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Avis institutionnel52018AR1019

Avis du Comité européen des régions — La contribution des collectivités locales et régionales de l’Union européenne à la Conférence des Parties (COP 14) de la Convention sur la diversité biologique et à la stratégie européenne pour la biodiversité après 2020

CELEX52018AR1019
TypeAvis institutionnel
Datemercredi 10 octobre 2018

Résumé IA

Cet avis du Comité européen des régions souligne le rôle crucial des collectivités locales et régionales dans la mise en œuvre des objectifs de la Convention sur la diversité biologique, en amont de la COP14. Il appelle à une intégrenforcement de leur participation à la future stratégie européenne pour la biodiversité post-2020, en insistant sur la nécessité de financements dédiés et d'une gouvernance multi-niveaux pour atteindre les cibles de restauration des écosystèmes.

Texte intégral

21.12.2018

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 461/24


Avis du Comité européen des régions — La contribution des collectivités locales et régionales de l’Union européenne à la Conférence des Parties (COP 14) de la Convention sur la diversité biologique et à la stratégie européenne pour la biodiversité après 2020

(2018/C 461/04)

Rapporteur:

Roby BIWER (LU/PSE), conseiller municipal de Bettembourg, Luxembourg

Références:

Lettre de M. Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne, avril 2018

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS

A. État d’avancement de la réalisation des objectifs en matière de biodiversité en Europe et dans le monde

1.

fait part de son inquiétude face à la gravité de la situation en matière de perte de biodiversité, qui ne se limite pas à la disparition d’espèces animales et végétales, mais a également des répercussions négatives sur l’avenir économique, environnemental, et même sociétal et culturel;

2.

attire l’attention sur l’imminence des dates d’échéance de deux instruments politiques majeurs pour la protection et l’utilisation durable de la biodiversité, à savoir le plan stratégique 2011-2020 pour la diversité biologique de la convention sur la diversité biologique (CDB) et la stratégie de l’Union européenne en faveur de la biodiversité à l’horizon 2020;

3.

réitère son avis selon lequel, en dépit de progrès remarquables dans certains secteurs, il est scientifiquement prouvé que le monde dans son ensemble, et de nombreuses collectivités locales et régionales en particulier, ne sont pas en bonne voie pour atteindre tous les objectifs d’Aichi pour la biodiversité à l’échelle mondiale et mettre en œuvre la stratégie de l’Union européenne en faveur de la biodiversité. Toutefois, nous pouvons encore engranger des résultats significatifs d’ici à 2020 et la phase préparatoire en vue de l’élaboration du cadre mondial en matière de biodiversité pour l’après-2020 a déjà commencé;

4.

souligne que la perte de biodiversité à l’échelle mondiale, ainsi que la disparition et la détérioration d’écosystèmes, constituent une menace majeure pour l’avenir de notre planète; dans le contexte politique général de la réalisation des objectifs de développement durable des Nations unies (ODD), les actions visant à arrêter et à inverser le processus de perte de biodiversité et à restaurer des écosystèmes sont un élément crucial étroitement lié à la lutte contre le changement climatique;

5.

reconnaît que l’incidence déterminante des actions individuelles au niveau local (ou de leur absence) contribue à la crise de la biodiversité au niveau mondial. Ce constat met en lumière le danger d’«une conception étroite» qui consiste à traiter chaque cas relatif à la biodiversité isolément et à l’échelle locale, négligeant de la sorte son impact au niveau mondial, ainsi que d’autres conséquences externes, et souligne la nécessité d’adopter une perspective équilibrée micro/macro;

6.

soutient que nous disposons de suffisamment de données et de preuves scientifiques pour justifier qu’il est urgent de prendre des mesures plus radicales, proactives et préventives au niveau mondial, régional et local en vue d’enrayer la perte de biodiversité et de restaurer les écosystèmes dégradés, dès maintenant et sans plus attendre (c’est-à-dire sans attendre l’évaluation formelle des progrès en 2020);

7.

souligne l’incohérence des objectifs politiques, tant horizontaux que verticaux, qui sont souvent en contradiction avec les approches relatives aux questions environnementales, telles que les politiques agricole ou énergétique, ce qui met à mal les progrès accomplis dans le cadre des objectifs d’Aichi en matière de biodiversité;

