ont vu le jour ces dernières années et les guerres commerciales couvent. L’UE doit continuer à promouvoir un commerce libre, équitable et durable dans un système multilatéral et des accords commerciaux qui respectent les droits sociaux, les droits des consommateurs et les droits environnementaux, tout en soutenant la croissance et l’évolution des entreprises. Le protectionnisme ne profite pas aux citoyens. L’Organisation mondiale du commerce aura un rôle important à jouer à cet égard, et il est essentiel que le CESE ait son mot à dire dans sa réforme (4). Fermer les frontières et entraver les échanges commerciaux ne peut en aucun cas être la voie à suivre. |
Exposé des motifs
Il est proposé d’améliorer la lisibilité en donnant un exemple précis d’accord de libre-échange conclu par l’UE — en l’occurrence, l’accord de partenariat économique UE-Japon.
Comme on le sait, l’accord de partenariat économique UE-Japon est entré en vigueur le 1er février 2019 et il s’agit du plus important accord commercial conclu par les deux parties.
En effet, il concerne les 640 millions de citoyens de l’Union et du Japon, près d’un tiers du PIB mondial, et 37 % des échanges commerciaux de la planète.
Quelque 74 000 entreprises de l’Union européenne exportent vers le Japon, et 600 000 de ses emplois dépendent de ces exportations. Par ailleurs, cet accord est bon pour les consommateurs, puisqu’il ouvre la porte à davantage de choix à des prix moins élevés. En outre, il envoie ce signal clair que deux des plus grandes économies mondiales soutiennent résolument les échanges commerciaux libres, équitables et fondés sur des règles.
L'amendement est rejeté par 73 voix pour, 111 contre et 11 abstentions.
(1) JO C 81 du 2.3.2018, p. 131 .
(2) JO C 440 du 6.12.2018, p. 79.
Avis institutionnel — 52019AB0046
30/12/2019
Résolution législative du Parlement européen du 18 décembre 2019 sur le projet de décision du Conseil relative à la conclusion de l’accord de partenariat dans le domaine de la pêche durable entre l’Union européenne et la République de Gambie et du protocole de mise en œuvre dudit accord de partenariat (08974/2019 — C9-0106/2019– 2019/0076(NLE))
18/12/2019
P9_TA(2019)0097 PAC: discipline financière à partir de l’exercice 2021 et flexibilité entre piliers pour l’année civile 2020 ***I Résolution législative du Parlement européen du 18 décembre 2019 sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (UE) n° 1306/2013 en ce qui concerne la discipline financière à partir de l’exercice 2021 et le règlement (UE) n° 1307/2013 en ce qui concerne la flexibilité entre piliers pour l’année civile 2020 (COM(2019)0580 — C9-0163/2019 — 2019/0253(COD)) P9_TC1-COD(2019)0253 Position du Parlement européen arrêtée en première lecture le 18 décembre 2019 en vue de l’adoption du règlement (UE) 2020/… du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (UE) n° 1306/2013 en ce qui concerne la discipline financière à partir de l’exercice 2021 et le règlement (UE) n° 1307/2013 en ce qui concerne la flexibilité entre piliers pour l’année civile 2020
18/12/2019
Résolution législative du Parlement européen du 17 décembre 2019 sur le projet de décision du Conseil relative à l’adhésion des Îles Salomon à l’accord de partenariat intérimaire entre la Communauté européenne, d’une part, et les États du Pacifique, d’autre part (09405/2019 — C9-0010/2019 — 2019/0099(NLE))
17/12/2019