8.

est conscient du fait que les politiques d’urbanisation des États membres de l’Union européenne restent une source de fragmentation du paysage et d’expansion urbaine, entraînant la perte d’écosystèmes et de biodiversité;

9.

se félicite des accords multilatéraux sur l’environnement (AME) et de leur fonctionnement, ainsi que du développement d’une nouvelle politique globale et de cadres de gouvernance favorisant la coopération transfrontière, et invite les autorités nationales et régionales compétentes à commencer à utiliser ces instruments pour développer des interventions politiques cohérentes au-delà des frontières;

10.

s’inquiète de la destruction de certains sites Natura 2000 et de l’ampleur actuelle de l’abattage et du piégeage illicites d’oiseaux et d’autres espèces animales, et est convaincu que des efforts supplémentaires doivent être consentis à tous niveaux afin d’imposer le respect des dispositions des directives sur la nature, au moyen de plans de gestion adéquats;

11.

est déconcerté par la persistance du commerce illicite d’espèces protégées, la prolifération d’espèces exotiques envahissantes et l’utilisation non durable de pesticides, tels que les néonicotinoïdes, qui provoquent le déclin massif des pollinisateurs, y compris les populations d’abeilles;

12.

rappelle qu’il est urgent d’intensifier considérablement les efforts déployés à l’échelle européenne et internationale pour faire face à la crise mondiale en matière de biodiversité et de dissocier le développement économique de la perte de biodiversité et des questions connexes, y compris la dégradation des fonctions et services écosystémiques;

13.

attire l’attention sur l’insuffisance des moyens et outils financiers destinés à généraliser les actions en faveur de la biodiversité et la gestion adéquate de la biodiversité, ainsi que sur les risques économiques et financiers qui résultent de l’inaction, prédominante à tous niveaux;

14.

insiste sur la nécessité de se concentrer sur les lacunes de la structure de gouvernance européenne et mondiale, les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre du plan stratégique de la CDB, ainsi que sur la nécessité d’améliorer le cadre mondial en faveur de la biodiversité pour l’après-2020 afin de garantir la mise en œuvre effective au moyen de stratégies concrètes;

15.

constate avec inquiétude l’absence et/ou le caractère inadéquat des mécanismes de mesure, de rapport et de vérification (MRV) des contributions (volontaires) destinés à évaluer les progrès accomplis dans la mise en œuvre des objectifs d’Aichi en matière de biodiversité au moyen de stratégies et de plans d’action nationaux pour la diversité biologique, et de stratégies et plans d’action régionaux en la matière;

16.

appelle instamment à la participation, à un stade précoce, de l’ensemble des parties prenantes à la préparation de la prochaine phase du processus d’adoption du cadre mondial en faveur de la biodiversité pour l’après-2020, tant au niveau mondial que de l’Union européenne;

B. Actions et responsabilités d’ici à 2020

17.

estime qu’il convient d’envisager la 14e Conférence des Parties (COP 14) de la Convention sur la diversité biologique comme une occasion majeure de recenser ce qui peut effectivement encore être réalisé d’ici à 2020, de sorte que des engagements clairs et réalistes puissent être formulés;

18.

insiste sur le rôle important des collectivités locales et régionales dans la mise en œuvre des objectifs d’Aichi en matière de biodiversité au cours des deux années restantes;

19.

souligne l’importance d’un cadre de gouvernance à niveaux multiples adéquat dans la perspective d’une action coordonnée des collectivités locales et régionales, de l’Union européenne et des États membres en vue de la poursuite de la mise en œuvre des objectifs d’Aichi en matière de biodiversité et de la réalisation de la stratégie européenne en faveur de la biodiversité à l’horizon 2020;

20.

soutient la décision de l’Union européenne d’interdire certains pesticides couramment utilisés, tels que les néonicotinoïdes, en raison de la menace grave qu’ils représentent pour les insectes non ciblés, tels que les pollinisateurs, qui revêtent une importance capitale pour la reproduction des végétaux dans les forêts, les zones vertes urbaines et les champs de cultures, et jouent donc un rôle incontournable pour la production alimentaire mondiale. Le CESE souligne le rôle des collectivités locales et régionales dans la limitation de l’usage des pesticides — tout en respectant les différences existant entre les États membres en termes de répartition des responsabilités —, notamment dans le cadre d’initiatives telles que les «villes sans pesticides» et les «villes amies des abeilles»;

21.

préconise une augmentation des ressources (juridiques, financières et humaines) mises à disposition des collectivités locales et régionales qui le souhaitent afin de développer de manière adéquate leurs compétences directes en matière de protection, de planification, d’exploitation durable, de gestion, de restauration et de surveillance de la biodiversité et des écosystèmes, y compris les sites présentant un intérêt majeur pour la conservation;

22.

souligne qu’il est important que les collectivités locales et régionales soient dotées d’outils et de mécanismes leur permettant d’accéder à des informations de qualité sur l’état de la situation et les tendances relatives aux espèces, aux habitats, aux écosystèmes et à leurs services;

23.

invite les États membres de l’Union à définir, dans la mesure où il n’en existe pas déjà une, une approche intégrée pour l’élaboration et la mise en œuvre de stratégies et de plans d’actions nationaux, infranationaux et locaux en faveur de la biodiversité, conformément aux orientations de la stratégie et du plan d’action pour la biodiversité du secrétariat de la CDB et de l’ICLEI et à renforcer la participation des collectivités locales et régionales à la mise en place, l’examen et la mise en œuvre des stratégies et plans d’action nationaux pour la biodiversité et ainsi contribuer à leur réalisation effective et leur intégration dans la planification, tant verticalement qu’horizontalement, et dans les secteurs dont les activités ont des répercussions (positives et négatives) sur la biodiversité;

24.

souligne la nécessité d’accroître les fonds en faveur de la biodiversité, en particulier les investissements dans le réseau Natura 2000, par le canal des instruments de financement de l’Union européenne, y compris les Fonds structurels et de cohésion, et se félicite également des outils de soutien adoptés, tels que eConservation, qui met à disposition une base de données contenant des informations précieuses sur les possibilités de financement de la biodiversité par les donateurs publics;

25.

propose de recueillir les meilleures pratiques relatives à la suppression des subventions comportant des effets pervers dans différents domaines stratégiques sectoriels afin de renforcer la cohérence de l’action de l’Union européenne en faveur de la protection de la biodiversité et de mener des évaluations des subventions préjudiciables à l’environnement de manière à engager davantage le budget de l’Union européenne sur la voie du développement durable. Le développement durable doit constituer une priorité de premier plan lors de l’affectation de ressources financières;

26.

salue les efforts consentis dans le programme de l’Union européenne à l’horizon 2020 pour intensifier les activités de recherche et d’innovation explorant le potentiel des solutions fondées sur la nature et des infrastructures vertes et bleues en vue de réhabiliter les zones urbaines, qu’il considère comme des éléments propices à l’amélioration de la mise en œuvre de la stratégie de l’Union européenne en matière de biodiversité dans les zones urbaines et à forte densité de population, également au cours de la période 2020-2030 et en lien avec le programme urbain de l’Union européenne; souligne toutefois la nécessité de continuer à encourager la mise en œuvre des directives de l’Union européenne sur la nature, et invite à ne pas considérer ces efforts portant sur les solutions fondées sur la nature et les infrastructures vertes et bleues comme un substitut, mais bien comme un complément à des actions énergiques en faveur de la biodiversité et des services écosystémiques dans les zones rurales et périurbaines;

27.

souligne que les fonds mis à disposition au titre des différents instruments de financement existants devraient être gérés directement par les organismes locaux et régionaux compétents en charge de la conservation et de la restauration de la biodiversité et des écosystèmes, conformément aux objectifs d’Aichi en la matière;

28.

appelle à renforcer le rôle des collectivités locales et régionales dans la prévention du commerce illégal en instaurant des règles en matière de marchés publics, ainsi qu’à mettre un terme à la prolifération des espèces exotiques envahissantes, notamment en prévoyant des cadres pour des actions conjointes et collaboratives dans les situations transfrontières, visant à soutenir la gestion de la migration des espèces intégrées et de la biodiversité; met en exergue le rôle des réseaux stratégiques existants, tels que le réseau transeuropéen pour l’infrastructure verte (RTE-V), dans l’établissement d’infrastructures et de corridors écologiques dans le cadre de plans de gestion et d’action transfrontières fondés sur la coopération;

Le rôle central des autorités locales et régionales dans la mise en œuvre du plan stratégique de la CDB et de la stratégie européenne en faveur de la biodiversité d’ici à 2020

29.

confirme et salue la reconnaissance croissante du rôle, à l’échelle de l’Union européenne, des collectivités locales et régionales dans la mise en œuvre de la stratégie européenne en faveur de la biodiversité;

30.

estime que les collectivités territoriales devraient participer activement à la création et à la mise en œuvre de politiques visant la suppression des subventions comportant des effets contre-productifs et l’intégration de la biodiversité dans différents domaines politiques sectoriels, notamment l’agriculture ainsi que le développement urbain et régional (par l’intermédiaire des fonds de l’Union européenne concernés);

31.

encourage les collectivités locales et régionales à intensifier leurs travaux visant à intégrer les considérations liées à la biodiversité dans l’aménagement du territoire et l’urbanisme, qui constituent un instrument efficace pour faciliter l’apport de contributions à la mise en œuvre des objectifs d’Aichi;

32.

réaffirme le rôle joué par les collectivités territoriales dans la gestion, sur une base volontaire, de programmes et de plateformes de sensibilisation visant à souligner l’importance de la protection et de la restauration de notre biodiversité et de nos écosystèmes ainsi que de leurs services;

33.

encourage les collectivités locales et régionales à s’engager dans les processus de normalisation et de certification internationaux, européens et nationaux destinés à gérer la biodiversité et les écosystèmes, y compris les outils de référence et de soutien à l’adoption d’un cadre cohérent de gouvernance et de gestion dans ce domaine;

C. Vers un cadre mondial en faveur de la biodiversité pour l’après-2020 efficace et opérationnel

34.

se félicite de la résolution du Parlement sur le Plan d’action de l’Union européenne pour le milieu naturel, la population et l’économie adopté à la fin de l’année 2017, qui demande à la Commission de commencer à travailler dès maintenant sur la prochaine stratégie européenne en faveur de la biodiversité, conformément au processus de définition du cadre mondial en la matière pour l’après-2020;

35.

reconnaît la nécessité de renforcer l’engagement politique au niveau mondial et de l’Union européenne pour faire face à la crise mondiale de la biodiversité et revoir les ambitions à la hausse pour la décennie 2020-2030 qui suit Aichi;

36.

attend de la COP 15 de la CDB qu’elle attire à nouveau l’attention de la planète sur le recul de la biodiversité et des écosystèmes et suscite des engagements proportionnels non seulement pour mettre un terme à leur disparition, mais aussi pour les restaurer; escompte également qu’elle établisse un cadre mondial pour la biodiversité pour l’après-2020 applicable jusqu’en 2030, qui soit ambitieux, inclusif et capable de concrétiser la vision de la CDB à l’horizon 2050 et d’autres conventions pertinentes des Nations unies;

37.

prie instamment l’Union européenne de prendre la tête du processus préparatoire global en vue de l’élaboration d’un cadre mondial pour la biodiversité pour l’après-2020 et de définir une «politique externe de la biodiversité» — ou de contribuer à une «politique intérieure mondiale de la biodiversité» — définissant la responsabilité de l’Union européenne en tant que leader mondial dans ce domaine;

38.

appelle l’Union européenne et toutes les parties à la CDB à renforcer et formaliser le dialogue et la participation des collectivités locales et régionales (et autres acteurs non parties) à l’élaboration et la mise en œuvre du nouveau cadre politique;

39.

encourage l’Union européenne à s’engager dans une collaboration transrégionale avec l’Afrique, l’Amérique du Sud, l’Asie, et en particulier la Chine, en tant qu’hôte de la COP 2020 de la CDB, afin de développer des approches communes et cohérentes pour promouvoir les intérêts conjoints liés à la réalisation des «nouveaux» objectifs d’Aichi relatifs à la restauration, l’utilisation et la gestion durables de la biodiversité et des écosystèmes au cours de la décennie 2020-2030;

40.

insiste sur la nécessité de traduire la vision pour 2050 en voies et en termes concrets incluant des réponses pragmatiques et orientées vers des solutions, qui feront l’objet d’une discussion lors de la 14e COP de la CDB;

41.

insiste sur la nécessité de développer le cadre mondial pour la biodiversité pour l’après-2020 en harmonisant et en intégrant dans les (nouveaux) objectifs d’Aichi en matière de biodiversité tous les accords des Nations unies en matière d’environnement pertinents, tels que les ODD, l’accord de Paris sur le changement climatique et le cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe. Il s’agit d’éviter que la biodiversité et les services écosystémiques soient dissociés des objectifs sociaux et économiques qu’ils sous-tendent; cela permettra d’intégrer les valeurs de la biodiversité dans d’autres secteurs et dès lors, dans les politiques et processus de planification, ainsi que dans la coopération transfrontière;

42.

exhorte à la cohérence politique en intégrant mieux la biodiversité en particulier avec l’ODD 11 «Villes et communautés durables», l’ODD 14 «Vie aquatique», l’ODD 15 «Vie terrestre», ainsi qu’en les formulant de manière plus précise et homogène dans les différents instruments afin d’éviter confusion, contradiction et doubles emplois;

43.

souligne l’importance cruciale de la coopération à plusieurs niveaux et de la mise en place d’une structure efficace et opérationnelle pour une gouvernance de ce type dans le cadre mondial pour l’après-2020 en matière de biodiversité, associant les collectivités locales et régionales (à l’échelle internationale, ainsi qu’au sein de l’Union européenne), en vue de mener une action coordonnée visant à réaliser les «nouveaux» objectifs d’Aichi;

44.

demande que le nouveau cadre mondial pour l’après-2020 mentionne explicitement le rôle des collectivités locales et régionales dans le dispositif national de surveillance, de déclaration et de vérification;

45.

préconise une structure et un mécanisme cohérents de gouvernance de la biodiversité mondiale pour l’après-2020 reposant sur les principes d’intégration horizontale, d’alignement vertical, et de gestion collaborative et intégrée, accompagnés d’objectifs mesurables ainsi que de mécanismes de déclaration par et pour tous les niveaux, y compris les autorités infranationales, et cohérents par rapport aux autres accords internationaux;

46.

recommande d’étudier la possibilité d’encourager un système de contributions volontaires aux différents niveaux, similaire à celui de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques et prévoyant des contributions déterminées aux niveaux national, régional et local, proportionnées à la situation nationale, mais au moins tout aussi audacieuses et ambitieuses;

47.

réaffirme la nécessité de maintenir une approche similaire et dans le même esprit que les objectifs d’Aichi, qui permette d’introduire de nouveaux objectifs quantifiables, clairs et assortis d’échéances précises en vue d’enrayer la perte de biodiversité et de la restaurer en même temps que la nature et les écosystèmes. Il s’agit également d’éradiquer et d’éviter dans les faits l’introduction d’espèces exotiques envahissantes et d’endiguer efficacement l’abattage et le commerce illégaux d’espèces sauvages au cours de la décennie 2020-2030;

48.

demande à l’Union européenne de fournir de manière permanente une guidance et des orientations stratégiques aux États membres de l’Union européenne et à d’autres pays qui s’efforcent de gérer et de parer aux menaces qui pèsent sur la biodiversité et les services écosystémiques. Compte tenu du fait que la perte de biodiversité est liée à une multitude de décisions et de situations particulières, ces conseils devraient inclure des principes et critères permettant d’évaluer leurs incidences en se fondant sur les objectifs mondiaux en matière de biodiversité et en comparaison avec ceux-ci, et ce, afin d’éviter une «conception étroite»;

49.

estime qu’une approche cohérente en matière de surveillance, de déclaration et de vérification est très importante dans le cadre de la comptabilisation des progrès accomplis par rapport au cadre mondial pour l’après-2020 en matière de biodiversité et à l’état des lieux périodique de la mise en œuvre de ses objectifs à long terme. Cet exercice doit s’effectuer d’une manière globale, axée sur la facilitation, en mettant l’accent sur 1) l’arrêt de la perte de biodiversité, 2) la restauration de la biodiversité et des écosystèmes, 3) l’utilisation et la gestion durables de la biodiversité et des écosystèmes. Cela passe par la prévention de l’arrivée et l’éradication des espèces exotiques envahissantes, l’arrêt de l’abattage et du commerce illégaux de la faune sauvage, ainsi que par le contrôle et le suivi des indicateurs de la diversité biologique. L’exercice de suivi, de rapport et de vérification (MRV) doit être aussi objectif que possible et fondé sur les meilleures données scientifiques disponibles. Il doit permettre d’attribuer des incidences quantifiées aux différentes politiques et mesures, de mettre en évidence les progrès réalisés et les résultats obtenus, et de déterminer les points à corriger ou les actions complémentaires à entreprendre;

50.

insiste pour que soient effectués la cartographie et le suivi des contributions nationales, y compris régionales et locales, par rapport aux objectifs mondiaux définis dans le cadre mondial pour l’après-2020 en matière de biodiversité pour permettre le suivi et le bilan périodique des promesses collectives;

51.

soutient le développement d’une base commune de connaissances techniques et scientifiques liées à la diversité biologique permettant de mettre au point des méthodes de détection comparables, de définir des règles communes de suivi et de créer des plateformes de gestion et de diffusion des données et des connaissances;

52.

préconise l’approfondissement de la connaissance des ressources et des services offerts par les territoires (environnement, agriculture, artisanat, tourisme, énergie, services, économie sociale) afin de favoriser l’intégration des mesures de protection de la biodiversité avec la planification aux différents niveaux de l’administration et avec les actions de développement socio-économique des territoires;

53.

préconise le développement et la diffusion des connaissances sur les bonnes pratiques en matière de gestion des zones Natura 2000 au niveau européen, la mise en place d’une concertation régulière avec les organes de gestion, ainsi que l’association des différents acteurs de terrain, publics et privés, concernés par la question de la biodiversité;

54.

propose l’introduction d’objectifs «SMART» (spécifiés, mesurables, acceptables, réalistes et situés dans le temps) dans le cadre pour l’après-2020, afin de délaisser les objectifs non mesurables liés au statut pour se tourner vers des objectifs liés aux «pressions exercées» et axés sur les résultats, définis de manière et dans des termes clairs et opérationnels, permettant de mesurer et de rapporter les progrès accomplis par rapport aux objectifs;

55.

reconnaît qu’il est nécessaire de définir des cibles et objectifs plus contraignants et plus lisibles au sein du cadre mondial pour l’après-2020 en matière de biodiversité, tout en actualisant et/ou remplaçant les objectifs d’Aichi liés à des échéances, y compris: 1) l’objectif stratégique B relatif à la réduction de la pression directe sur la biodiversité et à la promotion de l’utilisation durable devrait intégrer l’utilisation durable des espèces terrestres, au même titre que les stocks de poisson et d’invertébrés et plantes aquatiques, dans la cible 6; 2) l’objectif stratégique D visant à développer les avantages que présentent pour tous la biodiversité et les services écosystémiques devrait reconnaître la contribution de la biodiversité à la santé humaine, à l’exception de ce qui est mentionné aux cibles 14, 15 et 16, inclure des cibles supplémentaires relatives à des thèmes tels que les usages pharmaceutiques, les plantes médicinales, la nutrition, la santé mentale et la promotion de la santé, etc., ainsi que la reconnaissance des liens entre la biodiversité, la paix et le conflit, ainsi que les migrations humaines; 3) une attention accrue aux services offerts par les sols, l’eau douce et la haute mer, ainsi que leur biodiversités respectives, et 4) les mesures prises en matière de protection de la nature et de services écosystémiques visant à améliorer le cadre de vie dans les villes et les zones périurbaines, en tenant également compte du changement climatique;

56.

attire l’attention des communautés locales sur l’importance de considérer la biodiversité comme une chance sous l’angle économique, social et de l’emploi, notamment en ce qui concerne les besoins en matière d’inclusion sociale, en expérimentant notamment de nouveaux modèles de coopération locale basés sur la diffusion des clauses sociales et environnementales en faveur de la biodiversité;

57.

demande que soient créés des indicateurs communs de biodiversité fondés sur tous les cadres internationaux pertinents, qu’ils y soient ajoutés et harmonisés, y compris et en particulier sur les ODD, afin d’éviter les doubles emplois, de promouvoir une mesurabilité et une mise en œuvre efficaces et intégrées et de tirer parti des changements radicaux aux fins de l’éradication de la pauvreté, de la promotion de l’atténuation du changement climatique et de l’adaptation à celui-ci, et du renforcement de la résilience alimentaire dans les communautés locales;

58.

réclame davantage de possibilités de développement des capacités, notamment en mettant à disposition les moyens financiers nécessaires et des méthodes innovantes et mobilisatrices, telles que l’apprentissage entre pairs, en vue d’enrichir les connaissances et les compétences techniques pour mettre un terme à la perte de biodiversité, restaurer la biodiversité et les écosystèmes, ainsi que pour prévenir les espèces exotiques envahissantes ainsi que l’abattage et le commerce illégaux de la faune sauvage, à tous les niveaux, en associant les peuples autochtones et les communautés locales, les experts et les professionnels (notamment les chasseurs, les pêcheurs, les bergers et les sylviculteurs) à la gestion de la biodiversité;

59.

propose la mise en place de partenariats renforcés et l’octroi d’un soutien aux actions collectives menées par toutes les parties prenantes et le grand public, en portant une attention particulière aux contributions des peuples autochtones et communautés locales, des femmes, des jeunes et de ceux qui sont directement tributaires de la biodiversité et qui en assurent la gestion (notamment les chasseurs, les pêcheurs, les bergers et les sylviculteurs), et qui luttent pour la disparition de l’abattage illégal et du commerce des espèces sauvages. Le CdR rappelle la nécessité de développer l’assistance technique et/ou les orientations (à l’intention non seulement des collectivités locales et régionales de l’Union européenne, mais aussi des régions de transit et d’origine du trafic d’espèces sauvages), de renforcer les capacités et de prévoir des instruments fondés sur les droits pour garantir un processus participatif efficace intégrant les principes de bonne gouvernance;

60.

encourage le développement de normes internationales pour les stratégies et plans d’action en matière de biodiversité, et une gestion et une planification intégrées, ainsi que d’autres instruments liés au futur mécanisme de gouvernance et de gestion afin de favoriser l’application et la cohérence des politiques;

61.

reconnaît l’importance des scénarios et de la modélisation de la biodiversité à l’échelle mondiale dans la perspective de décisions plus informées et réfléchies et de la mise au point de systèmes de collecte de données innovants ou de l’intégration de données sur la biodiversité au sein des systèmes existants;

62.

encourage la création d’une plateforme mondiale pour le transfert de connaissances, le suivi et les déclarations relatives à la mise en œuvre des engagements pris par les pays et les collectivités locales et régionales afin d’amener celles-ci à échanger les bonnes pratiques pour qu’elles aient un effet boule de neige et à favoriser le suivi, la déclaration et la vérification;

63.

insiste sur la nécessité d’accroître les fonds octroyés à la biodiversité — à l’échelle mondiale, européenne et nationale — pour cibler des situations locales spécifiques. Cela devrait inclure des orientations appropriées afin de faciliter l’accès et le déploiement effectif et efficace des instruments de financement disponibles, ainsi qu’une évaluation systématique périodique des résultats afin d’éviter les effets négatifs et les conflits entre les différents objectifs politiques;

64.

recommande d’explorer et d’exploiter les avantages que présentent les nouvelles possibilités de financement innovantes, y compris les incitations fiscales, la rémunération des services écosystémiques, les loteries nationales/régionales, un fonds consacré à la biodiversité à l’échelle européenne et/ou mondiale et la combinaison ou l’amalgame de différents financements, ainsi que les nouveautés structurelles, tels que les partenariats public-privé en ce qui concerne la biodiversité, les fondations émanant d’entreprises privées, les fondations de droit public, et les incitations à agir au moyen, par exemple, d’activités bénévoles d’étiquetage/de certification;

65.

s’engage à participer de manière permanente et proactive au processus de préparation du cadre mondial pour l’après-2020 en matière de biodiversité dans l’esprit du présent avis.

Bruxelles, le 10 octobre 2018.

Le président du Comité européen des régions

Karl-Heinz LAMBERTZ


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